Marine « Peace and Love » Le Pen

« On libère la parole et puis, quand la parole vous dépasse, quand on n’arrive pas à la gérer, à l’encadrer, on remet immédiatement le couvert », a déploré Marine Le Pen, citée par Le Nouvel Obs.com, s’appuyant sur une dépêche AFP reprenant des propos tenus sur I-Télé à propos du débat sur l’identité nationale.

Chaude, chaude, Marine! On ne la savait pas à ce point imprégnée de culture hippie: « Faites l’amour, pas la guerre! ».

Remettre le couvert : « faire l’amour une seconde fois (soit avec la même personne, soit avec un(e) autre partenaire).» Elle voulait sans doute parler du couvercle, mais …

10 commentaires sur “Marine « Peace and Love » Le Pen

  1. Eh bien, pour moi «remettre le couvert » avait simplement le sens de « recommencer », mais il faut croire que je ne cours pas assez vite derrière la langue. Ça bouge tout le temps ! Et votre définition va se faire dépasser aussi : Google donne pas mal d’occurrences où le sens est plutôt « se réconcilier après une séparation ».

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  2. La définition que je donne est celle de Rey et Chantreau (Le Robert) qui ajoutent:
    « La métaphore des apprêts du repas peut jouer sur les emplois sexuels du verbe couvrir et aussi évoquer le café du pauvre, voire le service trois pièces désignant le sexe de l’homme. L’expession semble d’ailleurs concerner le point de vue masculin, au moins à l’origine.»

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  3. Comme Zolurne, je ne connaissais qu’une signification limitée à « remettre le couvert », celle de recommencer, de « remettre ça » . Et elle peut être élargie, bien sûr, au domaine sexuel.

    Par contre, ce qui est certain, c’est que Marine, elle, « bouillonne furieusement du couvercle »…

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  4. N’oublions pas que le couvert a deux sens concrets différents : l’instrument pour les repas certes, mais aussi le toit comme dans le gîte et le couvert. L’explication très brève de Rey-Chantreau ne tranche pas entre les deux sortes de métaphores employées : l’une culinaire (le couvert pour manger) et l’autre se rapportant plus à la position (le couvert sous lequel on est). La difficulté de ces explications, c’est qu’elles synthétisent en fort peu de lignes des communications savantes de plusieurs pages, voire des chapitres de thèses. Il faut deviner entre les mots des choses qui n’ont pu être développées dans un ouvrage de vulgarisation. Il peut y avoir réinterprétation selon ce que l’on entend. Beaucoup de personnes aujourd’hui ne savent pas ce que peut être le couvert en dehors de la table.

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  5. Leveto, puis-je vous demander de supprimer mon com précédent et de le remplacer par le même, correctement « balisé » ?

    Même à table, on pourrait débattre de ce qu’est un couvert. Quand on s’intéresse à l’argenterie ancienne, on découvre rapidement que le mot ne couvre (!) en réalité que l’ensemble cuiller-fourchette, à l’exception du couteau, de la petite cuiller ou de toute autre pièce de métal ; il est vraiment rare de trouver une “ménagère” en argent ou en métal argenté remontant au delà de 1940 et incluant des couteaux assortis au reste des ustensiles… Il semble qu’à l’époque, les couteaux préféraient faire bande à part, imposant leurs manches en corne, ivoire ou bakélite et leurs viroles en argent !

    Mais je ne sais pas d’où et quand date cette acception restrictive du couvert, qui semble aujourd’hui dépassée : le TILF définit le mot comme l’ensemble des pièces qui, à table, servent à l’usage individuel de chaque convive, ce qui inclut, je suppose, non seulement couteau(x), mais aussi assiette(s) et verre(s)… De même, une ménagère moderne ne se conçoit pas autrement qu’avec cuillers, fourchette et couteaux assortis.

    Spécialement pour letopodebonneheure, le même TILF donne pour l’expresssion “remettre le couvert” la définition suivante :

    Arg. Remettre le couvert. Recommencer. [Il] empoigna la seconde mitraillette et (…) remit le couvert (A. LE BRETON, Razzia sur la chnouf, 1954, p. 204).

    Rien de spécifiquement sexuel, donc.

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  6. il ne me semble pas du tout certain que « remettre le couvert » renvoie a priori à l’érotisme le plus dru : de là à en écarter aujourd’hui, « au nom de » (ceci ou cela) la possibilité, il y a très loin !
    évidemment, il y a les expressions les plus partagées- le standard- pour ces évocations , (comme pour les jurons), celles qui viennent à la mode pour un groupe et se diffusent , et celles qui surgissent, dans l’instant, d’une complicité entre deux personnes, leur langue privée, leur « catleyisme » ( ou leur « blanquette »? )
    et quant aux expressions de « table » et de « cuisine », la liste ne serait pas moins longue : qui pourrait accompagner ou doubler celle de l’érotisme, selon !
    « manières de table » donc ! et je me souviens d’avoir entendu dire de gros mangeurs en société au-delà des bienséances qu’ils se tenaient « mieux à table qu’à cheval  » de personnes qui voulaient toujours se faire connaître comme « à cheval sur les principes « , et savoir quand- et comment- « mettre les petits plats dans les grands » ! et vous faire croquer le marmot …. « pour la démo »

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  7. sur le sérieux-et l’humour » de ces questions de cuisine et de table:
    ce souvenir récemment rapporté: dans « le monde »:
    « Roger Caillois, qui avait dû déjeuner avec Lévi-Strauss, l’avait emmené dans les bureaux de la NRF. Gaston Gallimard, qui passait par là, lui a demandé, comme il le faisait à tous les auteurs qu’on lui présentait : « Alors, monsieur, qu’allez-vous faire pour nous ? » Réponse de Lévi-Strauss : « Je ferais bien une chronique culinaire. » Gaston Gallimard, qui a cru à une plaisanterie, n’a pas donné suite. ».

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  8. On aura compris que si je m’en suis tenu à la définition « sexuelle » du Rey-Chantreau, c’est que c’était simplement plus drôle…
    Si l’on s’en tient au simple sens de « recommencer», la phrase de Marine Le Pen ne veut toujours rien dire : «On libère la parole et puis, quand la parole vous dépasse, quand on n’arrive pas à la gérer, à l’encadrer, on» recommence. Je persiste à penser qu’elle voulait dire « on remet le couvercle » ( peut-être en pensant à la boîte de Pandore?).

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  9. Ah mais je crois que personne ne conteste la confusion faite par Marine Le Pen entre couvert et couvercle. J’ai pour ma part réagi au premier degré face à un choix de définition où je n’ai pas su voir l’humour que vous y mettiez. Il faut dire que passer de Marine Le Pen à de l’humour, en moins de dix lignes, cela demande une souplesse d’esprit qui me fait un peu défaut.

    Parlant de couvert (et de gîte), je ne sais pas de quelle sorte — toitaire ou culinaire — est celui dont le paiement est exigé dans les restaurants italiens, mais il est clairement culinaire au Portugal où il comporte parfois assez d’amuse-gueules pour être à moitié rassasié.

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  10. lu dans le nouvel observateur aujourd’hui
     »
    Nos octos de choc sortent toujours, connaissent du monde et maîtrisent l’informatique. Après la disette du veuvage, ils sont prêts à remettre le couvert, voire à jeter leur béret pardessus les moulins. Comme la volubile Marie, ancienne assistante sociale de 81 ans : «Il y a deux ans, j’ai rencontré Dominique dans une association. Il avait treize ans de moins que moi. J’étais veuve. Ma solitude me pesait.
    Dominique chantait avec une voix magnifique, il jouait de la guitare, on riait énormément. Oui, j’étais amoureuse ! Nous avons vécu ensemble dix mois. Mais il s’est trouvé une autre âme soeur. J’ai beaucoup souffert. Alors il m’a aidée à m’inscrire sur Meetic.»

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