Du céleri et d’autres raves

À la demande générale ( mais surtout d’Hervé *), voici un petit billet consacré aux raves, sachant que sous ce terme peuvent se cacher plusieurs plantes potagères cultivées pour leur racine comestible. Je ne prétends pas être exhaustif : si vous avez d’autres idées, n’hésitez pas !

Rave :

Rapaggio ( Rapaghju, en H.-Corse ) est issu du latine rapa, « rave » et du suffixe –arium. Le même rapa, avec le suffixe –alem, a donné Rapale (H.-Corse ). Ravenel ( Oise ) semble être un dérivé de l’ancien français ravene, « rave, raifort ». Raves ( Vosges ) pourrait être directement issu du nom de la plante.

Rapaggio

Les autres noms de communes ressemblants sont par contre de faux-amis comme les Ravel ( P.-de-D.) et Revel (H.-G., Isère, Alpes-de-H.-P. ) qui sont dérivés de l’ancien provençal revel, « révolte, rébellion » appliqué à un château. Ravières ( Yonne ) est un ancien Ribarias ( 721 ), du latin riparia, « bord d’un cours d’eau, rivage, pays environnant le cours d’eau », à rapprocher des nombreux Rivière (s). La Ravoire ( Sav.) est un ancien Ravoria ( 1414 ) du latin roboria, « bois de chênes » à rapprocher des nombreux Rivoires. Dans ces deux derniers cas, l’attraction de ravière, « lieu planté de raves », a certainement joué un rôle. Rave (s) et Ravière (s ) ainsi que des Champs, des Prés, etc. de Raves ou de Ravières sont attestés en tant que micro-toponymes à de nombreuses reprises sur tout le territoire.

Betterave :

Une seule occurrence : La Betterave à Famars dans le Nord. Et un Arbre des Betteraviers flamands à Livry-Louvercy ( Marne ).

Navet :

Nabinaud ( Char.) et Nasbinals ( Loz.) sont des dérivés du latin napina, « champ de navets ». On trouve quelques micro-toponymes Champ Navet ( St-Rémy-en-l’Eau, Oise ), champ aux Navets (Han-lès-Juvigny, Meuse ) et des Navetières ( Aisne, Somme, Oise ) que l’on peut sans doute rattacher au navet. Les autres toponymes ressemblants comme Naves ( Allier, Ard., Corr., Sav.,H.-Sav.) sont issus du pré-celtique nava, « plaine, plateau » et les micro-toponymes du type Nave, Navet (s ), Navette (s ) sont peut-être dans le même cas.

Notons que les Cinéastes à Épinay-sous-Sénart ( Essonne ) ou la pointe des Cinéastes dans le massif du Pelvoux (H.-Alpes ) ont, en principe, peu à voir avec les navets.

■ Céleri :

Appietto ( Corse-du-Sud) est la seule commune française à porter un nom dérivé de celui du « céleri » ( latin apium et suffixe collectif -etum ), comme « Sélinonte ou Sélinous (grec Σελινοῦς, latin Selinus, italien Selinunte) ( … ), une ancienne cité grecque située sur la côte sud de la Sicile » vue dans le billet cité plus haut. Quelques micro-toponymes peuvent aussi lui être rattachés : des Céleri ( s) équitablement distribués sur le territoire, les Prés Céleris (à Lemuy, Jura) et un Célerier ( à Pineuil, Gir.).

Là aussi, les faux-amis sont possibles. Avec une possible erreur d’orthographe, il a pu y avoir des dérivés de celle, « cellule de moine, petit monastère ». Le cellier du château ou du monastère était aux mains d’un celerier ou célerier qui a pu devenir anthroponyme et toponyme. Enfin, comme à Saint-Célerin ( Sarthe ), le nom de Serenicus, diacre du diocèse de Séez au VIIè siècle, a pu devenir nom de personne et de lieu. C’est le cas, par exemple, pour la famille des Céleri d’Allens. D’autres toponymes peuvent être dérivés des nom d’homme latin Appius ( comme Appy en Ariège ) ou Appinus ( Appinac dans la Loire ), des noms d’homme germanique Appo, scandinave Api, etc., et se confondre avec d’éventuels dérivés du latin apium pour « céleri ».

Le céleri des marais ou ache a donné son nom à Acheux et Acheux-en-Vimeu ( Somme ) d’après le nom latin apiosum, « lieu planté d’ache ». Notons que les Achères ( Cher, S.-et-M.,E. et-L., Yv.) sont d’anciennes apiarias ( villas ), « ( fermes ) aux ruchers ».

■ Choux :

La Chapelle-aux-Choux ( Sarthe ) d’abord Cappella olerum ( XIIIè siècle ) puis Cappella caulium ( XIVè siècle ) puis Val des Choux en 1624 doit bien son nom au chou. Les autres toponymes en Choue ( L.-et-C.) et Choux (Jura, Loiret) sont pour la plupart issus du gaulois cava ayant donné chouette, choucas…

Caulières ( Somme ) est tout simplement le pluriel de caulière, « lieu planté de choux », nom que l’on retrouve dans quelques micro-toponymes comme la Caulière , les Caulières et d’autres.

Si les raves sont rares en toponymie, ils n’en ont pas moins une certaine importance en héraldique ! Qu’on se souvienne par exemple de la commune de Rabastens. Ce village tarnais est bien connu des toponymistes : feu le chanoine Ernest Nègre y a consacré sa thèse de doctorat. J’y ai quant à moi modestement consacré naguère un billet entier où on voit que son blason parlant est formé sur un jeu de mots où rabos tres, les « trois raves », est mis pour Rabastens.

Dans la Beauce, région agricole s’il en est, Pithiviers-le-Vieil ( Loiret ) se blasonne ainsi : D’argent à la gerbe de blé d’or en chef à dextre ; à la betterave au naturel feuillée de sinople en barre en chef à senestre ; à l’épi d’orge feuillé aussi de sinople, en bande en pointe à dextre ; à l’épi de maïs aussi d’or, feuillé aussi de sinople en barre, en pointe à senestre ; au chef ondé de gueules soutenu d’une divise ondée d’azur.

Dans les Pyrénées-Orientales, la commune de Pia a un blason de gueules à la bande d’or accompagnée de deux pieds de céleri arrachés du même. Pourquoi le céleri ? il s’agit d’un blason parlant formé sur le nom catalan api du céleri ( latin Apium latifolium ) correspondant peu ou prou à l’ancien nom Apià de la commune. Pia est en réalité une ancienne villa Appiano ( Xè siècle ) dérivée du nom d’homme latin Appius accompagné du suffixe -anum.

Ce billet ayant été plus long que prévu à écrire, je n’ai malheureusement pas eu le temps de concocter une devinette adéquate et vous m’en voyez désolé.

Sauf à vous parler d’une plante potagère herbacée proche des précédentes mais dont on ne consomme pas la racine mais les feuilles. Elle a donné son nom à une commune française qu’il vous faudra trouver.

Avec cet indice :

Dernière précision : ma semaine prochaine étant réservée à l’accueil estival annuel d’un couple d’amis, ma présence devant l’écran risque de n’être qu’épisodique. En conséquence, il n’y aura vraisemblablement pas d’indices du mardi … mais peut-être interviendrai-je d’une manière ou d’une autre. En tout cas, la boite leveto@sfr.fr reste ouverte.

*C’est de l’humour, Hervé!

16 commentaires sur “Du céleri et d’autres raves

  1. « C’est de l’humour, Hervé! »
    C’est bien ainsi que je l’ai pris.
    Double étonnement: j’apprends le sens de Sélinonte sur les lieux mêmes tandis que vous publiez des articles consacrés aux plantes. Mon téléphone, seul lien en vacances, est pratique pour lire mais pas pour écrire un post.
    Merci pour ce complément d’informations.

    J'aime

  2. Dommage que la « Tuber melanosporum » ne soit qu’un tubercule et n’aie pas de feuille. Comme gros nez rond, ça le faisait bien.

    J'aime

  3. Rien à voir avec le sujet.

    Mais la mort tragique du maire de Signes permet de découvrir les belles « armes parlantes » de la commune (dont les habitant portèrent jadis, si l’on en croit WP, le doux nom de « Estrangle évesque ») : « de gueules au cygne d’argent ».

    J'aime

  4. Une seule occurrence : La Betterave à Famars dans le Nord.

    Et le 62, il sent le pâté ?
    ______________

    Dans la charmante localité de Longuenesse, il advint qu’un jour une activité consacrée à la valorisation de la betterave sucrière s’y installât.

    C’était une râperie* et c’était suffisant pour que la populace locale, si prompte à la désignation des coinceteaux qui la concernaient, la désigne sous le terme « LA BETTERAVE » ».

    Le souvenir en est conservé aux fichiers de Stool Pigeon et, maintenant, c’est devenu, au répertoire des voiries fréquentables de la commune et odonymées : LA BETTERAVE

    https://www.meilleursagents.com/prix-immobilier/longuenesse-62219/rues/

    __________

    * Dans le même ordre d’idée, quand j’étais encore un petit garçon, il existait une féculerie là où vivaient mes parents.
    Ce genre d’activité a maintenant disparu de mon paysage mais Stool Pigeon me dit que 15 localités honorables ont fait de cette ‘féculerie’ un lieu-dit admis.

    J'aime

  5. Je ne prétends pas être exhaustif : si vous avez d’autres idées, n’hésitez pas !
    _______________

    Si le champ des possibles est ouvert, je m’engouffre alors dans celui des naviots, avec Gaston Couté, ce ‘gâs qu’a mal tourné’ :

    https://fr.wikisource.org/wiki/La_Chanson_d%E2%80%99un_gas_qu%E2%80%99a_mal_tourn%C3%A9/Le_Champ_de_Naviots

    Extrait :

    J’en ai-t’y vu d’pi l’temps que j’pioche
    J’en ai-t’y vu d’ces entarr’ments
    J’ai vu passer ch’ti du p’tit mioche
    Et ch’ti du vieux vieux d’quateur-vingts z’ans
    J’ai vu passer ch’ti d’la pauv’ fille
    Et ch’ti des poqu’s z’aux bourgeoisieaux
    Et ch’ti de ceuss’ tout’ ma famille
    Qui dorment à c’t’heure dans l’champ d’naviots*.

    Et le Champ-des-Navets, c’est un quasi toponyme.
    Sûrement plus qu’un arbre à valeur symbolique ajoutée, planté par des Wallons en souvenir de bineurs de betteraves.
    Dans de telles conditions, la « Statue de la Liberté » serait aussi un toponyme ?

    Bref :

    https://fr.wiktionary.org/wiki/Champ-des-Navets
    __________________

    * Brassens, un garçon fameux qui a beaucoup chanté les cimetières et les funérailles, n’a pas hésité à reprendre le terme « Champ de navets » en lui donnant le sens d’un espace, non pas agricole mais funéraire :

    C’est une erreur mais les joueurs d’accordéon
    Au grand jamais, on ne les met au Panthéon
    Mon vieux, tu as dû t’contenter du champ de navets
    Sans grandes pompes et sans pompons et sans ave…

    Et aussi dans Le Revenant et Les Quat’ ZArts
    Sans compter que le Pauvre Martin m’a souvent paru être une resucée habilement manigancée des trémolos du Beauceron alcoolique.
    ___________________

    Pour le plaisir de pouvoir goûter aux raves et choux occitans, ambiance fin de vie et promesse d’inhumation à la cave :

    Se sias (Se n’es) malauta digas-o
    Te farai un potatge (una alhada).
    Amb una raba, amb un caulet
    Una lauseta magra.
    Quand serai mòrta enterratz-me (rebomb-me)
    Al pus fons (Al prigond) de la cròta (cava)

    J'aime

  6. _____extrait_______
    « Car ici, quoi qu’on dise, on ne le dit pas; ou alors à moitié ou au tiers, et dans le mots qu’on veut. Or Dieu sait s’il en existe, des mots, dans ce latin feuillu, autant que de pommes au pays d’Auge : plus de trente pour un champ selon que plat ou pentu, amendé ou en friche, clos, ouvert, herbu, sablonneux, littoral, dans les terres, planté de blé, chanvre, lin, navets, choux ou cerisiers… D’après le grammairien Viciot, la catégorie du substantif perd sens chez le Normand, qui inverse la substance et l’accident donne en somme aux noms la valeur d’adjectifs. »

    Chacun son tour
    De Gaspard-Marie Janvier (p. 132)

    J'aime

  7. LGF
    Nombreux sont les toponymes comme les Truffières, les Rabassières ou les Rabasses ( nom occitan de la truffe ), en effet.

    TRS

    dans mon fichier IGN et dans Géoportail, je ne trouve qu’une seule occurrence pour La Betterave ( à Famars, 59 ) ; la rue La Betterave de Longuenesse (62 ) n’y est pas mentionnée, voilà tout.

    L’Arbre des Betteraviers Flamands n’était donné ici que pour mémoire : je précisais bien que « la betterave » ne fournissait qu’un seul toponyme.

    Pour ce qui est des navets et plus particulièrement des Champ(s) de Navets , je ne pouvais pas tous les citer !

    Brosseur

    merci de partager cet extrait.

    J'aime

  8. Notons qu’il existe une « rue des Betteraves » à Anderlecht; en Belgique.

    Le nom de cette localité pourrait venir du marube, plante antitussive et antiulcéreuse, qui entrait aussi dans la composition de la thériaque.

    https://www.google.fr/maps/place/Rue+des+Betteraves,+1070+Anderlecht,+Belgique/@50.8213982,4.2562839,17z/data=!4m5!3m4!1s0x47c3c6e312ea5209:0xf032df39fbbe3a3!8m2!3d50.8216558!4d4.2591753

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Anderlecht

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Marrube_blanc

    J'aime

  9. >Leveto

    Je parlais bien d’un lieu-dit LA BETTERAVE, en 2 mots, même s’il existe une voirie reprenant ce terme à Longuenesse (62).

    Le fichier que, par familiarité, j’appelle Stool Pigeon, me semble être parfaitement fiable : il sait 121 lieux-dits à Machincourt, dont 8 ou 10 dont je crois bien n’avoir jamais entendu parler. Je confirme tous les autres.

    Evidemment, un tel recensement ignore la quantité invraisemblable de rues, ruelles, allées, avenues, boulevards, impasses… dont l’entretien ruineux est à la charge de la commune.
    Il en va idem pour les communes voisines, celles que je connais bien.

    Pas d’odonymes recensés et donc, quand j’évoque LA BETTERAVE à Longuenesse, il ne s’agit que du lieu-dit.

    __________

    Une chose qui m’étonne :

    MACHINCOURT : 121 lieux-dits pour 916 ha
    ORANGE (84) : 138 lieux-dits pour 7.420 ha

    Ce qui revient à dire qu’un lieu-dit de chez moi vaut pour environ 7,5 hectares tandis qu’en PACA, il peut représenter (en moyenne) plus de 53 ha, une superficie bien supérieure à celle du Vatican.

    Est-ce la paysannerie du Vaucluse qui voyait vaste ou celle de chez moi qui avait grand sens de la précision ?…
    __________

    Rien à voir (et très en retard) :

    Il y a quelque temps, il vous avait été impossible de trouver un LA BRANLETTE qui soit situé dans une contrée raccord : proximité du Léman et d’Excenevex, paysages haut perchés des Alpes françaises….etc.
    On trouve pourtant un LA BRANLETTE à Mieussy (Haute-Savoie).

    J'aime

  10. Par ailleurs, il existe une rue de la Branlette à Saint-Jean-Port-Joli, au Québec (où l’hiver est long et les distractions rares). Elle est adjacente à la rue de l’Église :

    https://www.google.fr/maps/place/Rue+de+la+Branlette,+Saint-Jean-Port-Joli,+QC+G0R+3G0,+Canada/@47.2075896,-70.2605802,17z/data=!3m1!4b1!4m5!3m4!1s0x4cbed96da89c2127:0xce6d3f3c9593867b!8m2!3d47.2075896!4d-70.2583915?authuser=0

    https://www.journaldequebec.com/2018/08/30/on-pourra-acheter-la-rue-de-la-branlette

    Faut-il, pour y aller passer par le détroit des Fesses Serrées (connu apparemment sur Wikipedia des seuls Suédois) ? [Sur la Rivière-aux-Outardes, dans le comté de Manicouagan.]

    https://sv.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9troit_des_FessesL'outarde_Serr%C3%A9es

    [L’outarde aurait-elle quelque rapport, zoologiquement parlant, bien sûr, avec la « petite oie » ?]

    J'aime

  11. TRS, TRA et les autres :

    Le problème avec la dénomination « lieu-dit » est que personne ne semble bien d’accord sur la définition. Cela semble pouvoir s’appliquer à à peu près tout : du hameau ( ou écart ) habité au simple endroit non habité remarquable par quoi que ce soit : un champ, un bosquet, un carrefour, une fontaine, une croix, un arbre, etc. voire quelquefois une simple anecdote locale, etc.
    L’appellation « officielle » semble d’abord liée à l’ancienneté ( et l’histoire ) de l’endroit mais aussi et surtout au code de l’urbanisme ( la parcellisation est accompagnée par l’officialisation de noms déjà connus de tous ou par la création de nouveaux noms ) et au code de la route ( la création d’un lieu-dit par le maire ou le préfet permet d’y limiter la vitesse par exemple).

    Un bon outil ( outre le bien connu Géoportail ) pour connaitre les lieux-dits connus et répertoriés est le Dictionnaire topographique de la France … hélas encore incomplet !

    Quoi qu’il en soit, nous n’avons pas fini de discutailler !

    J'aime

  12. Leveto

    Le problème avec la dénomination « lieu-dit » est que personne ne semble bien d’accord sur la définition.

    C’est sans doute vrai et c’est bien là le propre de la toponymie d’avoir dans son sac plusieurs explications/justifications/attestations disponibles, toutes plus convaincantes les unes que les autres.

    Pour ma part, je privilégie le sens d’une désignation donnée à un endroit particulier, disposant d’une superficie quelconque, et utilisable, au vernaculaire, par une paysannerie analphabète mais ni aphone ni sourdingue : – Dans « lieu-dit », on entend « dit ».

    Mettons jusqu’aux environs de 1830, le paysan pouvait évoquer sa pièce de terre située aux Champarts sans en connaître la graphie… car ça, ça n’importait qu’aux notaires et, de manière très accessoire, aux greffiers de mairie.
    Ensuite arriva l’ère des arpenteurs qualifiés et celle des planches du Cadastre Napoléon… et, avec eux, une entreprise autrement sérieuse que tout ce qui avait pu être dessiné, cartographié auparavant. Parcelles désormais tracées avec une précision étonnante et, chaque fois qu’il le fallait, inscription du nom d’usage local de la (ou les) parcelle(s).
    Le XIX° siècle fut celui où l’on commença à se préoccuper sérieusement du collectage. Notamment pour ce qui concerne les chants de la tradition orale, transcrits en jolies notes sur des portées ad hoc et les lyrics idem, sur des cahiers bien pratiques… tout ça faute de Nagra dispo’.
    C’était là mon avis et celui-ci me suffit.
    ____________

    Passons maintenant à un sujet autrement sérieux quant aux lieux-dits et à leur incidence/prévalence selon les contrées visitées.
    Le terme « incidence », faute de mieux à mon vocabulaire du moment, doit être pris au sens statistique ou vaguement épidémiologique.

    Constat :

    1. Nous avons ensemble et précédemment vu que le « lieu-dit » recensé à Machincourt désignait le parcellaire et chaque coinceteau du paysage avec davantage d’acuité qu’à Orange (84).

    2. Par souci d’en savoir plus, nous pointons notre index favori vers une autre région administrative, honorable elle aussi.
    Cet appendice innocent – va savoir pourquoi – tombe alors sur la localité de PLEINE-FOUGERES*, en Ille-et-Vilaine…
    Comme je sors toujours accompagné, Stool Pigeon et Wiki me mènent à ça… et m’annoncent l’improbable possiblement avéré :
    Il semble avoir existé pour de vrai, à Pleine-Fougères, 1.816 lieux-dits (collectés) pour 3.200 hectares (cadastrés).
    Soit un lieu-dit pour moins de deux hectares.
    Rapporté à la démographie de l’époque – celle du mitan du XIX° siècle- les 3.000 habitants se répartissaient alors entre eux 1.800 lieux-dits… Y compris les négligeables fumelles et tous les mioches au berceau…
    Voilà qui est proprement extraordinaire à imaginer pour un garçon comme moi.
    _____________

    * Il s’en est fallu de peu pour qu’il aille désigner Cuguen (35 270), localité si voisine de Pleine-Fougères et elle-même encombrée de tant de lieux-dits que cela donne le vertige.
    Il aura bien fait, ce doigt miséricordieux, en m’épargnant alors le souvenir d’Ysabel B. , une antique fiancée connue le 13 mai 68, sur une manif du moment et connue bibliquement six ans durant.
    Elle vit maintenant à Cuguen, au « Clos Botrel » (comme le Chantre des falaises typiques et des mitrailleuses à forte charge érotique) alors que, chez Google, on la trouve aussi et parfois résidente au «Clos BotErel».

    J'aime

  13. « l’ère des arpenteurs qualifiés »

    Méfions-nous d’eux en matière de toponymie !

    Il me semble avoir déjà évoqué le cas d’un lieu-dit « la Grand-Bonne » (où ma famille avait un champ), devenu « la Grand-Borne » sur la carte IGN. (Et aussi « Port-des-Barques » devenu « Port-des-Parques »).

    Contre-exemple : chez moi, nous avons toujours appelé « Tour de Pierrelonge » une pile romaine située à deux kilomètres de la ferme familiale, qui figure maintenant sous le nom de ‘Tour de Pirelonge », nom employé par les habitants du hameau attenant, sur ladite carte.
    Là, c’est nous qui avions tort et avions ramené une forme « exotique » à une forme plus familière.

    —————————
    Quelle drôle d’idée d’avoir pris comme exemple « Pleine Fougères » comme exemple : il y a là manifestement une graphie erronée et il faut faire l’accord et écrire « Pleines-Fougères ».

    Pourquoi je pas prendre comme exemple Paimpol et ses fadaises ?
    C’est clivant !!!

    J'aime

  14. Pourquoi je pas prendre comme exemple Paimpol et ses fadaises ?

    Non, cher TRA, mon index farouche n’a pas pointé vers Paimpol et ses 1.886 lieux-dits.
    S’il l’avait fait cela aurait ajouté à mon effarement… et les cités de bord de mer désormais ne me tentent plus. Sauf peut-être pour leurs fruits de mer, coquillages et crustacés… avec aussi toute la poiscaille servie aux cantines.
    A ce propos et comme j’ai un moment à perdre, je vous invite à découvrir un microtoponyme charmant.
    L’ambiance y sera à la fantaisie sémantique oralisée et à la cryptozoologie, une science dont le sérieux n’a rien à envier à d’autres…
    _______________

    Toponymie et Chimères

    Il vous faut imaginer la rencontre fortuite de deux entités zoologiques pouvant se retrouver en milieu marin mais anatomiquement si différentes.
    Un peu comme si, dans Les Vaux Sereins (Bourgogne viticole), on entendait ‘veaux’ et ‘serins’, cheptel improbable, hybrides inattendus.
    Comme ça me semble introuvable en l’état, je me fends d’une charade qui vous donnera la réponse et l’occasion de réviser vos connaissances musicales :

    Mon 1, au choix et à l’oreille, relève de la quarte ou se montre au silence.

    Mon 2 s’entend, au choix, comme une voix provençale ou un endroit diésé, en Provence* aussi.

    Mon 3, de façon énantiosémique et à l’oreille, se retrouve dans la débauche de décibels (au chant) mais aussi dans leur absence totale.

    Mon tout est un lieu-dit** que l’on retrouve à 15 exemplaires selon cette formule, au double et davantage selon d’autres présentations, selon le nombre grammatical et/ou la préséance donnée à l’un ou l’autre des bestiaux convoqués… sans préjudice d’une variante orthographique.

    _____________

    * Sept occurrences comme « lieu-dit » dont 6 dans les seuls 04 et 84

    ** Quelques rues sont aussi désignées de cette manière.

    J'aime

  15. Je ne réagis que maintenant au Pleine-Fougères de TRS répondant malicieusement par avance à ma devinette et au « c’est clivant! » de TRA en référence à Clairefougères ( cf. les répauxdev ). Bien vu !

    TRS, votre charade me semble incomplète : il nous manque votre troisième !

    J'aime

  16. Repentir:

    La proposition N°4 aurait dû se contenter d’un N°3, plus conforme à l’ordre des choses énumérées.

    En peinture sur chevalet et à l’huile, cela ne pose guère de difficulté… juste le temps considérable d’avoir à tenir compte de la siccativité afférente aux médium(s) et pigments précédemment utilisés.

    Sur écran plat et non plus sur subjectile tissé en lin, l’intervention peut être plus expéditive encore.

    Leveto en fera la démonstration.
    ***********************************voilà qui est fait **********************************

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s