Trois autres hauteurs gauloises

J’ai étudié, dans de précédents billets, les noms gaulois briga et dūnum désignant primitivement des reliefs plus ou moins élevés ayant généralement donné lieu à l’établissement d’habitats fortifiés. Les Gaulois, comme nous, avaient bien d’autres noms pour désigner les hauteurs. Il ne sera pas question d’étudier ici les noms dits pré-celtiques ( comme les dérivés des  indo-européens *kal, *cucc, etc. ) bien trop nombreux mais de considérer trois appellatifs particuliers : uxo-, « haut », barro, « hauteur », et juri, « hauteur boisée ».

Uxello

Une racine indo-européenne *kel, « haut, proéminent », qui serait à l’origine de « colline, culminer, colonne … », a donné le radical gaulois uxo, « haut ». Formé sur ce radical, le dérivé uxello, « élevé », est fréquent pour désigner des hauteurs pas forcément importantes mais remarquables dans le paysage. C’est le cas à Huisseau-en-Beauce et Huisseau-sur-Cosson (L.-et-C.), à Huisseau-sur-Mauves (Loiret, Ussellum en 1232), à Issel (Aude), à Ucel (Ardèche), à Usseau (D.-Sèvres, Vienne), à Ussel (Cant., Corr., Lot) et Ussel-d’Allier (Allier), à Ucel (Ardèche), à Uxeau (S.-et-L.) ainsi qu’à Uxelles (Jura), Uzel (C.-d’A.) et Uzelle (Doubs). Uxeloup (Luthenay-Uxeloup, Nièvre, Usselaou en 1243) représente ce même uxo accompagné du suffixe gaulois -avum qui a subi l’attraction de « loup ». Lussault-sur-Loire (I.-et-L.), noté Lousault en 1213, pourrait être un dérivé d’uxello avec agglutination de l’article. Il convient enfin de ne pas oublier, dans cette liste, le célèbre Uxellodūnum où César a livré sa dernière bataille de la guerre des Gaules, chez les Cadurques ; si plusieurs lieux en ont revendiqué l’héritage, le plus vraisemblable est sans doute le Puy d’Issolud à Vayrac (Lot).

Le même radical avec le suffixe superlatif –sama, donnant uxisama, « très élevé », a fourni les noms d’Exmes (Orne, aujourd’hui intégrée dans Gouffern-en-Auge), de Huismes (I.-et-L., Oxima en 907) et de Humes-Jorquenay (H.-Marne, Jorquenay : soit du gaulois *jorcos, « chèvre sauvage », soit d’un homme gaulois *Jorquennus) ainsi que la deuxième partie du nom de Gasville-Oisème (E.-et-L., Gasville : « domaine de Wado).

L’île d’Ouessant (Fin.), que l’on trouve notée   Oυξισαμη (Ouxisamé) sous la plume de Strabon en 7 av. J.-C., a un nom issu de ce même uxisama : c’est « la plus haute », soit que les marins  la considéraient comme la plus élevée (relativement aux autres îles ), soit comme la plus éloignée (vers l’ouest).

Ouéssant (29) 3

Pour mémoire, on a vu que le dérivé uxello pouvait entrer en composition avec  dūnum (cf. Exoudun, Issoudun à l’article correspondant) et d’autres.

Barro

Avec le  sens de « sommet », le gaulois barro (à comparer au vieil irlandais barr, au gallois et cornique bar, de même sens) est à l’origine de nombreux toponymes de formes simples ou composées.

■ employé seul, on le retrouve dans les noms de Bar (Corr.), Bar-sur-Aube et Bar-sur-Seine (Aube), Bar-lès-Buzancy (Ardennes), Bar-le-Duc (Meuse) et Bor-et-Bar (Aveyron, avec Bor, noté Vortz en 1258, de l’occitan vordz, « osier »). Le même appellatif a pu être dégradé en bard comme dans Bard (Loire, Bar en 1218), Bard-les-Époisses, Bard-le-Régulier et Jeux-lès-Bard (C.-d’Or), Bard-lès-Pesmes (H.-Saône), en Barr (B.-Rhin),en  Barre (Tarn, Bar en 972) ou encore en Bart (Doubs, au pied du Mont Bar). Montbard (C.-d’Or) est une tautologie comme le Mont Bar du Doubs et le Mont Bar à Allègre (H.-Loire).

Bar-le-Duc-Rue-Entre-deux-ponts

■ employé avec un suffixe :

  • diminutif : Bairols (Alpes-Mar, avec le roman -eolum), Barjols (Var, id.), Barret-le-Haut et Barret-le-Bas (H.-Alpes, avec l’occitan -et), Barret-de-Lioure (Drôme, id.), Barles (Alpes-de-H.-P., avec le latin -ulus) ;
  • augmentatif : Barras (Alpes-de-H.-P.) ;
  • d’appartenance -ensem : dans le sens de « pays de Bar », on trouve le Barrès ou Barrez, autour de Mur-de-Barrez (Aveyron) et de Lacapelle-Barrès (Cantal) ; l’équivalent en langue d’oïl est le Barrois autour de Bar-sur-Aube et le Barrois autour de Bar-le-Duc ;
  • roman itt-ana (sous entendu terra) : Barretaine (Jura), « (terre ) du petit sommet » ;
  • roman -icianum : Bazien (Vosges, Barzien en 1396, « (village) du Barrois ».

■ employé en composition :

  • gaulois *nava, « plaine, vallée entre deux montagnes, ruisseau dans une vallée » : Barnave (Drôme ), « hauteur dans la vallée » ;
  • gaulois gemelo, « lien » : Bargème (Var) et son diminutif Bargemon (Var) ;
  • latin locus, « lieu » : Barlieu (Cher) ;
  • latin mons, « montagne » : Montbard (C.-d’Or, castrum Barris montis en 1065), un nom tautologique ;
  • germanique hoch, « élevé » : Hohbarr devenu Haut-Barr en français, un sommet à Saverne (Bas-Rhin) où on trouve un château en ruine ;
  • germanique kopf, « tête » : Barrenkopf, un sommet à l’ouest de Masevaux (H.-Rhin).

Comme beaucoup de noms monosyllabiques bar connait de nombreux faux-amis à l’origine de toponymes  qui peuvent prêter à confusion comme Barran (Gers) et Barinque (Pyr.-A.) issus de l’occitan baren, « ravin, précipice », les nombreux Baron issus du nom de personne germanique Baro, etc. Le Bar (Alpes-Mar) est noté Poncius Albarni en 1078, Albarn en 1083 puis lo Bar au XVIè siècle :  du nom de personne germanique Adalbern ; la syllabe initiale Al- a été prise pour l’occitan al, « à le ».

Juris

Juris désignait une « hauteur boisée, forêt de montagne ». Cette racine est féminine, d’où les deux noms de la montagne du Jura, d’abord Jura chez César au milieu du Ier siècle av. J.-C. et Juris au début du Vè siècle chez Martianus Capella. On trouvera aussi les formes Jures chez Pline l’ancien et Joras chez Strabon. De ces différentes formes est issu le nom Joux qui se dira encore jusqu’au XVIè siècle et que l’on trouve dans le nom de la Joux, grande région boisée aux confins du Jura et du Doubs. Ce sont les cartographes du XVIè siècle (Mercator,…) qui reprendront la terminologie césarienne et appelleront Jura mons la montagne majeure de Franche-Comté, même si les noms des villes et bourgs apparaissent en français. C’est pourtant cette forme latinisante qui sera adoptée par les cartographes et géographes, comme Sanson d’Abbeville qui écrira Mont de Jura en 1648. Outre Lajoux (Jura), on trouve encore, dans une large moitié est de la France surtout, quantité de La Joux, la Haute Joux, le Bois ou la Forêt de la Joux, etc. tous issus de ce juris.

La paronymie avec les dérivés de jugum, « crête de montagne », ( donnant des noms en Joux ou Jeu), est source de difficulté et seules les formes anciennes permettent de trancher. Jours, en Côte-d’Or, attesté Jorx en 1170, Jugi en 1174 et Jorz en 1246, semble bien être un dérivé de juris, confondu avec jugum par les scribes.

juris

 

Il faut adjoindre aux noms communs féminins joux ou jour qui désignaient une forêt de montagne, des dérivés jorat, jouret, jorette, jorasse, à valeur diminutive ou péjorative, dont certains se sont figés dans des toponymes : c’est le cas des noms des Grandes et Petites Jorasses en Haute-Savoie, dans le massif du Mont-Blanc.

En composition avec le gaulois ialo, « clairière », juris a donné son nom à Jureuge, un hameau de Laurie (Cantal ) et, précédé du latin per, « à travers », à Perjuret, un hameau de Fraissinet-de-Fourques (Loz.), avec le sens de « à travers la montagne », d’où « col ».

cdl 2

La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine.

Le nom d’origine, formé d’un des trois mots étudiés dans le billet précédé d’un adjectif gaulois, a fini par être si mal compris qu’il s’écrit aujourd’hui en trois mots censés lui donner le sens compréhensible d’« endroit » d’un « animal ». Mais ce sens a paru si peu logique aux premiers étymologistes, qui auraient sans doute préféré un « végétal », qu’ils ont émis l’hypothèse que le premier des trois mots aurait remplacé un homonyme qui, lui, donnait un sens tout à fait correct et d’autant plus plausible qu’il existe d’autres exemples de ce genre. Les toponymistes plus récents, s’appuyant sur les formes anciennes, ont bien démontré l’origine doublement gauloise de ce nom.

Le chef-lieu du canton dans lequel se situe cette commune porte un nom dérivé d’ un autre des trois mots étudiés dans le billet.

■ un premier indice :

indice b 02 08 2020

 

■ un deuxième indice — pour ceux qui disposeraient d’une machine à voyager dans le temps :

indice a 02 08 2020

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

61 commentaires sur “Trois autres hauteurs gauloises

  1. Il me semble utile d’apporter une précision dont les cruciales importance et opportunité n’échapperont à personne.

    Ni Barret-le-Bas ni Barret-le-Haut ne gardent encore une existence administrative, codée à l’INSEE.
    Pour être en phase avec l’actualité du moment, Leveto aurait dû se suffire de BARRET-SUR-MEOUGE, codé 05 014.
    Néanmoins, dans le canton et à l’usage oral, tout le monde misonéiste** persiste à faire le distinguo.

    Je sais ce genre de chose depuis 1995, l’année où avec la délicieuse Yanick N, accordéoniste et devenue leadeuse d’une formation cajun, nous sommes allés à Barret-le-Haut, là où vivait sa guitariste.

    Puis-je partir, adrift et maintenant, vers des considérations relatives à l’élevage et à sa fécondité toponymique?… OK!

    1. Dans les environs de Sisteron/Laragne, le seul bestiau de cheptel que l’on voit communément paître en bande organisée et en rase campagne ou, le plus souvent, en de moins ras endroits, c’est le mouton… promis aux abattoirs de Sisteron.

    2. Curieusement, la toponymie locale parle davantage de chèvres :

    – Barret-le-Haut fut un temps le « Barret-des-Chèvres ».

    – A Châteauneuf-de-Chabre, je connais une « chevrière » de presque mon âge et mieux conservée que moi: elle ne boit pas, ne fume pas, se refuse à consommer la moindre viande et n’a même pas Internet.
    Malgré toutes les tares qu’elle a, on s’entend très bien sauf lorsque je l’invite au resto’.

    Toutefois, son « élevage de caprins » reste bien confidentiel au regard de la prédominance de l’ovin, constatée depuis Ribiers (05 118) jusque z’aux terres champenoises* :

    https://www.lachampagneviticole.fr/blog/2018/01/08/ovinalp-lagneau-de-sisteron-en-champagne/

    3. La Méouge impétueuse qui longe à sa manière les deux Barret réunis et Châteauneuf-de-Chabre prend sa source à BARRET-DE-LIOURE, autrement dit le lieu violemment altimétré où se complaît la loutre improbable.
    Les ébats de cette loutre, selon l’idée que je m’en fais, ne sont admis que dans d’autres circonstances et sûrement pas là où ne sourd qu’un maigrelet filet d’eau… sans véritable poiscaille à caractère alimentaire mise à disposition.
    ____________

    *Pour que les choses soient claires en cette affaire:

    Il existe des filières de valorisation plus ponctuelles comme par exemple la société
    OVIN’ALP qui collecte le fumier d’ovin (label rouge « Agneau de Sisteron » uniquement) et fabrique des bouchons d’engrais (40 000 t/an d’engrais organiques et 200 000 L/an d’engrais organique
    liquide52), vendus ensuite aux particuliers ou maraîchers.

    ** Faut dire que MISON, dans le 04 et dans le paysage tel que perçu depuis ma fenêtre de PACA, y est peut-être pour quelque chose dans ma vision des choses… Avec ce parfum de battle entre Rostaing et Nègre… l’un en tenant pour l’orographie (constatable) et l’autre pour le nom d’homme (confortable).

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  2. TRS

    Bien vu pour Barret-sur-Méouge. J’en étais resté aux deux localités distinctes …

    j’ai aussi des choses à dire sur le Barret-de-Lioure dont le déterminant n’a rien à voir avec la loutre, mais, tant que je n’ai pas accès à mes sources pour me permettre d’être sûr de moi, il faudra attendre (cf. le billet suivant ).

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  3. Ainsi Wiki m’aura trompé une fois de plus !… et le déterminant LIOURE n’aurait donc rien à voir avec la loutre piscivore !
    C’est à la fois bien décevant – à qui peut-on se fier, de nos jours ?- et très rassurant quant au peu de bon sens qu’il me reste quand j’envisage les besoins alimentaires d’une loutre et ce que peut lui proposer son habitat.
    A Barret-de-Lioure, comme je le subodorais, ça l’fait vraiment pas !
    ……

    Avant même les révélations que vous me promettez, je suis allé pêcher d’éventuelles infos sur Internet.
    Elles confirment l’opinion que j’ai des « certitudes/incertitudes » qui font de La Jeune Science un foutoir somme toute sympathique.

    Pour ne pas faire dans le pachydermique asséné, je me contente de deux extraits :

    Étymologie de Barret-de-Lioure
    Dans un article sur la toponymie de la Drôme, publié en 1910 dans le Bulletin de la Société Départementale d’archéologie et de statistique de la Drôme, il est indiqué que « Barret-de-Lioure, petite agglomération du canton de Séderon ; est classée en 1337 sous les traits « de Borreto de librâ » ; tire son nom du vieux français « barrette », petite barrière ; de Libra s’est transformé en 1539 en Liure, mais en 1519 on lit encore « Prior curatus de Barreto-Libra » ; cette permanence du mot de librâ s’explique par la nature du terrain ; les deux termes expriment l’idée d’un petit obstacle (barrette) sur une route ouverte (de librâ viâ) ».
    On peut également penser, avec A. Lacroix (1901), que l’étymologie de Barret-de-Lioure viendrait de barra, rempart, associé à la position du village à l’extrémité nord-ouest de la crête de la montagne de Lure.

    Quid alors de Lioure, du Luberon et de la Montagne de Lure (celle de ma proximité)?

    La montagne est désignée comme Montanha de Lura en occitan provençal classique et Mountagno de Luro sous la norme mistralienne. Son étymologie semble à la fois assez proche de celle du Luberon voisin et de Lioure que l’on retrouve dans Barret-de-Lioure, une commune qui se situe à l’ouest de la chaîne. Les toponymistes, dans leur grande majorité, n’ont pas retenu ces deux hypothèses pourtant séduisantes. En effet, si le Louerinos de Strabon est historiquement prouvé pour le Luberon, il ne l’est pas pour Lure où aucune forme ancienne ne s’y rapporte.
    La seconde hypothèse mérite plus d’attention puisque le toponyme de Lioure est inclus dans la zone de Lure. Une de ses formes les plus anciennes est d’ailleurs Barretum de Lura, attesté en 1274. Mais l’évolution du nom de cette commune, en particulier au cours du XIVe siècle, montre d’autres formes qui attestent plus Libra, un prénom féminin dérivant de Liber, le dieu du vin italique qui fut assimilé à Bacchus et que les Romains honoraient sous le vocable de Liber pater.
    Ces deux hypothèses cèdent le pas à une troisième qui fait intervenir un radical préceltique * lurt (terre). C’est l’une des bases lexicales d’une langue préceltique, que l’on retrouve surtout dans le Béarn et le Pays basque. Cette racine se retrouve essentiellement dans des oronymes ou des toponymes signifiant avalanche ou glisse.
    D’ailleurs, il existe dans les Pyrénées une vallée du Louron et un pic du Lurien.

    Bref, c’est le doux bordel constaté en cette affaire et l’épistémologie en vient à trépigner, n’y retrouvant pas de quoi la satisfaire.
    ___________

    Quand donc trouverez-vous un moment, Leveto, pour nous causer, à l’onomastique et quant au BAR gaulois, du Bar-Tabac.
    Celui de la Rue des Martyrs, à Paris (75), conserve la notoriété qu’il mérite :

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  4. Notons qu’à Barret-de-Lioure on trouve le microtoponyme La Crau, que j’avais proposé naguère comme solution à une énigme de TRS ;

    « crau \kʁo\ féminin
    (Provence) Plaine semée de pierres et de galets arrondis, couverte d’une steppe propice aux activités pastorales. »

    https://fr.wiktionary.org/wiki/crau

    https://www.google.fr/maps/place/26570+Barret-de-Lioure/@44.1980186,5.4945722,1711m/data=!3m1!1e3!4m5!3m4!1s0x12ca5bccacdbf069:0x408ab2ae4bfc9c0!8m2!3d44.186151!4d5.493482

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  5. @TRA

    Il me semble que le dédain que j’avais eu en son temps pour cette CRAU (dont vous semblez accro’ ) vous soit resté sur l’estomac.
    Alors keep cool et décapsulez une KRO’… ça y est ?
    Vous pouvez la boire à ma santé qui, ces jours-ci, n’est pas au top
    Maintenant, prenez-en une autre et écoutez :

    1. Votre réponse n’en était pas une car elle ne répondait guère aux conditions énoncées et telles que rappelées ci-après :

    2. Un microtoponyme violemment réservé à quelques départements de notre France éternelle a su susciter un patronyme dont ces mêmes départements conservent la quasi exclusivité.

    3. RIEZ et (Pascal) DURIEZ, ça l’faisait !… mais pas LA CRAU et (Léonide) DELACRAU !

    4. Quant aux DUCROCQ et DUCROS, même s’ils se décarcassent peut-être encore, ils sont hors propos.

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  6. @TRA (suite et fin)

    Barret-de-Lioure vous fait penser à Loures-Barousse.

    C’est bien possible mais, quant à moi, ce Barret-de-Lioure, rapport à la Méouge, me fait penser à EOURRES, minuscule localité du 05 où Michel Jonasz, un type qui fait dans chanson, possédait une résidence.

    De là lui est probablement venue l’idée de l’un de ses derniers titres, une affaire qui tourne autour d’hydronymes et dont je ne glisse pas de lien vers You Tube tant le propos et le résultat me semblent insignifiants… et limite ridicules : ce garçon n’est pas fait pour le spoken blues.

    Vous vous contenterez donc d’un extrait des lyrics :

    Les eaux de la Méouge, du Rhône, de la Durance et la Marne et la Seine et l’Aude et la Dordogne,
    Les eaux de I’ Aveyron, de l’Eure et de l’Adour…

    En constatant qu’il s’est gouré quant à l’habitude qu’ont les eaux douces à suivre la pente descendante.
    S’il avait été davantage consciencieux, il aurait respecté le bon ordre des choses : Méouge, Buëch, Durance et, enfin, Rhône.

    P.S 1 Il m’est arrivé d’aller à pied, depuis les Dados (lieu-dit de Ribiers) jusqu’à Rougnouse tandis que les ruines de l’endroit étaient encore visibles. Au retour, j’ai vécu un orage épouvantable.
    Depuis, cet endroit d’Eourres a servi de carrière et, m’a-t-on dit, il n’en reste rien.

    P.S 2 Michel Jonasz actionnaire d’une secte ?

    https://www.dici.fr/actu/2019/11/06/hautes-alpes-michel-jonasz-frequentait-secte-communaute-d-eourres-1327541

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  7. En fait, j’étais juste étonné de voir une « crau » en ces lieux (peut-être un homonyme).

    Je vais suivre votre conseil quant à la Kro : mais, vu la chaleur qui s’annonce, c’est une caisse (voire toutes les réserves de l’adjudant Kronembourg qu’il va me falloir);

    Je vous souhaite de retrouver une santé florissante et, pour vous y aider, vous envoie un peu de musique douce, qui, j’en suis certain, vous plaira et vous y aidera …

    [Quant à Loures-Barousses, c’est vraisemblablement juste une vague homophonie.]

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  8. Désolé, TRA, mais je ne suivrai pas votre prescription.
    J’ai mieux en ma pharmacopée particulière:

    Rien à voir mais juste pour connaître l’avis du Big Boss du 84 :

    Je lis quelque part que Eourres (05) et Noailles (60) auraient en commun de provenir de « NOVALE » pris au sens de terre nouvellement défrichée.
    L’homme âgé s’étonne et s’émerveille d’une telle révélation… en attendant confirmation.

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  9. Barret-de-Lioure (Drôme) :

    si l’étymologie de Barret ne fait guère de doute ( gaulois bar et diminutif occitan -eto), celle du déterminant Lioure n’est pas établie avec certitude. La forme la plus ancienne connue, de Libra en 1337, peut en effet donner lieu à plusieurs hypothèses :
    — notons pour commencer que ni Nègre (Topo. Géné. de la France) ni Dauzat&Rostaing ( Dico. des noms de lieux de France) ni les autres dont je possède des ouvrages ne s’aventurent à donner une explication ;
    — l’explication rapportée par wiki ( Y.-L. Martinent, Toponymie ardéchoise autour de Lagorce, 2011) selon le latin lutra , « loutre », ne tient pas la route au vu de la forme anciennelibra, du nom occitan loira de la loutre et de l’ éco-topologie des lieux ;
    — l’explication donnée en 1910 dans le Bulletin de la Société Départementale d’archéologie et de statistique de la Drômelibra qualifierait une route ouverte, libra via , est à prendre avec des pincettes ;
    — l’explication donnée en 1901 par A. Lacroix qui écrit que le déterminant fait référence « à la position du village à l’extrémité nord-ouest de la crête de la montagne de Lure » est à prendre avec considération non pas par une proximité entre Lioure et Lure (qui, là aussi, tandis que le nom de la montagne est issu d’un oronyme pré-indo-européen *ler/lur, ferait l’impasse sur l’ancien Libra de 1337) mais parce que F. Mistral donne dans le Trésor du Félibrige à l’article lieura la variante libra avec le sens de « finir, achever » ;
    — ce même TDF possède une entrée Liéuro, Léuro, Liouro avec le sens de « livre (poids, monnaie) » mais surtout avec le sens « d’allivrement, imposition, en ancien terme de cadastre », ce qui pourrait constituer une explication tout à fait plausible, la parcelle constituant la quote-part d’imposition cadastrale du village ayant alors été appelée libra ;
    — toujours le même TDF mentionne à l’entrée Lièuro deux ruisseaux drômois appelés Lioure ou l’Ioure et la grotte de la Lioure à Claviers (Var). On a ici des noms issus d’un pré-latin *Lip-ar / *Lib-ar à sens hydro- ou oro-nymique, le même qui a donné son nom au Libron, fleuve côtier héraultais ( Lebrontis en 972) et au Libre, affluent audois de l’Orbieu ( Jacques Astor, Dico.des noms de familles et des noms de lieux du Midi de la France, qui ne parle pas de Barret-de-Lioure). Un affluent du Méouge (qui prend sa source à Barret-de-Lioure) s’appelle le Lioron ce qui pourrait appuyer cette étymologie.
    — on pourrait aussi penser à un féminin du nom de personne latin Liber, qui est à l’origine du nom de Livron dans la Drôme ( castrum Liberonis en 1157) et dans les P.-O. mais les noms de femme latins, qui plus est sans suffixe, sont quasi-inexistants en toponymie.

    Et je m’arrête là en joignant mon abstention à celle de Nègre, Dauzat, Rostaing, etc., même si l’origine selon le pré-latin *libar a ma préférence.

    ■ Éourres (H.-Alpes) :

    — la forme ancienne de Euris (1246) a incité E. Nègre, qui s’appuie sur le TDF,à voir dans ce nom le pluriel de l’occitan èuro, féminin, ou èurre, masculin, « lierre » ;
    — Dauzat&Rostaing qui s’appuient sur l’évolution dans le temps du nom d’Eoures ( quartier de Marseille, B.-du-R., avec un seul -r-), à savoir Novolas en 1060, puis Evola en 1113 et Eura en 1306, font d’Éourres un dérivé de * novulas (terras), dérivé de novus , « nouveau », désignant des terres nouvellement défrichées, avec la déglutination de n- pris pour la préposition en. Cela ferait donc d’Éourres un équivalent de Noailles (Corrèze, Oise, Tarn), Novale (Corse), Neaux (Loire), etc.

    S’il me fallait choisir, je voterais pour la deuxième hypothèse, voyant mal un village s’appeler « les lierres ».

    Ouf. Merci de m’avoir lu jusqu’au bout.

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  10. Loin des considérations sur l’origine des toponymes Éourres et Lioure, je me permets de signaler discrètement mon étonnement de voir une compilation de « chansons à boire irlandaises » commencer par Back Home in Derry (déjà évoquée ici par le passé d’ailleurs), qui est une chanson politique de Bobby Sand et vraiment pas une « chanson à boire » ! Je veux bien que les Irlandais noient leur chagrin en buvant lorsqu’ils entonnent cette chanson, et expriment leur nationalisme par des chants patriotiques lorsqu’ils se pintent au pub, mais cette corrélation boisson-chansons n’y change rien. Ce n’est pas, certainement pas, une chanson que l’on puisse classer dans la catégorie « chansons à boire » (ou alors 90% des chansons y figureraient, car seuls les mélodrames sinistres empêchent de boire en les écoutant — et d’ailleurs, dans ce cas 100% des chansons irlandaises y figureraient car les Irlandais peuvent se pinter sur toutes les chansons, y compris fort tristes, et dans ce cas « chansons à boire irlandaises » serait un pléonasme et cette compilation devrait alors s’appeler « chansons irlandaises », bref, par quelque bout qu’on le prenne, ça ne marche pas).

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  11. @ Jacques C

    Je comprends un peu votre indignation mais rien qu’un peu.
    Pour les raisons suivantes :

    1.J’avais mis ce lien car ce fut le premier qui se soit présenté.

    2. Peu, chiche, je vous en ressers un autre :

    Vous y trouverez, piste 5 et à 11 :45, THE FOGGY DEW, une chanson dont le thème plutôt éloigné de la pompe à bière. Perso, j‘adore l’émouvante version Sinéad O’Connor & The Chieftains

    3. Pour la période allant de 1993 à 2000, le groupe auquel j’appartenais se produisait davantage dans les bars qu’aux salles paroissiales… et je peux vous assurer qu’un public gelé* n’a pas la même rigueur que vous.
    Nous faisions essentiellement des reprises dont un tiers d’irlandais ; le reste en français ou en québécois.

    Anecdote : Pour ne fâcher personne, on avait équilibré la partie entre Brel et Brassens : 1 partout !
    Brel, c’était Amsterdam et ça c’était raccord.
    Brassens, c’était Les Passantes… et ça « passait » tout de même.

    4. Mon sentiment est donc qu’un public de consommateurs irlandais imbibés ne doit pas être foncièrement différent des avinés qui firent notre public enthousiaste… dont beaucoup d’enseignants des deux sexes, certains étant même capable de reprendre en chœur tout en reprenant une pression.

    5. Enfin, j’ai le sentiment qu’un « Irish Pub Song » n’est pas forcément l’équivalent d’une « chanson à boire », telle que moi je l’entends.

    Pour le simple plaisir de la « bamboche », un morceau en forme de complainte avec longévité évoquée :

    -Est-ce là une « chanson à boire »??? Je ne dirais pas ça…. même si le thème pourrait le faire penser

    *Merci Brosseur, vous avez considérablement enrichi mon vocabulaire !
    _____________

    Merci aussi, Leveto, pour vos recherches quant à Lioure/Eourres. Maintenant les choses sont devenues infiniment plus claires à mon esprit !
    Mais quid des Neuilly dans la série Novale, Eourres et Noailles ?
    Ils sont davantage représentés, à mon avis, et :

    D’un autre côté, cependant, l’histoire et l’archéologie doivent au contraire servir de guide, voire de garde-fou au linguiste lorsqu’il est en présence d’un toponyme inidentifiable ou embarrassant. Si l’on ne savait par les textes qu’aux temps mérovingiens les terres nouvellement défrichées étaient appelées novelli (fundi) ou novalia (nt. pl.), on serait tenté d’attribuer à un Novelliacum (« domaine de Novellius », gentilice connu en Gaule) les localités de France appelées Neuilly, Noilly, Noailles, etc. (P. Lebel, Onomastique, dans L’histoire et ses méthodes, coll. « Pléiade », 1961, p. 694).

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  12. TRS
    voilà que maintenant vous m’entrainez vers les Neuilly … Il y a beaucoup à dire à ce sujet (et des controverses en veux-tu en voilà). À votre demande générale, le billet du week-end, après la « répàladev », sera donc consacré aux novalia et leurs dérivés ainsi qu’à leurs faux-amis.
    D’ici là, patience.
    _____________________________________________________________________________________

    Pour m’immiscer dans la discussion entre Jacques C. et vous, je me permets d’ajouter une nuance qui me semble d’importance : je fais — et je ne crois pas être le seul à le faire — une différence assez nette entre la « chanson à boire », celle qui pousse à boire ( Chevaliers de la table ronde , boire un petit coup… etc) et que le public de fin de banquet reprend souvent en gueulant plutôt qu’en chantant et la chanson qu’on écoute en buvant dans une taverne de Londres, un pub irlandais, etc. et que le public peut reprendre en chantant.
    Qui n’a pas entendu une Bella ciao! entonnée par les clients attablés d’une trattoria turinoise accompagnés d’un accordéoniste faisant la manche en terrasse ne sait pas ce que c’est que « chanter en buvant » (bon, j’exagère un peu : j’ai aussi des souvenirs émus du Temps des cerises clôturant les grands repas de famille de ma jeunesse, mais vous voyez l’idée).

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  13. @ TRS :

    Ma surprise (et contestation taxonomique) ne signifiait aucunement prévention envers votre première compilation. Mais puisque cela nous en a fait gagner une deuxième sans supprimer la première, nous sommes gagnants.

    J’avais répondu par anticipation à votre remarque sur votre public et le public de pubs irlandais. Pour être plus clair : bien sûr que dans certains contextes, toute chanson peut être motif de beuverie, surtout en Irlande. Mais dans ce cas, l’existence même d’une catégorie « chansons à boire » (qui était bien l’intitulé de votre premier lien) devient absurde. Si toute chanson est « à boire », il suffit d’appeler ça « chanson ». Tout court. Parler de « chansons à boire » suppose et impose qu’il existe des chansons qui ne sont pas à boire. Et donc, parler de « chansons à boire » interdit d’y placer Back home in Derry. C’est une question de logique taxonomique. Pour le reste, je peux très bien boire en écoutant cette chanson, et j’aime toujours l’entendre.

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  14. @ leveto :

    Je n’avais pas rafraîchi mon levain la page avant de poster mon commentaire (après l’avoir laissée ouverte pendant que je faisais autre chose, mea culpa), et je n’avais donc pas lu celui que vous avez envoyé entretemps. Vous exprimez exactement ce que je voulais dire.

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  15. J’espère que, dans le billet de dimanche, il sera question de Noves, lieu qui a quelque accointance avec Laure de Sade,la muse de Pétrarque, et donc, indirectement, avec le Divin Marquis …

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  16. Quand on voit que la hauteur qui domine Noves s’appelle la « colline du Pieu », on a du mal à croire que l’amour de Laure et Pétraeque resta platonique !

    ———-
    Riez si vous voulez, mais on trouve là une autre Crau :

    « Le vin de pays des Alpilles est un vin de pays de zone, au nord des Bouches-du-Rhône qui a vocation à labelliser, après dégustation, les vins ne pouvant postuler à l’appellation d’origine. Jusqu’en 2000, il portait le nom de vin de pays de la Petite Crau. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Noves

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  17. @Jacques C. et Leveto

    Je viens de relire ce qui a été dit à propos de distinguos subtils entre « Chanson à boire, Irish Pub Song et Chanson à usages multiples ».
    Chacun de nous dit à peu près la même chose, à quelques nuances près.

    Notamment celle-ci, relevant des usages à travers le monde tels que collectés par l’ethnomusicologie la plus rigoureuse : – Le lead singer de notre formation qui avait, à proportion de 50%, du sang rital coulant dans ses veines d’Isarien, oubliait rarement d’entonner un vigoureux Bella Ciao.
    Seule différence d’avec le vécu de Leveto, personne n’allait faire la quête en extérieur ou « passait le chapeau » dans la salle. Sans doute une simple question de bonne éducation ?
    _______________

    Retour vers La Bamboche et mes souvenirs de jeune homme :

    Vers 197???, tandis que j’avais fait le déplacement jusqu’à Saint-Germain-de-Calberte, tard dans la nuit, Boisset est venu passer une heure ou deux là où ma bande avait établi son campement.
    Il y était venu guidé par le flair du fiddler : – Là où bières il y a et violon seulâbre, ma compagnie sera de mise et requise… à peu de frais.
    Bref, mon petit-frère et lui se sont entretenus aux fiddles de plein-air et aux canettes de bière jusqu’à pas d’heure(s).
    _____________

    Retour vers la chanson à boire et la toponymie annexe, telle qu’inexpliquée encore aux Nuls, vaste peuple dont je fais partie :

    1.Une « chanson à boire », calibrée tout comme il faut :

    2. Celle-ci enchaîne sur un air à danser, un branle adapté librement de celui de Michael Prætorius : Le Bransle de Montirandé

    3. Tout comme on a en tête les valses de Vienne, l’en-avant deux de Bazouges, le laridé de Mesdeux, le rock de Rocamadour ou le tango corse, on s’imagine que Montirandé relève de la toponymie greffée à la choré’, pour le typique de la chose.

    4.Las, point de Montirandé toponymique recensé chez le Wiki inexhaustif.

    5.Et pourtant, il a existé une abbaye Notre Dame de Montirandé….

    Comme on dit :
    Abbaye de Sénanques
    Notre Dame de Paris
    Basilique de Lisieux…
    Et Lulu de Nantes, à elle seule temple prostibulaire où communièrent tant de fidèles et moinillons, pris par la danse du cul, tonalité en rUT majeur… c’est à dire en en C-Dur à la bandaison.

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  18. Remarquons que l’ancienne commune de Montier-en-Der est attenante à l’ancienne commune de Puellemontier, soit littéralement « le monastère aux pucelles » (une « abbaye aux dames », comme on dit dans la capitale de ma Xaintonge natale).

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  19. Francisque publie en 1600 un unique recueil de pièces de luth :

    Le Trésor d’Orphée, livre de tablature de luth contenant une Susane un jour, plusieurs fantaisies, préludes, passemaises, gaillardes, pavanes d’Angleterre, pavane espagnolle, fin de gaillarde, suittes de bransles tant à cordes avalées qu’austres, voltes & courantes mises par Antoine Francisque. – Paris : Pierre I Ballard, 1600. – 2°, 32 f., tablature française »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Francisque

    —————-
    « un branle adapté librement de celui de Michael Prætorius : Le Bransle de Montirandé » (TRS)

    —————
    Antoine Francisque et Michaël Praetorius étant contemporains, qui a « popé » sur l’autre ?

    Ou à quelle source commune se sont-ils abreuvés ?

    [Si ma question est stupide, que l’on pardonne à l’ignorantin musical (entre autres).]

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  20. Je ne trouve rien sur WP Fr, mais qur WP En on a cela :

    The Branle de Montirandé appears to be related to the Haut Barrois branle, which Arbeau says was « arranged to the tune of a branle of Montierandal » (probably Montier-en-Der, near Chaumont in the Haute Marne) (Arbeau 1967, 136 and 203 n92). This is danced in duple time, and as described by Arbeau has a similar structure to the double branle. Settings for this appear in the lute anthology Le trésor d’Orphée by Anthoine Francisque (1600) and the ensemble collection Terpsichore by Michael Praetorius (1612).

    https://en.wikipedia.org/wiki/Branle

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  21. « Les branles gay, de Poitou, et double de Poitou, le branle de Montirandé et son double qui
    se fait sur la deuxième phrase musicale du branle et non dans un nouveau passage, se font
    en rond, font de même. »

    Cliquer pour accéder à Christine%20Bayle.pdf

    —————–
    ‘a y est ! Je viens de trouver les partitions des deux Branles de Montirandé d’Antoine Francisque, ainsi qu’un site qui nous propose de les télécharger (en MP 3) :

    https://books.google.fr/books?id=dGkRAAAAYAAJ&pg=PA52&lpg=PA52&dq=le+branle+de+montirande&source=bl&ots=OWGjn1rI-4&sig=ACfU3U0MegM6EcPss75cG1d9ZUfgaYf6bw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiWsNDKsYzrAhXnAGMBHfodDI04ZBDoATACegQIBhAB#v=onepage&q=le%20branle%20de%20montirande&f=false

    http://www.verseandsong.com/song/renaissance-lute/1293-2/

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  22. @ Leveto, hier et vers les 17 heures

    Merci pour cette information.
    Une remarque cependant, à propos de ceci :

    …dit aussi Montier-en-Der qu’on prononce Montirander.

    A mon avis, François Robert s’est gouré et, si l’œil voit une finale en –er comme dans mer, l’oreille devra entendre le son –é.

    Vu de chez moi, Montier-en-Der, c’est plutôt vers l’Est… tout comme le sont Gérardmer, Retournemer et Longemer.

    https://fr.wiktionary.org/wiki/G%C3%A9rardmer#Prononciation

    S’il fallait en faire tout un fromage, ce serait avec une portion de Géromé :

    https://fr.wiktionary.org/wiki/g%C3%A9rom%C3%A9

    Remarques annexes

    A. En direction de l’Ouest et depuis Machincourt,, je trouve la Normandie et, par facilité, j’emprunte ce qui suit à « Monsieur Didier »*

    La rime normande

    Faire rimer les mots qui ne riment que pour l’œil est normalement interdit depuis Malherbe : aimer, la mer. Cette rime a pourtant été appelée la rime normande, à cause de mer, qui en Normandie se prononce . Les poètes du XVIIe s. l’emploient souvent, particulièrement Corneille.
    Victor Hugo s’en est servi dans

    À Villequier :
    Que j’ai pu blasphémer
    Et vous jeter mes cris comme un enfant qui jette
    Une pierre à la mer.

    B. Toujours en Normandie, je trouve Fécamp et ses terre-neuvas, lesquels sont sans rapport avec la Novalie en tous ses états et à venir.
    Je retrouve surtout Gaston Couté, un gâs beauceron qui ne méprisait pas la parlure de terroir (ou de merroir?) et qui avait un certain sens de la rime.
    Extrait :


    Des fois, l’un d’nous tombe dans la mer,
    C’est-y pas vrai ? C’est-y pas vrai ?
    Comme dans une grande gueule affamée.
    C’est-y pas vrai, les Terre-Neuvas.

    Les textes de Couté ont fait l’objet d’adaptations musiquées, nombreuses et à l’insu de son plein gré.
    Je n’en trouve pas une seule qui fasse rimer à l’oreille « mé » (=mer) et « affamée ».

    C. Par chez moi, il existe trois localités qui se touchent – en toute honnêteté, est-il besoin de le préciser?
    Ce sont MONTIERS, LEGLANTIER et MENEVILLERS, toutes trois avec, à l’oral, une finale en –é.
    Il y a aussi, dans ma proximité, la commune de VILLERS (-sur-Coudun)… et là, il faut la syllabiser façon VIL + AIR.

    Moralité en ce moment d’insomnie : – Rien de tordu et tortu ne sera épargné à l’homme âgé… par nature soucieux de certitudes et de finesses à l’esgourde… du moins tant que cette dernière n’est pas encore équipée d’un sonotone
    __________

    * « Monsieur Didier », le vrai -et je parle-là des Lorrains historiques et déplacés- selon certaine parlure ritale d’antan, est devenu MONSU DESIDERIO… d’où le pseudo adopté par Dominique DIDIER, un défunt type que ses élèves appelaient respectueusement « m’sieur Didier » et qui, bien qu’il n’ait jamais su peindre et qu’il fût un chouia caractériel, aura laissé des traces et su susciter une sorte de vénération un peu ridicule à mes yeux, mes yeux qui sont plutôt portés vers la difficile peinture à la ouaïle que vers les petits miquets de BD.
    Mais je ne suis pas d’extraction champignacienne, moi…

    @TRA

    Quand le branle vous prend, c’est fou l’agitation consécutive qui s’ensuit, manifestée de main de maître… de maître à danser !… évidemment et sans allusion aucune à une quelconque activité manuellement menée à son terme.

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  23. TRS
    je pense que c’est précisément ce que l’auteur voulait dire : « on prononce Montier-en-Der comme Montirander », c’est-à-dire comme « chanter », « appréhender » ou… « Géradmer ». Tout le monde sait ou devrait savoir comment prononcer Gérardmer !

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  24. Je suis quand même quelque peu troublé de ce que le Branle de Montirandé (je conserve la graphie d’Antoine Francisque, qui est sans équivoque) porte le nom d’un lieu sis non loin du village de Ceffonds / Seffonds, lieu de naissance supposé (selon le témoignage rapporté par Siméon Luce) de notre Pucelle nationale.

    Et, en plus, non loin de Puellemontier, le « moutier aux pucelles »;;;

    Voilà un mystère qui mériterait d’être défloré !

    —————
    Après le Branle de Montirandé, dans la perspective d’étude du « patrimoine en danse » proposé par Christine Bayle, il conviendrait de se consacrer maintenant à la Gaillarde (je connais un peu …) et, peut-être au Branle gay (mais, la, n’ayant pas encore d’expérience, je me demande si, à mon âge, c’est bien raisonnable ..).

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  25. Moralité en ce moment : – Rien de tordu et tortu ne sera épargné à l’hommagé

    __________
    de hommage (rendre hommage)
    pour tout dire
    comme ça – en passant

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  26. Tout le monde sait ou devrait savoir comment prononcer Gérardmer !

    Idem pour Montier-en-Der, Leveto, et votre tentative d’explication ne tient pas la route : le DER ne se prononce pas comme dans commanDER, mais bien comme dans PinDER, le cirque, ou dans tenDER… – Ah, love me tender, disait la loco Mikado.
    Pour preuve, toutes les vidéos qui vantent les charmes du Lac du Der-Chantecoq* : chaque fois la voix off fait sonner clairement le R.
    _______________

    *Chantecoq, Chantecler… le revoilà l’oiseau de l’illustration !

    Et, malheureusement pour vous, Leveto, il semble que vous vous empiergeâtes une fois encore.
    Du temps de Buffon, on n’avait pas encore inventé la machine à aller faire un tour dans le futur, histoire pour lui d’aller « signer » une illustration qu’il n’avait jamais connue de son vivant… et pour cause : Édouard Traviès (1809/1876) ne fut pas vraiment son contemporain.

    Et puis, ce Buffon, sans doute incapable de faire le portrait d’un oiseau*, a-t-il seulement connu la quadrichromie appliquée aux ouvrages de vulgarisation?… Je ne sais pas et Jacques de Sève faisait dans le noir et blanc.
    ___________

    *J’aurais bien cité le Prévert portraitiste… mais non, je vais me contenter avec l’Alphonse, quand il joue avec DER/DEUR

    Lorsque tu verras une bonne
    D’enfants, et non autre personne,
    Assise au milieu d’un tender
    Ou wagon de chemin de fer,
    Découvre-toi sur son passage,
    Salut à son noble visage !
    Moralité
    A bonne en tender, salut.

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  27. « chaque fois la voix off fait sonner clairement le R (TRS).

    Dans ma Xaintonge natale (je n’en parle jamais, mais c’est l’occasion de la placer), le C final des toponymes en -AC s’était amuï.

    Dans ma jeunesse, les paysans du coin (c’est-à-dire tout le monde pratiquement), quand ils parlaient entre eux, disaient Meursâ, Gémozâ et Cougnâ, et non Meursac, Gémozac et Cognac (qu’ils employaient néanmoins avec les « Parisiens » venus en vacances). Avec ma génération, cela s’est perdu (avec l’usage du « patois ») et tout le monde fait claquer le C final comme dans « ammoniac ».

    D’une façon plus générale, on entend de plus en plus la consonne finale de « tabac » et de « estomac ».

    C’est le même phénomène qui a dû se produire pour Montier-en-Der : d’ailleurs, la graphie « Montirandé » employée par Antoine Francisque à la charnière des seizième et dix-septième siècles montre bien qu’alors le R était muet.

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  28. TRS

    Pour la prononciation de Montier-er-Der, TRA vous a déjà répondu et je l’approuve. Si j’en crois les textes concernant une ordonnance de 1669, on écrivait alors « Montirandé », sans doute comme cela se prononçait.
    Et c’est pourquoi cette graphie et cette prononciation est restée pour le branle de Montirandé que vous m’avez fait découvrir, même si les gens du crû prononcent maintenant Montier-en-Der rimant avec air.

    À moins que je n’aie mal lu, il me semble que ni la page wiki consacrée au village ni celle consacrée à l’abbatiale ne mentionnent ce branle de Montirandé. Qui se charge de leur en parler ?
    _______________________________________________________________________

    Pour le coq que j’attribuais à Buffon, je fais amende honorable. Pressé par le temps pour finir mon billet, j’ai tapé « Buffon + coq » dans la barre de recherche habituelle et me suis contenté de copier le premier truc qui m’a semblé convenir … On ne se méfie jamais assez de sa barre de recherche!

    Ceci dit, si je ne veux pas être pressé par le temps pour finir mon billet de ce soir, j’ai intérêt à m’y mettre ( après l’apéro et le repas quand même).

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  29. Ebranlé par une devinette qui se refuse à moi et par l’approche sommaire que fait Leveto quant à la réalité des techniques d’impression au XVIII° siècle et par l’attribution qu’il accorde à Buffon d’une planche gravée par un autre que lui**, je me suis demandé si moi aussi je n’étais pas capable/coupable de cette forme d’incurie liée à la veule précipitation et au dédain d’aller vérifier de « quoi qu’c’est-i qu’je cause ».

    J’avais ainsi écrit, à propos de ce branle qui nous agita un moment, qu’il me semblait « librement adapté » de Praetorius… car sur le coup, ça aurait pu l’faire….Selon une approche technique à la Leveto !

    A la réécoute des deux, ce matin, à peu près à jeun et sans cérumen encombrant, ça l’fait vraiment pas du tout !

    Devrais-je alors en rester hébété, confus, navré, penaud et quelque peu anéanti ?
    – Pas du tout !… et je viens de me consacrer ce que j’aurais dû faire si je m’étais comporté en garçon sérieux… aller vérifier aux sources mêmes, c’est-à-dire au livret qui accompagne le triple album Quintessence.

    Le thème du Bransle de Montirandé y est crédité Toirin Arbeau (Traité d’orchesographie).
    Wiki m’apprend que ce TOIRIN fut en réalité un THOINOT ARBEAU, chanoine et de la famille des TABOUROT dont la devise était musicale en diable : « À tous accords »… si possible en rUT majeur.

    Donc, à Montirandé, on y branlait* au son de Praetorius, Francisque ou Arbeau… peut-être même avec d’autres encore ?…
    Les suites de l’enquête nous le diront.
    Il sera temps alors d’en informer la notice Wiki consacrée à ce Montier-en-Der.
    ___________

    @ TRA, vous qui montrez un attachement certain aux « Branles Gay », que pensez-vous d’un « Branle Pinagay », avec allusion anatomique surajoutée ?

    *Le verbe « BRANLER » s’inscrit dans une tradition lexicale que l’Académie et le CRNTL retiendront dès qu’ils en auront l’occasion.
    Elle est établie à l’exemple de :

    JERK : -En leur temps, Pascale C. et TRS allaient jerker au Bus Palladium et autres boîtes, sur des musiques profanes.
    VALSE : -Ces deux amants-là auraient aimé aller valser à Vienne, loin de la valse-musette et de l’accordéon. Mais le romantisme se heurtait déjà à la cruauté du kilométrage, avant même le premier choc pétrolier.
    TANGO : -Tangoter n’était pas leur tasse de thé. Ils préféraient swinguer à l’horizontale.
    BOURREE : – Leur ami du rez-de-chaussée, Léonide Matruchot, bougnat de son état, tirait satisfaction à bourrer son Auvergnate, à deux temps ou trois temps, selon les épisodes et l’humeur.
    Etc.

    ** Merci TRA pour « la planche du coq ». Elle me confirme que De Sève en est bien le responsable et qu’il l’a signée.

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  30. Ignare que je suis, j’ai cru initialement que Branle de Montirandé était un titre.

    Je me rends compte maintenant que c’est un genre ou un sous-genre (ou un autre terme équivalent utilisé en musique).

    Mais je me demande encore quelles (subtiles ?) différences existent entre le branle (simple) et le branle double :

    « le branle de Montirandé et son double qui se fait sur la deuxième phrase musicale du branle et non dans un nouveau passage, se font en rond, font de même. » » (Christine Bayle, citée supra)

    [Mais peut-être devrais-je demander conseil à la petite Charlotte. Et, comme c’est l’heure du goûter, je pourrais lui proposer un boudoir ou une langue de chat …]

    ———————
    [J’aurais bien un extrait du Novecento de Bertolucci pour illustrer : mais cela risquerait de choquer les âmes pudibondes.]

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  31. @ brosseur

    Il n’y a pas d’ovins à Lalande de Pomerol, dont vous nous montrez la si hospitalière église.

    Mais on y trouve du vin …
    ,
    Et quand, peinard, on le déguste, en bord d’eau, il est aux pommes !

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  32. @ Cher Brosseur, Sweet shoeshine de mon cœur

    Je lis, juste au-dessus, que le sieur TRA, en garçon secourable mais tant déplorable parsemeur de vannes calembourdesques, aura fait de son mieux pour vous réorienter.
    Il semble qu’il ait échoué… aussi il en va de mon sens humanitaire, depuis toujours agrippé à ma constitution :

    – Un garçon comme vous, installé dans un Nouveau Monde -défriché depuis si peu de siècles- ne mérite-t-il pas un peu de neuf, quand « neuf » est pris au sens de la nouveauté la plus novalienne ?

    Fresh News from Machincourt :

    Sans remonter à la Loi Evin, de bien triste mémoire, considérez qu’en cette affaire le vin est vain tandis que l’ovin n’est même pas vingt.
    Ce qui représente vraiment peu de revenus garantis pour une bergère souhaitant s’engager dans des acquisitions foncières et immobilières… tandis que, revenue au bercail et que ce bercail – Ô vain bercail !- ses naïves espérances et elle n’offrent de perspectives économiques et garanties qu’au légendaire, soit une solvabilité dédaignable.

    ________

    Considérations quant à la Trajectométaphysique des mœurs en Toponymie vulgaire:

    -Est-ce qu’une bergère itinérante, qui se retrouve à son point de départ, est allée en avant ou en arrière ? Et pourquoi Jeanne d’Arc y a failli ?… à Margny-les-Compiègne. Elle était pourtant meneuse d’un sacré troupeau !

    Vaste débat et, comme je sais tout le goût de Leveto pour les petites Flamandes sucrées, je lui confirme qu’on peut les prendre, sur la lande et sur le champ, en avant comme en arrière, disponibilité appréciée :

    Pour complaire davantage à Leveto, cet électeur fantomatique qui se satisfait de Bompard, le si bon pasteur/pastouriau aux commandes de sa cité, un cliché que j’adore, esthétisé façon Cartier-Bresson… et bien que je n’adhère pas une seconde au message:


    __________

    Pour ma simple idée de ce qui constitue votre équipement de travail, cher Brosseur, disposez-vous au moins d’une BROSSE FLICKER ?

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  33. TRS
    Une explication possible de la prononciation Montirandé se trouve peut-être dans le Dictionnaire de Géographie sacrée et ecclésiastique (cf. la bibliographie du blog) daté de 1854 où le nom de la ville est écrit en un seul mot: Montiérender *. Sans doute mal compris, le déterminant en-Der ( du nom de la forêt, issu du gaulois dervo , « chêne ») a été agglutiné au nom de la ville, lequel aurait par conséquent été prononcé montiérendé par analogie avec Géradmer, prononcé « Gérarmé » comme chacun sait.

    *« — Chef-lieu de canton dans l’arrondissement de Vassy, département de la Haute-Marne. On y trouve un dépôt d’étalons. Pop.: 3,800 âmes. »

    ____________________________________________________________________________________

    Si avec vos indices ( ce ne sont plus des indices, ce sont des preuves!) rajoutés à ceux de TRA, la solution n’est toujours pas trouvée avant ce week-end …

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  34. …prononcé « montiérendé » par analogie avec Gérardmer, prononcé « Gérarmé » comme chacun sait.

    Oui, Leveto, vraisemblablement et ainsi que je l’avais déjà imaginé, beaucoup plus haut.

    Mais maintenant, j’en ai vraiment ma claque de ce « Bransle de Montirandé » !… La seule chose qui « m’aille » à cette heure, c’est le Branle de la Montarde, ici exécuté au concertina et aux godasses, ces dernières étant d’un ridicule qui outrage ma conception des pompes de bon goût, qu’elles soient funèbres, aux cérémonies, ou musicales et à contretemps, à la mando’ :

    Comme l’homme, surtout l’homme âgé, est un animal à sang tiède qui se pose des questions à la con… au lieu d’aller sagement au bistrot pour l’apéro, aux Kerguelen pour la clim’ ou au lit pour l’oubli, voilà que je m’en pose une, de ces questions lamentables :

    – Si la java est bien de Broadway (USA), la mazurka de Masurie (Pologne) et le boléro de Ravel (Puy-de-Dôme), d’où donc est-il ce branle-là ?…
    On n’ose imaginer que, par le pernicieux effet joca monachorum, il puisse être de Dijon.
    Même si la gourance dijonnaise, ça peut vous donner le délicieux « poulet Gaston Gérard », documenté sur Wikipedia.
    ………….
    Quoi qu’il en soit, je ne laisserai pas La Montarde me monter au nez… Pour la sérénité de mes émotions, le calme de mon petit cœur qui bat sans chamade, je m’autorise plutôt un peu de Paprika chorégraphié, avec jolie chanteuse et violon qui sonne :

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  35. « La seule chose qui « m’aille » à cette heure, c’est le Branle de la Montarde, » (TRS)

    Ce qui est sûr, c’est que le branle de la Montarde est un branle morgué, et qu’il a vraisemblablement un rapport avec le branle de la Haye.

    Pour le reste, aïe !

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