Île de Calypso ( répàladev )

Un Intrus a rejoint TRA dans la découverte de la solution à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver l’île de Calypso sur la Dordogne, dépendant de Carennac dans le Lot.

Séjournant à Carennac en 1694, Fénelon écrivit Les Aventures de Télémaque, un ouvrage didactique destiné à Louis de France dont il était le maitre. Publié à l’insu de son auteur en 1699, ce roman eut un succès considérable en France comme en Europe ( ce qu’on peine à imaginer de nos jours … ) mais il fut considéré en France comme une charge contre le despotisme de Louis XIV et valut la disgrâce à son auteur.

Le succès fut pourtant tel qu’on crut bon de donner le nom d’île de Calypso à l’île de Carennac dont se serait inspiré Fénelon pour décrire l’ île où Calypso reçoit le fils, Télémaque, après le père, Ulysse.

 

(Gustave Larroumet, Marivaux, sa vie et ses œuvres, 1894, p. 393 disponible [archive] sur Gallica ).

Il s’agit là d’un des très rares toponymes issus du nom d’un personnage de fiction, l’inverse étant beaucoup plus fréquent.

Je vous ai naguère fait part de Flin Flon et de Tarzana et quelques années plus tard d’ Olinda. Il y en a peut-être d’autres : si c’est le cas, je vous en ferai part au gré de mes découvertes, mais si vous en connaissez, je suis preneur !

P.S. toponymique : Carennac est un ancien Carennacum, du nom d’homme gaulois Carennus, de Caros, « l’aimé », muni du suffixe possessif –acum : « le domaine de Carennus ».

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Les indices :

  • le tableau de Gauguin :

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La Ronde des petites Bretonnes  était là pour rappeler que le calypso est aussi une danse, originaire de Trinité-et-Tobago. ( et d’un ).

« C’est l’été, les foins, qui viennent tout juste d’être fauchés, en témoignent » : les foins, Fénelon … vous y êtes ?   « Fénelon dérive peut être de « fenal » => « fenier » => « feneron » (marchand de foin) qui pourrait avoir donné par transformation du « r » en « l » => « Fenelon« ». ( et de deux.)

  • le dessin de Willem :

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Un roman-fleuve comme Les Aventures de Télémaque et un fleuve comme la Dordogne. Ben oui, il fallait chercher une île fluviale, cette fois … je ne vous l’avais pas dit ?

  • le buste d’Homère :

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Oui, il fallait être aveugle pour ne pas reconnaître l’auteur de l’Odyssée qui relate les aventures d’Ulysse, le père de Télémaque, retenu, entre autres péripéties, chez Calypso.

  • le couvre-chef :

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Tout le monde aura reconnu le bonnet rouge emblématique du commandant Cousteau qui naviguait sur la Calypso.

25 commentaires sur “Île de Calypso ( répàladev )

  1. Rappelons l’étymologie (fantaisiste) qui voudrait que Lisbonne (Olissipo, onis en latin) ait été fondée par Ulysse, ainsi que la légende qui voudrait que Portugal doive son son nom à Cale (ou Calaïs), l’un des Argonautes,qui aurait fondé Porto (Portus Calaïs ???).

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  2. De tous ces personnages éponymes fantaisistes, mon/ma préféré.e est dame Carcas, qui, à Carcassonne, n »en finit pas de sonner !

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  3. « L’île Robinson Crusoe est appelée Isla Robinsón Crusoe en espagnol. Avant 1966, l’île était appelée Más a Tierra, Más Atierra ou encore Aguas Buenas1 mais le gouvernement chilien la renomme en référence au roman Robinson Crusoé afin de rendre hommage au naufragé Alexandre Selkirk qui a inspiré le romancier Daniel Defoe par son aventure sur l’île. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_Robinson_Crusoe

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  4. OK pour Robinson Crusoe !
    Mais Erewhon est un toponyme dans le roman, pas un personnage! Mais c’est quand même bien trouvé…

    En revanche, on peut rajouter Le Plessis-Robinson dont je parlais à la fin de ce billet

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  5. Au temps pour moi pour Erehwon / Nowhere !

    ———————————————————————————————
    Par ailleurs, on trouve dans les Kerguelen, où nous étions naguère, cinq hydronymes qui doivent leur nom à la « matière de Bretagne » (une des trois sources principales de la littérature de fiction médiévale) et aux opéras wagnériens :

    « Lac Yseult

    Iles Kerguelen – Plateau Central, lac formé par la Grisanche

    Nom donné par Polian et Rens en 1961.

    Référence : croquis du lieutenant Bouchier, 1952, dont toponymie complétée en 1961 par Polian et Rens non éditée et carte de l’IGN au 1/100 000, 1967.

    Explication : Brunehilde, Tristan, Yseult, Parsifal, Lancelot, noms évoquant la légende germanique des Niebelungen, la légende celtique de Tristan et la légende bretonne de la Table Ronde, donnés ici à cinq lacs voisins.

    Longitude : 69° 34′
    Latitude : 49° 22′

    Source : DELEPINE, Gracie : Toponymie des Terres Australes, Documentation Française, Paris, 1973. »

    http://www.kerguelen-voyages.com/consulter/Actualites.asp?LangueID=1&isactu=2&ActuID=3085

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  6. Le village de Galahad, dans l’Alberta, semble devoir son nom à Galaad [fils de Lancelot du Lac et d’Elian (fille du roi Pécheur)],qui est le héros (dans les versions où ce rôle n’est pas dévolu à Perceval / Parsifal) qui découvre le Graal.

    C’est, du moins, ce que laisse penser l’odonymie :

    « Of interest, the streets in Galahad have been given names pertaining to Arthurian legend. The village boasts such thoroughfares as Merlin Street, Sir Lancelot Street (which perhaps not surprisingly intersects with Guinevere Avenue) and King Arthur Street. Mysteriously, street names include « Lady Helen » and « Lady Vivian, » figures not clearly connected with Camelot. »

    [Contrairement à ce que dit l’auteur de la fiche wikipediesque, la reine Élaine / Helen (mère de Lancelot du Lac, dont le nom, qu’il transmettra à son fils, est initialement Galaad) et Viviane / Vivian (la fée, dame du Lac, qui élève Lancelot, lui donne son nouveau nom, puis, plus tard, emprisonne Merlin) sont « clearly connected with Camelot.]

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  7. Bonsoir Leveto,

    Il y a un vrai moment que je n’ai pas causé au micro de VVLT et ça commence à me titiller :

    1. L’autre soir, en voyant le cynisme et cette tortuosité qui vous animent à plein temps, un sentiment d’hébétude Force 5 s’est abattu sur Machincourt.

    2. Je parle maintenant de la désinvolture coupable et du mépris que vous montrez à l’égard des vieilles personnes sérieuses qui avaient confiance en vous, en votre message et votre parole apostolique : -Allez-vous les décevoir encore et davantage?

    3. Je détaille pour ce qui est du simple indice N°1 : « Trois fillettes en sabots de bois inconfortables s’exerçant au laridé de plein air », soit une toile de musée qu’un esprit malveillant voudrait me présenter comme étant une invitation au calypso.

    4. Je dis bien « au calypso », cette danse qui a coutume d’adopter le genre masculin… ainsi que font le tango, le mambo, le boléro, le pogo… entre autres.
    – Faudra donc me rectifier ça fissa, mon garçon !

    5. A ce jeu, lamentable divertissement, vous avez manqué le petit animal qui traîne, relativement face à la fillette du milieu et qui est là pour, à sa façon, lester le propos pictural et lui donner une sorte d’équilibre… Je me comprends, question composition.

    6. En mode « petite vignette », j’y ai d’abord vu un chat, un chat gagné par l’ambiance latino line-dance d’après l’andro, cette autre danse ridicule, pour chapeaux ronds, et qui tourne, elle aussi, au masculin :

    7. En zoomant avant sur l’image, j’ai alors hésité… et s’il s’agissait plutôt d’un chiot ?… Pourquoi pas et qu’importe!… ne soyons pas chien à propos des accommodements de Gauguin… même si j’ai en piètre estime les clébards de compagnie, de toutes espèces et tous les autres aussi, qui n’font rien qu’à errer dans les rues.
    La piste canine serait-elle alors raccord à cette situation ridicule où nous installe le sado-véto du 84 ?…

    -Tout serait-il alors possible avec ce garçon sans principes :

    8. Et maintenant, parlons fenaisons invoquées : – Perso et ayant vécu un moment à Tarlefesse, j’ai une assez claire idée du moment des foins : -La période des femmes va mensuellement à un certain rouge rouge de mon nuancier… et celle des graminées fauchées, plus annuelle au tempo, ne se montre certes pas en «jaune-mayonnaise»…
    D’ailleurs, n’importe quel rural des « territoires' »en sait là-dessus davantage qu’un vétérinaire de ville qui ne connaît plus comment sont alimentés, à l’ordinaire et en couleur bien sentie, la plupart des bestiaux des stabulations.
    Ses caniches à lui ne mangent pas de ce foin là.

    9. On peut pardonner Gauguin et sa palette : – Moi-même, il m’est arrivé (chez les Bretons de bord de mer) de me goinfrer de mayo’ violente avec des crabes tourteaux et autres bestioles comestibles, toutes extirpées de leur milieu aquatique… aucune pourtant qui aurait été pêchée depuis un terrarium… Un privilège que je vous laisse, enamouré Leveto.

    10. Dernière considération, pour simplement faire 10 au compteur : « Pourquoi devrais-je me préoccuper de si misérables affaires alors qu’il est plus que temps pour moi d’être archi-clean, question morale, hygiène et repentances diverses, quand il me faudra me présenter devant saint Pierre ? »

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  8. Merci Leveto d’avoir aujourd’hui repêché mon message d’il y a quelques jours… pour lequel j’avais répugné à lancer un . . . _ _ _ . . . , vu que je ne sais même pas proposer une typographie convenable en morse, cette langue que j’ai pourtant parlée couramment à une époque.
    Mais baste des « ti di di » et des « ta da da » qui devraient se présenter à la même altitude !…

    Il reste que je constate que vous n’avez toujours pas fait l’effort d’aller corriger ce qui me chagrine grave, sous la reproduction pixelisée du tableau de Gauguin.

    Dans mon milieu (et parlant d’une danse exotique), on ne dit pas LA calypso… Jamais, Dieu jamais!… ni d’ailleurs n’y évoquerait-on LA tcha-tcha-cha ou LA be-bop…
    Il en va ainsi ici et c’est une chose grammaticale et genrée admise à jamais, même dans la « variété d’été », celle assaisonnée de fantaisie sémantique : «Campari/ Quand Paris» :

    On s’en ira toute la vie danser le Calypso en Italie
    Et boire allegretto ma non troppo
    Du campari quand Paris est à l’eau

    _______________

    Et quand arrive la saison des foins par chez moi, ce n’est pas le temps de l’été comme votre citation semble le dire. On est plutôt début juin et les andains ne traînent pas longtemps dans le paysage pour de simples raisons météorologiques liées à la siccativité attendue, espérée.

    Dans l’actuelle Bretagne si moderne, on est plus expéditif encore… et la choré’ s’organise désormais avec un sérieux qui provoque l’enthousiasme du balletomane :

    ________________

    Si vous tenez absolument à une Calypso, Leveto, une Calypso qui ne se serait pas sapée en jaune mayo’, choisissez-la plutôt en Rose :

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  9. @ TRS :

    Dans ma Corrèze d’adoption, les foins se déroulaient souvent fin juin voire début juillet — et les moissons rarement avant fin juillet voire début août. Parler de faire les foins « en été » n’est donc pas aberrant.

    Cela étant, dans ma Bretagne de cœur et de vie, je constate que les prés sont fauchés dès mai, au plus tard juin, et que les moissons peuvent commencer dès fin juin, ce qui vous donnerait plutôt raison concernant un tableau situé en Bretagne. Mais… mais n’oubliez pas que la Bretagne est un pays doux et propice aux herbages. De fait, les foins s’échelonnent du printemps à l’automne, avec plusieurs coupes (là où, en Corrèze, nous n’osions qu’un regain en septembre).

    Ma nuance porterait plus sur la couleur que sur la date. L’herbe sèche en donnant une couleur vert-gris, parfois mâtiné de jaunâtre, mais jamais un jaune franc, c’est impossible. Le foin coupé, tout comme les bases de tiges restant dans le pré, sont à dominante grise ou vert foncé passé (si si, foncé et passé à la fois, je ne vois pas comment le décrire autrement). Le jaune franc du tableau ne peut concerner que de la paille, donc les moissons. Donc l’été, de toute façon… mais pas vraiment la fenaison, pas vraiment Fénelon.

    Certains ratiocineurs diront que l’herbe peut devenir toute jaune. Oui, les gazons monospécifiques, lorsqu’ils manquent d’eau (c’est d’ailleurs juste un mécanisme de mise au ralenti, les plantes restant en parfaite santé et reverdissant sans aucun problème dès le retour de la pluie). Mais d’une part ces gazons ne sont pas accompagnés d’andains d’herbe fauchée, d’autre part lesdits andains ne peuvent pas être jaunes, eux (la Bretagne n’est pas la savane africaine, le foin ne sèche pas sur pied), et en outre les prairies agricoles d’alors (fin XIXe) n’avaient pas succombé à l’aberrante dérive des années 1960-1970 vers la monoculture de ray-grass. Or, des prairies complexes jaunissent moins (elles forment un écosystème plus stable).

    Bien sûr, cette critique ne s’adresse pas à leveto, qui n’a fait que citer l’article mis en lien (qui considère par ailleurs l’animal comme étant un chien).

    Quoi qu’il en soit, je vous rejoins sur le masculin qui doit qualifier le calypso, lorsqu’il s’agit du genre musical et de la danse afférente. C’est déroutant, mais la plupart des danses sont au masculin, et même cette musique se référant à une nymphe se désigne au masculin.

    ————

    NB : Comme vous avez parlé de laridé, j’ai eu la curiosité de regarder si l’allure et le pas des danseuses pouvait correspondre. Et mes cheveux se sont dressés sur ma tête.
    Bon, d’abord, ça ne peut pas être un laridé en raison de l’écartement des bras. Je ne vois pas trop ce que cela peut être, sauf à supposer une très grande évolution de la danse concernée en 50 ans (jusqu’aux collectages conservateurs ayant noté des formes orthodoxes supposées immuables), peu crédible vu les descriptions de l’époque, car il n’est guère de danse bas-bretonne autorisant un tel écart des bras. Seule la gavotte pourlet pourrait vaguement être envisageable — ou alors des rondes de Haute-Bretagne, que je reconnais moins connaître (bien que ce soit mon lieu de vie) et qui offrent une grande diversité dont notamment des rondes-jeu où le pas s’accélère et les bras s’écartent.
    Mais surtout, avez-vous remarqué que le pas de la danseuse de gauche est différent de celui de sa voisine ? Sauf à supposer une considérable évolution de la danse concernée entre 1888 et le début du XXe siècle (tellement considérable qu’elle est inimaginable), c’est là une impossibilité. Dans les danses en ronde, tous les danseurs et toutes les danseuses font forcément le même pas au même moment (ce qui n’est pas toujours le cas pour les danses en couple ou en quadrette).
    J’en déduis que Gauguin a peint une danse fantasmée, et non pas représenté fidèlement une scène observée. C’est cohérent avec son point de vue sur la peinture. Mais il faut alors éviter le lyrisme naturaliste dans le commentaire d’un tel tableau (je vise bien sûr ici l’auteure de l’article mis en lien).

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  10. Utilisez la loupe au besoin
    _

    Elles semble être distraites de leur activité par le petit chien qu’elles ont énervé (par leur danse ?)
    Jugez des couleurs à l’aulne des autres couleurs de la palette … utilisée.
    _ps_____________
    La valse

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  11. @ brosseur :

    Merci de cette version grand format.

    En effet, cela peut être des foins. Concernant les teintes du sol, le jeu des couleurs n’est pas totalement conforme, mais Gauguin transforme toujours les couleurs, donc l’abus de jaune-criant au sol (là où il devrait y avoir du vert-gris ou au maximum du jaune-brun) peut s’expliquer par les licences colorimétriques habituelles chez lui. Quoi qu’il en soit, la morphologie des meules à droite et à l’avant-plan, les traces de vert qui s’y trouvent (même si leur dominante jaune est un peu abusive), l’existence d’andains gris à l’arrière-plan (plus conformes à la couleur du foin ayant séché), tout cela confirme qu’il s’agit des foins et non des moissons. OK.

    Pour ce qui est de la danse, le problème va plus loin que la distraction par le chien. Outre les pas non conformes, la position du corps de la fillette à l’avant plan est aberrant. Très clairement, elle « tire » vers sa droite, son mouvement ne peut pas être un mouvement vers la gauche. Or aucune danse bretonne ne se danse vers la droite*, c’est forcément la fillette d’arrière-plan qui mène, et celle de l’avant-plan ne peut se déplacer que vers sa gauche (vers la droite du tableau donc)… et ça ne colle pas avec son attitude corporelle.
    Ou alors il faut considérer que cette fillette est vraiment « fâchée », qu’elle cherche à quitter la chaîne (car il est erroné de parler ici de ronde et il faudrait parler de chaîne). Mais cette hypothèse ne tient pas : regardez bien sa main gauche, c’est elle qui « tient » fermement sa voisine et non pas le contraire. Si elle écarte le pouce, elle lâche — et la main de sa voisine n’est pas en mesure de la retenir.
    Donc la fillette d’avant-plan est clairement dessinée comme « tirant » sa voisine vers la droite, ce qui est clairement impossible pour une danse bretonne. Ajoutons-y les pas divergents (qui ne s’expliquent pas par une envie de quitter la danse puisque, répétons-le, elle n’est pas contrainte vu que c’est elle qui tient sa voisine fermement et non l’inverse), tout cela montre que Gauguin n’a pas pris une scène sur le vif mais a construit un modèle fantasmé. Ce n’est pas un problème, je ne le lui reproche pas. Mais que les commentateurs du tableau évitent d’être hors-sujet.

    * Pour être exact, il y en a une et une seule, mais les bras ne peuvent pas correspondre.

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  12. La correction est faite, merci, TRS .
    Vous aurez sans doute remarqué que quelques turbulences ont perturbé mon emploi du temps ces derniers jours, ce qui explique la rareté de mes interventions et la difficulté à vous répondre, ainsi qu’à Jacques C. et à Brosseur , aussi pertinemment et complètement que je le souhaite.

    À propos de la couleur de l’herbe, je vous rappelle qu’il s’agit d’une peinture et pas d’une photographie : le paysage est peint tel que Gauguin veut nous le montrer, pas forcément comme il est. Pour la saison, les coquelicots aux boutonnières ( si ce sont bien des coquelicots … ) peuvent nous amener jusqu’en septembre, non ?

    À propos de la ronde des fillettes, on peut aussi imaginer qu’elle est en train de se défaire, la fillette de gauche semblant vouloir s’en échapper … Peut-être l’appelle-t-on ? Ça expliquerait sa moue et ses yeux chagrin. En tout cas, la danse est rompue, n’en cherchez plus les pas *. Bon, c’est mon interprétation, qui en vaut bien une autre, non ?

    * « les lauriers sont coupés, nous n’irons plus aux bois », allais-je ajouter … mais ce n’est pas de leur âge.

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  13. J’ai envoyé mon commentaire avant de lire le vôtre, Jacques C.

    Finalement, nous nous rejoignons et sur les foins et sur la ronde.

    Pour cette dernière, je penche pour le fait que la fillette de gauche ne quitte la ronde que contrainte par un appel hors champ. Elle garde la main de sa copine le plus longtemps possible, pour garder la magie de la ronde jusqu’au dernier moment, ce qui « expliquerait sa moue et ses yeux chagrin » *

    * j’adore me citer moi-même!

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  14. >Jacques C

    J’apprécie que les 80% de votre premier commentaire se montrent plutôt raccord avec mon humeur de l’autre jour, techniquement.

    Pour ce qui est de l’aspect traditionnel supposé de la danse – s’il faut toutefois lui accorder une importance alors que Gauguin, sans doute trop fauché, ne s’était pas équipé d’un Nagra de voyage, je me fie entièrement à votre avis… d’autant plus que je n’en ai aucun : les airs à danser des Bretons m’ont toujours semblé assez ridicules… et pourtant j’en ai joués en certaines circonstances.

    Vous me dites qu’il s’agirait d’un chien… ce que semble confirmer le lien du Brosseur.
    Dans ce cas, désormais plus concernés par la science vétérinaire que par la tradition fourragère, il faut considérer les choses plutôt du côté du dessin que de celui de la couleur.
    Et Gauguin serait-il reçu à l’examen d’entrée des Beaux Arts :

    – Chacun peut se représenter le volume occupé dans l’espace par un chiot ordinaire, capable de vadrouiller en compagnie de fillettes âgées de huit ou dix ans.

    – Ce chiot, du strict point de vue de la perspective, s’active à peu près sur le même plan que la fillette du milieu, celle présentée de profil.

    – Dans la vraie vie et pas à Pont-Aven, un tel animal ne saurait présenter un volume largement inférieur à celui de la boîte crânienne de sa petite maîtresse… sauf cas improbable de bambin chihuahua importé. Et là, en s’y prenant bien, il pourrait entrer dans celle de la fillette de l’arrière plan, celle vue de dos.

    – Bref : Gauguin n’est pas sérieux en bien des domaines et il ignore même les canons, sinon réglementaires du moins ordinaires de l’anatomie élémentaire… S’agissant des proportions qui réglementent la représentation du corps humain, si le pubis standard est équidistant du sommet du crâne et de la plante du pied chez une personne adulte et si la distance observable entre le menton et le sommet du crâne vaut pour un huitième de la taille, il n’en va pas de même quand il s’agit de représenter des enfants en pleine croissance. Ceux-là se voient affligés d’autres proportions quant à la tête et à son importance volumétrique représentée. Mais ceci sans exagérer et c’est ainsi (selon mon œil) que je trouve la petite Bretonne qui me tourne le dos bien mal foutue avec sa trop grosse tête.

    > Le Brosseur
    Plutôt que d’avoir des repentirs question conjugaison, veuillez plutôt réviser votre botanique : l’aulne est un végétal tandis que l’aune n’est qu’une affaire de mesure… comme il en va de la toise avec l’anatomie.

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  15. « Wer reitet so spät durch Nacht und Wind?
    Es ist der Vater mit seinem Kind.
    Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
    Er fasst ihn sicher, er hält ihn warm.

    Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht? –
    Siehst Vater, du den Erlkönig nicht!
    Den Erlenkönig mit Kron’ und Schweif? »

    « Qui chevauche si tard à travers la nuit et le vent ?
    C’est le père avec son enfant.
    Il porte l’enfant dans ses bras,
    Il le tient ferme, il le réchauffe.

    « Mon fils, pourquoi cette peur, pourquoi te cacher ainsi le visage ?
    Père, ne vois-tu pas le roi des Aulnes,
    Le roi des Aulnes, avec sa couronne et ses longs cheveux ? »

    « Erlkönig », de Johann Wolfgang von Goethe

    Mis en musique par Schubert.

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