Hannapes, Hannappes et Hannaches (répàladev)

Il fallait trouver Hannapes (Aisne), Hannappes (Ardennes) et Hannaches (Oise).

Screenshot_2021-02-24 Google Maps

 

Hannapes (Aisne) est mentionné comme villa Hanapio en 845, territorium Hanapie en 1138, Henapia en 1156, et enfin Hennapes et territorio de Hanapes en 1210.

Hannappes (Ardennes) apparait comme Hanape en 1113, Hanapia en 1206 et de Hannapis en 1312. 

Hannaches (Oise) est noté comme de Hanacas vers 1093, ecclesia Hannachiensis en 1115, Hanachiis en 1147 et Hanachie en 1261.

hannappes aisne

Hannapes (Aisne) s’est aussi écrit avec deux p

On reconnait dans ces trois noms le francique hanap, « chanvre » (cf. l’allemand moderne hanf), avec une évolution phonétique différente de la finale. C’est l’hypothèse formulée par Dauzat & Rostaing (DENLF*), approuvée et reprise par J. Chaurand et M. Lebègue (NLP*) et É. Vial (NVV*).

E. Nègre (TGF*) préfère voir dans ces noms un dérivé d’un germanique hanaf, « marais », accompagné d’un hydronyme pré-celtique *apia. N’étant pas germanophone, il m’est difficile de me prononcer sur ce hanaf donné pour « marais », que les dictionnaires en ligne ne semblent pas connaitre dans ce sens.  En revanche, le Wörterbuchnetz  indique que hanaf  est une forme ancienne pour hanf, « chanvre » (et on voit que hanap y est cité comme une variante). C’est ce qu’écrit d’ailleurs Alain Rey, dans le Dictionnaire historique de la langue française, à l’article « chanvre » : « le terme germanique (ancien haut allemand hanaf ) est probablement pris au latin [cannabis] ». J. Chaurand et M. Lebègue (NLP*) ne rejettent pas totalement l’hypothèse de l’hydronyme pré-celtique * apia, mais alors pour faire de *hanap-apia une rivière où rouir le chanvre.

vingt-hanaps

cdl4

Les indices

Le « marin d’origine grecque byzantine, qui se livra à des activités de corsaire pour des rois de France, acquit le château de Hannaches et y installa la sépulture familiale » était Georges Paléologue de Bissipat, qui fut corsaire au service des rois de France Charles VII, Louis XI et Charles VIII après la prise de Constantinople par les Turcs en 1453.

Le « prêtre dominicain natif de Hannappes est mort en mer en tentant d’échapper à la fin d’un royaume chrétien du Levant » était Nicolas de Hanapes, prêtre dominicain né vers 1225, dernier patriarche latin de Jérusalem, mort en mer au large de Saint-Jean-d’Acre, le

■ l’illustration :

indice c 21 01 21

 

 Il s’agissait d’un détail de retable, Le miracle des poulets rôtis ( 1470, musée d’Unterlinden de Colmar), qui sert d’illustration à l’article intitulé Le boire et le voir : hanaps et gobelets, objets détournés ?  paru dans la Revue d’Alsace. On y voit des … hanaps.

 

 

 

■ la case de bédé :

indice a 21 02 21

 … ben, oui : il y est aussi question d’hanap.

 

 

 

■ le tableau :

indice b 21 02 21 

Nature morte aux huîtres, papillons, fruits et hanap d’Elias van den Broeck (1649-1708).

 

 

Bon, j’ai un peu honte de ce trio d’indices par homophonie partielle avec les noms à trouver, mais je n’ai pas trouvé mieux ! (sinon, j’avais aussi l’hanap à carreaux, l’hanap phréatique et d’autres, sans même parler de l’hanap au Léon).

Et encore, ne vous plaignez pas!, puisque vous avez échappé à « Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! ».

 

Ah!Ben non, vous n’y avez pas échappé …

 

hanap-citerne-a-vin-1949-53-et-1963-70

   Pour être complet, et faire plaisir à TRS qui y faisait allusion dans un de ses commentaires, je rappelle que, parmi les nombreux types de bâtiments de transport de 1350 tonnes ayant assuré le ravitaillement de Mururoa en 1964-1966, figurait le Hanap (ex Stjordels Fjord) en tant que citerne à vin (voir ici) — à ne pas confondre avec la citerne à eau de 600 tonnes des chantiers navals de Nantes en 1944 (voir ici). Vous avez bien lu : deux fois plus de vin que d’eau, oui ! Et vous savez ce qu’elle vous dit, la Marine française ?

12 commentaires sur “Hannapes, Hannappes et Hannaches (répàladev)

  1. Comme j’aime à contester, je m’autorise un avis qui ira à l’encontre des propos de Leveto, teintés d’un vague mépris pour les mœurs ayant cours dans La Royale.
    Le vaisseau-citerne HANAP, gentiment abandonné par la Kriegsmarine, après avoir peut-être eu une vocation passagère de pinardier (au civil) retrouva un usage militaire dès 1951.
    Dès lors, ses cuves assurèrent le ravitaillement en eau :

    https://www.postenavalemilitaire.com/t5427-hanap-1947-1972

    Mais rien ne vaut un témoignage de première main dans lequel on verra que l’HANAP (du temps de Mururoa) avait mission de remplir ses cuve en eau potable, depuis Papeete, ou en H2O depuis HAO et sa centrale de désalinisation :

    https://www.youtube.com/watch?v=d8Q1XSdXV74&feature=emb_logo *

    HAO fournissait de l’eau en rab, car en 65/66 les Liamone Hanap, faisaient des rotations pour aider à l’approvisionnement de Muru.

    Il fallait bien que l’honneur de la Marine nationale soit relevé face à des persiflages aussi convenus que faciles. C’est fait.

    ________________

    Une simple connaissance des mœurs et du sanitaire aurait pourtant évité qu’on en arrive là :

    1.Le matelot, au civil comme au militaire, privé de tout en mer, a coutume de se vautrer dans la consommation extravagante de breuvages alcoolisés* et dans celle de filles à marins, articles disponibles aux rades de la rade. Les maigres rations distribuées de rhum ou tafia insuffisent au calfat embarqué.

    2.Ce même matelot, au XXème siècle, ne se rinçait pas la bouche à l’eau de mer (les poissons pissent dedans) ni ne se shampouinait le peu de chevelure autorisée avec un tel liquide.

    3.En matière de génie civil (et militaire) on savait déjà qu’il n’est pas convenable de gâcher du béton avec de l’eau salée, même en Polynésie et à seule fin d’y établir quelques infrastructures de campagne.

    4.Les pinardiers qui assuraient la livraison entre l’Algérie et la France pouvaient se targuer d’une course relativement brève. Ils furent néanmoins disqualifiés pour les raisons qu’on imagine.
    Que penser alors d’un bâtiment-citerne, fût-il Hanap, qui transporterait du vin d’Alsace, du Saumur ou du Saint-Emilion en «circuit long » ?… Vieillissement envisagé en cave en cuve de ferraille ?… ou simple absurdité hélas colportée.
    _____________

    * Cette vidéo nous ramène au Mont DUFF, celui qui fit l’objet d’une devinette VVLT.

    **Pour la nostalgie que j’ai des sixties, cuvée 66 :

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  2. Je veux bien vous croire, TRS, mais je lis en suivant mon premier lien (dont je vous remets l’ adresse)

    Parmi les nombreux types de bâtiments de transport (de 1350 tonnes) A740 Hanap ex-Stjordels Fjord (citerne à vin) A741 Giboulée et A750 Liamone ex-Arrosoir (citernes à eau), un caboteur de 990 tonnes (achetés en 1965) A735 Guyenne (ex-Douce France) et un autre caboteur A733 Saintonge (ex-Santa Maria).

    Je vois aussi l’écusson du Hanap que j’ai mis en illustration orné d’une grappe de raisin et de feuilles de vigne : pour une citerne à vin, sans déc ?

    Ceci dit, pour mettre tout le monde d’accord (?) ou pour compliquer encore plus les choses, je lis à cette adresse :

    la citerne à vin (1950-1972) transformé en ravitailleur d’eau vers 1960, « Le Hanap »,

    .

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  3. Après l’eau plate en citerne, retour vers le chanvre, la chanson et un toponyme étranger.

    Il s’agira de trouver un air bien connu qui tire son nom d’une localité/région où l’on exploitait violemment le chanvre.
    Par suite de difficultés particulières, bien des chanvriers de là-bas émigrèrent en France avec leurs mœurs et tout le barda utile : I pity the poor immignant*.

    La mélodie et son tempo devinrent populaires dans cette région d’accueil et, au fil du temps, gagnèrent même la lointaine capitale.
    On lui greffa alors des paroles.

    1er indice : Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hasch, a interprété la chose.
    2ème indice : Ce toponyme étranger a déjà été évoqué dans un billet VVLT consacré à tout autre chose… quoique, si l’on y songe bien !

    Comme c’est relativement facile et que Leveto dispose d’un avantage certain, ce dernier pourra me joindre en mode privé : ma boîte à mails semble enfin refonctionner !

    Mais, j’y songe, c’est maintenant l’heure du pastis et de l’apéro… A plus tard donc… faute de pouvoir vous y convier, pauvres confinés.

    *Cf. Dylan sur John Wesley Harding (1967)

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  4. Écouves est une nouvelle commune qui porte le nom de la forêt. Cette dernière doit son nom au latin médiéval scopa, « fût d’un arbre » et spécialement, au Moyen Âge, « bouleau ».

    Jamais eu l’occasion de goûter le vin de Vingt-Hanaps …

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  5. Ne voyant rien venir et fort dépité d’avoir perdu une grosse heure dans les escourgeons, javelles et autres affaires céréalières, je retourne au chanvre tel qu’il était exploité dans une localité/région étrangère.

    Rappel :
    Ce toponyme T ne s’est pas contenté de désigner une chanson. On le retrouve selon d’autres acceptions dont l’une, plus confidentielle, avait été traitée chez VVLT (cuvée 2015).
    Dans un autre billet (cuvée 2014), il aurait eu toute sa place. Hélas, Leveto y a manqué !

    Par mesure exceptionnelle, il sera accordé aux esthètes, qui sont légion en ces parages :

    -Un moment de virtuosité avec Julia Fischer, une qui a plusieurs cordes à son arc, lesquelles ne sont pas de chanvre. Pas plus celles du piano que celles du violon.

    -Un moment avec Monique Morelli* ou De l’utilité de la corde de chanvre en matière de justice sociale

    Puissent ces deux indices violents avoir quelque effet… et, pour faire bonne mesure, j’ajoute que le toponyme T figure à certain taxon botanique… Mais ça, j’avoue ne l’avoir découvert qu’hier.
    _______________

    *Qui se souvient de Monique Morelli ?… Pas grand monde, j’imagine. Hormis peut-être chez les amateurs de Mac Orlan :

    …Comme une vraie souris, j’ai fait des dollars
    Dans ce sale pays où l’air empoisonne
    La marijuana vous fout le cafard…

    **Quant à Julia Fischer, penser à la précocité au violon.

    ***Quant au LECTEUR insatiable, son affaire de CHICHIDENT me fait penser à l’aiguille de CHICHILIANE, si étonnante dans le paysage et située idem dans le 38.

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  6. Pour reprendre la formule levétoïdale standard, « aucun prétendant n’a su accéder aux marches de podium ».
    Arrive donc l’heure des grandes révélations avec topo sur la stratégie qui aurait été utile à l’élucidation :

    1. L’allusion la plus violente était « Leveto y a manqué », rapport à Madame Véto et aux lyrics qui lui sont à jamais attachés :

    Madam’ Veto avait promis (bis)
    De faire égorger tout Paris (Bis).
    Mais son coup a manqué
    Grâce à nos canonniers.
    Dansons… etc.

    2. Julia Fisher et sa précocité à devenir concertiste dès un âge où Paganini composait ses 14 Variations sur la Carmagnole proposaient un accès direct à la réponse.

    3. Monique Morelli figurait au casting de Valmy, une ambitieuse évocation de la Révolution française programmée du temps de l’ORTF et supervisée par Abel Gance… lequel, peu de temps avant, était tombé sous le charme de l’idole des jeunes, à ses yeux véritable « incarnation de la révolte  »
    Il y eut aussi au casting Lenny Escudero et Gainsbourg, (dans le rôle de Sade)… avec aussi d’autres de l’époque.

    4. Quand j’évoquais un apéro avec « pastis engloutis », ce n’était pas pour signifier une addiction particulière – je ne bois jamais de jaune- mais pour évoquer Marseille et le chant patriotique qui fit tant d’effet sur les volontaires venus au secours de la Patrie.
    Ces derniers avaient aussi la Carmagnole sur leur play-list et venue idem de Marseille.
    __________

    Bref et pour faire court, la localité piémontaise de CARMAGNOLA, malgré son AOC relative au chanvre de qualité, eut à subir un exode qui vit maints chanvriers qualifiés s’en aller vers des terres plus accueillantes.
    Fou de joie et mené par le tempo, le chanvrier piémontais en trépigna, ne songeant qu’à danser et à imprimer sa marque au registre Modes et Travaux.

    En est-il resté des traces chez VVLT ? -Oui da.
    Dans un billet consacré à la vêture à travers les toponymes, Leveto signale une sorte de veste dont il oublie de dire qu’elle a pu comporter du CHANVRE :

    https://www.palaisgalliera.paris.fr/fr/oeuvre/veste-dite-carmagnole

    S’il a du temps à perdre, ce dernier ira corriger « Carmagno(L)la ».

    Par ailleurs, dans un billet VVLT consacré aux danses, la CARMAGNOLE n’avait pas été signalée. Faudra-il attendre une réédition ?

    Pour en finir avec le sujet, sachons que ce toponyme italien désigne encore une variété de chanvre :

    https://organiquementvotre.fr/cannabimovone-un-nouveau-cannabinoide-du-chanvre-le-cannabiste/

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  7. _____posologie________
    À prendre périodiquement
    _____________________

    Procurez-vous le doseur homéopathique

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  8. TRS

    Trop occupé par ailleurs à mon grand dam, je n’ai pas pu consacrer beaucoup de temps à votre devinette et j’en suis désolé.
    Néanmoins, je découvre Johnny chantant la Carmagnole et ce n’est pas rien. Pas sûr que j’aurais trouvé la réponse avec cet indice mais plutôt avec les émigrés italiens et la carmagnole (sans majuscule).

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