Bram (la répàladev)

Brosseur et LGF ont rejoint Un Intrus et TRS dans la harde des découvreurs de la bonne solution à ma dernière devinette. Félicitations! ( et que Brosseur veuille bien me pardonner de l’avoir oublié lors du premier jet de ce billet).

Il fallait trouver Bram, un bourg audois, là, en bas à gauche :

bram

Une inscription datée de la fin du IIè siècle et découverte en 1969 mentionne le magistri vici Eburomagi. On trouvera plus tard vico Hebromago sur l’Itinéraire d’Antonin au IVè siècle tandis que la forme contactée Sanctus Julianus de Bram apparait en 1210. On reconnait dans ces anciens noms le gaulois eburo-magos composé d’eburo, « if », et de magos , « plaine, champ, terrain plat servant de marché » : c’était le « marché de l’if ».

« Située à la limite orientale du Lauragais, Bram s’est développée au carrefour de deux routes antiques — la voie d’Aquitaine entre Narbonne et Toulouse, et un axe nord-sud reliant la montagne noire à l’Ariège » — et l’activité commerciale y fut longtemps prospère ( cf. le site de la mairie). Pas suffisamment solide pour être utilisé comme bois de charpente, il était rare toutefois qu’on taillât dans l’if des pièces maîtresses, sinon on eût parlé de Bram à poutres.

On a vu dans le billet consacré à l’if qu’ Evron ( May.) et Envermeu (S.-Mar.) sont formés sur ce même eburo accompagné du gaulois magos, « marché ». L’évolution phonétique a été différente pour Bram, avec la chute de la voyelle initiale provoquée par la confusion avec la préposition de : sanctus Julianus de (E)bram(agos) est devenu de Bram.

1412414814-Bram-route-de-fanjeaux
( Fanjeaux : Fano Jovis en 1154, le Temple de Jupiter )

Les indices

■ une monnaie :

indice a 03 05 20il fallait reconnaître un drachme des Volques tectosages, des Celtes venus d’ailleurs ( leur nom signifie « peuple nomade ») pour occuper la région au IIIè siècle av. J.-C. et qui sont sans doute à l’origine de ce magos, déjà cité par Cicéron au Ier siècle av. J.-C.

 

 

■ un sceau :

indice-b-03-05-20il s’agit de la reconstitution d’un sceau daté d’après 1215 de Simon de Montfort, duc de Narbonne, comte de Toulouse et de Leicester, vicomte de Béziers et de Carcassonne, représenté en majesté. Il s’est rendu tristement célèbre, entre autres, par sa croisade contre les Albigeois qui l’a amené à s’emparer de Bram en 1210 et à ordonner que soient arrachés le nez et les yeux des survivants, n’épargnant qu’un seul éborgné qui servira de guide aux autres.

 

■ le deux en un :

indice a 04 05 20La légende de saint Julien l’Hospitalier, un des Trois Contes de Gustave Flaubert, était là en référence à l’église de Bram vouée à saint Julien et à son épouse Basilisse. La couverture du livre montre le cerf de la légende. Le cri du cerf est le brame, comme chacun sait. La « harde » des « solutionneurs » de ma devinette que j’évoquais à propos des indices du mardi était une référence à peine cachée à ce même brame du cerf.

 

■ le point commun :

indice d 04 05 20pour trouver le point commun entre ces deux ouvrages, il fallait savoir que Jean Cau était né à Bram et se souvenir que l’auteur de Dracula s’appelait Abraham dit Bram Stoker.

 

 

 

Enfin, certains d’entre mes lecteurs auront peut-être été intrigués par un commentaire signé Un Intrus qui s’étonnait d’une absence du XV parmi les indices du mardi. Il faisait allusion au XV de France, équipe de rugby dont une célèbre fratrie, celle des Spanghero, a fait les beaux jours fin des années 60, début des années 70. Immigré italien, leur père, Dante Ferrucio Spanghero, s’était installé à Bram en 1936, dans le club de rugby duquel il joua avant de transmettre sa passion à ses fils.

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