Elne ( réponse à la devinette)

La réponse à ma dernière devinette n’ a été trouvée que par deux de mes lecteurs-joueurs.

Mille bravos à pasdup qui monte sur la première marche du podium dès mardi à 21h17 et à zerbinette qui le suit une marche plus bas le mercredi à 21h52. La troisième marche reste inoccupée puisque ni TRS ni Jésùs, s’ils ont bien trouvé la femme, ne sont allés plus loin.

Il fallait trouver Elne,  située dans le département des Pyrénées-Orientales, au centre de la plaine du Roussillon, sur la rive gauche du  Tech.

f1.highres

Le nom actuel de la ville est attesté pour la première fois dans l’Abrégé de l’histoire romaine de l’historien romain Eutrope en 367, puis dans la Chronique  de saint Jérôme en 379, sous la forme castro cui Helenae nomen est. C’est après 395, dans l’Épitomé de Cesaribus, que l’on trouve la forme au singulier, Helena, qui deviendra définitive. En raison de l’évolution de la prononciation ( qui applique la loi du moindre effort en faisant disparaître les syllabes inaccentués) on trouvera in vico Helno en 858 ou Helna en 899 et enfin Elna au siècle suivant, nom qui est resté tel quel en catalan et qui a éte francisé en Elne.

Et maintenant les explications ( attention! il y a beaucoup de liens puisque  je ne pouvais pas écrire  tous les détails : libre à vous de cliquer ou non ).

  1.  « Cherchez la femme! ». Sans preuve formelle ( aucun texte connu n’en fait mention) mais avec un faisceau d’indices convaincant, les historiens s’accordent pour dire que ce nom a été donné à cette bourgade par l’empereur Constantin Ier ( mort en 337 ) en l’honneur de sa mère, Hélène, morte avant 330. Certains d’entre eux s’appuient sur le pluriel Helenae pour y voir un double hommage à la mère, Flavia Julia Helena, et à la fille de l’Empereur, Flavia Maxima Helena dite Helena II. On remarquera qu’aucun suffixe ni aucune fioriture  n’accompagnent ce nom, ce qui est assez rare à cette époque où les noms romains sont généralement suffixés en -anum. Si ce principe avait jadis été appliqué, on aurait aujourd’hui *Elnan.
  2. Elne était une ville ibère au moins depuis le VIè siècle av. J.-C. Le premier à nous en donner le nom est Polybe au milieu du IIè siècle av. J.-C. sous la forme Ἰλλέβερις, soit Illibéris, nom qui sera repris par Strabon en l’an 7 et par Athénée en 228, ainsi que par Peutinger lorsqu’il dessina  sa Table  Ce nom est d’origine ibère et on le retrouve encore aujourd’hui dans les basques ili, « cité » et  berri , « neuf, nouveau » : cette antique  Illibéris, c’est notre moderne « Villeneuve ».  C’est sur ce nom que sera formé en 2006 le gentilé Illibérien qui remplace Elnois ( attesté dès 1889 ). L’ Occitan dit Éunés et le Catalan Elnès.
  3. Constantin avait déjà rendu un hommage analogue et posthume à sa mère Hélène en rebaptisant Helenopolis  sa ville natale, Drepranum, dans la province de Bithynie en Asie Mineure (et dans l’actuelle province de Yalova en Turquie). Il est même allé plus loin dans l’hommage en renommant Hélénopont le Diospont créé par Dioclétien.
  4. Sainte Hélène est connue pour l’invention de la Vraie Croix et pour avoir fait transporter à Rome en 326 le Saint-Escalier. Elle est considérée comme l’artisan principal  de l’expansion de la chrétienté hors de la Palestine, notamment par la conversion de son fils, l’empereur romain Constantin , au christianisme. Par cela, elle a changé la face du monde.
  5.  Elne, ou plutôt Illiberris, a servi d’étape à Hannibal Barca dans sa marche sur Rome lors de  la deuxième guerre punique : «  Aussitôt, pour que le retard et l’inaction ne soient point funestes à ses soldats,  il passe les Pyrénées avec le reste de ses troupes, et vient camper auprès d’Iliberris » nous dit Tite Live. Cette marche sur Rome allait changer la face du monde. Hannibal la commence  à Carthagène, ville fondée par son frère Hasdrubal Barca en 242 av. J.-C.  qui lui avait donné le même nom que Carthage. Cette dernière, fondée par les Phéniciens au VIIè siècle av. J.-C. avait reçu le nom sémitique Qrtḥdšt, ainsi qu’on le lit gravé sur les monnaies de la ville, vocalisé en Qartḥadašt soit « la ville ( qart ) neuve ( ḥadašt) »— une autre « Villeneuve », donc, et bien repérée par Zerbinette. Les Latins parleront de Nova Carthago et c’est l’accusatif Cartaginem  qui sera arabisé, lors de l’occupation de la péninsule par les Maures,  en Qartāgína d’où procède le nom espagnol actuel, Cartagena.
  6. En Haute-Garonne, Eaunes — dont la fiche wiki ne nous apprend rien, vous êtes sauvés: pas de lien! — était notée de Helnis en 1269, un nom lui aussi  issu de Helena. On compte en France huit communes portant le nom de Sainte-Hélène. Il nous est impossible de dire si Eaunes fait référence à la mère de Constantin ou à une autre Hélène sans compter que l’hypothèse d’un nom de personne romain masculin Helenus n’est pas exclue, même si le suffixe fait difficulté.
  7. Si vous avez bien lu la fiche wikipedia dédiée à Hélène ( mère de Constantin) vous aurez noté que sa tête aurait été conservée, jusqu’à la Révolution, dans la chapelle du château de Genech. Le nom de cette commune serait issu du latin gynæcēum , « gynécée », dans le sens d’« atelier de femmes chargées de la confection des vêtements militaires ». Étymologie à prendre toutefois avec des pincettes : Genez en 1164, Genets en 1188 et Genech en 1200 correspondent plus probablement au pluriel de l’oïl genest, « genêt ».

Les indices:

L’escalier : Hélène est censée avoir ramené à Rome le Saint Escalier qu’aurait gravi Jésus pour se rendre au prétoire où il aurait été condamné par Ponce Pilate.

Le tombeau de Napoléon : mort à Sainte-Hélène, Napoléon avait été empereur comme Hélène avait été impératrice.

Les éléphants : en référence à Hannibal, bien entendu.

Et puisque tout finit toujours en chanson, j’ajoute que je trouve ça beau, Hélène.

22 commentaires sur “Elne ( réponse à la devinette)

  1. Après avoir lu votre claire explication, j’ai vu, dans l’historique de mes recherches, que j’ai eu une erreur impardonnable par étourderie. Croyez-moi si je vous dis que j’ai lu les noms et les gentilés (habitants.fr) des communes d’Hautes-Pyrénées et après celles de Bas-Rhin, ayant sauté sur les Pyrénées-Orientales ! (malgré son hauteur). Je ne sais pas si j’aurais trouvé la solution mais dans cette page j’aurais lu que le gentilé de la ville est très diffèrent du nom. Cela était une de mes astuces pour la recherche.
    De nouveau mes félicitations pour Pasdut (maintenant « connu ») et Zerbinette.

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  2. >Leveto
    …surtout étant Le Perthus le lieu par où je suis sorti de la France il y a quelques ans !
    Ma recherche, pas toujours continuelle, m’a fait croire que j’avais déjà lu les trois départements avec Pyrénées dans leur nom.
    C’est pire que la première idée, immédiatement après avoir lu la devinette, sur l’invention m’avait fait penser à la Croix. Chez nous, plutôt qu’ « invención », le mot le plus usité pour « action d’inventer » et « ce qui est inventé » est « invento ». Dans ma tête, « invención » est surtout relié avec la légende de s. Hélène. Mais j’ai dit : c’est pas possible. Pour l’anecdote, chez nous il y a quelques-uns qui disent que la sieste on se fait dès la Croix jusqu’à la Croix, c’est-à-dire, dès le 3 mai (l’Invention) jusqu’à le 14 septembre (l’Exaltation). Ma femme, catholique, est maintenant au lit.

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  3. Jésus,

    Vous avez confessé vos manières d’investigation.
    Les miennes furent largement aussi piteuses.
    Jugez-en :

    1. On trouve la femme et là, c’était plutôt facile.

    2. On cherche les patelins : y’en a deux. Un en France, l’autre ailleurs.

    3. L’autre, on imagine que c’est Eleinou Polis, « the wretched town », en Turquie asiatique.

    4. Cette possibilité, une fois transmise aux instances validatrices et vauclusiennes, reste lettre morte.
    L’examinateur a sans doute mieux à faire que d’encourager sa clientèle… ou alors pense-t-il qu’une telle proposition ne mérite que mépris et silence.
    Vu d’ici et pour se rassurer, on imagine charitablement qu’il a fait sien l’adage qui dit « qui ne dit mot consent »

    5. De toute façon on s’en fout… et il reste à trouver une improbable localité française qui aura su changer la face du monde… comme le nez de Cléopâtre l’aurait peut-être fait pour « la face de la terre ».

    6. On se prend alors à recenser les localités de première bourre nanties d’une telle importance historique et pérenne un peu , genre Yalta ou Hiroshima… ou Berlin et son mur… mais tout ça, c’est pas par chez nous ! …
    Peut-être Alésia, Poitiers ?… ou Versailles et son traité ?… le Rethondes de mes alentours ?… Non, vraiment non, ça ne colle pas une seconde avec une déclinaison, même farfelue, du prénom Hélène.

    7. Alors on renonce… On n’a pas la patience comme vous Jésus, d’entamer une étude comparative concernant 36.000 communes et le gentilé de chacune d’elle, en n’examinant que les déviances.
    On renonce et, beau joueur, on l’avoue…nonobstant les invites de la Berrichonne et les indices de complément du Sado Véto.
    ________________________

    Résumons-nous, Jésus, … en quelques points désignés par l’alphabet et tous nourris de farouche docimologie :

    A. Les efforts d’énonciation de devinette sont en net progrès, sur ce blog et parmi les terres impies, vauclusiennes et pastisées.

    B. La rigueur implacable et Made in Picardy reste un idéal… on peut toutefois tenter de s’en approcher.
    A cette aune envisagée, les second et troisième trimestres seront déterminants.

    C. De la même manière qu’une halte pour éléphants (qui peut se tenir ici ou là) n’aura jamais changé « la face du monde », jamais une pause-pipi sur autoroute, exécutée au gré de la vessie exigeante de TRS et de la disponibilité des aires adaptées, n’aura changé « la face » événementielle de sa biographie ni les grandioses contingences universelles.

    Peu de stations-service propices peuvent d’ailleurs attester de mon passage. En ces affaires, je la joue « façon discrète ».

    D. C’était quand même une chouette devinette !…

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  4. TRS
    je rétablis la vérité: lorsque vous m’avez dit en aparté mailé avoir trouvé la femme — Hélène — je vous ai annoncé que vous étiez le premier mais que pour valider votre réponse il manquait le toponyme .
    Vous m’avez alors indiqué Helenopolis qui correspondait bien à un des points de ma devinette, mais n’était pas la réponse à ma devinette. J’ai attendu la suite …

    En ce qui concerne votre point C: si la chevauchée d’Hispanie en Italie de Hannibal n’a pas changé la face du monde, qu’est-ce qu’il vous faut! Et l’étape d’Illiberis ( Elne ) lui permit de négocier avec des chefs Gaulois dont certains le soutinrent, bien contents de trouver de nouveaux clients et de pouvoir faire la nique à Rome qui devenait un peu trop envahissante. Sans cela, il ne serait jamais parvenu à traverser la Gaule transalpine et Carthage aurait été delenda un peu plus tôt.

    Ceci dit, je suis d’accord avec vous: « C’était quand même une chouette devinette !… » qui vous doit beaucoup comme je l’écrivais dans l’incipit.
    Merci du voyage, donc!

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  5. >TRS
    Très d’accord avec vous quant à que la devinette est TRÈS chouette. Aussi sur le progrès, mais pas net dans mon cas. Le calendrier me dit qu’étant à la fin d’octobre, je ne vois pas que le second trimestre « sera déterminant ».
    De la « façon discrète » je crois ( et espère ) que vous parlez de la fertilisation azotée plutôt que du jet, dans les fossés ou la ligne blanche de la route, de bouteilles en PET de 2 L vides donc réutilisées qu’on y voit parfois.
    >Leveto
    Votre « incipit » m’a fait penser (vous savez comment j’ai la tête) à Indíbil qui, avec Mandonio, les deux des chefs « ilergetes » (gentilé d’un peuple qui était à Lérida), avaient défendu ce territoire contre les Romains et les Carthaginois.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Indibilis
    Certes, je viens de lire que la statue qu’on voit dans ce lien était originalement en hommage à deux chefs ibères, Istolaci et Indortes, qui avaient lutté pendant la 2nde Guerre Punique à la fin du s. III av. J.-C. Maintenant un cas de recyclage.
    Il ne manque que la réduction donc j’arrête d’écrire.

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  6. > Jésus,

    Je vous ai lu :

    1. Concernant la « façon discrète » que vous évoquez, il s’agissait, dans mon esprit, d’une simple « miction discrète », insoucieuse de fertilisation.

    2. Vous évoquez aussi Lerida, une localité chère à mon cœur.
    Chère pour deux raisons :

    2.1. En 1969, j’y ai passé un moment, quelques jours, et j’en ai ramené une guitare qui n’en était pas une vraiment… un instrument avec le corps d’une mandoline plate et proportionnée, avec un manche de guitare, jouable et accordable en EADGBE .
    C’était encore sous Franco et le change était avantageux.
    Je l’ai gardée quelques années avant de la céder à un amateur d’hybrides.
    Avec une plus-value inavouable.

    2.3. Une dizaine d’années plus tard, il y avait un type de mon monde, Michel Hindenoch, qui avait enregistré une petite merveille de poésie trad’ chantée : Au pays de Lérida…
    Hélas, je suis incapable de vous livrer un lien sur Youtube… mais les lyrics sont quelque part ici:

    http://www.ciebeline.com/chanson-trad/roulez-fillettes-amour-que-jai-les-chansons-du-cd

    __________________

    > Leveto

    Je vous ai lu aussi :

    Dans une ambiance toponymique, pour qu’une circonstance puisse « changer la face de la terre » il faut qu’elle soit parfaitement géolocalisée : sur le minois antique d’une belle d’antan ou dans un espace adapté… Et là, vous ne me ferez pas croire que 80.000 guerriers avec 20.000 chevaux et quelques éléphants d’apparat puissent être cantonnés dans les limites cadastrales de la Belle Elne.
    Sûr que ça a dû déborder adonf dans le paysage…

    Ce qui a un peu perturbé aussi ma Neuronie intime était cette façon (situationniste ? ) de détourner les choses et leur sens.
    – changer « la face de la terre », à la Pascal
    – changer « la face du monde » à la méridionale
    Mais qu’importe ! Et vous me donnez l’envie de vous en retourner une, avec 15% de manque de rigueur vauclusienne et 85% de sérieux picard.
    Accrochez-vous :

    1. Il s’agit d’une localité charmante, humble et vauclusienne.
    Si elle n’a pas encore le label LN, elle reste quand même « mignonne comme tout » et très féminine aux panonceaux.

    2. Elle a un p’tit goût d’Orange… de miel et de chocolat. Elle adoucit mon errance et, avant elle, je n’existais pas vraiment.
    C’est dire si elle a su réjouir (et la changer) toute ma « face immonde »..
    Tout comme Florence (et ses beautés à foison), elle seule sait me mener en déraison.
    ………

    Un indice ?… Une chanson, peut-être ?…
    Tout de suite :

    P.S. (de délicatesse) :
    Je vous épargne la crêpe du même métal: « Trivialité n’oblige pas »… aux écrans plats.

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  7. TRS
    Je ne polémiquerai pas plus longtemps sur l’influence d’Illibéris ( que vous persistez à nommer Elne ) dans la marche du monde. Comme toute ville de quelque importance, on se sert de son nom pour nommer un fait historique. Croyez vous que la bataille de Waterloo se soit déroulée exclusivement dans le périmètre aujourd’hui cadastré sous ce nom ? Que la bataille de la Marne se soit déroulée exclusivement en bateau sur le rivière du même nom ? Que la bataille de Trafalgar ne se soit déroulée que sur le cap du même nom ?
    Hannibal a fait étape le long du Tech, où ses fantassins, ses cavaliers et ses éléphants ont pu camper. Les historiens — et Tite-Live le premier — ont choisi de dire qu’il avait fait étape à Illiberis — donc à Elne.
    _________________________________________

    « cette façon (situationniste ? ) de détourner les choses et leur sens.» Sans déc ?
    _______________________________________

    Je ne comprends pas bien l’intérêt de votre devinette dont vous donnez la solution dans votre indice.

    P.S. : la rigueur picarde que vous vous vantez d’incarner dans l’exposé de vos commentaires est sérieusement mise à mal dans votre adresse à Jesús *.
    Vous y passez allègrement d’un § 2-1 à un § 2-3. Et le § 2-2 , je me le mets où ?

    * Jesús : sans accent sur le -e- et avec un accent aigu sur le -ú – qui s’obtient par un « alt + 163 ».

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  8. >Leveto
    Il ne s’agit que de la presque homophonie entre les deux mots. Pendant mon enfance, plus ou moins dans l’an cité par TRS, l’histoire que le dictateur nous faisait apprendre était très simple et très nationaliste : les hommes primitifs et Altamira; les Ibères (et la statue de la Dama de Elche) et les Celtes ; l’invasion romaine (alors qu’on parlait de l’aqueduc de Segovia, le théâtre de Mérida…et des empereurs hispaniques, voyons !) et les héros Viriato, Indíbil et Mandonio sans oublier Aníbal et ses proboscidiens ; l’invasion des barbares ; les royaumes des Visigoths ressortant le catholique Recaredo par adjurer de l’Arianisme ; l’invasion arabe et les grands batailles (surtout celles gagnés par les Chrétiens) avec le héros Guzmán el Bueno ; les Rois Catholiques (l’unification d’Espagne) et Colón ; la conquête d’Amérique et les héros Pizarro, Hernán Cortés, Orellana, etc. ; Carlos I, Felipe II et l’Empire (bon, bataille de Lepante et Sainte Teresa inclus) ; peu de rois après ; la Guerre Civil ou Croisade de Libération du Communisme et le héros et lieder fasciste José Antonio (dont la photo était dans toutes les salles de classe jusqu’à 1975) ; et la prospère, pacifique Espagne de Franco. Ces pages de notre Histoire n’occupaient que deux pages du livre chacune, donnant la même relevance à chaque période.
    >TRS
    Oui, c’est à une miction discrète plutôt qu’à une miction impossible (par la prostate, non par Cruise) que j’avais pensé. Les bouteilles dont je parlais étaient vides de boissons non spiritueuses mais un peu remplis de liquide jaunâtre. Les camionneurs sont surtout qui les jettent. Le nombre de ces bouteilles m’avait frappé pendant mes voyages donc un jour j’ai demandé l’explication.
    Alors, au pays de Lérida, selon votre relate, vous êtes de ceux qui gagnent. Je n’ai pas été là qu’une nuit de tonnerres à l’intérieur d’une tente. C’est ma femme qui a perdu le sommeil.
    De mon prénom, pas de soucis. Les « subject category listing » ne veulent que mon nom.

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  9. Leveto,

    Vous avez raison de ne pas polémiquer… d’ailleurs, ça me fatigue aussi.
    Mais il faut quand même « rétablir certaines vérités » :

    La première est accablante et me concerne : – Comment ai-je pu être désinvolte au point de ne pas lire l’intégralité de la fiche Wikipedia concernant Hélène et qui mentionnait bien Elne ?

    La deuxième concerne « le § 2-2 » , celui que vous ne savez pas « où vous le mettre » ?
    N’ayant aucun avis sur la façon dont vous rangez vos affaires, faites comme vous voulez. D’ailleurs, cela ne perturbera pas votre ordonnancement domestique ni l’esthétique de vos étagères : écrit à l’encre sympathique, le § 2-2 est d’une discrétion absolue.

    La troisième vérité, à propos de la pseudo-devinette, est que j’aime que les choses aillent vite.
    Et aussi que j’adore le mot « Suzette » et la Suze itou.
    A ce sujet, la fiche Wiki est muette sur la toponymie de Suzette. Tant pis et vous savez sûrement quoi en penser.
    Mais il y a plus grave, beaucoup plus grave :

    1. Amateur de breuvages parfumés à la gentiane, j’ai beaucoup consommé de Suze et d’Avèze.

    2. La Suze, possiblement, tiendrait son nom d’une rivière de Suisse. Très bien.

    3. L’Avèze est aussi un cours d’eau… mais qui coule ailleurs que dans le Cantal.
    Alors, me direz-vous, de quoi l’Avèze d’apéro est-elle le nom ?

    4. A cette heure, c’est encore un grand mystère pour moi, une énigme qui me tiraille l’entendement. Et c’est pas faute d’avoir investigué aux meilleures sources.
    Ainsi, il y a peu, je me suis entretenu par téléphone avec un monsieur très aimable de l’Espace Avèze et voici ce qu’il m’a dit :

    Vers 1960, la société Saint-Raphaël a racheté la marque déposée GENTIANE AUVERGNE*. Puis, pour des motifs commerciaux, elle l’a rebaptisée AVEZE… selon des raisons qui restent obscures. Cependant, au sein de l’entreprise et depuis 50 ans, l’hypothèse communément admise est celle-ci :

    – les 3 lettres A,V, E seraient une contraction du mot Auvergne

    – le Z et le E auraient été mis là pour évoquer insidieusement ceux de Suze.

    N’est-ce pas aussi merveilleux que de voir une Hélène diminuée ?

    5. J’ajoute que, depuis la fenêtre de la chambre où je dors lorsque je suis dans le Midi si joli , je vois les ruines du château de Mison. Et, en contrebas, il s’y trouve un resto au nom charmant mais parfaitement inadapté… L’iris de Suse , comme chez Giono qui précisa pourtant bien que l’iris de Suse n’a jamais été une fleur (il n’y a pas d’iris à Suse… etc.)
    Et enfin, tandis qu’hier je farfouillais dans mes vinyles antiques, à la recherche du Pays de Lérida, je suis tombé sur ça, un autre 33 tours… par des purs contemporains du folkeux Michel Hindenoch :

    * https://www.youtube.com/watch?v=sNlkUAlvTgQ

    ______________

    P.S : J’ai essayé votre Alt+163… ça a l’air de marcher. Mais je m’connais : dans 8 jours j’aurai oublié et l’intéressé n’a pas de telles exigences, si tolérant qu’il est.
    Vous non plus d’ailleurs… et je vous cite sans sic :

    … puisque ni TRS ni Jésùs, s’ils ont bien trouvé…

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  10. Argh ! J’ai eu une omission impardonnable dans cette révision de notre Histoire que j’avais faite. Il doit être vrai qu’avec l’avancement du temps la mémoire devienne faible. Si vous l’avez lu, vous aurez regretté un général très ambitieux qui avait aussi envahi notre peau de taureau et placé l’ivrogne de son frère comme notre roi. Grâce à notre peuple et l’invention des guérillas, quelques officiers (Palafox, Daoíz y Velarde, Menacho…), une fille de Saragosse (l’héroïne Agustina de Aragón), le maire de Móstoles, etc., nous avons gagné la Guerra de la Independencia (ou d’Espagne ; leveto sans doute se rappellera de ces noms reliés avec les versions). Personne ne peut me donner des leçons à propos d’avoir lu des textes censurés et manipulés.
    Je me souvenais de mon homonyme Jésùs, et j’avais rigolé. S’il en faut (mais vous savez…) TRS, le plus facile est de copier-coller…ou avoir un clavier avec `et ´ (aussi ^¨) que vous permet d’écrire áéíóúàèìòù seulement avec deux clics pour chaque voyelle.

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  11. TRS : réponse un peu tardive, mais réponse quand même !

    Suze : en France, Suze (-sur-Crest) et Suze-la-Rousse, toutes deux dans la Drôme, et La Suze-sur-Sarthe, dans la Sarthe, doivent leur nom à un pré-gaulois seg au sens de montagne accompagné du suffixe gaulois -usa. La Suzette vauclusienne est un diminutif de Suze créé tardivement. La rivière suisse homonyme aurait la même origine — il n’est pas rare de voir les très anciens oronymes et hydronymes forgés sur la même racine.
    Mais de toutes façons, on s’en fout, puisque :

    Il ne reste plus qu’à lui donner un nom. Ce sera Suze, nom facile à prononcer et à retenir choisi par le même Henri Porte en 1898, diminutif de Suzanne Jaspart, la belle-sœur de Fernand Moureaux qui s’en faisait servir quand elle jouait sur les courts de tennis de Saint-Maur. “Comme d’habitude, servez une gentiane pour Suze” avait alors coutume de proposer au moment de l’apéritif Fernand Moureaux.

    L’article complet est à lire ici et, oui, j’ai bien lu qu’on y dit aussi :

    Une autre version serait avancée : ayant acheté la formule de son apéritif en Suisse, Fernand Moureaux aurait reçu du vendeur, montrant une petite rivière, cette prédiction : “vous verrez que cet apéritif coulera en France comme la Suze à nos pieds »

    .
    Mais aucune source ne nous prouve que Fernand Moureaux se soit rendu en Suisse où il aurait acheté sa recette… et je doute qu’il ait choisi le nom de cette petite rivière pour nommer son apéro.( Affaire à suivre ?)

    Avèze : il s’agit d’un hydronyme pré-celtique formé sur la racine ab- accompagnée du suffixe romain -itia.. Ce nom est porté par deux rivières du Gard et de l’Hérault ainsi que par une commune du Gard et une autre du Puy-de-Dôme ( les patelins prenaient parfois le nom de la rivière qui les arrosait, nom qu’ils gardaient quand la rivière pouvait changer le sien).
    Lorsqu’il a été décidé, en 1962, de trouver un nouveau nom pour l ‘Auvergne Gentiane, produite dans le Cantal à Riom-Ès-Montagnes, on a cherché un nom à résonance locale, un nom du terroir sur lequel appuyer sa communication commerciale — un peu comme Et qué s’appelerio Quezac . Ils ont choisi Avèze, nom d’un patelin du Puy-de-Dôme, nulle part ailleurs utilisé comme nom de marque ( donc sans risque de conflit avec la concurrence à redouter) et facile à retenir.

    Jesús
    Le résumé de l’histoire de l’Espagne que vous nous proposez est excellent : j’ai tout compris! Il manque bien quelques épisodes et quelque personnages ( je ne citerai — vous me connaissez — que Dolores Ibárruri, José Pellicer et les Nosotros * ) mais vous n’y êtes pour rien.

    * À vos google!

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  12. Hé, bé ! Cela était ce que j’avais étudié à mes 7 ou 8 ans. Les livres d’Histoire pendant le Franquisme ne nommaient que les « siens ». J’avais écouté parler de La Pasionaria « dans la rue » comme d’une femme très mauvaise qui touait des religieuses en les traînant ligotées à un cheval donc une Communiste. Alors qu’encore tergiversé, la République et la Guerre Civil je l’ai étudié avec certains détails à la fin de ma primaire, 1974-75. Plusieurs connus de mon âge ne savent pas, par exemple, que la Droite a gouverné pendant notre République, ou que les communistes n’ont jamais gouverné et seulement peu de ministres socialistes. L’idée très répandue de cette période était le chaos, la dépendance de l’URSS, la persécution religieuse, toujours en grève, assassinats politiques, etc. Tout le monde croyait que Falange, le parti de José Antonio, était très important en ce temps-là, comme il l’a été après étant le seul. Pourtant ils n’ont eu que 40000 voix en Espagne donc aucun député dans le dernier vote. En résumé, un mensonge répété pendant 40 ans.

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  13. Jesús , j’avais bien compris que vous ne parliez que de l’histoire d’Espagne enseignée sous le franquisme, c’est-à-dire une histoire très orientée — presque aussi ignoble que quand les Français enseignaient aux petits Africains que leurs ancêtres étaient Gaulois, mais on n’en est pas loin.
    « Un mensonge répété pendant quarante ans » , écrivez-vous… Vous, les Espagnols, en êtes — à peu près — sortis. Les Français — l’Occupation, l’Algérie, la Françafrique, etc. — ont encore beaucoup de chemin à faire.
    No pasarán ? J’espère.

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  14. Jesús ,
    J’aime bien votre « Hé, bé ! » qui montre que vous maîtrisez bien mieux le français que moi l’espagnol.
    Quel est donc l »équivalent, s’il y en a un , de cette interjection en espagnol ?

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  15. J’ai oublié un com à propos de Pellicer. Je ne le connaissais pas mais il semble un homme donc l’intégrité était son empreinte. Il y a besoin d’hommes comme lui pour crier : « ¡ No pasarán !.
    De la manipulation, c’est vrai que c’est un « vice » international. De toute façon, chez nous elle a été trop effrontée. C’est étonnant d’écouter quelques-uns (personnes de 50 ans ayant étudié, par exemple) dire qu’une République ne pourrait jamais marcher ici, par les « souvenirs » cités. Le dernier cas de censure duquel je me souviens a été le chapitre XV de la excellente BD « Il était une fois…l’Homme » sur le siècle d’Or espagnol où on parlait de l’Inquisition et la légende noire. L’émission a commencé en 1978 étant Franco mort depuis 1975. Mon père, indigné, est allé vite acheter ce chapitre en papier grâce à que la police avait oublié cette posibilité.
    Quant à « hé bé », je crois que l’on peut traduire par « ¡ hombre ! », certes parfois usité par Wana pour me gronder un peu à cause de mes fautes. Un peu plus impoli serait « ¡ coño ! », mot que comme interjection n’a rien à voir avec le sexe et que j’avoue que je l’emploi à l’excès.

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  16. >Jsp
    Merci. Mon idée est de lire la Trilogie de Modiano des points de vue de la Littérature et l’Histoire. Le livre par vous cité a été publié en espagnol en 1983.

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