Aubenas ( réponse à la devinette)

Ma précédente devinette n’a pas trouvé preneur. Je ne la pensais pourtant pas si difficile…

Il fallait trouver Aubenas (Ardèche ) qui, pendant quatorze siècles a manqué … d’eau ! ( mais pas de sel!)

Construite sur un éperon rocheux dans le sud  de l’Ardèche, elle n’était alimentée que par les eaux de pluie que l’on conservait tant bien que mal dans des citernes aménagées sous les maisons. Quand la pluie faisait défaut — ce qui était, latitude oblige, assez fréquent — les Albenassiens devaient aller chercher leur eau dans un ruisseau à trois kilomètres de chez eux et la remonter qui à dos d’âne ou de mulet, qui à dos d’homme, etc.

Cette particularité a fait appeler Aubenas « la ville sans eau » ce qui fut à l’origine du blason local sur un calembour en « Eau [be] n’a ». Le nom de la ville se prononce en effet   sans faire entendre le -s- final. Le Trésor du Félibrige de Mistral  donne même la forme Aubena.

Plusieurs propositions ont été faites pour remédier à ce manque d’eau, comme celle de fabriquer des bourneaux censés aller puiser une hypothétique eau souterraine ( «Conseil tenu dans le but d’amener et conduire une fontaine à la présente ville suivant la proposition de François Dautros, général des eaux salines au pays de Piémon… » en 1560 ) ou celle de  M . de Montgolfier, inventeur d’une machine hydraulique qui permettait d’élever l’eau .

D’abord place-forte au service de l’évêque du Puy, Aubenas deviendra très prospère en se spécialisant dans la sériciculture : elle devint le troisième marché français du cocon de bombyx. Il s’agissait bien d’un élevage d’animaux vivants, les vers à soie, réalisable par tout un chacun chez soi, en ville, dans une pièce spécialement aménagée à cet effet, une magnanerie, et cela devint vite une industrie.

magnanerie

C’est dans cette forme particulière d’élevage que Jean Mathon fit fortune après un voyage à Smyrne d’où il rapporta des cocons qu’il sut adapter au climat d’Aubenas.

jean mathon

Jean Mathon

Nommé maire de la ville en 1858 (sous le Second Empire, les maires sont nommés par le préfet, pour les communes de moins de 3 000 habitants et pour 5 ans à partir de 1855 ), il utilisa une partie de sa fortune personnelle et surtout toute son énergie pour amener les eaux de l’Espissard (une cascade à Antraïgues-sur-Volane) à Aubenas, soit pas moins de treize kilomètres de canalisations.

Il va s’occuper autant des démarches officielles ( sa fortune lui ouvrait alors bien des portes …) que de l’avancée des travaux.

Et deux ans, trois mois et trois jours après le décret impérial du 20 mars 1861 qui avalisait le projet, l’eau arriva enfin à Aubenas !

Le 23 juin 1863 à 19 heures, cinquante fontaines réparties dans toute la ville font jaillir l’eau. La fête sera alors grandiose et durera un mois … pendant lequel on ne but sans doute pas que de l’eau !

Il ne reste plus aujourd’hui à Aubenas que douze de ces fontaines, mais Jean Mathon y a son boulevard ( moi, j’aurais bien vu une eauvenue ) et les Albenassiens savent tous de qui il s’agit puisque le 23 juin est l’occasion annuelle de le fêter. En outre ( ah ah ), ça me plait bien qu’un Mathon ait libéré ses compatriotes de la corvée d’eau.

Ah! Oui! Au fait : Mathon est un hypocoristique de Matthieu. Vous savez ? Matthieu, l’apôtre collecteur d’impôt  et Matthieu l’évangéliste? Vous pouviez pourtant me croire ( en Dieu) sur parole ( d’évangile), d’où le gras des  indices …

Dernière précision : le 431 était un numéro de téléphone belge, celui de la boucherie Sanzot (« sans eau », ah ah ).

cul-de-lampe-03

Aubenas :

plusieurs étymologies sont proposées qui s’appuient sur les formes les plus anciennes connues: villa Albanense en 945  puis Albanate palatium en 950.

Ernest Nègre y voit un nom d’homme Albinus accompagné du suffixe gaulois -ate, tandis qu’Albert Dauzat penche pour un pré-celtique *alba, « colline, forteresse, ville », accompagné d’un double suffixe, toujours gaulois, enn -ate.

Pierre-Henri Billy tente de mettre tout le monde d’accord en proposant de recourir à la racine indo-européenne *al , « pousser, faire pousser, nourrir », à l’origine du nom des Alpes ( et des alpages) et du latin altus , « haut ». Aubenas serait alors un *alba avec double suffixe an-ate, ce qui n’est pas si éloigné de l’hypothèse de Dauzat.

Aubenas-les-Alpes est son homonyme dans les Alpes-de-Haute-Provence

Espissard : le nom parle de lui même : il s’agit bien sûr d’un jet de pisse.

Antraïgues-sur-Volane : le tréma récemment ajouté se justifierait par la prononciation locale du nom de la ville ( ãtʁajgə )  ce dont je doute : j’ai toujours entendu dire « Entraigues ». La ville, « entre les eaux »,  est située au confluent de la Volane, du Mas et de la Bise.

Et pour finir, bien sûr, Jean Ferrat .

P.S. : je ne sais pas pourquoi je ne peux plus insérer de vidéos dans mes billets …

Par exemple le code d’intégration suivant

ne fonctionne pas. Si quelqu’un qui s’y connait a une solution …

55 commentaires sur “Aubenas ( réponse à la devinette)

  1. ¿Mettre les guillemets entre guillemets pour ne pas que le correcteur (automatique) leurs substitue un chevron.?

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  2. Excellente devinette, Leveto !

    Mais je dois vous avouer deux choses :

    Comme dans ma famille j’ai eu pour père et pour parrain deux « percepteurs » (maintenant fort défunts) collecteurs /receveurs des phynances et taxmen titulaires, j’ai bien pensé un moment à Mathieu sans que cela ne me mène nulle part… Alors Mathon, vous imaginez ?

    D’autre part, je reconnais que mes réflexes de rural intégral font un distinguo entre le cultivateur et l’éleveur, entre l’agriculteur et le pisciculteur. Entre celui qui a besoin de terres et l’autre pas toujours. Alors le sériciculteur de centre ville !…

    Mais baste ! et je n’ai pas l’habitude de ronchonner… comme vous savez !

    Car il y a mieux à faire quand vous nous privez d’une énigme dominicale, délicieusement atroce à considérer et que, selon mes prérogatives de généreux plénipotentiaire à vie, je préfère maintenant titiller un certain Intrus et lui proposer une affaire de « ville qui ne manque pas d’eau », elle… et avec aussi bien des surnoms à disposition et avec cataracte d’indices !

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  3. Des villes surnommées… et joliment désignées

    Imaginons Aix-en-Provence, celle qui est La ville aux mille fontaines et celle aussi aux calissons de PACA, qui aurait encore une autre désignation, parfaitement usuelle et organisée selon le sigle suivant : AEPPACA ou, au choix et selon l’intimité , Aeppaca.

    La chose serait bien étrange… et pourtant il existe une cité fameuse que l’on désigne selon une telle formule… mais plus simplement et avec une nuance de familière gentillesse, avec une bien meilleure euphonie et en seulement 4 lettres.
    Et ces 4 lettres, dans l’usage, peuvent donc être 4 capitales alignées ou une majuscule initiale suivie de 3 minuscules… au choix. Un acronyme plaisant, quoi !

    Question :
    Quelles sont ces 4 lettres ?… Sachant qu’elles désignent aussi une localité de la botte sans qu’il soit question d’Italian Shoes :

    Encore que… et possiblement.
    ________________

    Indices sérieux:

    1. Le toponyme officiel peut s’écrire (et se prononcer) de deux façons possibles par les gens du pays, les habitants de la région… et par des gens d’ailleurs aussi. Et ceci selon 10 ou 16 lettres nécessaires.

    2. Il a aussi, ce toponyme, d’autres appellations « genre périphrase » dont l’une est une figure géométrique… mais pas un hexagone !

    3. Une autre appellation encore, et de loin la plus connue, a servi de titre à un film des années 80.

    – Un indice musical ?… Oui mais comment choisir ?

    J’hésite, question évocation, entre une plongeuse de restaurant et une vedette de cinéma, genre beau gosse, qui prend la guitare un moment pour chanter et jouer une valse rurale en La majeur avec capo ergonomique.

    Un peu comme si Delon était monté sur scène pour interpréter un laridé facile… avec Stivell* en accompagnateur discret (et non crédité au générique de chez Wikipedia).

    *Car dans cette séquence**, parmi les musiciens qui sont sur l’estrade, on retrouve une figure majeure de la musique traditionnelle, un type adorable avec qui, 10 ou 12 ans plus tôt, j’avais partagé quelques bières suivies d’autres, dans divers endroits perdus du canton de Royan (17 200) où il avait été programmé et était venu en famille. C’était au printemps 1975 et moi j’étais venu avec mon magnétophone UHER de l’époque… mais le type de France Culture avait un meilleur matériel !

    ** La séquence de ce film évoqué au N°3 se trouve aisément sur Youtube. Mais, si elle ne casse vraiment pas trois pattes à un canard, on peut y voir que l’acteur ne mime pas question doigté sur le manche. Tandis que Delon à la bombarde, en tournage à Locronan… ?

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  4. TRS

    très touché par vos compliments.

    Il vous faudra cependant patienter jusqu’à mardi pour un prochain billet et une prochaine devinette…

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  5. Patienter jusqu’à mardi ???

    Pourquoi pas ?… mais jusqu’à quand faudra-t-il attendre pour qu’apparaisse une épreuve destinée à mon complice retraité, autrement dit L’Intrus… et maintenant confisquée* par chez vous !

    Elle faisait pourtant montre d’une rare concision… selon mes manières délicates. Et sans gros mots, il me semble. Tout juste un lien innocent… Etait-il de trop ?… ou était-ce une simple affaire de délit de faciès et de pompes ritales ?

    * La livraison date de 21h00 environ, heure locale.

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  6. Votre sollicitude, TRS, m’oblige. J’attends avec impatience votre histoire d’eau « confisquée », dîtes-vous, par leveto. Sa dernière devinette me laisse un goût d’inachevé : Matthieu, je le tenais ; l’eau, c’était évident ; la localisation, j’y étais ; mais les vers à soie, non ! J’avais imaginé la lavande, le genet, le fenouil, l’olive, et tant d’autres productions agricoles utiles à l’industrie du XIXe siècle, c’était en vain.
    Alors, vivement votre affaire d’abondance d’eau…

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  7. > L’Intrus,

    Une petite question : – Dites-moi comment vous est venue l’idée que l’on puisse cultiver du genêt en ville ?

    Mais c’est pour bien autre chose que je reviens ici et surtout pour ne pas me faire taper sur les doigts.
    Il y a en effet deux rectifications à faire dans mon énoncé :

    – Le nom de la ville s’écrit avec 10 ou 17 lettres… et non pas 16 tel que je l’avais dit.

    – Le surnom métaphorique, désormais universellement connu, est assez récent : aucune attestation n’existe qui soit antérieure aux années 1970. Son origine peut s’expliquer ainsi… et je vous la fais brève :

    Etape 1 : Un écrivain X surprend une conversation entre deux types, dans la rue. L’un d’eux utilise cette expression pour désigner l’ambiance de la ville. Comme elle lui semble plaisante, cette formulation, X la range dans un coin de sa mémoire.

    Etape 2 : Un peu plus tard, il sort un bouquin dont le titre est cette expression.

    Etape 3 : Encore plus tard, un film est tourné qui reprend ce titre, un film assez infidèle à l’intrigue du roman mais qui se déroule aussi dans cette ville et ses environs ruraux.
    ……………..
    Comme il y a des angoisses métaphysiques qui vous ruinent le moral, il existe des angoisses toponymiques qui vous empêchent de dormir la nuit et vous provoquent des convulsions neuronales le jour:

    – Qui donc est responsable et coupable en cette affaire ?… Ces deux types qui causaient dans la rue ?… Cet indélicat qui tendait l’oreille ?… Cette production cinématographique ?… La complicité concomitante de la population?…

    Dieu merci, le prochain congrès de la Jeune Science se penchera sur le sujet.
    ………
    Une fois toutes ces diversions considérées, n’oubliez pas, L’intrus, que la réponse tient en 4 lettres : 2 voyelles et 2 consonnes qui sonnent joliment.
    Et, si à Aubenas ce fut le régime sec, là-bas « on se la coule douce » et facile… hors inondations toujours possibles.

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  8. @
    @TRS
    Mystère ! L’énoncé de votre devinette (5 juin, 20:54) vient seulement de m’apparaître ce soir.
    En ce qui concerne le genêt (6 juin, 13:59) , je n’imaginais pas non plus que vous puissiez élever des chenilles dans vos êtres, je voyais plutôt « territoire communal ».

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  9. Ma belle-famille a une maison sise boulevard Jean Mathon à Aubenas. Ma belle-mère dont le père était natif d’un hameau à quelques kilomètres de la patrie d’adoption de Jean Ferrat prononçait « antraïgues » comme tous les Ardéchois que j’ai pu rencontrer.
    Prononciation locale contre prononciation « parisienne ».

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  10. @ Morave :

    Comme votre commentaire répond à un passage où leveto indique qu’il a toujours entendu prononcer Entraigues, j’ai l’impression que vous tentez une petite pique maladroite et très déplacée.

    Maladroite de toute façon, parce que le qualificatif de « parisien » pour discréditer ceux qui défendent autre chose est un louuuurd poncif assez désagréable. Je fais pour ma part le choix maintenant d’en rire (et de me moquer de ceux qui l’emploient) lorsqu’un président de Chambre d’agriculture, c’est-à-dire un politicien de l’agriculture ne mettant pratiquement jamais les mains dans le cambouis, a le culot d’essayer de disqualifier sournoisement mes propositions agronomiques en me supposant « parisien », moi, rural profond, fils d’éleveur, petit-fils de berger sans terre, issu du lumpenprolétariat de l’agriculture ! Mais si j’en ris maintenant et en profite pour mettre en lumière le théâtre hypocrite de ces exploitants agricoles populistes, cela n’enlève rien au ressort vraiment douteux et malsain de ceux qui l’emploient.

    Déplacée, parce que vous semblez ignorer que leveto est un Provençal, profondément ancré dans son Sud. Les gens qu’il a toujours entendu prononcer ce nom sans diphtongue ne risquent pas d’être de Paris ! Les habitués de ce blog ne peuvent qu’écarquiller les yeux, ébahis, en voyant son auteur qualifié supposément de « parisien ».

    Sur le fond, vous savez, il arrive souvent que différentes personnes « du pays » prononcent des noms différemment. Le doute subsiste, mais il ne se situe pas entre « prononciation locale et prononciation parisienne », mais entre plusieurs prononciations locales.

    En outre, le snobisme conduisant à choisir une prononciation typée n’est, de loin, pas le privilège des Parisiens. Les « pays » l’adoptent eux aussi très très souvent, et ça ne date pas d’hier (c’était évidemment tout autant le cas au XIXe siècle, par exemple, ou à l’époque du père de votre belle-mère). Il est parfaitement plausible que certains ardéchois aient adopté la prononciation « aï » parce que ça sonnait « plus authentique » ou « plus pittoresque », sans qu’elle ne soit justifiée ni fondée. Bref, tout reste ouvert.

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  11. Morave
    Jacques C. a déjà répondu mais je rajoute :

    Je suis né comme mes grands frères et ma sœur, grâce aux aléas professionnels de mon père, à Viviers, en Ardèche.
    J’ai toujours entendu dire Antraigues en français, comme tout le monde dans le Vaucluse dit l’Aigue ( Aygues, Aygue ou Eygues) pour la rivière qui court non loin de chez moi.
    Mon grand-père, qui parlait couramment la langue d’oc, disait entraïgas, le prononcé comme dans « rail » ( désolé, je ne maîtrise pas l’alphabet phonétique ).

    La graphie Antraïgues, choisie par la mairie sans doute pour faire plus occitan — mais pas par le département ni l’INSEE — me semble fautive car elle implique de prononcer, en français,« antra- h- igues », comme « caïd, naïf, haïr, etc.»
    Le nom occitan est Entraigas, sans tréma, et la diphtongue se prononce en effet comme dans « ail », cf. l’aigo boulido.

    Le passage de l’occitan au français a entraîné aussi la francisation des noms de lieux, même si on peut le regretter. Que certains panneaux indicateurs portent les deux noms est, selon moi, une bonne chose, mais à condition qu’on n’invente pas un entre-deux injustifiable! Ça, pour le coup, c’est du snobisme très provincial !

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  12. @TRS
    Veuillez m’excuser de mon épaisseur d’esprit : je ne comprends pas votre devinette.
    Il semble acquis que la ville dont nous entretenez est qualifiée
    a) d’un nom en 10 ou 17 lettres
    b) d’une appellation liée à un vocable géométrique
    c) qu’il arrive qu’on la désigne par un acronyme.
    Jusque là, sommes-nous d’accord ?
    Vous nous parlez ensuite d’un nom métaphorique de cette ville qui serait aussi un titre de livre et un titre de film. Est-ce exact ?
    Dès lors, il y aurait, pour évoquer cette ville, quatre possibilités :
    – son nom de 10 ou 17 lettres
    – une périphrase
    – un titre de film des années 80
    – un acronyme composé par ses initiales et celles de sa région ou de son département ?
    Ou bien le titre et l’acronyme ne formeraient-ils qu’un et n’aurions-nous dès lors « que » trois occurrences ?

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  13. un intrus

    j’en étais au même point que vous avant d’abandonner mes recherches…
    sauf que je voyais la périphrase correspondre au roman et au film plutôt qu’à l’acronyme …

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  14. > L’Intrus,

    Vous n’avez pas l’esprit épais… ainsi que j’ai pu en juger.

    Bon, j’admets volontiers que l’énoncé était sciemment entortillé. Mais, faut m’comprendre, L’Intrus, j’ai été formé à l’école de « Leveto l’Embrouille », un gars du milieu… obédience mafieuse : « La Jeune Science ».

    Il vous faut donc :

    A.Trouver l’acronyme de 4 lettres qui désigne aujourd’hui, ordinairement et familièrement, une ville X

    B. Cette ville, selon le genre de circonstances et de locuteurs peut se dire de deux façons, dans la région et ailleurs aussi. A la manière de Den Haag ou ’s-Gravenhage, par exemple.

    C. Un sobriquet ancien la désigne selon un terme de géométrie, une figure. Comme on dit « L’Hexagone » pour la France.

    D. Dans les années que vous ai dites est apparu une nouvelle façon de la désigner, en trois mots également et évocateurs d’une ambiance. Comme si, soudainement et dans ces années-là, on avait dit « La ville lumière » pour Paris ». Et comme si un livre et un film policier avaient eu pour titre «La Ville lumière».

    Est-ce d’un éclairage suffisant ?
    ___________________________

    Indices supplémentaires pour que ça aille fissa :

    – Musicalement, la sound track du film n’est pas sans rappeler celle de O’Brother : du « traditionnel et de la production locale », en veux-tu ?…En voilà !

    -Mais si vous n’aimez pas la musique trad’, penchez-vous sur cette fille anonyme, celle qui faisait la plonge dans un établissement louche, qui décida de quitter son job de misère et d’embarquer sur un bateau fameux. Un joli bateau de chanson qui fait titre, un peu comme « Les Copains d’abord »… mais en plus célébrissime : des dizaines et des dizaines de reprises.

    L’ACI qui l’a écrite, il me semble et si ma mémoire ne me trompe pas, a toute l’estime de Jacques C. Il a aussi la mienne et possiblement celle de Leveto.
    La reprise la plus fameuse, dans les années 70 et dans son intro parlée, son annonce, est prémonitoire du surnom qui échoira à cette cité quelques années plus tard.

    J’espère vous avoir rendu la vie plus « facile », L’Intrus, en vous « inondant » d’indices.

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  15. À Jacques C :

    Ne voyez aucune malice, ni pique à l’endroit de l’auteur de ce blog : je faisais allusion à la prononciation des vacanciers de la moitié nord de la France nombreux en Ardèche. Pour lire ce blog depuis quelques temps, je sais que Leveto est méridional. Je ne souhaitais que rapporter la prononciation que j’entends dans ma belle-famille ardéchoise.

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  16. @ Morave : au temps pour moi.

    @ TRS : bon, si l’auteur de cette chanson a mon estime, je vais être obligé de chercher un peu.

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  17. Je pensais être complètement à la masse, ces commentaires de gens avisés m’apaisent les neurones. Merci.

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  18. > Jacques C : …si l’auteur de cette chanson a mon estime… etc.

    En fait, je n’en suis plus très sûr aujourd’hui et je confonds peut-être avec le Boss ?
    Mais ceci n’est pas bien grave et ce dernier a su avoir assez de connivence avec l’ACI responsable pour faire une reprise en duo du standard évoqué… et pas n’importe où mais bien dans la ville évoquée.
    C’est sur You Tube et c’est pas terrible à écouter ces quasi vieillards qui se la jouent country rock… en 2014 !

    Mais, puisque je vous aime bien malgré vos emportements et que vous dites savoir tirer et pousser les soufflets, je vous souffle un musicien qui apparaît dans la sound track du film :

    Bon, ce n’est pas du diato à touches boutons mais c’est quand même classe ! D’ailleurs, et pour preuve irréfutable, j’ai le CD en propriété !
    Et pour l’occasion, Leveto, cet inconditionnel de Vanessa P, verra par là et par ailleurs aussi qu’il existe d’autres Joe que dans les taxis.
    __________________

    > L’Intrus (aux neurones apaisés)

    Vous me décevez, vous mon contemporain !… Un bol de café et un bon croissant pour vous remettre sur pied ?

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  19. @TRS
    Un carré dans un croissant, ça vous suffirait ? Sinon, ville de République centrafricaine…
    Quant à la musique, j’écoute la bande-son du film en attendant le morceau de valse rurale en la que vous nous annonciez.

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  20. > L’Intrus,

    Après délibération du jury, votre réponse est acceptée.
    Bravo !… mais vous me semblez quand même être du genre à louvoyer quand il s’agit de solution à donner.

    Je fourgue donc maintenant la réponse dans le message qui suit mais, comme celui-ci comporte des liens, son acheminement dans des délais raisonnables reste hypothétique.

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  21. Solution

    – L’acronyme ?… NOLA pour « New Orleans LouisianA”

    Ex: The last time I was in NOLA was 2011 and we went to the amazing Le Bistro downstairs.

    – La figure géométrique?… Un croissant !

    – La périphrase pour La Nouvelle Orléans et New Orleans : The Big Easy

    So where did Jim Conaway get the phrase “The Big Easy?”
    ….
    It was while walking that he overheard two black men use the phrase “the big easy,” perhaps describing the city as a place where any musician should be able to succeed with ease. “I was really struck by the phrase, ‘the big easy.’ It was one of those things. You hear something sometimes, and then it sort of goes away. It was only later that it came back to me,” he says.

    – La valse rurale ?… La voici, avec Dennis Quaid (guitare) et Dewey Balfa* (violon et chant)

    * Dewey Balfa fut ce garçon qui a su exporter et faire connaître à l’univers ébahi la musique de sa région. Une sorte de Stivell et un homme dont la simplicité, l’humilité me touchent encore… si longtemps après.

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  22. Je ne fus pas plus prolixe, TRS, car j’avais crains une interrogation écrite sur le bateau de la fille qui essuie des verres au fond du café… Pour le reste, il semble bien, au vu de son jovial physique, qu’il devait être agréable de relancer quelques bières avec maître Balfa.

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  23. @ TRS :

    Arggggg. Pour une fois que je trouve, je suis grillé !

    Figurez-vous que je suis revenu ici il y a un quart d’heure ***, que me suis arrêté au commentaire où vous parliez d’un duo avec le Boss (sans dérouler le reste des commentaires). J’ai alors immédiatement pensé à celui qui est, selon moi et de façon évidente, son inspirateur direct : John Fogerty *.

    Et hop. Trouvé **. Au début, je ne comptais que 15 lettres dans la forme française du nom et j’ai eu un doute fugace, et puis je me suis rendu compte que j’oubliais « la » — et puis tout le reste collait.

    Bref, j’ai résolu votre énigme, uniquement sur la base de vos indices, sans m’aider de commentaires suivants que je n’avais pas lus. Je reviens alors, déroule la suite… et découvre que j’arrive après la bataille.

    Bon, au moins je peux me satisfaire d’avoir trouvé. Mais quel intérêt, puisque je disposais d’un indice qui m’était presque spécifiquement destiné, et puisque j’ai commis l’erreur de ne revenir chercher que ce soir, alors que j’aurais dû le faire ce matin ?

    * Oui, j’apprécie beaucoup John Fogerty, qui n’a pas la notoriété qu’il mérite. Il a commis l’erreur (plus grave que la mienne !) de ne pas vouloir que CCR apparaisse dans le film sur Woodstock, parce que leur prestation était gâchée par le manque d’ambiance et qu’il en était vexé (il faut dire qu’ils avaient été programmés en fin de nuit, quand tout le monde s’était endormi et après un groupe soporifique, ce qui était un traitement ahurissant pour Creedence Clearwater Revival qui était alors le plus grand groupe étatsunien [trustant les charts, comme on dit] et l’un des groupes incontournables de l’époque). Comme le succès de CCR a été météoritique (énorme mais court), cette absence dans le film « mémoire » de l’époque l’a fait tomber dans un oubli injuste.
    Il suffit de comparer les premiers concerts de Springsteen avec ceux de CCR (l’énergie de Fogerty n’a jamais été aussi aboutie que lorsqu’il jouait en groupe) pour voir à quel point le Boss, à ses débuts, était quasiment un clone de Fogerty, notamment jouant du même contraste entre gueule d’ange et voix rauque (un peu forcée pour le Boss, qui y a d’ailleurs ensuite renoncé et accepté sa voix réelle).

    ** Mais j’avais trouvé via New Orleans, qui est également une chanson de Fogerty, sans penser dans un premier temps à Proud Mary, dont je n’avais à vrai dire jamais écouté vraiment les paroles.

    *** Bon, une grosse demi-heure, en fait, maintenant, le temps d’écrire ce commentaire…

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  24. En fait, pour avoir une idée de l’énergie de Fogerty (époque CCR) sur scène, il vaut mieux cet extrait-ci (j’avais mis Proud Mary pour rester raccord, mais il est assez mou, en fait, dans la version en question).

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  25. > Jacques C : John Fogerty et CCR, qui n’ont pas la notoriété qu’ils méritent.

    Je ne sais pas quel âge vous avez* mais de mon temps chaque juke-box des bistrots de mon canton avait au moins une ou deux rondelles vinyles de CCR.
    Et même aujourd’hui, en 2016, mon petit frère qui a 60 ans aux prunes et qui fait encore guitar hero d’arrondissement reprend quelques titres de Fogerty… parce que ça marche toujours.
    Pour la chanson Proud Mary et en rapport étroit avec l’ambiance The Big Easy, je pensais surtout à la version extraordinaire de Ike and Tina Turner et à sa spoken intro : … Begin slow and easy and finish rock…
    New Orleans et Memphis:

    La rupture de tempo à 2:55 est épatante, encore aujourd’hui, et je pense que cette trouvaille de producteur a beaucoup fait en cette affaire… Une affaire sans doute juteuse question droits d’auteurs et quand on a écrit Proud Mary à 25 ans environ, il me semble que l’on n’a pas raté sa vie.

    Tandis que moi, pauvre de moi, qui ai écrit et composé « Ginette la Coquette » en l’honneur d’une péniche Freyssinet qui fréquentait, d’aval en amont le Canal du Nord, vous croyez que j’ai fait fortune ?… Tu parles !

    * Il y avait, à cette époque, un autre groupe, un vrai météore celui-ci et quasi oublié, qui faisait aussi dans l’ambiance Louisiane et southern gothic…
    C’était Redbone, des « sauvages »** recyclés aux bayous et avec Marie Laveau pour thème :

    Un gros succès à l’époque mais des gars parfaitement oubliés, eux.

    Moralité ?… Y’en a pas, d’autant que ni Hank Williams ni Fogerty ni Springsteen ni Tina Turner ni Redbone ni tant d’autres ne sont des Cajuns véritables.

    ** Le terme « sauvages », en cajun véritable, désigne les Indiens à plumes. Tout comme « nègre » ou « négresse » il est une marque d’affection, de respect et même de tendresse :

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  26. @ TRS :

    Oui, je n’avais pas reproduit l’intégralité de mon raisonnement, mais en réfléchissant à une « version célèbre » d’une chanson de Fogerty avec « intro parlée », j’étais bien sûr retombé sur Proud Mary (c’est justement ainsi que je l’ai identifiée comme étant la chanson en indice, plutôt que New Orleans, Born on the bayou ou autre des nombreuses chansons de CCR citant cette ville). Il m’avait semblé inutile de placer un lien vers la version si connue de Tina et Ike Turner, c’est pourquoi j’étais revenu vers une version brute par CCR, parce qu’il est toujours intéressant de revenir aux sources (de l’eau claire).

    J’imagine bien que CCR fut très connu de son « vivant », mais hélas je regrette que presque aucun « moins que cinquantenaire » ne connaisse aujourd’hui ce groupe (en France tout au moins), à l’exception bien sûr des amateurs de rock et de country-rock. Quant à John Fogerty, bien peu de Français connaissent son nom. Vous me direz, ce n’est pas pire que Joe Hill (ou même Woody Guthrie ou Pete Seeger, si ça se trouve).

    NB : Il est en effet amusant de voir comment Fogerty s’est entiché de la Louisiane (au point que nombre de ses fans ont vraiment dû croire qu’il en était un fier autochtone), alors qu’il est en réalité né fort loin du bayou… Il faut croire que la musique cajun et la Nouvelle-Orléans exercent un attrait particulier sur les musiciens.

    ————

    Je ne crois pas que je connaissais Redbone (ou alors, j’avais oublié). Merci de cette découverte.

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  27. Vastes considérations du jeudi

    1. Je me rends compte seulement maintenant que le type qui a publié sur You Tube l’interprétation par les Frères Balfa de « Sauvage sur le chicot » en a fait une traduction sauvage : « Indian on a stomp », ce qui n’a aucun sens.
    Il fallait écrire « Indian on a stump », c’est-à-dire un peau-rouge assis sur une souche de bois.

    2. Le Brosseur, dans sa désinvolture coutumière, me ramène Le stomp de Bosco, ce qui n’a rien à voir, même au XXI° siècle : le stomp en question n’est rien d’autre qu’une danse.

    3. Mon expérience de gestionnaire d’une forêt communale avec environ 80 affouagistes farouches qui étaient autant d’enthousiastes électeurs me permet de dire que personne ici n’utilise plus le mot « chicot » pour désigner une souche. Qu’en est-il ailleurs ?… dans d’autres provinces ?

    4. D’un strict point de vue toponymique, après consultation de Wiki la Savante, je constate que ce chicot a laissé bien des traces au Québec:

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Chicot#Toponymie

    Et, étrangement, le plus souvent auprès de rivières et de lacs… Pourquoi cela ? Soyez donc charitable et dites-le moi, Ô mon Brosseur.

    5. J’aime à être toujours parfaitement raccord avec le thème du billet et donc, après l’aridité d’Aubenas comparée aux excédents aquatiques consécutifs au passage de Katrina, je retourne vers Aubenas et sa proximité. C’est-à-dire à La Souche, un patelin qui a l’air charmant mais qui fait l’objet de controverses toponymiques chez Wiki : « souche d’arbre » ou « vigne » possible.
    Nègre lui-même se montre hésitant : « souche d’arbre » ou « ruche à miel ».

    Alors vivement que la Jeune Science fasse le tri, un tri sévère et définitif parce que ça fait désordre tout ça… et ma gentille femme de ménage, appointée CESU et qui doit passer tout à l’heure, en serait effarée !

    ____________

    > Jacques C : L’attrait de la Louisiane auprès des musiciens ?… Il est évident. La Nouvelle Orléans est une mère accueillante autant que prolifique avec rejetons de tous genres : Sydney Bechet et Louis Armstrong, pour les plus fameux… mais aussi Louis Prima, Fats Domino, Dr John the night Tripper, Aaron Neville, Jelly Roll Morton… etc.
    Elle est aussi très tolérante et accepte bien des genres musicaux… Poil aux orteils au zydeco !

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  28. Quelques pistes* :

    Au gré des crues** et des gels, les arbres des bords de lacs et de rivières peuvent être sectionnés laissant une souche (chicot) . Le chicot peut être (rester) submergé rendant la navigation périlleuse.
    La souche est le reste d’un arbre coupé (proprement ?) en terrain (normalement) sec et plus facilement exploitable.

    * sentiers
    ** pluies – fonte des neiges – barrage de castor – mise en eau des réservoirs (digues et barrages (hydro électricité)) et de la fluctuation des niveaux suivant les besoins.

    Reste
    Définitions de chicot, nom masculin
    ◆ Reste du tronc dressé d’un arbre brisé, coupé ou brûlé.
    ● Reste d’une branche coupée.
    ◆ [Familier] Reste d’une dent cassée ou cariée.
    ___________
    Stomp vs stump – de la danse à la position assise il y a une marge.
    ___________
    Le XXIe -> une suggestion pour faciliter l’exploration du folklore (répertoire) cajun.

    Ȁ suivre

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  29. Ce sera ma contribution à NOLA, et bien sûr elle ne pouvait venir que d’un Guthrie, Arlo, le fils, qui a popularisé une chanson écrite par Steve Goodman :

    À écouter en suivant ce lien.
    Si vous voulez, j’ai aussi le lien — j’ai hésité! — vers la version de Johnny Cash mais, désolé, je ne retrouve pas la version française…

    Le City of New Orleans est le nom du train assurant la liaison de Chicago à La Nouvelle-Orléans

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  30. TRS
    À propos de la souche en toponymie.
    Le défrichement par arrachage de souches a donné quelques Les Arrachis ( du latin.eradicare ), La Souche ou Les Souches ( Eure, L.-et-C., Hte.-Loire, L.-Atl.).
    Les forêts parsemées de souches, de troncs ( lat. truncus) ont donné des Tronchoy ( avec le collectif -etum).
    Extirper les souches se disait au Moyen Âge estreper (du latin stirps , souche ) qui a donné des Étréchy, Étrepy, Étrechet, etc. Et aussi, avec différents suffixes, Étrepigney, Étrepigny, etc.
    Du collectif stirpetum, « lieu des souches », provient Étrepoix à Samoussy (Aisne).

    ( Stéphane Gendron, L’origine des noms de lieux en France, éd. Errance, 2008).

    Et, je confirme, on ne dit plus « chicot »: En Provence, on dit « soca », tout simplement.

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  31. @ leveto : amusant, j’avais failli mettre le lien vers cette chanson-là. J’ai également une tendresse particulière pour Arlo Guthrie, surtout bien sûr période « Alice’s Restaurant » (vous ai-je déjà dit que le picking d’Alice’s Restaurant Massacree m’a longtemps servi d’échauffement lorsque je prenais encore le temps de jouer de la guitare ? Tiens, il faudrait que je m’y remette et que je vois ce dont j’en sortirai après quelques années sans y toucher).

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  32. … ce dont que j’en sortirai(s)…

    (le « s » me semble facultatif, selon le niveau de ma résolution)

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  33. Jacques C

    Ah! Jacques C. vous touchez là une corde très sensible !
    J’ai déjà parlé à plusieurs reprises du film d’Arthur Penn*, ici comme sur LSP, et du retentissement qu’il a eu sur moi ( putain!j’avais les mêmes cheveux!) .

    Avant d’être un film, c’était une chanson écrite en 1967 .

    En voici une version tardive, enregistrée en 2005, mais en public et pour Farm Aid. J’ai du mal à dire laquelle je préfère… en tout cas, chapeau l’artiste!

    Au fait, ne faites-vous pas une confusion entre The City of New Orleans ( de Steve Goodman) et 1913 Massacre ( de Woody Gutrhie ) toutes deux popularisées par Arlo Guthrie dans son album Hobo’s Lullaby de 1972 ?

    * à voir, si ça vous dit, sur youtube

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  34. Maigres considérations du vendredi car, ce jour-là, Nous faisons maigre, selon l’usage et Nos convictions:

    1. La paronymie est source de désordres et de convulsions inquiétantes :

    – Le stump, avec son confort légitime et l’assiette qu’il propose sur bois d’arbre, devient un stomp pour le Kébékois danseur.

    – Le puits de devinette irait-il jusqu’au muid de tonnellerie, celui d’où la vérité sort peut-être… ou peut-être pas ?… Va donc savoir !

    2. L’homonymie n’est pas en reste qui veut nous faire prendre la « soca » pour une souche d’Occitanie alors qu’à l’évidence il s’agit d’une danse, une danse en milieu humide :

    Et avec jolies filles convoquées, bien gracieuses… dont aucune séricicultrice from Aubenas.

    3. La cinématographie, telle que considérée plus haut, elle aussi pêche grave et, vers la période antéBigEasy, il a existé Easy Rider, un film moins fossilisé que Alice’s Restaurant. Un film avec la Nouvelle Orléans et son Mardi Gras au casting :

    Avec, au casting aussi, la somptueuse Karen Black, une créature d’alors, dotée d’admirables proportions anatomiques… Le Cercle paléontologique de Machincourt s’en émeut à jamais.

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  35. @ leveto :

    Non non, je ne confondais pas. J’avais bien pensé à City of New-Orleans, et l’avais même réécouté (dans cette version)… pendant que j’écrivais mon commentaire (bon, ensuite, j’avais embrayé sur quelques CCR puisque c’était le sujet).
    D’un autre côté, pour ce qui est du mot « massacree », c’est sous le nom Alice’s Restaurant Massacree que j’ai toujours connu cette chanson, puisque c’est le nom qui lui est attribué dans l’album de 1967. Je sais bien maintenant que c’est parce qu’il a alors considéré qu’il devenait le premier « mouvement » de son album Alice’s Restaurant, mais il est difficile de changer une vieille habitude, et je conserve le titre raccourci pour désigner le film.

    Vous savez sans doute que ledit film a engendré plusieurs problèmes dans la vie privée des personnages (séparation entre Alice et Ray, public qui croyait que la compagne d’Arlo Guthrie était asiatique et qui ne croyait pas sa vraie compagne lorsqu’elle se présentait comme telle, etc.), hélas. Mais je ne trouve pas qu’il soit « fossilisé », pour reprendre les termes de TRS. Il reste une belle fenêtre sur une époque, et son ton correspond vraiment à celui que l’on retrouve chez Arlo Guthrie (en tout cas ce qu’il montre sur scène et dans ses chansons) : humour léger et permanent, sans se prendre au sérieux, l’air presque gêné de sa virtuosité musicale et de son succès. Cela étant, je l’avais vu il y a assez longtemps, peut-être serais-je déçu en le revoyant, sait-on jamais…

    Par ailleurs, la chanson a été composée en 1966 (le thème musical dès 1965), et jouée à la radio dès cette année-là (même si son enregistrement pour vinyle date de 1967). Je suis aussi pinailleur avec la musique que vous avec les toponymes (ici : imaginer une crêpe).

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  36. J’aime à être toujours parfaitement raccord avec le thème du billet et donc,
    En effet !
    Rappelez-vous de l’apparition de La Bolduc dans une série sur les ducs et les duchés.

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  37. Jacques C : Mais je ne trouve pas qu’il soit « fossilisé », pour reprendre les termes de TRS.

    Si j’ai employé ce terme, c’est faute d’en trouver un meilleur. Je m’explique :
    J’ai vu le film à l’époque, avant de voir Little Big Man et après le fabuleux Bonnie and Clyde et sa sound track de légende : Earl Scruggs qui tricote, ça décoiffe autrement que le gentil picking d’Arlo Guthrie.

    Pour tout dire, il m’en est resté une vague impression de mièvrerie et idem quand j’ai eu l’occasion de le revoir bien plus tard à la télé…

    Tandis que Easy Rider, sorti à la même époque, je crois bien l’avoir vu 10 fois.
    ___________________

    Considérations sur la cinématographie de ce temps avec psychosociologie du redneck rural violemment animé de pulsions identitaires et avec armement utile :

    1968 : La Nuit des Morts Vivants… allégorie où l’on flingue l’étrange pour préserver son identité. A la fin le nègre survivant est abattu.

    1969 : Scènes de chasse en Bavière… chronique rurale où l’on traque l’homosexuel qui dérange.

    1969 : Easy Rider… où l’on descend les pseudo-hippies qui font tache dans le paysage.

    Ces trois films sont pour moi une manière de trilogie bâtie sur un même thème… et ils illustrent cette façon qu’avait la société figée de l’époque de refuser l’autre… ou « le différent ».
    J’y ajouterais bien Charles mort ou vif (1970), un film suisse où l’élément dérangeant est un paisible patron de PME qui opère une prise de conscience qui perturbe l’ordre social.
    Mais, dans ce cas et comme l’Helvète est pacifique de nature, on ne lui fait pas la peau en le criblant de plombs mais bien en l’internant à l’insu de son plein gré.

    Cela fait 4 chefs-d’œuvre bâtis autour d’un même thème.

    Je n’y ajoute pas Alice’s Restaurantqui reste pour moi très anecdotique. Mais il en faut bien sûr pour tous les goûts.
    __________________

    P.S : Explication de texte (à l’attention du Brosseur ?) concernant une misérable et vaine vanne traitée façon « fantaisie sémantique » :

    …bien des genres musicaux… Poil aux orteils au zydeco !

    1. « Me courir sur le haricot » c’est comme qui dirait, un peu, me marcher sur les pieds.

    2. En français de France popu’, le haricot désigne aussi l’orteil.

    3. Le Cajun de Louisiane, qui est sans manières particulières, rechigne à l’aspiration du H… Il fait cuire des « zaricots », tout simplement.

    4. En cuisine et en société, il a aussi coutume de s’écrier « Les zaricots sont pas salés ! »

    5. Le personnel créole de l’établissement en est acoustiquement très impressionné et ces « zaricots », par dérive paronymique, deviennent du « zydeco », un genre musical typique de NOLA et qui fait rime avec « genres musicaux ».

    6. Parfois, j’ai un peu honte de moi !… Passer ainsi du piano de cantine à l’accordéon touches piano… Hum!…

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  38. Voyez-vous, TRS, je ne reviendrai pas sur votre intéressant commentaire cinématographique : comme vous le dites si justement, des goûts et des couleurs …
    J’ajoute simplement ceci : on peut aimer un film pour son scénario , sa mise en scène, ses acteurs, sa B.O. etc . mais aussi pour son ambiance, son « message », etc.

    Et on peut aussi entrer en résonance totale avec son héros, au point de croire que le film raconte sa propre histoire …

    Vous parlez assez souvent de vos rencontres féminines… À mon tour : mon Alice à moi s’appelait Michèle. J’en parlais ici.
    You can get anything you want at Alice’s Restaurant!

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  39. TRS
    Ah! Flûte ! Je ne peux pas me retenir : quand vous écrivez « ça décoiffe autrement que le gentil picking d’Arlo Guthrie», je ne peux pas m’empêcher d’y voir un rien de condescendance — voire de mépris.
    Pourquoi faudrait-il à tout prix être « décoiffé » par une B.O. de film ?

    Quant au picking d’Arlo Guthrie , il accompagne la plupart du temps des paroles qui ne sont pas « gentilles» et ça suffit à mon bonheur.

    À propos de ce picking, j’ai eu l’occasion, à l’époque ( 1971 -1973) des concerts donnés au Centre américain de Paris où je venais écouter de parfaits inconnus (à l’époque ) mais aussi Graeme Allwright, d’y rencontrer Marcel Dadi (son maître à lui était Doc Watson, nous a-t-il dit ) J’ai encore son premier vinyle,« La Guitare à Dadi », illustré par Mandryka ( je vous laisse googler , si c’est nécessaire, moi j’ai la flemme).

    Eh bien!, ne vous en déplaise, je préfère le picking d’Arlo Guthrie ou de Dadi à l’accordéon d’Yvette Horner.

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  40. « C’est quand : maintenant ? »
    ( Un Intrus , le 10 juin 2016 à 21:39)

    Figurez-vous, Un intrus, que Nostalgie, je n’ai aucune honte à le dire ( et pourquoi devrais-je en avoir ?) est la radio qui est programmée pour m’accompagner dès que je démarre ma voiture pour me rendre au boulot.

    Pour de longs trajets, je vous rassure, je prévois des CD … de Woody ou d’Arlo Guthrie, de Johnny Cash, etc. mais aussi de quelques interprètes dans bien d’autres genres musicaux .
    J’ai, par exemple, une compil de Dean Martin où on entend ça

    J’ai aussi une compil de Sinatra, de Serge Reggiani et j’en passe et des meilleurs ou des pires.

    Vous aurez compris que je suis très éclectique !

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