Ragueneau (la répàladev)

TRS a rejoint in extremis Jacques C. dans la découverte de la bonne solution à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver Ragueneau, un canton et une municipalité du Québec, Canada. (wiki)

Capture d’écran ragueneauC’est le missionnaire jésuite Paul Ragueneau (1608-1680) qui a donné son nom à ce canton et à cette municipalité de la Côte-Nord respectivement proclamé en 1920 et créée en 1951.

père ragueneau Le père Ragueneau (source)

Le père Ragueneau arrive à Québec en 1636. Après y avoir œuvré de 1637 à 1645,  il est nommé supérieur de la mission huronne en 1645, poste qu’il détient jusqu’en 1650. Il sera par la suite supérieur des Jésuites de la Nouvelle-France (1650-1653) et membre du Conseil de la Nouvelle-France. De retour en France en 1662, il assume la tâche de procureur des missions de la Nouvelle-France. L’histoire officielle québécoise a retenu qu’en 1650, le père Ragueneau a ramené à Québec les derniers survivants de la nation huronne à la suite du massacre de celle-ci par les Iroquois (la vérité historique est un peu plus complexe et mériterait des compétences que je n’ai pas pour être expliquée — mais Jacques C. , que je remercie par avance, m’a promis de s’y coller : attendons son commentaire).

Les premiers habitants s’établissent sur la rive ouest de la rivière aux Vases, vers 1870. En 1876, dans un rapport à l’évêque de Rimouski, le père Babel confirme la présence de 28 personnes à cet endroit. Il n’existe aucun vestige apparent de cette période. Une deuxième vague de pionniers arrive en 1920, dans le but de cultiver les terres, et un bureau de poste voit finalement le jour, en 1926, sous l’appellation Ragueneau.

Les Innus, quant à eux, désignent ce lieu Ka pitsshus, « là où la mer monte » (cf. page 66).

Érigés en 1994 et conçus par monsieur Rénald Girard,  deux brachiosaures de grandeur nature s’élèvent au bord de l’eau.

NB : Ragueneau ( variantes en  –aud, –ault, –eaud)  est un patronyme, diminutif de Raguin (de la racine germanique ragin, « conseil »), porté notamment en Vendée, Indre-et-loire et Nièvre. On ne sera donc pas surpris de le trouver comme toponyme pour Ragueneau  à Bléré (I.-et-L.), Villedoux (Ch.-Mar.), Tuffé (Sarthe) ou encore Chez Raguenaud à Sainte-Ramée (Ch.-Mar.), La Raguenaudière  à Marans (id.) et d’autres.

cdl 1

Les indices :

■ le dessin :

71c07-1-cyrano-1959

tout le monde aura reconnu Cyrano de Bergerac, le héros éponyme de la pièce d’Edmond Rostand, dans laquelle  on se souvient que le rôtisseur-pâtissier Ragueneau  joue un rôle de quelque importance. L’acte II se déroule entièrement dans sa rôtisserie-pâtisserie et son arrivée, à l’acte IV,  au siège d’Arras, chargé de victuailles, met du baume aux cœurs des cadets.

■ l’extrait de film (Jurassic Parc) montrait des brachiosaures.

■ le titre de la chanson, Quand la mer monte, renvoyait au toponyme amérindien, Ka pitsshus.

mer monte ragueneau

Quand la mer monte à Ragueneau

■ la bédé :

indice b 26 01 21

elle montrait (c’est écrit dessus!) un « Indian Huron » selon Hugo Pratt.

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37 commentaires sur “Ragueneau (la répàladev)

  1. Comme il est un peu tard pour que je m’attaque au commentaire historico-anthropologique promis à notre hôte, je me contente pour l’instant d’expliquer les deux sournois indices que j’avais placés dans les commentaires.

    Il se trouve qu’un volume des aventures d’Arsène Lupin s’appelle La barre-y-va, en référence à un domaine situé à l’emplacement d’une rivière jusqu’où la mer remonte, le mascaret étant en Normandie appelé « la barre ». En citant Lupin, je renvoyais à cette aventure, donc au mascaret, là où la mer monte, histoire de confirmer que l’indice chanté donné par notre hôte était bien à prendre au premier degré. D’accord, à moins de connaître son Lupin par cœur, il n’était pas forcément évident de songer à ce titre — mais tant pis pour celleux qui ont négligé cette merveille qu’est la geste du seul super-héros français, anarchiste, transformiste, justicier, élégant, séducteur et amuseur.

    Ma référence de ce soir (trop tardive, sans doute) à « celui des Trois mousquetaires qui finit général » renvoie à Aramis, qui devint dans la suite de la suite (Le vicomte de Bragelonne, suite de Vingt ans après) tout simplement l’un des hommes les plus puissants de l’Europe d’alors, à savoir le général des Jésuites (quand d’Artagnan se contenta d’être devenu capitaine des mousquetaires du roi et homme de confiance de Louis XIV — ce qui, en l’espèce, correspond à la réalité historique de l’homme appelé d’Artagnan).

    Notons que Cyrano de Bergerac et d’Artagnan (et l’Aramis fantasmé de Dumas) ont tous deux (trois) été contemporains de Paul Ragueneau, ayant quasiment le même âge.

    ———-

    Rendez-vous demain pour une petite démystification de la légende jésuite (et subséquemment française et québécoise) concernant le prétendu « massacre des Hurons par les Iroquois ».

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  2. Bonjour M Leveto

    petite liste ( sans urgence )
    80 le Marquenterre maris cantii / Quenti terra ( Quend ? ) / Mares Kienterre ?

    80 Quend quentovic vicus 5ème vicus ?

    80 saint-quentin-de Tourmont Taurimons juxtamare 986 quel Tauri ??

    73 Presle

    73 Montraillant raillant ??

    15 Cézens

    07 Lanarce

    47 grotte de FONTIROU Fons ???

    Cerqueux

    49 Doué-la-fontaine

    49 dénézé(sous-doué et non pas surdoué )

    La Boderonne

    La Civanne

    26 Le Roubion

    Pichanges

    Fouchanges

    merci beaucoup
    bonne fin de semaine.

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  3. à tous :
    je ne sais pas pourquoi j’ai passé ma journée d’hier à me croire samedi, ce qui explique la publication de la répàladev. Et, ce matin, je me réveille comme Bill Murray, encore samedi !
    Que ceux qui comptaient sur aujourd’hui pour s’attaquer à ma devinette veuillent bien me pardonner (et que TRS oublie cet in extremis qui qualifie sa réponse, alors qu’il avait encore 24 heures d’avance!).

    Jacques C

    J’avoue que La barre-y-va de Lupin ne m’avait pas sautée aux yeux et que j’attendais l’explication de cet indice avec impatience. Bien joué! mais plus tordu, tu meurs ! (comme ça ne doit plus se dire, même chez les ados). Aramis en général des Jésuites, c’était sans doute un peu plus simple.
    J’attends maintenant le cours d’histoire !

    lecteur
    En ce qui concerne mon blog, je consacre habituellement mon week-end à la rédaction du billet hebdomadaire et de sa devinette. Je ne suis pas sûr de pouvoir effectuer d’autres recherches : il vous faudra patienter sans doute jusqu’à lundi…

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  4. C’est parti pour une petite rectification anthropologico-historique. Résumé pour celleux qui trouveraient mon commentaire trop long : il ne s’est certainement pas agi d’un massacre des Hurons-Wendats par les Iroquois, mais d’une guerre civile au sein des Hurons-Wendats, entre « christianisés acculturés » qui étaient en train de perdre leur identité et se vendre aux Européens, et « traditionalistes » refusant cet écrasement culturel et décidant d’éliminer les collabos (avec l’aide, certes, des Iroquois dont ils étaient frères).

    ———————————————–

    Deux précisions pour commencer :

    — Au cours de mon parcours universitaire, j’ai suivi des cours de l’ethnologue Roger Renaud, qui fut l’un des continuateurs de Robert Jaulin et surtout (pour ce qui nous occupe ici) qui est l’un des meilleurs spécialistes français des Amérindiens d’Amérique du Nord. Dans son enseignement, Roger Renaud abordait précisément le prétendu « massacre des Hurons par les Iroquois ». Je me base ici sur ces cours (et quelques documents trouvables sur internet, comme celui-ci), bien plus que sur la reproduction béate par la plupart des sites (Wikipédia incluse) d’une histoire officielle coloniale, simpliste et dans le fond assez ridicule.

    — Accessoirement, même si j’avais une petite longueur d’avance pour penser « Hurons » lorsque j’ai lu l’énoncé de la devinette proposée par notre hôte, je n’avais aucun souvenir du nom de Ragueneau ; mon cheminement vers la solution pouvait donc être emprunté par tout-un-chacun, il consista simplement à consulter les documents accessibles sur internet concernant cet épisode historique en guettant un nom qui me ferait réagir (ce qui fut le cas grâce à l’indice Cyrano).

    ————————————————

    Contrairement à ce qui a été colporté par l’imagerie coloniale de militaires, religieux et colons totalement formatés culturellement et incapables de voir autre chose que ce qu’ils s’attendaient à voir :
    — les nations amérindiennes n’étaient pas des ethnies biologiques figées, mais des cultures évolutives (et pouvant se recomposer par fusion de nations ou de villages, etc.) ; les échanges, déménagements, fusions de villages, divisions de villages étaient ordinaires,
    — les Amérindiens n’accordaient que peu d’importance aux verroteries et aux cadeaux matériels ; pour eux, un bon outil était un outil qu’ils pouvaient reproduire, et surtout pas un outil dépendant du bon vouloir d’autrui (en outre les fusils qui tuaient à distance étaient radicalement contraires à leur méthode de combat, qui consistait à « toucher » et blesser, puis capturer, tandis que la mise à mort était accidentelle et salissait la réputation de celui qui n’avait pas su maîtriser son coup — même si elle advenait parfois, surtout dans des cadres d’attaques rituelles).
    Ces deux points permettent de comprendre pourquoi l’établissement de liens avec un peuple nouveau passait pour eux par l’élaboration d’échanges humains. Ils n’ont pas refusé d’élaborer des circuits commerciaux de fourrure voulus par les Européens, mais c’était pour les Amérindiens une totale nouveauté, déstabilisante et marginale (puis politique).
    C’est la raison pour laquelle, après des décennies à se voir uniquement proposer des verroteries, armes et outils « matériels » qui ne les intéressaient guère, l’arrivée de missionnaires jésuites a été un tournant : enfin il s’agissait d’humains désireux de s’installer parmi des groupes amérindiens, d’établir un échange humain qui avait un sens pour eux.

    Or donc, des Jésuites s’installèrent parmi les Hurons, également et plus justement appelés Wendats.

    Mais… qui étaient donc les Hurons-Wendats ? Il s’agissait d’une nation composée de 5 clans, appartenant à la grande famille culturelle et linguistique iroquoienne. L’ensemble iroquoien était composé de plusieurs nations isolées comme les Hurons-Wendats, les Ériés et les Susquehannas (la plupart disparues maintenant) et une confédération de 5 nations dites « Iroquoises ». Première précision utile, donc : Wendats et Iroquois étaient culturellement proches, ils parlaient pratiquement la même langue, leur organisation sociale était quasiment la même (clans, maisons longues, lignages matrilinéaires…).
    Il est vrai que les Wendats et les Iroquois avaient des conflits, parfois guerriers, parfois meurtriers (dans les limites expliquées plus haut : très peu de mortalité au combat, surtout des captures, et les captifs avaient le choix au bout d’un an entre être libérés ou s’installer chez leurs ravisseurs, sauf quelques rares qui étaient exécutés rituellement). Mais contrairement à ce qu’a inventé le romantisme simpliste (et caricatural) des colons, ces conflits n’étaient ni viscéraux, ni constants, ni supérieurs à ceux qui pouvaient exister entre d’autres nations voisines… ou au sein même d’une nation ! Les combats occasionnels entre Wendats et Iroquois n’étaient guère plus significatifs que ceux qui pouvaient parfois exister entre deux villages iroquois ou entre deux villages wendats.

    En réalité, les conflits sérieux de cette région venaient du commerce instauré dans la deuxième moitié du XVIe siècle. Les Innus (dits alors « Montagnais ») avaient en effet exterminé les castors de leur territoire, à force de les chasser pour les vendre aux Européens, et étaient alors eux-même devenus commerçants auprès de nations voisines, servant d’intermédiaires. C’est à la demande de Champlain que les Innus ont affronté les Iroquois qui commerçaient avec les Néerlandais.
    Et c’est toujours à la demande de Champlain que des Wendats et des Algonquins sont allés à leur tour attaquer des Iroquois. Ah, on est loin de l’imagerie française et québécoise des méchants Iroquois attaquant violemment les pauvres Hurons (Wendats). Il s’agissait en réalité de conflits entre Européens, où les Amérindiens ont été embarqués sans qu’ils n’y aient de motivations personnelles. Et j’attire votre attention sur le fait que des Wendats et les Iroquois se sont alors affrontés de façon plus récurrente et plus violente de 1603 à 1650 (dans une guerre d’Européens, c’est-à-dire meurtrière). Pas « les » Wendats mais « des » Wendats. Jamais, chez les Amérindiens, la nation n’est une entité organique totalisante et exclusive. La nation Wendat était composée de 5 clans (qui organisaient les alliances mais aussi des affinités). Ces clans se composaient de plusieurs lignées, regroupées dans des villages (villages et clans ne coïncident pas, aucun des deux n’englobe l’autre). Dans l’histoire amérindienne, les conflits sont toujours localisés et font l’objet de discussions au sein même d’une nation — et au sein même d’un clan ! Pensez à la bataille de Little Big Horn ou au massacre de Wounded Knee, si compliqués à comprendre pour nos esprits occidentaux : pourquoi certains groupes participent à l’un et pas à l’autre, pourquoi certains groupes font des escarmouches à telle date puis ne combattent plus l’année suivante, pourquoi au sein d’une même nation les chefs de guerre doivent-ils palabrer et essayer de convaincre clan par clan de participer à une offensive ? Tout simplement parce que chez les Amérindiens il n’y a pas de patriotisme béat, de sentiment national organique. Chaque clan décide.
    Et donc, j’insiste car c’est l’un des malentendus délirants du prétendu massacre des Hurons par les Iroquois, tous les clans wendats ne se sont pas laissés entraîner dans la guerre franco-néerlandaise. Mais chez les Wendats, ceux qui s’y sont engagés sont en particulier ceux qui étaient très proches des Français, c’est-à-dire ceux où s’étaient installés des Jésuites, c’est-à-dire ceux qui étaient connus et décrits par les Jésuites (d’où cette vision totalement biaisée de cette période de l’histoire : ils ont pris pour « les Hurons » ce qui ne concernait que certains clans et même certaines lignées au seins de certains clans).
    En revanche, par définition la ligue des 5 nations iroquoise, créée pour ce conflit, incluait bien les 5 (puis 6) nations iroquoises. Car en fait, parler des Iroquois renvoie à une délimitation culturelle (et pas biologique) qui s’est précisément créée pour réagir aux agressions européennes ! Mieux encore : le premier à avoir préconisé une alliance entre les nations iroquoiennes (au sens large) contre les Européens était un… Huron-Wendat. C’est Dekanawida, un Wendat (!), qui est allé trouver diverses nations de sa « culture » au sens large en incitant à former une ligue. Cinq de ces nations l’ont écouté et ont créé la ligue iroquoise — mais sa propre nation wendat ne l’a pas suivi. C’est dire que le conflit entre Wendats et « Iroquois » pourrait lui-même quasiment être qualifié de guerre civile. Et finalement, le terme « Iroquois » au sens strict désigne a-posteriori au sein de la famille iroquoienne (groupe culturel au sens large) les 5 nations ayant décidé de se liguer — mais qui ne se concevaient pas forcément comme formant une unité auparavant. Les « Iroquois » regroupent bien 5 nations (chacune composée de plusieurs clans), les Hurons-Wendats ne sont qu’une nation isolée (composée de plusieurs clans). Si les Wendats avaient suivi Dekanawida, la ligue iroquoise aurait compté 6 nations, et les Wendats auraient juste été considérés comme « l’une des six nations iroquoises » (bon, en fait une sixième a rejoint ensuite la ligue donc à l’arrivée les Wendats auraient été « l’une des sept », mais vous avez compris le principe).

    Revenons donc à nos Jésuites et aux Wendats qui les ont accueillis. Globalement, les Amérindiens n’ont pas la notion de « divin » (mais ils ont celle du « sacré »), et la christianisation ne va pas de soi. Mais les Wendats accueillirent les missionnaires parmi eux sans problème, car ils admettaient les croyances de chacun. Peu à peu, les Jésuites parvinrent à christianiser une partie des Wendats des villages environnant leur mission de Sainte-Marie, puis à faire du prosélytisme. Au départ, les christianisés restaient à cheval sur deux cultures et pratiquaient un syncrétisme. Puis leurs rites et croyances chrétiennes les ont conduits à ne pas respecter les rites préparatoires aux combats (or ils appartenaient à ceux des clans wendats qui étaient alliés aux Français et participaient aux guerres contre les Iroquois, leur séparatisme rituel et le malaise qui en découlait fut même noté par les Jésuites), et à s’éloigner des autres Wendats. Peu à peu, un schisme culturel s’opérait, et les Wendats (pas plus que les Iroquois et autres nations de l’époque) n’étaient pas dupe de ce qui se profilait : une acculturation et un écrasement culturel par une religion prosélyte, par une civilisation expansionniste, par un commerce rouleau-compresseur, par des colons avides, par un accaparement des terres.

    Ce schisme au sein des Wendats n’était qu’une facette de ce qui se jouait à l’époque. Pourquoi la ligue iroquoise a-t-elle adopté à partir de 1642 une attitude guerrière marquée contre les Français et leurs alliés amérindiens (après avoir été agressée par Champlain quelques décennies plus tôt, rappelons-le) ? Parce que c’étaient des barbares sanguinaires, comme le ressassent monstrueusement les livres d’histoire et Wikipédia (honte à Wikipédia sur ce sujet), dans une répétition grotesque et inexpliquée de poncifs colonialistes racistes et expansionnistes ? Non, tout simplement parce que du point de vue amérindien ils étaient en train de se faire voler leurs territoires et de se faire écraser culturellement (et de mourir massivement de maladies apportées involontairement par les Européens, en outre). C’est pourtant très clair, et les historiens qui l’ignorent sont incompétents ou malveillants : lorsque la ligue iroquoienne a envoyé un ambassadeur aux Français en 1641 (avant de se résoudre à une guerre implacable), la revendication de la ligue était : « que la chasse redevienne libre, que les frontières soient levées ». Car pour les Iroquois (et les Wendats non-acculturés), la chasse était activité de subsistance et non de spéculation, et les frontières étaient une notion absurde et dangereuse. Je répète ce que j’ai évoqué plus haut, car c’est un trait amérindien fondamental : ils ne se concevaient pas comme « ethnies » biologiques mais comme groupes culturels, ouverts, mobiles, accueillants. Les Européens avaient totalement bafoué et écrabouillé ce mode de vie. Les Iroquois résistaient. Les Français d’alors préparaient (et exécutaient) de facto un ethnocide voire un génocide, les Wendats christianisés étaient des collabos, les Iroquois et les Wendats traditionalistes étaient les résistants — qui oserait dire qu’en 1944 les Anglais débarqués en France pour aider les Français résistants auraient été des « envahisseurs » ?!? Sans aller jusqu’à cette comparaison anachronique, les Iroquois et leurs alliés ne voulaient pas expulser les Européens (ce n’était pas dans leur logique amérindienne) mais faire bloc contre eux pour les obliger à respecter le « partage du monde » amérindien.

    À l’échelle de la nation wendat, l’enjeu n’était pas donc simplement religieux. Les Wendats christianisés s’acculturaient et mettaient en danger la survie-même de leur nation en tant que culture singulière. Cette acculturation menaçait les nations voisines. La majorité des Wendats (j’insiste : la majorité des clans Wendats + une minorité notable des clans partiellement christianisés) ne pouvaient plus accepter la présence des Jésuites et des Français. Il fallait les pousser à partir, quitte à diviser ou dissoudre les villages concernés.

    Même les textes des Jésuites se contredisent, et contrairement à ce que prétendent Wikipédia et de nombreux auteurs récitant une vieille histoire coloniale, l’attaque des Iroquois contre quelques villages Wendats en 1649 ne fit en réalité pratiquement aucun mort (les Jésuites ont parlé d’un massacre dans leurs textes publics destinés à l’édification, mais soulignent qu’il n’y a eu aucun mort dans leurs textes latins privés !). Les Iroquois sont entrés spécifiquement dans les villages des Wendats christianisés (appelés par les Français villages de Saint-Ignace et de Saint-Louis) et pas dans les autres, puis repartis. Tiens tiens, strictement et uniquement les villages partiellement christianisés. En fait, une partie des habitants de ces villages francisés ont alors rejoint les Iroquois : il s’agissait de regrouper de façon affinitaire les « traditionalistes », et de faire une démonstration de force pour pousser les Français à partir. Aucune attaque ne fut signalée auprès des autres villages Wendats (dont l’histoire officielle jésuite, puis française puis québécoise ne parle tout simplement plus jamais !; comme si dès lors qu’un fait historique avait concerné deux villages où vivaient des Français, le peuple huron-wendat se retrouvait par magie restreint à ces deux villages et le reste avait disparu de l’histoire…). A fortiori, le clan wendat des Cerfs était actif dans la mobilisation des « traditionalistes » et le ralliement des Iroquois contre les « christianisés ».

    Hélas, les Français, Jésuites et Wendats christianisés ne sont pas partis mais se sont retranchés dans une place forte nommée Sainte-Marie-II. Il ne restait plus d’autre solution aux Wendats traditionnalistes (et à leurs alliés des nations dites Iroquoises) que d’attaquer, cette fois-ci pour de bon. C’est la fameuse attaque meurtrière de 1650, à laquelle en effet quelques centaines de Wendats christianisés ont survécus avant de suivre Paul Ragueneau dans les environs de Québec. OK, cette partie-là de l’histoire n’est pas discutable.
    Mais cette partie-là de l’histoire ne concerne qu’une infime minorité des Wendats. Que sont devenus les autres ? En fait, ils ont fusionné avec d’autres nations-sœurs, selon leurs alliances et affinités. Le clan wendat des Ours a rejoint les Mohawks. Le clan wendat des Cerfs a fusionné avec les Senecas. Le clan wendat des Rochers s’est intégré aux Onondagas. Selon les règles habituelles au sein des peuples iroquoiens, les Wendats-Ours sont devenus des « Ours Mohawks », c’est-à-dire ont intégré leur lignée dans les liens ordinaires au sein de leur nouvelle nation d’accueil. De façon ironique, les comptages de population effectués régulièrement par des voyageurs européens (à commencer par les Jésuites eux-mêmes) dans des villages iroquois apportent la démonstration de cette absorption car des villages iroquois sont décrits avec une population double ou triple après l’attaque de 1650 par rapport à une visite réalisée quelques années plus tôt…

    Notons que dans les deux siècles suivants, les toujours réalistes Iroquois ont pris acte de la puissance européenne et ont adopté une stratégie de neutralité et de commerce de la fourrure. Le commerce ne signifiait pas de leur part une conversion subite et absurde à une avidité économique n’ayant aucun sens chez eux, mais uniquement… un réalisme politique et social : se rendre indispensables pour éviter d’être effacés.

    Quoi qu’il en soit, même si je comprends tout-à-fait que notre hôte ait utilisé les formulations habituelles, il est important de savoir qu’en réalité Ragueneau n’a pas « sauvé et emporté les derniers survivants de la nation huronne », mais uniquement « sauvé et emporté les derniers survivant d’un petit groupe de (hurons-)wendats christianisés et acculturés ». L’immense majorité des Wendats étaient parfaitement vivants et en bonne santé, mais leur survie culturelle avait nécessité leur « effacement » politique et leur fusion avec leurs cousins des nations membres de la ligue iroquoise.

    Bon dimanche samedi (ou ce qu’il en reste).

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  5. Merci, Jacques C. , voilà une mise-au-point salutaire et passionnante à lire.
    Bon, je me doutais bien que l’histoire écrite par les Jésuites français était un peu biaisée mais ça fait du bien d’avoir des éclaircissements sérieux.
    Il ne vous reste plus qu’à écrire un bouquin ou un article wiki 🙂

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  6. UN PEU D’HISTOIRE:
    Directement lié à une légende amérindienne, ce rocher situé à Grand-Mère a la forme du visage d’une vielle dame. Longtemps avant l’arrivé de l’homme blanc, la fille d’un grand chef amérindien fut promise à un jeune guerrier. Celui-ci dû partir pour ramener des fourrures exigées par le père de la jeune fille mais il ne revint jamais. Elle l’attendit toute sa vie et lui resta fidèle jusqu’à sa mort. Au moment de trépasser, elle demanda à son Dieu de dire à son guerrier qu’elle lui était restée fidèle. Un éclair descendit alors du ciel, frappa la fille devenue une vielle dame et la transforma en un gigantesque visage de pierre. L’expression de tristesse de cette dame fut figé à jamais dans la pierre. Et d’autres gens disent plutôt que à sa mort, un éclair assourdissant retentit, le roc se fissura et prit la forme de la vieille femme : le rocher de Grand-Mère!

    Le rocher a la forme d’un visage de vieille femme au nez busqué. Jadis situé au milieu de la rivière Saint-Maurice où il gênait la construction du barrage, il fut découpé en morceaux soigneusement numérotés, transporté à Grand-Mère et reconstitué à la façon d’un puzzle. On dit qu’une maison fut déplacée pour permettre son installation. Nous sommes montés sur la tête de grand-Mère par un petit escalier aménagé sur le côté. Des enfants l’ont investi comme un château-fort dès que nous sommes redescendus. Apparemment nous avions empiété sur leur aire de jeu !

    Se situe tout près de Shawinigan en Mauricie

    _______________
    https://www.quebecscience.qc.ca/serge-bouchard/nos-grands-meres-sappellent-toutes-nokomis/

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  7. A propos de ces Jésuites en mal d’évangélisation des Sauvages de la Nouvelle-France, il en est un qui m’est cher à plus d’un titre.
    Par commodité, nous l’appelons JR.
    A la lecture de sa biographie Wikipédia, il apparaît que sa vocation d’aller à la rencontre de peuplades embourbées dans le Péché originel et dans de sordides pratiques chamaniques, fut contrariée par sa hiérarchie.
    Qu’importe à cet homme et, au lieu d’aller repêcher des âmes amérindiennes pour les réinstaller dans un coin tout pourri du Québec, il eut soin de pécheresses… autrement dit des « putes », en français convenable.
    Faute d’aller gambader au long des berges de bien des cours d’eau de l’immense Canada, il arpenta avec opiniâtreté d’autres paysages… jusqu’à parvenir dans un coin où il fut mal accueilli par la population, méfiante quand déboulaient des gugusses évangélistes, des Témoins de Jéhovah, des militants politiques qui font du porte à porte ou des marchands de tapis au faciès inquiétant…
    Après bien des vicissitudes, JR acquit le statut envié de canonisé.
    Et l’endroit qui l’avait refoulé, en guise de repentance, se mit alors sous son vocable : « Saint-Machin-du- ???? »

    __________________

    Puisque Frère Jacques C – il y a peu lancé dans l’indice qui ne dit rien à personne- s’est manifesté sans réprobation unanime du public ni mesures réglementaires appliquées…
    -Pourquoi alors Machincourt, par nature si Républicain et imbibé, se gênerait-il ?…
    Alors qu’il en va de la farigoule et de ses opportunités de calendrier quand elle a l’occasion de faire oublier le Pastaga de PACA :

    N.B : L’indice à connotation pacaïenne n’est là que pour le fun accessoire : la localité évoquant ce si cher JR est localisée ailleurs.

    La pression menée, au jour le jour, par un insatiableLecteur sur la disponibilité de l’Homme de PACA, celui nanti de tant de dicos, laisse envisager la soumission constatée de ce véto face à la demande du moment : -Pour un « situationniste encarté » mais assujetti au spectaculaire toponymique… et pour lui combien de coins/parages restent dignes de figurer au panorama étymologique de TRS ?

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  8. @ TRS :

    NB : Le fait qu’un Jésuite se préoccupe des prostituées n’a rien d’exceptionnel, puisque ce fut l’une des missions que s’était donné le fondateur de cet ordre.

    Comme d’habitude, je vais essayer de vous indiquer que j’ai trouvé votre J-… R sans dévoiler la solution aux autres lecteurs. Vous m’obligez à un vrai travail de dentelle pour distiller des informations significatives sans pour autant les exprimer explicitement.

    D’abord, et tant pis si cela ajoute un indice, le patronyme de ce jésuite est devenu un prénom, souvent utilisé d’ailleurs par un groupe d’humoristes du siècle dernier (vous voyez forcément de quoi je parle). Ensuite, il était contemporain lui aussi de personnages à la fois historiques et romanesques dont j’ai parlé récemment.

    Je dois avouer que je ne comprends pas le moins du monde le rapport entre votre indice vidéo et ce jésuite ou sa vie. J’attendrai donc vos explication à son sujet.

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  9. P-S : Et puisque vous êtes si friand de BD (pardon de filer cette plaisanterie, mais vous savez que JE suis friand de BD), je garde en réserve deux personnages dessinés ayant un rapport avec votre énigme et qui devraient vous plaire.

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  10. Diantre, puisque leveto a dévoilé la solution entretemps, il ne me reste plus qu’à proposer ces deux charmantes héroïnes de Loisel :

    — la fée Clochette (qui n’est certes pas l’héroïne principale de Peter Pan mais reste essentielle) :

    — et la merveilleuse Pélisse, du mythique cycle La quête de l’oiseau du temps (4 tomes magnifiques, avec un dénouement qui me donne toujours les larmes aux yeux) [ici accompagnée à l’image par son « père » le chevalier Bragon] :

    [Ah oui, incidemment, Loisel se prénomme lui aussi Régis]

    [Et donc Jean-François Régis avait relancé la dentelle du Puy, et son nom devenu prénom avait été utilisé par Les Nuls dans leur formule récurrente « Dans la série ‘Régis est un con’… », peu flatteuse mais pas méchante au départ car Alain Chabat indiqua ensuite qu’il avait choisi ce prénom par hasard et sans aucune malveillance, juste parce que cette phrase sonnait bien lorsqu’il l’a employée pour la première fois en commentaire d’une séquence amusante]

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  11. Jacques C

    l’explication de l’indice tient à ce que le thym (farigoule) est le nom donné au 28 prairial du calendrier républicain.
    Et la saint Régis se fête à Fontcouverte, son village natal, le 16 juin, soit le 28 prairial.

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  12. Lecteur

    le Marquenterre [maris cantii / Quenti terra ( Quend ? ) / Mares Kienterre ?]

    Comme toujours, il faut se référer aux formes du nom les plus anciennes connues. M. Gysseling [Toponymisch woordenock van België, Nederland, Luxembourg, Noord-Frankrijk en WestDuistland (vóór 1226), Bruxelles, 1960] signale la forme Mareskigne terre en 1199. Il s’agit d’un syntagme en latin médiéval, constitué de l’ancien francique Marisk, « marais », muni du suffixe latin -ana, dont le déterminé est le latin Terra, « terre ». L’ étymologie selon le germanique marca, « frontière », est à oublier, comme le fantaisiste mares kienterre, « la mer qui entre en terre ». La forme actuelle, Marquenterre, n’est pas attestée avant 1567. Originellement féminin, le nom est aujourd’hui masculin, peut-être par ellipse « le (pays de) Marquenterre » ou bien par analogie avec la forme féminine de l’article en picard, le.

    ·■ Quend (Oise) [ quentovic vicus 5ème vicus ?]
    On trouve écrit Quentovic sur la carte du Royaume de France de Nicolas Sanson en 1667. Les formes les plus anciennes connues sont Quent en 1210 puis Quend en 1233.
    Il s’agit d’un dérivé du celtique *canto, « bord, bordure », dont l’existence est assurée par l’emprunt latin cantus, « bandage d’une roue », qui survit dans le français chant. C’est ce même mot, latinisé en Cantium, qui a donné son nom au Kent, comté du sud-est de l’Angleterre, désigné comme étant la région côtière de la Britannia . Quentovic était le « vicus sur la côte ».

    Saint-Quentin-de Tourmont [Taurimons juxtamare 986 quel Tauri ??]
    Saint-Quentin-en-Tourmont (Oise)
    De Quintinus, martyrisé en Vermandois vers 300.
    On trouve écrit de Taurimonte en 986 du nom d’homme latin Taurus et latin mons, « mont ».

    Presle (Savoie)
    curatus Pratellarum au XIVè siècle, du latin pratum, « pré », et suffixe –ella

    Montraillant (Savoie) [raillant ??]
    aussi orthographié Montrailland : du nom d’homme latin Regalianus dérivé de rex, regis ou de son dérivé Raillandus
    (Dic Etym. des noms de lieux de la Savoie, A. Gros,2004).

    Cézens (Cant)
    Ceziacum en 1289 (à lire* Cezincum ?) puis Cezens en 1435, a pris le nom du cours d’eau, le Cézens, affluent droit de l’Épi. *Ceze devait désigner le cours d’eau et, avec le suffixe occitan -enc a dû d’abord désigner le lieu, «le (mas du ) Cèze », puis a remplacé l’hydronyme. *Cèze (comme la Cèze, affluent du Gard) est issu d’un hydronyme pré-celtique *sek, de l’indo-européen *seikw, « verser, couler, ruisseler », le même que pour Sequana, la Seine.

    Lanarce (Ardèche)
    article la et provençal narso, « marécage ».

    grotte de FONTIROU [Fons ???] (L.-et-G.)
    On trouve écrit « Saint- André-de-Monbiroux, alias de Fontirou (rector Sancti Andree de Montberos, alias de Fontirou ) » dans le pouillé historique du diocèse d’Agen pour 1789
    Le nom Fontirou semble être une déformation de Montbiroux, lui-même composé du latin mons , « mont » et du nom de personne germanique Berwulf , « ours-loup »

    Cerqueux (Calvados)
    Sarqueillum en 1234 puis Sarcofagis en 1272 – Du latin sarcofagus, français « cercueil », oïl sarqueu ,au sens de tombeau puis de cimetière.

    Doué-la-fontaine (M.-et-L.)
    Le nom est noté Doe en 631, Theodadus et Thedwad en 814 puis Doadus en 847 : du nom d’homme latin Deodatus avec attraction du nom d’homme germanique Theudoad.

    Dénézé-sous-Doué (M.-et-L.) [(sous-doué et non pas surdoué )]
    de Danaziaco en 985-986 : du nom d’homme gallo-romain *Danisius (du gaulois Danius et suffixe –acum.(D&R) ou du nom d’homme romain Dionysius traité comme * Danasius (TGF)

    La Boderonne (rivière dans l’Aube)
    Le nom est noté Bauderona en 1141, Baudelona en 1191, Fluvius de Bouderonne en 1247, et La Bodronne par Cassini (XVIIIè s)
    Le deuxième élément est -ona, suffixe hydronymique hérité du gaulois et devenu fort commun.
    Le premier élément pourrait être le gaulois bebros, latin biber,« castor » (cf. La Beauronne en Dordogne) mais le -d- fait difficulté. Il faut alors peut-être préférer le nom d’homme germanique Baltherus (cf. Baudre dans la Manche ou Baudres dans l’Indre ). Sans aucune certitude pour ces deux dernières hypothèses.

    La Civanne (rivière dans l’Aube)
    pas de forme ancienne antérieure au XIXè siècle connue
    anna : suffixe celtique
    siv : peut-être variante du pré-celtique *sab, « liquide, suc, jus, sève »

    Le Roubion (Drôme)
    affluent gauche du Rhône noté Rubione en 886, sans doute du bas latin *robigonem dérivé du classique robiginem, « rouille »(TGF).
    L’hypothèse D&R, d’un PIE *rup donnant le latin rupes, « rocher » et rupina « sol rocailleux, falaise, rocher » donnant le provençal roubino, « massif montagneux schisteux », si elle peut expliquer Le Robion (AHP, village, rivière et massif montagneux), Roubion (Alp.-Mar., village et rivière) et Le Robion ( Vauc., village et rivière, au pied du Lubéron), se comprend moins pour Le Roubion drômois .
    On peut aussi faire le rapprochement, pour les cours d’eau, avec le provençal robina « canal d’écoulement » (de même étymologie, avec passage du sémantisme de la roche, de la hauteur rocheuse, à celui de ravine, de canal), qui a donné de nombreux ruisseaux appelés Roubine.

    Pichanges (C.-d’Or)
    Pichanjas vers 890 : du nom d’homme germanique Piccho et suffixe -ing.

    Fouchanges (C.-d’Or)

    Fouchanges en 1270 puis Villa de Fouchangiis en 1281 et Fouchange en1545 du nom d’homme germanique Folco et suffixe germanique -ing.

    PS : Ouf ! Ben dis donc!, on voyage avec vous !

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  13. Merci beaucoup M Leveto

    une petite liste pour la semaine

    23 Bonnat

    île de Batz

    73 le Coisin le Coisetan ( nom d ‘hydronyme cousin ? ) & commune de Coise

    11 Couiza

    73 la Chaudanne

    73 la Chavanne

    Collobrière

    63 Ennezat

    39 Arlay

    01 Lanerans

    01 Gex ( pays )

    Saint-jean-du-doigt 29

    82 Mondenard

    73 Arith

    73 le Nivolet

    merci beaucoup ; ça vous prend du temps.

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  14. Grandes perturbations ce jour dans le Timing VVLT : – Les rituels Tuesday’s clues did not appear now sur mon écran plat en grande désespérance… En manque aussi.

    Lui et moi, nous nous en consolerons pourtant en quelques mots (à suivre)… et en toute sobriété.

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  15. M Leveto

    ayant lu récemment  » La corde au cou » d’émile GABORIAU
    Je vous cite les principaux noms du roman

    Le Val Pinson

    Sauveterre

    Bréchy

    M De Boiscoran

    M de Claudieuse

    Mle De Chandoré

    Me Du Lopt de la Gansière

    les demoiselles De Lavarande

    Cocoleu

    Bolton

    Galpin-Daveline

    Daubigeon

    Me Folgat

    Seignebos

    Méchinet ( greffier )

    Frumence Cheminot

    bonne journée

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  16. Il existe quelque part, dans ce vaste monde, un endroit exotique dont la superficie équivaut à environ quatre fois celle des Hauts-de-France. Ce qui est considérable.
    Son nom actuel, tel que figurant aux atlas les mieux informés, vaudrait* pour l’ORGE, telle que venue d’une langue qui ne doit plus parler qu’aux spécialistes.

    Ceci serait sans importance notable si l’on oubliait la cascade de conséquences dans mon vécu d’imbibé.
    Faut-il ici préciser que, question breuvages, j’observe depuis bien longtemps un régime très strict et associé à ma longévité, à mon humeur :

    Prohibition totale du thé, du lait, des sodas, du jus d’érable et du Champomy .
    Pour le reste vital, ça dépend des circonstances :
    -Le matin, un grand bol d’Arabica… le Bol d’Arménie, c’est pour après, quand je soigne mes cadres et mes pouliches.
    -A l’apéro au Carafon, une Suze ou davantage.
    -Au repas de midi, pour des raisons particulières et pour l’émotion, du Saumur Champigny… mais je ne dédaigne pas non plus les délicieux vins d’Alsace magnifiés en leurs flacons d’un vert délicat. Mais c’est le plus souvent en soirée, à l’heure des fruits de mers
    -Aux terrasses platanées de l’exotique PACA, si cagnard il y a, ce sera une mousse bien fraîche, avec ou sans faux-col selon l’attention, le soin qu’elle aura mis à sa mise.
    -Quand sonne enfin l’heure attendue et tranquille où les lions vont boire, je me mets au bourbon sans modération, jusqu’à des heures indues. Mes Gamma GT s’en indignent, se lamentent dans le désert… mais qui les entend ?

    ____________

    Bref et pour faire court, si l’ORGE joue son rôle dans la bière et le scotch, elle n’en a guère dans le bourbon.
    Elle n’en a pas davantage dans la dénomination d’une boisson qui pourtant se montre selon le même nom exotique.
    Tellement exotique que le tenancier actuel du Carafon en serait interloqué si je la lui commandais tandis qu’à New York (USA), ça ne poserait pas de problème particulier de compréhension entre waiter et consommateur.
    _____________

    Question : – De quoi l’orge est-elle aussi le nom… aux rades ricains ?… Ceux de Broadway ou de Montréal… mais certes pas à celui de Machincourt, cette localité austère et au tempo si différent.
    _____________

    Bibliographie :
    Wikipédia***
    On Line Etymology
    Dictionnaire historique de la Langue française (A.Rey)
    Célébration des breuvages et des établissements/abreuvoirs à travers l’histoire et le vaste monde (TRS)

    ______________

    *Le conditionnel est ici requis car rien n’est plus troublant que les assertions péremptoires des ceusses**** qui causent (à mal ou bon escient) d’origines qu’ils n’ont pas connues, mais validées par leur inattestation : -Supputons, supputons… il en restera quelque chose… quelque chose à se mettre sous la dent… quelque os à ronger pour se faire les dents avant les joutes étymotopo.
    **Ce nom exotique, Leveto en en causé lors d’un billet dédié à une activité fort sympathique qui n’a jamais eu l’heur de me voir m’y consacrer.
    *** Le Frenchy Wiki voit du mil/millet en lieu et place du barley… Hum, la « bière de mil » c’est une affaire de negroes sans le confort associé et la respectabilité d’établissements reconnus de l’administration et par la clientèle.
    **** J’écris « ceusses », pronom clair, honnête et convenable à tout un chacun tandis que je désapprouve les manigances de Jacques C. quand il s’embourbe dans le ridicule de l’inclusivité menée à coups de piteuses contorsions : les « ceusses », ça a un sens, tout en ambivalence … alors que les « ceu.elles » ,ça fait assez tarte, non?
    ____________

    Précisions utiles :

    -En son temps et pour l’occasion, Leveto avait déjà évoqué ce terme, celui passé autrement dans le langage courant, dans l’hexagonophonie et chez moi… Ce fut lors d’un billet dédié à tout autre chose qu’aux boissons débitées au zinc des cafés, bistrots et autres établissements de confort voués à l’hydratation du public et à la qualité du lien social.
    Ce garçon avait alors assorti son propos de réticences et/ou de doutes quant à ce qu’il proposait sur écran plat. Tant d’humilité et de réserve l’honorent à jamais.

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  17. lecteur

    Bonnat (Creuse)
    du nom d’homme latin Bonus et suffixe –acum

    île de Batz
    un petit tour sur le site wiki ( cf. Batz-sur-Mer) vous fera découvrir toutes les hypothèses concernant l’origine du toponyme. S’il fallait en choisir une, ce serait la référence au breton bas , « peu profond, superficiel ; basse », qui serait un emprunt très tardif, du bas Moyen Âge, au latin bassus . Parmi les hauts fonds ou îlots rocheux en Bretagne, une bonne dizaine sont appelés Baz .

    le Coisin le Coisetan [ ( nom d ‘hydronyme cousin ? ) & commune de Coise]

    Coise : Vallis que dicitur Cosia en 1136 du nom d’homme latin Cosius
    Coisin (ruisseau ) : aqua Coysini en 1433 : « eau coisienne, de Coise »
    Coisetan  (ruisseau qui prend sa source dans la forêt de Coise, aujourd’hui défrichée ) : Coyseta au XIIIè s, Coisetanum au XIVè siècle : « ruisseau coisetien »

    Couiza (Aude)
    Couzanum en 1231 et Couizanum en 1347 : du nom d’homme latin Cupitius et suffixe –anum

    la Chaudanne (av.)

    l’adjectif latin caldus , « chaud » a donné la variante calidus donnant calidana puis caldana et enfin « chaudanne ». Se disait surtout de sources chaudes et de stations thermales. On appelle « chaudane » ou « chaudagne », dans le Dauphiné, une source intermittente que la chaleur estivale fait tarir.

    la Chavanne
    du nord occitan chabana, « cabane »

    Collobrière

    je pense que vous vouliez écrire Collobrières (Var) : endroit riche en couleuvres. Cf. wiki.

    Ennezat (PdD)

    Enisiacus en 952, Enazac en 1165, puis apud Anazac en 1205 et de nouveau Eneziacus en 1373 :, du nom d’homme latin *Enicius (latinisation du gaulois Enos) et suffixe -acum ou du nom d’homme latin Anitius

    Arlay (Jura)
    du nom d’homme latin Arilus ou germanique Herlus et suffixe –acum.

    Lanerans
    Lanerans(Ain) est inconnu chez Geoportail et ne donne que 74 résultats chez Google …
    Lancrans (Ain) : Lancrenz en 1344 du nom d’homme germanique Langrid et suffixe –ing

    pays de Gex
    trois attestations anciennes contradictoires : de Gayo en 1124 peut orienter vers un nom d’homme latin Gaius (D&R) ou Cajacius avec aphérèse (E. Nègre) ; Gaz vers 1128 orienterait plutôt vers un vadum , « gué » ; enfin Gaix en 1137 est la forme romane du Gayo de 1124 qui en serait alors la forme latinisée issue du latin tardif jacium , « gîte (d’un animal ) ; parc d’animaux ». Cette dernière hypothèse (P.-H. Billy) serait confortée par la forme Jais de 1267 évoluant en Jez en 1293. Dans les sources latines, le g- devant -a est souvent utilisé à la place du j étymologique : ainsi de la ville de Genay (C.-d’Or) attestée Jaeniaco en 984, Gainai en 1231 puis Genay en 1285.

    Saint-jean-du-doigt 29 pas de mystère, cf. wiki.

    Mondenard (TetG)
    Montelanardo en 1258 : latin montem et nom de personne germanique Lanhardus

    Arith (Sav)
    Arico en 1356, du nom d’homme germanique Haric

    le Nivolet
    du latin nibulus , ( donnant le franco-provençal niblo, nibla) « vautour, milan » et suffixe collectif –etum.

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  18. @ Lecteur :

    Voilà, vous détournez notre hôte de ses tâches rituelles, et tout son calendrier de publication en est chamboulé. Un mercredi sans « indices du mardi soir », c’est comme un goûter sans chocolat : on fait avec, mais on regrette.

    ——–

    @ TRS :

    Vous ne me verrez jamais écrire « ceu·elles » puisque les pratiquant·e·s de l’écriture inclusive-d’un-seul-tenant * tentent chaque fois que possible de trouver des formes ne nécessitant pas l’ajout d’un point médian. C’est ainsi que pour exprimer « celles et ceux », j’écris simplement celleux.
    Mais je reconnais que ceusses ne manque pas d’arguments, et peut tout-à-fait faire l’affaire !

    * En fait, la notion d’écriture inclusive ne se limite pas aux formulations d’un seul tenant. Toute formulation qui exprime à la fois le masculin et le féminin ressortit strictement à l’écriture inclusive. Ainsi, quand De Gaulle disait « Françaises, Français », c’était très précisément une formule inclusive. C’est d’ailleurs un exemple édifiant, car déjà à l’époque cela avait fait jaser les conservateurs. Eh oui, avant De Gaulle, il n’était pas du tout habituel de démarrer un discours par une double apostrophe, un simple « Français » était jugé suffisant car englobant hommes et femmes. Lorsque De Gaulle a pris l’habitude de clamer « Françaises, Français », des éditorialistes (les ancêtres de ceux qui se moquent des nouvelles formes d’inclusivité) s’étaient indignés de cet ajout du féminin, considéré par eux (rarement elles) comme un féminisme inconvenant et superflu.
    La particularité de l’écriture inclusive actuelle n’est pas d’être inclusive, mais de chercher à simplifier les formules (lorsque c’est possible) en limitant les redoublements masculin-féminin. Plutôt que « celles et ceux », « celleux » (ou ceusses, ça marche aussi). Plutôt que « auteurs et autrices », « auteurices ». Plutôt que « paysannes et paysans », « paysan·ne·s ». C’est un ajustement, pas une révolution.

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  19. ►cher lecteur

    votre dernier commentaire, contenant la liste des noms propres relevés dans La corde au cou d’Émile Gaboriau m’amène à vous faire part de ces réflexions :

    — je suppose que vous ne me donnez pas cette liste que pour m’informer de l’existence de ces noms propres mais pour que je vous en dévoile, dans la mesure du possible, l’étymologie. Cela aurait été sans doute mieux en le disant ;
    — si je m’intéresse, en simple amateur comme vous l’avez sans doute remarqué, à l’onomastique, le domaine de celle-ci est si vaste (noms de personnes, de lieux, de cours d’eau, de reliefs, de marques …) que je me suis pour ma part cantonné (ahah) à la toponymie au sens large, incluant l’oronymie, l’hydronymie et l’odonymie. Les noms de personne ne me sont pas étrangers mais je ne les aborde que par nécessité dans mes recherches toponymiques ;
    — je ne suis pas un fan absolu de wikipedia, néanmoins, par sa facilité de consultation, ce site se révèle parfois suffisant pour obtenir des réponses tout à fait correctes. J’en veux pour preuve votre demande récente à propos de Saint-Jean-du-Doigt qui ne présente aucune difficulté particulière ou de Sauveterre dont le sens est parfaitement expliqué dans l’article correspondant. Il suffit de n’accorder foi qu’à des explications référencées (et de vérifier ces références ! Quitte à aller voir la biographie de l’auteur, à consulter le livre s’il est en ligne, etc.). Et il n’y a pas que wikipedia : de nombreux ouvrages de toponymie sont disponibles en ligne, je vous laisse chercher. Naturellement, pour le reste, les cas douteux ou ceux non disponibles en ligne, je veux bien mettre mes compétences au service de tous ;
    — il ne faudrait pas que le nombre et le rythme de vos demandes ne devienne trop important, d’abord parce que, toujours désireux de répondre le plus sérieusement et complètement possible, cela me prend beaucoup de temps (même si je suis un vrai rat de bibliothèque et que j’aime ça, il m’arrive de faire autre chose … comme chercher les réponses aux devinettes de TRS ) et ensuite, parce que cela risque de me pousser à répondre favorablement aux demandes pressantes de WordPress de passer à la formule du site « commercial » où il faudrait payer pour obtenir une réponse de ma part, comme ces sites de généalogie que vous connaissez sans doute (je plaisante, bien sûr).

    Cela étant dit, voici les quelques pistes que je peux vous donner concernant les noms que vous me livrez :

    ■ Le Val Pinson : sans mystère.

    ■ Sauveterre : voyez wiki.

    ■ Bréchy : sans doute comme Bressy  qui est un  nom surtout porté dans le Vaucluse et le Limousin. Il s’agit peut-être d’un dérivé de Brès, nom de baptême (du latin Brictius ) popularisé par saint Bris, successeur de saint Martin comme évêque de Tours.

    ■ M De Boiscoran : sur le modèle de Boismorand, qui est un ancien Boscus Morandi , on peut penser à un ancien Boscus Corani (du nom d’homme latin Coranus ).

    ■ M de Claudieuse : de claudicare , « boiter », donnant Claude, prénom, et claude, « niais, sot ».

    ■ Mle De Chandoré : champ doré ( de blé?).

    ■ Me Du Lopt de la Gansière
    Lopt : variante (roussillonnaise) de « loup ».
    Gance :  nom porté notamment dans la Somme et en Lorraine, d’origine germanique, Ganzo, que l’on rattache au francique ganti , « oie sauvage ». Une « gansière » était un endroit fréquenté par les oies sauvages.
    Le « loup dans la gansière » : un patronyme très parlant !

    ■ les demoiselles De Lavarande : ?? à rapprocher de La Varende, sans étymologie connue …

    ■ Cocoleu : ??? diminutif de « coq », surnom donné à un coureur de jupons ???

    ■ Bolton : ???

    ■ Galpin-Daveline :

    Galpin : assez fréquent dans la Sarthe et la Mayenne, c’est une forme contractée de Galopin, terme qui désignait autrefois un messager, un coursier.
    (d’)Aveline : On rencontre le nom surtout dans la Sarthe, l’Eure-et-Loir et les départements voisins. Il est également présent dans la Seine-et-Marne et la Marne. Il peut évoquer la noisette sauvage, ou aveline , mais dans certains cas on devrait avoir plutôt affaire à un nom de personne féminin, porté par une sainte qui fut abbesse de Saint-Maurice de Sens ( du latin Avellina ).

    ■ Daubigeon : ??? à comprendre d’Aubigeon , donc dérivé d’Albinius  ? mais avec un suffixe non identifié …

    ■ Me Folgat : ??? la terminaison –at fait penser au produit du suffixe –acum en région auvergnate ; le premier élément pourrait alors être le nom d’homme germanique Folco (« peuple »).

    ■ Seignebos :
    Le nom est surtout porté dans l’Ardèche. Il s’agit sans doute d’un toponyme avec le sens de bois ( bos ) marécageux ( seigne , sagne , « marécage »).

    ■ Méchinet (greffier) :
     Il s’agit du diminutif de meschin , qui désigne en ancien français soit un jeune homme, soit un valet. Le nom est surtout porté dans l’Ouest.

    ■ Frumence Cheminot :
    Frumence est un ancien nom de baptême (du latin frumentum , « blé) », popularisé par divers saints.
    Cheminot est un diminutif de Chemin (« petit chemin »), surtout porté dans l’Allier et dans les Vosges.

    À votre service.

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  20. Cher M Leveto

    j’attendais de vos nouvelles , après la petite crise de jalousie , ou de privation de Jacques C , qui n’a pas eu
    son  » indice du mardi soir  » à l’heure voulue , et que lui pardonne volontiers.

    Comme vous le savez ,sachant le temps de travail nécessaire, je ne vous ai jamais demandé de me répondre toutes affaires cessantes , mais  » sans urgence « .

    Et d’autre part , je ne connais pas votre rythme de publication, ne participant pas à vos devinettes.

    Je sais que votre site est principalement topographique ; mais c’est justement en lisant votre article sur
    Cyrano , que j’ai cru comprendre que vous connaissiez également l’onomastique.

    Et c’est dans le but de vous proposer un possible article que je vous ai signalé ces patronymes.

    Ils sont d’ailleurs remarquables , tout comme ce livre de grande qualité de français , avec citations latine.

    Pour les toponymes , c’est pour votre très grande valeur que je vous propose, depuis peu , des noms.

    Wikipédia, que je fréquente , est souvent minab…., pour ne pas dire plus

    d’ailleurs regardez
    Batz ( sur-mer & Enez Batz ) même après lecture , le flou demeure
    Pays de Gex , itou.

    Je traite environ , personnellement , une centaine de toponymes et patronymes par semaine
    ( noms grecs ,latin ( sept ans de Lycée premier en thème latin sur l’ensemble de ma scolarité ) germaniques , car bon germanophone et celtes.

    Ce n’est que certains noms que je vous propose ..

    Voilà , je vous remercie très vivement , et transmet toute mon amitié à Jacques C .

    Je resterai dorénavant uniquement au rythme hebdomadaire du lundi soir , si celà vous convient.

    Merci chaleureusement de tant m’instruire.

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  21. lecteur

    1/ connaissant bien Jacques C., je suis sûr que son commentaire était à prendre comme une gentille plaisanterie, rien de plus.

    2/ en ce qui concerne wiki qui, quelques fois, reste dans le flou, ce n’est pas forcément idiot : il y a des fois (comme pour Batz et Gex) où la vérité ne peut pas (encore?) être connue, et où seules quelques hypothèses peuvent être avancées.

    3/ je continuerai bien sûr à répondre, dans la mesure du possible, à vos demandes.

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  22. @Jacques C.

    Quand De Gaulle disait « Françaises, Français », c’était très précisément une formule inclusive.

    Fantastique révélation !… Et quand l’exemple est donné par un humoriste si haut gradé et légitimé par le suffrage universel à deux tours pour le prix d’un, rien n’interdit de décliner la formule à destination des Wallon.ne.s… tout en décortiquant « le charme discret de l’inclusivité bobo » :

    https://www.franceinter.fr/emissions/les-requisitoires-du-tribunal-des-flagrants-delires/les-requisitoires-du-tribunal-des-flagrants-delires-25-aout-2018

    Mais puisqu’avec vous je tiens un spécialiste, merci de venir à ma rescousse dans le cadre d’une version allant du français tel qu’on le cause vers l’inclusive parlure :

    1.La Grande Zhora, fine analyste des mœurs de son électorat, aurait constaté la veulerie qui l’anime, résumée en cette formule définitive :

    Les Français sont des veaux !

    Je crains qu’avec l’irruption de génisses ça ne colle pas : le veau de chez moi peut être aussi femelle qu’est mâle son compagnon de stabulation.
    Et puis, « les Françaises sont des veaux » ça fait drôle, non ?

    2. L’immense Brassens, lui aussi, a fait l’impasse sur les connes, qui sont légion et sont des électrices/sujettes comme les autres :

    Mais il y a peu de chances qu’on
    Détrône le roi des cons

    Sans rapport aucun avec le ridicule séisme syntaxique qui agite les ceusses qui mènent croisade pour une équipolarité légitimée par l’humeur du moment, une petite java exécutée au chromatique pour vanter l’abnégation de tou(t)(e)s les confiné(e)s :

    <blockquoteOn peut voir sous les toits
    Des gens en père peinard
    Qui sans façon se pavanent
    Et n’boivent pas que d’la tisane
    Du haut de leur balcon
    Ils s’pointent sans façons
    Et se moquent à leur guise
    D’la police qui verbalise…

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  23. FIN DE PARTIE

    Comme pronostiqué par la fine fleur des bookmakers de mon canton, nul affidé.e aux pratiques sordides de la toponymie d’obédience pacaïenne n’aura esquissé le moindre pas (de danse ?) vers l’une ou l’autre des marches du podium.
    Pas davantage n’auront-il(elle)s su lire dans le marc de café.

    A ces ceusses nécessiteux, il est venu le temps des révélations :

    1.En juin 2014, lors d’un billet dédié à la danse, Leveto évoque la java… sans vraiment se mouiller.

    2.En février 2021, TRS, addict au café et coutumier des établissements qui en servent- sans préjudice d’autres breuvages- déplore cette frivolité passagère rapport à l’ORGE dont on dit qu’elle serait constitutive du toponyme JAVA :

    JAVA = « coffee, » 1850, short for Java coffee (1787), originally a kind of coffee grown on Java and nearby islands of modern Indonesia. By early 20c. it meant coffee generally. The island name is shortened from Sanskrit Yavadvipa « Island of Barley, » from yava « barley » + dvipa « island. » Related: Javan (c. 1600); Javanese (1704).

    JAVA c’est donc l’île de l’ORGE, « du barley »… sauf récriminations que l’on s’empressera de dédaigner.

    Détails amusants :

    -Le terme JAVA, en informatique, a été signifié au logo par une tasse de café… et pas par un boisseau d’orge.

    -Le café, à l’instar des fromages, pinards et charcutailles, tire vanité d’un toponyme : l’arabica d’Arabie, le moka du Yemen, le bahia du Brésil, le libéria du Libéria et le « bourbon pointu » de l’Île Bourbon

    Et, s’il a maintenant du temps à perdre et le souci de promouvoir les établissements montréalais, le diligent Brosseur à reluire me fera un topo quant aux charmes du JAVA U… qui l’emporteraient face à la Java de Broadway :

    https://fr.restaurantguru.com/Java-U-Montreal-21

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  24. TRS

    j’avoue être passé à côté de Java, « l’île de l’orge », mais pas de barley qui ne m’a amené nulle part …

    Précision toponymique (vous en rêviez, n’est-ce pas ?) :

    La forme originelle du nom, est, en sanskrit, Yavadvipa , un composé dont le premier terme yava désignait une sorte de céréale, particulièrement l’orge, tandis que le second, dvipa , signifie « île ». On traduit donc « l’île de l’Orge », mais on ne voit pas que Java ait jamais été spécialement productrice d’orge ni même d’une quelconque céréale analogue, au point même d’étonner les marins indiens qui ont fréquenté l’île au début de notre ère.
    Or le nom ne fait pas de doute : il est devenu, en moyen indien (prakrit) *yavadiou , forme que Ptolémée au IIè siècle a notée Iabadiou (avec bêta prononcé v ) et est devenu Yavadi sous la plume du voyageur chinois Fa-Hsien au Vè siècle. On peut aussi remarquer que, dans les usages indien, malais et arabe, le même nom a désigné ensemble les deux îles de Java et de Sumatra, et même tout l’archipel indonésien.
    L’explication serait alors que le sanskrit yava , « céréale, grain », aurait été employé métaphoriquement pour exprimer l’idée de grains épars, de semis, d’éparpillement, pour désigner l’ensemble des îles éparpillées comme les Sporades pour les Grecs anciens, puis, secondairement, une de ces îles, la principale.

    NB : Après un petit tour sur wiki, je vois qu’on y parle de millet plutôt que d’orge, ce qui ne change pas grand chose puisque « à ce jour, l’archéologie n’a encore rien pu démontrer concernant le passage du millet au riz à Java, et en Indonésie en général. » : pas de millet ni d’orge sur Java aux temps anciens, donc.

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  25. Merci Brosseur, je l’ai trouvé excellent le Java que vous m’avez servi.
    Surtout ce passage :

    <blockquotePuis j’croise le regard d’une fille à côté
    Il m’dit « va cruiser la blonde, sois pas gêné »
    Je finis par l’accoster, elle m’dit « qu’est-ce tu veux ostie? »
    J’réponds « je suis pas baptisé, non merci »
    Je lui propose de sortir fumer, elle m’dit « t’as une smoke? »
    J’suis plutôt jean-baskets, elle m’dit « c’est quoi, c’est une joke?

    Figurez-vous que ça m’a évoqué une autre rencontre fortuite telle que narrée par un Canadien qui ne faisait pas dans le Rap Musette, lui :

    Stopped by a diner, and the blond behind the counter
    Asked if she could help in any way
    I could tell by her smile, her number I could dial
    If I was in the need of company
    I asked her for some Java
    Instead she brought a cup of chickory*
    A taste of Java is like a volcanic rush
    Nobody’s gonna stop me from drinking too much

    Ensuite, au fil de l’idylle, ça dérape grave question toponymie déjantée en relation avec le cours de la came:

    Won’t you boil me water, fill up my cup
    You know it takes a lot to keep me up
    Down in Bolivia, the people are insane
    They want as much for Java as they do for cocaine
    Don’t try to cheat, it’s impossible to beat
    The only pick-me-up that’s here to stay…

    En souvenir de Rick Danko, aussi regretté à Machincourt que Levon Helm :

    *Juste pour « jaser » un moment, comme ça et entre nous, dites-moi s’il était juste possible, dans ces années de prospérité nord-américaine, de se voir servir une chicorée dans un bar… ou chez un « dépanneur ».
    Perso’, je garde de cette chicorée un goût amer remontant aux fifties quand dans ma famille, tant modeste famille au train de vie allant de l’impécuniosité d’un moment à la dèche chronique.
    Dans mon milieu de l’époque, on ne rêvait donc pas d’un Java tarifé à 70 euros la tasse et extirpé de fèces animales. Malgré les privations d’après-guerre, on conservait dignité et mépris pour les fouille-merde qui négocient leurs pépites à un prix extravagant :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Kopi_luwak#Prix

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  26. « Le matin, le café devait être préparé à partir des excréments de civette, particularité qui lui attribuait son goût caramélisé, sans amertume. Ma mère apportait elle-même ce café matinal sur la terrasse de mon père, espérant le voir appliquer de la brillantine sur son peigne pour sculpter ses cheveux d’ébène, à la Clark Gable. »
    (Kim Thúy)

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