Les indices du 07/05/2019

TRS, une fois de plus, est le seul à être venu à bout de ma dernière devinette dont je rappelle l’énoncé :

Un mot, qui désignait une terre cultivée par rotation mais qui ne figure pas dans les dictionnaires de référence ( Larousse, Littré, Robert ), a été utilisé comme micro-toponyme. C’est le rythme de cette rotation, défini par un nombre, qui, accolé à un terme désignant la terre, a servi à former ce nom.

Quels sont ce mot et ce micro-toponyme?

Trois précisions :

Il s’agit d’un nom écrit en un seul mot désignant une surface agricole cultivée selon un rythme de rotation très habituel.

Ce même nom, avec une erreur d’orthographe due à une paronymie, a servi à nommer d’autres micro-toponymes, d’où une confusion étymologique possible.

La très grande majorité de ces micro-toponymes se trouvent en Beauce et région parisienne.

Un panneau :

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5 commentaires sur “Les indices du 07/05/2019

  1. Contribution bénévole à l’extension du domaine de la lutte pour une réhabilitation du parcellaire des terriers selon qu’il sera considéré d’après ses désignations archaïques :

    S’atteler à un tel chantier réclame une entière abnégation de chaque jour : il n’existe pas de fériés pour un paysan ou un retraité.
    Mais cela leur permet de conserver le moral :

    Le pauvre laboureur,
    Il est toujours content ;
    Quand il est à la charrue,
    Il est toujours chantant.
    (Traditionnel)

    Et puis, comme le pensait un agronome fameux* :

    Aux champs faut labourer, une affaire de sillons
    Au Bal à Bach, faut la Bourrée** (éventuellement sur microsillon)
    Quant à la femme, faut la bourrer aussi (en son sillon mignon)
    If you can te consacrer à tant de labeur
    Then you’ll be a man, my son !

    ___________

    * Il a sa notice sur Wiki… et son portrait aussi :

    ** Illustration sonore :

    Pour le simple fun et l’ambiance qui suivra :

    – Faut-il qu’un retraité, pour se passer le temps, « enfile des perles » ou « en file un rayon » ?… Quand il aime autant les deux et peine à choisir ?

    RAYON
    AGRIC. Sillon de faible profondeur tracé au cordeau sur une planche labourée ou au bord d’une allée, dans lequel on dépose des semences …
    − Expr. fig., pop. En filer, en mettre un rayon. Se dépenser, travailler avec ardeur. Un bled (…) où l’bourguignon en filait un drôle de rayon…
    L’orig. de l’expr. « en filer un rayon » n’est pas clairement établie. Elle se rattache à rayon dans la mesure où le labour d’un sillon représente une quantité de travail, le premier sillon tracé au cordeau déterminant le travail (cf. notes de CARABELLI, [Lang. pop.]: filer un rayon « faire un bon début de travail »);

    (à suivre)

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  2. DEVINETTE ALTERNATIVE :

    Il s’agit d’un nom écrit en un seul mot désignant une surface agricole cultivée (ou non) qui a pu trouver sa raison d’être avec un géomètre antique faisant dans l’approximation descriptive.

    Pour la commodité de la chose, ce mot sera désigné par la lettre X.

    Après consultation via la barre de recherche VVLT, il semble que X n’ait jamais été évoqué par Leveto… ce qui est fort charitable de sa part : – Il en laisse ainsi un peu pour les autres.
    Et pourtant, ce terme X se montre d’une prolixité effarante dans la déferlante de tous ces noms de lieux-dits qu’on pensait inhumés à jamais, oubliés du public, mais qui ressurgissent maintenant, façon zombies pittoresques.

    Pour tout dire, ce terme X m’est revenu en tête avec la réponse à la devinette en cours… à laquelle il fut souvent associé pour de prétendues histoires d’assolement, voire de notaires mais, plus vraisemblablement, de géométrie primitive.

    Précisions :

    1. Le mot X s’écrit en cinq lettres : 3 voyelles et 2 consonnes, ce qui est bien suffisant pour une affaire de modestes sillons.

    2. Il est très agréable à l’oreille pour un garçon comme moi, biberonné aux microsillons.

    3. Il n’est pas admis au CRNTL mais Littré le reconnaît pourtant, en lui donnant un vague sens que je ne partage pas.

    4. Comme dans ce foutoir qu’est la toponymie tout est recevable, une entrée au DMF me propose une variante, exprimée en davantage de lettres.

    5. Une racine gauloise semble envisageable… mais ça c’est pour les spécialistes.

    6. Moi, qui ai le compas dans l’œil et le sens des proportions, j’y vois davantage une affaire de dessin et de carence technique en matière de triangulation.

    7. Les terriers et le cadastre, sûr que ça se ressemble un peu… mais pas tant que ça : d’un côté le suranné du descriptif, de l’autre l’irréfutable sérieux du mesuré.

    8. Bien que le terme X n’ait aucun rapport avec le quantitatif (muid, mine, mesure) ou le chronométrage (journal, joug) il est assez raccord avec la « joualle » et cette notion de sillon avec étroitesse induite.

    9 . Pour se faire une idée de X, il faut donc imaginer une parcelle contemporaine – issue d’une redistribution foncière liée à un remembrement- qui saurait se monter selon une forme quasi rectangulaire et ayant une longueur de 300 mètres pour une largeur de seulement 10 petits mètres. Une configuration improbable… et qu’on appelle chez moi «une queue de remembrement».

    10. A l’occasion de l’une des innombrables «commissions» consacrées à l’élaboration du PLU de Machincourt, mon seul et véritable adversaire politique, un agriculteur de mon âge et maintenant défunt, fut le premier à m’évoquer ce terme X… c’était à propos d’une parcelle à enjeu, très précisément la ZE 73*.
    C’était il y a une dizaine d’années, à cette époque bénie où je n’imaginais même pas que des personnes sérieuses puissent perdre leur temps à de telles fariboles agricoles.
    ____________

    La question est :

    En quelle année a été publié cet ouvrage qui fit date et signé par un personnage qui a compté dans le monde de l’édition, le monde des lettres… et donc celui de la « culture ».
    Pour l’occasion et le public, un pseudo figurait en couverture, avec un patronyme fictif qui reste un parfait homographe de X.

    ____________

    * « Authentique »… et faut-il se montrer désolé de ne plus trouver aux planches cadastrales d’actualité qu’une aride nomenclature codifiée en lettres et chiffres.
    Ainsi, la parcelle ZE 73, comme toutes celles débutant par la lettre Z, montre qu’elle est contenue dans un sous-ensemble de la section E et qu’elle aura subi les effets du remembrement.
    Une parcelle – mettons la B 28, au hasard- sera, elle, restée en l’état et aura conservé son aspect et sa contenance d’avant le remembrement.

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  3. @ TRS

    Merci !
    Grâce à vous, je suis tombé dans le panneau.
    Et pourtant vous nous cantonnez dans un nouveau chantier, auquel je vais tenter de rechercher une réponse :
    à ce rythme-là, je ne ferai pas de vieux os (comme aurait dit Pauline Réage, qui en aurait fait toute une histoire).

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  4. François Hollande avait une devise qui rappelle votre agronome et votre groupe de musique folklorique, quand il voulut quitter la Corrèze pour devenir notre Grand Timonier : « J’en ai trop de Tulle ! »

    ————————————————————————————————————————————-
    1954 : année du début de la présidence du regretté René Coty (un homme moins haut que son successeur, mais sans histoires).

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  5. Bien vu, TRA… et vous prendrez bien une ‘tite charade ?

    Mon premier est un sillon
    Mon second est un élément d’une charrue
    Mon tout est raccord avec le sillon et la charrue

    Comme elle est « vachement » difficile, cette charade, et que je n’ai pas le cœur à infliger le moindre nouveau supplice à vos neurones…

    RAIE − AGRICULTURE
    1. Sillon, tranchée ouvert(e) dans le sol par la charrue; p. méton., chacune des bandes de terre parallèles faites par le labour. Une raie de champ (Ac.). De belles pièces de terre, bien retournées, allongées de tout leur long, les raies bien nettes, sur le coteau (RENARD, Journal,1906, p. 1032).

    AGE, subst. masc.
    TECHNOL. Longue tige centrale sur laquelle sont fixées les différentes pièces de la charrue

    La réponse était donc :

    Réage. n. m. Début XIIe s. Variante : Rayage, Réarge. Latin médiéval riga, qui représenterait le gaulois rica = ligne, sillon. D’abord sillon, tranchée que le soc de la charrue ouvre dans la terre ; en 1690, ligne séparant 2 sillons de la terre que la charrue retourne, et 2 champs. Ensemble de champs parallèles soumis au même assolement, sole de culture : dans le Boischaut et dans la Brenne, on fait 3 réages, les guérets ou terre labourée pour qu’elle se repose, les gros blés ou blés d’hiver, les menus blés ou blés de printemps. Ensemencer les terres suivant les réages ou cotaisons ordinaires sans pouvoir les changer = ensemencer une pièce de terre du champtier, séparées par des chaintres ou sillons, suivant les soles : Terres en plusieurs pièces et réages situées près la rivière du Moulin Guéreau, 3 mai 1792 (A.D. 28-1 Q 5, P.V 153 R, n° 1228. Biens Nationaux). Le champtier beauceron comprend donc un ou plusieurs réages. Synonyme : chantier, raie.

    __________________

    Si maintenant vous aimez les sensations fortes et ne redoutez pas les avalanches de réages, ouvrez donc ce lien, essentiellement consacré aux départements 28, 41 et 45 :

    http://www.denisjeanson.fr/site_toponymie/lettre_r/lieux_rea/reage18a.html

    Je ne sais pas pour vous mais moi, les collectionneurs, ça m’a toujours semblé être des gens bizarres.

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