Cendras ( répàladev )

Un début de week-end qui me tiendra loin de mon clavier me pousse à publier un peu en avance la réponse à ma dernière devinette.

TRS, TRA et LGF s’en sont approchés très près mais sans pouvoir la confirmer. Les « preuves » étaient en effet bien cachées, ailleurs que dans wikipedia.

Il fallait trouver Cendras, une petite commune du Gard, à sept kilomètres d’Alès.

Le Dictionnaire topographique du département du Gard d’Éugène Germer-Durand (1812-1880 ) nous donne les appellations successives suivantes : Abbatia de Scenderatis (1012) ; Sanctus-Martinus de Senderatis (1031) ; Cendracense monasterium (1050) ; Cendracensis abbatia (1156) ; Monasterium Cendracense (1243) ; Abbas de Cendras abbas Cendracii (1349) ; Abbas Cendraci (1386) ; Notre-Dame-et-Saint-Martin de Cendras abbaye de l’ordre de S. Benoist (1667) . ( cf page 218 )

L’hypothèse étymologique la plus vraisemblable et généralement admise aujourd’hui nous vient d’Ernest Nègre ( TGF * ) qui explique qu’il s’agit

peut-être du bas latin cineratis (casis) locatif féminin pluriel de bas latin cineratus « brûlé, réduit en cendres » (Du Cange) ; le sens serait : « aux (maisons) incendiées »

Le monastère dont il est question en 1050 aurait ainsi été bâti sur les cendres d’habitations incendiées sans doute au millénaire précédent.

Un second incendie eut lieu à Cendras le 11 avril 1480, dans lequel périt l’abbé Jean V de Sorbières :

( source )

Le 20 janvier 1703, Jean Cavalier, le principal chef de la révolte des Camisards cévenols, incendie avec ses troupes l’abbaye et les quelques maisons qui l’entourent. On ne manque pas alors de l’accuser de crimes atroces :

( source )

On peut retrouver la liste des 17 victimes en consultant cette page.

■ L’indice du mardi :

il fallait reconnaître une représentation du Phénix, l’oiseau mythique qui renaît de ses cendres.

■ le dernier conseil :

« concentrez-vous sur le résultat ! » : le résultat d’un feu, c’est des cendres

*les abréviations en capitale renvoient à la page Bibliographie accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

9 commentaires sur “Cendras ( répàladev )

  1. « peut-être du bas latin cineratis (casis) »

    Si je comprend bien comment le sc- initial de Scenderatis a pu évoluer en esc-, avec un classique e- prosthétique, et si je comprend l’évolution phonétique de sc- à [s], noté c devant en, il me semble que l’évolution sémantique qui conduit de la forme initiale à « cendras / cendres » relève d’un réinterprétation faite lorsque le sens initial a été perdu.

    J’avais donc, dès le début, rejeté cette réponse comme fantaisiste, jusqu’à ce que votre insistance sur le résultat et la figure du phénix (qui renaît de ses cendres) me la fassent envisager à nouveau.

    Le brave chanoine avait « peut-être » (?!) abusé du vin de messe lorsqu’il a rédigé cette fiche, ce qu’il semble avoir fait « peut-être » (?!) au doigt mouillé.

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  2. La pratique du « remake » n’est pas née avec le cinématographe.

    Alexandre Dumas (avec le concours du nègre avec qui il s’était maqué) a repris, pour sa trilogie « Les T rois Mousquetaires » / « Vingt ans après » / « Le Vicomte de Bragelonne », deux ouvrages de Courtilz de Sandras (auteur de la fin du règne de Louis XIV) : « Les Mémoires de Monsieur d’Artagnan » et « Les Mémoires de Monsieur le comte de Rochefort ».

    On ne sait trop à quelle terre se rapporte ce « Sandras ».

    Serait-il possible que ce fût (nonobstant la graphie) notre Candras ?

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  3. peut-être du bas latin cineratis (casis) locatif féminin pluriel de bas latin cineratus « brûlé, réduit en cendres » (Du Cange) ; le sens serait : « aux (maisons) incendiées »

    Oublions le bas latin fumeux et les bas étages en braises. Du temps des collèges Pailleron, sous le règne de Pompidou, on savait aussi faire dans l’effondrement d’édifices, de bâtiments, d’immeubles d’habitation :

    _______________

    Bien vu, vraiment bien vu sire Brosseur, étayé en vos concis dires par TRA :

    Lorsqu’il m’est apparu, mercredi dernier, que Cendras était une réponse possible, j’ai eu dans mon champ de tir de vision la figure paronymique de Cendrars que j’ai évacuée sanitairement : le pauvre avait perdu une main relativement près de chez moi.

    Au lieu de Cendrars, j’ai alors évoqué à Leveto un extrait de Zone, où Phénix et cendres figurent à la distribution.
    C’était pure flatterie affétée destinée à celui qui m’avoua un jour ne savoir réciter (par cœur) qu’une seule poésie en son entier… une affaire de cordeau et de trompettes marines.

    Cette manœuvre n’a eu aucun effet : les instances arbitrales du Vaucluse (84) ne se satisfont pas d’une proposition acceptable. Il faut leur fournir aussi des attestations qui soient, de leur avis même, introuvables sur Internet.

    Bref, quand m’est venu Cendras en tête, je me suis demandé comment la population locale élocutait ce toponyme :

    CENDRAS… comme dans ALEX SANS DRAPS, ce film avec Sandra Milo, celle qui avait conservé intacts ses quatre membres à l’ininstar d’une certaine Vénus et de Blaise C, tous deux diminués… ou alors CENDRASSE : Je connais un Pierre Guédras dont le patronyme sonne en GUEDRASSE.

    Quant à Cendrars, j’avoue mon indécision. Chaque fois qu’il est évoqué au zinc du Carafon, je fais indifféremment sonner ou non le S final.
    Un peu comme ici :

    Maintenant, cher Brosseur, j’imagine que vous allez vous demander comment un garçon comme moi, épris de grandiosité et attaché au salut de son âme, peut encore trouver le temps de bavasser rapport à de telles fariboles.

    C’est que, voyez-vous, je suis né dans une humble localité que traverse encore une rivière : le Matz.
    Elle a sa notice Wikipedia qui oublie pourtant de dire que j’y ai attrapé maintes perches balèzes quand j’avais 9 ou 10 ans, selon une technique halieutique assez proche de celle de vos ours qui savent choper du saumon sans matos particulier.

    Mais je m’égare et revenons aux préoccupations essentielles, celles qui tiennent à la prononciation :

    Chez moi, l’hydronyme MATZ, à l’oreille, s’entend comme MA , le T et le Z n’étant là que pour la déco. Et ceci est très piégeux pour le Parigot en goguette qui dira Raiçon-sur-Mat’ssse pour signifier Ressons-sur-Matz.

    Il en va idem quant au Pays de Retz, un coincetot récemment évoqué sur le fil Rezé … Avez-vous vu seulement le Véto du 84 aka Le Tortionnaire d’Orange nous dire l’inimportance* des lettres T et Z en cette affaire ?… Non, n’est-ce pas… il a trop à cœur de goinfrer sa clientèle d’exhumations fort peu comestibles.

    Mais, si vous êtes toujours en appétit de tchoo tchoo trains et pour abonder, question commentaires comptabilisés, je vous donne RDV sur le fil Rezé… pour des affaires de ferroviaire attitude, d’édifice ruiné – par le feu ?… ou autrement ?- pour surtout retrouver un moment discographique qui a compté.

    Peut-être vers les 17 ou 18 heures ?… selon mon emploi du temps, ma disponibilité aux fantaisies toponymiques.

    * P.S: Le RETZ’L, une monnaie locale, ne rime pas avec Bretzel… vaguement virtuelle, elle sonne mieux avec « réelle ».

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  4. Bonsoir à tous.

    je n’ai plus vraiment le temps de répondre à tout le monde.

    Tout juste me permettrai-je de rappeler ici que la toponymie n’est pas une science exacte et que donc bien des étymologies proposées ne sont que des hypothèses, certes souvent étayées et solides, quelquefois certifiées mais quelquefois admises faute de mieux.

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