Jouer au confinement et solitairement

Solitairement confiné, je n’en souffre pas le moins du monde, étant fort peu sociable par nature et disposant, outre mon accès à internet, d’une bibliothèque bien garnie ( c’est fou ce qu’une seule page de dictionnaire peut me faire passer comme temps ! ).

Cela ne m’empêche pas de compatir avec ceux qui, solitaires comme moi, s’ennuient ferme, une fois épuisées les joies des livres, vidéos, patiences, solitaires, jeux en ligne et autres façons classiques de tuer le temps. À ceux-là, je propose quelques idées pour passer le temps loin de leur écran :

une chasse au trésor :

Numéroter les pièces de son logement de 1 à 6 ( en rajoutant la salle-de-bain, les chiottes, etc. si nécessaire) ou de 1 à 12 ( pour ceux qui disposent d’un grand logement mais c’est alors honteux pour une personne seule ).

Lancer le dé, une ou deux fois selon le nombre de pièces ( faut suivre un peu, quand même !).

Se rendre dans la pièce désignée par le sort.

Arrivé là, se poser la question : « mais qu’est-ce que je suis venu chercher ici ? »

Le temps de trouver la réponse ( en ouvrant tous les placards, tous les tiroirs, en regardant sous tous les meubles et tapis, etc. ) une heure ou deux seront passées.

On peut rejouer en changeant le numéro des pièces.

le cadavre exquis :

Tout le monde connait ce « jeu qui consiste à faire composer une phrase par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles ne puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes ». Mais comment y jouer en solitaire ?

Avec un ou des dés ! ( mais pas avec Dédé, puisqu’on est seul, c’est le principe, rappelez-vous ! ).

Il convient au préalable de se munir d’un dictionnaire ( un vieux Petit Larousse peut suffire ) et de définir le nombre d’éléments que devra contenir la future phrase, le minimum étant trois, sujet-verbe-complément, auxquels on peut ajouter des adverbes, des adjectifs, des compléments circonstanciels de temps, de lieu, etc.

Le chiffre x désigné par le lancer du dé servira à choisir dans une page du dictionnaire ouverte au hasard le x-ième sujet, puis le x-ième verbe dans une seconde page, le x-ième complément dans une troisième page, etc.

Ma première tentative a donné : « l’état-major gagne un taudis ». On en pense ce qu’on veut, mais ça peut quand même occuper l’esprit quelques quarts d’heure.

À vous de jouer.

les bouts rimés

Mis à l’honneur par Les Copains de Jules Romains ( mais si, souvenez-vous! Issoire et Ambert ), on en connait la règle..

De la même façon que dans le jeu précédent, on n’a besoin que d’un ( ou plusieurs ) dé(s), d’un Petit Larousse illustré et, idéalement, d’un dictionnaire de rimes.

Le premier lancer de dé(s) indique le numéro du mot à chercher dans la page ouverte au hasard du PLI à la section des noms propres ( c’est plus drôle ). Le même numéro permet de trouver, dans le dictionnaire de rimes ouvert à la page adéquate,  le mot qu’on devra faire rimer avec le premier.

Renouveler l’opération autant de fois qu’on veut écrire de vers.

Exemple : les dés m’indiquent le nombre 7 qui me désignent « Brando » (Marlon) puis Janville (E.-et-L. ) dans les pages ouvertes au hasard. Le dictionnaire de rimes m’indique « calendot » ( oui ! le camembert, comme dans Les Copains ! ) comme septième rime riche à « Brando » et « calville » ( variété de pomme ) pour « Janville ».

Voyons, voyons …  voilà :

Confiné comme un con à l’hôtel à Janville,

Contraint de me nourrir d’un peu de calendot

Qu’accompagne un morceau d’une belle calville,

Je ne peux même pas me rêver en Brando !

Bon, c’est un peu plat, mais ce n’est que le premier jet.

le jeu de piste :

Le matériel nécessaire est, là aussi, réduit au minimum : un ou des dés et un dictionnaire. Comme précédemment, il s’agit de tirer au sort plusieurs mots, noms propres inclus, sachant que plus il y aura de mots tirés au sort, plus le jeu sera difficile et prendra du temps.

Une fois récoltés les différents mots, il faut les considérer comme des indices permettant de découvrir un objet présent dans le logement. Il s’agira bien entendu d’appuyer sa découverte sur un raisonnement logique à partir des indices découverts.

Exemple : les dés m’ont donné les indices suivants : « magistrat », « épulon » et « ratafia ».

doseur ricardAprès réflexion, la solution m’est apparue dans toute sa splendeur : je me suis rendu dans ma cuisine, j’ai ouvert le tiroir du haut, fouillé entre les économes et les pinces à escargot et j’ai pu enfin brandir devant mes yeux ébahis une dosette à alcool anisé !

L’épulon étant chargé des banquets romains, un lien avec la cuisine était évident. Le ratafia étant un alcool ( il y en a de bons !), nous étions dans les boissons. Le magistrat, chargé de juger et donc de doser les peines, me donnait alors la solution éclatante de limpidité. Ça tombait bien, c’était l’heure de l’apéro, je me suis servi un whisky.

shadock

 

140 commentaires sur “Jouer au confinement et solitairement

  1. @ TRS :

    Le solo de John Entwistle que vous nous proposez m’emmerde autant que vous. C’est plus un solo de « bassiste qui voudrait se prendre pour un guitariste » qu’une séquence valorisant les caractéristiques de la basse. C’est « techniquement virtuose » (et encore : rien qu’en musique bretonne je connais une dizaine de bassistes qui sont capables de faire la même chose, donc ça n’est pas non plus exceptionnel), oui, mais musicalement sans intérêt. D’une certaine manière, un bassiste est quelqu’un qui peut faire un solo comme celui de John Entwistle que vous nous montrez, mais qui ne le fait pas. Par analogie avec la célèbre phrase (si pertinente) sur les gentlemen *, Entwistle n’est pas un gentleman.

    En matière de « solo de basse » (je mets des guillemets car l’exemple que je vais donner a justement l’humilité de n’être pas exactement un solo, puisque le chant continue et seule la guitare s’arrête), j’insiste sur le fait que John Paul-Jones volait mille lieux plus haut que ses contemporain dont Entwistle, et cet exemple montre ce que donne une vraie virtuosité de bassiste : pas aligner les notes, pas jouer vite, pas se démancher à tout bout de champ, juste être capable de poser les bonnes notes au bon endroit, avec un swing, un groove qui colle au morceau. En matière de blues, aucun bassiste n’est jamais arrivé à la cheville de la ligne de basse de John Paul-Jones dans The Lemon song (album Led Zep II).
    À écouter à partir de 3′ (les trois premières minutes sont sympa aussi et « mettent en place » la rythmique et l’ambiance, mais le trio voix-basse-batterie à partir de 3 minutes est tout simplement unique) **.

    Pour ce qui est de Kid Creole, même dans le premier morceau où vous dites ne pas entendre la basse, je l’entends très bien. Et si elle semble répétitive, il y a un abîme avec les cas que je critique. Car dans ce morceau :
    1) La basse instaure la syncope, avec des notes certes parfois répétitives mais avec des durées, un rythme, qui est central dans ce qui donne la pêche au morceau. Aucun rapport avec U2 ou les Talking Heads.
    2) La basse n’est pas redondante de la guitare. Elle n’est pas là « parce qu’il fallait occuper les mains de quelqu’un » en suivant strictement l’ossature déjà apporté par la guitare, mais pour apporter une ossature que la guitare n’apporte pas. Enlevez la basse, le morceau s’effondre. Encore une fois, aucun rapport.
    Et ça prouve bien ce que je disais : la question n’est pas une question de virtuosité (affichée, car je me doute que Carol Colman peut être virtuose), mais de groove, de rythme, d’harmonie, d’apporter quelque chose. Et c’est encore plus évident dans le deuxième morceau de Kid Creole que vous proposez : c’est un très bon exemple d’une vraie bassiste, utile et créative.

    En croyant me contredire, vous ne faites que confirmer tout ce que je disais. Et votre « histoire » en anglais [NB : penser à traduire, tout le monde ne lit pas l’anglais] dit exactement ce que je défends depuis le début. Relisez-moi, en oubliant votre fixation à contresens sur la virtuosité ou le « nombre de notes ».

    ———-

    * « Un gentleman est quelqu’un qui sait jouer de la cornemuse, mais qui n’en joue pas ».

    ** Est-ce parce que j’avais pensé à ces minutes fabuleuses où Led Zeppelin sublime le blues (presque) sans Jimmy Page (qui intervient quand même par bribes) que j’ai rêvé cette nuit que j’interviewais ce même Jimmy Page et paradoxalement non pas John Paul-Jones ? Je dois dire que ce guitariste-compositeur était charmant dans cette interview, bien qu’il soit étonnant qu’il ait eu sa tête de quand il avait 50 ans, encore d’un brun profond, alors qu’il a maintenant les cheveux blancs, mais que voulez-vous, les rêves font ce qu’ils veulent avec le temps.

    ———-

    @ leveto :

    Walk on the wild side figure bien dans la vidéo que vous aviez mise en lien (incidemment, il n’est pas exclu que cette ligne de basse ait été conçue par David Bowie, qui avait produit, supervisé et largement « arrangé » cet album exceptionnel de Lou Reed). Et c’est un peu triché, d’ailleurs, car c’est une contrebasse (même si elle est doublée par une basse électrique), or si l’on intègre la contrebasse il manque à la liste l’essentiel des plus grandes lignes de basse de l’histoire.

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  2. Cher Brosseur (à reluire et momentanément démuni), je vous ai trouvé une adaptation en V.O de la T.P que, si gentiment et avec ce sens du partage qui est la marque indélébile de la contribution du bûcheron -en chemise à carreaux- à l’effort d’émancipation des peuples, vous adressâtes au public d’ici.

    Faisant fi du baragouin américain, elle sonne autrement :

    P.S : Votre peuple, mécaniquement rôdé à dédaigner les titres américains et habitué à leur donner une version en mode parlure locale, me sera-t-il d’un grand secours tandis que je m’interroge quant au titre WORDY RAPINGHOOD.

    Mon traducteur Google, de piètre rescousse, me dit VIOL VERBEUX… et ça ne me va pas vraiment.

    – Vous avez mieux à me proposer?

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  3. C’est à peu près ça (en mot à mot)
    Mais si c’est rapping-words – on est dans la définition du Rap

    ______________
    [~ spoken words]

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  4. Vous avec examiné la vidéo de Pascale Picard ?

    – Oui, mon chum !… et si vous voulez mon opinion, la petite chanteuse, plutôt mignonne, n’aurait pas été déplacée dans un casting d’autrefois, ambiance folkettes à la gratte… sauf que Judy Collins ou Melanie, ça vous avait une autre classe… à mon avis d’ancien combattant :

    A part ça, j’ai comme le sentiment que la vidéo relève du play-back so cheap… mais je m’en fiche un peu à cette heure avancée.
    Plus important (et déconcertant) me semble être ce Vintage FBB que vous mentionnez en entame… Je ne me l’explique pas et ça, ça m’agace.

    En riposte légitime, je vous adresse un FFF pas si vintage que ça :

    … et dont j’espère – ne doutant pas de vous- qu’il vous fera faire un pas vers la résolution d’une devinette à la con, historiquement datée d’hier, vers les 10h24.

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  5. Merci TRS pour cette vidéo de Melanie. Et merci brosseur pour cette vidéo de Pascale Picard — qui m’énervait un peu au début avec son sourire permanent (bien que charmant), jusqu’à ce que je comprenne que c’était justement le sujet de sa chanson.

    ► TRS : « j’ai comme le sentiment que la vidéo relève du play-back so cheap »

    En espérant ne pas encore vous agacer, j’ai le regret de vous informer que c’est plus qu’un sentiment… mais il qu’il en est de même pour Melanie (il serait impossible d’avoir une prise de son aussi propre de sa voix sans aucun micro visible entre elle et le feu qui crépite et que l’on n’entend pas). Il est donc étrange de reprocher à Pascale Picard ce qui est identique chez Melanie. C’est le principe du clip. Une telle mise en scène empêche de placer les micros, il faut donc forcément du play-back, c’était également le cas de la vidéo de Tom Tom Club sur la plage de Trestel, etc. Rien d’inhabituel — et pas moyen de faire autrement. Enfin si, il y a moyen : faire une captation sur scène avec micros visibles, c’est très chouette aussi, mais c’est autre chose.

    Dans ce genre, très rare, de « captation » sans aucun play-back, il y a un exemple assez incroyable en le découvrant a posteriori : celui du premier tube de Dire Straits, Sultans of Swing. Il en existait une première version sortie avant l’album complet, très peu diffusée, une sorte de « démo » comme on dit, et qui avait emballé les producteurs et permis que Phonogram signe le groupe pour son premier album — et donc la version « sur l’album » est une deuxième version, réenregistrée en studio avec les autres morceaux de l’album (je n’ai jamais entendu la première version, présentée par certains comme la meilleure, mais il peut y avoir dans cette appréciation de happy few une part de snobisme). À contre-courant de l’essentiel des groupes de l’époque (et de quasi tous les groupes qui ont suivi), Mark Knopfler a toujours tenu à ce que le groupe enregistre en prise directe, c’est-à-dire en jouant tous ensemble et en enregistrant chaque instrument en interaction avec les autres. Depuis la fin des années 1960, et plus encore dans les années 1970, il était devenu habituel (et c’est encore pire aujourd’hui, cela représente 99,99% des cas) d’enregistrer chaque instrument et les voix séparément les un·e·s des autres, puis de mixer tout ça soigneusement. Mais Mark Knopfler tient à ce que le jeu soit en interaction, que toutes les pistes soient enregistrées lors d’une captation in situ, ce qui n’empêche pas ensuite, bien entendu, de les mixer savamment et soigneusement puisque chaque instrument dispose de sa bande indépendante une fois l’enregistrement réalisé (il va de soi que certains morceaux de Dire Straits sont ensuite extrêmement retravaillé en salle de mixage).
    Or donc, j’ai découvert récemment le clip de Sultans of Swing. Celleux qui connaissent bien ce groupe et son chanteur-guitariste-auteur-compositeur savent que Mark Knopfler est incapable de chanter un texte deux fois à l’identique (il avale toujours un mot ici, un autre différent une autre fois, etc.) et qu’il est impossible qu’il rejoue à l’identique les dizaines de micro-fioritures guitaristiques qui émaillent ses morceaux en guise de « virgules musicales », et particulièrement Sultans of Swing. Connaissant par cœur la version de l’album, avec ses centaines de micro-particularités (que j’ai appris à une époque, lorsque je tâtais de la guitare et pas encore de la basse, à reproduire autant que possible), je suis formel : cette vidéo est une captation brute. C’est un moment historique : l’enregistrement en prise directe d’un des plus grands tubes de la fin des années 1970. Et là, évidemment, on voit les micros, pas moyen de faire autrement…

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  6. TRS

    j’ai bien compris que vous nous parliez de Black Minou , le groupe des frères Yarol, Melvil et César Poupaud et plus particulièrement de Yarol, donc.
    Je n’ai pas cherché bien longtemps mais, comme je me refuse à utiliser Facebook et autres rézosocios, je n’ai pas d’info sur son lieu de résidence.

    ►Jacques C.

    Passionnant, tout ça , notamment Dire Straits ! On en redemande …

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  7. Merci pour les références
    Le play back (lip sync) m’énerve aussi.

    ____solution(s)______
    Pascale Picard
    C’était cadeau : Pascale Picard
    Pascale [Dimanche 12 avril — de Pâques = Pascal]
    Picard pour la tierce [picarde]

    Vintage FBB
    C’était pour la basse Fender Blanche (ou Fender basse blanche vintage) visible aux toutes premières secondes de la vidéo et souvent par la suite.
    _________________
    Melanie Anne (Safka) est lentement sortie de ma vie après l’annulation de son spectacle à Montréal en … pour une simple raison de grève ou d’insurrection appréhendée.

    Je suis malheureusement allé la retrouver sur son site et sur FaceBook où elle nous propose un bricolage de décorations de Pâques.
    N’y allez pas

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  8. – Mais non, vous ne m’agacez pas Jacques C ! Au moins, avec vous, je sens que j’ai affaire à quelqu’un qui sait de quoi il cause !
    Pour cette affaire de micros et de Pascale Picard, il m’avait juste semblé que des types que l’on montre en train de jouer auraient pu être « captés » sans difficulté technique particulière. Du temps de Melanie, c’était autre chose.

    Et parfois même, un micro seul dans le champ de vision lors d’un plan unique, ça apporte quelque chose, du moins pour moi :

    Et là, si les musicos font semblant….. !

    Idem lors d’un live : tout passe par un seul micro !

    Tout ou presque car une 6 cordes électrique débranchée reste à jamais aphone… tandis qu’une Dobro, ça sonne.

    Bref, j’adore le « son Moriarty » ! C’est sobre, c’est propre, c’est fait pour moi ! Tandis que Christine and the Queens, ça me déprime !
    __________

    Pour Dire Straits, je n’ai rien à ajouter
    __________

    Pour Leveto et les frères Poupaud, c’est OK… à ceci près que c’est de César que je causais, celui qui est assez connu dans sa rue et sa fac mais beaucoup moins au registre people.

    Pour les indices :

    – Melvil a tourné dans une tripotée de films réalisés par Raoul Ruiz
    – FFF était là pour Yarold, évidemment.

    Votre devinette en cours ?… – J’y ai consacré une heure syndicale ; soit encore une heure de perdue, mon cochon… Je renonce !

    *Pour le plaisir de la chose et pour les Gibson qui sonnent :

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  9. @ TRS :

    J’avoue être épaté par la qualité de son obtenu par l’unique micro de la première vidéo de Moriarty *, car il s’agit manifestement bien d’une captation live (un train passe à côté vers la fin et un musicien s’en amuse, et le public applaudit à la fin : vous auriez donc pu également qualifier cette vidéo de « live », car elle l’est clairement).

    Je ne connaissais pas les ramifications de la famille Poupaud, j’en apprends tous les jours.

    ——–

    * Tout comme vous, je préfère infiniment Moriarty à Christine and the Queens, qui me donne presque des boutons. J’étais particulièrement amusé (et horripilé) lors de la glorification de son premier album **, où elle expliquait l’importance du titre « Chaleur humaine »… alors que précisément sa musique n’avait strictement aucune chaleur humaine, c’était l’un des albums les plus froids et cliniques (au sens d’ambiance d’un mur d’hôpital) que j’aie entendu depuis longtemps. Même si son deuxième album était moins froid car plus « kitch années 80 », cette chanteuse est pour moi une imposteure et son succès un mystère.

    ** J’écris « son album » et pas « leur album » car en fait ce nom qui fait penser à un groupe est celui d’une chanteuse. Son nom de scène a d’ailleurs varié, pour son deuxième album elle se faisait appeler Chris tout court, puis semble avoir repris son nom à rallonge récemment.

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  10. Et puisque je suis lancé… et que vous nous lancez sur FFF.

    Question marques, en matière de basse, je ne vous surprendrai pas en vous apprenant que je préfère les Fender — il n’y a pas que le groove de John Paul-Jones qui m’a tapé dans l’oreille, son « son » également. Je suis un bassiste-contrebassiste, j’aime les basses qui sonnent « rond ». Et en matière de velours, de rondeur, typique du jeu de John Paul-Jones (entre autres), c’est la Fender Jazz Bass qui tient le haut du pavé.

    Je pourrais vous parler des heures de John Paul-Jones (saviez-vous qu’avant et pendant les débuts de Led Zepellin, il a composé les « arrangements de cordes » [frottées : les arrangements de violons, altos et violoncelles] pour plein d’artistes dont ceux [magnifiques] des premiers albums de Cat Stevens ?). Mais j’ai dit que j’allais vous parler de FFF.

    … et puis en fait j’ai déjà raconté sur un autre billet de ce blog que ce j’allais vous évoquer ici. J’ai eu un vague souvenir, j’ai essayé de trouver des astuces pour retrouver ce moment, et bingo ! Détail amusant, vous aviez rebondi sur mon commentaire et mon souvenir, nous parlant précisément de Yarol et César Poupaud (comme quoi, j’en avais déjà appris sur eux, sans l’avoir mémorisé).
    Cette fois-ici c’est l’inverse, c’est vous qui nous parlez de FFF et moi qui allais rebondir avec mon souvenir. J’ajoute juste (ce que je n’avais pas précisé alors) que c’était en l’été 1991, quand FFF n’avait pas encore sorti son premier album, et que j’avais donc eu la double chance :
    — d’assister à un fabuleux concert de La Mano Negra dans un bled paumé où je n’avais aucune idée de tomber sur eux et que je n’avais pas seulement imaginé le matin-même,
    — d’assister à un concert de FFF à leurs tout-débuts.

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  11. @ brosseur :

    Ah oui, il faut chercher avec le déroulé de leur nom : Fédération Française de Fonck. Sinon, ça vous renvoie sur un sport pathétique.

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  12. @ Jacques C

    Ce qui est bien triste, en ces temps de confinage, c’est qu’on ne peut plus aller communier en bande dans nos églises.
    – Dieu merci, et toutes précautions de barrière prises, il nous reste l’écran plat…
    Et ce moment de grande émotion où quatre pointures en mode acoustique et sans micro d’ambiance font le show au milieu de fidèlesde fans… de people de la politique et du spectacle.

    – Que de têtes connues qui n’auraient manqué pour rien au monde l’occasion d’être sur la photo !

    Puisqu’en veine de confidences, vous m’avez livré vos souvenirs quant à FFF et à la basse de chez Fender, je me vois invité aussi à me livrer à cet exercice… sans que cela me coûte particulièrement.
    ….
    Accrochez-vous cependant et mettez le cap vers Vignemont, charmante localité de mon voisinage, qui dispose sur son territoire d’une nécropole considérable, à peu près inéquitablement partagée entre défunts poilus et ignobles boches.

    A l’époque dont je vais vous causer, il existait ce qu’on appelait la Réconciliation par-delà les tombes, une formule à caractère géopolitique d’avant la poignée de main historique entre Mitterrand et Kohl, une initiative qui proposait à une soixantaine d’étudiant(e)s venus de Bremerhaven (Germany) l’occasion de quitter leur cité hanséatique pour s’adonner à l’entretien d’un espace vert en journée et, en soirée, de s’acoquiner avec ce qui se faisait de mieux et de plus valeureux dans le canton.

    Ce fut l’occasion de bringues mémorables en soirée… et de rencontres intéressantes, consommées sous la tente… sans réprobation manifeste des confinés à jamais tous reclus cinq ou six pieds sous terre.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Volksbund_Deutsche_Kriegsgr%C3%A4berf%C3%BCrsorge

    Mais revenons-en aux Fender qui vous sont chères.

    A cette époque, celle d’un peu après 68, mon petit frère jouait sur une Telecaster (blanche) et moi j’avais une basse de la même teinte et de la même marque. Le troisième frère, en réalité le second par ordre d’apparition à l’état civil, avait l’ambition de faire drummer… sauf qu’il était plus doué à taper dans l’œil des filles qu’à cogner sur la peau d’une caisse claire.
    Bref, cette formation ridicule qui empruntait son répertoire aux Stones, Dylan et autres Animals… etc. n’a joué que 5 ou 6 fois devant de vraies gens. Dont une fois, avec ces Allemands en goguette dans la salle de fêtes de Vignemont, gentiment mise à disposition de ces Teutons si imbibés et envapés qu’ils applaudissaient et en redemandaient. – Je vis alors, par là même, comme la nation allemande est tant musicienne !

    Bref, cette formation sans avenir n’en eut aucun et mon petit frère – maintenant cancéreux du poumon avec métastases envisagées – revendit sa Fender après que je lui eus offert un violon dont il maîtrisa la « technique fiddle » en trois mois à peine : ce garçon a toujours eu une oreille de dingue !

    Et puis l’époque, telle que je l’ai vécue, invitait davantage aux traditionnels qu’au Rock amerloque : selon mes canons, les FFF (= Filles Fan de Folk) étaient largement plus fréquentables au lit et moins vulgaires que n’importe quelle fan de Johnny H.
    Durant cette période, ma Fender, je l’ai donc prêtée à un camarade qui faisait du blues (de qualité) dans un band (de qualité aussi).
    Il l’a gardée en état durant au moins trois ans… et me l’a rendue en parfaite forme.

    Arrivent les années 80 et l’engouement de l’époque pour le cheval de randonnée : -Par chez moi, quand j’ai investi la localité de Machincourt… zéro canasson en état de marche et, 15 ans plus tard, ça hennissait grave aux box(es) d’ici !
    Bref, il a existé à cette époque une clientèle d’écurie, des Assoc’ de randonneurs prêtes à mettre du pognon dans l’animation de soirées à thème chevalin…*

    Faute de mieux, ceux-là se rabattaient sur le Bluegrass… les randonneurs à bourrins avaient, tout dispo’ l’exotisme qu’ils pensaient mériter.
    Par goût du lucre, mon petit frère et moi, l’un au fiddle et l’autre à la gratte/mando’, avons sacrifié à l’autel de … l’herbe bleue, à vrai dire si comestible quand Doc Watson est en cuisine et mitonne:

    A cette époque, le type qui assurait à la contrebasse et aux vocaux à la quarte ou quinte, a jugé que son instrument avec son étui étaient encombrants lors des déplacements… et que, vu ce qu’il était payé en retour, ça ne faisait pas des masses d’émoluments et qu’il avait été contraint, conséquemment, de fourguer sa contrebasse…

    – Qu’aurait-on fait à ma place ?… Je lui ai dit : -Ma Fender, dont tu connais rouages et usages, je te la confie pour un moment… à charge pour toi de me la rendre virginale au vernis !

    Le deal établi, ce type s’est branché, pour de viles opportunités juteuses question monnaie et relatives à son intégration dans une formation abonnée, dimanches après dimanches et jours de fête, aux Thés Dansants… et, le croirez-vous, Jacques C , il lui est venu l’idée de « customiser » à la teinte (atteinte grave menée selon un vernis black) la basse que je lui avais confiée et que j’ai toujours, 50 années après et devenue si noiraude… et qui sait qu’après tout ce temps passé, elle et moi n’étions pas faits pour vraiment nous entendre mais peut-être simplement pour nous comprendre…

    ________

    Bref, en l’an 2020 et en ces temps de confinage, j’ai dans mon paysage une Fender 4 cordes qui ne m’a guère servi que 50 ans plus tôt, là où réside maintenant César P, un garçon qui n’était pas encore né à l’époque où elle et moi nous nous sommes connus.
    Aux dernières nouvelles, ce garçon jouerait sur un genre de Violin Bass, de chez Höfner, façon celle de Paul McCartney.

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  13. @ TRS :

    Je comprends la consternation qui a dû être la vôtre lorsque votre ami s’est amusé à modifier la couleur de votre basse. Je crois que j’aurais été très énervé.

    Cela étant, cela peut être considéré comme moins grave qu’un « pet » sur le vernis, infamie suprême pour tout musicien maniaque.

    Après plus de trois ans à jouer ensemble lors de nos années étudiantes, le groupe dans lequel j’étais bassiste avait décidé de se payer un enregistrement en studio, oh, un truc simple pour conserver nos quatre créations et nos meilleures (moins mauvaises) reprises, de quoi se garder un souvenir, quoi. Une partie était enregistrée en prise directe au plus rapide, une partie avec retouches, réenregistrement de certaines parties, etc. Le tout sur un week-end (inutile de préciser que si les deux techniciens du studio nous avaient fait un prix et avaient accepté de travailler un week-end, c’est probablement que tout cela avait été géré au noir). Ma basse d’alors était très moyenne (je ne sais même plus de quelle marque), et un camarade avait accepté de me prêter sa Fender pour l’occasion. Il va de soi que j’en ai pris le plus grand soin. Je ne la posais sur un support qu’à l’écart des points de passage, et je la remettais le plus souvent possible dans son étui bien rembourré. Je suis certain de n’avoir pris aucun risque et de ne lui avoir fait subir aucun choc.

    Pourtant, lorsque je rendis cette basse à son propriétaire, il m’affirma que je lui avais fait deux pets, certes minuscules mais dont l’un était quand même bien visible, et m’en voulut beaucoup. Je ne crois pas que nous nous soyons réadressé la parole depuis lors — ce n’était pas un grand ami et il en aurait peut-être été de même sans cet incident, mais cela a dû jouer quand même.

    Je suis toujours resté sceptique. M’a-t-il mis sur le dos des pets qui étaient antérieurs, que je n’avais pas remarqués, et dont il espérait me faire porter le chapeau pour obtenir réparation financière ? M’a-t-il mis de bonne fois sur le dos des pets qui étaient antérieurs mais qu’il n’avait pas vus jusqu’à son inspection post-enregistrement ? Ai-je réellement laissé à deux reprises un objet percuter cette basse pendant l’enregistrement, sans m’en apercevoir et malgré toutes mes précautions ? Je ne le saurai jamais. Mais il a considéré l’affront (réel ?, malentendu ?, imputation malhonnête ?) comme impardonnable.

    —————–

    Les histoires et trajectoires d’instruments sont parfois très amusantes.

    Il y a une vingtaine d’années, lorsque je décidai d’apprendre l’accordéon diatonique, j’achetai un Hohner 2915 d’occasion. Rien de plus simple : les « 2915 » en Sol-Do sont depuis la fin des années 1970 les diatoniques standards utilisés par tous les débutants en France, d’où un marché de l’occasion qui est florissant et un choix qui n’est qu’embarras. Je pris ainsi le premier dont je vis l’annonce à un prix qui me paraissait cohérent (c’est-à-dire modique), et vogue la galère. Inutile de comparer ou chercher la petite bête, du moment qu’il était en état de jouer. Il était livré avec un étuis en bois, fait main par l’antépénultième propriétaire, garni de velours à l’intérieur et muni d’une poignée en métal fort peu ergonomique. Si l’accordéon était tout ce qu’il y a de plus banal, le boitier était donc atypique, lourd, peu facile à porter (satanée poignée métallique), mais fort solide pour des transports aléatoires et fort pratique voir salvateur pour s’asseoir dessus en de nombreuses occasions !

    Puis j’achetai quelques années plus tard un vrai instrument haut-de-gamme (un Éric Martin sur mesure qu’il me fallut bien sûr attendre un an, comme tout bon instrument de luthier artisanal *) et remisai ce vieil Hohner et son étui dans un coin, le prêtant à l’occasion à des débutants à qui je donnais quelques cours (et sans souci de le voir prendre un pet, il en avait vu d’autre et ne valait pas grand-chose). Je le gardais toutefois, en tant qu’instrument roots, léger, pratique à emporter en des circonstances (chaleur ou chocs) qui m’interdisaient de risquer mon Martin. Il est d’ailleurs toujours à quelques mètres de moi à l’heure où j’écris ces lignes.

    Il y a quelques années, au cours de mes pérégrinations anthropologiques, je sympathisai avec une anthropologue qui me dit avoir autrefois joué un peu d’accordéon diatonique. Je ne sais comment notre discussion en est venue à porter sur les bricolages, mais elle m’évoqua le fait que son père lui avait à l’époque fabriqué un boitier en bois fort original et solide bien que peu ergonomique. La description de son boitier collait si bien au mien, que nous nous demandâmes si, après passage entre les mains successives d’autres débutants, ce n’était pas son accordéon qui avait atterri dans mes bras. Un échange ultérieur de photos le confirma : mon boitier était bien celui que son père lui avait confectionné sur mesure, et l’accordéon qui allait avec était donc celui qu’elle avait utilisé durant quelques années.

    Sur des milliers de Hohner 2915 d’occasion échangés chaque année en France, il avait fallu que je tombe sur celui d’une anthropologue avec qui j’allais ensuite brièvement travailler (et uniquement travailler, n’allez pas vous imaginer des voyages romantiques dans les paysages bataves). Bon, OK, c’est moins funky que lorsque cela concerne un musicien de FFF ou le frère de Jacques Benhaïm (dit « Ben »), mais c’était mon « le monde est petit » du jour.

    * Lequel Éric Martin, outre être facteur d’accordéons, est l’un des principaux joueurs de mélodéon cajun en France, ayant accompagné plusieurs groupes cajuns lors de leurs séjours français, son nom vous dit donc peut-être quelque chose — et ses accordéons sont pour moi parmi les meilleurs, faits pour sonner comme le doit un vrai diatonique bisonore, et avec des basses bien rondes comme je les aime.

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  14. à Jacques C : mon boitier était bien celui que son père lui avait confectionné sur mesure, et l’accordéon qui allait avec était donc celui qu’elle avait utilisé durant quelques années.
    J’aime beaucoup cette histoire , le monde est fait de coïncidences, parfois …

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  15. @ jsp :

    Ravi de vous lire (vous vous faites rare).

    En tout cas, cette « petitude du monde » est renforcée par un détail que j’avais oublié de préciser : si j’étais pour ma part en Bretagne, cette anthropologue du monde rural travaillait quant à elle à Paris et en Gironde, le trajet de cet instrument était donc d’autant plus étonnant.

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  16. Jacques C., jsp :
    Si Alejandro González Iñárritu tombe un jour sur cette histoire d’accordéon qui passe de mains en mains, il pourrait bien en faire un film, comme avec le fusil deBabel … ( mais en moins dramatique).

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  17. Confidences en temps de confinement

    1.Cher Jacques C, à l’ininstar de vous, je n’ai jamais eu l’occasion de commercer avec une anthropologue… mais j’ai cependant eu celle d’acquérir un Saltarelle, d’occasion aussi.
    Très précisément ce modèle que j’ai toujours dans sa boîte :

    https://www.laboitedaccordeon.fr/produit/accordeon-1-rang-8111/

    2 .L’occasion ne s’est pas présentée à La Boîte d’Accordéon, (Métro Croix-de-Chavaux à Montreuil) mais ailleurs, dans des circonstances que vous méritez de connaître… mieux que tout autre car l’immense majorité du lectorat de VVLT se contrefout de ces délicatesses musicalobiographiques qui n’appartiennent qu’à nous deux… si intimes.

    3.Retour en arrière, en terres morvandiautes et vers l’été 1997 ou 98, je ne sais plus précisément… mais ce que je sais, c’est qu’à cette époque j’avais coutume de faire une pause dans ce Morvan charmant et si judicieusement situé à mi-chemin entre Machincourt et Sisteron.

    4. Comme j’apprécie à jamais les initiatives de collectivités locales quand elles ont l’ambition de mener une politique touristique et culturelle cohérente, là-bas j’étais servi : dans un rayon de quelques kilomètres (autour de Saulieu) et à quelques jours d’intervalle, se tenaient un festival cajun, une Fête de la vielle et une autre,consacrée à l’accordéon.

    5. C’est lors de celle de la vielle que j’ai fait l’emplette du Saltarelle, sur une sorte de marché/broc’, avec vente aussi de produits issus de la nature locale et autres comestibles. Vous voyez le genre bobo/baba !… et ça, c’était à Anost (Morvan). Le nom du patelin célébrant l’accordéon ne me revient pas en tête mais qui s’en soucie.

    5.1 : Par pur souci de vous adresser en retour un écho à vos gentlemen qui s’effacent à la pipe, une affaire de gentlemen vielleux qui, par élégance, se doivent de « manquer de chien » :

    5.2 : Par pur souci d’honnêteté, je dois vous avouer, Jacques, que le spectacle de ces vielleux en bande organisée m’est aussi déprimant que celui de 40 fiers Bretons, décatis et s’adonnant à l’an dro de salle de fêtes.

    5.3 : Tandis que j’avais dans les quinze/seize ans boutonneux, le prof’ de musique qui gagnait sa vie à tenter d’enseigner le solfège à des récalcitrants dans un établissement qui m’avait sur ses listes, accessoirement premier violon dans l’orchestre de ma préfecture, avait fait venir un jour René Zosso, un type dont le nom ne dit pas vraiment grand-chose aux peuples actuels (en général) ni à mes riverains contemporains (en particulier).
    N’empêche que ce jour-là, tel saint Paul de Tarse en randonnée vers Damas, j’ai eu comme une révélation :
    -La vielle et le violon ne sont pas faits pour se mésentendre !

    5.4 : Las, la vie est cruelle et remplie d’injustices au palmarès… et, si je possède bien 3 accordéons de divers modèles, il reste que l’un, mon chouchou, acquis en toute modicité sordide auprès du type qui me livrait du fuel domestique… négocié à 500 F de l’époque et méritant 3.500 F de remise en forme et à l’accord, tous soins confonduus et exprimés en ces francs de l’époque, versés à la fondation de la Boîte d’Accordéon (Montreuil, métro Croix-de-Chavaux) reste mon préféré.

    C’est un « touches piano », de format modéré, et Johann Riche (qui l’a joué), m’avait dit, avec la sincérité qui est la sienne : -Toi, tu n’y connais rien en accordéon(s) et la profession s’en félicite… mais, si dans ta salle de fêtes de Machincourt, tu veux bien accéder au bœuf rituel, je t’invite à partager un morceau… mitonné en Fa majeur, ça t’irait pour Jumbalaya ?
    – Comme je n’ai jamais été végan, j’ai donc emprunté la guitare d’un de ses accompagnateurs et laissé le bon temps rouler!*

    6.Mais revenons-en un instant aux Belles histoires et aux beaux romans : -Durant quelques années, tandis que je descendais vers le Midi, Yanick mettait le cap sur Saulieu , vers le nord donc et selon bien des boussoles en état de marche.
    Si je n’avais pas été en couple et elle aussi, tout cela aurait pu faire le thème d’une chanson à la Michel Fugain, non ?

    7.Dans ma typologie à moi, il existe deux sortes d’accordéonistes : ceux qui jouent debout du piano à bretelles, genre Aimable et Yvette, et les autres qui jouent assis, genre Johann Riche, Yanick Nehring et, surtout, l’incomparable Sharon Shannon.

    8. Un moment d’actualité maintenant: -Pas plus tard qu’hier matin, une cardiologue masquée m’a fait une échographie du cœur, tarifée 160 euros, et qui faisait suite à un électro cardiogramme, seulement coté au marché à hauteur de 80 euros.
    Elle m’a ensuite programmé un passage au scanner et un autre à l’IRM sans oublier une lettre d’introduction auprès d’un ophtalmo pour un fond d’œil et une autre pour subir un doppler… Effrayantes perspectives !

    9. A l’issue de la consultation, elle et moi avons échangé sur le mode badin :

    Moi : -Dites-moi, Docteur, avez-vous une opinion sur mon espérance de vie ?
    Elle : – Ma foi non et, selon ce que vous m’en dites, votre hygiène de vie ne plaide pas en faveur d’une longévité remarquable. Quoi d’autre ?
    Moi : – Je ne tiens pas spécialement à encombrer ce monde par ma présence mais, dites-moi, croyez-vous en la réincarnation ?
    Elle :- Evidemment non !… mais pourquoi ça ?
    Moi : – Parce que si j’avais le choix, je trouverais judicieux de me réincarner en chaise accueillant Sharon Shannon (ou éventuellement Yanick Nehring)… simple histoire de confort offert et d’opportunités lubriques.
    Elle : – Bon, j’vois l’genre… mais laissez-moi une seconde, le temps de vous rédiger un courrier d’introduction auprès d’un psy’.

    10. Le temps de vie qu’il me reste devrait suffire à vous livrer, Jacques, un autre moment de mon vécu, sans rapport avec l’aulne des corps de Fender ou l’actualité de VVLT, ni avec l’accordéon d’occasion mais bien avec Ben, cette figure légendaire que vous avez citée et qu’il m’est arrivé de côtoyer, à Paris et surtout Royan, en 1975.
    (à suivre)
    ________________

    P.S 1 : A l’heure où mon pronostic vital n’est pas des plus enthousiasmant, je fais une façon de flash back sur mon existence déjà consommée : – Qu’est-ce que la vie m’a proposé/réservé de plus extraordinaire ?

    – La Toponymie sur écran plat ? -Pas vraiment et trop tardif.

    – La politique en mode rural et durant tant d’années? -Oui, un peu… avoir été Maître du Monde de Machincourt si longtemps, ça laisse des traces… sauf que, d’ici moins d’une génération, 95% des administrés futurs auront oublié jusqu’à mon nom.

    -La photo (argentique), la peinture (à la waïle) et la musique (en band) ? – Un peu, mais pas plus que ça : Je n’ai jamais pu rivaliser avec Cartier-Bresson pour l’œil, avec Vermeer pour ce qui s’est fait de plus beau ni avec qui vous voulez, Ben, Dutertre, Blanchard, Yacoub, Milteau, Doc Watson ou encore Peronne, désormais handicapé grave (tout comme Swarbrick aux dernières nouvelles) et dont je viens de retrouver ce témoignage vintage :

    – Non, ce qu’il me reste vraiment ce sont des émotions esthétiques : le corps des femmes bien foutues et les instruments de musique. J’ai collectionné les unes et les autres qui étaient à ma portée mais maintenant, question dépoussiérage, il m’est plus satisfaisant d’avoir affaire à un Mirecourt, une Fender, un violoncelle élégamment posé sur un demi-queue, une mando’ portugaise et même une crécelle authentique qu’à une ancienne conquête, autrefois si jolie mais désormais tant ridée ou bouffie.

    -Le temps est injuste quand il s’attaque aux femmes et laisse à la lutherie décorative tout le loisir de s’épanouir en mon intérieur.
    – Un jour peut-être, je vous dresserai le rôle de tous les instruments que j’ai eus chez moi, la plupart à vocation d’être revendus et, pour d’autres, celle d’être conservés.

    Avant cela -rude exercice imposé à ma mémoire- je m’engage à vous retrouver un peu plus tard dans la journée pour l’Affaire Ben, à Royan et alentours… du côté des bayous et de la transmission

    P.S 2 : Quinze après ma première rencontre avec Yanick N , alors médecin dans les Basses-Alpes et fondue de cajun, la dame est restée très présentable au physique, à l’anatomique tandis que moi, n’en parlons pas, je me délabre, tant au physique et qu’au mental :

    http://loliasian.top/yanick-nehning-maman-roulaille_HfcFlnOnyy10.html

    * https://fr.wiktionary.org/wiki/laissez_les_bons_temps_rouler

    Et ce fut pour moi la seule occasion que j’ai eue de jouer un standard country, accommodé en Fa avec un accordéoniste qui faisait plus volontiers dans le genre manouche/klezmer.

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  18. Plus extraordinaire, au littéraire et au cinématographique, question objet qui change de mains, il y a MADAME DE… de Louise de Vilmorin, pure merveille à lire et relire et le film d’Ophuls (Max) avec De Sica et Darrieux au générique.
    J’ai lu, vu… relu et revu les deux bien des fois. Elégance chaque fois garantie.
    ……..

    Plus triviale et minable, il y a cette relégation aux poubelles actuelles du Vaucluse aux zones de quasi quatorzaine de mise en attente prophylactique d’un mien message adressé à Jacques C, ceci au motif ridicule de mise en attente et de modération…

    Bien qu’un peu obèse et à risques, cette contribution essentielle ne ployait pas sous le faix de gros mots, d’injures adressées à ceux qui nous gouvernent, d’invitation à la haine … sauf peut-être la marque d’une certaine détestation pour les chorégraphies bretonnes.
    En tout cas, rien de bien répréhensible : il existe des préfets qui, sans être trop laxistes, essaient de se montrer plus ouverts au monde… et être ouvert en temps de confinage, le voilà bien là le palliatif, le remède à ce qui outrage !

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  19. @ Brosseur,

    Cher Shoeshine, à reluire et si fantasque, votre dernière contribution n’a pas été prise à la légère du côté de Machincourt… et, ce, malgré votre incapacité à formuler la moindre idée en un français ordinaire, tel celui qu’on le cause.

    1. Tori Amos, jolie rousse prise le cul sur un tabouret de piano, reste une perspective charmante pour un érotomane en quête de réincarnation.

    2. Plus à sa portée et question lyrics d’actualité, du genre de ceux qui déconseillent la fréquentation des plages et autres balnéaires destinations recevant du public suspecté d’être porteur du virus à la mode, il y a ça…

    Pour éviter les frais
    Tout en suivant la mode
    Chez moi je prends le frais
    Le cul sur la commode

    3. La perspective de me voir réincarné en commode chez Anaïs ne me fait pas angoisser plus que cela, vu ses habitudes de consommation et son way of life :

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  20. @ jsp :

    Belle histoire effectivement, merci.

    ———

    @ TRS :

    J’espère que votre batterie d’examens n’annonce rien d’inquiétant, et que vous en retirerez des nouvelles rassurantes. En tout cas, je crois qu’il manquait une batterie à votre collection d’instruments, en un sens voilà qui est réparé… mais souhaitons que vous pourrez vite vous en séparer de façon satisfaisante.

    Il n’est pas impossible que la « petitude du monde » ait connu un autre épisode. Car vous dites vous être arrêté chaque été dans le Morvan dans la deuxième moitié des années 1990, pour participer à des évènements folks.
    Or, il s’agit d’une époque où mon premier métier d’agronome m’avait conduit à habiter tout juste sur l’autre façade du Morvan (côté Nièvre). Entre 1996 et 2000, j’ai commencé à découvrir les bals folks avec quelques collègues nivernais qui m’emmenèrent dans plusieurs fêtes d’Anost (je continuais dans le même temps, lors de mes vacances bretonnes, à découvrir et même écumer les festoù-noz qui avaient tout de même ma préférence). Détail amusant, je n’aimais initialement pas l’accordéon, et c’est vers cette époque que j’ai commencé à m’y intéresser un peu — la vielle me semblait trop criarde et moins polyvalente, et elle avait alors plutôt déserté la scène bretonne bien qu’y ayant eu sa place dans le passé et y existant encore très ponctuellement.
    Il n’est donc pas exclu que nous nous soyons côtoyés sans le savoir en ces temps-là, sans imaginer que nous échangerions plus tard via internet. Rien de certain, car je n’allais pas à un grand nombre de bals folks, et vous ne passiez que quelques jours par an, la probabilité que nous ayons été au même évènement au même moment reste faible… mais la fête de la vielle d’Anost pourrait avoir été lieu d’un vague croisement.
    Vous me direz qu’entre amateur du monde folk, ce n’est pas forcément surprenant. Certes.

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  21. @Jacques C

    J’adore vos témoignages/souvenirs/confidences et cette sorte de perspicacité que vous avez : en effet, je n’ai jamais touché à une batterie – sauf de cuisine. C’est trop compliqué à installer, encombrant à transbahuter et infiniment moins seyant dans mon intérieur que guitares sur reposoir, mandolines ou violon pendus aux murs de mon chez-moi… sans compter l’attrait exercé auprès de petits enfants qui ont le rythme dans la peau et l’ambition de ruiner une ambiance entre adultes innocents en se prenant pour Art Blakey.
    _________

    Mais j’en reviens à ce que j’avais précédemment laissé envisager : une affaire avec Ben et Royan.

    1. Le contexte :

    C’était il y a 45 ans, assez précisément, au moment de Pâques, un moment de ma vie où j’avais du temps libre, une 4L Renault à ma botte et assez de monnaie et de désinvolture pour me livrer à des activités que la morale sanitaire d’aujourd’hui réprouverait.
    Bref, j’avais eu vent de la toute première venue en France des Frères Balfa.

    2. L’ambiance :
    En sa violente ruralité, l’affiche proposait à un public (pour 70% venu d’ailleurs ) une sorte de messe œcuménique :
    -Vive les « en avant-deux » typiques et programmés, de ceux qui vous auraient émoustillé sans doute, question choré’ et musicalité sommaires
    – Vive la part canadienne avec Labrecque, une figure assez étonnante, avec pitreries et gros effets genre one man show
    – Et, surtout, têtes d’affiche, Dewey Balfa avec fratrie and friends en goguette, épouses comprises.

    3. Le vécu et Ben en apparition fortuite:
    3.1.En ces temps-là, il y eut la lettre de Pete Seeger, adressée à la mouvance folk revival in France… O.K !
    Il y eut surtout, et plus déterminante, l’irruption dans le paysage de ce Ben, une figure à la Juif errant, dans ces quartiers de Paris que je fréquentais alors avec une fiancée de l’époque, vers la Rue de la Harpe, en nocturne… et, tandis que Marc Robine fit de Ben une sorte de personnage à la Kerouac, moi je lui ai toujours vu un côté à la Apollinaire…
    3.2 : Ben, essentiellement violoneux et prophète, jouait de son instrument à la hanche, avec une tenue d’archet désavouée aux conservatoires sévères. Il en tirait pourtant une sorte de fluidité aimable – quasi inimitable- que je n’ai jamais retrouvée après lui… sauf peut-être très vaguement chez Doucet.

    4. Retour vers Royan 75
    Ben et le Grelot Bayou, qui n’étaient pas vraiment programmés, mais surent s’inviter… et chaque fin de soirée, ils étaient là pour conclure l’une ou l’autre soirée.
    J’ai clairement en mémoire leur version du loup, le renard et la belette, suave et si finement/rondement menée, avec une délicatesse inenvisageable chez les Tri Yann ou Nolween ultérieurs. A une époque où cette future scie restait encore confidentielle.

    5. Retour vers Machincourt et quelque mois plus tard :

    5.1 : Un label français, CEZAME, édite alors un album des Frères Balfa… avec ça :

    5.2 : Moi, alors très innocent, je me suis dit que Dewey avait tout emprunté à Ben, selon cette cette façon qu’ont les traditionnels à se transmettre, avec ou sans masques prophylactiques… et là, sans forcément passer par la case acadienne d’avant le Grand Dérangement.
    Bref, je n’avais jamais entendu une quelconque version cajun du thème et je me suis dit qu’à Royan j’avais été témoin d’un moment remarquable de transmission.
    D’autant que je n’avais, à l’époque, jamais entendu la moindre version canadienne du thème.

    5.3 : Mais tout ça c’était avant, avant qu’Internet m’offre des occurrences venues de là où vit le Brosseur : genre Ovila Légaré et qui ne peut pas être un maillon de la chaîne:

    6. Si longtemps après ce dont je fus témoin, j’aime toujours à croire que Dewey Balfa a adapté le thème selon ce qu’il avait entendu du côté de Royan. Optant alors pour la discontinuité, il aurait sauté la case canadienne.
    Depuis, sa version est devenue un relatif standard cajun.

    _________________

    Document extirpé de la presse locale :

    https://news.google.com/newspapers?nid=1250&dat=19750418&id=IBohAAAAIBAJ&sjid=mFIEAAAAIBAJ&pg=4202,1520253&hl=fr

    En souvenir de Labrecque et avec le sentiment que Gilles Vigneault lui aura piqué quelque chose question saveur; :

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  22. « Swing la bacaisse dans l’fond d’la boîte à bois ! »

    Tiens, ça faisait une paie que je n’avais pas entendu cette expression, dans cette scansion si spécifique des musiciens québécois.

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  23. Ah, « piquer ce qui est dans l’air ambiant », voilà qui pourrait presque résumer le principe de la musique folk : l’anti-conservatoire, « la musique par tous et pour tous », remplacer la propriété privée de la musique par l’idée d’un continuum démocratique et intergénérationnel, où chacun peut puiser et que chacun peut librement faire évoluer et enrichir.

    Il est tentant de supposer que les frères Balfa ont repris la chanson de l’interprétation que Ben en avait faite à Royan en 1975, c’est fort probable (car bien plus proche des versions folks françaises de l’époque que de la version québécoise d’Ovila Légaré). Il est probable aussi que Gilles Vigneault soit simplement nourri du même substrat que Jacques Labrecque (ce qui n’empêche pas que ce dernier, faisant aussi parti dudit substrat, ait aussi, parmi d’autres, nourri Vigneault).

    NB : Formidable votre lien renvoyant sur la presse locale de l’époque. Est-ce que ça marche avec n’importe quel journal de n’importe quelle région de n’importe quelle époque, ou avez-vous juste eu une jolie chance ?

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  24. @ Ô my Chum, Sweet Shoeshine et si cher Brosseur ( à reluire ?), votre irruption saugrenue dans un débat sanitairement réservé à des gens qui savent à peu près de quoi ils causent a néanmoins été considérée… en toute sérénité.
    Il en ressort ceci :

    1.Votre citation du Loup, du Renard et du Lion, supposée être en écho à d’autres bestiaux maléfiques et/ou lubriques, n’est pas si inopportune que cela, rapport à ce qui suit…

    2. Jacques C, s’il est honnête, vous dira avec moi, que les traditionnels pandémiques eurent cette faculté de s’installer et de contaminer tout une francophonie ingénue.

    3. Bien avant l’ère Internet, dans certain ouvrage consacré aux traditions populaires – du genre contes, légendes et chansons (en général) et à leur diffusion en Europe et même au Canada, j’avais lu qu’existaient, collectées, des dizaines et des dizaines de versions de La Blanche Biche, contée ou chantée.

    4.Idem avec le thème des trois canards sur leur étang… plusieurs centaines aussi de versions recensées, selon une variabilité associée au lyrics, au tempo de danse, au modal ou au majeur ou mineur adopté… etc.

    5. Tandis que vous me proposez maintenant un album que j’avais déjà alors vous étiez peut-être encore en attente d’être déniaisé, moi j’y vois un moment extraordinaire où un thème carrément trad’ devient une pure merveille quand il est revisité :

    Moralité : Il convient d’être indulgent avec le Canada. A force de nous gonfler les roubignoles avec Céline Dion, le CETA, la brosserie made in poils de caribou et le sirop d’érable, on en oublierait que cette nation a su mettre sur le marché le Géant Baupré, Le Petit Bonheur, Lindberg* et quelques autres délicatesses ès productions discographiques.
    _____________

    @ Jacques C
    – Oui, j’ai eu beaucoup de chance !… mais je la méritais bien.

    ______________

    *Juste pour causer comme ça, le temps d’un simple laps, et rapport à un commentaire de TRA, sournoisement consacré ailleurs aux patronymes issus du tilleul, cette info’ pour Leveto, dont je sais qu’il consacre son temps à la rédaction de l’ouvrage qu’attendent les peuples avides… et dont le titre envisagé est TOPONYMIE ET CHANSON, UNE AFFAIRE SERIEUSE

    En pure camaraderie bénévole, je lui glisse l’idée suivante : narrer une affaire toponymique de tilleuls devenant un patronyme qui acquiert sa notoriété en prenant l’avion avant de devenir un titre épatant :

    http://www.etymo-logique.com/le-mot-du-jour/personnalites/lindbergh-charles/

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  25. La racine germanique du tilleul n’a pas servi seulement à forger la patronyme de celui qui fut un grand aviateur et un grand admirateur de Hitler.

    On le trouverait aussi dans le nom de Sieglinde (= « le tilleul de la victoire »),descendante d’Odin et mère de Siegfried.

    Elle est un personnage de la Walkyrie, opéra de Wagner, compositeur dont la musique n’est pas très en phase avec celle évoquée ici, mais néanmoins intéressante en ces temps où rôde le quatrième cavalier de l’Apocalypse.

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  26. À propos de la racine germanique ( Lindbergh, etc. ) lind évoquée par TRS et TRA un peu plus haut, l’occasion m’est donnée de réparer un oubli :

    Lindre-Basse et Lindre-Haute ( Moselle ) comme Lynde ( Nord ) sont vraisemblablement issus du germanique linta , allemand Linde , « tilleul », avec attraction des suffixes en -indre pour les deux premiers..
    Le nom de Lindebeuf ( S.-Mar.. ), noté Lindebuet en 1172, est issu du vieux norrois lind , « tilleul , et du vieux saxon both , « abri, maison ».
    Le nom de Lintot ( S.-Mar.) est lui aussi issu de ce même norrois lind , « tilleul », accompagné cette fois du scandinave topt , « terrain à bâtir, masure ».

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  27. Puisque l’on parle du domaine germanique, rappelons que le nom la ville de Leipzig signifie « lieu près des tilleuls » (mais pas en en allemand : en sorabe, une langue slave).

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Leipzig#Toponymie

    Tous les germanistes connaissent (au moins de réputation) la célèbre avenue berlinoise Unter den Linden (= « sous les tilleuls »).

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Unter_den_Linden

    Et le château de Linderhof, en Bavière, doit, paraît-il son nom à une « Ferme du Tilleul » (où se trouvait un tilleul centenaire) qui était là lorsque Ludwig de Zweite / Louis II fit ériger son château, imité du Petit Trianon (où l’on trouve deux éléments inspirés de l’oeuvre wagnérienne : la Hundighütte / « hutte de chasse » de la Walkyrie et la Grotte de Vénus de Tannhaüser).

    [Louis II aurait fait rebaptiser – mais je ne suis pas sûr de ma source – le village d’Ettal, sur le territoire duquel se trouve le château, en Meltcost-Ettal, anagramme de « l’État, c’est moi ».]

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Linderhof

    https://passionchateau.fr/secrets-linderhof/

    ——————–
    Quant aux patronymes, rappelons que le nom sous lequel lequel le célèbre naturaliste Carl Nilsson (un type qui avait de la classe, n’en déplaise aux tenants de la cladistique !) est connu vient de celui du tilleul : Carl von Linné (n’en déplaise à Darwin, cela marque un cas où Linné est acquis).

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_von_Linn%C3%A9

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  28. Bonjour leveto, deux précisions en une, Lindre qu’elle soit haute ou basse est en Moselle, pas en Meuse. Lind est du francique, langue que la Meuse ignore.

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  29. Gus:

    vous avez raison. Ce que c’est que de prendre des notes à la main … et de mal se recopier au clavier !

    Je corrige et vous remercie.

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  30. « Lind est du francique, langue que la Meuse ignore » (Gus)

    En fait, ce terme remonte au germanique commun, et se retrouve aussi bien en allemand (Linde) qu’en anglais (linden tree) ou que dans langues scandinaves (voir ce qui a été dit du nom de Linné supra). Il doit donc être présent dans tous les dialectes appartenant à cette famille de langues (ou, du moins la plupart d’entre eux), y compris les diverses variétés de francique.

    Rappelons aussi que les communes de Lindre-Haute et de Lindre -Basse ne sont qu’à quelques encablures du Pays de Nied, où est / était parlé le « francique mosellan », et dont une bonne partie se trouve dans le département de la Moselle.

    ————–
    Par ailleurs, sainte Wiki nous propose, aussi bien pour les les deux communes que pour l’étang de Lindre, une possible étymologie alternative :

    « La création de l’étang de Lindre remonte probablement au XIe ou xiie siècle à des fins de pisciculture, pour alimenter les populations en poisson et gibier d’eau. Son nom viendrait de linter, sorte de bateau à fond plat. »

    ————-
    Le nom Lindre-Haute a été germanisé en Oberlinder pendant la Première Guerre mondiale et en Oberlinden pendant la Seconde : les autorités allemandes ont-elles avancé une raison étymologique (ou pseudo-étymologique) pour justifier cette variante ?

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    Une autre commune mosellane, Lidrezing, devrait son nom à un certain Leudric.
    Son nom était, en 1719, graphié Lindrexin.

    Aurait-il quelque rapport avec nos Lindre ?

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Lidrezing

    ————-
    [En revanche, il semble qu’il n’ait aucun rapport avec l’adjectif allemand « lind », dont un des sens est « sucré », puisque nous sommes dans un pays de salines.]

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  31. Il y a quelques temps, TRS évoquait la manière dont, dans le monde folk, une œuvre pouvait être reprise, transformée, puis popularisée sous une forme en partie nouvelle.

    À ce sujet, je ne me souviens plus si j’avais parlé ici de la polémique (assez irréelle voire consternante) qu’a créé Yvon Guilcher il y a deux-trois ans lors de la reprise d’un de ses thèmes par la chanteuse Camille. Je croyais avoir abordé le sujet dans un fil de commentaires, mais je n’en retrouve aucune trace. Si je ne vous en ai pas déjà parlé, cela vous intéresse-t-il que je le fasse ? C’est un « incident » qui illustre par contraste assez remarquablement l’esprit folk (et les contradictions de certains…).

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