Ben, mon colon !

Après la découverte et la colonisation de l’Amérique et la colonisation de l’Afrique, nombreux sont les lieux qui ont été nommés d’après une richesse naturelle qui les rendait attrayants, donc exploitables. Quand cette richesse, minière, agricole ou humaine, se révélait être d’une importance commerciale majeure — soit du fait de sa rareté, soit du fait de sa qualité supérieure ou du faible coût de son exploitation à cet endroit-là — la colonisation ne tardait pas. À certains de ces lieux, le colon — la puissance coloniale — donnait des noms parfaitement explicites, révélateurs de sa parfaite indifférence aux indigènes, à leur culture ou à leur langue. Il ne reste que très peu de noms de ce genre aujourd’hui (nous en  verrons plus loin quelques exemples) mais, à l’époque des Empires Coloniaux, on les trouvait jusque sur les cartes de géographie.

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À leur apogée, les Moluques paraissaient si importantes aux cartographes européens que l’Atlas catalan (de 1375) en faisait un archipel de plus de sept mille îles, alors qu’on sait aujourd’hui qu’elles ne sont qu’un millier. Pourquoi cette importance ? Parce qu’elles ont été la source principale de nombreuses épices : la noix de muscade et le clou de girofle en sont originaires, mais on y trouvait aussi du poivre, du gingembre, du camphre et de la cannelle, comme des aromates pour l’encens et les parfums. On sait que les épices étaient recherchées pour améliorer les saveurs des mets mais aussi et surtout pour masquer le goût et l’odeur de la viande mal conservée. Les Arabes furent les premiers exploitants et, gardant secret l’emplacement de ces îles, ils en avaient le monopole du commerce avec les Européens. Quand les routes terrestres furent coupées par les Mongols, les Européens cherchèrent des routes maritimes en contournant l’Afrique ou en tentant la traversée de l’Atlantique. Une fois conquises, ces îles si importantes aux yeux des Européens furent baptisées Spice Islands par les Anglais, Gewürzinseln par les Allemands, et Îles aux Épices ou même Isles Moluques de l’Épicerie par les Français (cf.la carte de 1705 reproduite au début de ce paragraphe). Ces Îles aux Épices portaient un nom colonial dans toute sa splendeur, un nom qui réduisait toute une culture — avec ses communautés, ses langues, religions, structures politiques, mythes et traditions — à sa seule ressource exploitable. Par ailleurs, il est plaisant de constater que nous devons la découverte de l’Amérique à notre goût pour le poivre et que l’invention du réfrigérateur et des conservateurs n’y a rien changé!

Après la conquête européenne, les colons portugais puis hollandais entretinrent savamment la pénurie pour faire monter les prix. C’est ainsi que le giroflier fut éliminé de tout l’archipel des Moluques sauf sur une seule de ses îles, Ternate, jusqu’à ce qu’à la fin du XVIIIè siècle, les Arabes d’Oman, auxquels l’islam interdisait d’employer des esclaves musulmans, n’en fassent la culture intensive, grande consommatrice de main d’œuvre, sur l’île de Zanzibar dont ils se gardèrent bien de convertir les indigènes, qui devint ainsi, du moins pour un temps, Isle of Cloves, « l’Île des Clous de Girofle ».

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Sur le golfe de Guinée, la partie côtière de l’actuel Ghana, découverte en 1471 par les Portugais João de Santarem et Pêro Escobar, fut appelée Costa de Ouro, « Côte de l’Or », parce qu’on y trouvait beaucoup d’or et que cette production fut naturellement exploitée. Quand la région devint colonie britannique, son nom fut traduit par Gold Coast, nom qu’elle garda jusqu’en 1957, année de son accession à l’indépendance — la première en Afrique. Ce golfe de Guinée avait bien d’autres richesses exploitables. Le Grand atlas anglais (édité en 1752, dû entre autres à Emmanuel Bowen , 1693/4-1767) nous montre cette région de la Guinée avec des subdivisions aux noms évocateurs: on y lit ainsi d’ouest en est Grain Coast, Tooth Coast, Gold Coast et Slave Coast, soit la « Côte des Grains, des Dents, de l’Or et des Esclaves ». En anglais Tooth et Ivory étaient employés indifféremment tout au long du XVIIIè siècle pour désigner la Côte d’Ivoire ( et voici un exemple d’un nom typiquement colonialiste encore présent aujourd’hui). On remarquera sur cette même carte, au nord de la Guinée,  une région appelée Negroland, un nom qui tomberait aujourd’hui sous le coup de la loi.

Un autre exemple de nom donné par la puissance coloniale à un pays en raison d’une de ses richesses exploitables et encore en usage aujourd’hui? Mais le Brésil, voyons! on vous l’a dit et répété ! Mais il y en a d’autres, bien sûr : impossible de tous les citer.

47 commentaires sur “Ben, mon colon !

  1. […]fut appelée Costa de Ouro, « Côte de l’Or »
    Le nom qui allait prédominer a été « Côte d’Or », qu’on retrouve même en France à un endroit qui n’est pas sur la côte et qui ne produit pas d’or !
    Je vois qu’on trouve aussi la Côte de Quaqua ! Un grimoire peu assuré dit que ce mot signifie « dents » dans la langue des Nègres.

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  2. C’est, peut-être, déjà connu, mais bon :
    Un autre nom déjà perdu et seulement employé pendant quelques années : « Oil Rivers » au Nigeria, un protectorat anglais qui doit son nom à l’huile de palme, l’activité commerciale la plus importante après être aboli l’esclavage.
    Pourtant, n’oublions pas que le Brésil est une mine de surprises : un de ses États, déjà cité, est Minas Gerais.

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  3. Il y a quelque chose qui me trouble dans cette « Côte d’Or » chocolatière, et contrairement à ce que dit cet article, je trouve que l’éléphant trompe énormément, car si je comprends bien que le nom « côte d’or » fasse référence au Ghana et aux plantations de cacoyers, je veux bien y associer aussi l’éléphant compte tenu de l’époque, mais les pyramides ?!? Il est vrai que vu de Belgique en 1883….

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  4. ► olimalia : Les étymologies pour Quaqua sont en effet nombreuses et outre celle que vous citez ( Alexandre Deleyre ? Charles Walckenaer ?) , on trouve par exemple:
    Antoine-François Prévost d’Exiles, dans l’ Histoire générale des voyages, vol.11 ( 1747) raconte que Phillips et ses compagnons furent « surpris à leur arrivée de n’entendre sortir de leur bouche que qua, qua, qua comme une troupe de Canards. Il juge que c’est de là qu’on a donné à leur Côte le nom de Pays ou Côte de Quaqua »
    La source la plus ancienne que j’aie pu trouver date de 1669 ; il s’agit de Villault de Bellefond qui, dans sa relation d’un voyage mentionne le nom en disant que qua, qua, qua signifie bonjour ou bienvenue en langue indigène.
    Et, pour finir, G. Durand et K. Logossah dans leur Noms de famille d’origine africaine de la population martiniquaise d’ascendance servile , paru en 2002, écrivent que « Quaqua est le nom d’une côte à l’ouest de Lahou, aussi appelée  » Côte des Bonnes Gens », le mot  » quaqua », en réalité ayokwa, prononcé par ses habitants à la vue des navires européens, signifiant « bienvenue » ». Ils indiquent que ce terme ( aussi écrit Quiaquia ou Quoiquoi), d’abord utilisé comme toponyme a fini par devenir un ethnonyme.

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  5. sur le terme ” quaqua”
    c’est très intéressant effectivement que s’imposent avec le temps, dans la plupart des langues sinon toutes (?) des formes « redoublées » dont c’est là un exemple .

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  6. le /k/est une consonne sourde occlusive vélaire
    elle est très proche du /g/ qui est ausi une consonne occlusive vélaire mais sonore

    sinon je suis très surprise que leveto parle d’explorations de grands voyageurs et grands explorateurs, de colonisation, ben mon colon, et que la réponse immédiate soit chocolat !

    enfin je veux bien, mais le chocolat à bord ça fond…

    Les pommes de terre non, le thé non plus, la soie pas plus, les épices (eux sont déjà nommés gingembre, curcurma, cardamome, quaquannelle) non non. Bon.

    je vous le dis.

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  7. À propos de « qua qua qua ».

    Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec le signal vocal utilisé aujourd’hui dans une grande partie de l’Afrique de l’Ouest pour signaler à des habitants d’une maison qu’on « frappe » à la porte. Comme il n’y a pas de méthode mécanique pour sonner ou frapper, il est d’usage de dire à voix haute : « Co, co, co » — à prononcer avec un « o » très ouvert, et finalement pas très éloigné d’un « a ».

    Ce son à mi-chemin du o et du a pourrait très bien être rendu par « kwa », où le « w » serait très léger et marquerait l’ouverture de l’arrière de la bouche.

    Bref, ce « qua qua qua » n’est-il pas tout simplement la transcription du « toc, toc, toc » que nous emploierions en France (à la différence qu’il est très très employé vu l’absence de toute sonnette et de toute porte en dur : il en devient pratiquement une forme de salutation — il est parfaitement envisageable qu’il ait initialement été confondu avec une salutation).

    Pour le reste, j’ai quelques doutes sur l’affirmation de Durand et Logossah : le mot ”quaqua”, en réalité ayokwa, prononcé par ses habitants à la vue des navires européens. D’une part, s’il s’agit en réalité du mot « ayokwa », pourquoi l’assimiler à « quaqua » dont il diffère très sensiblement — il y a un gouffre entre « ayo » et un redoublement de « qua » : le mécanisme même du redoublement a un sens très particulier, qui ne peut guère être confondu avec une autre syllabe. D’autre part, les anthropologues se régalent de ces témoignages sur les mots prononcés par les indigènes « à la vue des navires européens » : il faut qu’ils aient une sacrée voix pour arriver à être entendus par les occupants desdits navires !

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  8. Ce n’est pas l’histoire de « quaqua » qui s’est retournée pour revenir dans les livres comme histoire de wakwak : encore un nom de forme redoublée, peut-être un aliment , et un récit qui ouvre sur des livres de merveilles:
    « Le fruit de l’Arbre Wakwak pourrait être, selon certains, la noix de coco. En effet, avec ces trois trous celle-ci peut ressembler un peu à un visage. Et d’ailleurs, son nom de « coco » signifiait « face grimaçante » en portugais. Cependant il existe aussi un arbre appelé Vakwa (Pandanus) à Madagascar… »
    …des livres de merveilles comme on peut juger par ce lien (d’où est extraite la citation) d’autant qu’il a été proposée deux îles Wakwak
    http://krapooarboricole.wordpress.com/2009/01/07/larbre-waq-waq/

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  9. Des excuses pour la faute à « proposée ».(sans « e »)
    mais je n ‘ai encore rien appris de nouveau sur le quinquina (et ça « m’enquiquine »!)

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  10. >leveto
    Juste l’expression de mon étonnement parce que les dates que vous donnez pour Bowen ne correspondent pas à celles du lien que vous avez choisi, lequel donne :
    Emanuel Bowen (1714 – 1767) (et un seul « m » d’ailleurs) et non 1720 comme date de naissance . Cette différence s’explique-t-elle par une autre source ?

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  11. ► xx: à propos de Bowen, sa biographie est assez  » élastique ». Si la date de naissance le plus souvent donnée sur Google semble être en effet 1714, on trouve aussi 1720 (Didier Lampin, collectionneur et spécialiste en cartographie de la Martinique, qui m’ a induit en erreur). En fait, on s’aperçoit que sa première carte a été publiée en 1714, l’année supposée de sa naissance! Une recherche plus approfondie m’ a permis de finalement de trouver ces dates : 1693/4–1767 sur ce site . Je rectifie donc mon erreur; merci de me l’avoir signalée.

    ►Stella Star : j’ai tenu compte de votre remarque et rectfié mon imprécision.

    ►Jacques C : de nombreux toponymes sont dus à la mauvaise compréhension des mots indigènes et à leur transcription purement phonétique par les colons. Dans leur soif de rationalité, les découvreurs tentaient de retranscrire les mots entendus en les rapprochant de mots connus. Un exemple connu — sur lequel je reviendrai sans doute un jour —est celui du nom de la Martinique ( Madidina hispanisé en Martinica); et je ne vous rappellerai pas l’origine du nom Barbare .
    Vous écrivez : «s’il s’agit en réalité du mot “ayokwa”, pourquoi l’assimiler à “quaqua” dont il diffère très sensiblement — il y a un gouffre entre “ayo” et un redoublement de “qua”». Je ne connais pas la prononciation du mot  » ayokwa », mais je peux imaginer un accent tonique sur la dernière syllabe qui, combiné à la répétition du mot, crié simultanément par de nombreux indigènes, a pu pousser les explorateurs à entendre une cacophonie faite de  » quoi quoi  » ( le redoublement n’est pas le fait de la langue indigène, il est dû à la mauvaise interprétation faite par les colons de la répétition du même mot).
    Enfin, pour ce qui est d’entendre les indigènes crier, il suffit d’imaginer une chaloupe approchant des côtes aussitôt entourée d’embarcations locales.
    Le seul point qui me heurte, comme vous, est le fait qu’on suppose que les indigènes, même s’ils ne savaient pas ce qui les attendait, puissent avoir accueilli des étrangers aux cris de  » Bienvenue! ». Je les imagine plutôt crier  » Dehors! foutez le camp! « …

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  12. Je ne sais pas si ce com peut être mis en rapport avec le sujet et donc intéressant.
    Une vaste région de l’Amérique centrale avait été appelé « Castilla de Oro » par mes paysans et par des raisons claires. Un peu plus fantastique, selon ce que j’ai lu, sont les origines des noms de Costa Rica et du Río de la Plata.
    Quant aux toponymes indigènes et les traductions, j’ai trouvé un cas à Potosí ; il s’agit de la montagne « Sumaq Orcko » ou « Cerro Rico » ( litt. Colline Riche en quechua et espagnol respectivement) où était la mine d’argent la plus importante du monde. Certes, chez nous le mot « Potosí » a une signification pareille à celle que vous donnez à « Pérou ».

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  13. ► Jesús : Je ne connaissais pas cette dénomination de « Castille d’or », merci pour cette découverte!
    Costa Rica : il semble bien que le pays ait d’abord été nommé Costa del Oro parce que les indigènes y auraient offert des cadeaux en or à Christophe Colomb. Le nom aurait été changé en Costa Rica afin d’éviter la confusion avec la Costa del Oro , découverte peu avant en Afrique.
    Les références à l’or, enjeu de toutes les convoitises, sont nombreuses dans la toponymie colonialiste, à commencer par le nom du mythique Eldorado , qui subsiste malgré tout pour désigner quelques villes brésiliennes et étatsuniennes.
    Le Rio de la Plata doit son nom aux parures d’argent que portaient les indigènes rencontrés par Sébastien Cabot en 1526. Il en acquit par le troc et crut qu’il s’agissait d’une production locale, alors que ces pièces étaient arrivées là par le commerce intérieur, d’où le nom de « Rivière d’argent » ( plata « argent») qu’il donna au fleuve que Juan Diaz de Solis avait baptisé en 1515 Mar Dulce , « mer (d’eau) douce ».
    Dans les deux langues ibériques, plata ou prata , issus du latin vulgaire plattus , désignent ordinairement et depuis le Moyen-Âge l’argent. Le mot argento , issu du latin classique, est un terme savant ou poétique. C’est un poème de Martin del Barco Centenera, publié en 1602 et intitulé Argentina y conquista del Rio de la Plata , où Argentina constitue un pur latinisme, qui a servi à désigner la Republica Argentina quand elle succéda aux Provincias Unidas del Rio de la Plata . Le fleuve a quant à lui conservé son nom.

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  14. oui merci leveto parce que vous donnez le loisir de rajouter les pierres précieuses aux importations diverses, je pensais aux turquoises émeraudes particulièrement.
    >leveto je ne peux que songer que de prime abord les indigènes étaient curieux, confiants et accueillants
    les différents rites de bienvenue là sont pléthore : guirlande de fleurs, vahinées fruits et cadeaux divers.
    Ce ne sont que les désirs de conquête absolue et d’autoritarisme forcené qui ont entraîné les dégats collatéraux (et plus encore).
    Mais la particularité des indigènes sur les colons fut ne pas se sentir supérieur. Leur grand tort fut de croire que les colons leur statut était bien mieux que le leur.
    C’est là que tout est à revoir dans ce sentiment obtus de supériorité sur l’autre.

    Si vous le permettez, il s’agit de Madinina*et cela signifie l’île aux fleurs de par l’exubérance de la floraison sur cette île, liée au climat et chaud et humide.

    *atchak, atchak

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  15. ► Rose, vous avez raison: Madinina et pas Madidina.
    je ne vais pas dévoiler ici toutes mes recherches ( surtout des compilations et recoupements de textes, cartes et autres archives) sur l’origine du nom de la Marinique, mais il semble qu’un consensus se fasse aujourd’hui pour dire que cette origine est … incertaine.
    Madinina qui serait le nom de l’île aux fleurs n’est qu’une hypothèse parmi tant d’autres, qui pèche cependant sur un point capital: Madinina ne se rattache à aucune langue caraïbe connue.

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  16. >Leveto
    Je ne la connaissais pas non plus mais votre texte m’a fait chercher ; vous stimulez ma curiosité. Quant à Costa Rica et le Río de la Plata ainsi qu’à l’Argentine vous avez fait un excelent résumé. C’est ce que j’avais lu et que je n’aurais pas pu faire par mes limitations.

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  17. >leveto non non ne dévoilez pas c’est très bien ainsi
    cela laisse la part de mystère
    et comme cela on se soumet à votre rythme
    merci
    j’ai appris qu’au musée de Toulon il y a des cartes magnifiques je vais y aller voir un jour.

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  18. fait qu’on suppose que les indigènes, même s’ils ne savaient pas ce qui les attendait, puissent avoir accueilli des étrangers aux cris de ” Bienvenue!”. Je les imagine plutôt crier ” Dehors! foutez le camp! “…

    Si Rose ne m’avait pas brulé la politesse, je vous aurais répondu qu’il y a deux explications possibles : l’ancienne et la moderne.

    L’ancienne, c’est que les stupides envahisseurs tout remplis de leur morgue conquérante étaient persuadés que les sauvages les voyaient comme des Dieux descendus sur terre pour leur apporter la civilisation et la prospérité – d’où, naturellement, leurs cris d’enthousiasme (Z’étaient cons, ces explorateurs…).

    La moderne, c’est que comme les gentils indigènes n’avaient pas encore été corrompus par le méchant individualisme capitaliste, ils étaient naturellement aimables et accueillants. (D’ailleurs ils le sont toujours, le méchant capitalisme ayant glissé sur eux comme de l’eau sur une vitre…)

    (mmm’énerve, les clichés…)

    Sur ce thème, je vous conseille par ailleurs ce superbe livre, publié en 1919.

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  19. bof A 1532 n’y allez pas par quatre chemins, transposez : nous, chez nous, nous sommes accueillants avec les estrangers, placides même.
    Certes, ils ne franchissent pas le seuil de nos portes et on fait la sieste derrière les persiennes sur des boutis moëlleux pendant qu’ils grillent bêtement au soleil, sur des caillebotis surchauffés…mais s’ils grillent la queue à la boulangerie, on leur rabat leur caquet vertement (faut dire que dès qu’on est gentil on vous prend pour un demeuré, j’ai pas encore compris pourquoi).
    Après, avec eux on est condescendants parce que nous, on est chez nous, et eux sont pas chez eux.

    Donc pour s’adapter, en un discrétion, en deux caméléon.

    les livres j’ai plus la place, je lis plus, si vous voulez me le prêter je veux bien.

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  20. Olimalia : Quand j’étais petit, je croyais que le chocolat Côte d’Or venait de Dijon, comme la moutarde.

    Je ne pense plus être tout à fait petit, mais jusqu’à aujourd’hui (?) je pensais aussi qu’il y avait un lien entre cette marque de chocolat et la région française. Hélas, la Bourgogne s’éloigne à l’horizon et le chocolat n’est même plus français. Cruelle désillusion.

    Mais pour nous réconforter pensons à l’île Bourbon, dont les rivières ont sans nul doute charrié une liqueur des plus enivrantes — qu’il a suffit de mettre en bouteille avant de la commercialiser.

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  21. @ Siganus Sutor : Mais pourtant, il n’y a pas de soufre dans le bourbon, seulement dans le vin, si ? 😉

    Pour ce qui est des messages « awaiting moderation » *, je crois que c’est un machin automatique dès qu’il y a plus d’un lien dans le commentaire.

    * Je suis toujours sidéré de voir que la plate-forme du monde.fr soit incapable de faire appel à un prestataire francophone, et que ce modèle de fierté nationale qu’était Le Monde se mette à imposer à ses lecteurs de comprendre l’anglais. Quelle souffrance…

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  22. Oui, il joue au clignotant. Souhaitons qu’il ne s’éteigne pas à tout jamais, autrement dit que Leveto arrivera à le faire apparaître de façon permanente.

    Ce que je ne comprends pas, moi, c’est que la version gratuite de WordPress marche correctement 365.2 jours par an, alors que le WordPress du Monde, qui doit être payant, passe son temps à carotter. Comment cela peut-il s’expliquer ?

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  23. Non Zerbi, quand le car à thé de Sig hoquette c’est que les carottes sont cuites, d’où le verbe carotter…rien à voir avec le karaté !

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  24. Mais il y en a d’autres, bien sûr : impossible de tous les citer.(billet ci-dessus)
    – Le Cameroun actuel vient du Kamerun allemand qui a germanisé le Camerones portugais (ou espagnol) désignant les crevettes qui abondaient à l’époque .

    Ce qui pourrait expliquer que je n’aime PAS les crevettes.

    l’amer , qui préfère le crabe.

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  25. À propos de “qua qua qua”.jacques C | le 21 février 2011 à 23:26 –
    Vous confondez peut-être avec le discours de Lucky. Méfiance….

    L’amer qui fait de l’esprit 😆

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  26. A propos du livre signalé par Aquinze,le 25 février 2011 à 11:29 [ci-dessus] :

    Macao et Cosmage : L’année même où Marcel Proust obtient le prix Goncourt pour À l’ombre des jeunes filles en fleur, Gaston Gallimard publie un autre livre, dans lequel il est question de jeune fille et de fleurs. C’est un livre pour enfants, le premier publié par la Nouvelle Revue Française; c’est l’œuvre d’un jeune artiste de vingt-sept ans, Édouard-Léon Legrand, qui signe Edy-Legrand (qui est en réalité le pseudonyme d’Edouard Warschawsky (1892-1970)

    Le jazz, le bonheur, c’est le rêve des années vingt qu’exprime à sa façon prémonitoire l’album d’Édy-Legrand, qui marque la première incursion de Gallimard sur les terres de la littérature de jeunesse, dix ans avant que Nathalie Parain y importe l’esthétique des constructivistes russes. Mais surtout Macao et Cosmage est le premier monument feuilletable à la gloire tout entière de l’image , et en cela est gros de tous les albums pour enfants à venir.
    La survivance du mythe rousseauiste à l’aube des années vingt, qui préfigure la littérature scoute et ses avatars, est ici soutenue par une iconographie exceptionnelle. Jusqu’alors, le dessin était au service du texte. Édy-Legrand inverse la proposition. Les influences du fauvisme et du cubisme se font sentir dans la composition des images, coloriées à la main sur chaque exemplaire.

    ( extrait de : en suivant Aquinze à la trace ….)

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  27. Je les imagine plutôt crier ” Dehors! foutez le camp! “… leveto | le 22 février 2011 à 17:10 –
    -Mal imaginé, ami leveto : Ils restent silencieux, en faisant chauffer les marmites (parfois pleines d’eau) et ranimer les braises……. et sortir les broches idoines…

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  28. La_Mer_Qu’on_Voit_Danser : Le Cameroun actuel vient du Kamerun allemand qui a germanisé le Camerones portugais (ou espagnol) désignant les crevettes

    Voilà qui m’amuse beaucoup car ici les grosses crevettes d’eau douce (Macrobrachium rosenbergii) sont appelées camarons, du portugais camarão, crustacés que traditionnellement on mange avec du palmiste (cœur de palmier). Jusqu’à l’heure je n’avais jamais associé les camarons au Cameroun.

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  29. Pour La_Mer, l’oubli c’est normal vu son très grand âge, mais un petit jeune comme Siganus ?

    Bon, je les assaisonne et je les mets en boîte, mais j’avais oublié aussi. C’est bien de nous faire réviser, leveto !

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  30. @leveto : j’ai beaucoup de peine à trouver où metre cette information qui ne vous aura pasLa vente des préservatifs « from Condom » interdite

    La vente de préservatifs de luxe utilisant l’origine « Condom », le nom d’une commune du Gers qui signifie aussi « capote » en anglais, a été interdite par la justice à la demande de la ville, a-t-on appris mercredi 16 mars auprès de échappé:
    http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/societe/20110318.OBS9913/les-articles-auxquels-vous-avez-echappe-cette-semaine-18-03.html
    « 

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  31. ►xx:
    info d’autant plus étonnante que c’est à Condom qu’on trouve le musée du préservatif !
    Condom est un nom d’origine gauloise: Condus – magus : le champ ou le marché de Condus.

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  32. À quoi ça sert que leveto se décarcasse ? Il ya près d’un an, déjà… leveto | le 05 mars 2011 à 22:00-
    – Naturellement, vous avez raison . Mille excuses, ami leveto. Il y a un an je ne lisais pas régulièrement votre blog. Au coin, l’amer !!!!!
    -( Pas dans le même coin que zerbinette, siouplaît. Le SANG coulerait…avec les tresses ! 😈 )

    l’amer contrit (pour la non-révision, seulement….).

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