Malaunay ( la répàladev )

TRS et TRA sont restés les seuls découvreurs de la bonne réponse à ma dernière devinette  ( si je n’oublie personne, mais c’est un peu le bazar dans ma boite aux lettres depuis le confinement ).

Il fallait trouver Malaunay, une petite ville de Seine-Maritime.

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La graphie du nom la plus ancienne dont nous disposons date du XIè siècle sous la forme ( Terram et silvam de ) Malalneit qui sera suivie de formes plus explicites comme Apud malum alnetum prope ecclesiam Mali alneti ou encore Ecc. Sancti Mauricii de Malo Alneto en 1172. Plus tard encore apparaitra Saint Maurice Jouxte Malaugney et viendront ensuite Mal Auney, Malaunoy ou Malannoy, Mal Alnoi avant qu’apparaisse la Sgrie de Malaunay.

On reconnait dans les formes anciennes les latins malum, « mauvais », et alnetum, « aulnaie ». Malaunay était donc considérée comme une « mauvaise aulnaie », malheureusement sans qu’on ait d’explication sur l’origine de cette mauvaise réputation. Tout juste peut-on supposer un lien avec le couvert forestier et la rivière aux eaux vives que les Romains appelaient Maronna ( du gaulois, accentué sur la pénultième, matróna, « déesse mère des sources », plutôt que du gaulois maro, « grand, principal » et  onna, « cours d’eau »)  et qui s’appelle aujourd’hui Cailly, du nom de la commune. L’endroit devait paraître inhospitalier et, pour peu que des feux follets s’y montrassent …

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Les indices

■ le tableau :

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La Tornade de Jean Dulac (  1902 – 1968 ) rappelait que Malaunay fut dévastée le 19 août 1845 par la tornade la plus meurtrière jamais recensée en France : la tornade de Montville qui fit 75 morts.

■ la photo :

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Il fallait se souvenir, en voyant cette célèbre photo de Jean Gabin aux commandes de la Lison dans La Bête humaine de Jean Renoir en 1938, de la ligne de chemin de fer Paris-Saint-Lazare-Le Havre.

« Le passage à niveau se trouve entre les stations de Malaunay et de Barentin, juste au milieu, à quatre kilomètres de chacune d’elles (…) On ne saurait imaginer un trou plus reculé, plus séparé des vivants, car le long tunnel, du côté de Malaunay, coupe tout chemin, et l’on ne communique avec Barentin que par un sentier mal entretenu longeant la ligne »

écrivait par exemple Émile Zola au chapitre II de son roman.

■ la statue :

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cette statue représentant Erlkönig, le roi des Aulnes, dans un parc à Iéna, faisait écho au « mauvais » côté de l’aulnaie seinomarine. Le roi des Aulnes de Goethe n’est pas vraiment, comme Dagobert, un bon roi  : son aulnaie ne peut être que mauvaise.

■ la bande dessinée :

indice d 31 03 20La ville de Malaunay s’enorgueillit d’avoir vu naître Léon Malandin en 1849. Ce chef mécanicien de la filature Delamare-Debouteville fit rouler en 1883 la première voiture automobile actionnée par un moteur à explosion ( oui, un moteur qui fait boum …).

Léon Malandin et Édouard Delamare-Deboutteville sont les inventeurs du premier moteur à explosion automobile. Leur brevet inscrit sous le numéro 160.267 a été déposé le 12 février 1884 après qu’un « char équipé d’une banquette et d’une plate-forme arrière équipé de quatre roues, d’un moteur bicylindre horizontal fonctionnant au gaz de pétrole, d’une transmission aux roues arrière par chaîne, d’un arbre de transmission et d’un différentiel » ait été mis au point.  ( source )

( L’invention du moteur à explosion est revendiquée par d’autres, mais bon, on ne va pas chipoter …).

2 commentaires sur “Malaunay ( la répàladev )

  1. La Maronna ne serait-elle pas (comme la Marne) une Matrona ?

    On pourrait le penser si le nom de la commune de Maromme, traversée par le Cailly (comme la commune de …Cailly, où il prend sa source), a la même origine que le nom gaulois de celui-ci (et si l’étymologie proposée par WP est juste) :

    « Le nom de la localité est attesté sous la forme Matrona en 1028 – 10344, Marrona vers 1135, Marrone en 1156-1162, Marrona en 1154-1175, Maronam vers 1175, Marrona en 1180, Marrone en 1198, Marrona en 1210, Marronne en 1234, Marronam en 1235, Marrona en 1271, Maroma en 1271, Marroma au xiiie siècle »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maromme#Toponymie

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  2. TRA

    votre raisonnement se tient ; vous avez sans doute raison.
    Et, après vérification, je constate qu’ Ernest Nègre est d’accord avec vous qui mentionne bien le gaulois, accentué sur la pénultième, matróna, « déesse mère des sources », pour l’étymologie de Maromme…

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