La forêt Charbonnière ( répàladev )

LGF s’est joint à TRA et TRS pour constituer le podium des « solutionneurs » de ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver la forêt Charbonnière, une ancienne forêt sur le territoire belge actuel.

C’est Jules César qui nous en parle le premier, dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules, mais sans la nommer. Elle faisait d’abord barrière entre la cité des Tongres et la cité des Nerviens, avant que les Romains n’en fassent la frontière entre la province de Gaule Belgique et la province de Germanie inférieure.

C’est dans la loi salique (IVe siècle) que le nom Carbonaria silva de la forêt apparait pour la première fois, quand il est précisé qu’elle marque la limite nord-est des possessions des Francs saliens. Elle servira plus tard à tracer la frontière entre les royaumes des Francs saliens et des Francs rhénans.

Disparue dans sa continuité depuis longtemps, il n’en reste plus aujourd’hui que des vestiges épars : le bois de Heverlee, le bois de LauzelleLouvain-la-Neuve), le bois de MeerdaalOud-Heverlee), la forêt de Soignes, le bois de Raspaille à Grammont, le Vrijbos (en partie préservé à Houthulst), le bois de Buggenhout, le bois de Hal, le bois de la Houssière et la forêt de Neigem.

Son nom provient à l’évidence du latin carbo, -ōnis, « charbon », accompagné du suffixe –aria, « lieu où on trouve » : la forêt était utilisée par ses riverains pour la production de charbon de bois.

François de Belleforest ( 1530 – 1583 ), un écrivain jugé « fécond mais peu exact » dans un dictionnaire critique du XIXè siècle, avait imaginé une étymologie selon le nom Cambron d’un supposé chef des Cimbres, voire selon le nom des Cimbres eux-mêmes qui se sont répandus en Europe en traversant le territoire belge actuel. Ce nom aurait donné un hypothétique Cambronière altéré plus tard en Charbonnière. C’est beau comme l’antique … mais c’est sans fondement.

Les indices :

■ un octogone :

il s’agissait avant tout d’une pièce de deux francs … censée représenter les Francs saliens et les Francs rhénans.

■ un cube :

il ‘agit d’une structure cubique centrée, comme la maille du cristal de fer alpha ( ferrite ) qui est représentée par le mal nommé Atomium de Bruxelles :

censé vous indiquer la piste belge.

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5 commentaires sur “La forêt Charbonnière ( répàladev )

  1. « le nom Cambron d’un supposé chef des Cimbres »

    Peut-être ce personnage légendaire est-il à mettre en rapport avec le non moins légendaire roi Gambrinus (qui est aussi un des « géants » du Nord), ou avec le personnage qui aurait donné son nom à Cambray (qui fut initialement un vicus de la cité des Nerviens) :

    « Gambrinus (Jan primus), roi mythique de Flandre et Brabant, est un symbole des amateurs de bière. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Gambrinus

    « Le lieu est attesté sous la forme Camaracum au ive siècle dans la table de Peutinger et Cameracum (sans date). On y reconnait le suffixe gallo-romain d’origine celtique -acum « lieu de », « propriété de », précédé d’un élément non identifié avec certitude. Albert Dauzat et Charles Rostaing proposent le nom de personne de type gallo-romain Camarus. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cambrai#Toponymie

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  2. « une étymologie selon le nom Cambron d’un supposé chef des Cimbres, voire selon le nom des Cimbres eux-mêmes »

    Baudelaire avait-il raison de dire que le monde est plein de mystérieuses correspondances ?

    Supposons que François de Belleforest (l’ici bien-nommé) ait eu raison en faisant dériver le mot « Charbonnière » de l’ethnonyme « Cimbres », il serait curieux de constater que le premier général romain à les avoir combattus se nommait « Carbo ».

    Et, si le « géant » Gambrinus a un rapport avec tout cela, il serait non moins troublant de voir que le roi des Cimbres, T(h)eutobocus, qui aurait été vaincu et tué par Marius, lors de la bataille des « Campi putridi » (un billet consacré à Pourrières en a parlé naguère), était lui-même un géant (ses ossements, qui lui conféraient une taille de dix mêtres, trouvés en 1613, ont fort étonné Louis XIII : en fait, il s’agissait de ceux d’un deinothérium).

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  3. RÉFÉRENCES WIKIPÉDIESQUES :

    « Cnaeus Papirius Carbo est un homme politique de la République romaine, consul en 113 av. J.-C. Attaquant par ruse les Teutons, il subit une lourde défaite à Noreia qui met fin à sa carrière. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cnaeus_Papirius_Carbo_(consul_en_-113)

    —————————————-

    « Lors de combats contre la guerre des Cimbres, le général romain Marius aurait rencontré battu et tué entre Aix-en-Provence et Marseille un géant du nom de Théobocus ; sa taille était telle qu’elle dépassait « celle du trophée » laissé après sa défaite par Marius. Il est possible qu’il s’agisse du roi Teutobod. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Theutobocus

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  4. TRA

    merci pour ces recherches intéressantes.

    J’ajoute que si Marius a vaincu les Cimbres près d’Aix-en-Provence, c’est parce qu’il avait été mandaté par Rome après la cuisante défaite que ces derniers avaient infligée aux Romains conduits par Mallius Maximus lors de la bataille d’Orange.

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