Douy et douch

Sous ce titre réducteur se cachent en réalité plusieurs mots désignant une source de faible débit, une résurgence de la nappe phréatique, la source et le ruisseau qui en résulte. On trouve ce mot sous différentes formes selon la langue d’origine :

carte-france-DOUE

Les formes anciennes connues sont l’ancien français dois/doiz avec les variantes doie, douhe, doye (« source, petit ruisseau ») et l’occitan dotz (prononcé douts/dous) et la variante adotz (« source à fleur de terre, conduite ou tuyau pour l’eau ». Les étymologies avancées sont très incertaines et non sans défauts, ce qui amène à penser que nous sommes le plus souvent en présence d’un mot celtique ou pré-celtique oublié. On a néanmoins proposé les autres explications suivantes :

  • l’occitan dotz (« source ») et les formes dhuys ou duz suggèrent le gaulois dusio, « démon », au sens d’esprit topique, de faune, de lutin plutôt que d’être infernal. Cette hypothèse se heurte au fait que le gaulois dusio est masculin tandis que tous les Dous, Douis, etc. sont féminins. D’autre part, dusio est dérivé du gaulois *dus, « mauvais » (cf. le vieil irlandais du/do de même sens, le grec δυσ-) alors que ces sources faisaient plutôt l’objet d’un culte à une divinité bénéfique, guérisseuse …
  • une origine selon le latin ductum, « conduite d’eau, canal », issu de ductio, « action de conduire », qui se heurte à des difficultés sémantiques (une source n’est pas un canal) pour certains des noms de lieux, pourrait convenir pour d’autres, notamment en pays de langue d’oc où Mistral (Trésor du Félibrige) complète la définition de dotz par « conduit d’eau » et où Louis Alibert (Dictionnaire occitan-français, 1966) ajoute les sens « tuyau, canal ».
  • le latin dulcis, « doux », eu égard au fait qu’il s’agit de sources d’eau douce, a aussi été proposé mais est incompatible avec la plupart des formes anciennes connues des toponymes.

Ah! Ben, oui, tiens!, les toponymes, parlons-en ! Appliqués surtout à des sources et des cours d’eau, tous ces noms sont aussi portés par des lieux.

Les communes

On trouve, surtout en pays de langue d’oïl, les noms de Douy (aujourd’hui dans Cloyes-les-Trois-Rivières, E.-et-L, Doy et Duiacum en 1119) et Douy-la-Ramée (S.-et-M.) ; Soulaines-Dhuys (Aube), Dhuys-et-Morin-en-Brie (Aisne) et Pargny-la-Dhuys (Aisne, d’où vient l’aqueduc de la Dhuys qui achemine l’eau de la Dhuys jusqu’au réservoir de Ménilmontant à Paris) ; Doue (S.-et-M.) et Saint-Germain-sous-Doue (id.) ; Doye (Jura), Condamine-la-Doye (Ain) et Ladoye-sur-Seille (Jura) ; Ladoix-Serrigny (C.-d’Or), Doix-lès-Fontaines (Vendée) ; Le Douhet (Char.-M., autre graphie pour le diminutif douet). Blandouet (Mayenne, avec « blanc ») et Grandouet (Calv., « avec « grand »)  représentent des noms composés. Les deux Doux (Ardennes et Deux-Sèvres) correspondent bien à l’ancien français doiz.

La Douze (Dord.), notée La Doza au XIIIè siècle, peut provenir  du dotz occitan ou bien de *Latusia (villa), d’un nom d’homme latin *Latusius dérivé de Latius, même si la présence cadastrée de quatorze sources et fontaines plaide pour la première hypothèse. Doizieux (Loire), attesté Doaciaco en 812, pourrait être un ancien duc– abusivement suffixé en –acum mais pourrait dériver d’un nom d’homme gallo-romain comme Dadosius là aussi suffixé en -acum.

On peut rajouter à cette liste, même s’ils ne sont pas étymologiquement semblables, le nom de Douelle (Lot), sur un méandre du Lot, de l’ancien provençal doela, « fossé, douve », et celui d’Audeux (Doubs ) qu’E. Nègre (TGF*) donne comme oïl audeux, « aqueduc », en s’appuyant le fait qu’« au bas du village existe une grotte permettant de suivre un cours d’eau souterrain ».

Douelle

Les lieux-dits

Il n’est pas question de citer ici tous les micro-toponymes liés à ces différents noms de la doue, ils sont bien trop nombreux et ne diffèrent en général guère de ceux des communes. Je me contenterai de citer ceux qui se singularisent d’une manière ou d’une autre.

On trouve ainsi La Dois (à Maisoncelles-en-Brie, S.-et-M) noté de manière tautologique Fons de la Doiz en 1230, le Douit (à Burcy, Calv.) et des diminutifs Le Douet (à Canteloup, Calv. et à Saint-Sébastien, L.-Atl.), le Douet Moussu (à Saint-Evrould-Notre-Dame-du-Bois, Orne), etc. Le quartier lyonnais nommé La Doua, écrit Doye en 1885, entre lui aussi dans cette liste.

Dans le Midi, certains lieux-dits comme La Doux (à La Cassaigne, Dord., etc.), s’ils ne sont pas issus de dulcis donnant « doux » comme sobriquet de tempérament, peuvent être rattachés à cette série, mais on les trouve le plus souvent comme noms de sources ou de ruisseaux. La forme occitane doch est représentée par Douch, nom de hameau de l’Hérault à Rosis, dont la forme ancienne alodes quae vocant Ductos (966) éclaire sans ambiguïté l’étymologie que d’autres formes ramènent à dotz (Doitz en 1209, Doutz en 1571) qui explique la prononciation locale actuelle. À ce même sens de source se rattache la forme Douze  représentée par Les Douzes (à Pierrefiche et à Comprégnac, Aveyron, à Castans, Aude, à Chancelade, Dord., à Hures-la-Parade, Loz.) et Les Douses (à Bédarieux, Hér.). Il s’agit le plus souvent ici de la désignation de sources multiples par le pluriel dotzes de dotz, forme tombée dans l’attraction de dotze, « douze », comme pour les Douze Fontaines à Avène (Hér.) qui constitue une belle tautologie.

On trouve également des formes avec agglutination de l’article comme Ladouch (à Olargues, Hér., à Ayguetinte, Gers, etc.) ou, au contraire, avec mécoupure comme L’Adoux (à Montclar et à Ceillac, Alpes-de-H.-P. ou à Châtillon-en-Diois, Drôme).

Les hydronymes

Ils sont là aussi bien trop nombreux pour les citer tous. On relèvera la Dhuis (source puissante à Pargny-la-Dhuis, Aisne, vue plus haut), la Dhuys (affluent du Surmelin, Aisne), La Douix (C.-d’Or, résurgences de la Seine à Châtillon-sur-Seine et de la Laigne à Laignes), l’Œil de la Duis (Isère, résurgence et source du ruisseau de Font-Noire au dessus de Villars-de-Lans), et la Source de la Duit (Haute-Marne, à Roches-Bettaincourt – tautologie). La Doué (affluent du Gland, Doubs et affluent de l’Authonne, Oise), le ruisseau de la Doue (Lot, partie amont du Vignon qui naît à l’Œil de la Doue, exsurgence au pied d’une falaise calcaire) ; la Doue de l’Eau (H.-Saône, affluent de l’Ognon) ; la Douée (Aube, affluent du Resson) ; le Doux (Ardèche, affluent du Rhône) et son affluent le Duzon, La Douce (T.-de-B., affluent de la Savoureuse) ; la Doux de Coly (Dord., résurgence dans une vasque naturelle) ; la Doye (Jura, affluent du Suran et de la Valouse ; Ain, source aux Neyrolles) ; la Doutz (qui coule à Roussayrolles, Tarn), les Douses (sources à Bédarrieux, Hér. ayant donné le nom du lieu-dit) et les Douze Fontaines (Hér., id.) et le diminutif La Douzelle (Dord., affluent de la Dronne). Un autre bel exemple de tautologie est donné par Fontladouze (Hér.). Le nom de La Duche (affluent de l’Isle en Dordogne) est sans doute à rattacher à cette série, comme L’Audeux (affluent du Cuisancin, Doubs) qui a donné son nom à la commune vue plus haut. Il en va de même pour la Fontaine du Petit Doit à Montboyer (Char.), pour les Dois à Saint-Hilaire-la-Plaine (Creuse), pour le Douit à Argentan-sur-Orne (Orne), le Grand Douit et le Chênedouit à Craménil (Orne), etc. Les Douat se retrouvent surtout en Aquitaine, comme le Ruisseau de Douat à Moustey (Landes). L’orthographe a pu évoluer jusqu’à Doigt, créant des faux amis, du moins hors des montagnes où « doigt » désigne en général un rocher étroit et pointu : on trouve ainsi la Fontaine du Doigt à Prizy (S.-et-L.), Les Doigts à Saint-Caprais (Allier) où se trouvent plusieurs sources, etc.

Citons enfin les noms composés de Le Beaudouet (affluent de l’Égrenne, Orne), Le Tordouet (affluent de l’Orbiquet à la Chapelle-Yvon, Calv. avec tort « tordu, tortueux ») et Le Maudoué (Loire-Atl., nom d’un étang et d’un ruisseau, avec l’adjectif mau, « mauvais ») ainsi que le Rec de Cabadouls (Hér., à Babeau-Bouldoux), c’est-à-dire le ruisseau (rec) de l’extrémité, la source (cap) de l’Adous (de la variante occitane adotz).

-sources-douix

La

point-d-interrogation-sur-le-clavier-nb10411

La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’une ancienne commune de France métropolitaine lié au mot du jour. Ce nom n’apparait pas dans celui de la nouvelle commune, mais une page wikipedia, certes succincte, lui est toujours consacré, comme pour celui des autres communes concernées.

L’étymologie la plus communément admise, qui fait de ce toponyme un dérivé du mot du jour, s’appuie comme il se doit sur le nom le plus anciennement attesté en supposant que sa lettre majuscule initiale y a été mal écrite (ou mal recopiée) si on se réfère aux attestations suivantes. Une autre étymologie fait le cheminement inverse : c’est la première attestation, qui serait liée à un nom d’homme, qui aurait subi des déformations ultérieures.

La commune nouvelle porte un nom composé avec celui du cours d’eau qui la traverse, dont le nom est un diminutif d’un mot latin signifiant justement … « cours d’eau ».

L’endroit abrite un musée consacré à des objets de la vie quotidienne, surtout en milieu rural, recueillis au fil du temps par un couple d’habitants.

Le chef-lieu de canton ne manque pas de charme.

♦♦♦

en retardInterrompu dans l’écriture de cette devinette par une visite inattendue, je suis au regret de ne pas pouvoir la publier exactement comme je l’aurais souhaité. Je n’ai même pas eu le temps de chercher des indices comme je les aime : il faudra donc vous contenter de l’ébauche de l’énoncé ci-dessus. Je reviendrai dès demain si personne ne m’a donné la réponse d’ici là chez leveto@sfr.fr

 

♦♦♦

 

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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70 commentaires sur “Douy et douch

  1. Déjà lundi ! ça passe de plus en plus vite .

    38 à Vif , la plaine de REYMURE

    ( roi ? …)

    ——————-
    38 à REVEL

    le PONT RAJAT

    rajar = jaillir ??

    b) La tour de SOMMIERS . famille de Sommiers ?? ( sommières ? )
    ————
    38 à St-Laurent-du-pont , le
    défilé de FOURVOIRIE

    38 à Bresson le fort ( Séré de Rivières) de
    MONTAVIE ( ou ancien Montavit )

    73 à CHIGNIN les sept tours
    j’y ai fait ces jours-ci une belle ballade
    chez Saint-ANTHELME

    a) la tour de LA BOICHERE

    b ) la tour de LA BIGUERNE

    c) la tour CORRAZ

    SANTILLY : sentilly
    71 SANTILLY
    28 SANTILLY
    61 SENTILLY

    02 FOLEMBRAY Fulla ?

    73 à hauteluce ( pays de mes ancêtres paternels )

    La PORTETTAZ

    73 à beaufort-sur-doron Les VANCHES

    Merci M Leveto , en attente de réponses toujours passionnantes

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  2. DÉMARCHE MÉTHODIQUE

    Procédons par élimination : il ne s’agit pas de Délos, puisque, comme il y a interdiction d’y mourir, on n’y trouve pas de feus …

    « Entre 540 et 528 av. J.-C., le tyran Pisistrate ordonne une première « purification » de l’île. Il s’agit en fait d’enlever les sépultures présentes au niveau du sanctuaire d’Apollon et de les déplacer sur l’île voisine Rhénée, en raison de l’interdiction sacrée de mourir sur Délos. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9los

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  3. Je soupçonne Brosseur de disposer d’un catalogue des communes françaises classées par leur nombre d’habitants : ça fait plusieurs fois qu’il demande cette précision. D’ailleurs, je doute qu’un recensement de 2017 ou 2018 donne le nombre de foyers, tout au plus indique-t-il le nombre d’habitants sans qu’il soit possible de savoir combien vivent dans les mêmes maisons. Il est donc impossible de répondre à la question récurrente de Brosseur, et toc.

    —————–

    Je me suis interrogé sur l’absence de Doué-la-Fontaine * dans votre billet. Apparemment, Nègre y voit un nom gaulois alors que les autres toponymistes y voient bien un cours d’eau.

    * OK, je découvre que Doué-la-Fontaine a fusionné avec 7 communes voisines pour former la nouvelle commune de Doué-en-Anjou. Je vais finir par ne plus pouvoir voyager en France, avec toutes ces fusions qui font disparaître les repères. Toujours est-il que ma remarque vaut aussi pour cette nouvelle commune, le terme « doué » restant présent.

    —————–

    Le terme de douve</b< n'a-t-il pas la même racine, puisqu'il désigne également une résurgence ou un trou d'eau ? Je suis surpris qu'il ne figure nulle part dans ce billet, alors qu'il s'agit par ailleurs d'un mot familier à tout vétérinaire et à tout amateur de bons vins…

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  4. La « douve » se retrouve dans le nom de Douelle (Lot). L’ancien occitan doèla a désigné aussi bien le « fossé » ou la « douve » (D&R) que la « douve du tonneau » pour caractériser le méandre du Lot (E. Nègre).

    Pour Doué-en-Anjou, j’ai préféré m’abstenir : les formes anciennes (Theodadus et Thedwat en 814 puis Doadus en 847 plaident plus pour un nom de personne romain Deodatus ou pour un nom d’homme germanique du type Theudoad . La forme Doe présentée comme datant de 631 n’est pas assurée (dixit Dauzat)

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  5. SACRÉE FONTAINE SUCRÉE !

    Pour ce qui est de l’énigme, j’ai fait buisson creux.

    Mais je n’ai pas perdu mon temps pour autant.

    En rôdant, je suis tombé sur D’Huison-Longueville, dont la première partie du nom serait apparentée, selon WP, à ceux qui font l’objet de ce billet (nonobstant l’avis de Dauzat-Rostaing, qui le rattache au nom d’un Gaulois) :

    « Le nom de Duison provient du mot gaulois Doutionen ou Dusiarem, du latin ductio, ductionem, dérivé du dux, ducem, duit, ou duis, doit, ou doiz (de l’accusatif latin ducem au sens tardif de « conduit, canal »).

    À D’Huison-Longueville, coule la « Fontaine sucrée », source qui va se jeter un peu plus loin dans l’Essonne ; ce qui explique le nom de D’Huison, tiré, comme celui de son homonyme de Loir-et-Cher, du latin ductio, ductionem, dérivé du dux, ducem. »

    Je retrouve cette intrigante « fontaine sucrée » ailleurs, à Cessenon-sur-Orb (Hérault) :

    https://www.midilibre.fr/2019/03/01/la-fontaine-sucree-a-toujours-une-belle-utilite-au-village,8043335.php

    http://cessenon.centerblog.net/300446-La-fontaine-sucree

    Que peut bien vouloir dire cette épithète ?

    [À D’Huison-Longueville, il existe une cressonnière de la Fontaine sucrée. Le cresson est favorable à la propagation de la douve (du foie). Y a-t-il un rapport ? ]

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  6. On trouve aussi une « Fontaine sucrée » à Nanteuil (Deux-Sèvres)

    https://79400nanteuil.fr/fontaine_sucree-1/

    Il y a une « rue de la Fontaine sucrée » à Saint-Brieuc » (Côtes d’Armor), une autre à Sergy (Ain) et un Chemin de la Fontaine Sucrée à Le Noë-Poulain (Eure) :

    https://ignrando.fr/fr/parcours/320705-chemin-de-la-fontaine-sucree/

    ———————
    À Forcalquier (Alpes-de-Hautes-Provence) et à Céreste (Alpes-de-Hautes-Provence), ce sont des noms de pâtisserie. Y aurait-il un jeu de mot sur un toponyme local ?

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  7. TRA

    J’ai, comme vous, parcouru la toile de long en large et même en travers, et j’ai trouvé les mêmes Fontaines Sucrées , sans pour autant trouver des explications sérieuses à ces noms.
    Je pensais, par exemple, trouver des formes anciennes où un « sacré » aurait été à l’origine d’un « sucré ». Que dalle !

    Le Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies de Paul Joanne (1894) explique : « Fontaine sucrée : ruisseau de sources, dans le département de Seine-et-Marne, naît au pied du bois de Misery, colline isolée appartenant au grès de Fontainebleau, passe à Dhuison et se perd dans l’Essonnne … » mais ne dit rien sur le pourquoi de « sucrée ».
    Idem dans Les rues de Saint-Brieuc (J. B. Illio, 1947) où on lit à l’entrée Tertre aux Lièvres : « À signaler la Fontaine sucrée, à mi-côte, dont l’eau, d’une température égale, est réputée dans le quartier, car elle sort des rochers. ». Mais rien sur le pourquoi de « sucrée » … (le premier qui me parle des rochers sucrés de Ferrero …)

    À Soignolles-en-Brie (S.-et-M.), le Dictionnaire topographique du département de Seine-et-Marne (Paris, 1954), m’apprend que la Fontaine sucrée y portait déjà le même nom au XVIIIè siécle. Dans Toponymie en Seine-et-Marne (éd. Amatteis, 1989), Paul Bailly écrit qu’elle « aurait été appelée ainsi par opposition à la Fontaine-au-Sel (ou Fontaine-Salée) de Bourron ou de Vulaines (qui sont en réalité des Fontaines-au-Saule) ». C’est une explication qui en vaut une autre, mais qui n’est pas transposable aux autres Fontaines sucrées puisqu’on ne trouve ni « Fontaine salée » ni « Fontaine au saule » dans leurs environs (c’est en tout cas une certitude pour Cessenon — où la Fontaine du Plô (du plan) ou de la Gleizes (de l’église) servait d’abreuvoir : on l’imagine mal salée — et dans le département de l’Hérault où je n’ai trouvé aucune fontaine salée ni au saule).

    Une autre idée m’est venue en imaginant que du calcaire en suspension dans l’eau aurait pu faire penser à du sucre en poudre qui, accompagné des bienfaits supposés de l’eau, aurait conduit à la qualifier de sucrée. C’est possible à Cessenon (Hér.) où l’eau, calcaire, a bonne réputation.

    Et je m’arrête là parce que j’ai un autre lecteur à satisfaire et des indices pour ma dernière devinette à trouver avant ce soir !

    PS : le nom de Fontaine sucrée pour une pâtisserie me semble suffisamment explicite (j’allais écrire : « couler de source ») sans qu’il soit besoin de chercher un rapport avec un éventuel toponyme. À bien y réfléchir, il me semble même plus probable que ce pourrait être (au moins dans quelques cas) l’inverse : une enseigne « Fontaine sucrée » qui aurait donné son nom à une rue.
    PS 2 : je ne vous ai pas mis tous les liens. Débrouillez-vous.

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  8. Ne faut-il pas simplement voir dans l’adjectif sucrée une référence à la douceur de l’eau ?

    Il me semble qu’avant de se focaliser sur le « sucre » en tant qu’ingrédient au goût fort, la notion de « sucré » servait surtout à qualifier un goût qui n’était ni salé, ni amer, ni acide. Doux, quoi. Pour moi, le sens originel se confond facilement avec « doux ».

    Or, une fontaine d’eau douce est douce. C’était peut-être tout bêtement une qualification ordinaire pour désigner une fontaine n’ayant pas de typicité particulière. Pas besoin qu’il y ait une fontaine salée dans les environs : ça pouvait être juste une précision utile de façon générique, par opposition aux sources très minéralisées, ou acides, etc., une simple façon de dire que c’était une fontaine quoi. Une fontaine « douce », donc ordinaire. Et c’est nous qui interprétons à tort « sucré » à la lumière d’une substance alimentaire devenu entretemps omniprésente, par lecture anachronique.

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  9. Ah mais, Jacques C, je me suis bien entendu posé la même question !

    Mais pourquoi qualifier de « sucrée » une eau que nous appelons aujourd’hui « douce », c’est-à-dire une eau qui n’est pas celle de la mer, mais celle qui coule de source (oui, j’ose la refaire) ou l’eau de pluie, en somme l’eau que l’on boit.
    Je comprends qu’on ait eu besoin de qualifier de « salées » des fontaines à l’eau imbuvable ou d’identifier des cours d’eau saline (comme le Salat, pour n’en citer qu’un) et cela me parait logique : « Attention ! eau salée ! Ne buvez pas ! » ou, au contraire : « Baignez-vous là ! cette eau vous fera du bien ! ».
    Mais je ne comprends pas qu’on aurait eu besoin de qualifier de « sucrées » des sources (ou des ruisseaux) qui n’avaient rien d’extraordinaire puisqu’elles (ou ils) offraient la même eau potable qu’ailleurs, celle dont les hommes et leurs bêtes s’abreuvaient depuis la nuit des temps (ou à peu près).

    Le terme « sucré » était bien dès le Moyen Âge lié au goût donné par certains sucs de plantes ou par le miel et n’était pas synonyme de « doux ».

    Le qualificatif de « sucré » donné très rarement à certaines fontaines (comparativement aux innombrables fontaines qui parsèment notre territoire) montre bien qu’il y a là un sens qui nous échappe et je pense (toujours en me référant à la rareté de ce qualificatif) qu’il doit il y avoir une explication distincte pour chaque toponyme (aujourd’hui oubliée) plutôt qu’une explication générique. Qu’on qualifie de « sucrée » une fontaine en plein pays d’eaux « salées » (trouvez m’en un !), je veux bien … mais ce n’est pas le cas des (rares) Fontaines sucrées que l’on connait.

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  10. @ leveto

    Je vous remercie de vos recherches.

    J’ai vérifié sur Google Maps l’emplacement de plusieurs « fontaines sucrées ». Elle se trouvent dans des zones assez récemment bâties et où il serait étonnant qu’ait jamais existé une quelconque pâtisserie : elles doivent plus vraisemblablement leur nom à une source.

    Pour ce qui est de celle de Saint-Brieuc, j’en trouvé l’explication à la page 35 de « Les rues de Saint-Brieuc », de J. B. Illio , dans l’article consacré au Tertre aux Lièvres :

    Cliquer pour accéder à Les_Rues_de_Saint_Brieuc_.pdf

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  11. TRA
    Êtes-vous sûr de m’avoir bien lu ?
    Pour les pâtisseries, je ne dis rien d’autre que vous : leur nom est totalement indépendant d’un éventuel toponyme préexistant (mon hypothèse inverse n’était là que pour appuyer ma démonstration — mais j’ai écrit un peu vite et n’ai pas mis en forme tout cela comme il aurait fallu).
    Pour Saint-Brieuc, ben, relisez-moi ! (et je vous rappelle que pour les liens vous étiez censé vous débrouiller, ce que vous avez su faire, bravo!)

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  12. D’ailleurs, je me rends compte que je viens de perdre mon temps : Leveto a déjà dit tout ça.

    Une fois de plus, je suis victime de mon inattention !

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  13. brosseur

    en l’absence de forme ancienne du nom ou d’explication documentée, toutes les hypothèses sont imaginables, alors pourquoi pas, en effet, succedere ? Mais quel en serait alors le sens pour une source ?

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  14. Et, en plus, il s’en est rendu compte avant que je rectifie et nos messages se sont croisés …

    J’aurais mieux fait de consacrer mon temps à l’énigme !

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  15. ______La source__________
    … celle qui vient de dessous
    … celle qui suit — la suivante
    … celle qui subsiste — reste (après que les autres se soient taries)
    … ?

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  16. Brosseur

    comme je vous le disais, tout est en effet envisageable … mais sans forme ancienne attestée du nom ou sans témoignage assuré, il est difficile de se faire une opinion.

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  17. Le Mystère de la Fontaine sucrée (suite)

    Après tant d’agitation, de recherches infructueuses, il est temps de lever le voile (de la mariée ?) quant à certaines fontaines sucrées qui ne coulent qu’à des épisodes particuliers.
    Mais avant cela, opérons un distinguo entre fontaine et source.

    La source est naturelle tandis que la fontaine est un artefact ; les fontaines furent bâties par la main de l’homme alors que la femme, nettement moins qualifiée, s’est contentée d’aller au lavoir.
    Certaines fontaines sont magnifiques avec leurs canons qui pissent à jet continu. Il arrive même, comme à Bruxelles, qu’une simple bite puisse faire office de canon.

    Dans le strict domaine de la fourniture d’eau potable, le fontainier dépasse en estime le sourcier obscurantiste. Quant au puisatier, il a sa fille à marier.

    Le fontainier, du moins celui à qui on a raconté l’histoire des trois petits cochons, a souci de la pérennité de son ouvrage : toujours il bâtira « à chaux et à sable » en utilisant des matériaux résistants au temps, genre pierre ou brique.
    Mais ça c’était avant… avant l’irruption du verre considéré comme matériau de construction :

    Ce type de fontaine permet en outre de contrôler le taux de sucre :

    Champagne Extra Brut : entre 0 et 6g de sucre par litre.
    Champagne Brut : moins de 12g de sucre par litre.
    Champagne Extra Sec : entre 12 et 17g de sucre par litre.
    Champagne Sec : entre 17 et 32g de sucre par litre.
    Champagne Demi-Sec : 32 à 50g de sucre par litre.
    Champagne Doux : plus de 50g de sucre par litre.

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  18. « lever le voile (de la mariée ?) quant à certaines fontaines sucrées » (TRS)

    À défaut de mari offrons donc Irma.

    La douce mérite plus sa part de lionne que la sucrée :

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  19. « Brigitte Macron, née Trogneux le 13 avril 1953 à Amiens, est une enseignante française connue pour être l’épouse d’Emmanuel Macron, président de la République française depuis le 14 mai 2017.
    […]
    Brigitte Marie-Claude Trogneux est issue d’une famille de chocolatiers amiénois réputés pour leurs macarons. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Brigitte_Macron

    ——————-
    Dans la famille Trogneux, spécialiste du mac(a)ron, on est pâtissier-chocolatier de père en fils :

    https://www.trogneux.fr/la-maison

    Alors, la fontaine Trogneux ne serait-elle pas une « fontaine sucrée » ?

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  20. TRS
    Vous écrivez : «La source est naturelle tandis que la fontaine est un artefact ». Je ne serai pas aussi catégorique que vous. Le sens premier de fons et fontanus est bien celui de source et nombre de lieux nommés Fontaine sont bien des sources. Je ne citerai que la Fontaine de Vaucluse comme exemple.

    Ceci dit, vos fontaines sucrées ne sont quand même pas mal!

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  21. Brosseur

    À propos du nombre de « feux » que vous me demandez de préciser, j’ai reçu de la part de LGF, en accompagnement de sa bonne réponse à la devinette, cette précision : « le nombre de feux est celui du nombre de ménages, pas la population municipale (sans double compte).», suivie d’un lien vers un site officiel de statistiques que je vous livrerai lors de la «répàladev ». C’est fou ce qu’on trouve sur la toile !

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  22. lecteur

    de plus en plus pointus vos toponymes ! je fais ce que je peux, ne m’en voulez pas de ne rester bien souvent qu’au stade de l’hypothèse.

    ■ 38 à Vif , la plaine de REYMURE
    ( roi ? …)
    Le Dictionnaire topographique du département de l’Isère (DTI) donne Reymurez au XVè siècle et Reymeures au XVIIè pour le hameau Reymure qui a donné son nom à la plaine, ce qui ne nous avance guère quant à l’étymologie.
    Trois hypothèses me sont venues et qui ne sont à prendre que comme des hypothèses :
    — Le patronyme Rey — qui était un sobriquet ou qui désignait celui qui exploitait un bien appartenant au roi plutôt qu’au seigneur local » — était (et est toujours) semble-t-il très répandu en Dauphiné et en Savoie. La deuxième partie du nom (s’il s’agit bien d’un patronyme) est bien mystérieuse mais on peut peut-être y voir une variante de Mouret, diminutif de Maure, au sens de « brun de peau ou de cheveux » plutôt que de l’ethnique.
    — Sachant que le Dictionnaire de Godefroy, donne rey comme une variante possible de rez ou ras, raz au sens de « terrain plat, nivelé », on pourrait imaginer une ferme bâtie sur un terrain plat et entourée de murs.
    — une combinaison des deux hypothèses précédentes pourrait nous amener à un « réal mur » désignant une parcelle du domaine royal entourée de murs, ce qui constituerait une variante du nom bien connu de Réaumur (Vendée). C’est à cette hypothèse, qui demanderait à être confirmée par l’histoire locale, que va ma préférence.
    —————
    ■ 38 à REVEL
    ♦ le PONT RAJAT
    rajar = jaillir ??
    Le DTI donne Ragia au XIIIè siècle , Ragiaco au XVè , Rajac au XVIIè et Rageat au XIXè.
    L’occitan rai, rach, rajòl, rajal , « ruisseau », relève en effet étymologiquement du même sémantisme que raiar, rajar, rachar , « jaillir, gicler ». Dans le pays bitterois, on appelait rajòl un petit ruisseau torrentueux gonflé par la pluie. Les noms de famille comme Ray ou Rajat sont considérés par Albert Dauzat comme noms de ruisseaux devenus noms de domaines et de hameaux passés à l’habitant. La finaleaco du XVè siècle pourrait être une suffixation latine abusive (il semble que cela soit une « spécialité » locale, si on se souvient bien de mes écrits précédents) et, donc, nous aurions plutôt un pont sur le ruisseau Rajat plutôt qu’un pont de Monsieur Rajat.
    Il existe des homonymes en Savoie (à St-Pierre-de-Genebroz et à Villarlurin) qui plaident plus pour un nom de famille. On trouve aussi écrit Ragea pour ces hameaux-là.
    ♦ b) La tour de SOMMIERS . famille de Sommiers ?? ( sommières ? )
    Le DTI ne nous donne aucune forme ancienne. Il faudrait là aussi se référer à l’histoire locale pour savoir à quoi s’en tenir.
    Il s’agit sans doute ici d’un patronyme désignant celui qui conduit des bêtes de somme.

    ————
    ■ 38 à St-Laurent-du-pont , le
    défilé de FOURVOIRIE
    Le DTI donne Forvorier (En) au XVIè siècle pour le hameau Fourvoirie de St Laurent du Pont
    On trouve aussi, dans le même dictionnaire, les entrées : Fourvoiry, Fourvorier, Mollins et artifices ; Fourvourier, Fourvoirye , « fourneau à couler des gueuses ».
    Auguste Bouchayer (Les Chartreux, maîtres des Forges, 1927) s’appuie sur les formes anciennes Four orvorier, Four ourier, Four ovrie [ouvrier ou œuvrier?] , Mola forvarina pour dire qu’il s’agirait d’un four à fondre la mine de fer
    L’hypothèse selon laquelle l’origine de la métallurgie à Fourvoirie serait due aux Chartreux est contestée :
    https://www.persee.fr/doc/rga_0035-1121_1958_num_46_1_1816

    L’étymologie trouvée sur la toile qui dit : « Le nom proviendrait de forrata via, la voie percée par les Chartreux pour accéder au désert. » est tout sauf sérieuse.

    ■ 38 à Bresson le fort ( Séré de Rivières) de

    MONTAVIE ( ou ancien Montavit )
    le DTI mentionne le fort de Clermont-Tonnerre ou fort de Montavie avec les formes anciennes
    Montavia au XIIIè et Montavit au XIXè
    Ce nom semble être composé du latin mons et du nom d’homme latin Avitus popularisé comme nom de baptême par saint Avit, archevêque de Vienne en Dauphiné mort en 524. L’occitan àvi , « aïeul », semble moins probable.

    ■ 73 à CHIGNIN les sept tours
    j’y ai fait ces jours-ci une belle ballade
    chez Saint-ANTHELME

    ♦ a) la tour de LA BOICHERE
    Peut-être comme Boissière ? Ce serait alors un nom collectif, de l’ancien français boisseie , « lieu couvert de bois », boisiere, boissiere, « lieu couvert de bois, clairière », ou un nom issu du latin buxaria, « buissaie, lieu planté de buis ».
    ♦ b ) la tour de LA BIGUERNE
    Vieux français bigorne, « petite enclume à deux pointes utilisée en orfèvrerie ; masse en bois pour fouler les peaux », du latin bicornis, « qui a deux cornes », ici peut-être par métaphore de la forme du terrain ?
    En Dauphiné, bigournu a le sens de « biscornu, tortu ».
    ♦ c) la tour CORRAZ
    La soustraction du suffixe savoyard -az permet de comprendre le nom comme « tour de la cour ».

    SANTILLY : sentilly

    71 SANTILLY S.-et-L : Scintilliaco en 968 puis Centilliacus au Xè siècle
    28 SANTILLY E.-et-L. : Sentiliacus en 914 puis Sanctiliacum vers 1250
    Du nom d’homme roman Sentilius et suffixe acum

    61 SENTILLY (Orne) : Centileium en 1192
    Du nom d’homme gaulois Cintulius et suffixe aco

    (E. Nègre, Toponymie générale de la France)

    ■ 02 FOLEMBRAY Fulla ?
    Folembrayo en 1059, probablement du nom d’homme germanique *Folabraht

    ■ 73 à hauteluce ( pays de mes ancêtres paternels )
    La PORTETTAZ
    Là aussi, une fois faite l’abstraction du suffixe savoyard -az, on devine qu’il pourrait s’agir d’un portet un petit port, au sens de passage, de col (cf. le Portet-d’Aspet en Haute-Garonne). Le pòrt est essentiellement masculin et pyrénéen mais sa variante féminine pòrta a étendu l’expansion de l’appellatif hors du massif pyrénéen comme à Portes-les-Valence (Drôme) , à Portes de la commune de Génolhac (id), etc. et, donc, pourquoi pas à La Portettaz.

    ■ 73 à beaufort-sur-doron Les VANCHES

    Le bas latin vinca est à l’origine de l’ancien français venche ou vanche qui désignait la pervenche ( vinca pervinca ). La colline des Vanches est située à 997m d’altitude et la pervenche peut pousser jusqu’à 1300m. Ça pourrait coller mais, sans trop savoir pourquoi, je ne crois pas trop à cette hypothèse (même si on trouve ailleurs de nombreux lieux appelés Pervenchère).

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  23. Merci TRA pour l’évocation de la délicieuse Shirley Mac Laine ainsi que pour la fontaine Wallace, dernier plan de votre vidéo.
    Et puisque vous enchaînez sur Brigitte M. laissez-moi convoquer ici une Fontaine de première bourre, elle aussi prénommée Brigitte mais qui n’a jamais « fait sa sucrée *».

    Autoportrait :

    Avant que votre double graveleux (TRAule si j’ai bien suivi) trouve matière à plaisanter sur les « femmes fontaine(s) » et le taux de sucre d’urée observé après la miction orgasmique :

    https://www.liberation.fr/culture/2006/10/28/femme-fontaine_55630/

    * «faire sa sucrée» autrement dit « faire sa pimpesouée», un comportement de fille.

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  24. lecteur

    l’envie m’a pris de compiler les différents commentaires que j’ai consacrés à vos interrogations. En avant pour le copier-coller, donc.

    Résultat : 54 pages pour un total de 21 000 mots …

    J’ai trouvé un site qui me donne la rémunération suivante : « Dossier (2200 mots) : de 300€ à 850€ ht (Prix moyen : 550€ ht) ». Je vous laisse faire la multiplication par 10 … et je vous adresse au plus vite mon RIB.

    PS le dernier paragraphe est bien sûr à prendre au second degré : je suis en effet largement rémunéré par le plaisir que je prends dans ces recherches (et ma compagne approuve qui me dit qu’au moins, pendant ce temps, je lui fous la paix — merci d’œuvrer pour la paix des ménages, donc).

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  25. ► leveto – le 24 juin à 9h26

    Cf. mon commentaire du 21 juin à 13h57 : « D’ailleurs, je doute qu’un recensement de 2017 ou 2018 donne le nombre de foyers, tout au plus indique-t-il le nombre d’habitants sans qu’il soit possible de savoir combien vivent dans les mêmes maisons. »

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  26. Jacques C
    J’avais bien vu passer votre commentaire, auquel je n’avais rien à ajouter.
    Le lien fourni par LGF (et que je donnerai samedi avec la « répàladev »— pas avant, sinon ce serait donner la réponse !) permet de faire le tri entre tous ces chiffres.
    Si vous avez un peu de temps et si vous le souhaitez, vous pouvez essayer de chercher du côté d’un institut bien connu…

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  27. @Jacques C

    Vous vous trompez en disant… le nombre d’habitants sans qu’il soit possible de savoir combien vivent dans les mêmes maisons.

    Techniquement, l’agent recenseur remet 1 fiche « habitation » et autant de fiches individuelles qu’il y a de personnes vivant dans le logement*. Cependant, les nouveau-nés sont dispensés de cocher la case relative au niveau d’études et de signaler leur situation matrimoniale.
    Ces fiches individuelles sont nominatives.

    C’est du moins ce que me confirme mon ancienne secrétaire de mairie qui ne m’en veut pas de l’avoir lâchement abandonnée. Elle dit aussi que les prochains recensements se feront uniquement « en ligne ». La dernière fois, j’ai eu le choix et opté pour la formule « papier ».

    * On parle de « logement », terme qui englobe à la fois une maison d’habitation (occupée ou laissée vacante), une résidence secondaire, un mobil-home à demeure ou telle ou telle partie d’un corps de ferme qui aura été divisé en X locations…etc.

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  28. @ TRS : Vous avez coupé ma phrase juste après les termes qui lui donnaient son sens précis.

    « tout au plus [le recensement] indique-t-il le nombre d’habitants sans qu’il soit possible de savoir combien vivent dans les mêmes maisons. »

    Je ne dis pas qu’il soit impossible en théorie de connaître ce nombre d’habitants par foyer, mais que la lecture de ce que l’on appelle « le recensement » ne le permet pas puisqu’il indique uniquement le nombre d’habitants par commune — et je faisais précisément suite à une réponse de leveto où il avait indiqué ce nombre d’habitants par commune (et non pas le nombre de foyers demandé).

    Peut-être le lien indiqué par LGF et leveto donne-t-il cette information, mais c’est alors un autre traitement des données que celles qui sont publiées depuis des décennies et que l’usage a appelé « le recensement ». Je me doute qu’avec internet, les données brutes doivent désormais être accessibles (et permettent alors des calculs), alors qu’elles étaient autrefois uniquement consultées par les chercheurs en démographie. Mais ce ne sont pas celles qui sont diffusées sur les sites des communes et dans les récapitulatifs statistiques des communes.

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  29. D’ailleurs, j’ajoute que j’espère que les équipes municipales peuvent connaître, au moins approximativement, le nombre de logements occupés sur leur commune, car c’est une donnée utile. Mais je ne l’ai jamais vue publiée ni invoquée.

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  30. Le rôle d’évaluation foncière (s’il existe en vos contrées) fournit les chiffres relatifs au type d’occupation des bâtiments. C’est en triturant ces chiffres que le compte de taxes (foncières) est émis.

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  31. Jacques C, Brosseur et les autres

    Pour obtenir les statistiques complètes concernant une commune, il faut se rendre sur le site de l’INSEE, à l’adresse http://www.insee.fr.
    Sur la page d’accueil passer la souris sur « statistiques et études » et, dans le menu qui apparait, cliquer sur l’option « catégories : données ».
    Une fois la nouvelle page ouverte, taper le nom de la commune recherchée dans la zone de recherche en haut à droite.
    Dans la nouvelle page (qui concerne la commune choisie), chercher l’article « données complètes » dans la liste.
    Cliquer dessus. Il ne vous reste plus alors qu »à ouvrir le dossier. Et hop! Vous y êtes! (pour les logements, descendre jusqu’à LOG T1)

    PS : il y a peut-être plus simple, mais c’est comme ça que j’ai procédé et ça a marché.
    PS 2 : merci encore à LGF pour le lien

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  32. FONTAINE SUCRÉE ET FONTAINE SECRÉE

    Si d’autres ici ont le feu sacré, j’ai toujours la fontaine sucrée.

    J’aI envoyée hier un commentaire exposant la passibilité que ce serait une fontaine « secrée » (mot que l’on trouve dans le Godefroy avec le sens possible de « écarté, situé à l’écart ».(du latin « secretus, a, um », qui peut avoir le même sens), en fournissant quelques exemples possibles.

    D’autres occupations m’appelant, je ne puis que dire : « Fontaine, je ne boirai plus de ton eau … »

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  33. TRA

    Les choses se compliquent avec vos fontaines secrées ou « secrètes ».

    Il existe à Conlie, dans la Sarthe, une Fontaine salée ou Fontaine-de-Ségrie (« sel-gris ») ou encore Fosse Salée, dont les formes anciennes( Dictionnaire topographique du département de la Sarthe, Vallée et Latouche, 1952) sont les suivantes :
    Terra super Fontem Secretum en 1080-1102, Terra et pratum de Fonte Secreti ; juxta Fontem Sigream, vers 1100 puis Fontaine-de-Ségrie et enfin Fontaine-salée.

    Où on voit qu’on est ici passé de secretum à « salée ». La chose a sans doute été possible ailleurs pour passer de secretum à « sucrée », mais ça reste à vérifier.

    À Échouboulains (S.-et-M.), La Fontaine-Secrète portait déjà ce même nom en 1125 (Dictionnaire topographique du département de Seine-et-Marne , Stein et Hubert, 1954)

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  34. Jacques C et leveto: l’INSEE donne une foule de renseignements sur les logements, leur qualités et leurs occupants, les populations dites agglomérées etc. Les seules données difficiles à obtenir sont celles du nombre de touristes dans les communes soumises à une forte pression. Ayant une formation d’économiste en sus de celle d’architecte j’ai eu à établir des plans de référence (années 70-80) où, pour les villes côtières, je devais évaluer le nombre de touristes avec un recoupement d’outils: nuitées, consommation de pain etc., leur durée de séjour etc. afin d’évaluer pour les élus les équipements et leur dimensionnement nécessaire. Avec toujours la même conclusion: les touristes sont la plaie des élus et le ravissement des commerçants 😉

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  35. @ hervé :

    C’est ce que je soulignais en parlant des chercheurs en démographie : bien sûr ces données ont toujours été disponibles pour les travaux scientifiques et professionnels. Encore une fois, je répondais à un commentaire de leveto qui avait donné le nombre d’habitants (et non pas le nombre de foyers), et je notais que les statistiques démographiques communales publiées dans les synthèses publiques (genre… les pages wiki des communes) ne donnent que le nombre global d’habitants. Avant l’avènement d’internet, accéder aux données détaillées était un privilège de chercheur, ce n’étaient pas des données publiées à grande échelle.

    —————-

    @ leveto :

    Le cas que vous citez paraît assez logique. Une dérive secretum -> secreti -> sigream -> ségrie ne semble pas très inhabituelle. Le seul hiatus, c’est quand quelqu’un a interprété « ségrie » comme signifiant « sel gris », et l’a reformulé en « salée » — et ici encore, c’est un type d’erreur d’interprétation dont vous nous parlez très souvent.

    C’est donc clairement un cas d’évolution incomprise ayant conduit à contresens, j’ai envie de dire « un cas de plus » car vous nous en avez déjà donné beaucoup, souvent imputé à un pauvre moine copiste. Et à chaque fois que vous nous avez présenté l’un de ces cas, c’était pour alerter sur une ou deux erreurs… au sein d’un billet nous présentant par ailleurs la règle.

    Aussi, ce cas amusant ne me paraît pas devoir davantage invalider un possible cas général de « fontaines secrètes devenues sucrées » que vos précédents contre-exemples amusants n’invalidaient les règles que vous nous présentiez dans vos billets. Mais ça reste un cas amusant et intéressant, bien sûr. Et d’autant plus si l’hypothèse d’une évolution habituelle de secrète vers sucrée se confirmait.

    [Je n’abandonne pas pour autant mon hypothèse de « douce », car même si sucré pouvait dès le moyen-âge se rapporter à des goûts marqués, il n’en demeure pas moins que son sens était multiple et qu’il se rapportait aussi à la simple douceur vue comme caractéristique floue et générale y compris au figuré, le TFLi en donne des exemples. Une femme sucrée n’avait certainement pas le goût du sucre, et cet adjectif caractérisait explicitement le fait qu’elle se comportait avec douceur.] [Mais je reconnais que l’hypothèse « secrète » mérite l’attention.]

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