N’en jetez plus !

Ma journée d’hier ayant un peu débordé de mon emploi du temps habituel, je me suis trouvé fort dépourvu lorsque l’heure fut venue d’écrire un billet de blog et sa devinette associée. Las! Je n’eus d’autre solution que de fouiller dans la chemise cartonnée où je serre quelques feuillets dépareillés sur lesquels je note, quand elles viennent, des idées dont je me dis que peut être un jour je leur trouverai quelque utilité. J’en ai trouvé qui me semblaient constituer une triplette convenable pour faire patienter mes lecteurs. Tout en me félicitant de ce sens de l’anticipation dont je fais preuve en toutes circonstances qui me fait conserver ce que d’aucuns jetteraient sans réfléchir en m’accompagnant souvent de cette exclamation que mon entourage me reproche en général à mauvais escient : « On ne sait jamais, ça peut toujours servir ! », tout en me félicitant, donc, je me mis à les recopier sans me poser plus de questions. Enfin, l’esprit tranquille, avec cette même savoureuse satisfaction du devoir accompli que celle qui saisit le berger ayant rassemblé son troupeau à la nuit tombante, je pus alors me mettre au lit où je dormis du sommeil du juste.

Jusqu’à ce matin.

Ce matin où un de mes lecteurs qui fait rien qu’à m’embêter, TRS, m’a donné une réponse inattendue à la première de ces trois questions. Je fus alors bien obligé de constater que mes questions avaient sans doute été rédigées un peu trop vite : il pourrait y avoir plusieurs bonnes réponses à chacune des questions. J’espérais me tromper, la suite me prouva que non. Complétée par TRS lui-même, enrichie par TRA et Un Intrus puis par LGF, la liste des bonnes réponses s’est allongée au fil de la journée, au point où je me vois obligé de siffler maintenant la fin de la récréation.

Voici donc ces solutions :

■ une cible pour des tireurs :

  • Papegai: autrement orthographié papegaut, papegault, etc. « Oiseau de carton ou de bois peint placé au bout d’une perche pour servir de cible au tir à l’arc ou à l’arbalète.» ( Acad.). Il existe une rue du Papegault à Rennes. ( TRS, Un Intrus, LGF ).
  • Bersaut : autrement orthographié beursaut, beursault, etc. « Cible pour le tir de l’arc ou de l’arbalète » ( dmf ). Il existe une rue des Bersaults à Bousbecque (Nord) et une rue Bersault à Vailly-sur-Aisne ( Aisne) ( TRS, LGF).
  • Cible : avenue de la Cible à Aix-en-Provence, rue de la Cible à Ille-sur-Têt (P.O.) et à Angoulême (Char.) (TRA).
  • Blason : en archerie, une cible s’appelle aussi « blason » mais rien ne dit que les nombreuses rue du Blason lui doivent leur nom. ( TRA ).
  • Tir au Pigeon : de très nombreuses rues portent ce nom comme à Berck (P.-de-C.), Aix-les-Bains ( Sav.), Neuvecelle (H.-Sav.), etc. ( TRA ).
  • Quintaine : « poteau fiché en terre et auquel était suspendu un écu, contre lequel on s’exerçait au maniement de la lance ». Il ne s’agissait pas, à proprement parler d’une cible pour tireurs, mais, bon, tant qu’on y est … Il existe une rue de la Quintaine à Rennes ( I.et-V.), à Montargis (Loiret),  une rue des Quintaines à Romorantin ( L.et-C.), etc … ( TRA ).

■ un dragon en osier :

  • Graoully : parfois écrit Graouli, Graouilly, Graouilli ou Graully  « C’était une effigie monstrueuse, ridicule, hideuse et terrible aux petits enfants, ayant les yeux plus grands que le ventre, et la tête plus grosse que tout le reste du corps, avec amples, larges et horrifiques mâchoires bien endentelées, tant au-dessus comme au-dessous, lesquelles, avec l’engin d’une petite corde cachée dedans le bâton doré, l’on faisait l’une contre l’autre terrifiquement cliqueter, comme à Metz l’on fait du dragon de saint Clément.»  ( Rabelais, Quart-Livre). Il a sa rue à Metz et à Woopy ( Mos.) ( TRA, LGF )
  • Bailla ou Grand Bailla : Le Grand Bailla est un dragon qui fait l’objet de processions. La tradition datant du Moyen Age est aujourd’hui ressuscitée dans la ville de Reims ( Marne ) et au Châtelet-sur-Retourne ( Ardennes) où il a sa rue. ( TRS, Un Intrus ).
  • la Tarasque de Tarascon comme la Gargouille de Rouen, même si elles ont pu être représentées par des mannequins en osier, ont peu à voir avec des dragons ( TRA ).

une porte pour les vaches :

  • Vacheresse : Godefroy fait de « vacheresse » un adjectif et donne la porte vacheresse comme exemple. on trouve une rue de la Vacheresse à Gometz-la-Ville ( Essonne), une rue Vacheresse à Lagny-sur-Marne (S.et-M.) et une rue de Vacheresse à Mittainville ( Yv.) ( TRA ).
  • Bachère : « Dans la Marche limousine, on trouve d’autres termes : entre les poutrelles, un espace d’environ 0,30 m pour le passage de la tête des animaux se nomme Bachèrë ou Coluère » ( à lire ici ). Il ne s’agit donc pas à proprement parler d’une « porte ». On trouve une rue des Bachères à Sambreville … en Belgique, mais pas en Limousin. ( TRS ).
  • Barbacane : « Ouvrage extérieur de fortification en maçonnerie ou en bois, percé de meurtrières, protégeant un point important, tel qu’un pont, une route, un passage, une porte.» Étymologie : de l’arabe vulgaire b-al-baqára, altération du classique bāb-al-báquara, proprement « porte pour les vaches » (parce que la barbacane protégeait une enceinte intermédiaire entre cette fortification et la muraille principale où les assiégés gardaient le bétail). On trouve une rue Barbacane à Carcassonne (Aude) et, avec une altération de l’orthographe, une rue Barbecane à Périgueux ( Dord.) et d’autres. ( Un Intrus )

■ mes solutions :

j’avais noté sur mes petits papiers la rue Bailla de Reims et la rue Barbecane de Carcassonne. Mes lecteurs en ont trouvé d’autres, bravo ! Mais de toutes façons, je m’en fous : j’ai passé une bonne nuit !

« Ah! Mais attendez! », m’interpelez-vous de derrière votre écran ( ne mentez pas, je le sais !), « et votre cible pour tireurs ? ». Ah ! Vous avez mille fois raison, personne n’a trouvé celle-là. Tout était perdu, donc, fors l’honneur !

Il va vous falloir chercher encore, sachant que :

  • datant du Moyen Âge, le nom, en trois mots à l’origine, a été incompris et mis en un seul mot à peu près compréhensible ;
  • une recette royale n’est sans doute pas étrangère à la nouvelle appellation ;
  • la rue et le quartier qui portent ce nom étaient devenus si célèbres qu’une famille de la ville en prit le nom, patronyme toujours vivant de nos jours.

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16 commentaires sur “N’en jetez plus !

  1. Les oiseaux ne sont pas les seuls animaux à avoir donné leur nom à une cible de tir.
    La mouche a aussi, par métaphore, ce privilège : une « mouche » est, plus précisément, le point noir qui se trouve au centre de la cible (d’où l’expression « faire mouche »).

    Or on trouve quelques « rue de la Mouche » (il y a aussi des rues Mouche, mais il s’agit plutôt d’un patronyme, comme celui du fameux Jean-Sébastien Mouche, l’inventeur des bateaux-mouches) : à Irigny (banlieue de Lyon), à Montbéliard (Doubs) et une « rue de la Mouche Louis » à Leyr (Meurthe-et-Moselle).

    S’agissait-il (hypothèse un peu hasardeuse sans documentation) d’une cible destinée à l’entraînement des francs-archers qui, du temps de Louis VII (« le Bien Servi », notamment par une certaine Jeanne … d’Arc) et de Louis XI (« l’Universelle Aragne »), étaient tenus, pour être exempté de la taille, de s’entraîner au tir tous les dimanches (et de partir, en cas de besoin avec les armées du roi, où ils risquaient de subir une autre sorte de taille) ?

    [Les chances que le nom de ce sympathique diptère brachycère,soit la solution de l’énigme (que, à ma grande honte, je ne sais résoudre) étant infinitésimale, je suppose qu’il n’y a aucun inconvénient à faire cette remarque ici en clair (même s’il existe à Lyon un « Quartier de la Mouche »).]

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  2. Vous avez raison, TRS, cette rue de la Mouche n’est pas celle que j’attendais !

    Sans doute peut-on voir dans certaines de ces rues de la Mouche une altération par paronymie de l’oïl muce, muche , « cachette » ( c’est en tout cas l’hypothèse privilégiée par Nègre pour la commune La Mouche de la Manche ). Cf. aussi la célèbre rue parisienne de La Pute-y-Musse devenue rue du Petit-Musc.

    À Lyon, le quartier et la rue de La Mouche doivent leur nom à un ruisseau ..
    Le nom de Mouche donné à quelques ruisseaux pourrait être de même origine que le nom de la Moselle, de la Meuse et du Mouzon, soit de l’indo-européen * meus , « mousse, marais »..

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  3. Mieux vaut TARGE que jamais… et pour ne pas décontenancer, en leurs petits matins douillets, le Véto du 84 et sa BAL, allons blaguer au blog :

    1.La targe (et le pavois idem) d’autrefois, outre leur sens et leur utilité ordinaires, ont désigné des cibles pour archers ludomanes.
    Les vils godons de l’époque, ceux qui n’ont jamais rien fait d’autre qu’à vouloir nous extorquer du territoire et du vocabulaire, en ont fait le mot TARGET (=cible)

    2. Moi, celui qui vous cause, j’ai connu chez mes parents le mot « targette » (en relation avec une idée de verrou et de rondelle à enquiller) bien avant d’aller perdre mon temps d’adolescent au flipper/pinball avec tous ses targets : 20 centimes la partie aux temps du nouveau franc.

    3. Alexandre Dumas, celui dit ‘le Papa’, n’a pas connu le target de flip’… mais il a évoqué l’autre, la cible convoitée par les tireurs :

    Une foule immense, venue des pays circonvoisins, se pressait tumultueusement dans l’enceinte au centre de laquelle étaient placées les targes.
    Une estrade avait été élevée en face du tir.

    4. Les incommensurables occurrences odonymiques du répertoire ont-elles, à disposition du public, une «Rue de la Targe» ? – Va savoir…

    5. A l’instar de TRA, évoquant la mouche, cœur de cible, Dumas cause aussi en mode anatomie zoologique… avec l’œil de bœuf :

    Les trois meilleurs tireurs du Yorkshire s’avancèrent, et d’une main ferme, ils frappèrent le milieu de l’œil de bœuf.
    Ce fut alors au tour des hommes du Nord à crier victoire et à accepter les paris des citoyens de Nottingham.

    6. Je suis parfaitement incapable de dire ce qu’est une « recette royale » à base d’yeux de bovidés… mais, du temps de la Régence :

    On peut imaginer que ces yeux truffés ont été préparés et servis aux soupers fins de Philippe d’Orléans, régent de 1715 à 1723. Dans « Les soupers assassins du Régent »(2008), Michèle Barrière suppose que le chef renommé François Massialot est aux fourneaux et indique plusieurs recettes tirées de son ouvrage « Le Cuisinier royal et bourgeois » (1691). Malheureusement aucune recette d’yeux dans le roman ou dans le livre de cuisine.

    7. Quant à la « rondelle à tirer », il me reste de mon « époque folk’ et trad’ » la fantaisie sémantique d’Angel Carriqui, qui, délicat parolier et archer désabusé, osait déjà dire :

    Moi, j’étais un folkeux,…(« folle queue ? »)
    Tire à la rondelle et rabats ta queue…

    8. Si la cible réclamée par le Big Boss du 84 avait été une simple pomme assujettie en mode crânien, avec suffixe en -gau et à haut risque d’infanticide, alors aurions-nous peut-être eu droit au Tellgau/Tellgovie.
    ____________

    Mais je vois maintenant, rapport au nouveau billet tout frais pondu, qu’il s’agirait d’une affaire de volaille empalée depuis le croupion jusqu’au col, à seule fin de rôtisserie et de comestibilité… à défaut de ‘viser la rondelle’ nous faudra-t-il visiter le ‘cul-de-poule’ ???
    ________________

    NDLR : TRS, en sa modestie légendaire et reprochable, oublie de signaler qu’il a désigné ses terres de Machincourt d’après le groupe Machin et surtout selon Gilles Kusmeruck, aimable multi-instrumentiste, à l’accordéon (comme Aimable) mais aussi habile au violon comme il le fut avec Thiéfaine en ses débuts.

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  4. Il existe à Poitiers une « Tour à l’Oiseau », qui doit vraisemblablement son nom au fait qu’on y pratiquait le « tir à l’oiseau (/ « tir au papegay » / « abat l’oiseau » / « tir du roi »).

    Dans cette ville, une société d’archerie perpétue la tradition, « la Compagnie de Tir à l’Arc de la Tour à l’Oiseau ».
    [Mais l’histoire ne dit pas si le Roy reçoit comme prix un poulet rôti (en d’autres lieu, il a droit à une coupe de vin).]

    https://arc-poitiers.fr/2018/10/19/abat-doiseau-2018-tir-du-roy/

    https://www.communes.com/photo-poitiers,218953

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  5. TRS pas mal la targe et la targette ! Il existe plusieurs lieux-dits nommés La Targette ou La Targerie et quelques Les Targes. Je n’ai trouvé aucune explication à ces noms… Je vois mal le rapport avec un bouclier.

    TRA, les reproductions de dessins ou gravures anciens qui accompagnent le premier lien que vous nous montrez correspondent tout à fait à ce qui a donné le nom de la rue ( et du quartier ) à chercher !

    En suivant des liens à partir de ce site, j’ai eu peur en tombant sur cette page qui recense pas moins de 450 odonymes liés au tir ! Ouf! Ils ont oublié ma rue !

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  6. L’exercice des armes peut nécessiter des structures fixes, ou du moins encombrantes et donc destinées à ne pas être remplacées à chaque exercice (comme nos modernes « pas de tir »)..

    C’était le cas des quintaines, qui, nous l’avons vu, ont laissé une trace dans l’odonymie, et l’on peut supposer que les perches destinées à « l’abat l’oiseau », au haut desquelles le papegault était fixé, restaient parfois en place un certain temps.

    N »a-t-il pas pu en être ainsi avec les cibles (les « blasons »), qui servaient à l’entraînement hebdomadaire des francs-archers (et de leurs successeurs) ? Et celles-ci ne pouvaient-elles pas avoir la forme de boucliers, triangulaires (comme les « écus »), carrés ou rectangulaires (comme les « targes » et les « targettes ») ou ronds (comme les « rondaches », appelées aussi « rouelles »), qui, restant un certain temps au même endroit, ont pu finir par lui laisser leur nom ?

    On trouve, par exemple, une rue de l’Écu à Reims (dont l’origine du nom peut recevoir, il est vrai, bien d’autres explications) ; en revanche, je n’ai .pas trouvé de « rue de la Rondache » ni de « rue de la Rouelle ».

    Le choix du terme (et de la chose) « targe » / « targette » (plutôt que « écu », « rondache » ou « rouelle ») pour désigner une cible est peut-être culturel : par exemple, alors qu’en France, en héraldique c’est un écu qui supporte le blason, c’est une targe qui, dans le domaine germanique a ce rôle.

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  7. Je découvre maintenant que, dans mon message du 12/06 à 12 :12, j’ai oublié de fournir l’illustration témoignant de la persistance de « l’œil-de-bœuf » ( celui visé par Robin des Bois, archer, et évoqué par Dumas) dans les jeux d’adresse contemporains.

    Pure négligence de ma part… Je la répare :

    https://pixabay.com/fr/vectors/oeil-de-boeuf-objectif-arrow-cible-297805/

    Bien sûr, il s’agit de fléchettes et non de flèches… mais qui irait chipoter à propos de telles broutilles ?

    Accessoirement, il existe, dans le Poitou, un « Chemin de l’Oeil-de-Bœuf »

    https://www.annuaire-mairie.fr/rue-champniers-16.html

    – Qu’il ait pu tirer son nom d’une fantaisie architecturale me semble improbable… dans le décor.
    – Qu’il doive ce nom à ce qui a pu correspondre à la ‘mouche’ des cibles, tout autant douteux.
    ___________

    Mais, après tout, j’ai bien dans ma commune une « Tête de Vache », un lieu-dit lui aussi inexpliqué à ce jour.

    Personne du village n’a jamais su m’en fournir une explication sensée, acceptable… et j’ai pourtant connu bien des gensses d’ici qui étaient né(e)s au XIX° siècle et conservaient une certaine mémoire et le sens de la ruralité la meilleure.

    Cette « Tête de Vache » se retrouve dans au moins 7 localités.

    Je crois bien me souvenir que Leveto, à ce propos et d’après la documentation dispo en ses étagères, m’avait suggéré une idée de configuration, d’allure évoquée par les limites de la parcelle.
    Je n’y accorde aucun crédit : – Comment une paysannerie dépourvue de satellites espions (tels ceux repérant l’étendue des jachères obligatoires) ou de drones munis d’une caméra aurait pu se faire un dessin, une représentation… le dessin d’une « tête de vache » ? Vue de face ou de profil ?

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  8. on ne parle pas de vache sur ce site : https://www.etymonline.com/search?q=barbican
    barbican (n.) = « outer fortification of a city or castle, » mid-13c., from Old French barbacane « exterior fortification » (12c.), a general Romanic word, said to be ultimately from Arabic or Persian (compare bab-khanah « gate-house »); from Old Iranian compound *pari-varaka-, from *pari- « around » (from PIE root *per- (1) « forward, » hence « in front of, around ») + *varaka-, from PIE root *wer- (4) « to cover. »

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  9. jsp

    oui, j’avais bien noté que l’hypothèse « porte de vache » donnée par le CNRTL « n’a pu encore être confirmée par l’archéologie ». Mais, faute de mieux …

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