Les Folies parisiennes : les maisons de campagne

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La Folie-Sandrin à Montmartre

Comme on l’a vu dans le précédent billet , les « Folies » sont nombreuses à Paris, du moins leurs vestiges ou leur mémoire.

On peut les regrouper sous trois catégories: les maisons de campagne, résidences champêtres; les résidences de luxe, maisons de plaisance; et enfin les résidences d’agrément accompagnées de parcs et jardins devenues parcs de loisirs et d’attraction. Ce billet sera consacré aux maisons de campagne.

La plus ancienne d’entre elles était la Folie Régnault qui doit son nom à un riche négociant en épices, Régnault de Wandonne, qui la fit construire en 1371. À cette époque, le mot « folie » indiquait un lieu « feuillu »: il y avait là, auparavant, un lieu-dit nommé Champ-l’Évèque, propriété dès le XIIè siècle de l’évèque de Paris dont les légumes, céréales et raisins étaient vendus à Paris. En 1626, cette résidence est devenue propriété des Jésuites qui en firent un lieu de repos et, en 1675, le père de La Chaise d’Aix (le confesseur de Louis XIV qui donna son nom au cimétière) y eut sa résidence. Les Jésuites furent expulsés en 1763 au profit de la famille Baron qui revendit le domaine à la Ville pour en faire le cimetière du Père-Lachaise. Il ne reste plus que le nom de la rue de la Folie-Régnault (XIè) pour en garder la trace.

Non loin de là, la rue de la Folie-Méricourt ( XIè, indiquée dès 1652) doit son nom à la maison de campagne d’un sieur Marcaut, maître de la corporation des épiciers-apothicaires, dont le nom à été déformé en Mauricaut, Mauricourt, puis Méricourt.

La Folie-Genlis (au n°76 de la rue Saint-Sabin, XIè) était une résidence champêtre de la fin du XVIIè siècle, détruite en 1864, où vécut le marquis de Genlis, beau-père de Mme de Genlis et qui en fit une maison de jeux.

Sur la butte Montmartre, au n°22 de la rue Norvins (XVIIIè) se trouve la Folie-Sandrin, une maison de campagne construite en 1774. On l’appelait parfois la maison des Rochers ou le palais de Bellevue, mais elle portait plutôt le nom d’un de ses premiers propriétaires, Cendrin ou Sandrin, un «maître et marchand chandelier» qui la fit rénover à son goùt de luxe, ce qui la fit surnommer la Folie-Sandrin. Elle garda ce nom jusqu’en 1795, puis fut occupée de 1805 à 1820 par l’asile d’aliénés du docteur Prost. Le docteur Sylvestre-Esprit Blanche prit sa suite jusqu’en 1847, date à laquelle il installa sa clinique à Passy. Jacques Arago (auteur d’un livre de 62 pages d’où la lettre A était absente) et Gérad de Nerval (à l’époque où il promenait en laisse dans les jardins du Palais-Royal un homard vivant) figurent parmi les patients célèbres de cette maison. Jean Marais en fit l’acquisition en 1980.

Enfin, il convient de mentionner dans cette catégorie la Folie-Gobelin (Rue des Gobelins , ancienne rue de Bièvre,XIIIè) dont parle Rabelais dans son Pantagruel, Chapitre XV (Comment Panurge enseigne une manière bien nouvelle de bâtir les murailles de Paris) : « Pantagruel, quelque jour, pour se récréer de son étude, se promenait vers les faubourgs Saint-Marceau, voulant voir la Folie-Gobelin ». On pense que cette demeure correspondrait au n°19 de la rue des Gobelins: il s’agit d’une maison de la fin du XVè siècle, aux fenêtres à meneaux, aux caves voûtées sur deux étages et pourvue d’un escalier à vis à noyau en coeur de chêne.

L’illustration (la Folie-Sandrin) a été trouvée sur le site Paris en Image 
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