Les réponses aux devinettes de la fin de semaine

Toutes les réponses sauf une ayant été données dans les commentaires du billet, je vous propose aujourd’hui les explications.

Il fallait bien sûr penser à Caudium qui à donné son nom aux furculae Caudinae, les « fourches caudines », deux défilés étroits où s’est déroulée la fameuse bataille.

« Fourchette » est, dans l’argot militaire, le nom que les soldats donnaient à leur baïonnette dont le nom dérive de Bayonne, sous-préfecture du département des Pyrénées-Atlantiques, ville qui possédait aux XVIe et XVIIè siècles des fabriques d’armes et de coutellerie.

Deux villes françaises ( au moins* ) ont donné des noms d’automobiles : Limoges nous a donné la limousine ( Charles Jeantaud, né à Limoges [1843-1906] inventeur de ce type de carrosserie l’aurait nommé ainsi d’après son pays d’origine ) et Cadillac, en Gironde, nous a donné le nom de la marque américaine bien connue, dont le nom rend hommage au fondateur français de la ville de Détroit, le gascon Antoine de Lamothe-Cadillac.

cadillac

En revanche les automobiles de type sedan , ne doivent rien à leur homonyme Sedan des Ardennes. La sedan est l’équivalent anglais de la berline (carrosserie à quatre portes, entièrement fermée), sur le modèle trois corps (moteur / habitacle / coffre).  Son nom vient de celui  de la chaise à porteurs, sedan, venu d’Italie par l’Espagne et le Portugal, de la racine latine sed-, de sedere, «être assis».

Deux villes allemandes ( au moins* ) ont donné leur nom à une voiture : Berlin pour la berline et Landau pour le landau et le landaulet.

Le coche d’eau qui faisait la liaison entre Paris et Corbeil fut surnommé « corbillat »au XVIè siècle. Ce nom, avec un changement de suffixe, passa à un carrosse hippomobile puis à un véhicule servant à transporter les morts, le corbillard.

Le haquet est une voiture hippomobile très simple, à deux roues, constituée de deux longs brancards ou poulains assez rapprochés, posés sur l’essieu. Il servait à transporter des tonneaux. Inclinable, il permettait le chargement et le déchargement des tonneaux sans effort à l’aide d’un treuil.

Le haquet
Un haquet avec son treuil

On conçut ensuite d’autres haquets, utilisés pour transporter des marchandises diverses, qui n’étaient pas inclinables et étaient donc dépourvus de treuil.

Cette charrette tire son nom, par métonymie, de celui du cheval qui la tirait, en général un hongre peu rétif, le « haque »  ou  « haquet », ce nom étant lui même une altération, par changement de suffixe de celui de la haquenée, petite jument docile. L’origine de ce dernier nom semble être le toponyme Hackney désignant une bourgade de la région londonienne où l’on élevait des chevaux qui portent son nom . Cf. Etymonline.

Les habitants de Tourcoing doivent leur surnom de Broutteux au fait que, « sous l’Ancien Régime, ils allaient au grand marché de Lille une fois par semaine ou par mois pour vendre la laine qu’ils avaient peignée artisanalement dans le bourg. Tandis que les notables tourquennois s’y rendaient en calèche, les ouvriers et gens du commun mettaient le tissu dans des brouettes et partaient courageusement à pied vers la capitale des Flandres (qui est tout de même située à quinze kilomètres de Tourcoing). Ce qui amena progressivement les Lillois à désigner les Tourquennois comme les  Broutteux ».

Le coup d’épée était bien entendu celui de Jarnac. La botte de Nevers, à laquelle je n’avais pas pensé, peut sans doute constituer une bonne réponse, même si elle est fictive. Mais, à ce compte-là, on n’en sort plus!

Et le coup de couteau, me demanderez-vous ? Eh bien! il vous faudra patienter : je laisse encore une chance aux plus accros de mes amateurs de devinettes et je leur offre un indice de taille : sortez, mais pas trop, de nos frontières !

* On n’est jamais trop prudent!

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9 commentaires sur “Les réponses aux devinettes de la fin de semaine

  1. « sortez, mais pas trop, de nos frontières ! » ► Vous voulez dire qu’il ne faut pas s’aventurer hors de l’atmosphère terrestre ?

    Sinon, n’auriez-vous pas oublié la Manufacture Bavaroise de Moteurs ?

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  2. Pardonnez-moi, Siganus : j’oublie un peu trop souvent que je n’ai pas que des lecteurs français. Il s’agit donc de sortir, un peu, des frontières françaises.

    Pour la Manufacture Bavaroise de Moteurs, je vous renvoie à mon astérisque!

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  3. Contribution tardive

    S’il semble admis que la localité de Hackney, par une tortuosité de parcours lexical, a servi à nommer certains chevaux ainsi qu’une charrette sans ridelles désormais tombée en inusage, il ne faut pas oublier qu’elle a eu aussi une descendance toujours vivace en matière de transport(s).
    En Angleterre:

    A hackney or “hackney carriage” (also called a cab, black cab, hack or London taxi) is a carriage or automobile for hire.[ A hackney of a more expensive or high class was called a remise*].
    In the United Kingdom, the name hackney carriage today refers to a taxicab licensed by the Public Carriage Office, local authority or the Department of the Environment depending on region of the country.

    Aux USA aussi :

    « I can tell you that Bob De Niro got a hack license in preparation for the movie. One of his passengers recognized him from Godfather II, for which he’d won an Oscar, and he said, ‘Gee, I guess it’s tough to find work.' »
    [Martin Scorcese]

    Cette idée de cheval ou de véhicule, d’emploi de service à louer a aussi servi à désigner un écrivaillon appointé et… une prostituée**.
    Sans oublier hackie: chauffeur de taxi…

    __________________

    * Une « remise »… comme en français.

    ** Il me reste à savoir si les « hackney-whores » bossaient telles nos « amazones »… avec véhicule professionnel et chevaux-vapeur obligés. Ou si cela relevait d’une position cavalière…
    « Whores are the hackneys which men ride to Hell »

    ___________________

    Pour en finir avec la charronnerie du moment et la prolificité de son lexique :

    – Eugène Atget, figure tutélaire de la photographie et témoin honnête de l’état provisoire d’un monde voué à la disparition, montre des haquets qui sont titrés « hacquets », au Musée de la voiture de ma sous-préfecture.
    Avec un C dont je ne sais qu’en penser…

    http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PC0SAMWBE

    – Géricault fut un artiste de grand mérite et selon moi – tandis que je suis péremptoire pour l’occasion- le « maître-étalon » de la peinture en gloire du XIX ème.
    C’est donc grand pitié de voir que sa notoriété actuelle s’encombre d’un Radeau de la Méduse, une scène anecdotique dépourvue de tous les charmes de l’écurie et de ceux des champs de courses.
    Il avait tant aimé la monte et tant souffert par elle !…
    Son amour immense des entités chevalines allait jusqu’aux plus humbles… et au haquet :

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  4. En Inde au Bangladesh et à l’île Maurice on utilise le mot « stepney » pour parler de la roue de secours, le Stepney en question étant une rue de la ville de Llanelli au pays de Galles.

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  5. TRS
    merci pour votre contribution : j’y appris pas mal de choses sur les mœurs anglaises.
    Eugène Atget n’est pas mal non plus.
    Siganus :
    savez-vous pourquoi le nom de cette rue a été donné à la roue de secours ? J’y ai bien trouvé une ancienne brasserie fondée en 1738 mais pas de manufacture de roues …

    ____________________________________________
    J’ai découvert de mon côté que le haquet ne transportait pas que des tonneaux : il portait aussi des fainéants. Le meneur du haquet, lorsque la route était bonne, pouvait s’asseoir sur ce qu’on appelle un porte-fainéant, une sorte de strapontin.
    En voici une image moderne et une photo plus ancienne où le porte-fainéant est en toile, visible à l’avant du haquet.
    ( images extraites de ce site )

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  6. Trouvé kèkpar une réjouissante histoire sicilienne de couteau frotté à l’ail pour être sûr que la plaie s’envenime, mais pas de précisions particulières sur l’endroit ou la manière de porter le coup qui justifie qu’on parle d’un lardage alla siciliana… ( je mettais beaucoup d’espoir dans le goût pour l’arme blanche des Siciliens. Corse, Sardaigne et Pouilles ouvrent aussi quelques horizons du même genre, mais pour le moment je sèche.)

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  7. Aquinze : votre couteau a raté sa cible de très très peu!

    La réponse est prête à être publiée.

    Sachant qu’il n’existe ( à ma connaissance) qu’une seule occurrence du mot dans ce sens de « coup de couteau » sur la toile — alors qu’il en existe d’autres acceptions plus courantes mais pas forcément plus connues— et que ma source n’en cite qu’un seul exemple dans la littérature, je pense que la réponse est introuvable — sauf à avoir rencontré ce mot dans ses lectures dans la fin des années 50.

    Je vais donc publier la réponse, au risque de vous frustrer.

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  8. TRS
    Bravo pour Stepney !

    Ce n’est pas la première fois que j’oublie de visiter les sites étrangers pour y trouver les réponses à mes interrogations.
    Mais je vais dormir tranquille : mon meilleur assistant fait le boulot à ma place !

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