les Îles Nuageuses ( répàladev)

Seul TRA a trouvé la bonne réponse à ma question subsidiaire. Qu’il en soit félicité !

L’énoncé en était le suivant :

Il s’agira de trouver le toponyme, purement descriptif, d’un ensemble de deux îles principales dont l’une porte le nom d’un noble militaire et l’autre, celui du bateau de leur découvreur. Elles sont accompagnées d’un couple d’îlots qui porte, lui aussi, le nom d’un noble militaire et d’un troisième îlot, un peu éloigné de l’ensemble, qui a porté plusieurs noms successifs avant de reprendre définitivement celui d’origine qui se rapportait à son utilité pour les marins. D’autres îlots de moindre importance complètent l’ensemble.

Il fallait trouver les Îles Nuageuses, un ensemble d’îles situé dans l’archipel des Kerguelen.

Pour les fâchés avec la géographie, les Kerguelen, c’est là, au milieu de cette carte :

kerguelen

Et les Îles Nuageuses sont ici, en haut à gauche :

carte ker-K100

Il s’agit d’un ensemble d’îles découvertes par Yves Joseph de Kerguelen de Trémadec lors de sa deuxième expédition en 1773  et nommées Cloudy Islands par James Cook en 1776 en raison du brouillard persistant accroché à leurs falaises. Le nom sera traduit en 1894 sur la carte de la Marine.

nuageuses

Cet ensemble est constitué de :

  • Île de Croÿ : nommée en 1773 par Y. de Kerguelen en l’honneur du prince de Croÿ « grand amateur de géographie, qui avait pris beaucoup de part aux soins de ( son ) armement » ;

  • Île du Roland : ainsi nommée le 20 décembre 1773 par Y. de Kerguelen du nom du vaisseau qu’il commandait lors de sa deuxième expédition ;

  • Îles de Ternay : il s’agit de deux îlots baptisés par Y. de Kerguelen en 1773, en l’honneur de  Charles Henry Louis d’Arsac, chevalier de Ternay, capitaine de vaisseau commandant à l’Isle de France ( l’actuelle Île Maurice ) en 1773 ;

  • Îlot du Rendez-Vous : Y. de Kerguelen expliquait que « cette petite île, qui n’est qu’une roche, ( leur )  servait de rendez-vous ou de point de ralliement » en parlant des navires de sa deuxième expédition en 1773. On l’appellera aussi Point de Reconnaissance ou Île de la Réunion mais ces noms seront abandonnés. James Cook le nommera Bligh’s Cap en 1784 en comparant sa forme au bonnet de son second William Bligh, celui qui commandera plus tard le célèbre Bounty. Ce Bligh’s Cap sera traduit Cap Bligh en 1875 par confusion entre cap, « chapeau », et cape, « cap ». Le nom de Rendez-Vous sera finalement rétabli en 1967.

  • Îles d’Après : nommées par Y. de Kerguelen en 1774 en hommage à son ami Jean-Baptiste d’Après de Mannevillette, capitaine de vaisseau de la Compagnie des Indes orientales, cartographe et hydrographe.

fleuron1

Les indices

  • Fog de Radiohead

censé aiguiller vers le fréquent brouillard accroché aux falaises de ces îles, auquel elles doivent leur nom.

Le capitaine Cook, dans son journal manuscrit, nomme l’île Island of Desolation. Ce sont ses éditeurs à titre posthume qui rétablissent le nom d’origine en 1784 en légendant la carte : Kerguelen’s land, called by C. Cook Island of Desolation.

Pour l’îlot du Rendez-vous, tout simplement.

Pour la passe de l’Alouette entre l’île de Croÿ et l’île du Roland.

pano kerg

fleuron1

Patience ! Un nouveau billet est en préparation ( avec sa devinette ). Publication prévue demain en fin de journée.

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Un commentaire sur “les Îles Nuageuses ( répàladev)

  1. Si l’on en croit ce que rapporte le baron Hulot (qui fut, au début du vingtième siècle, secrétaire général de la Société de Géographie), dans un article paru en 1911 dans la Revue des Deux-Mondes, l’archipel Kerguelen ne fut pas toujours considéré comme un des fleurons de l’empire colonial français :

    « Ici [= dans une note de Mc Cormick, médecin de l’Erebus (qui a donné son nom au célèbre volcan de l’Antarctique), un des navires de l’expédition Ross], nous relevons une phrase à retenir : « Sur la grande route de l’Inde et des colonies australasiennes, écrit Ross, à une distance convenable du cap de Bonne-Espérance, les Kerguelen, avec leurs havres sûrs, seraient tout indiquées, par leur position géographique, pour constituer un dépôt de charbon. »

    Cette idée fut reprise, à la fin du deuxième Empire, par une maison anglaise. La demande, régulièrement adressée, en 1868, à notre ministre de la Marine, causa, paraît-il, une véritable stupéfaction. « On fut fort surpris, rue Royale, car on ignorait que Kerguelen dépendît de notre domaine colonial ! On fit des recherches et on retrouva trace de la prise de possession. »

    https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Kerguelen

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