La Picardie mise à jour

J’ai publié naguère un billet sur l’étymologie  du nom de la Picardie où j’écrivais :

Pays historique du bas Moyen Âge avant de devenir province d’Ancien Régime, la Picardie porte son nom depuis au moins le début du XIIIè siècle ( on n’a pas trouvé de trace écrite antérieure). Il s’agit d’une formation romane avec le suffixe latin -ia qui sert à désigner un territoire à partir du nom de ses habitants. La première attestation écrite de Picard se trouve en 1060 comme surnom dans un cartulaire … du Mans. Il est évident que ce nom devait avoir une existence antérieure à son arrivée dans le Maine. Il repose en effet sur un appellatif dialectal du nord de la France  : Picard est une variante de l’ancien français pichart, « épieu », lui même formé de pikkare, « piquer » et suffixe -ardu. C’est cette même étymologie qui explique, en moyen néerlandais, le nom du picaert, « fantassin ». Aux alentours de l’an mil, dans le nord de la France, on appelait sans doute picard un fantassin armé d’un épieu.

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Un picard peint en 1772 par  François-André Vincent, 1746 – 1816 ( Satyre brandissant un épieu de chasse )

La première trace écrite du XIIIè siécle se trouve dans une bulle pontificale qui énumère, en latin, Burgundiam, Picardiam, Britaniam et Normanniam: « la Bourgogne, la Picardie, la Bretagne et la Normandie ». Tous ces noms semblent issus d’un ethnonyme, mais seul celui de la Picardie reste mystérieux…

Près de deux ans plus tard, ma bibliothèque s’étant étoffée et mes recherches internet approfondies, je constate que l’ étymologie du « fantassin muni d’un épieu » est  contestée, ne serait-ce que parce que la présence de ce type fantassins n’est pas spécialement attestée dans les textes anciens de l’histoire locale. Il se pourrait bien qu’on n’ait fait des Picards des porteurs de piques que parce qu’on ne savait pas quoi en faire d’autre. La preuve : tous ceux qui s’y intéressent précisent bien le statut hypothétique de leur proposition.  « Au début de l’an mil, le picard est très probablement un fantassin qui porte un épieu. »*. Avez-vous aussi remarqué mon « sans doute »** dans la dernière phrase de mon auto-citation?

Une hypothèse anthroponymique est apparue :

chateau_picquigny_2

L’existence dans la Somme du village de Picquigny, (Pinquiniacum  au XIIIè siècle) du nom de personne germanique Pinko et double suffixe -inius -acum, a permis à certains auteurs*** d’émettre l’hypothèse d’une origine similaire pour Picard qui serait alors un Pikko avec le suffixe très fréquent hard, « dur » ( Picart est bien attesté comme « un ancien nom de baptême d’origine germanique ») . L’adjonction tardive du suffixe habituel -ia aurait donné son nom à la Picardie.

En revanche, les tentatives de rapprochement avec les noms  Piqart ou Pinçart qui désignent le fils du loup Isengrin dans le Roman de Renart sont à rejeter. Ces noms, comme Pinchard ou Pinsard, sont dérivés de « pincer » dans le sens de « voler » voire de « lutiner », ce qui a permis à leurs ennemis de mal considérer les Picards.

Ceci dit, que la toponymie, n’en déplaise à certains, soit une science récente, vivante et en constante évolution, me ravit : je vais avoir encore avoir à lire, à écrire et à dire.

images

Toujours à propos de la Picardie, mais vue de la Lombardie …

On utilise là-bas depuis au moins le XIXè siècle une expression argotique — en langue furbesco, fourbesque  — qui dit andar in Picardia , « aller en Picardie », pour « être pendu ». Il s’agit d’un rapprochement allitératif entre impiccare, « pendre » et in Picardia. L’expression est utilisée dans son sens littéral, contrairement à notre « aller se faire pendre ». Elle était encore vivante, au début du XXè siècle en Italie, pour « déguiser l’idée sinistre de la pendaison » réservée aux déserteurs qui se sont fait prendre.

*  P.-H. Billy, Dictionnaire des noms de lieux de la France, éd. Errance, 2011.

** Ce « sans doute » qui dit le contraire de ce qu’il voudrait dire est une des curiosités de la langue française qui me font encore plonger dans les dictionnaires…

*** Deroy et Mulon ( Le Robert des Noms de Lieux), B. et J.-J. Fenié ( Pays et Provinces de France) — cf. la rubrique Bibliographie pour les références exactes de ces ouvrages.

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26 commentaires sur “La Picardie mise à jour

  1. Zerbinette
    Un petit tour sur le Dictionnaire de l’Académie espagnole m’indique que picardía vient de pícaro, lui-même d’étymologie controversée.
    J’attends la vie l’avis de Jesús avec impatience …

    Quant à votre mexicaine … Picaramba!

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  2. Aux alentours de l’an mil, dans le nord de la France, on appelait sans doute picard un fantassin armé d’un épieu.

    Sans doute !…
    Mais cette position sociale a évolué en allant vers le grandiose militaire et les Bandes de Picardie*.
    Simultanément, le rudimentaire épieu a laissé place à un équipement autrement sophistiqué et le Picard a vu sa panoplie s’enrichir.
    Il a su ainsi, au gré des circonstances de l’Histoire, porter de bons bâtons**, porter la hacquebute** au poing.
    Il a su porter des coups balèzes (ou horions**) aux pâles adversaires.
    Il a su porter des toasts en Bourgogne, avec Flamands condamnés à payer la tournée**.
    Il a su, enfin, porter haut sa farouche identité… même si je comprends bien qu’en l’état actuel des avancées titubantes de la science toponymique et malgré la frénésie de l’enquêteur du Vaucluse, cette identité résulte d’une possible « naissance sous X ».
    ……..
    L’office de tourisme de ma sous-préfecture m’invite à signaler au public avide l’existence de trois gugusses militaires de ces temps anciens, qui continuent de purger leur peine au beffroi de l’hôtel de ville.
    Ce sont nos Picantins, condamnés à sonner les heures inexorables du temps qui passe. Ils ont nom Langlois, Flandrin et Lansquenet. Soit l’Angleterre honnie, les Flandres inquiétantes et l’Allemagne envahissante.
    A jamais désarmés, ces jacquemarts d’arrondissement ont vu leur équipement se réduire alors à un simple maillet :
    http://www.patrimoine-horloge.fr/jac-compiegne.html

    Est-ce par paresse ou pingrerie, Leveto, que vous avez fait l’économie de la chanson rituelle ?
    Est-ce l’effet de la sieste ou celui de l’engourdissement des neurones ?
    Peu importe. Il vous suffira d’entendre une farouche prescription, une injonction virile :
    ** https://www.youtube.com/watch?v=GfBqlazTPbc

    *(voir fiche Wikipedia)

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  3. TRS

    Merci pour toutes ces précisions et pour ces Picantins de Compiègne que je ne connaissais pas. Il faut dire que je ne connais pas grand-chose de la Picardie m’étant abstenu d’y séjourner plus que le temps nécessaire à un ( bon) repas au pays de la crème fouettée et à la visite du château du coin.

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  4. >TRS, Aquinze :

    Pour moi, la Picardie en chanson c’est d’abord les roses de Montand
    et puis un feuilleton qui plongeait à l’époque toute ma famille dans une douce torpeur postprandiale et qui n’est pas pour rien dans la confirmation de la justesse de ma révolte soixante-huitarde.*

    * un émoticône est-il nécessaire ?

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  5. TRS
    Ne m’en veuillez pas de ne pas chercher la solution à votre devinette car le rhume que m’ont refilé les Magyars m’interdit tout effort intellectuel à supposer que j’en sois encore capable…

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  6. !!!
    nous avons entendu parler de « patriotisme » (pour ne pas employer le terme « nationalisme ») à longueur de journée… mais il leur sera beaucoup pardonné car sur une des plaques informatives du musée Liszt Ferenc, il est question du musée de Châteauroux !

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  7. Pauvre petite Zerbinette, mon pauvre petit poussin,

    Qu’alliez-vous faire en cette galère pour n’en rapporter (en contrebande) qu’un coryza ALC ?
    Et pour en revenir si tourneboulée qu’une fois encore vous vous emmêlez dans les fils, une fâcheuse habitude que vous semblez prendre.

    Par pure miséricorde made in Picardy, je prends donc de promptes dispositions pour vous faire parvenir, au plus tôt et par chronopost, un lot de kleenex et une barrique de grog puissant. Faites-en bon usage.
    Et aussi, comme je suis toujours trop bon avec les femmes, un indice qui viendra s’ajouter à la tripotée de ceux déjà fournis à l’avidité de la clientèle. Un indice indirect, façon fourberies de PACA, avec tortuosité intégrée:

    Sinon, relisez bien l’énoncé (qui figure sur un autre fil, comme vous savez) : vous y trouverez, en toutes lettres, le nom et le prénom de l’actrice, célébrissime et si jolie… et par elle, le titre du film… un film qui vous conduira sans GPS obligé jusqu’à la réponse et à la localité.

    Mais en voilà assez pour ce soir : j’ai d’autres pauvres à chérir… sans compter que j’ai coutume de me « lever tôt », avec les poules.

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  8. A la broche, au four, à la « cocote », le poussin ?

    Quelle horrible histoire, ce n’est même pas un « scandale* » c’est une abomination !

    J’ai fini par trouver votre film et votre ville en faisant des recherches en anglais, parce que me taper la filmographie d’Angelina, merci bien ! Changeling ; si au moins vous aviez fait une référence à Clint Eastwood…

    * et en plus je n’aime pas votre version de « Shame and scandal in the family », la mienne c’est celle de 1965 par Shawn Elliott avec son accent inimitable que j’ai eu dans les oreilles tout cet été-là.

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  9. Zerbinette,

    1. Félicitations : Vous avez sauvé l’honneur du Berry… en dépit de votre passagère indisposition d’enrhumée.

    2. Protestation : J’ai bien évoqué Clint Eastwood en signalant que le réalisateur avait signé la musique du film et, à part Chaplin, Gainsbourg, Kusturika et sans doute quelques autres qui ne me viennent pas à l’esprit, ce n’est pas une chose très fréquente. Et puis, c’est le seul à ma connaissance qui ait un « fils musicien » un peu connu.

    3. Déploration : Comme je plains vos pauvres oreilles de 1965 !… Les miennes, jubilantes et qui s’en souviennent encore, goûtaient plutôt ceci :
    http://www.dailymotion.com/video/xex07q_bob-dylan-highway-61-revisted-carto_music
    C’était, le croirait-on ?- il y a un demi-siècle… et tout ça, ma bonne dame, c’est pas pour dire mais ça ne nous rajeunit pas !

    4. Gratification : Tout à l’heure, j’ai réussi à retrouver ce film sur Internet. Et comme je suis de nature partageuse, je vous fais l’offrande du lien… même si la jolie Angelina vous insupporte :
    http://filmvf.net/lechange-vostfr-streaming.html

    5. Satisfaction (auto) : Je trouve qu’en matière de « curiosités toponymiques » cette irruption d’un retentissant fait divers dans la désignation nouvelle d’un lieu, avec souci de meilleure réputation, méritait d’être signalée.
    Voilà qui est fait !

    Pour une fois qu’un peu de moralité et de détergents se glissent dans ce cloaque bourbeux et insalubre qu’est la t…….. !

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  10. Et votre « localité » n’existe même plus :

    Mira Loma was a census-designated place (CDP) in Riverside County … On July 1, 2011, parts of Mira Loma became part of the newly incorporated City of Jurupa Valley, while other parts became part of the newly incorporated City of Eastvale in 2010.

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  11. Zerbinette et TRS

    vos échanges et vos trouvailles sont épatants! Mais, à la retraite, vous avez plus de temps que moi! 🙂
    J’essaie de ne pas laisser mes chevilles enfler, mais je suis quand même bigrement content quand je vois l’intérêt pour la toponymie que j’ai pu susciter chez certains de mes lecteurs. Je n’ai donc pas d’autre choix que continuer, cependant un week-end de travail m’empêchera de poster mon billet habituel : il faudra patienter jusqu’à mardi …

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  12. Zerbinette,

    Pauvre petite Berrichonne en manque, ne vous désespérez pas davantage. Quand le Vaucluse vous fait défaut, vous pouvez toujours compter sur quelque Picard chevaleresque et toujours empressé, toujours au service de la retraitée déprimée…

    – C’est bien vrai, ça ?

    – Oui… mais taisez-vous deux petites minutes et écoutez !

    – Deux minutes ?… vains dieux, ça va être dur !

    – Je sais mais faites donc un effort !

    – OK, je la boucle… et me voici toute disposée à ouïr en votre compagnie.

    – Très bien, continuez… et esgourdez rien qu’un moment :

    Il était une fois une petite Indrienne, dopée à l’aspirine dès le matin. Comme elle avait le goût de l’Antiquité et celui des chansons mêmement datées, on la vit sortir de sa douche, guillerette et toute proprette, avec un air en tête…

    – Quel air ?

    – Celui-ci :

    – Oh, mais c’est très joli ! Et ça me donne des idées.

    – Quoi encore ? Vous m’aviez pourtant fait la promesse d’un silence irréprochable…

    – Oui, mais ça c’était avant… avant que j’admette vraiment que le fourbe Leveto se soit mis au rang des abonnés absents, pour de vagues et futiles raisons professionnelles. Mais je ne suis pas dupe : il me fait faux bond ce Méridional de mes deux !… Et maintenant, mon si tendre ami et mon sauveur particulier, j’ai bien envie d’une escapade exotique avec vous. D’ailleurs, le sombrero doit très bien vous aller… Vous m’offrez la balade ?

    – Euh… Je ne suis pas sûr du tout, ça m’a l’air bien coûteux tout ça… et pis c’est pas la porte d’à côté. Voyez :
    http://es.distance.to/Mexico/Ch%C3%A2teauroux

    – Taratata !… je sais bien que vous avez la peur panique de l’avion et que vous vous défilez, mon faraud !… Comme d’habitude !

    – Euh…

    – Allez, et remettez-vous…J’ai consulté mon agence de voyages Michelin… et j’vous garantis la course pour 4 euros maxi l’aller… et au ras du bitume. Vous avez les moyens ?

    – Dans ces conditions, ça ira… mais la toponymie dans tout ça ?

    – La toponymie ?… Rien qu’une banale question de redondance forestière… Mais j’y pense, vous n’avez pas peur du New Age et de l’obscurantisme patrimonial qui sévissent par chez moi ?

    – Euh… un peu quand même. Mais, si maintenant vous me tenez par le bras, ça ira sans doute.

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  13. Il me semble, Zerbinette, que TRS voulait vous emmener à Mexico.

    La pingrerie légendaire des gens de pique lui interdisant de vous faire traverser l’Atlantique, il se contenterait de vous emmener, à moins de quatre euros de chez vous, à Saint-Christophe-en Bazelle où un lieu-dit porte le nom de Mexico.

    Voyez ici.

    Ce n’est, je suppose, pas la réponse attendue, mais ça le pourrait quand même.

    Ceci dit je trouve* aussi un « Mexico» à Belleville dans les Deux-Sèvres ainsi qu’à Saint-Martin-Curton en Lot-et-Garonne.
    Ces noms sont bien entendu importés et chacun doit bien sûr avoir sa raison et son histoire …

    * dans ce dictionnaire

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  14. Eh bien Leveto, vous m’en apprenez de belles ! Un Mexico en Berry ! Le Paradis des cœurs Et de l’Amour au pays des sorcières et des j’teux de sort ça ne m’étonne même pas.

    Je n’ai pas trouvé de lieu-dit mais une rue et les 4€ ne suffisent pas pour y aller, et quid de la redondance forestière ? mais c’est tout de même étonnant, vous allez devoir nous apprendre que fait ce Mexiiiiiico là.

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  15. PS : petite correction « toponymique » : il s’agit d’un « centre », voilà pour le « new age » :

    Nicole Dhuin et Isabelle Frogé ont ouvert le Centre Mexico en Berry en 2008, dans le petit village de Rouvres les Bois (36), avec l’intention d’organiser des activités qui contribuent au bien-être, à la connaissance de soi, à la reconnexion avec la Nature, etc. Ainsi, elles accueillent toute l’année des intervenants de France ou de l’Étranger qui animent des stages, séminaires, ateliers, conférences, afin de faire partager leurs connaissances et pratiques, le tout dans un climat de paix, d’amour et de tolérance, sans bien sûr oublier la joie ! La nature des activités est très éclectique : danse intuitive, chant sacré, chamanisme, géobiologie, peinture, musique, massages …, afin que chacun puisse y trouver ce qui lui correspond.

    La suite ici : http://www.editionsdu7.com/

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  16. Zerbinette

    sachant que Rouvres est issu du latin robura, « chênes rouvres », vous êtes tombée, me semmble-til sur la redondance forestière dont parle TRS.
    Bravo!
    Ceci-dit, ce lieu-dit n’existe pas dans la base de données de l’IGN !
    ( MàJ : Et pour cause puisqu’il ne s’agit donc pas d’un lieu-dit !)
    ___________________________________

    Pour ce qui est du Mexico de Saint-Christophe-en-Bazelle, je constate que Google, qui donne bien une carte où figure une rue Mexico, donne aussi plusieurs adresses au Lieu-dit Mexico.

    J’ai aussi trouvé ça :
    – FONTAINE SAINT-CHRISTOPHE. Elle se trouve à 1,5 km du bourg, direction sud, une centaine de mètres avant la ferme MEXICO. Cette petite source naturelle est d’ailleurs appelée  » FONTAINE DE MEXICO.  » ( source )

    Ne reste plus qu’à savoir d’où vient ce nom …

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  17. Diable, diable…. que de Mexico(s) ! et encore plus fort, pour aller au Mexico de Rouvres-les-Bois, en faisant un petit détour on peut passer par (la) Bretagne !!!

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  18. En cherchant les « lieux-dits Mexico », j’ai trouvé ceci :

    Bien souvent un soldat revenu de ces campagnes militaires se voyait attribué un surnom évoquant un épisode (autant que possible victorieux !) Par la suite le mot passait pour désigner le lieu d’habitation. […] Pas étonnant que l’on ait donné le nom d’une victoire de Napoléon III à notre lieu-dit [ici Malakoff] ! Magenta, Solférino, Mexico et d’autres servirent de noms de baptême ; La République en fit autant avec les guerres coloniales !

    C’est un téléchargement, je ne peux pas copier le lien, mais il s’agit de l’EDITO n° 47 octobre 2013 de Familles rurales, p.2.

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  19. >Leveto,

    La délicieuse Zerbinette vous aura grillé pour cette fois : elle rêvait donc, bien insistante et si mutine, de m’entraîner jusqu’à Rouvres-les-Bois… un patelin de ses vagues alentours, avec verdure et obscurantisme typique. Et pour pas cher la virée sentimentale…
    ………
    Vous n’êtes pas obligé maintenant de me donner votre avis de toponymiste aguerri mais je trouve incroyable qu’une allumée du Berry, façon New Age et qui cause avec les anges, par le seul fait d’un siège social qu’elle aura établi dans un patelin retiré et quasi paléolithique, puisse être à l’origine de la désignation d’un lieu-dit… ou peut-être d’un « odonyme » comme on dit par chez vous. Mais je ne suis pas allé vérifier sur place.
    http://www.annuaire-mairie.fr/rue-rouvres-les-bois.html
    Notez qu’il y a aussi un Madagascar !

    Ce que je sais, c’est que toujours, et de manière administrative, les services de la poste demandent une validation par la mairie des quartiers créés, des voies nouvelles, des extensions urbanisées, des variations de désignation… etc.

    Cela fait foi et, dans ma vie passée de Maître du Monde de Machincourt, j’ai eu l’occasion de baptiser à jamais tout un quartier loti durant mon dernier mandat. Ce fut fait dans un esprit qui respectait la tradition cadastrale et ses usages… et qui avait trouvé dans les urnes toute sa légitimité. Les toponymistes du futur me sauront gré de telles délicatesses.
    Les PTT et la factrice en tournée le savent mais peut-être pas encore la base de données de l’IGN.

    Maintenant, je dois pourtant vous avouer que cette femme, venue de Châteauroux en passant par les Mayas pour aller s’épanouir à Rouvres-les-Bois, a quelque chose d’agréable, une figure de « gentille allumée » plutôt sympathique.

    http://www.editionsdu7.com/index.php/radio-tv/interview-avec-yann-erick-pailleret

    Mais est-ce assez de qualités pour en faire une génitrice de toponyme ? Même si dotée de talents paranormaux…

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  20. Zerbinette, « perplexe devant [mes] goûts musicaux »

    Ne vous en inquiétez pas, ma douce : ils ont simplement le charme de l’exclusif étriqué cumulé avec celui de l’éclectisme débridé.

    Avant-hier, pendant la surveille ?… J’écoutais du Satie… même si mon neveu caractériel (qui fait pianiste/concertiste de temps en temps) trouve cela trop facile et trop tarte.

    Hier, dimanche ?… Chez mon petit frère, ancien violoneux devenu arthritique du coude et du coup d’archet mais reconverti désormais en guitar hero d’arrondissement, on s’est tapé une épaule d’agneau pas crade et un concert, en conditions d’écoute impeccables, de Loreena Mc Kennitt*.
    Celui des Nights from the Alhambra. Un bonheur disponible même chez You Tube :

    Aujourd’hui ?… et un lundi au petit matin, c’est-à-dire, en vertu du décalage horaire, vers les 14h30, heure locale… j’avoue que ne sais pas trop, Zerbinette. Peut-être celle que tant de fois vous avez vantée et amenée, en illustration sonore :

    Quant à demain, mardi et jour de devinette annoncée?… Mon humeur verra.

    *Outre ses qualités de chanteuse et de musicienne, Loreena est avantageusement équipée d’un physique aux grâces préraphaélites, tout en adorable rousseur et avec cette délicatesse d’allure que l’esthète de Machincourt trouvait déjà chez Deborah Kerr.
    Mais celui-ci se demande, un pur instant de rêverie, si la Castelroussine a la voix juste, le feeling délicat… et la toison rousse ?

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