Corvidés

Comme promis, je réponds ici à la curiosité d’un de mes lecteurs réguliers, qui signe Iado et qui m’interpella à propos des corbeaux, thème que j’ai étendu à l’ensemble des corvidés.

choucas3

Le choucas est présent, sous une forme dérivée de l’ancien provençal caüs, dans le nom de Cahus (Lot).

La corneille s’appelait boduo en gaulois. On retrouve ce nom, composé avec le gauloiscorneille ritu, gué, dans Bort (Corrèze) et Bourth (Eure). Bueil (Eure) est, lui, composé de boduo et du gaulois ialo, clairière, champ.

Le nom latin de la corneille, graulus, est à l’origine de Gréolières (Alpes-Maritimes, avec le latin –aria, aire). Avec le suffixe collectif –etum, ce nom a fourni Groslay (Val d’Oise), Groslée (Ain) et Grosley (Eure).

Il a donné le languedocien agraulo, que l ‘on retrouve dans Lagraulas (Gers, avec suffixe augmentatif –as), dans Lagraulet (Haute-Garonne et Gers, avec suffixe collectif –etum) et dans Lagraulière (Corrèze, avec le suffixe –aria, aire). Le provençal gralha a donné son nom à Lachapelle-Grailhouse (Ardèche). Le languedocien caucalo a donné quant à lui Caucalières (Tarn).

La ville de Villiers-aux-Corneilles (Marne) qui était simplement Vilers en 1222, du latin vilare, écart de la villa, c’est-à-dire hameau, a complété son nom en 1766 avec les corneilles.

grand_corbeauLe corbeau, le plus remarquable des corvidés par sa taille comme par son intelligence, a été le plus prolifique en noms de lieux de tous les corvidés.

Les gaulois l’appelaient brannos. Ce mot apparaît avec certitude dans Braisne et Brenelle, son diminutif, dans l’Aisne, ainsi que dans Braisnes (Oise) et Brennes (Haute-Marne). Brannos est très vite devenu un nom d’homme, mais sans le sens péjoratif que Le Corbeau porte aujourd’hui et qui n’apparaît que très tardivement au Moyen-Age. Ce nom est à l’origine de Brandon ( Saône-et-Loire, avec –dunum, forteresse) et de Brenède( Lozère, avec suffixe gaulois –ate). Avec différents suffixes ligures, Brannos a également donné Brannens (Gironde), Branoux (Gard) et Branne (Gironde et Doubs).

La confusion avec un autre nom d’homme gaulois bien connu, Brennus, le chef, laisse planer un doute sur l’étymologie de plusieurs noms de communes comme Brain (Côte D’Or), Brains (Loire-Atlantique et Sarthe), Brin (Meurthe-et-Moselle) ainsi que Broin (Côte d’Or).

 Le latin corbus se retrouve seul dans le nom de Corps (Isère) et dans Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire). Très localement — sur le plateau du Larzac— on trouve Raja del Gorp aussi écrit Rajal del Guorp: de l’occitan raja, « cascade, source, fontaine»  avec un sens de jaillissement et gorp, « corbeau».

Il a été associé avec –aria, «aire», dans le nom des Corbières, région du Languedoc, et dans Corbère et Corbères-les-Cabannes (Pyrénées-Orientales), Corbère-Abère* (Basses-Pyrénées), Corbara (Corse), La Corbière(Haute-Saône), Corbières (Alpes de Haute-Provence), Courvières (Doubs) et Corbès (Gard). Courberie (Mayenne) est une forme récente du même mot. Pietra-Corbara, en Corse, a la même origine: il s’agit de rochers où nichent les corbeaux. Corbreuse (Essonne) est formé de corbus, et du suffixe –arosa.

Corbus a été utilisé comme nom d’homme par les Gaulois et les Gallo-romains. On le retrouve dans Corbeil (Marne et Essonne), dans Corbeil-Cerf **(Oise) et peut-être dans Corbeilles-en-Gâtinais*** (Loiret) , avec attraction du français «corbeille», et dans Corbelin (Isère).

L’ancien français corbel, employé comme surnom, a donné Corbel (Savoie) et, avec le germanique heim, village, Corbehem (Pas-de-Calais).

Pour en terminer nous mentionnons le nom de Craywick (Nord), issu du moyen néerlandais craie, corbeau, et wicj , du latin vicus, quartier.

* Abère: du béarnais abera, du latin abellana, «noisette».

** Corbeil-Cerf: Colleberium essartum, en 1210, du latin exsartum, défrichement.

*** Gâtinais: de l ‘ancien français gast, «terrain inculte».

53 commentaires sur “Corvidés

  1. donc en commençant par le choucas qui fait penser à Kafka puisque Kafka est le nom du choucas en tchèque et que son père avait mis un choucas pour enseigne à sa boutique
    une oeuvre musicale
    Premières traces du Choucas (2006), 15m00s
    Compositeur: Francis Dhomont
    Commande: Réseaux des arts médiatiques, avec l’aide du CAC , Musiques & Recherches
    Création: 21 octobre 2006, L’Espace du son — M&R, Théâtre Marni (Bruxelles, Belgique)

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  2. et il semble bien que j’aie trouvé une enseigne avec choucas, mais non à Prague
    « Au printemps passé, j’étais retourné à Dranouter, à De Kauwackers (les Choucas) et je l’avais retrouvé comme je l’avais vu pour la dernière fois, il y a dix ans. Là, les jeunes commerçants m’avaient appris qu’il allait être fermé tout le mois de janvier 2011 pour raison de travaux. »

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  3. Certes n’ai-je pas oublié Brennus , même s’il n’est jamais devenu un de mes familiers, bien que j’aie fumé des gauloises bleues, mais le cours du billet m’a fait penser à Brindisi (et Wiki ne renvoie qu’à Brindes )
    -ajoutez à cela que brain peut troubler tout cerveau aussi compliqué que celui d’une linotte

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  4. ►Iado
    Brindisi doit son nom à une langue très ancienne ( le messapien ) dans laquelle le mot brention signifie « tête de cerf » et dont l’emploi se justifie par la configuration du port. Repris d’abord en grec Brentesion puis en latin Brundisium et transformé par les prononciations locales successives, ce nom à abouti à Brindisi.

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  5. L’ancien français corbel (…)

    Voilà qui est amusant : dans le bâtiment on appelle corbeaux les petites consoles sur lesquelles viennent prendre appui d’autres éléments de structure (des pièces de charpente par exemple), et ces corbeaux-là sont appelés corbels en anglais. (Certains, dans la langue bâtarde qui est la leur, les appellent parfois corblets, mais ceci est une autre histoire…)

    Corbel, corbeau… Les corbeaux femelles ne bénéficieraient-elles pas d’une appellation particulière ?

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  6. ►Siganus:
    La femelle du corbeau est … la femelle du corbeau. Pas de nom particulier pour elle, ça compense avec la corneille dont le mâle est aussi une corneille.
    En revanche un nom spécifique pour leur petit qui s’appelle corbillat.

    Souvenir, souvenir … le sujet avait été abordé sur un autre blog

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  7. merci Leveto . (vous connaissez surement le livre de Françoise Frontisi-Ducroux « l’homme cerf et la femme araignée  »
    beaucoup de jeunes artistes s’en inspirent
    je trouve aujourd’hui dans des « nouvelles » du science daily news
    Science News
    … from universities, journals, and other research organizations
    Birds Can Recognize People’s Faces and Know Their Voices
    In a separate study, published in the journal Animal Cognition, the team investigated the ability of carrion crows to differentiate between the voices and calls of familiar and unfamiliar humans and jackdaws,
    (pour les pigeons, il y a un article du philosophe historien de l’art A.Danto)

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  8. j’en étais à me dire que ni la crau , ni le grau du roi n’avaient leur place ici, sinon vous l’auriez dit lorsqu’après un tour sur l’ancien blog, j’ai repensé à un tableau sur lequel j’avais déjà fait de riches lectures , et , un clic ici et là , et je trouve  »
     » le seul merle que je vois encore est perché transi sur une haute branche dans une sale saison de l’année 1565 au coin d’un tableau breughélien mais ce n’est peut-être qu’un corbeau au moins ce n’est pas une pie certainement pas puisque Breughel encore plus que moi avait la haine des pies »
    http://lambertschlechter.blogspot.fr/2011/12/le-merle-de-breughel.html

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  9. en relisant, je n’ai pu m’empêcher de penser à Gorbio qui ferait un beau mixage de gorp et corb ! -tout en me disant que vous l’auriez écrit si ça relevait de ce billet : mais l’attirance a été la plus forte, (bien que j’aie fait un tour sur wiki -j’avoue ne pas avoir visité le musée de Menton où j’ai pourtant séjourné à plusieurs reprises-)

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  10. Leveto, vous avez une meilleure tête que moi. Je m’incline bien bas devant l’étendue de votre mémoire. (Mais je garde mon fromage.) Pardon pour la répétition 6 ans après.

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  11. encore une idée bizarre : BRANtôme ? idée confortée par le fait que , la suivant un peu, je trouve, en allant jusqu’à la Dronne dans wiki que « Noté Drona en 1215, son nom s’explique par la racine hydronymique dur- du celtique « dour » qui signifie « la rivière » et le suffixe pré-latin -onna. » mais si vous me dites qu’il faut la remiser ailleurs, je le fais .

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  12. en aggravant mon cas , une citation d’Hélène Cixous
    Les enfants mystérieusement beaux qui sont comme des larmes tombées des yeux de dieux misérables là-haut
    Les corbeaux aussi nombreux que les Indiens
    Le passager dans le wagon du train de Bholpur qui demande : et vous, dites-moi, où croyez-vous que Dieu réside ? »
    L’Indiade ou l’Inde de leurs rêves et quelques écrits sur le théâtre

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  13. Iado
    Gorbio ( Golbi en 1157) est sans doute issu d’un nom de personne romain Colobius ( la finale -io étant une italianisation).
    Brantôme: la création par Charlemagne en 817 de l’abbaye nous renseigne sur son nom latin à cette date, monasterium Branstosmii . Deux hypothèses pour expliquer ce nom :
    La première part du fait que le nom du village était sans doute *Brantosmium, qui serait une latinisation d’un mot gaulois. On pourrait alors y reconnaître le suffixe celtique superlatif -sm –, suivant un thème *branto dont le sens nous échappe.
    La deuxième hypothèse fait appel à un nom de personne germanique Brantho accompagné du germanique stumm , « muet ».
    ___________
    À propos de Quichotte et du lien que vous nous donnez à lire, je tombe sur « la métamorphose corvine ( du roi Arthur)». Cet adjectif m’étant inconnu, j’ai compulsé les dictionnaires en ligne et ne l’ai trouvé nulle part (on trouve bien un nom propre et un bec-de- corvin, mais c’est tout.). «Ah! Ah!, me dis-je in petto, qu’en disent les dictionnaires imprimés ?». Eh bien! ni Robert ni Larousse ne connaissent ce mot …
    Bon, il est donc temps de faire passer à ce mot l’épreuve ultime, celle qui décidera si oui ou non on peut écrire la plume altière et le front haut le mot « corvin » sans risque d’encourir les foudres inquisitoriales de ceux qui chassent à l’affût les lapsus, coquilles et autres erreurs (j’en connais — j’ai les noms!).
    Cette fameuse épreuve, c’est le test du Quillet 1936*.
    Et le verdict aussi sec que tranchant tombe: oui, « corvin, corvine » est un adjectif de la langue française qui signifie : « qui ressemble à un corbeau ».
    C’est la victoire ( définitive, certes, mais pour combien de temps ?) du papier sur la toile et ce n’est pas pour me déplaire.

    * Dictionnaire encyclopédique Quillet en 6 volumes publiés sous la direction de Raoul Mortier à la Librairie Aristide Quillet, dont la devise était « Bien moudre et pour tous » (et vous vous demandiez pourquoi tous ces billets sur les moulins?).

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  14. Leveto, parsonnellement, je ne connaissais pas le mot « corvin » en français, mais c’est lorsqu’il ya quelques décennies , je fis des recherches en iconographie médiévale, en bibliothèques,que je l’appris-et beaucoup de légendes aussi pour les comprendre-que j’ai découvert ce nom comme patronyme et l’ai donc recherché cette fois pour le billet

    http://corvin.irht.cnrs.fr/

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  15. quelques lignes transcrites sur la toile d’un entretien de P.Quignard
    : Le mot corbillard c’est vraiment… c’est vraiment étrange et je… je… je… je vous explique mais je ne suis pas convaincu qu’on ait trouvé la raison vraiment. Le mot corbillard vient du mot corbeillat, le coche d’eau qui menait de Corbeil à Paris et de Paris à Corbeil, des nourrissons au XVIe et au XVIIe siècle et c’est ce… le vaisseau des nourrissons hurlant dans leurs petites cagettes, emmaillotés comme ils pouvaient l’être au XVIe et au XVIIe siècle qui aurait- donné le nom de corbillard à corbillard. C’est un mot ahurissant et je l’ai… je le reprends à Bloch et Wartburg cette… cette… j’ai vérifié dans les dictionnaires en effet euh… euh… euh… le dictionnaire de l’Académie dit corbeillat le bateau coche d’eau qui conduit de Corbeil à Paris et de Paris à Corbeil. Se dit de façon populaire pour le chariot des morts. À la longue, je me suis dit qu’il y avait sans doute un… un très triste ou plutôt très lugubre calembour derrière et que sans doute c’est le corbeau lui-même qui s’est en français… et cette noirceur du corbeau, qui s’est mêlée au corbillard des nourrissons… parce que passer du… du…du vaisseau des nourrissons euh… au chariot des morts est quand même un curieux destin.

    http://www.fabriquedesens.net/Du-jour-au-lendemain-avec-Pascal

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  16. voyez vous, tous ceux qui ont travaillé dans des lieux assez ouverts-même en ville, et pas seulement presque dans le désert , comme cela m’est arrivé-savent bien que ces oiseaux se permettent absolument tout .la preuve:

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  17. ►Iado
    L’explication de l’étymologie de corbillard que donne P.Quignard est certes plaisante mais elle est surtout inexacte.
    Le coche d’eau qui faisait la liaison Paris-Corbeil s’est bien appelé corbillard ( première attestation en 1549 au pluriel corbillaz ). Par ironie ce mot a pris les sens de « carrosse bourgeois »( 1690) et, plus tard, de « carrosse transportant la suite des princes »(1718).
    Le sens moderne « voiture transportant un cercueil » n’apparait qu’en 1778 et semble n’être qu’un mélange de ce mot avec corbillat , «petit corbeau», le corbeau étant un symbole funèbre. On donnait alors le nom de «corbeau» à une «personne qui, en temps d’épidémie, transportait les corps des pestiférés», à un «employé des pompes funèbres.»
    Cf . DHLF et TLFi.

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  18. mais, leveto, il nous fallait bien voir un de ces médecins au temps de la peste
    qui n’est pas une maladie venue de Paestum

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  19. a propos du costume de médecin au temps de la peste , ce que dit wiki :
    . Au xviie siècle et xviiie siècle, certains médecins portent un masque en forme de long bec blanc recourbé (ce bec de corbin fait qu’ils sont alors comparés à de lugubres vautours2) rempli d’herbes aromatiques conçues pour les protéger de l’air putride selon la théorie des miasmes de l’époque.
    lorsqu’on se déplace vers corbin , il y a quelques toponymes « Corbin (Kansas)
    Corbin (Kentucky)
    Corbin City (New Jersey)
    North Corbin (Kentucky)

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  20. histoire de lever le nez de ce que je lisais , sans revenir sur les légendes , si nombreuses relatives au corbeau, j’ai regarder un peu ce qui était proposé pour les « corneilles » de l’expression usuelle :bayer
    Ce terme pouvait aussi bien désigner l’oiseau (), présent en grande quantité à cette époque, que le fruit du cornouiller ().
    et une référence
    « Selon l’Office québécois de la Langue française, qui consacre une page en ligne aux homophones du verbe bailler (bâiller, bayer), l’expression fait aussi référence au fruit du cornouiller :

    « Littéralement, la locution pourrait signifier « perdre son temps en regardant une chose aussi insignifiante que l’est la corneille pour le chasseur » (cet oiseau représentant une petite proie immangeable) ou « le fruit du cornouiller pour l’amateur de fruits » (la saveur aigrelette de ce fruit étant peu appréciée). »

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  21. il serait désolant que mes envois aient découragé des posteurs auxquels j’ai pourtant laissé quelques une des plus belles pièces auxquelles j’avais pensé: je vous prie de m’excuser en trouvant un oiseau dont je ne sais comment il a été identifié , bien qu’il ait donné lieu à de nombreuses interprétations :
    c’est la scène très connue de l’homme à tête d’oiseau de Lascaux :

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  22. @Leveto
    si La scène de lascaux est bien l’une des premières attestations de figuration d’oiseau, on dit que le champ de blé aux corbeaux de Van Gogh est peut-être son dernier tableau

    je ne doute pas que les grands interprètes qui piétinent de se montrer plus savant que les herméneutes, philosophes, historiens et psys qui ont travaillé et publié vous soumettront des discussions étoffées, sur la fin et sur les fins, ce que je ne ferai pas .

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  23. plus savantS et ne sortant pas
    Si cela peut satisfaire votre curiosité,-puisque vous vouliez « en savoir plus », dans la famille de la jeune femme artiste dont le mari est journaliste que j’avais évoqué,presque tout le monde est polyglotte , et son oncle est psy professionnel, mais pas en France : il n’est pas français. Dans le souvenir que j’ai gardé de lui , il y a ses incessants jeux de mots entre sa langue maternelle , et le français qu’il parle couramment .
    C’est une une famille qui lit le monde

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  24. une autre correction :LE journaliste que
    quant à l’oncle, il est neurochirurgien ,( et grand marcheur )
    la fille de cet oncle est devenue traductrice …professionnelle
    voilà, vous savez presque tout ce qui peut être assez significatif ,sans être indiscret .

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  25. malgré les intimidations de tel des commentateurs, il ne sera pas dit que j’aie empêché quelqu’un de rappeler l’histoire de Noé , celui qui lâchera le corbeau :
     » Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu’il avait pratiquée à l’arche. 7 Il lâcha le corbeau, qui partit, allant et revenant jusqu’à ce que les eaux eussent laissé la terre à sec. 8 Puis, il lâcha la colombe, pour voir si les eaux avaient baissé sur la face du sol.  »
    : le corbeau : en hébreu :-הָעֹרֵב
    bonne suite au billet

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  26. je ne voudrais pas non plus que quelqu’un dise que je me garde des éléments pour un discussion à laquelle il n’est pas dans mon intention d’intervenir
    voici donc un rappel:
    By the way, in the Epic of Gilgamesh, there are three birds: the dove, the swallow and the raven, which is the last to be sent away!
    translittération fréquente du mot corbeau en hébreu ‘ôrēb
    la première lettre ( עֹ ) est un aïn (bien guttural)

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  27. ►Iado:
    vos commentaires qui nous transportent ailleurs sont certes intéressants, et nous font découvrir de belles choses, mais ils finissent par n’avoir qu’un rapport très lointain avec l’objet principal de ce blog qui est la toponymie. Noé et Gilgamesh n’ont pas grand chose à voir avec le Raja del Gorp…
    Il s’agissait dans ce billet de relever les toponymes français issus de noms de corvidés, et de remarquer par exemple que, du gaulois à l’ancien français en passant par le latin, on retrouve les noms de ces volatiles qui occupent depuis longtemps une place importante dans l’imaginaire collectif.

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  28. merci leveto, mais j’ai eu le temps d’apprendre que la langue n’avait pas le privilège de nommer et que le français n’est pas resté une langue hexagonale
    (D(ailleurs Audubon n’avait-il pas une ascendance française ?
    en outre il semble que le cri des bêtes, pour revenir sur l’hypothèse de l’onomatopée n’est apparemment pas le même dans toutes les langues !en gaulois et en verlan des landes, ce qui se fait apparaître , et comment cela pose des problèmes aux traducteurs poètes : en ce qui concerne le corbeau: le nom de Poe et son corbeau qui est l’exercice obligé de tous les apprentis en la « matière »
    Ayez donc l’obligeance d’effacer définitivement ce que j’ai envoyé, ce qui serait logique, cohérent, et peut-être bloguesque merci !
    je n’ai aucun besoin de « m’exprimer «  » ni de faire exprimer » sur blog !

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  29. Autant qu’il me semble, le blog n’est pas consacré exclusivement à la toponymie , et bien que j’aie pris bonne note de ce que l’on appelle l’imaginaire collectif dans la prose journalistique , je crois que l’on peut émettre beaucoup de réserves sur sa pertinence .
    n’importe , cela ne me concerne plus du tout , ce que peut recouvrir le mot « mots »
    dans le sous titre de ce blog ce n’est pas le mien, et je ne suis pas en peine de lire discussions à la hauteur des questions de ce « fameux « inconscient collectif » :de quoi voici un lien à retrouver pour les mieux cliquants
    Franceso Fistetti et Marcel Hénaff sur Mauss, Lévi-Strauss, le don, l’échange et la réciprocité

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  30. >bonsoir leveto

    >bonsoir iado
    le don, l’échange et la réciprocité
    j’ai quelque chose de très intéressant sur le corbeau mais je ne sais pas où c’est. Rangé avec le catalogue d’un artiste qui a travaillé sur le A comme abandon.

    Pour le reste, je ne peux guère dire l’intensité du chagrin qui sourd la nuit et à l’aube
    je revenais du tombeau que j’ai lavé à grande eau, me suis heurté depuis le sein gauche au volet en bois lourd ai marqué un bleu à la marque du cœur et de ce jour je tache de faire front hardiment mais je m’en doutais à cause de la quatrième branche du cerisier dont la greffe n’a pas pris

    cela a donné ad tripalium un discours reconnu comme brillant devant 150 personnes et les politiques et ad dominus l’errance absolue et les papiers alentours faisant barrière à l’ampleur de ce enième chagrin-là en trop

    je vais tacher de le retrouver le document joli
    je vous écrirai sur le corbeau
    le plus difficile étant la répétition sur l’axe de se faire blouser
    le reste n’ayant guère d’autre importance que cette répétition là. Et la fatalité inscrite dès lors.

    j’en suis désolée je ne peux faire mieux

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  31. @rose:
    il semble que vous n’ayez pas compris que je n’ai pas l’intelligence requise par le tenancier de ce blog docteur ès inconscient collectif et toponymie, titre trop chic pour que je ne quitte pas ces et ses lieux en vous souhaitant, d’un bref salut qui n’est pas jaloux des conseils( de lecture) bien du bonheur ensemble .

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  32. leveto, pour varier la conversation : vous ne parlez pas du corbeau freux (Corvus frigilegus) que beaucoup de gens appellent freux, tout court. Ce freux a sûrement toponymé autant qu’un autre ?

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  33. ►Iado, quelle moche vous a piqué ? où avez-vous une quelconque allusion de ma part à votre intelligence ?
    Je relevais simplement que vos commentaires s’éloignent parfois un peu trop du sujet des billets, voilà tout.
    ►Harald: je n’ai pas trouvé de toponymes issus du nom du « freux ». Mais mes recherches continuent.

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  34. J’ai omis de vous signaler une anse de Corbière à Marseille, devenue plage de Corbière. Il y a longtemps qu’on n’y a pas vu de corbeaux. Mais les corbeaux fréquentent-ils le bord de mer ? A moins qu’il s’agisse du corb (Sciaena umbra) , poisson très élégant. Mais je n’y crois pas non plus. Ce serait trop beau, un endroit où les corbs auraient pullulé

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  35. Voilà leveto obligé de s’excuser de recentrer SON blog sur SON sujet et d’interrompre temporairement le monologue de iado. Je crois que je n’avais jamais vu ça : un propriétaire de blog s’excusant auprès d’un commentateur d’oser insérer un billet au milieu du flot des commentaires hors-sujet.

    Comprenne qui pourra.

    Cela fait un moment que le monologuiste a réussi sa manœuvre d’intimidation à l’encontre des autres lecteurs de ce blog : il rend impossible toute discussion. Tout comme chez Pierre Assouline, la lecture des commentaires devient un calvaire et non plus un plaisir : il ne reste plus que les billets. Dommage. Mais vu autrement : heureusement, il reste les billets ;-).

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  36. n’ayant pas de curiosité que je ne puisse satisfaire sans… chercher sur blog des « discussions » , je vous souhaite, cher Leveto , de ne pas vous offenser si je vous souhaite à vous et vos lecteurs de découvrir les lieux et les personnes qui pourront nourrir un long et suffisant enthousiasme pour réveiller et lier les mots et les histoires dont je n’ai pas et ne cherche pas à connaître le secret,(libelli sua fata habent dit-on) puisque pour vos voeux qui dépendent de moi, il suffit que je vous dise adieu pour qu’ils soient exaucés . Adieu donc !

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  37. Bonjour, M. Leveto,
    Je vous croisais régulièrement sur LSP, sans connaître l’existence de votre blog. Voilà qui est fait. Tout comme dans un dictionnaire, j’ai feuilleté et suis tombée sur la page des corvidés. Là, j’ai failli croasser : rattacher l’étymologie du toponyme de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) avec celle du corbeau * ! Nenni : en latin d’église et du Moyen-Âge, ce lieu était dénommé « Sanctus Petrus de Corporibus », soit Saint-Pierre des corps, soit les corps des humains, puisque ce qui fut d’abord une paroisse s’est installée sur une nécropole, un cimetière quoi ! Même si l’on imagine bien les corbeaux y croassant.
    * D’où tenez-vous cette information ?
    Il faut être prudent avec les dictionnaires de toponymie actuels qui ne sont SOUVENT que des compilations d’opus érudits du XIXe siècle (l’heure de gloire de l’étymologie toponymique) et dont les travaux d’historiens révèlent SOUVENT le caractère fautif.

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  38. Turonensis
    Je fais amende honorable: vous avez raison.
    Saint Pierre des Corps n’a rien à voir avec les corbeaux mais avec un des premiers cimetières chrétiens.
    Je suis en revanche moins d’accord avec votre dernier paragraphe. La toponymie, en tant que science, est réellement née au début du XXè siècle ( avec Auguste Longnon en France). Auparavant n’existaient que des compilations topographiques parfois accompagnées d’explications étymologiques.

    Mais les dictionnaires toponymiques actuels et les ouvrages universitaires dont je m’inspire sont issus de recherches sérieuses, longues et fastidieuses et ne se contentent certainement pas de compiler les « opus érudits du XIXè siècle »!
    Bien des savants, des amateurs passionnés et des universitaires se sont succédé pour bâtir les bases d’une science et leurs recherches ont permis de trouver l’étymologie certaine d’un nombre impressionnant de noms lieux.
    S’il vous a lu, Ernest Nègre doit s’en retourner dans sa tombe!
    J’ajoute que cette science est vivante et que les travaux continuent.

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  39. on a aussi le Champ des Merles, Kosovo Polje, lieu d’une bataille en 1389 entre Ottomans et Serbes.
    un merle n’est pas un corvidé, mais c’est un oiseau noir!

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