Plutôt terne

Un terne, en topographie, désigne une hauteur naturelle, un tertre, et, plus précisément, un coteau qui fait barrière. Le dictionnaire de l’ancien français de Godefroy donne « tertre, colline » pour terne, tierne.

L’étymologie n’en est pas assurée. Pour X. Delamarre (Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, 2001), ce mot viendrait directement du gaulois turno, « hauteur ». A.J. Greimas (Dictionnaire de l’ancien français, Larousse, 3è éd. 1999) et J. Astor (DNLFM*) en font quant à eux une variante de terme, « borne, limite » : le latin term(i)ne serait passé à *termne puis à terne, « coteau, talus, hauteur » marquant une limite.

Ce mot a donné son nom à une commune du Cantal, Les Ternes (Terni en 1492, Las Ternos en 1618), et au quartier parisien des Ternes (attesté granchiam de Ternis en 1236, « la grange des Ternes » ; les mentions aux siècles suivants d’une villa externa, sur lesquelles s’appuient certains auteurs pour imaginer un quartier *Estern puis Les Ternes, semblent être des réinterprétations).

CPA Les Ternes

Le nom de Tours-sur-Meymont (P.-de-D.), attesté Turnis en 1340, et celui de Tournes (Ardennes), attesté Tournes dès 1158, sont eux aussi issus du gaulois turno, le premier ayant été refait ultérieurement en tour. À ceux-là viennent s’ajouter Le Tourne (Gir.), Tournes à Riom-ès-Montagne (Cantal) et le Puig del Tourn au sud-ouest de Banyuls (P.-O.).

De nombreux lieux-dits portent un nom du même type, au singulier Le Terne (nombreuses occurrences dans les Ardennes, par exemple, avec une variante Tarne) ou au pluriel Les Ternes (nombreuses occurrences dans la Creuse, la Haute-Loire etc.). Le nom est souvent accompagné par des adjectifs comme Grand, Gros, etc ou par des locutions comme pour Dessous le Terne (à Chooz, Ardennes), la Côte du Gros Terne (à Lépron-les-Vallées, id.), le Terne aux Framboises (à Vireux-Molhain, id.), le Pied du Terne (à Rocquigny, Aisne) et bien d’autres.

Le même gaulois turno a pu être suffixé pour donner différents toponymes qu’il est toutefois malaisé de distinguer de ceux qui sont formés sur le nom d’homme gaulois ou gallo-romain Turnus (mais on peut s’interroger sur une éventuelle trop grande fréquence accordée à cet anthroponyme) :

■ avec le suffixe –acum : les noms de Ternay (L.-et-C, Tornacensim villam au VIè siècle), Tornac (Gard, Tornagus en 814), Tonnoy (M.-et-M., Tornai en 1172), Tournai-sur-Dive (Orne,Tornacum au XIIè siècle), Tournay-sur-Odon (Calv.) et d’autres noms du même type laissent la place au doute ;

■ avec le suffixe –iacum : les noms de Tourniac (Cantal, Turniacus au XIIè siècle), Tourny (Eure, Tornacum en 1287) et Turny (Yonne, Turniacum en 1150) posent le même problème.

■ avec le suffixe anum : Tournan (Gers, Tornanum au IXè siècle).

■ avec le suffixe -onem : Tournon-Sur-Rhône (Ardèche, castro Turnone en 814 ; la situation du château sur un piton rocheux et les vestiges archéologiques gaulois sont favorables à une origine du nom selon turno, « hauteur ») et Tournon (Savoie).

CPA-tournon-sur-rhone

■ d’autres noms comme Tournon-d’Agenais (L.-et-G.), Tournon-Saint-Martin (Indre), Tournon-Saint-Pierre (I.-et-L., Tornomagensis vicus au Vè siècle) voire Tournan-en-Brie (S.-et-M, Turnomio en 1088.) peuvent représenter un composé avec le gaulois magos, « marché », précédé soit du gaulois turno soit d’un nom de personne.

■ avec le suffixe –osum : Tournous-Darré et Tournous-Devant (H.-Pyr.).

■ avec le gaulois duro, « place forte » (cf. ce billet) : attesté Ternoderum au IVè siècle, le nom de Tonnerre (Yonne) est sans aucun doute formé sur les gaulois turno, « hauteur », et duro, « place forte » ; cette étymologie est renforcée par le nom du pays, le Tonnerois, attesté chez Grégoire de Tours en 587-90 sous la forme in Tornoderensi pago formé sur l’ancien nom de la ville *Tornoderum accompagné du suffixe d’appartenance –ense.

■ avec le gaulois nanto, « vallée » : P. Gastal (NLEF*) voit bien le gaulois turno, avec le sens particulier de « coteau qui fait barrière, qui délimite », dans le premier élément des noms de Ternant (Ch.-M., C.-d’Or, Nièvre), de Ternant-les-Eaux (P.-de-D.) et de Ternand (Rhône) tandis que Dauzat (DENLF*) et Nègre (TGF*) avouent leur hésitation.

■ avec le gaulois ialo, « clairière » puis « hameau, village » (cf. ce billet) : le nom du château de Tournoël (à Volvic, P.-de-D.), que l’on trouve écrit Tornolium est issu d’un gaulois turnoialo. Mal compris, le nom a subi l’attraction de la Noël.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

point-d-interrogation-sur-le-clavier-nb10411

La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’un pays historique du bas Moyen Âge formé sur celui d’un château situé sur une hauteur et lié au gaulois turno.

Ce nom se retrouve en déterminant de celui d’une ancienne commune, aujourd’hui intégrée dans une commune nouvelle dans le nom de laquelle il n’apparait plus.

Les seigneurs du lieu, qui en prirent le nom, préférèrent plus tard s’établir dans un autre château de la même région jugé plus confortable. Il s’agissait d’une ancienne métairie qu’ils fortifièrent et améliorèrent au cours du temps. L’activité principale de cette métairie, l’élevage bovin, lui avait donné son nom, que le château porte toujours, bien que son activité actuelle n’ait aucun rapport — sauf à faire un méchant jeu de mots.

Pourtant réputé imprenable et ayant survécu à la guerre de Cent Ans, le premier château fut plus ou moins détruit pendant les guerres de Religion et jamais vraiment restauré, mais ses ruines sont entretenues depuis le XXè siècle et se visitent.

Deux membres de cette famille ont acquis suffisamment de notoriété pour avoir leur (petite) page sur l’encyclopédie wiki : un évêque et une femme de lettres.

■ un premier indice :

■ un deuxième indice :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

12 commentaires sur “Plutôt terne

  1. Bonjour M leveto
    voici ma liste de lundiste :

    38 saint-Ismier LES VARCIAUX

    38 saint-Ismer LES QUARTALLéES

    Quartaut ? 718 Mètres
    unité de surface ?

    38 meylan hameau des BUCLOS
    sur internet :
    1) BOIS CLOS ?

    2) Boeuf dans un enclos ??

    38 BUCLET à Chamagnieu , idem à buclos ? ( bois clos )

    — —
    petite série vosgienne , entre welches et Alamans


    88 COINCHES ( et aussi COINCHIMONT , Ban-de-Laveline )

    88 COINCHES = LANAUGOUTTE


    88 à Belval = TIRAGOUTTE


    88 SAINT-STAIL

    88 à saint-stail = PLéNEGOUTTE


    88 à saint-stail = FESLASGOUTTE

    88 à Bertrimoutier = LAYEGOUTTE


    88 à Bertrimoutier = BONIPAIRE


    88 LUSSE


    88 à lusse = HERBAUPAIRE


    Terminaison en paire ???

    88 à le saulcy ( saule ) = le HARCHOLET


    88 à la croix-aux-mines = le CHIPAL


    88 FRAIZE


    88 Fraize =
    la SEBOUE

    88 Fraize = SCARUPT


    88 Fraize = MANDRAMONT

    88 à Moussey= crête de la CURROIE

    57 Abreschviller = le col et la vallée de la SAYOTTE

    67 à Grandfontaine ( le donon ) = cascade de la CRACHE


    Paris rue du CHERCHE-MIDI

    Merci , bon travail de recherche

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  2. Et la commune de TOURS ( en Tarentaise,voisine d’Albertville ; maintenant nommée Tours-en-Savoie)

    Son nom vient-il de Turno ? ou de TOURS ?

    Merci m Leveto

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  3. lecteur

    Dans la suite de ma réponse, DTI et DTV sont des abréviations pour Dictionnaire topographique de l’Isère (1921) et des Vosges (1941).

    ■ 38 saint-Ismier LES VARCIAUX

    Mentionnés avec ce même nom dans le DTI .
    Varciaux pourrait être un pluriel issu (comme gentilé?) de Varces, chef-lieu de la commune du pays grenoblois de Varces-Allières-et-Risset (Isère), et devenu nom de famille — la première à s’être installé là.
    Varces, attesté ecclesia Varsea au XIème siècle, Varx au XIIème siècle, porte un nom dérivé d´un anthroponyme germanique Varacius ou Veracius suffixé au féminin -a, sous-entendu terra.

    ■ 38 saint-Ismer LES QUARTALLÉES
    Quartaut ? 718 Mètres
    unité de surface ?

    Le DTI  mentionne le nom Quartalet ou Quartalée à Eyzin-Pinet mais pas à St-Ismer.
    La quartalée est en effet une ancienne mesure agraire valant un quart de sétérée, surface qu’on pouvait ensemencer avec un setier de grain. La sétérée de Grenoble valait 3768 m² (c’est-à-dire 900 toises de Grenoble carrées) donnant une quartalée de 942 m².

    ■ 38 meylan hameau des BUCLOS
    sur internet :
    1) BOIS CLOS ?
    2) Boeuf dans un enclos ??

    Le nom du hameau n’est mentionné ni chez Cassini en 1779, ni sur la carte d’état major de 1866 ni même dans le DTI (1921) : il est donc récent (apparaît en 1924 sur une carte IGN) et doit représenter un nom de famille, celui de ses premiers propriétaires, occupants ou exploitants. Le pluriel au nom du hameau Les Buclos confirme cette hypothèse.
    Le mot bu est attesté en Normandie soit pour « bouleau » soit pour « habitation ». On trouve aussi le germanique , « résidence », à Bû (E.-et-L.) et à Beux (Mos ., en 1161). Mais aucun de ces deux mots ne semble avoir été utilisé en Dauphiné ni pouvoir être accompagné de l’adjectif français « clos ». L’ancien français avait buc, pour « buisson, bosquet », qui a surtout donné des toponymes dans le Centre et l’Ouest et qu’on voit mal entourés d’une clôture… Je n’ai trouvé par ailleurs aucun toponyme dans le DTI avec bu au sens de bois, à la différence de bois, buech ou bux.
    Vu tout ce qui précède, l’étymologie de Buclos selon « bois clos » me semble donc tout à fait fantaisiste (et je ne parle même pas du « bœuf clos »!)
    Pour finir, la signification de Buclos m’échappe. J’ai bien trouvé, dans cet ouvrage concernant l’Oise, le nom Buquelots donné comme équivalent de Buclos … mais ça ne m’avance guère sauf à me conforter dans l’idée d’un patronyme.
    Un rapport avec le nom suivant n’est pas complètement exclu mais la finale -os fait difficulté.

    ■ 38 BUCLET à Chamagnieu , idem à buclos ? ( bois clos )

    je rapproche ce nom de ceux de La Bucla (à Proveyzieux), de Buclas (à Roche), de La Buclée (à Échirolles) et de Buclet (à Bourg-d’Oisans), tous mentionnés dans le DTI. Ils sont issus du régional bucler, « brûler », donnant bucla ou buclé, « brûlé par le soleil ». Ce pourraient être aussi des terres essartées par le feu.
    — —.
    petite série vosgienne, entre welches et Alamans

    ■ 88 COINCHES ( et aussi COINCHIMONT , Ban-de-Laveline )

    ♦ Coinches est attesté Coinche en 1369, d’un nom de personne gaulois ou gallo-romain Contius au féminin *Contia sous-entendu villa.
    ♦ Coinchimont : idem avec montem

    ■ 88 COINCHES = LANAUGOUTTE

    Dans les Vosges (et aussi en Haute-Saône, Puy-de-Dôme et Forez) une goutte désigne une source, un ruisseau voire une petite vallée où coule un ruisseau.
    Difficile de se prononcer pour Lanaugoutte sans forme ancienne. Peut-être « la nau goutte » avec nau dérivé du gaulois nauda, « boue » ?

    ■ 88 à Belval = TIRAGOUTTE

    Mentionné par le DTV sous la forme Chiragotte au XIXè s.
    Chira est un hydronyme issu de la racine pré-indo-européeenne *kar qui pourrait avoir le sens de « gros gravier dans le lit des rivières » (E. Nègre), d’où le nom du ruisseau de la Chira, affluent de la Chavière en Savoie, et du Chiriac, affluent de l’Isère, qui était appelé Chira en 1732.
    Tiragoutte est donc la source ou la vallée d’un cours d’eau appelé *Chira.

    ■ 88 SAINT-STAIL

    Attesté S. Stephanum au XIIIè siècle puis Sainct Estaile en 1418 : du nom de Stephanus , le premier martyr (et nom de nombreux autres saints).

    ♦ 88 à saint-stail = PléNEGOUTTE

    Le DTV mentionne plusieurs Pleinegoutte et un lieu-dit Basse de Plainegoutte en 1745 à Mortagne.
    Plène ou plaine peuvent se comprendre ici comme « plane, plate » (cf. de « plain-pied ») mais une autre explication pourrait être l’oïl plaine , « érable plane, faux platane », qui a donné son nom à Plaines (Aube), Le Planois (S.-et-L.), Plesnois (Mos. et H.-M.), etc.

    ♦ 88 à saint-stail = FESLASGOUTTE

    Le DTV écrit Ferlagoutte (sic) à St Stail : Fecelasgoutte en 1845.
    L’origine de ce nom m’échappe (et mes recherches n’ont rien donné).

    ■ 88 à Bertrimoutier = LAYEGOUTTE

    DTV : Laiegoutte au XIVè s, Layegoutte en 1479 et Layegoucte en 1485, puis orthographe hésitante : Leigoult (1656), Laigoutte (1711), Raigoutte (1728), Layegoutte (1753), L’Aygouttes (1768) et L’Aigoutte (XVIIIè s chez Cassini) et Leigoutte au XIXè s.
    Une laie ou laye est un chemin non empierré, souvent en forêt. Cette petite vallée servait-elle de chemin ?

    ■ 88 à Bertrimoutier = BONIPAIRE

    Le DTV donne J. de Bonipaire en 1459, Bonypaire en 1585.
    Cf. Le Paire à Arnould, Franc Paire à Corcieux et Pair-et-Grandrupt (tous dans les Vosges)
    E Nègre donne l’oïl local pair, paire , nom masculin, « belle portion de terre taxée d’une redevance fixe ». Le Franc Paire serait donc exempté de taxe. Bonipaire serait plutôt le paire d’un nommé Boni ou Bony plutôt qu’un« bon paire ».


    ■ 88 LUSSE

    Attesté dans le DTV Lucila en 1180 et Lutcele en 1188 sans doute du nom de femme germanique Liutila

    ■ 88 à lusse = HERBAUPAIRE

    DTV : Harbapaire en 1341, Herbaulpaire en 1438. Un paire herbeux ou plutôt le paire d’un nommé Herbault du nom de personne germanique Heribaldus (cf. Herbault en L.-et-C.).

    Terminaison en paire ???

    ■ 88 à le saulcy ( saule ) = le HARCHOLET

    Le DTV donne Harcholley au XVIIIè s (chez Cassini)
    L’origine de ce nom m’échappe (et mes recherches n’ont rien donné).

    ■ 88 à la croix-aux-mines = le CHIPAL

    Attesté Argentifodinam apud Ochipal (1290), Oschipal, Oscipal (1290), Ouchipaul (XIVè siècle), Chippaux (1471), Du Chipau (1488), Eschpach (1561), Le Chipal (1594).
    À l’article concernant Gerbépal (Vosges), E. Nègre suppose, pour le dernier élément, une variante pach de bach, « ruisseau ». Le L final serait dû à l’adjonction du suffixe diminutif germanique -le, variante de -lein, cf. allemand Bächlein « ru, petit ruisseau », d’où *-pachle, francisé en -pasle > -pals > -pal. Le premier élément d’Ochipal, comme souvent dans ces régions, serait un anthroponyme germanique — peut-être Occing (celui d’Ochancourt dans la Somme).

    ■ 88 FRAIZE
    DTV : Attesté Frace en 1188 puis Fraisce en 1285. Du bas latin *fractia, de fracta, « brèche », pour Dauzat & Rostaing tandis qu’E. Nègre imagine une (terra) *fractia, « terre défrichée »

    ♦ 88 Fraize = la SEBOUE

    Écrit La Sebout dans le DTV qui donne la forme Sambout chez Cassini.
    Un rapport avec le sureau, sambucus en latin d’où « sambuc » en ancien français, n’est pas assuré car ce mot est plutôt resté en langue d’oc.
    Le nom de femme germanique Sonpurc (attesté pour Sambourg dans l’Yonne, Sambouc en 1335) pourrait convenir.

    ♦ 88 Fraize = SCARUPT

    Le DTV donne Scarup en 1580. Peut être un ruisseau en escalier, en cascades.
    cf. ce document

    ♦ 88 Fraize = MANDRAMONT

    Le DTV donne le même nom en 1511.
    Dans le même DTV on trouve Mandray, un hameau de Fraize, qui a donné son nom à un ruisseau, le Mandrezey, affluent de la Meurthe. Mandray est attesté de Mandritio au XIè siècle, formé sur l’oïl mandre , « parc à moutons » et aussi « cabane de bergers, cellule d’ermite » (cf. Mandres-sur-Vair, Vosges, de même origine). Le nom du hameau a pu passer, comme souvent, au mont qui le surplombe.

    ■ 88 à Moussey= crête de la CURROIE

    Le DTV écrit La Curoie avec un seul R mais ne signale pas de nom ancien.
    Je propose un dérivé du latin corylus , « coudrier , noisetier », avec le collectif etum pour une coudraie. Ce coryletum est par exemple à l’origine de nombreux Cauroy, Colroy etc.
    Un rapport avec une « cure » ou un terrain cultivé tout en longueur comme une « courroie » (attesté dans de nombreux Courrèges mais principalement dans le Midi) ne me semble pas convenir pour une montagne.

    ■ 57 Abreschviller = le col et la vallée de la SAYOTTE

    Sayotte semble être un nom de cours d’eau formé sur la racine hydronymique pré-celtique *sab qui a donné son nom, entre autres, au ruisseau de la Saye en Ch.-Mar., sous-affluent par l’Isle de la Dordogne. Sayotte pourrait alors être un diminutif.

    ■ 67 à Grandfontaine ( le donon ) = cascade de la CRACHE

    J’ai trouvé la cascade de la Crache à Raon-sur-Plaine dans les Vosges, au pied du Donon.
    Le DTV parle bien d’une ferme nommée La Crache à Raon-sur-Plaine dont il indique le nom Créange de 1821 avec un point d’interrogation.
    Créange est issu du nom de personne germanique Kericho + suffixe ing, et serait sans doute ici un patronyme donné à quelqu’un originaire de Créhange en Moselle.
    Mais 1/ rien ne prouve que Créange concerne bien La Crache et 2/ rien ne prouve que la ferme ait donné son nom au ruisseau et pas l’inverse.

    ■ Paris rue du CHERCHE-MIDI

    Portait le nom de rue du Cherche-Midy déjà en 1595.
    L’explication souvent donnée selon une enseigne représentant un astronome grec qui, à l’aide d’un compas, mesure les degrés d’un cadran, est contestée à juste raison puisque cette enseigne fut posée postérieurement (1675) à l’existence de cette rue sous son nom actuel.
    Félix et Louis Lazare (Dictionnaire administratif et historique des rues et monuments de Paris , cf. la bibliographie du blog) parlent d’« un cadran près duquel on avait peint des gens qui cherchaient midi à quatorze heures », ce qui est fort rigolo mais sans plus de fondement.
    Il faut sans doute plutôt voir dans « cherche-midi » le nom sous lequel on désignait aux XVIè et XVIIè siècles les parasites qui arrivaient à midi chez quelqu’un dans le but de se faire inviter à dîner (on dînait alors à midi) ; on dit aujourd’hui pique-assiette.

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  4. bonjour M Leveto
    je vous mets la partie toponymie de wikipedia sur la commune de Saint-Prix 95

    j’ai un petit doute
    est-ce bien thor qui a servi à à désigner ce village , sur la BUTTE-TEMOIN de Montmorency ??

    Toponymie Turnus en 1175, Tour ou Tourn, To ou Torn en 1193, Tou en 1648, Thou en 1691 [7].

    Anciennement « Thor » ou « Thür », d’origine germanique, le village doit son nom actuel au saint auvergnat assassiné en 676 et dont les reliques furent déposées dans un prieuré établi par des religieux qui les avaient reçues de Jean de Tour, trésorier du Temple de Paris. Le pèlerinage aux reliques de Saint-Prix se développe et le nom de « Saint-Prix » apparaît ainsi en 1536.

    connaiisez vous l’étymo de la TOUR du PLUMET ?

    Merci

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  5. CET ASE EST SANS PITIÉ …

    Tonnerre ! Vouloir faire du fils d’Odin l’éponyme ancien de Saint-Prix semble être une projet bien téméraire.

    Ou bien cela relève du domaine des vannes (mais c’est géant !).

    [Il faut mrettre ce Thür / Thor germanique à la porte !]

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  6. lecteur

    ♦ L’ancien nom de Saint-Prix (95), Turnus en 1175, ne laisse guère de place au doute : nous sommes en présence du gaulois turno, « hauteur », muni d’une désinence latine -us qui sera abandonnée dans les formes romanes ultérieures Tourn, Torn . Pas de germanique là-dedans ! (où sont-ils allés chercher ce th- les wikipédiens ?*).
    J’ajoute que le nom Saint-Priet est apparu en 1193 parallèlement à Tourn, Torn ( comme on le trouve dans le même dictionnaire que celui cité en note 7 par les mêmes wikipédiens ).

    ♦ La Tour du Plumet :

    Sur un plan du Duché de la Haute Forêt de Montmorency établi en 1686 par le cartographe H. Sengre, ce lieu se nommait… « La Plumée » ce qui correspondait à l’activité suivante : le plumage des arbres et arbustes abattus, c’est-à-dire tout simplement l’enlèvement de leur écorce.
    Ce travail était effectué par des treillageurs pour la fabrication des échalas (vignes), de piquets pour les clôtures ou tuteurs pour les pépiniéristes et autres usages pour les tanneurs.

    ( source)
    On trouve en effet chez Godefroy le verbe plumer donné pour « arracher l’écorce ».

    *Ça me fait penser à ces étymologistes qui voyaient le grec Pâris fonder Paris ou César donner (la moitié de) son nom aux Ponts-de-Cé, c’est tellement plus prestigieux !

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  7. « où sont-ils allés chercher ce th- les wikipédiens ? »

    On trouve, dans des ouvrages imprimés avant le vingtième siècle, les graphies Thor pour Tor (« le portail ») et Thür pour Tür (« la porte »).

    De plus, le dieu Thor , qui est bien connu de la jeunesse, depuis qu’il est un des super-héros du Marvel-Universe, et l’hydronyme germanique Thur (qui se retrouve comme élément de toponyme en Alsace) ont pu influencer les scripteurs.

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  8. Il est ridicule de prétendre que le nouveau nom de Lurèce vient du nom du Troyen Pâris : tout le monde sait que l’origine en est « Par Isis » (la mère d’Horus avait son culte largement répandu en Gaule vers le quatrième sicle).

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  9. M’enfin!

    quand je demandais « où sont-ils allés chercher ce th- les wikipédiens ? », je ne faisais que faire remarquer que ce th n’apparait pas dans les premiers noms attestés de Saint-Prix (95) : Turnus en 1175, Tour ou Tourn, To ou Torn en 1193. À cette époque-là et à cet endroit-là, personne ne pensait au dieu Thor et sans doute ne le vénérait ni même le connaissait suffisamment pour en faire un toponyme. C’est mon opinion et sans doute ai-je raison (ahah).

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  10. Je pensais en fait à un site sur lequel je suis parfois tombé et qui voit des toponymes viking (notamment lié à Thor).partout, y compris dans les lieux les plus éloignés de la Normandie.

    Comme tout le monde peut contribuer à WP et ajouter des éléments fantaisiste, je ne vois pas ce qui empêcherait un émule de l’Ahnenerbe de procéder ainsi.

    Je n’arrive pas à retrouver rapidement ledit site, mais celui-ci (qui mélange Thor et Tür / porte), par exemple, va un peu dans le même sens :

    https://www.blelorraine.fr/2020/07/la-porte-de-thor-dans-les-vosges-moselle/

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