Un brin d’osier

Planche de botanique de Carl Lindman

Je poursuis mon exploration des végétaux dans la toponymie avec  les noms liés à l’osier. On regroupe sous ce nom plusieurs arbres ou arbustes du genre Salix (saule) que l’on distingue par la couleur (blanc, brun, cendré, jaune ou pourpre) ou l’utilisation qu’on en fait (osier des vanniers).  L’osier n’étant rien d’autre qu’un saule, il est fort probable que des toponymes issus du latin sălix aient un rapport avec l’osier plutôt qu’avec le saule, mais la distinction est difficile voire impossible à faire. Il semble toutefois qu’on réservait jadis le nom de saule à l’arbre et celui d’osier à l’arbuste. Les dérivés de « saule » ayant été vus dans ce billet, je restreindrai celui-ci aux noms liés à l’osier lui-même.

Plusieurs mots d’origine différente ont été employés pour désigner l’osier, que ce soit l’arbre lui-même ou le rameau flexible, chacun ayant donné des toponymes.

Osier

La confusion qui a pu exister entre l’aune et le saule, tous deux croissant au bord de l’eau, est à l’origine du nom de ce dernier. On rencontre en effet au XIè siècle  l’ancien français féminin osiere, dérivé du latin auseria, « bosquet, groupe d’arbres », attesté au VIIIè siècle, un collectif lui-même issu d’un  *alisaria formé sur le francique alisa, « aulne ».

On retrouve ce mot dans les noms d’Ozières (H.-Marne ) et d’Ozerailles (M.-et-M., avec le suffixe collectif –aille) ainsi que dans de très nombreux micro-toponymes du type Osier, Osière, Oseraie, Oseraille, Ozier, Ozière, Ozeraille, etc. ainsi que quelques Losier ou Losière, tous répartis sur l’ensemble du territoire.

Vim et bim

Issue  de indo-européen *wei, « nouer, tresser », la forme ancienne vim ou bim est à l’origine du latin vimen, « bois flexible, en particulier l’osier », d’où l’adjectif viminalis, « propre à faire des liens », qui a servi à nommer une des sept collines de Rome, le Viminal (Viminalis collis, la colline de l’osier), et à former le nom scientifique Salix viminalis de l’osier des vanniers.

On retrouve cette racine dans le nom de Vimines (Savoie, du pluriel vimena) et de Vimenet (Aveyron, avec le collectif –etum). On rencontre aussi des  micro-toponymes de type Vimière, Vimenière, etc. ou encore Bimes, Bimerie, Bimenède, Le Bimiet (à Sorde, Landes), etc.

-Vimines

Certains auteurs (Roger Brunet dans TT*, B. et J.-J. Fenié dans DPPF*) font de ce vimen l’origine du nom du Vimeu, petit pays picard de la Somme traversé par la Visme dont l’ancien nom Vimina rappellerait les bois flexibles, les osiers, issus des saules la bordant. P.-H. Billy (NDLF*) y voit quant à lui un hydronyme indo-européen *svem, « se mouvoir », après amuïssement du s initial en gaulois, muni du suffixe -ina. C’est cette même racine qui serait à l’origine du nom de Wismes (P.-de-C.), noté Vima en 1136, où la légende raconte que saint Maxime y aurait fait jaillir une source d’un coup de bâton.

Vordz, vorge, vorze

L’occitan vordz, « osier », sans doute d’origine gauloise (une origine selon le latin vortex, « tourbillon »,  d’où le lien servant à entourer, à lier, a aussi été proposée), est à l’origine des noms de Vors (aujourd’hui fusionnée dans Baraqueville, Aveyron — villa Vordz en 1075), et de Bor-et-Bar (Aveyron, Vorts en 1258, avec Bar du pré-celtique bar, « sommet, hauteur »). Le plus souvent en pays de langue d’oc, ce nom a pu évoluer pour donner des micro-toponymes  du type Vorge et Vorze (en Lyonnais et Velay), Vourge (à Ambléon, Ain), Vourze, Vorchère (à Aigleblanche, Sav.), Vorziers (cinq en Haute-Savoie), Vorzillière (à Rivas, Loire), le Vourdiat (à Saint-Jodard, Loire), etc.

… et quelques autres

Quelques autres mots, pour la plupart d’utilisation régionale voire locale, ont désigné l’osier ou l’oseraie.

■ l’occitan vergant ou vercant, « brin d’osier, scion d’osier », a donné son nom à Lavercantière (Lot), avec l’agglutination de l’article, et à des micro-toponymes comme les Vercantières, la Vercantine ou encore la Vercantelle ; d’une origine similaire, l’occitan bergo  a donné Bergasse à Saurat (Ariège) et à Lurbe-Saint-Christau (P.-A.), avec le suffixe augmentatif collectif -asse, désignant un lieu humide riche en osier, une oseraie naturelle ;

■ le franco-provençal avan, « osier », d’origine gauloise, a servi à nommer Les Avanchers-Valmorel (Sav.) ainsi que des micro-toponyme du type Avancher(s), Avanchère(s) ou encore Aux Avants à Jarrier (Sav.) ;

les avanchers

Merci papa, merci maman ?

■ l’occitan amarin, « osier », ou amarino, « osier jaune, scion d’osier, amarine » (du latin amarus, « amer », à cause de l’amertume de l’écorce du saule) a donné son nom aux Amarinettes, un affluent gauche de l’Hérault à Valleraugue (Gard), à L’Amarnier à Saint-Laurent-du-Cros (H.-Alpes), aux Hautes et Basses Amarines à La Croix-sur-Roudoule (A.-M.) ; avec passage du m au b, on trouve Les Abarines à Saint-Jean-du-Gard (Gard)  et à Rochecolombe (Ardèche) et quelques autres ;

■ le latin vincio, « lier, attacher », a donné en Pays-Basque et Gascogne, avec passage du v au b, divers toponymes comme Benquet (Landes), Benque (H.-Gar.), Benqué (H.-P.) et des micro-toponymes semblables (Michel Morvan, NLPBG*). L’hypothèse de Dauzat & Rostaing qui faisaient de ces noms des dérivés d’un pré-latin *benc, « roche escarpée», ne tient pas au vu de la topographie du Benquet landais ou du Benque haut-garonnais.

Ça se discute

Certains toponymes peuvent donner lieu à différentes interprétations :

■ le gascon bergougnà, « sol propre à l’osier, oseraie », aurait donné Barcugnan (Gers) selon E. Nègre (TGF*) mais l’hypothèse du nom d’homme latin Barcunius accompagné du suffixe –anum n’est pas exclue (D&R, DENLF*) ;

■ les noms de Vinzelles (P.-de-D., de Vinzella en 919), Vindelle (Char., Vincellae en 1020 et Vindella en 1491) comme des micro-toponymes du type La Vinzelle à Grand-Vabre (Av., castri de la Vinzola en 1267) seraient issus de l’occitan vindèlo ou vinzelo, « branche longue, mince, flexible », pour désigner quelque oseraie selon E. Nègre (TGF*). Dauzat & Rostaing (DENLF*) suivis par J. Astor (DNFLMF*) et G. Taverdet (NLB*) préfèrent y voir un héritage du bas latin vinicella, diminutif en -icella de vinea, « vigne ». Les choses se compliquent quand on constate que Vincelles (Jura, Marne, S.-et-L., Yonne), Vincelottes (Yonne, avec diminutif en –ote)  et Vinzelles (S.-et-L., Vinzellam en 979) sont donnés par E. Nègre comme des dérivés de vini cella, « cave à vin », tandis que les autres persistent dans l’hypothèse de « la petite vigne ». E. Nègre n’explique pas pourquoi il donne une étymologie différente pour les Vinzelles du Puy-de-Dôme et de Saône-et-Loire : ces noms ne sont pas classés au même paragraphe de son ouvrage, voilà tout. La commune de Saône-et-Loire (« cave à vin ») est rangée dans les Formations latines ou romanes, chapitre V, Agriculture (tome I, 5637) tandis que la commune du Puy-de-Dôme (« oseraie ») l’est dans les Formations dialectales, chapitre V, Plantes sauvages (tome II, 23627). C’est une des incohérences qui montrent  que la Toponymie Générale de la France a souvent été rédigée plus dans un souci d’exhaustivité (ah! ces 35 000 étymologies tant vantées par l’auteur…) que de rigueur scientifique. À la décharge de l’abbé, la discussion reste pourtant ouverte quand on regarde de près et qu’on constate que certains de ces lieux ne sont pas propices à la culture de la vigne, même jadis : Vinzelles (P.-de-D.) est au bord de l’Allier, la Vinzelle de Grand Vabre (Av.) est au fond de l’abrupte vallée du Lot, Vincelles (S.-et-L.), dans la vallée humide de la Seille et Vincelles (Jura), au bord de la Sonnette, tous lieux où on s’attend à rencontrer plus de saules que de vignes, et donc où un rapport avec l’osier peut être privilégié ;

■ pour (presque) tout savoir plus sur les noms du saule et de l’osier ainsi que sur leurs dérivés en onomastique, on peut consulter cette page (mais la Flore populaire  d’Eugène Rolland, publiée en 1896-1914, contient quelques erreurs et des omissions).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

point-d-interrogation-sur-le-clavier-nb10411

La devinette

Le défi du jour consistera à trouver le nom d’une commune de France métropolitaine lié à l’osier et à la source d’une rivière à laquelle elle donne son nom.

On a chanté le repos de deux guerriers de la région où se situe cette localité.

■ une gravure comme indice :

indice a 14 02 21

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

9 commentaires sur “Un brin d’osier

  1. Bonjour m Leveto

    voici quelques noms ( absolument sans urgence aucune )
    46 l’oubrier ( ouvrier ? )

    samé-la-rocheuse

    14 Saint-Martin-de-Mieux ( quel mieux ? )

    tous les Montastruc ( mont chanceux ?? ) & particulièrement M-La-Conseillère ( quel conseil ?? )

    Charcosse

    73 Curienne

    Outines

    Rivière de Baranton ( * barant = eau ??) barenton ? barentin ?

    01 Injoux-( génissiat )

    Voilà , c’est tout pour la semaine Merci beaucoup.

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  2. Alors , Auzière ( patronyme ) , dont l’homme cocufié par Emmanuel , (à 15 ans ) , ( la bonne nouvelle ? ) Macron ( Maqueron , maquereau , mackeren , mackerel en flamand ) , finalement mort assez jeune à 68 ans

    Elle avait bien fait de prendre un plus jeune , alors ??

    https://www.journaldesfemmes.fr/people/magazine/2665461-mort-brigitte-macron-mari-andre-louis-auziere-enfants/

    Chêne vert ( selon geneanet ) https://www.geneanet.org/nom-de-famille/AUZIERE
    ou Lauzière
    ou
    Osier ?
    https://www.etymo-logique.com/le-mot-du-jour/personnalites/trogneux-brigitte/

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  3. @TRA

    Bredouille vous revîntes … et, ce, même après être passé par Les Vans d’Ardèche. Alors ça, c’est la dèche !…
    Conséquemment et juste pour vous, pour vous faire rêver un moment d’osier et d’abondance, voici une corne made of wicker véritable.

    Cette « élégante » installation n’était pas là lors de mon dernier séjour en Touraine mais je vois très bien son emplacement actuel car à Villaines-les-Rochers, entre autres fantaisies typiques, j’ai su de visu comment on pouvait peler le jonc la tige d’osier:

    D’une certaine manière et à la feuille, cette localité* est délicieusement raccord avec la devinette en cours d’eau.
    Leveto l’entendra bien, je crois.

    Lequel Leveto me permettra aussi d’émettre comme une réticence quand il s’exprime en ces termes :

    On a chanté le repos de deux guerriers dans la région où se situe cette localité.

    Si mon idée est la bonne, le campo des deux « guerriers » n’a pas été chanté que dans une seule région, loin de là… et sans doute même en PACA éloignée. Si toutefois mon idée est la bonne.
    _____________

    *Pour moi, quand j’entends « causer osier », je songe aussitôt à Villaines-les-Rochers et à Fayl-Billot, localité qui n’a été évoquée que bien fugacement chez VVLT. C’était à propos d’une vague histoire de Trésor niché/ »sourdant » dans un misérable lieu-dit, parfaitement négligeable quand de plus grandes aspirations préoccupent le public.
    Si Fayl m’évoque assez le hêtre, le « billot », hum… pas sûr que j’irais lui mettre mes c…….s dessus, même si très usagées.

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  4. TRS

    vous avez raison. J’ai modifié ma phrase en y laissant une mauvaise préposition.
    Je vais corriger pour : « On a chanté le repos de deux guerriers de la région où se situe cette localité.»

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  5. AU SAULE MI-HAUT …

    Je n’ai pas le temps de revenir à l’énigme ce soir.
    Ce sera donc pour demain.

    Parfois, à moins que vous n’osiez me contester la chose, nous vîmes que l’effort cérébral imposait l’usage d’acide acétylsalicylique : sans barguigner, j’y aspire in petto …

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  6. lecteur

    L’Oubrier ( ouvrier ? ) Lot

    je n’ai pas trouvé de topo de ce type dans le Lot mais j’ai trouvé un Loubrier à Montselgues (Ardèche). En revanche le nom de famille Oubrier est porté dans le Sud-Ouest
    Oubrier est bien la francisation de l’occitan obrièr, « ouvrier ».
    Le latin classique avait operarius, dérivé de opera, « travail, activité au service de quelqu’un ». Operarius signifiait « manœuvre, ouvrier, homme de peine ». Le Moyen Âge, qui conservait le verbe obrar en ancien occitan et ovrer en ancien français au sens de travailler, donnait à obrièr et ovrier le sens de « travailleur, ouvrier », très proche du sens actuel. Il faut toutefois tenir compte de la différence notable entre notre société industrielle et la société médiévale où l’ouvrier faisait figure de maître-artisan à part entière.
    Pour être complet, il faut aussi tenir compte du sens religieux de òbra qui donna lieu à obrièr au sens de « marguillier », celui qui administrait les biens d’une église et était chargé du secours aux pauvres de la paroisse.
    Le toponyme L’Oubrier désignait le lieu par l’activité de son habitant .

    Samé-la-Rocheuse

    Si c’est bien de l’île à l’est d’Ithaque  dont parle Homère dans l’Odyssée que vous voulez parler, elle s’appelle aujourd’hui Céphalonie dont le nom est dérivé de l’ethnique Kephallènes . Il est probable que l’île , traversée par une chaîne montagneuse, a été appelée Kephale , « tête, sommet », à cause de son sommet caractéristique d’Eleto.
    Samé  dérive du mycénien sami, « lieu élevé, hauteur », comme Samos (étymologie déjà donnée par Strabon au Ier siècle av. J.-C.) .

    Saint-Martin-de-Mieux ( quel mieux ? ) (Calvados)

    Issu de la fusion en 1858 de St-Martin-du-Bû et de St-Vigor-de-Mieux
    C’est dans les formes anciennes du nom de ce dernier qu’on trouve l’explication :
    Sanctus Vigor de Muyes, en 1250, Sanctus Vigor de Modiis en 1273 et Muiœ en 1277 .
    On reconnaît facilement dans le Modiis de 1273 le muid :« mesure de quantité de grains » et mesure agraire d’un champ qu’on pouvait ensemencer avec un muid de grains (cf. Muidorge qui a fait l’objet d’une devinette récente).
    Si vous en avez l’occasion, allez le signaler à la mairie : ils n’en savent rien, pas plus que chez wiki. C’est une exclusivité « Vous voyez le topo « !
    PS bonus : le Bû de l’ancien St-Martin-de-Bû est le norrois buskr, « buisson, bois ».

    ■ tous les Montastruc ( mont chanceux ?? ) & particulièrement M-La-Conseillère ( quel conseil ?? )

    idem Montestruc et Montestrucq
    tous ces toponymes sont formés sur le latin mons, « mont », accompagné du nom de famille méridional Astruc, celui du propriétaire ou de l’exploitant. Astruc est un nom de baptême destiné à porter chance qui reprend l’occitan astruc, « chanceux, heureux », comme l’indique son étymologie « né sous un bon astre, sous une bonne étoile ».
    La conseillère de Montastruc était l’épouse de Georges Ouvrier (on n’en sort pas !), conseiller aux requêtes du parlement de Toulouse en 1656. On raconte à son sujet l’histoire suivante : « cette dame, à laquelle, suivant l’habitude, on donnait le nom de madame la conseillère, après avoir commandé à un peintre habile et malin son portrait, le refusa comme n’étant nullement l’expression de ses traits.
    Mais le samedi au soir, le peintre l’exposa sur une petite échoppe située tout près du manoir du seigneur d’Ouvrier, et donnant sur le chemin pour se rendre à l’église. Chaque passant, bien entendu, disait son petit mot.
    La femme du conseiller voulut faire enlever le tableau ; mais ayant préalablement déclaré, devant témoin, que ledit portrait n’était pas le sien, le peintre résista à toutes les injonctions jusqu’au moment où le seigneur d’Ouvrier, ennuyé de pareilles contestations, paya le tableau et le fit disparaître ; mais il ne put pas effacer l’histoire de la mémoire des habitants, qui donnèrent toujours le surnom de conseillère à l’échoppe qui, plus tard, fut remplacée par une auberge bien fréquentée avant l’existence d’une ligne ferrée.
    L’habitation seigneuriale, devenue une propriété ordinaire, perdit son ancien caractère ; ses faibles défenses furent démantelées, les croisillons des fenêtres enlevés, et tous les signes d’une ancienne architecture disparurent sous une ornementation moderne. »

    Charcosse (Savoie) à Apremont

    ce toponyme est un mystère.
    Un rapport avec l’espagnol charcos, « flaque d’eau, mare » ou le gascon charco, « boue, bourbier, cloaque », semble improbable.
    Un rapport avec le latin sarcofagus, « cercueil », comme pour Sarcos (Gers) semble tout aussi improbable.

    Curienne (Savoie )

    Coruana vers 1100, Corvenna en 1215 et Curienne en 1356.
    D’un bas latin corua, corva, variante de *corrogata, « corvée », et suffixe –ana : il s’agissait d’une terre soumise à la corvée selon D&R. E. Nègre préfère y voir le nom d’homme latin Curienus féminisé en –a pour Curiena (villa).

    Outines (Marne)

    Altignae en 1147 du nom d’homme gallo-romain Altinius
    cf Autignac le Grand et A.- le Petit, en Haute-Marne, du même Altinius + acum

    Rivière de Baranton ( * barant = eau ??) barenton ? barentin ?

    Avec un e, j’ai trouvé Barenton dans la Manche, Barenton-Bugny, B.-Cel et B.-sur-Serre dans l’Aisne , ainsi que Barentin en Seine-Maritime qui seraient tous issus d’un nom d’homme latin Barus et double suffixe anti-onem, comme Bazentin dans la Somme avec passage du r à z. Dans tous ces cas, l’hypothèse d’un hydronyme pré-latin *barant (donnée par feu Lucien Musset sans explication documentée) n’est pas assurée.
    Les Barentons, rivière dans l’Aisne, doit son nom aux communes traversées.

    On trouve aussi un Barenton à Saint-Cosme-de-Vair (Sarthe) noté Pratum Barentum en 1230 qui semble confirmer l’anthroponyme : « le pré de Barus ».
    Avec un a pour Baranton, je trouve la fontaine de Baranton dans le quartier du même nom à Paimpont (I.-et-V.) et le ruisseau de Baranton à Mauron (Morb.) d’étymologie sans doute identique à la précédente.

    Injoux-( génissiat (Ain)
    ecclesia Ingiaci en 1198, puis Ingiou en 1365. Obscur, peut-être du nom d’homme germanique Ingo + -iacum.

    NB avec la formule d’usage : sous toute réserve.

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  7. lecteur
    sans réponse de votre part, je ne sais pas si vous êtes intéressé par les réponses que je vous donne, ce qui est un tout petit peu frustrant.
    Néanmoins, puisqu’il existe, je dépose ici le résultat de mes recherches concernant le toponyme Charcosse à Apremont (Sav.), ça intéressera peut-être quelqu’un …

    La piste de la carte d’état major (accessible par Géoportail – remonter le temps) se révèle productive puisqu’on y voit que l’endroit est noté Sancossa .

    Quelques clics plus loin dans Google, on apprend que le nom de la la ville espagnole Sangüesa (basque Zangoza) était noté Sancossa en 1134 (cf. ce document pdf page 73, §51), ce que la page wiki de la ville en langue espagnole explique comme étant issu du latin « Sanctorum Ossa (huesos de santos), cuya deriva desde el latín original parecería clara: Sanctorum Ossa – Sancto Ossa – Sancosa – Sangüesa. », soit « os de saints » ou « reliques ».

    La présence d’un toponyme espagnol en Savoie ne peut guère s’expliquer que par une importation : un Espagnol nostalgique du pays aura donné son nom à l’endroit où il s’était établi en Savoie. On se souvient que la Savoie a été occupée par les Espagnols de 1742 à 1749.
    La prononciation locale a fait du Sancossa d’hier le Charcosse d’aujourd’hui.

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