Bougarber (répàladev)

Jacques C. puis TRA ont rejoint LGF sur le podium des « solutionneurs » de ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Bougarber, un village béarnais à quinze kilomètres au nord-ouest de Pau.

Bougarber-local

La forme la plus ancienne de son nom que nous connaissons date de 1385 sous la forme Borc-Garber ; viennent ensuite Borc Garbe (XIVè siècle), Montgerbiel (chez Froissart, 1337-1410), Borgarber (1402), Mongarber (1538), Bourgarber (1625) et enfin Bougarber sur la carte de Cassini :

Bougarber Cassini

carte de Cassini (feuillet 107, Orthez – 1771)

On reconnait aisément dans les premiers noms l’occitan borc, « bourg » (du bas latin burgus emprunté au germanique) associé au gascon garbè, « gerbier » (on prononce bougarbé)  : il s’agissait d’un village producteur de blé. Froissart, sans doute influencé par le mont Gerbier ardéchois, a retranscrit ce nom Montgerbiel.

Jacques Astor (DNFNLMF*) propose d’expliquer la perte du -r- faisant passer de Bourgarber à Bougarber par l’attraction de l’occitan bons garbiers, « bons gerbiers », désignant un lieu où les gerbiers sont grands et riches en grains, que l’on retrouve par exemple dans le patronyme Bousgarbiès.

lescar 

Bougaber se trouve à 9 km de Lescar qui fut, sous le nom Beneharnum, la capitale du peuple gaulois des Venarnis qui ont donné son nom au Béarn. Après sa destruction par les Vikings en 841 (les « gens du Nord » cités dans l’énoncé), elle a retrouvé son nom originel noté Lascurris en 980. Ce nom est d’origine pré-celtique, d’une racine *lasc– ou *lesc-, « tranche », à rapprocher de l’occitan lesco de même sens, de l’espagnol lasca, « pierre plate » ou encore du français « lauze  ». Le suffixe –urris peut être prélatin ou le basque uri, « eau ».

cdl 1

Les indices

■ le tableau :

indice b 28 02 21

 

intitulé Le Moulin aux gerbes, ce tableau d’Eugène Chigot (1860-1927) permettait d’orienter ses recherches vers les gerbes.

 

 

 

■ la sculpture :

indice c 28 02 21 

ce bovin en céramique rouge qui ne constituait qu’un « demi indice » devait être doublé pour orienter vers les deux vaches rouges du Béarn.

 

 

■ la gravure :

indice f 02 03 21  

 

les quatre Mousquetaires étaient là pour confirmer le Béarn.

 

 

 

■ le fromage :

indice g 02 03 2021 

 

cette tomme des Pyrénées a été baptisée Phébus, en hommage à Gaston III de Foix-Béarn, dit Gaston Phébus, sous le règne duquel furent construites des bastides, dont Bougarber.

Système_défensif_Béarn_Fébus

 

 

17 commentaires sur “Bougarber (répàladev)

  1. Le premier indice pouvait même en contenir un autre (pas discriminant pour trouver la solution, mais qui pouvait ajouter un élément de vérification… si cela avait été intentionnel) : il y a(vait) un moulin à Bougarber, selon le témoignage donné par un de ses vieux habitants. Cela étant, c’était probablement un moulin à aubes (à eau) et non pas à vent.

    Pour le reste, je ne vois sur le troisième indice que trois mousquetaires… et un garde de M. des Essarts (car tel était bien le statut de d’Artagnan pendant la quasi-totalité du célèbre roman d’Alexandre Dumas, qui passait son temps à frayer, ripailler et intriguer avec les mousquetaires du roi, mais qui ne pouvait pas encore en faire partie puisque ce corps d’élite imposait un noviciat de deux ans dans un corps moins prestigieux. Les trois mousquetaires narre bel et bien les aventures vécues aux côtés de trois mousquetaires par un Béarnais servant comme garde de M. des Essarts *).

    J’admire LGF d’avoir trouvé le Béarn sans les deux indices du mardi — et suis en revanche un peu surpris que nous n’ayons pas été plus nombreux à le trouver ensuite, tant les Trois mousquetaires et le Phébus convergeaient puissamment vers cette région.

    ———–

    * En revanche, d’Artagnan est bel et bien mousquetaire durant la totalité des suites données par Dumas à son best-seller, soit Vingt ans après qui est aussi épais que Les trois mousquetaires puis Le vicomte de Bragelonne qui est à lui seul plus long que les deux premiers romans réunis. Mais impossible de relier la photo l’image à ces suites, puisque dans ces dernières le nombre de mousquetaires n’est plus que d’un seul : les trois du premier roman ne le sont plus, et la petite bande n’a plus cette jeunesse bondissante.
    Notons que Porthos et Athos n’ont aucun lien avec le Béarn. Dans les romans de Dumas, seul d’Artagnan est Béarnais, mais c’est largement souligné et rappelé, au point d’être la première référence régionale qui vienne à l’esprit lorsqu’il est question des quatre amis. Aramis aurait pu l’être aussi (le personnage qui l’a inspiré était probablement Henri Aramitz, d’Aramitz… en Béarn) mais Dumas en a fait le chevalier d’Herblay sans lui donner la moindre relation avec cette région.

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  2. Ah ! jacques C ! Je tiens un blog toponymique, moi, môssieu!, ni historique ni littéraire ! *

    Vos remarques sont pourtant pertinentes, même si mes approximations ont suffi pour vous orienter vers le Béarn.

    Je sais, de son propre aveu, que c’est la compagne de LGF qui a pensé à multiplier par deux le « demi indice », ce qui lui a donné deux vaches rouges et donc …le Béarn, puis son ancienne capitale, Lescar, et le tour était joué!

    * ceci étant écrit avec une pointe d’humour dans mon clavier.

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  3. Oh, mais je ne vous reproche pas l’approximation sur les « quatre mousquetaires », car c’est de toute façon ainsi que nous avons naturellement tendance à les voir — et j’avoue que sur ce dessin je serais incapable de les reconnaître à leurs livrées, ni à distinguer une livrée différente pour l’un d’entre eux (Porthos est identifiable à droite par son gabarit et son air franc et simple, mais ensuite rien de sûr ; d’Artagnan est sans doute le deuxième à gauche, mais difficile de discriminer les deux autres, j’hypothèserai qu’Aramis est celui tout à gauche et Athos le plus petit en léger retrait mais cela pourrait être l’inverse).

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  4. [Esprit d’escalier]

    Et quoi qu’il en soit, l’indice était parfait, car la référence (très claire) au roman de Dumas orientait logiquement vers le Béarn, seule région d’origine clairement et largement citée dans le récit — puisque dans ce roman seul d’Artagnan ne dissimule pas son origine et qu’aucun des autres n’a d’attache explicite (ce n’est que dans les suites que l’on apprend les identités réelles des trois mousquetaires). Que l’on parle de trois ou de quatre mousquetaire n’est qu’argutie. Et une argutie que je ne pouvais éviter, m’étant récemment replongé dans ce cycle historico-romanesque (certes ni rigoureux sur le plan des péripéties historiques ni écrit dans un grand style inoubliable, mais historico-romanesque quand même, et rudement bien écrit quand même).

    Quant à l’indice de la vache à doubler, il est excellent, mais il exigeait un esprit astucieux.

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  5. Généralement, on ne connaît des Trois Mousquetaires que l’épisode représenté au cinéma : celui des ferrets de la reine.

    C’est oublier qu’il arrive bien d’autres péripéties.

    C’est au chapitre 47, après l’affaire du bastion Saint-Gervais, au siège de La Rochelle, que d’Artagnan devient mousquetaire.

    Il reste encore vingt épisodes (et l’épilogue), soit un tiers du roman, pendant lesquels il y a QUATRE mousquetaires.

    « Le soir même, le cardinal parla à M. de Tréville de l’exploit du matin qui faisait la conversation de tout le camp ; M. de Tréville, qui en tenait le récit de la bouche même de ceux qui en étaient les héros, raconta l’aventure dans tous ses détails à Son Éminence, sans oublier l’épisode de la serviette.
    — C’est bien, M. de Tréville, dit le cardinal ; faites-moi tenir cette serviette, je vous prie, j’y ferai broder trois fleurs de lys d’or et je la donnerai pour guidon à votre compagnie.
    — Monseigneur, dit M. de Tréville, il y aura injustice pour les gardes : M. d’Artagnan n’est pas à moi, mais à M. des Essarts.
    — Eh bien ! prenez-le, dit le cardinal, il n’est pas juste que puisque ces quatre braves militaires s’aiment tant, ils ne servent pas dans la même compagnie.
    Le même soir, M. de Tréville annonça cette bonne nouvelle aux trois mousquetaires et à d’Artagnan, en les invitant tous les quatre à déjeuner le lendemain. »

    https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Trois_Mousquetaires/Chapitre_47

    ————————-
    Le d’Artagnan historique, Charles de Batz de Castelmore , n’est pas béarnais : il est gersois, originaire de Lupiac (au château de Castelmore). D’Artagnan est le nom de famille de sa mère. La terre de d’Artagnan est sise en Bigorre, non en Béarn.

    Il n’a jamais reçu le bâton de maréchal de France, comme Dumas l’imagine : c’est Pierre de Montesquiou, comte de d’Artagnan, son cousin, qui fut élevé à cette dignité.

    ———————
    Le roman de Dumas est un « remake » (bien meilleur que l’original ! ) de celui de Courtilz de Sandras, paru en 1700 sous la forme de faux mémoires : « Les Mémoires de Monsieur d’Artagnan ».

    Il emprunte aussi à un autre roman du même auteur : « Les Mémoires de Monsieur le Comte de Rochefort ».

    Chez Sandras, Athos, Porthos et Aramis sont trois frères, originaires, ainsi que d’Artagnan, du Béarn :

    « Quoi qu’il en soit, ayant été élevé assez pauvrement, parce que mon Père et ma Mère n’étaient pas riches, je ne songeai qu’à m’en aller chercher fortune, dès que j’eus atteint l’âge de quinze ans. Tous les Cadets de Béarn, Province dont je suis sorti, étaient sur ce pied-là, tant parce que ces peuples sont naturellement très belliqueux, que parce que la stérilité de leur Pays ne les exhorte pas à en faire leurs délices. »

    https://fr.wikisource.org/wiki/M%C3%A9moires_de_Monsieur_d%E2%80%99Artagnan_%E2%80%93_1

    « Celui des Mousquetaires que j’accostai s’appelait Porthos et était voisin de mon père de deux ou trois lieues. Il avait deux frères dans la Compagnie dont l’un s’appelait Athos et l’autre Aramis. »
    https://fr.wikisource.org/wiki/M%C3%A9moires_de_Monsieur_d%E2%80%99Artagnan_%E2%80%93₂

    —————–
    Il a existé en Béarn des « abbayes laïques » :

    « Le principe de fondation était la création d’une paroisse par un seigneur, parfois très petit, voire par un gros paysan, afin d’en prélever la dîme, à charge pour lui d’entretenir une église.
    Bien qu’il ne fût pas un ecclésiastique, le seigneur se nommait lui-même l’abbé (l’abat), terme apparu au xie siècle. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_la%C3%AFque#:~:text=Une%20abbaye%20la%C3%AFque%20est%20une,de%20la%20disparition%20des%20textes.

    Il y avait des abbayes laïques du côté d’Aramits, d’où est originaire Henri d’Aramitz (dont Courtilz de Sandras, qui fut lui-même mousquetaire, a dû entendre parler) :

    «Henri d’Aramitz (ou d’Aramits), né vers 1620 et mort en 1655 ou 1674, est un seigneur béarnais, mousquetaire de la Maison du Roi au xviie siècle. Il est le cousin du comte de Tréville, capitaine des mousquetaires de la garde du Roi. Il hérita en 1648 au décès de son père la fonction d’abbé laïc d’Aramits.
    Henri d’Aramitz a servi d’inspiration au personnage d’Alexandre Dumas, Aramis, dans la trilogie des mousquetaires. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_d%27Aramitz

    Une incompréhension du statut d’ « abbé laïque » a pu amener Dumas à en faire l’abbé d’Herblay ».

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  6. Vérification faite, chez Dumas, d’Artagnan n’est pas béarnais, mais bigourdan :

    « Sans doute ; ne savez-vous pas qu’on ne nous voit jamais l’un sans l’autre, et qu’on nous appelle dans les mousquetaires et dans les gardes, à la cour et à la ville, Athos, Porthos et Aramis, ou les trois inséparables ? Après cela, comme vous arrivez de Dax ou de Pau…

    — De Tarbes, dit d’Artagnan.

    — Il vous est permis d’ignorer ce détail, dit Athos. »

    C’est son cheval qui est béarnais :

    « Car notre jeune homme avait une monture, et cette monture était même si remarquable qu’elle fut remarquée : c’était un bidet du Béarn, âgé de 12 ou 14 ans, jaune de robe, sans crins à la queue, mais non pas sans javarts aux jambes, et qui, tout en marchant la tête plus bas que les genoux, ce qui rendait inutile l’application de la martingale, faisait encore galamment ses huit lieues par jour. »

    https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Trois_Mousquetaires/Chapitre_1

    ————–
    Mais c’est Max Linder qui a le mieux parlé de tout cela :

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  7. « D’Artagnan en fit autant, puis aidé de Biscarat, le seul qui fut resté debout, il porta sous le porche du couvent Jussac, Cahusac et celui des adversaires d’Aramis qui n’était que blessé. Le quatrième, comme nous l’avons dit, était mort. Puis ils sonnèrent la cloche, et, emportant quatre épées sur cinq, ils s’acheminèrent ivres de joie vers l’hôtel de M. de Tréville.

    On les voyait entrelacés, tenant toute la largeur de la rue, et accostant chaque mousquetaire qu’ils rencontraient, si bien qu’à la fin ce fut une marche triomphale. Le cœur de d’Artagnan nageait dans l’ivresse ; il marchait entre Athos et Porthos, en les étreignant tendrement. »

    https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Trois_Mousquetaires/Chapitre_5

    ——————–
    Si, comme il est vraisemblable, la gravure donnée en indice illustre ce passage, Porthos étant facilement identifiable à son gabarit, l’ordre des personnages est, de droite à gauche : Porthos, d’Artagnan, Athos et Aramis.

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  8. Le ciel sur Bordeaux étant désespérément gris et n’incitant pas à la promenade et la distraction offerte par les vols de grues remontant vers le Nord, qui ont sonorisé les airs toute la semaine passée ayant pris fin, il faut bien meubler le temps : la recherche des sources de Dumas en sont un bon moyen.

    ————-
    L’auteur reconnaît sa dette envers Courtilz de Sandras :

    « ll y a un an à peu près qu’en faisant à la Bibliothèque royale des recherches pour mon Histoire de Louis XIV, je tombai par hasard sur les Mémoires de M. d’Artagnan[1], imprimés à Amsterdam, chez Pierre Rouge, comme la plus grande partie des ouvrages de cette époque, où les auteurs tenaient à dire la vérité sans aller faire un tour plus ou moins long à la Bastille. Le titre me séduisit ; je les emportai chez moi avec la permission de M. le conservateur, bien entendu, et je les dévorai. »

    https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Trois_Mousquetaires/Pr%C3%A9face

    Il fait aussi référence dans le même texte à des « Mémoires de M. le comte de La Fère, concernant quelques-uns des événements qui se passèrent en France vers la fin du règne du roi Louis XIII et le commencement du règne du roi Louis XIV. »

    Il aurait aussi pu, pour l’épisode des ferrets, renvoyer aux mémoires de La Rochefoucauld (l’auteur des « Maximes ») :

    « Les choses étaient dans ces termes, quand la reine d’Angleterre partit pour aller trouver le roi son mari ; elle fut menée par le duc et par la duchesse de Chevreuse. Le duc de Bouquinquan eut dans cette réception tout le sujet qu’il désirait de faire paraître sa magnificence et celle d’un royaume dont il était le maître, et il reçut Mme de Chevreuse avec tous les honneurs qu’il aurait pu rendre à la Reine qu’il aimait. Elle quitta bientôt la cour du roi d’Angleterre, et revint en France avec le duc son mari ; elle fut reçue du Cardinal comme une personne dévouée à la Reine et au duc de Bouquinquan ; il essaya néanmoins de la gagner, et de l’engager à le servir  auprès de la Reine ; il crut même quelque temps qu’elle lui était favorable ; mais il ne se fiait pas assez à ses promesses pour ne se pas assurer par d’autres précautions. Il voulut en prendre même du côté du duc de Bouquinquan ; et sachant qu’il avait eu un long attachement, en Angleterre, pour la comtesse de Carlille, le Cardinal sut ménager si adroitement l’esprit fier et jaloux de cette femme, par la conformité de leurs sentiments et de leurs intérêts, qu’elle devint le plus dangereux espion du duc de Bouquinquan. L’envie de se venger de son infidélité et de se rendre nécessaire au Cardinal la portèrent à tenter toutes sortes de voies pour lui donner des preuves certaines de ce qu’il soupçonnait de la Reine. Le duc de Bouquinquan était, comme j’ai dit, galant  et magnifique ; il prenait beaucoup de soin de se parer aux assemblées ; la comtesse de Carlille, qui avait tant d’intérêt de l’observer, s’aperçut bientôt qu’il affectait de porter des ferrets de diamants qu’elle ne connaissait pas ; elle ne douta point que la Reine ne les lui eût donnés ; mais pour en être encore plus assurée, elle prit le temps, à un bal, d’entretenir en particulier le duc de Bouquinquan, et de lui couper les ferrets, dans le dessein de les envoyer au Cardinal. Le duc de Bouquinquan s’aperçut le soir de ce qu’il avait perdu, et jugeant d’abord que la comtesse de Carlille avait pris les ferrets, il appréhenda les effets de sa jalousie, et qu’elle ne fût capable de les remettre entre les mains du Cardinal pour perdre la Reine. Dans cette extrémité, il dépêcha à l’instant même un ordre de fermer tous les ports d’Angleterre, et défendit que personne n’en sortît, sous quelque prétexte que ce pût être, devant un temps qu’il marqua ; cependant il fit refaire en diligence des ferrets semblables à ceux qu’on lui avait pris, et les envoya à la Reine, en lui rendant compte de ce qui était arrivé. Cette précaution de fermer les ports retint la comtesse de Carlille, et elle vit bien que le duc de Bouquinquan avait eu tout le temps dont il avait besoin pour prévenir sa méchanceté. La Reine évita de cette sorte la vengeance de cette femme irritée, et le Cardinal perdit un moyen assuré de convaincre la Reine et d’éclaircir le Roi de tous ses doutes, puisque les ferrets venaient de lui et qu’il les avait donnés à la Reine. »

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  9. Vite fait, en recopiant wiki :

    ♦ Athos tient son nom du petit bourg d’Athos-Aspis sur le gave d’Oloron, près de Sauveterre-de-Béarn et près d’Autevielle.
    ♦ Isaac de Portau est issu d’une famille protestante du Béarn, originaire d’Audaux (Pyrénées-Atlantiques).
    ♦ L’Aramis d’Alexandre Dumas ne doit, semble-t-il, à celui de l’Histoire (Henri d’Aramitz, dont on ignore les dates de naissance et de mort, Aramits étant un village béarnais), que son nom et l’idée d’une vocation ecclésiastique.

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  10. Le paradoxe est que d’Artagnan est le seul des cinq (je compte monsieur de Tréville, le « cinquième mousquetaire ») à n’être pas béarnais, ni dans la réalité ni dans la fiction …

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  11. Rectificatif : si Dumas en a fait un bigourdan, il est bien béarnais chez Courtilz de Sandras (voir citation dans un post précédent).

    Mais, vu de Paris; les deux provinces apparaissent-elles bien différentes ?

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  12. Tttt, lorsque l’on parle des « trois/quatre mousquetaires », c’est en référence au roman de Dumas qui les a réunis, pas en référence à des individus n’ayant probablement jamais marché ensemble dans la rue.

    Or, si d’Artagnan est présenté en effet par moments par Dumas comme venant de Bigorre (terme non-utilisé, mais il est fait parfois référence à des lieux de Bigorre), il est également plusieurs fois désigné par l’auteur comme Béarnais.
    En revanche, Dumas fait de Porthos le baron du Vallon (enfin, pas baron au départ, mais il le devient à la fin de Vingt ans après), originaire de Normandie, d’Athos le comte de la Fère, originaire du Berry puis installé en Touraine, et d’Aramis le chevalier d’Herblay, sans jamais préciser son origine (mais Herblay est dans le Val-d’Oise).

    C’est toute l’ambiguïté des personnages réels-fictionnels. L’image renvoie au roman de Dumas, où le seul à être plusieurs fois désigné comme Béarnais est celui qui n’est pas encore mousquetaire, à savoir d’Artagnan. À l’inverse, les personnages historiques détournés par Dumas étaient Béarnais (sauf d’Artagnan qui était voisin) mais n’ont jamais marché en bande.

    Pour ma part, quand j’entends parler des trois mousquetaires amis de d’Artagnan, je vois le comte de la Fère, le baron du Vallon (de Bracieux de Pierrefonds) et le chevalier d’Herblay (futur évêque et général des Jésuites). Je ne peux pas voir trois Béarnais historiques (?) vu qu’ils n’ont pas constitué de bande d’amis avec d’Artagnan.

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  13. Oui, Jacques C, c’est bien là toute la difficulté avec ces mousquetaires à cheval (ahah) entre réalité et fiction : on ne sait plus qui est qui, s’ils ont vraiment existé ou pas, s’ils ont vraiment vécu toutes ces aventures ou pas, bref, exactement comme pour les frères Dalton!

    Quoi qu’il en soit, j’ai vu et lu Cyrano de Bergerac peu de temps avant de me lancer dans la lecture des Trois mousquetaires , donc, pour moi, ils sont tous Gascons, et basta !

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  14. Puisqu’il semble vain de farfouiller plus avant parmi des éléments de seconde main laissés par des auteurs peu scrupuleux, il est bon de se plonger dans la véritable HISTOIRE DES MOUSQUETAIRES

    https://www.mousquetaires.com/notre-groupement/notre-histoire/

    Outre une chronologie indispensable, un détail piquant y est révélé : le siège social ne se trouve pas n’importe où mais bien ALLEE D’ARTAGNAN, SQUARE DE TREVILLE :

    https://www.agefi.fr/societes/societe-mousquetaires-3657

    L’odonymie en sort ravie.

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  15. Je ne sais pas pourquoi mais je me suis toujours représenté Porthos comme un type présentant des disponibilités à l’embonpoint :

    Un peu comme Dumas père, lequel fit dire à D’Artagnan :

    – Peste, ne va pas l’appeler Porthos, ni même du Vallon ; appelle-le de Bracieux ou de Pierrefonds. Tu me ferais manquer mon ambassade.
    À mesure qu’il approchait du château qui avait d’abord attiré ses regards, d’Artagnan comprenait que ce n’était point là que pouvait habiter son ami : les tours, quoique solides et paraissant bâties d’hier, étaient ouvertes et comme éventrées. On eût dit que quelque géant les avait fendues à coup de hache.

    Réminiscences ?

    http://www.dumaspere.com/pages/bibliotheque/chapitre.php?lid=m5&cid=10

    Dumas père n’a peut-être jamais revu Pierrefonds durant le temps de la restauration menée par Viollet-le-Duc… mais son fiston si, habitué des Séries de Compiègne* où il se signala à jamais par sa désinvolture de futur académicien:

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/video-pourquoi-collegienne-compiegne-participe-t-elle-dictee-tous-2020-elle-1825158.html

    *Les people conviés aux Séries de Compiègne avaient coutume de se rendre à Pierrefonds, château maintenant consacré aux « séries » télévisées et aux tournages de films de cinéma, certains de cape et d’épée négligeables (Le Capitan) et d’autres admirables (Peau d’âne).

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  16. @ TRS :

    Votre lien nous donne comme adresse « allée des Mousquetaires, square de Tréville » (et non pas « allée d’Artagnan »). Vu qu’il s’agit d’une de ces zones d’activité récentes, le nom de l’allée a été donné en référence à la chaîne de supermarchés y ayant son siège — reste que le nom du square a pu être choisi pour renvoyer à la compagnie des mousquetaires du roi (pour ceusses qui n’ont pas lu Dumas, Tréville était capitaine des mousquetaires à l’époque où sévissaient les quatre compagnons).

    Quant à Porthos, oui, dans les romans de Dumas il était volumineux. Plutôt que de l’embonpoint (apanage de son valet Mousqueton, qui prend de plus en plus de volume au fil des suites), il s’agit d’une stature colossale, en toutes directions. Dans Le vicomte de Bragelonne, Dumas prête à Porthos des prouesses gastronomiques époustouflantes et le décrit régulièrement comme un géant, y compris avec quelques scènes truculentes où il tient de Gargantua. Mais dans Les trois mousquetaires, ce trait n’était qu’évoqué, sans outrance et sans que cela ne soit vraiment notable. Sa stature supérieure à celle de ses compagnons était indiquée, mais sans plus. Un peu plus grand et un peu plus baraqué, c’était tout. Ce n’est qu’à partir de Vingt ans après que son côté gargantuesque apparaît vraiment, jusqu’à l’outrance pittoresque dans le dernier roman.

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