Frioul ( répàladev )

TRS le premier, Un Intrus juste après, sont les deux à avoir résolu ma dernière devinette et ses indices. Bravo !

Il fallait trouver le Frioul ( ou l’archipel du Frioul).

Le nom « frioul » est la francisation du provençal frièu lui même issu du latin fretum , « détroit », après amuïssement du -t- intervocalique.

Frédéric Mistral dans Lou Tresor dòu Felibrige écrit :

Lou port dóu Frièu : le port du Frioul, à Marseille, formé par les îles de Pomègue et Ratoneau, réunies par une digue.

Et on trouve dans le Gaffiot :

frĕtum,i, n., détroit, bras de mer.

C’est donc bien le nom du détroit, en latin, qui a donné le sien au Frioul.

Les îles du Frioul ont droit à leur page wiki, bien entendu, mais aussi à un billet sur … mon blog datant de moins de deux ans ( ce qui explique que je pensais cette devinette « trouvable » et que je m’attendais à des réponses plus rapides !).

Et maintenant, les indices

■ l’homonyme :

Frioul est aussi le nom d’une région italienne qui correspond aux provinces actuelles d’Udine, de Pordenone et en partie de Gorizia. Dans ce cas, le nom est issu du latin forum Iulii, soit le « forum des Jules ( César ? ) ». Cette même forme a donné son nom à la varoise Fréjus.

■ le bon mot attribué à Clémenceau :

Félix Faure étant mort à l’Élysée dans les circonstances galantes que l’on sait, les chansonniers en firent, si j’ose dire, des gorges chaudes et attribuèrent à Clemenceau ce bon mot : « Il voulait être César, il ne fut que Pompée ! ». Je faisais allusion à la guerre civile de César et notamment au siège de Marseille pendant lequel la flotte de César se protégea des Marseillais acquis à Pompée derrière Ratonneau et Pomègues. Cet épisode est aussi à l’origine d’une fausse étymologie de Frioul : certains érudits ont voulu voir dans ce nom une corruption de fretum juli, le « détroit de Jules ( César ) ».

■ l’écu :

Il s’agit des armoiries des ducs de Berry. Elles faisaient référence à Charles-Ferdinand d’Artois, duc de Berry. La digue qui relie Pomègues à Ratonneau, construite sous Louis XVIII en 1822, porte le nom du duc, assassiné à Paris deux ans plus tôt.

■ le tarot :

Il s’agit d’une lame du tarot de Marseille. Et, si ça ne suffisait pas, j’ai choisi le numéro XIII, comme celui du département des Bouches-du-Rhône. Et la mort ? Ben, rien, … fausse piste.

■ un tableau :

Philippe Rousseau (1816-1887 ), « Le rat qui s’est retiré du monde », 1885 Lyon, Musée des Beaux-Arts.

Des rats : pour Ratonneau …

■ un autre tableau :

Paul Cézanne ( 1839-1906), « Pommes vertes », 1872, Paris, musée d’Orsay.

Des pommes : pour Pomègues …

■ une chanson:

De Nantes à Montaigu : pour la digue du Berry … ( et pour vous égarer un peu, aussi …)

■ un dernier tableau :

Vincent van Gogh ( 1853 – 1890), « Tronc d’un vieil arbre d’if « ,1888, Londres, Helly Nahmad gallery.

Un if … pour le château d’If, une des îles du Frioul.

12 commentaires sur “Frioul ( répàladev )

  1. Confession d’un ‘Rural Picard’ qui n’aura triomphé de l’épreuve infligée par le Sado-Véto que grâce à la contribution de Jacques C, un censé Breton inopiné… tandis qu’il évoquait innocemment le Vieux Port et son folklore à la con, si touristiques.

    L’Intrus, duelliste valeureux et estimé, aura peut-être tiré profit d’autres indices, misérables en leur facture et abandonnés à vil prix par qui l’on sait.
    ______________

    Quoi qu’il en soit, l’heure est venue pour moi de renouer avec le sérieux des choses toponymiques… et avec prévention quant à l’effarement qu’elles pourraient offrir en spectacle.
    ______________

    Il s’agira donc de découvrir un mot de 7 lettres que Nous désignerons selon le pseudo de TRUC.

    1.TRUC, ce mot ordinaire, apparaît au moins une cent-vingtaine de fois dans un certain fichier – à Nous disponible- et consacré aux lieux-dits innombrables et fantasques de notre bel hexagone… Il y figure à proportions quasi égales entre la forme TRUC et la désignation LA TRUC.

    2. Ce mot, dont on pourrait facilement penser, d’après ce qui précède, qu’il n’appartient qu’au genre féminin, est connu du CRNTL selon deux acceptions A et B, l’une au féminin et l’autre d’un genre plus relevé.

    3. Une TRUC fut une sorte de vieux bâtiment tout pourri, réformé et réaffecté en asile de nuit pour SDF en attente d’embarquement. Cet antique caractère hospitalier lui a ensuite servi à nommer une sorte d’Auberge de Jeunesse, établie sur la terre ferme, cette fois-ci, et accueillant des voyageurs particuliers : pas des «voleurs de poules» itinérants mais d’autres… plus honnêtes et ayant le sens de la «valeur travail».

    4. Cette TRUC, ayant viré au masculin, est devenue, au CRNTL, un ingrédient ordinaire qui tire son nom d’une dérive toponymique et exotique.

    5. Est-ce que ce CRNTL est un ‘dictionnaire de référence’ ?… On en doute ici quand il néglige de considérer le mot TRUC comme un adjectif, variable en genre et en nombre.

    6.Témoignage :

    Moi, tandis que j’étais encore un tout petit garçon rural élevé par sa maman Made in Normandy – celle-ci davantage amie des bêtes que tendre avec ses rejetons mâles – je ne connus le mot TRUC que sous la forme d’un adjectif lié à un animal… comme on dit un basset ‘artésien’, un chat ‘siamois’, par exemple… ou encore un poulet ‘basquaise’, soit des adjectifs qui manifestent fort une origine toponymique.

    7. Il en va de même ici : le mot TRUC, en dépit du CRNTL, sous-informé des réalités zoologiques, existe en nos campagnes rurales et je l’ai en tête à jamais… même si la bestiole, sous-dimensionnée, n’a sans doute jamais assuré les revenus confortables d’un vétérinaire de ville.

    8.La TRUC antique et établie en bord de mer a dérivé jusqu’à des rivages éloignés. Elle a ainsi servi à désigner une ville qui compte aujourd’hui environ 70.000 habitants, tous éloignés de moi par 7.000 km… Ce qui n’est pas la porte d’à côté d’un casanier.

    9. La ville TRUC, juste retour des choses, est devenue le titre d’une chanson du répertoire, à caractère «Apache Anarchiste violent» et dont on ignore qui l’aura signée. Une affaire de prostituée saignée assortie d’imprécations vigoureuses au tempo.

    10. Dans ma quête incessante de la ‘Vérité toponymique’, avec tout mon sens des réalités rurales de terroir, je n’arrive pas à imaginer comment le simple mot TRUC en est arrivé à tant de fécondité.

    ____________

    Après m’être montré si prolixe, me faut-il maintenant délivrer des indices annexes?

    -Soit… et ils seront alors raccord avec cette PACA qui m’attend incessamment malgré toute la dépravation et le vulgaire de ses mœurs :
    – Dans l’un des départements qui composent cette entité territoriale, les bourres ont jugé bon d’embastiller une œuvre picturale* de première bourre**.

    _________

    * « œuvre picturale » est là pour reprendre les termes du Véto quand il cause « peinture à la wouaïle » ou d’autres techniques qui lui sont étrangères.

    ** La « première bourre » ne sera en réalité que la seconde pour tous ceux qui ont déjà eu vent de Clovis Trouille, un ‘pictural Picard’.
    _________

    Questions :

    Q1 : Quelles sont les 7 lettres réclamées et qui désignent tant de choses à la fois : un bâtiment ruiné, un accueil pour drunken sailors issus des rades, un établissement honnête et à caractère professionnel, un toponyme fameux et un animal choyé par ma maman à moi.

    Q2 : Pourquoi ce simple mot figure-t-il sous tant d’occurrences microtoponymiques inexplicables ?… Leveto et ses dictionnaires de référence le savent peut-être ?

    Q3 : Pour les plus fortiches d’entre ceux qui errent ici : – Il existe, dans une petite ville de Normandie, une voirie en impasse désignée ainsi :

    Rue du MACHIN de TRUC

    Et là, le terme MACHIN désigne l’une des désignations antiques du parcellaire d’antan… ambiance MUID, BONNIER, MESURE et CHAMPTIER… etc.

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  2. TRS

    Merci de vous occuper de mes lecteurs !
    Le temps me manque en effet pour me mettre sérieusement à écrire un nouveau billet. Peut-être demain …

    PS réponse envoyée par mail.

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  3. Puisque TRA vient de se poser sur la marche restée libre du podium, il est temps d’en finir : – Remise de peine générale !

    Tout d’abord, un petit merci à ce TRA qui m’a fait réaliser qu’un ‘quarryman’ travaille dans la pierre tout comme un pensionnaire de Cayenne occupait son temps libre à casser du caillou.
    Quant au « morceau » de Paul, sûr qu’il ne casse pas trois pattes à un canard.

    D’ailleurs, le canard n’a rien à faire en cette affaire tandis que la poule, oui.
    Je parle évidemment de cette ‘poule cayenne’, celle qui faisait l’objet d’attentions particulières de ma carne de mère.
    Comme le terme « cayenne » est un adjectif entré dans l’usage et dans les poulaillers, le public mérite de savoir que j’avais aussi, dans mon paysage de gamin, un ‘coq cayen’.

    Dire maintenant s’il chantait à des heures indues… ? Je ne sais plus.
    Interroger ma mère à ce sujet… ? Opération vouée à l’échec : la vioque est devenue sourdingue mais, restée vieille coquette, elle se refuse à porter son sonotone de luxe.
    ______________

    Bref et hélas ! aucun des ‘Trois Valeureux’ n’aura pourtant su calmer mes attentes : – Pour quelle raison le terme CAYENNE est-il associé à tant de lieux-dits, en des endroits qui n’ont rien à voir avec l’un ou l’autre des sens possibles du mot, dans des départements sans façade atlantique et concernant des parcelles inconstructibles.
    Puisque la ‘Toponymie en marche’ est cette science qui admet les plus charmantes supputations, j’imagine que la cayenne de terroir, à l’instar de la garenne pour lapins, a pu désigner l’accueil proposé aux cailles de passage.

    Témoignage :

    Au temps béni des seventies, TRS avait la fibre trad’ et l’oreille encore en état de marche… et maintenant lui reviennent en mémoire les premiers mots d’un chant célébrant la gallinacée de petit format.
    Et ça faisait: «Ô caille, jolie caille, où t’as ton nid ? », a capella et sur un tempo de bourrée.
    Etait-ce Emmanuelle Parrenin ou Catherine Perrier… le pauvre ne sait plus, il a tant bu depuis.

    Tout le blablabla qui précède ne saurait pourtant me dispenser d’avoir à faire un effort pour la déco’ :
    Voici donc « l’oeuvre picturale »:

    La « question subsidiaire », relative à une voirie urbaine au nom improbable et sise in Normandy ?

    Voilà :

    Et voilà qu’on assiste maintenant à une sorte de concupiscence incestueuse où deux toponymes frères et sœur se retrouvent en leurs ébats : Argentan, le Normand, et L’Argentière-la-Bessée, la pas Cayenne la Pacaïenne, là où fut saisie « l’œuvre picturale ».
    ___________

    Il reste, à ceux pour qui la toponymie en tous ses états ne rime pas forcément avec satiété et indigestion, un moment de bord de mer, sea, sex and sun… ou presque :

    https://books.openedition.org/enseditions/1675?lang=fr

    P.S 1 : Voir avec Sanseverino pour la reprise de Cayenne

    P.S 2 : Leveto me dira si j’ai assez occupé le terrain, le temps de cerveau disponible de sa clientèle.
    Il me dira aussi combien il me doit –chèque CESU accepté- pour la prestation.

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  4. TRS

    votre commentaire s’est retrouvé sans prévenir « en attente de modération ». Le voilà donc désormais sorti des oubliettes et « approuvé » par mes soins.

    Puisque vous avez obligeamment donné la réponse à votre devinette, je me sens autorisé à publier la « répàladev de TRS », un billet que je suis tranquillement en train de mettre au point et qui devrait voir le jour avant la tombée de la nuit — ce qui, vous l’avouerez, ne saurait tomber mieux.

    P.S. pour la « modération » de votre commentaire, vous me devez exactement la même somme que celle que je vous dois pour avoir diverti mes lecteurs : voyez comme ces choses-là sont bien faites … Nous sommes quittes.

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  5. Je connaissais les Cadiens / Cajuns de Louisiane, mais pas les Cadiens / Cadiennes (signalés par brosseur, qui m’a donc devancé et me rétrograde à la quatrième place), habitants de Havre-Saint-Pierre (Côte-Nord, région du Québec), Bonaventure (Gaspésie) et, on se demande bien pourquoi, d’Osne-le-Val (Haute-Marne).

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  6. Leveto nous en dira plus ; mais,, au doigt mouillé, je ne serai pas étonné si l’on trouve quelque chose du côté de « cabane », « cahute » ou de « quai » et de « chai » (ou tout cela réuni).

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  7. De fait, je suis fâché avec le décalage horaire (surtout sur les trajets transatlantiques.

    Mais cela ne permet pas de savoir pourquoi nos cousins communs acadiens ont pu donner leur nom aux haitants d’Osne-le-Val (à moins que leur nom vienne tout bêtement de ce qu’ils habitaient des cayennes).

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