Bür, bure et buron.

Après les bories vues dans le précédent billet, je m’intéresse aujourd’hui au haut allemand bür, « hutte, cabane », apparenté au normand bure, « maison rurale », et au buron auvergnat, chalet pastoral où on fabrique le fromage.

Le haut allemand bür est supposé venir de l’indo-européen bhû, « être » et « croître, bâtir ». Désignant à l’origine une habitation rurale (cf. l’allemand et le patronyme Bauer, « paysan, fermier » qui désignait à l’origine l’habitant de la bür), ce mot a été introduit en Normandie par les Vikings pour y désigner une maison rurale puis s’est répandu vers l’est et, dans une moindre mesure, en Auvergne sous la forme buron.

Normandie

Plusieurs communes portent un nom dérivé de bure : Bures (Orne), Bures-en-Bray (Seine-Mar.), Bures-les-Monts (Calv.), Bures-sur-Dives (commune associée de Troarn dans le Calvados) auxquelles on peut rajouter Bures (associée à Morainvilliers en Yv.) et Bures-sur-Yvette (Ess.).

Les lieux-dits portant un nom similaire, au pluriel ou au singulier, se comptent par dizaines, parmi lesquels on retiendra la Cour de Bure (à Bures-les-Monts, Calv.) et la Cour de Bures (à Bures, Orne) à comprendre comme « la cour de ferme » et un Mesnil de Bures (à Troarn, Calv.).

Bures sur yvette

Bures-sur-Yvette : ce café est devenu la brasserie Aux Pyrénées, aujourd’hui fermée.

Est

Comme en Normandie, on trouve dans l’Est des communes comme Bure (Meuse), Bures (M.-et-M.) et Bure-les-Templiers (C.-d’Or).

Dans cette région apparaissent des variantes dont la plus fréquente est sans doute buire qu’on retrouve à Buire (Aisne, Bures en 1145), Buire-sur-l’Ancre (Somme), Buire-au-Bois (P.-de-C.), Buire-Courcelles (Somme) et Buire-le-Sec (P.-de-C.).

D’autres variantes se lisent dans les noms de Beure (Doubs, Boriis en 1134 et Bures en 1233) et Bœurs-en-Othe (Yonne, Burs en 1138). Le pluriel du germanique bür a donné son nom à Beyren (Mos., Beuren en 1600).

Remarquons que la prononciation de ces mots était hésitante : elle a fait surnommer, par simple homophonie, les habitants de Buire-sur-l’Ancre Ches mangueu de burre éde Buire, « les mangeurs de beurre de Buire ».

Le diminutif a donné son nom à Burelles (Aisne) avec le suffixe diminutif roman –elle qui montre bien que le mot bure était passé en français. Idem à La Burelle (à Saignolles, S.-et-M.) et à Burœil (à Maresquel, P.-de-C., avec le suffixe diminutif –eol).

Les micro-toponymes sont là aussi très nombreux, au pluriel comme au singulier ainsi qu’au diminutif.

Burons d’Auvergne et d’ailleurs

La cabane de pierre qu’on appelle buron en Auvergne, dans laquelle les bergers, appelés buroniers, passaient l’été et fabriquaient le fromage, est à l’origine d’au moins quatre cents noms de lieux, la très grande majorité d’entre eux se trouvant dans le Cantal et le Puy-de-Dôme.

buron

Ils sont pour la plupart accompagnés du nom d’un ancien propriétaire (p.ex. Buron de  Cauvet à Lacapelle-Barrès, Cantal), d’un élément topographique (p. ex. Buron du Creux à Saulzet-le-Froid, P.-de-D.) ou d’une particularité (p. ex. Buron des Chichourles à Saint-Saturnin, Cantal, avec chichourle nom occitan du jujubier). Je n’ai trouvé qu’un seul exemple en Haute-Loire, le Buron du Sauvage à Chanaleilles et aucun dans l’Allier. En revanche, buron est présent à plusieurs reprises en Aveyron (p. ex. Buron de l’Hom à Laguiole, avec hom pour « orme ») et en Lozère (p. ex. le Buron des Pâtres à Marchastel). Une seule commune porte un nom lié au buron : il s’agit d’Yronde-et-Buron (P.-de-D.) dont le premier élément est sans doute un ancien gaulois equo (eau)-randa (limite) soit une « rivière faisant frontière », probablement l’Allier, et dont le second élément est sans doute un buron (même si une autre hypothèse a été émise).

buron laguiole

 

En ancien français, buiron/buron désignait une « petite maison, cabane, chaumière, maisonnette » (Godefroy). Ce mot désigne encore aujourd’hui une « cabane » en Poitou. On ne sera donc pas étonné de retrouver des micro-toponymes du type buron ailleurs qu’en Auvergne comme dans le Calvados (p. ex. Buron à Saint-Contest), dans les Côtes-d’Armor (p. ex. Les Burons à Lanfains), dans l’Eure (Les Burons aux Andélys), en Ille-et-Vilaine (p. ex. le Haut Buron à Thourie), dans le le Jura (p. ex. Buron à Mesnois), en Vendée (Buron, Buron Neuf et Buron Vieux à Coëx), etc. Il convient pourtant de se méfier d’une possible confusion avec des dérivés de l’oronyme pré-indo-européen *bur– dont je parlais naguère dans ce commentaire : les deux Buron isérois (à Eyzin-Pinet et à Cours-et-Buis) ont sans doute plus à voir avec cet oronyme qu’avec une cabane en pierre. Cette même racine a aussi fourni des hydronymes comme le Buron, affluent de l’Allier dans le Puy-de-Dôme. Quant à la forme buiron, elle n’apparaît telle quelle qu’à quelques exemplaires dans l’Ain (p. ex. le Pré Buiron à Manziat), dans l’Aisne (p. ex. Le Buiron à Trosly-Loire) ou dans le Pas-de-Calais (p. ex. Le Buiron à Warlaing).

… et quelques autres

Le nom de Burie (Char.-Mar.) est issu d’un dérivé en –ie de bure. Les explications wikipédiques (j’allais écrire wikimerdiques), données sans référence, sont … rigolotes.

Burbure (P.-de-C., Burbuires en 1209) porte un nom composé dont le second élément est sans aucun doute issu du germanique bür. Pour Dauzat & Rostaing (DENLF*) le premier élément pourrait être le germanique burg (pour « le bourg des cabanes ») ou un anthroponyme germanique tandis qu’E. Nègre (TGF*) y voit un dérivé du germanique brida, « planche » (pour « baraques de planches »).

Burbure

Les noms de Rambures et de son diminutif Ramburelles, toutes deux dans la Somme, sont formés sur le nom d’homme germanique Hramnus accompagné de bür au pluriel.

Burbach (Bas-Rhin) comme Bourbach-le-Haut et Bourbach-le-Bas (Haut-Rhin) sont composés des germaniques bür, « habitation rurale », et bach, « ruisseau ».

Buc (T.-de-B.) était Birr en 1347, , Bur en 1427 et Buc en 1665. E. Nègre (TGF*) explique que le nom provient bien de l’oïl bur (auquel il donne le sens d’ « étable, toit à porcs » à rapprocher des burets, « petites étables pour les porcs » dans la Manche) mais que, la consonne finale ne se prononçant ni dans bur ni dans buc, « tronc d’arbre », on a confondu les deux mots. Cet exemple montre toute l’importance d’avoir accès aux formes les plus anciennes du toponyme puisque les noms des communes homonymes sont issus soit du germanique *busk, « buisson, bosquet » (Buc en Yvelines) ou de l’occitan buc, « pointe, cime de montagne » (Belcastel-et-Buc, Aude).

Les faux amis

J’ai rappelé un peu plus haut l’existence d’une racine oronymique  pré-indo-européenne bur- qui est à l’origine de plusieurs toponymes, mais il y a d’autres faux amis.

Il faut avant tout tenir compte de l’existence en ancien français d’un mot buire signifiant écluse qui pouvait aussi apparaitre sous la forme bure (Godefroy). Son origine est inconnue, peut-être gauloise, mais ce mot pourrait expliquer certains des toponymes en Buire vus plus haut.

Un bureau et son diminutif burette  peuvent désigner en Anjou un « terrain inculte où la pierre est à fleur de terre » et sont à l’origine de quelques micro-toponymes.

Des anthroponymes gaulois comme Burius, à l’origine par exemple de Buré dans l’Orne, ou Burgius, qui a donné par exemple Burgy (S.-et-L.) ou encore des anthroponymes germaniques comme Buro (cf. Bursard, Orne) peuvent être sources de confusion.

L’étymologie du nom de Burnand (S.-et-L.) est sujette à discussion. Certains voient dans la deuxième syllabe de ce nom le gaulois nantos, « vallée », mais tandis que Dauzat & Rostaing (DENLF*) expliquent la première par le germanique bür, « hutte, habitation », É. Vidal (NVV*) préfère y voir le gaulois bure, « écluse ». E. Nègre (TGF*) explique ce toponyme comme une variante de l’oïl *brunant, « brun, de couleur sombre », en notant que burnel et burnoier sont attestés comme métathèses de brunel, « brun », et brunoier, « brunir, s’assombrir ». Enfin, G. Taverdet (NLB*) préfère voir dans ce nom le cas régime féminin en –ane du gaulois *borna, « source », avec une phonétique franco-provençale et un –d final purement graphique.

 

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

cdl 1

La devinette

Il vous faudra trouver le nom en un seul mot d’une commune de France métropolitaine lié au mot du jour associé à un nom lié à l’eau.

Je ne vous en dis pas plus mais vous propose trois indices :

■ un portrait :

indice-a-29-08-2021

■ un ensemble d’objets :

indice aa 29 08 2021

 

■ et un autre ensemble d’objets :

indice-c-29-08-2021

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

30 commentaires sur “Bür, bure et buron.

  1. Bonjour M Leveto

    liste du lundi

    un peu de Bretagne ( Géo)

    – 29 Bénodet

    29 récif de PEN AR VAS HIR ( Géo ) ou VAZ HIR

    35 ( Rennes ) quartier du BLOSNE

    35 TEFFENDEL

    35 anse de MORDREUC ( à cancale)

    23 à SAINT-CHABRAIS : le château d’ETANGSANNES ( ou ETANSANNES, ESTANSANNES)
    Estançaniez, Apud LESTENSENAS, LASTENSENAS.

    44 NOZAY 1 ) nozcacum ? ( endroit bas et mouillé ) le Moina
    2) Nautius-acum ? ( Dauzat )

    63 NESCHERS

    54 URUFFE ( huruffe , uruffue,rufiaco villa, rufia = Rufius ?)

    28 EPERNON = éperon ??

    80 GLISY 1) Glukus = doux , agréable ?
    2) Glaise = terre argileuse ??

    80 PONT-DE-METZ = ( pont de la ferme ? Mas ,MES) sur la Selle

    78 VELIZY-( villacoublay)

    38 ILLINS

    09 à montesquieu-avantès
    grottes du Volp ( Renard)
    – la grotte d’ENLENE ??(magdaléniens )

    et enfin Méranie ??
    MERANIA , marche d’Istrie ? MERAN MERANO Statio maiensis

    merci beaucoup pour cette rentrée en fanfare .Amicalement.

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  2. lecteur

    J’ai fait tout mon possible… mais certains des toponymes que vous me proposez restent très mystérieux (et ne semblent pas avoir intéressé grand monde, en tout cas sur la toile. Par conséquent, certaines des explications que je vous donne ne sont que des hypothèses et des pistes ouvertes.
    un peu de Bretagne ( Géo).

    ■ – 29 Bénodet

    sans surprise : embouchure de l’Odet … mais vous le saviez déjà, n’est-ce pas ?

    ■ 29 récif de PEN AR VAS HIR ( Géo ) ou VAZ HIR

    Pen : la pointe ; Vaz : bas, peu profond (cf. Enez Vaz = île de Batz) ; Hir  : long.
    À vous de remettre tout ça dans l’ordre

    ■ 35 ( Rennes ) quartier du BLOSNE

    Du nom de la rivière qui le traverse, Ar Blon en breton. Le breton blon signifie « meurtri, qui a un bleu » : je ne vois pas bien le rapport avec un cours d’eau …
    Si j’en crois cet ouvrage on trouve anciennement mention de Bloon (fluviolus) , ce qui ne m’avance guère.
    La seule référence sur laquelle je peux peut-être m’appuyer est le nom de Blou en Maine-et-Loire qui était Blei (1040-5), Blod (1095), Bloium (1108) puis Blo (1178-97). Ce nom vient de l’oïl blef, blew, bloei, blou , « bleu ». Mais cela n’explique pas la finale en on du nom de la rivière.

    ■ 35 TEFFENDEL

    Treffendel est attesté capella de Treffandel en 1574. Selon la base de données Kerofis, la forme bretonne correcte est Trevendel. Le premier élément semble être le bien connu Tre-, « trève, paroisse » (du celtique treb, « lieu habité »). J’ai trouvé dans le  Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France (Louis Marie Prudhomme, 1805) la variante Tréandel qui appuie cette hypothèse.
    Le deuxième élément est plus obscur et aucune des explications trouvées sur la toile n’est pleinement satisfaisante.
    Si l’écriture Treffandel est exacte, on peut pourtant penser au celtique andon , « source » ou à l’oïl * andel , « bifurcation, embranchement » (l’occitan andel est attesté dans ce sens). C’est cette deuxième explication qui est donnée par E. Nègre pour le nom d’Andel (C.-d’Armor)
    Une autre explication possible serait de voir dans ce second élément un anthroponyme (comme souvent avec les noms en Tré-) en l’occurrence le gaulois *Andellus malheureusement inconnu par ailleurs.C’est l’hypothèse de Dauzat&Rostaing pour Andel des C.-d’A.

    ■ 35 anse de MORDREUC ( à cancale)

    Portait déjà ce même nom en 1455.
    Selon wiki : « de l’ancien breton «Mor-truc», traversée de la mer, ou «Mor-Douiz», mer des druides » …
    Je pense à treug /truk qui désigne un gué de pierre reliant les îles entre elles.

    ■ 23 à SAINT-CHABRAIS : le château d’ETANGSANNES ( ou ETANSANNES, ESTANSANNES)
    Estançaniez, Apud LESTENSENAS, LASTENSENAS.

    Stangnis sanis en 1396 : « étangs sains ».
    « Les étangs du Cante, celui du Brejou, l’ancien étang des Ternes, La Combe, ceux de Balzine se succèdent dans le proche environnement de l’édifice. Situées sur la commune de Saint-Chabrais, ces pièces d’eau fournissaient non seulement le poisson, mais permettaient de faire tourner de nombreuses roues de moulins dont demeurent peu de vestiges. » ( source)

    ■ 44 NOZAY 1 ) nozcacum ? ( endroit bas et mouillé ) le Moina
    2) Nautius-acum ? ( Dauzat )

    Noziacum en 1076 : probablement du latin nucetum, « lieu planté de noyers ». Le suffixe iacum doit être une fausse latinisation de ei, oi issus du collectif etum. Ce serait le même nom que Nozay dans l’Aube et dans l’Essonne.

    ■ 63 NESCHERS

    Wiki  nous dit : « le nom de Neschers pourrait provenir de deux sources différentes. Soit de Nicet, ou Nicétius, comte d’Auvergne au bas Moyen Âge, soit de « Nez de Cheire », nom qui désigne l’endroit où s’arrête la coulée de lave, en l’occurrence celle du volcan Tartaret, à la fin de la préhistoire.»
    Le nom apparaît sous la forme Nescheriis en 1015 (P.-H. Billy, La condamine, institution seigneuriale : étude onomastique , éd. De Gruyter, 2018).
    Selon Manry et Aleil (Histoire des communes du Puy-de-Dôme : arrondissement d’Issoire , éd. Horvath, 1987) le gentilé serait Nicetois, ce qui plaiderait en faveur d’une étymologie selon Nicet, comte de Clermont et duc d’Auvergne au VIè siècle. Mais, selon la mairie de Nicey (C.-d’Or), les Nicetois sont les habitants de cette ville nommée Nicetum en 1018 puis Niceiacum vers 1098, du nom d’homme roman Nicetus ou germanique Neccho ou Nico. Allez donc vous y retrouver !

    ■ 54 URUFFE ( huruffe , uruffue,rufiaco villa, rufia = Rufius ?)

    Dauzat & Rostaing, qui ne citent pas de formes anciennes, déclarent obscur ce toponyme mais émettent toutefois l’hypothèse d’un nom d’ homme latin Rufius influencé par celui d’un homme germanique Urolf
    E. Nègre s’appuie sur le nom de l’Aroffe, affluent droit de la Meuse, qui passe à Aroffe (Vosges) et à Uruffe (M.-et-M.) et qui était fluviolo quae dicitur Urofia en 883, fluvius Arusia au Xè siècle, à lire probablement *Arufia. Pour la localité Aroffe : Arufia au Xè siècle et Arophe en 1233. Pour Uruffe : Rufia vers 707-735, Rufiaco villa au Xè siècle et Uruffiae en 1402. Il voit dans ces noms peut-être l’hydronyme pré-celtique ar, « cours d’eau», et suffixe celtique uvius, donnant *ar-uvia (aqua), « eau courante ». Le nom de la rivière serait passé aux noms de lieux Aroffe et Uruffe. Le u d’Uruffe viendrait de l’attraction de l’oïl ru, « ruisseau ».
    Ceci dit, notons que les formes anciennes données par E. Nègre sont compatibles avec l’hypothèse D&R du nom d’homme latin Rufius

    ■ 28 EPERNON = éperon ??

    Sparro, à lire Sparno en 1024 puis Esparnonium vers 1024 : du gaulois sparno, « aiguille ».
    C’est le même nom qu’Epernay qui, lui, est formé avec le suffixe-acos

    ■ 80 GLISY 1) Glukus = doux , agréable ?
    2) Glaise = terre argileuse ??

    Glisi en 1190 : du nom d’homme latin Glitius + acum

    ■ 80 PONT-DE-METZ = ( pont de la ferme ? Mas ,MES) sur la Selle

    C’est bien ça : metz ou mes est un dérivé régional du latin mansus , « exploitation rurale ».

    ■78 VELIZY-( villacoublay)

    Velisiacum au XIIIè siècle, du nom d’homme latin Velitius ou Vellesius + acum

    ■38 ILLINS

    Le Dictionnaire topographique de l’Isère nous indique une V(illa) de Illino au XIIè siècle, puis un castr. de Illino au siècle suivant.
    On trouve dans un ouvrage collectif de 1852 ( Description du Dauphiné, de la Savoie, du Comtat Venaissin …) la mention d’Illinum pour Illins datée du XIIIè siècle .
    Notons aussi que Virgile parlait déjà d’un vin Illincum qui a été identifié comme provenant d’Illins.
    Le nom d’Illins pourrait alors s’expliquer par celui d’un propriétaire gaulois nommé Illius   donnant Illinum. C’est en tout cas l’hypothèse formulée par Aimé Bocquet dans Hannibal chez les Allobroges – 218 avant J.-C. : la grande traversée des Alpes (éd. Fontaine de Siloé, 2009).

    ■ 09 à montesquieu-avantès
    grottes du Volp ( Renard)
    – la grotte d’ENLENE ??(magdaléniens )

    La grotte doit son nom au hameau voisin Enlenne écrit Henlene sur la carte de Cassini.
    Je n’ai aucune idée de la signification de ce nom (et, en tout cas sur le web, je ne suis pas le seul).

    ■ et enfin Méranie ??
    MERANIA , marche d’Istrie ? MERAN MERANO Statio maiensis

    Je ne peux guère vous être plus utile que le site wiki. Je vous laisse suivre les liens pour vous faire votre propre idée.
    NB Mérano est attesté Mairania en 857 du nom d’homme latin Marius + anum

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  3. Merci beaucoup

    si vous ne trouvez pas, ce n’est pas grave , c’est un loisir.

    Si ceci est vérifié par vous , c’est tout ce qui m’importe !

    qu’il n’ y ait pas d’étymo connue , ceci est également une information .

    je sais que vous avez fait tous les efforts possibles.

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  4. « The name « Merania » (« sea-land ») comes from either the High German word for sea, meer or the Slavic word for the same, morje (both cognate with Latin mare). The name literally means « land by the sea » (am Meer), referring to its location on the Adriatic. »

    https://en.wikipedia.org/wiki/Duchy_of_Merania

    ——————————
    À rapprocher du nom de la Poméranie ?

    « Der Name leitet sich vom slawischen po more ab und bedeutet „am Meer“.  »
    / « Le nom vient du slave « po more » et signifie « au bord de la mer »

    https://de.wikipedia.org/wiki/Pommern

    ——————————

    À la Méranie, nous devons une de nos reines :

    « Agnès de Méranie était la troisième femme de Philippe-Auguste. Le roi, après la mort d’Isabelle de Hainaut, sa première femme, avait épousé Ingeburge, princesse danoise, afin de se ménager des droits sur l’Angleterre et d’inquiéter ainsi Richard Cœur-de-Lion. Une répugnance invincible, sur laquelle les historiens ne s’expliquent pas clairement, l’avait poussé à répudier Ingeburge dès le premier jour de son mariage. »

    https://fr.wikisource.org/wiki/Agn%C3%A8s_de_M%C3%A9ranie

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  5. Quant à Neschers, il ne peut qu’évoquer à un Saintongeais maritime le petit port de Meschers, situé sur l’estuaire, là où les filles sont girondes.

    De ce dernier, comme du précédent, pas un mot dans le Dauzaing-Rostat, mais voilà ce que disent les savants étymologistes wikipédiesques :

    « Meschers dérive de « Miscaria », nom sous lequel est désignée la paroisse jusqu’au milieu du ixe siècle. Ce nom serait issu de l’association de deux mots d’origine celtique : « Mis », signifiant mauvais, et « Caria », signifiant pierre. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Meschers-sur-Gironde

    [ À Meschers, j’ai souvent, en mes jeunes années (c’était hier : au temps où les bêtes parlaient …), ramassé des oursins fossiles au bas de la falaise : je n’ai jamais remarqué que la pierre y fût mauvaise ! ]

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  6. N’Y A-T-IL QUE MAÏA QUI M’AILLE ?

    L’ancienne appellation de Merano (origine de Merania / Méranie ? ) se retrouve dans le nom de l’hippodrome de Maia :

    https://it.wikipedia.org/wiki/Ippodromo_di_Maia

    D’où vient Maia / Statio Maiensis /Ccastrum Maiense ?

    De la déesse de la végétation et du printemps Maïa, éponyme du mois de mai ?

    De Maius (= Grand), épiclèse de Jupiter ?

    D’un suidé totémique (comme la louve l’est pour Rome et le cheval pour Athènes) ? Le mot « maialis » désigne le porc châtré …

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  7. merci TRA
    c’est justement d’après Agnès de Méranie que je m’interrogeais sur la Méranie

    je visns de lire le livre de Michelet sur cette période

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  8. DE FIL EN AIGUILLETTE …

    Michelet est bien succinct sur cet épisode.

    On en apprend un peu plus ici :

    https://books.google.fr/books?id=VaDqN1M9HuAC&pg=PA226&lpg=PA226&dq=agnes+de+meran&source=bl&ots=YdqlVPHW9s&sig=ACfU3U1NPZwZJuiS6m5bqud-EejCEaX8Jw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwis0ZaNqeDyAhWux4UKHULwBdk4ChDoAXoECAIQAw#v=onepage&q=agnes%20de%20meran&f=false

    Ou, sur un ton plus léger, là, narré par Guy Breton (l’auteur des « Histoires d’amour de l’histoire de France », ouvrage qui circulait dans les pensionnats de garçons de mon temps (il faudra chercher un peu la bonne page : il n’y a pas de numérotation) :

    https://books.google.fr/books?id=or6bBQAAQBAJ&pg=PT262&lpg=PT262&dq=guy+breton+philippe+auguste&source=bl&ots=IdfTto64NR&sig=ACfU3U3wSXY_OOWdOwZxDy_GFHIj27pwzg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwisk5rEreDyAhUH14UKHX5kCX8Q6AF6BAgXEAM#v=onepage&q=guy%20breton%20philippe%20auguste&f=false

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  9. lecteur

    Accrochez-vous! Ça va être long ! (mais c’est vous qui avez commencé)

    Sauf erreur , je crois que vous n’avez pas encore traité de l’ERABLE
    ni des toponymes en : TRIBUNAL
    En effet … heureusement, il me reste encore beaucoup de sujets à traiter ! Ça vient selon l’inspiration et l’envie du moment. Veiren bè !

    ■ 74 CHAVANOD
    1 CAVANUS homme gaulois
    2 CHAVANNE ( Henri Suter = cabane )

    Dauzat & Rostaing et E. Nègre sont d’accord : Chavanus, chavano en 1411, du nom d’homme gaulois Cavannus et suffixe -avus.
    ———————
    ■ 74 MANIGOD
    1 manning – gald burgonde
     » habitant des forêts  »
    2 manning – aulp celte
     » habitant des alpages  »

    D&R et E. Nègre sont là aussi d’accord pour une origine selon le nom d’homme germanique Manigold, dérivé de Manigwald, soit manag , « beaucoup », et waldan, « gouverner ».

    ■ 38 PONTCHARRA plaine du MANIGLIER
    1 ) manilier = fabricant de manilles
    2) Menneglier , Menéglier, Manéglier,
    de MARREGLIER MARGUILLIER ??
    -Membre du conseil de fabrique
    -sacristain
    -sonneur de cloches
    apparemment , grand fourre-tout ! ( sur internet )

    ♦ Pontcharra : Pontem Charraz au XIIIè siècle : « pont pour les chars ».

    ♦ Maniglier : Le Dictionnaire topographique de l’Isère donne Les Mannigliers au XVIIIè siècle, Les Maniliers au XIXè siècle puis à nouveau Le Maniglier , mais au singulier cette fois. Les deux étymologies que vous signalez sont plausibles mais le pluriel des premières mentions du nom fait plutôt pencher pour des membres du conseil de fabrique de la paroisse. On voit mal en effet plusieurs fabricants d’anses de paniers, plusieurs sacristains ou plusieurs sonneurs de cloches dans ce village.
    NB un peu dubitatif sur cette déformation de marguillier en maniglier, je suis allé à la pèche et j’ai fini par ramener ce texte de 1886 où il est expliqué que le « manglier » est bien employé comme « sonneur de cloche », au moins dans les diocèses de Valence, Gap, Grenoble et Viviers (1 florin de pension par an, quand même !).
    —————
    FLEURIEUX apparemment , deux origines différentes , pour ces deux villes
    ( selon les données sur internet )

    ♦ FLEURIEUX-SUR-L-ARBRESLE 69 : Floireu vers 1225, du nom d’homme latin Florus et acum (avec les réserves expliquées dans l’article wiki consacré à la toponymie de la commune suivante)

    ♦ FLEURIEU(X)-SUR-SAôNE 69 : une fois n’est pas coutume, l’article wiki consacré à la toponymie de cette commune est correct et explique bien la difficulté de proposer une étymologie certaine.
    —–
    TREVOUX69 trévou ? ( Treb ?)

    Pas de Trévoux dans le Rhône mais Trévoux dans l’Ain et Le Trévoux dans le Finistère.
    ♦ Le Trévoux (Finistère) : gaulois treb-, breton trev- (Dauzat & Rostaing)

    ♦ Trevoux (Ain ) : Trevoos en 1010, Trevos, Trevoz en 1243, Trevors en 1279, de Trevorchio en 1344 et apud Trevorcium en 1482 : du nom d’homme roman Tiburtius traité comme *Triburtius (E. Nègre).
    ———————
    ARCENS 07

    Arcenno en 1024
    Dauzat & Rostaing : peut-être hybride latin-gaulois  arcus et suffixe ennu ;
    E. Nègre suivi par les Fénié (Toponymie nord occitane) : du nom d’homme roman Arsenius . Les deux -nn d’Arcenno seraient la transcription d’un n palatal.
    ————
    QUERRIEU 80 carus rivus ?? , cher rieu ? chère rivière ?

    Cherriu en 1102, Carus Rivus en 1145, Kerriu en 1147, Kerriacum en 1164, Kyerru en 1204, Kirieu en 1219, Kierreux en 1300, Kierrieu en 1301, Quierieu en 1445, Querrieux en 1757.

    Le nom de Carus Rivus me semble être une réfection latine d’un greffier ou moine copiste qui n’a plus été reprise par la suite.
    Si on prend en compte la première graphie Cherriu et les suivantes Kerriu et Kerriacum (avec l’ajout pseudo-savant d’ un suffixe acum bien connu des copistes), on pourrait penser à un pré-indo-européen ker , « pierre, rocher », muni du suffixe diminutif latin eolus. À Querrieu, la « craie marneuse fut longtemps utilisée pour le chaulage des sols » nous apprend wiki.

    ——————-
    GUIGNEMICOURT 80 Guignes = cerises sauvages ???

    Les formes anciennes, toujours les formes anciennes !
    Gamegnicort en 1190, Gainemicourt en 1196, Gamegicourt en 1267, Gamegnycourt en 1301, Gaignemicort en 1350 et Gameignicourt en 1362. Du nom d’homme germanique Gameno + suffixe acia + cortem. Le -megni- initial a été interverti en -gnemi –. L’initiale Gui est tardive, postérieure au XVIè siècle (exit la cerise !).
    —–
    SOUDAN 79 bien mystérieux sur internet

    Soldanum en 1110 sans doute de l’ethnique Solitanus (attesté chez Varron et Pline) devenu nom de personne roman (E. Nègre) plutôt que du nom d’homme gaulois Solida et suffixe anum (D&R)
    ————–
    en PIEMONT ( lecture récente des vies de Bayard et de Lesdiguières) :

    Fort de Brussol castelo di Bruzolo

    Brosiolae en 726, puis Broxolum en 1001, Brusolium en 1029, Brusolio en 1290, Bruxolium en 1448 , Brosolum, Brusolum, Brusol en 1565, Brusollo en 1589, Bruscolo, Bersuolo, Bruzzolo, Bruzuolo en 1839 et enfin Bruzolo en 1841.
    Deux étymologies ont été proposées. La première fait appel à brusà , « brûlé » [ le Trésor du Félibrige parle plutôt de « cuire, causer de la douleur » pour brusà mais aussi de « brouir, brûler superficiellement » pour brusatea, en précisant bien « dans les Alpes »], pour désigner un essartage par brûlis ou un incendie. La seconde part d’un radical celtique bers, beurs, brus [ que mes dicos ne confirment pas ], « matériau alpestre incombustible » dans lequel il faudrait voir l’amiante qui se trouverait en abondance dans le sol de la vallée … (tout ceci est largement inspiré de ce document . Le nom franco-provençal Bërsoel semble appuyer cette dernière hypothèse …

    SALBERTRAND : salbeLtran , SalbeLtrand.

    Sala Bertani en 1001, avec le germanique sala, « salle seigneuriale, château ». Bertani est la forme régressive de Bertrani dérivée du nom d’homme germanique Berthram ( de Berth , « brillant, célèbre », et hramm , « corbeau »), en français Bertrand.

    EXILLES

    Excingomagus à l’époque romaine. Le nom d’homme gaulois Excingus , « celui qui part pour attaquer », a servi comme appellatif et à nommer Excingo-magus , le « marché des guerriers ». La localité était, dans l’Antiquité, située à la frontière entre l’Italie et la Gaule : rien d’étonnant à ce qu’on y trouve une garnison.
    Je n’ai pas trouvé de formes anciennes du nom postérieures à cet Excingomagus , dont on attendrait une évolution vers *Excingon ou *Exinon, pour expliquer le nom moderne Exilles  : sans doute y a-t-il eu un changement de suffixe, mais quand ?
    NB ver- cing(etorix)  : le grand, le vrai guerrier ; ex-cing  : le guerrier tourné vers l’extérieur. Les fantassins gaulois étaient appelés cingeto (cf. le vieil irlandais cing, « héros ».

    ■ à Gap( 05) PUYMORE , PUYMAURE

    Sans surprise : puy (de podium ), « colline au sommet arrondi », et maure ou more , « sombre, noire ». « La colline s’élève à 894 m d’altitude. Elle est constituée de marnes noires » nous confirme wiki

    ■ 67 WISCHES-HERSBACH

    Wichahe, Gericht zu Wiche, Wich, Weych du XIè au XIIIè siècle. E. Nègre y voit le latin vicus, « village », qui est devenu Wich, Weych . Le composé Wich-ahe, « ruisseau de Wich », désigne le cours d’eau.

    ♦ Pour Hersbach, sans forme ancienne, j’en suis réduit à émettre l’hypothèse d’une « rivière du cerf », en rapprochant Hers de l’allemand moderne Hirsch plutôt que de Herz, « qui a du cœur ou du courage».
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    ■ Le HAUT-ROGNOL col 686 m
    ROGNOL à ABRESCHVILLER 67

    Le Haut-Rognol : pas de forme ancienne citée dans le Dictionnaire topographique du département de la Meurthe (Henri Lepage, 1862)
    Si j’en crois cet ouvrage en allemand*, rognol signifierait « tête haute » en dialecte haut allemand.
    Ceci dit sans grande conviction (je ne suis pas germanophone et me satisfait rarement d’une seule source).
    *Die Köpfe des Schweinthalerkopfes ( 622 m ) Hohen Kopfes ( im Dialect ha rognol = der hohe Kopf , daher auf Karten Haut Rognol
    —–
    13 MAILLANE ( Frédéric Mistral )

    Maliana au XIè siècle du nom d’homme latin Mallius et suffixe anum, ana ou directement d’un Mallianus + a.
    ————
    91 DRAVEIL le CHAMPROSAY

    ♦ Draveil : Dravernum en 638. Le suffixe -ern(um) est assuré d’origine gauloise. Le premier élément est obscur : Dauzat & Rostaing le rapprochent du gaulois dravoca, « ivraie », cf. l’ancien français drave , « fourrage de grains mêlés », et le français régional droue, « ivraie » ; E. Nègre n’étudie pas ce toponyme. Le suffixe change au XIè siècle pour donner Dravel. NB « l’esprit des aulnes » cité par wiki m’a bien fait rigoler.

    ♦ Champrosay : composé de « champ » et de rosay , du germanique raus, « roseau », suffixé avec le collectif –etum .
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    ■ 67 Col de la CHARAILLE dans les vosges

    Pas de forme ancienne citée dans le Dictionnaire topographique du département des Vosges (Paul Marichal, 1941)
    Le nom Charaille désigne une montagne à cheval entre les Vosges et la Meurthe-et-Moselle : il existe d’ailleurs une rue La Charaille à Raon-lès-Leau (M.-et-M.) qui fait référence au mont de la Charaille qui surplombe le village, tandis que le Haut de la Charaille se situe dans les Vosges un peu plus au nord. On trouve dans un ouvrage la description de la Grande-Charaille comme une « belle arrête de montagne » constituée de « grès vosgien. »Charaille semble donc être un toponyme formé sur une racine oronymique pré-celtique *kar, « pierre, rocher », associée au double suffixe -al-ia , formation analogue à celle du cap Canaille vu à propos de Cassis.
    L’explication trouvée ici et là qui prétend que l’appellation provient du fait que le col était une voie de passage très fréquentée par les chars (donc : char avec le suffixe -aille qui aurait eu d’abord une valeur collective avant de prendre un sens secondaire péjoratif) me semble un brin fantaisiste. En général, ce sont les montagnes qui donnent leur nom au col et non l’inverse.
    —-
    37 DIERRé & 10 DIERREY

    ♦ Dierre (I.-et-V., sans accent ) : attesté Daria vicus au VIIè siècle, du nom d’homme gaulois Darius suffixé en a pour Daria (villa) puis le nom est resté féminin quand la villa est devenue vicus

    ♦ Dierrey – St-Pierre (Aube) : attesté Derreium en 1145, du même Darius et suffixe acum

    ♦ Dierrey-St-Julien : attesté Dirreyum en 1203. idem.
    ——————
    ■ 88 TRANQUEVILLE-GRAUX
    étymo non claire sur internet.

    ♦ Tranqueville : Tranculfi villa en 883, du nom d’homme germanique Tranculf et latin villa, « domaine ». Ce nom faisait partie de votre liste du 22/08 (billet consacré aux Bories) à laquelle j’ai répondu le 25/08 sur le même billet …

    ♦ Graux : Graus (1263), Graulz (1403), Graulx (1601) et enfin Graux (1756). À rapprocher de l’ancien français groe , « gravier, caillou », plutôt que de grau , « griffe, croc ». On trouve des Graux dans la Meuse ainsi que des Graux et des Greux dans les Vosges.

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  10. ♦ Pontcharra : Pontem Charraz au XIIIè siècle : « pont pour les chars ».

    ———————–
    J’ai eu le plaisir (le mot n’est pas trop fort car le Blésois – comme d’ailleurs tout le Val de Loire – est une région magnifique) d’habiter à Blois, non loin du château et de la Loire, sur la rive droite.

    Mon lieu de travail était situé à Vineuil (gros bourg situé sur la rive gauche à quelques kilomètres de là, et deuxième ville -alors, du moins – de ce département rural, qui dispute à Argenteuil la primeur de la culture de l’asperge).

    Quand le temps était beau, que je m’étais levé tôt, et que j’étais courageux, je traversais la Loire, allais en Vienne (Vienne est le quartier de la rive gauche, et l’on est EN Vienne, comme l’on est EN Avignon), puis traversais les Ponts Chartrains :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ponts_Chartrains

    Ce toponyme n’aurait-il pas quelque accointance avec celui évoqué par Lecteur ?

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  11. Nous voilà transportés des Ponts Chartrains à Blois, pas très loin d’Orléans, au lac Pontchartrain, près de la Nouvelle-Orléans …

    Chouette voyage !

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  12. Les Ponts Chartrains de Blois permettaient à la route de Bourges à Chartres de franchir la Loire et donc de se rendre en pays chartrain (de Chartres).

    Le lac Pontchartrain a été baptisé en 1669 en l’honneur du ministre de la Marine, le comte de Pontchartrain.

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  13. L’explication de « chartrain » par « Chartres » convient pour la commune de Jouars-Pontchatrain, d’où est originaire le ministre de Louis XIV, éponyme du lac saumâtre de Nouvelle-France,

    Pour les Ponts Chartrains de Blois, je suis plus dubitatif :

    – ils sont situés non sur la Loire, mais sur sa rive gauche, dans une zone humide située dans le lit majeur de la Loire et du Cosson, affluent de la précédent qui coule, à peu de distance, parallèlement à elle (avant de s’y jeter plus loin) ;

    – étant sur cette rive, ils sont en direction de Bourges, et non dans celle de Chartres, (il faudrait qu’ils soient pour cela sur l’autre rive).

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  14. J’ajouterai que, pour aller à Romorantin, qui me semble un lieu de passage obligé pour aller de Blois à Bourges, passer par Vineuil, où mènent les Ponts Chartrains, oblige à un crochet (guère important il est vrai).

    Mais cette argument est faible car il n’est pas sûr que la route rectiligne (D 675) qui existe aujourd’hui soit bien ancienne.

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  15. TRA

    Il semble que vous ayez raison.
    Ces Ponts Chartrains ont été bâtis au Moyen Âge à la place d’un ancien Pont Châtré romain et ont été baptisés Chartrains par méprise. C’est ce que je lis dans cet ouvrage « savant » (pp. 473-4)

    L’appellation de Pont Châtré, Ponti Chastré en 1390 ou encore pons castratus, viendrait du fait que ce pont romain était entrecoupé par des terre-pleins.

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  16. Merci de cette explication, qui me semble plus convaincante !

    [Mais après avoir expliqué le mystère des ponts châtrés de Blois, reste à élucider celui du Pont au Laies de La Châtre : il y a Dupin sur la planche …]

    ———————
    Et, juste pour le plaisir de partager le spectacle qui s’offrait à moi, quand je me promenais en Vienne (nostalgie !!!) /

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  17. « Cuba proposa d’envoyer à La Nouvelle-Orléans, au Mississippi et en Alabama, dans un délai maximum de 48 heures, un contingent de 1 600 médecins formés pour intervenir dans ce type de catastrophes et 36 tonnes de médicaments. Toutefois, les autorités américaines ne donnèrent aucune réponse, vraisemblablement en raison de l’absence de relations diplomatiques (à l’époque) entre les deux États28. »
    L’ouragan Katrina, avant de dévaster la Nouvelle-Orléans, était passée par Cuba (l’Ile de Castro)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouragan_Katrina

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  18. TRA

    Pont aux Laies ? Lisons E. Nègre :

    La Laie, ancien bras de la Meuse à Vertuzey (Meuse), appelé aussi Morte Eau , doit son nom à l’oïl laie, « boue que dépose la Loire » qui a pu exister en Lorraine où est attesté l’infinitif correspondant laïer, laï, layi , « laisser ».
    Rivière des Laies, affluent droit de la Lys à Armentières (Nord), dit le fossé des Laies en 1240 : idem au pluriel.

    Je n’ai pas le temps de chercher d’attestations anciennes du nom du pont aux Laies de La Châtre, mais il me semble que cette explication est la bonne (des boues laissées par la Loire à celles laissées par l’Indre, il n’y a qu’un pas …).

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  19. En fait, la graphie du Pont aux Laies semble assez fluctuante :

    « Le second pont important de La Châtre est le Pont au Laies : le Pont au Laix
    le 27 avril 1545 (G 59, n° 28), le Pont aux Laids le 13 octobre 1675 (G 76 n° 25), etc. On
    écrit actuellement Pont aux Laies, mais les graphies les plus fantaisistes ont été
    proposées : le Pont au Legs (1774), le Pontaulegs, le Pontaulets, le Pontôlais, le
    Pontalets (XVIIIe
    siècle), la rue du Pont aux Lays (1840), la rue du Pont aux Layes (CN
    1841). Un historien de La Châtre, Claude-Charles DUGUET (1847-1895), écrivit sous un
    pseudonyme inspiré de ce nom : Jean du Pontaulais. »
    (Gendron Stéphane. Odonymie de La Châtre (Indre). In: Nouvelle revue d’onomastique, n°56, 2014. pp. 71-99;)

    https://www.persee.fr/doc/onoma_0755-7752_2014_num_56_1_1803

    (page 74)

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  20. Ce qui est sûr, c’est que ce pont-là est castrais, et non châtré !

    [« Caqtrais » est le gentilé (mais pas une gentille laie). En tout cas, pour les habitants des quatre communes qui le partagent, ce doit être dur à porter : étonnant que l’on n’ait pas tranché en sa défaveur, au moins en en coupant des parties …]

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  21. TRA
    Merci pour ce lien !

    Dans l’article de S. Gendron que vous citez, je lis à la page 73 : 18 juillet 1469 : « vergier situé a Venoyse en la rue par laquelle l’on va de du pont au laiz a lusset et a la fontaine dudit lieu de la Chastre »

    Ce pont au laiz de 1469 (omis dans la liste des formes anciennes citées une page plus loin) me semble tout à fait compatible avec les laies boueuses citées par E. Nègre.

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  22. Merci beaucoup pour toutes les données sur la toponymie de « Buron ». Ici en Espagne, nous avons une ville appelée « Burón » dans la province de León. En Espagne, « Burón » apparaissait autrefois dans les écrits anciens sous le nom de « Buradón ». Ce nom apparaît pour la première fois en l’an 1091 sur un parchemin des archives de Sahagún : « en territoire de Buradone » (sur le territoire de Burón). En latin, cela peut être Burado, Buradonis ou Buradona, Buradonae. Pour certains auteurs elle est d’origine celtique puisqu’on la retrouve également dans certaines régions d’Angleterre.
    José Mª. Canal dans son ouvrage « El Concejo de Burón », nous dit que dans cette zone plusieurs noms semblent être d’origine basque. Nos ancêtres, les Vadiniens cantabriques, parlaient une langue similaire au basque ou à l’euskera. Cet auteur propose une nouvelle étymologie : « Buradona » est Bi-ura-duna : « le lieu qui est entre les deux eaux ». En basque, « bi » signifie deux, « ura », l’eau et « duna », le site. Nous savons que sur une montagne appelée « Peña de la Magdalena » se trouvait l’ancien fort de Buradón, et en dessous coulait le ruisseau « Mirva » qui passe entre deux rochers… c’est peut-être vrai. Ou non.

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