Casteide-Cami (répàladev)

Le temps est venu de donner la réponse à ma dernière devinette.

Il fallait trouver Casteide-Cami, un village des Pyrénées-Atlantiques de l’arrondissement de Pau.

La forme Casteede deu Camii de 1352 se comprend comme la « châtaigneraie du chemin ». Le premier élément est un dérivé de l’occitan castaneda, « châtaigneraie », dont le n intervocalique a disparu en gascon au lieu d’être nasalisé en gn comme dans les autres langues d’oc ; le deuxième élément est dérivé du bas-latin caminus, « chemin », avec là-aussi disparition du n. Le chemin dont il est question est probablement un des chemins de pèlerinage menant à Saint-Jacques-de-Compostelle qui traversait ici une châtaigneraie.

Ce village abritait la résidence de Madeleine de Lafargue, épouse d’Andreu de Sarrabaig, une des nourrices d’Henri III de Navarre, le futur roi Henri IV de France, et mère de Pierre de Sarrabaig (1553-1620) :

Capture d’écran du site Généanet

Ce dernier, qui fut « panetier au gobelet du Prince Henri III de Navarre, chef de la paneterie de bouche des rois Henri IV et Louis XIII », acheta la seigneurie de Casteide-Cami en 1605. Il n’était que chef panetier et non Grand Panetier, ce qui explique qu’il ne figure pas dans la liste wiki de ces derniers, qui n’officiaient que cinq fois par an.

Le page du site du pays d’Arthez consacrée à Casteide-Cami commet deux erreurs : d’une part, si Madeleine de Lafargue a bien été la nourrice d’Henri IV (1553-1610), on se demande bien où l’auteur est allé chercher qu’elle en fut la maîtresse ; d’autre part, la demeure ou le château qui aurait été construit par Henri IV pour une de ses maîtresses (on ne prête qu’aux riches ! ) ne peut pas avoir été, deux siècles auparavant, à l’origine du nom Casteede du village !

Les indices

Cette photo d’un chemin dans une châtaigneraie était un indice limpide.

L’apôtre André avec la croix de saint André, statue de marbre datant de 1640 exécutée par François Duquesnoy (1594-1643), rappelait que l’église de Casteide-Cami était dédiée à ce saint.

Il fallait reconnaitre Porthos, le personnage des Trois Mousquetaires dont la figure inspiratrice était Isaac de Portau, né à Pau le 2 février 1617 (Illustration de Porthos par Vivant Beaucé. Édition de 1849 par J.-B. Fellens et L.-P. Dufour. DeAgostini/Getty Images).

Cette vache rouge, déjà utilisée comme indice, renvoyait au Béarn dont le blason est orné de deux vaches rouges.

5 commentaires sur “Casteide-Cami (répàladev)

  1. Dans l’Heptaméron, Marguerite de Navarre crée les personnages du récit-cadre, en se transposant, sous le nom de Parlamente (= la Bavarde), ainsi que des membres de son entourage. Son époux Henri reçoit le nom – transparent – d’Hircan.

    Alors que les personnages sont arrêtés par un torrent en crue (ce qui est quand même moins dangereux que la peste de Florence, qui a obligé ceux du Décaméron à fuir la ville), ils cherchent comment meubler leur repos forcé : Le premier inviter à faire des propositions est Hircan :

    « Quant à moy, » dist-il, « si je pensois que le passetemps que je vouldrois choisir fust aussy agréable à la compaignie comme à moy, mon opinion seroit bien tost dicte ; dont pour ceste heure me tairay, & en croiray ce que les aultres diront. » Sa femme Parlamente commença à rougir, pensant qu’il parlast pour elle, &, ung peu en collère & demy en riant, luy dist :

    « Hircan, peut estre que celle que vous pensez qui en debvroit estre la plus marrye auroit bien de quoy se récompenser, s’il luy plaisoit ; mais laissons là les passetemps où deux seullement peuvent avoir part, & parlons de celluy qui doibt estre commun à tous. »

    https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Heptam%C3%A9ron_des_nouvelles/Prologue

    —————–
    Rappelons que la Navarre (en fait, la Basse-Navarre) était un royaume indépendant, et non une principauté vassale du royaume de France.

    Henri fut donc le roi (et non le prince, sauf avant qu’il ne montât sur trône) Henri III de Navarre, avant de devenir Henri IV de France. Lui et ses descendants furent « rois de France et de Navarre », non par l’effet de l’annexion de la dernière par la première, mais par une « union personnelle » (comme l’est le Royaume-Uni aujourd’hui et comme le fut l’Autriche-Hongrie en son temps).

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  2. SHAME ON ME !

    En effet, Brosseur ! Vous avez raison de ne pas me faire de Cartier.

    En fait, il fallait lire « le premié inviter » …

    [ Mais Henri / Henric III de Navarre, qui était aussi Henri II de Béarn et Henri IV de France (on s’y perd ! ) n’est pas le premier venu … ]

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  3. Quand je dis qu’Henri IV n’était pas le premier venu, j’entends par lè qu’il avait un frère aîné, dont la fin tragique montre combien la pratique du rugby est anciennement ancrée dans le Sud-Ouest (même au plus bas de celui-ci) :

    « Henri IV était le second enfant d’une famille de cinq. Parmi eux, Louis Charles, mort à l’âge de deux ans à cause de sa nourrice qui jouait avec un gentilhomme à se lancer le nourrisson par la fenêtre, comme une balle. L’enfant leur échappa et mourut quelques heures plus tard. »

    https://secouchermoinsbete.fr/81343-le-frere-d-henri-iv-est-mort-de-maniere-dramatique

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