Nāgaland ( réponse à la devinette ).

Ma dernière devinette n’a pas été résolue.

Il fallait trouver le Nāgaland un petit État du nord-est de l’Inde ( oui, encore!).

NagalandPetite précision pour les curieux : le ā de Nāgaland est la transcription du devanagari पा qui se prononce comme le â de pâte.

Le suffixe anglais land, « terre, pays », montre que ce sont les Anglais qui l’ont « créé » et nommé.

La première partie du nom, nāga, est un mot hindi qui signifie « nu » et désigne les habitants des différentes tribus qui peuplaient cette région à l’arrivée des Anglais.

On désigne sous le nom de Nāga un groupe de seize tribus principales qui ne connaissent pas le système des castes et qui ont abandonné leur religion traditionnelle, très différente de l’hindouisme, pour se convertir au christianisme. Là s’arrêtent leurs traits culturels communs, puisque chacune a sa langue et son organisation sociale.

( François Durand-Dastès, Encyclopædia Universalis 2016).

On retrouve ce mot dans le nom des Nāga Baba, une secte de guerriers ascètes qui se dispensent souvent de tout vêtement.

Le sanskrit Nāga est issu de la racine pré-indo-européenne *nogw, « nu », qui a donné le hittite nekumant-, le vieux persan *nagna-, le grec gymnos, le latin nudus, le lituanien nuogas, le vieux-slave nagu-, le russe nagoi, le vieil irlandais nocht ou encore le gallois noeth.

Le nom de la capitale, Kohima, est la transcription anglaise de l’angami Kewhima ou Kewhira, « la terre où poussent des ( fleurs nommées ) kehwis ».

Fleur « kewhi » dans la vallée Dzukou
Fleur « kewhi » dans la vallée Dzukou

Un  trop rapide passage sur internet à la recherche de cette fleur kewhi m’a fait tomber sur cette vidéo :

où j’ai cru comprendre que cette fleur avait quelque chose à voir avec la couronne du Christ ( Euphorbia milii ). Il n’en est rien et je m’excuse auprès de mes lecteurs de cette fausse piste. Ceci dit, si l’un d’entre eux peut m’en dire plus sur la kewhi, je suis preneur! Aucun des sites consultés ( en français et en anglais) ne m’a appris quoi que ce soit à ce propos, chacun se contentant de reprendre l’article wikipédien.

 

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L’étymologie que je donne pour Nāgaland est issue de  Placenames of the world  d’Adrian Room (2e édition McFarland and Co, 2006) et de l’ Oxford concise dictionnary of World place names de John Everett-Heath (éd. Oxford University Press 2005).

Ces deux auteurs précisent toutefois que d’autres hypothèses ont été avancées :

  • Nāga , नाग ou serpent en sanskrit, est un être mythique de l’hindouisme, un serpent à tête humaine, qui aurait pu donner son nom à cette région.
  • Naga ( notez l’absence de diacritique) signifie, toujours en hindi, « colline » et certains y voient l’origine du nom Nāgaland.
  • Enfin, certains auteurs préfèrent rapprocher ce nom du mot nok qui signifie « peuple ».

J’ajoute — avec toute la modestie de l’amateur que je suis — que le sanskrit Nāga désigne non seulement le serpent, mais aussi l’éléphant ou encore le plomb ou l’étain, ce qui laisse penser qu’il a dû être originellement un adjectif signifiant tout simplement « gris ». On retrouve ainsi ce mot dans le nom de Nāgpur ( État de Mahārāshtra, Inde), « la ville ( pur) de la rivière Nāg » qui correspond au sanskrit Nāgapuram, « la ville (puram ) de la rivière Nāga »: la rivière qui serpente, la rivière grise, ou quoi d’autre ?

Sachant que les premiers Nāga vivaient nus et se couvraient sans doute de cendre comme les  Nāga Baba aujourd’hui, ne pourrait-on pas imaginer qu’ils paraissaient gris ?

Naga Baba

Quand je vous disais que la toponymie est un puits sans fond !

P.S. un prochain billet accompagné de la devinette est prévu pour demain ou mardi. D’ici là, ne vous privez pas  de commenter celui-ci!

20 commentaires sur “Nāgaland ( réponse à la devinette ).

  1. Ah, ben tout s’explique, y compris pourquoi je séchais sur la relation entre le Christ et Kohima. Il y avait bien une proximité phonétique avec la koinè, langue du Nouveau Testament, mais bof…*
    En tout cas, merci leveto pour cette découverte du pays des Nagas. Pour la fleur kewhi, dommage que ce ne soit pas une orchidée, car il aurait été relativement simple de l’identifier parmi les 340 espèces recensées au Nagaland. Je n’ai hélas pas trouvé d’infos à partager sur cette fleur des vallées, que pourtant les touristes semblent nombreux à aller admirer, mais je ne rentre pas totalement les mains vides non plus, puisque je vous rapporte à la place cette hypothèse supplémentaire (trouvée sur cette page), pour l’étymologie de Naga : « ce peuple aurait été appelé « Naga » ou « Naka » dans la langue birmane, qui signifie « les gens aux oreilles percées ». » Comme l’ouvrage de référence a l’air correctement cité, je me suis dis que ça pourrait venir enrichir votre liste.

    * (les autres réponses figuraient – for your eyes only – au dos de l’enveloppe de mon dernier post)

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  2. Cher Leveto,

    Vos devinettes sont parfois si épouvantables qu’elles découragent le pauvre homme.
    La pingrerie d’indices proposés se montre à l’unisson de celle de ma caisse de retraite. C’est dire votre cruauté !
    Tandis que moi, si prolixe en indices et montrant à chaque instant ma générosité naturelle, je n’ai que le souci de toujours venir en aide à mon prochain.

    Comme vous le verrez ci-après.

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  3. Toponymie et chansons, une affaire sérieuse

    1. Je suis un toponyme de la France hexagonale : pas celui d’une île.

    2. Je suis aussi le titre d’une chanson.

    3. Sur les cartes, on m’écrit en 6 + 2 + 7 lettres. Sur les microsillons aussi.

    4. Je m’étale sur 18 ha dépourvus de la moindre population humaine.

    5. Jusque là, rien d’extraordinaire… mais voyons la suite.

    6. Mon toponyme utilise, pour partie, un nom commun pris dans un sens qui est l’inverse de celui communément admis. Un peu comme si le « mont » Everest était désigné comme la « fosse » Everest ou encore comme si la « Fosse des Mariannes » était désignée comme le « Pic des Mariannes ».
    Est-ce clair ?… Disons que c’est une affaire d’énantiosémie de relief, ignorée même du TLFI. Une affaire d’oronymie à basse altitude et selon certain patois local.

    7. Celui qui m’a célébré fut un garçon épatant, un parfait contemporain de TRS, un ACI notoirement méconnu qui n’a fait que dans un seul registre mais qui a écrit des merveilles devenues des classiques déjà de son vivant. Une sorte de météore qui dure… Et, d’ici 50 ans, je gage qu’on le chantera toujours : certaines de ses chansons sembleront alors des quasi traditionnels. C’est déjà presque le cas.

    8. Détail piquant : dans les lyrics qui me vantent selon un mode farouche, l’auteur utilise, pour la rime, l’acception habituelle du mot évoqué au N°6 . Il n’oublie pas d’y placer aussi son patronyme… toujours pour une affaire de rime.

    9. Mon défaut d’habitants, ma dérisoire superficie cadastrée ne font pas de moi une véritable localité. Mais il me suffit bien d’appartenir à une petite paroisse de 2.500 âmes située à 517 km de Châteauroux.

    10. Indice ultime, pour complaire à l’Homme du Vaucluse : mon toponyme comporte, à l’identique, le nom d’un toponymiste. Pas Ernest, qui ne se mêle pas de devinettes, ni Rostaing ni Dauzat ni Leveto… un autre, un moins fameux : il n’a pas de notice Wikipedia à lui dédiée.

    Bon, le compte d’indices y est… et largement.
    Pour finir et pour faire joli, ajoutons quand même un peu de déco’ :

    Un poster qui tonitrue:

    Et un doigt, juste un doigt de vidéo distinguée :

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  4. TRS
    une visite semestrielle à la Faculté ( elle y tient beaucoup et il m’est d’autant plus impossible d’y échapper que je vis avec une des ses représentantes — une sorte d’agent double, donc !)suivie de la rédaction de ma devinette du jour, m’a empêché de m’attarder sur la votre. Je vois que le brosseur semble avoir une idée. Je m’y mets bientôt.
    Le brosseur : une anémone ? oui, pourquoi pas ? Mais j’avoue ne pas avoir trouvé la « photo dans le quadrant sud ouest »… J’étais plutôt parti sur des orchidées.

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  5. TRS
    une visite semestrielle à la Faculté ( il m’est d’autant plus impossible d’y échapper que je vis avec une de ses représentantes, une sorte d’agent double donc ) et le temps passé à la rédaction de ma devinette du jour m’ont empêché de m’intéresser à la vôtre.Il semble que le brosseur ait sa petite Idée. Je m’y mets dès que je peux.
    Le brosseur : une anémone ? Oui, pourquoi pas … même si je n’ai pas trouvé votre photo dans le quadrant sud-ouest. J’étais plutôt parti vers une orchidée.

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  6. Eh bien! justement, le brosseur !
    Je ne vois toujours pas de ressemblance ente le feuille d’anémone et celle de ma photo.
    Vous m’envoyez une photo intitulée « anemone kewhi » qui ne fait que reprendre une partie de « ma » photo.
    Les feuilles des unes et des autres n’ont rien à voir!

    Donnez-moi le lien vers la photo du quadrant sud ouest et nous avancerons.

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  7. Le brosseur

    Et les autres feuilles lancéolées au premier plan ? Et la fleur centrale — la vedette de la photo — qui a tout d’une orchidée ?

    Désolé, je n’ai pas votre talent pour « manipuler » les photos !

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  8. > Leveto, hier soir,

    Merci de vous intéresser à ma devinette malgré vos obligations que je comprends.
    La vôtre ?… Je viens d’y passer une heure en pure perte. Mais ce n’est pas bien grave : tuer le temps est une façon de crime agréable et sans risque véritable de poursuites, un innocent forfait.
    Mais il ne faut pas en abuser et je déclare « forfait » une fois encore.
    ________

    A part ça, vous ai-je déjà dit comme depuis toujours la munificence m’est constitutive ?… Peut-être bien… ou peut-être pas.

    En voici néanmoins une nouvelle illustration :

    -Trois substantifs utiles (dont un qualifié) ont été glissés dans l’énoncé… et ce ne fut pas par hasard.

    -Vous aurez compris qu’il s’agit d’une formation paysagère très particulière, menée d’une façon naturelle et disposant d’une altimétrie dérisoire. Pour vous en donner un équivalent visuel, pensez à l’andain agricole… en oubliant Boris Vian et si la pratique de l’andain a quelque sens en terres vauclusiennes.

    -Maintenant venons-en au principal et à ce qui fait beaucoup pour le charme de cette chanson :
    Quand Brel évoque Vesoul, Amsterdam ou les Marquises, il EN parle.
    Idem pour Brassens au cimetière de Sète : il EN parle et il parle de lui-même… etc.
    Ici, la posture est différente : il s’agit d’un toponyme qui s’exprime, ainsi qu’il est fait dans l’énoncé, à la première personne du singulier.
    Un revendicatif pour tout dire… et un fier-à-bras qui n’a pas peur, malgré son insignifiance cadastrée, de s’affirmer contre vents et marées.
    Et ceci, techniquement, en matière de lyrics et puisque votre blog a aussi des visées affirmées quant à la langue, ne doit pas être très courant : un toponyme qui dit «Je» avec une humeur farouche.

    Il ne me vient maintenant aucun autre exemple en tête.
    Mais je n’ai sans doute pas assez enquêté sur les toponymes chantants qui savent se chanter eux-mêmes et de si mâle façon »…

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  9. Constat d’avant week-end :

    Ma devinette est restée « inviolée ».
    C’est donc qu’elle a su « son honneur garder », comme l’on dit dans ces vieilles chansons d’antan qui parlaient, à mots couverts, d’abus sexuels en réunion.
    Et tant pis pour elle si elle se réserve un avenir de rosière !
    ______________________

    La réponse était « Sillon de Talbert », toponyme et chanson du répertoire. Voir sur Google images et You Tube.

    Avec, par ordre d’apparition alphabétique :

    Andain : Dépôt végétal et provisoire prenant la forme d’une petite digue. Quand viennent les fenaisons, les andains laissés sont très jolis dans le paysage. Mais c’est là du land art bien éphémère.

    Bretagne : Région à fort particularisme ajouté. On y fabrique du cochon industriel et du lisier. Le Breton est très fier d’y être né. La Bretonne aussi… ensemble, ils dansent le laridé. C’est magnifique !

    Doigt : Appendice articulé et très pratique : le doigt sert à se curer le nez et à manifester son humeur. Faire un doigt d’honneur. Le Sillon de Talbert est «le doigt breton tendu vers l’Angleterre».

    Goémon : Sorte de machin algueux qui entre dans l’économie de subsistance du Breton misérable. On dit des goémoniers qu’ils sont moissonneurs de la mer. Au Sillon de Talbert, on ne récolte que du goémon malgré tous les efforts des semenciers modernes.

    Météore : Manifestation d’un phénomène atmosphérique. Les vents sont des météores comme les autres et, si certains fortement iodés burinent le noble visage du marin pêcheur, d’autres lui incommodent l’olfaction.

    Microsillon : Sorte de galette de vinyle dont chaque face ne comporte qu’un seul sillon, un minuscule sillon. Contrairement à la galette bretonne, le microsillon est incomestible et ne s’achète pas aux crêperies.

    Paroisse (petite): Entité démographique passée de mode. L’INSEE ne la reconnaît plus et c’est bien dommage : le paroissien d’antan était pourtant un modèle de piété et de moralité.

    Pleubian (22 610): Son nom viendrait de « ploe » (=paroisse) + « bihan » (=petit). Plus encore que de sa chère église et de sa chaire-calvaire, cette localité peut s’enorgueillir de ce fameux sillon, figurant à son cadastre mais inconstructible au regard des dispositions du PLU.

    Sillon (1): Trace laissée (en creux) par le soc de la charrue. Et, par temps sec : – Qu’un sang impur abreuve nos sillons !

    Sillon (2) : Trace laissée (en élévation) par des événements de bord de mer passés. Le sillon de par là-bas n’est pas profond du tout et, par modestie obligée, il n’est pas bien haut non plus : juste quelques mètres.
    Les spécialistes, qui rechignent aux acceptions locales des primitifs armoricains, ont un autre terme à leur lexique : une « flèche de galets ».

    Talbert (Jean) : Toponymiste. On lui doit notamment, « Origine des noms de lieux » (en Charente) (1928)

    Talbert (Sillon de) : Ce nom, avec majuscule, proviendrait de l’agglutination de deux noms communs venus du bas patois breton : Tal + Berz, soit front + mer. On a écrit aussi Talberg, avec un G.

    Tonnerre (de Brest) : voir « météore » et l’affiche de déco’.

    Tonnerre (Michel) : (1949-2012) Auteur-compositeur et interprète groisillon. Wiki dit que l’origine étymologique de Groix aurait à voir avec « cordon de galets ».

    TRS : Amateur de chants de marins et de sea shanties, sans préjudice des chansons paillardes, du comique troupier, des chants d’église, de Lucette Raillat et de Nina Simone quand elle y va de son Sinnerman.
    Dans une période de sa vie passée, tandis qu’il faisait le gugusse avec quelques comparses d’excellente moralité dans des bars à musique et à bière, avec tous ces garçons soucieux autant que lui de l’évangélisation de la clientèle, le public avait alors droit à Satanicles, au Gabier noir, à Mon p’tit garçon, à Quinze marins et peut-être à quelques autres qu’il a maintenant oubliées.
    ________________

    NDLR :
    1. Peu d’auteurs de chansons ont pu se vanter d’avoir su se mouler dans une tradition vénérable en en adoptant vraiment les codes et le ton : peut-être Bruant (dans le genre « complainte »), Couté ( pour la chanson sociale), Pierre Mac Orlan (avec la Fanny de Laninon, une autre chanson de marins qui peut passer aussi pour un traditionnel tant elle en a les allures).

    2. Un lien, en forme de biographie :
    http://www.franceinter.fr/personne-michel-tonnerre

    3. Un extrait d’interview :

    – Nombre de vos chansons sont devenues des classiques, des chansons qu’on pense héritées du répertoire traditionnel, sans savoir qu’elles ont été écrites par un auteur contemporain… N’est-ce pas un peu frustrant, parfois?

    – Non, cela me fait sourire. Au festival de chants de marins de Paimpol, un samedi soir, je me promenais et, à droite ou à gauche, je n’entendais que mes chansons. Sur un bateau, un groupe de chanteurs allait se lancer sur ce que le chef de chœur avait appelé, pour les spectateurs, « un chant traditionnel ». Et puis, en se retournant, il dit: « Et justement, voilà son auteur qui passe derrière nous ». Les gens ne comprenaient plus…

    4. A l’adresse particulière de Leveto qui, parmi d’autres qualités estimables, a un passé de musicien et une bonne connaissance de la chanson :

    Le répertoire des chants de marins foisonne de toponymes, le plus souvent portuaires évidemment, tous d’un exotisme fou et qui sont très pratiques à la rime. Un véritable filon à exploiter pour une étude exhaustive et plaisamment documentée.
    Et qu’attendez-vous pour larguer les amarres ? Et vous consacrer à un ouvrage qui serait dans le ton de votre blog, avec anecdotes et jeux… un peu dans l’esprit de ce que fit un ancien correcteur du Monde.
    Vous pouvez taper « Colignon + Sillon de Talbert », dans votre barre Google pour en avoir une idée. Mais celui-ci faisait alors davantage dans les curiosités touristiques locales à vanter que dans « la jeune science » et la vieille tradition chantée.

    A ce propos, connaissez-vous cette chanson (de marins et de théâtre) qui fait figurer dans ses lyrics deux « toponymes fictifs »… enfin qui me semblent comme tels.
    Il s’agit d’une sordide affaire de filles vénales et d’un fourneau, une histoire bien cruelle et la musique est de Kurt Weil.

    Mais il se fait tard et il me faut faire court !

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  10. TRS, est-ce à cette chanson-là que vous pensiez ?

    Les filles de Bordeaux

    Avec sa pelle à feu
    Y a fendu le crâne,
    Fendu le crâne en deux
    A cause de la douane:
    Dans son petit fourneau
    Y a grillé la couenne
    Devant Capistrano
    Sur la mer Océane.

    Les filles de Bordeaux
    Qui s’en vont sur la vague
    F’raient mieux de s’foutr’à l’eau
    Sans sortir de Behague.
    Les filles de Bordeaux
    Vont crever aux quat’coins du monde
    Pour servir de proie
    A tous les salauds,
    Les filles de Bordeaux.

    De son petit fourneau
    Il ramassa les cendres,
    Et jusqu’au fond de l’eau
    Les regarda descendre,
    Puis se lava les mains
    Et descendit à terre
    Chercher d’autres putains
    Sur la terre étrangère.

    Les filles de Bordeaux
    Qui s’en vont sur la vague
    F’raient mieux de s’foutr’à l’eau
    Sans sortir de Behague.
    Les filles de Bordeaux
    Vont crever aux quat’coins du monde
    Pour servir de proie
    A tous les salauds,
    Les filles de Bordeaux.

    Kurt Weill, ce sont mes souvenirs de jeunesse au temps du TNP de Jean Vilar à Chaillot. Un autre toponyme : Mahogonny .

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  11. TRS
    bravo pour votre devinette! Je n’ai pu m’y mettre que par intermittence, mais j’avoue avoir lamentablement séché ! Sans compter que je ne connaissais ni ce Michel Tonnerre ni ce Jean Talbert : c’est vous dire l’étendue de ce qui me reste à apprendre!
    Pour ce qui est de votre suggestion d’écrire sur les toponymes chantés ( c’est la deuxième fois, si je ne m’abuse), elle n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd ( ah ah). Seul le temps me manque pour m’y mettre sérieusement mais rien ne m’empêche d’écrire quelques billets à ce sujet qui rejoindront l’ouvrage définitif sur le sujet que j’écrirai pendant ma retraite ( allez! Plus que quatre-vingt mois!)
    Zerbinette :
    Bravo ! Même si les deux toponymes cités ne sont pas tout à fait fictifs, c’est sans doute bien à cette chanson que pensait TRS.
    San Juan Capistrano est, entre autres, un petit port du Venezuela.
    Béhague est, outre un nom de famille, un petit bois du Loiret.

    P.S. Et maintenant je retourne peaufiner la réponse à ma dernière devinette toujours … inviolée.

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  12. > Zerbinette… ma fine Zerbinette,

    – Oui, c’est exactement à cette chanson que je pensais. Et n’est-elle pas d’un raffinement exquis dans la cruauté dite ?… avec exotisme inside.

    > Leveto,

    Je me suis sans doute avancé en évoquant deux « toponymes fictifs ». Cela maintenant ne me semble plus vrai qu’à moitié si j’en crois l’analyse de la pièce Marie-Galante, voir page 36*…

    Et vous, vous avez tout faux à propos de Behague : – D’ailleurs, quel foutu navire de haute mer irait mouiller auprès d’un « petit bocage du Loiret » ?
    Vous avez vraiment des idées farfelues, vous autres du Midi !

    Après enquête laborieuse menée par mes instances locales, la réalité semble bien différente. La Commission des Affaires géographiques et maritimes du Nord-Picardie préfère situer cet épisode sur les côtes de l’Amérique du sud, en Guyane française et, très précisément, à la Pointe de Béhague, celle qui doit sans doute son nom à Jean-Pierre Antoine, comte de Béhague de Villeneuve… un quidam natif du Pas-de-Calais et qui fut gouverneur de Cayenne en son temps.

    Une attestation maintenant, pour faire sérieux, pour faire documenté :

    …. Quant au refrain, il laisse supposer qu’une malédiction pèse sur les filles de Bordeaux parties de l’autre côté de l’océan si elles ne se décident pas à aller en Guyane Française – délimitée au sud par la Pointe Béhague, près de Cayenne – pour avouer (en argot “se foutre à l’eau”) qu’elles ont quitté clandestinement la France métropolitaine… etc.

    En gros, il s’agit d’une affaire de migrantes qui meurent en mer pour des affaires de réglementation douanière. On connait ce genre de choses encore.

    Quant à Capistrano, voir page 35 du lien ci-dessous, il semble bien s’agir d’un toponyme de fantaisie… et fort peu vénézuélien.

    * http://www.gilles-gleizes.fr/site/wp-content/uploads/2015/03/Marie-Galante_Master1.pdf

    ___________

    P.S :
    – Zerbinette, si elle se consacre un moment à la lecture de ce lien, y trouvera quelques évocations brechtiennes d’humeur… et notamment rapport à la fantaisie des toponymes et de l’exactitude de leur géolocalisation.
    – Moi ?… J’y ai trouvé une estime appréciée du substrat traditionnel en matière de lyrics quand celui-ci s’invite en de grandes ou futiles occasions.
    – Leveto ?… Il surveille le bon état de la ceinture de chasteté de sa devinette.

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  13. TRS, je connais le lien, c’est là que j’ai copié les paroles.

    A propos de toponyme de fantaisie, la pointe Béhague ou Coumarouman « nous en fournit un autre : « In 1992, it was chosen for location of the fictitious city (and nation) of Porto Claro » par Pedro Aguiar, et en 1996, des habitants venus d’internet y ont émigré…

    Site ‘officiel’ : http://www.portoclaro.com.br/portal/

    Porto Claro a été découvert par le navigateur français Louis de La Bêtise, en 1516

    https://pt.wikipedia.org/wiki/Porto_Claro

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