Les voies de communication – Troisième partie

Après avoir vu les voies (du latin via) puis les chemins (du gaulois cammano), j’aborde ici un autre mot gaulois lié aux voies de communication : mantalon.

Tandis que Dauzat restreignait le sens de mantalon à celui de « péage », un consensus s’est fait aujourd’hui, avec Xavier Delamarre (Dictionnaire de la langue gauloise, éd. Errance, 2001), pour élargir le sens de ce mot à celui de « chemin, route ». Si ce mot n’est pas passé en français (sauf comme couleur dans une chanson d’Eddy Mitchell — oui, je sais : je l’ai déjà dit en aguichage dans le précédent billet, mais j’aime bien), il a toutefois laissé quelques traces toponymiques.

Nous pouvons donner comme certaine l’origine selon mantalon des toponymes suivants :

 

  • Mansle (Char.) : d’abord Mantulae curtis (1048-80) puis via Manliae (1108). On reconnait dans la forme la plus ancienne le gaulois mantalo– qui, accentué à la gauloise sur l’antépénultième syllabe, deviendra *mantla puis *manl-.

  • Manthes (Drôme) : Mantol (1033) et Mantula (1408) représentent le même mantalo-.

  • Mantallot (C.-d’A.) : d’abord Montaloer en 1330 puis Mentalloet en 1444 doit bien son nom au gaulois mantalo-.
  • Manthelan (I.-et-L.) : mentionné par Grégoire de Tours au VIè siècle comme Mantalomagensen, ce nom est issu du gaulois mantalo– accompagné de magos, « marché » : c’était le « marché sur la route ».

  • Manthelon  (Eure)  : écrit Mentelon en 1262, il s’agit là aussi d’un ancien *mantalo-magos.

  • Malvilly-Mandelot (C.-d’Or) : situé sur la voie romaine d’Autun à Alençon, le hameau Mandelot doit son nom au gaulois mantalon.

  • Maule à St-Saturnin (Sarthe),  qui est aussi noté La Butte-de-Maule sur les cartes actuelles, était mentionné Mantulam au IXè siècle puis Villula quae Mantula nuncupatur… cum ecclesia Sancti Albini au XIè siècle, noms dans lesquels ont reconnait le gaulois mantalon. Le hameau est sur la route d’Alençon au Mans.

CPA Mansle

Le cas particulier de Petromantalo :

Entre Brivisara (Radepont)  et Ritumagus (Pontoise), la Table de Peutinger mentionne une station nommée Petromentalum qui apparait aussi sur l’Itinéraire d’Antonin comme Petro Mantallus et Petromantalium. On reconnait dans ces noms le gaulois mantalon précédé de l’adjectif numéral gaulois petuar, petro, petru, « quatre » : il s’agissait donc de « quatre routes », c’est-à-dire d’un carrefour. Plusieurs communes, toutes dans le Val-d’Oise, revendiquent le fait d’être situées à l’emplacement de cette ancienne station mais un consensus semble se faire autour du nom de Saint-Clair-sur-Epte (Michel Roblin, Le terroir de l’Oise, éd. Picard, 1978).

Pierremande (Aisne) était Petramantula en 867, issu du même gaulois signifiant « quatre routes, carrefour », qui a subi plus tard l’attraction du latin petra, « roche, pierre », devenant Piermande en 1588.

À Saint-Martin-du-Mont (C.-d’Or), le lieu-dit Fromenteau, à la croisée de deux routes très anciennes dont la voie romaine d’Autun à Langres, pourrait être un ancien *petromantalo, la forme Froitmantel de 1376 n’étant pas assez ancienne pour se prononcer mais semblant exclure le « froment » (NLBo.* et voir page 9 de cet article pour le passage du p à f en gaulois). À Saint-Gervais-en-Belin (Sarthe), le lieu-dit homonyme Fromenteau était Le bordage de Fremencel en 1341, forme ancienne qui semble interdire un rapprochement avec le nom du froment qui n’a joué qu’un rôle paronymique tardif : il pourrait s’agir là-aussi d’un ancien petromantalo (NLM*). Un troisième Fromenteau, à Crécy-en-Brie (S.-et-M.) celui-là, anciennement Frigidum Mantellum en 1260, pourrait avoir la même origine.

On rapprochera de ces noms celui de Saint-Jean-Froidmentel (L.-et-C.), mentionné comme Frigidum Mantellum en 1107 : la route de Chartres à Vendôme semble avoir été coupée en ce lieu par une autre route qui venait de franchir le Loir. Sans doute le nom de Saint-Claude-de-Froidmentel, aujourd’hui dans Brévainville (L.-et-C.), anciennement S. Claudius de Frigido Mantello a-t-il la même origine.

Rappelons que le nom mantel, apparu en roman en 980, ne désignait alors que le vêtement ample porté sur tous les autres et que les sens métaphoriques qu’on lui connait aujourd’hui n’apparaitront qu’au XIVè siècle. D’autre part, le fait que Fromenteau à Crécy-en-Brie et Froidmentel à St-Jean-de-Froidmentel aient été tous deux transcrits Frigidum Mantellum montre bien que nous sommes en présence d’une approximation : incompris, le gaulois mantalon a subi l’attraction de mantellum, tandis que le gaulois petro a été transformé en « froid » (ou à « pierre » dans Pierremande) ou a permis de passer à « froment ». Mais il convient d’être prudent : d’autres Fromental, Fromenteau ou Fromentières désignent bien des terres à froment, c’est-à-dire céréalières ; seules les formes anciennes permettent de faire un choix comme pour Fromental (H.-Vienne, Fromentalium en 1315) ou Fromentières (Marne, Fromentariae en 1162).

Ceux qui ont de la mémoire se souviennent peut-être de mon doute à propos d’un Fromenteau de Côte-d’Or pour lequel l’hypothèse d’un petro-mentalon avec petro passé à fro– pour donner fro-mental m’étonnait. Ayant trouvé la confirmation du passgae de p- à f- en gaulois (cf. le lien donné plus haut), je suis obligé de revoir mon jugement.

CPA Froidmentel

L’origine selon mantalon des toponymes suivants est probable mais d’autres étymologies sont possibles :

  • Nitry (Yonne), à la croisée de plusieurs routes, pourrait être un plus ancien *mantaliacum, construit sur mantalo et suffixe –acum, selon G.Taverdet (NLBo*) même si la forme Nantriacus du VIè siècle semble plutôt être issue d’un nom d’homme germanique Nantuarius (TGF*).
  • Mantry (Jura) toujours selon G. Taverdet (Noms de lieu du Jura, 1984) serait lui aussi un ancien *mantaliacum, tandis que le nom Mantriacus de 1116 semble orienter vers un nom de personne germanique Mantarius (TGF*).
  • Montailleur (Sav) : identifiée avec la station Mantala mentionnée sur la table de Peutinger entre Leminco (Lemenc) et ad Publicanos (Conflans), son nom serait donc issu du gaulois mantalon (J. Quiret, L’arbre celtique). Mais les formes anciennes Montelos vers 1100, Monteloso en 1216, Montilheux en 1497 ont aussi été interprétées comme des dérivés avec le suffixe –acum du nom d’homme latin Montilius (DENLF*) ou comme issues du latin monticulus avec le suffixe –osus pour « (pays) pourvu de petites montagnes » (TGF*).

  • Mantaille, un lieu-dit d’Anneyron (Drôme), était appelé Mantalo en 859 ce qui semble confirmer une étymologie selon mantalon (NLEF*) mais J.Astor (DNFLM*) préfère y voir la variante *man– de la racine pré-indo-européenne *mal– attachée à l’idée de « rocher, montagne ». Les noms de Mandailles-St-julien (Cant) et Castelnau-de-Mandailles (Av) soulèvent les mêmes doutes.

… et d’autres

Un document de 1970, signé Charles Arnould, édité sur le site Persée et intitulé Recherches sur divers toponymes routiers d’origine gauloise donne une série impressionnante de toponymes qui seraient liés au gaulois mantalon.. Parmi les premiers présentés, donnés pour d’anciens *mantalomagus, très ressemblants aux Manthalon et Manthelon vus plus haut, deux semblent bien être dans ce cas : Manthelon à Mézières-lès-Clécy et Mantelon à Denée (M.et-L.) mais l’auteur rajoute des formes en mont- beaucoup plus discutables comme plusieurs Montalon, Montelon, Monteuland, etc. et même Monthelon ( alors que Monthelon dans la Marne est un Mons Allonis en 948, du nom d’homme germanique Allon) ou encore Montaland, à Sainte-Catherine dans le Rhône, village natal comme chacun sait d’Adrienne (non, pas celle de Rocky, mais celle des amis Jojo, Pierre et Jacques ). Les seconds toponymes présentés par cet auteur, Malay-le-Grand et Malay-le-Petit sont donnés comme d’anciens *mantul-acus, mais, attestés Masliacus en 519 et Mansolacus en 657, ils  sont donnés comme issus d’un nom d’homme latin *Massula (surnom dérivé de massula, « miette ») par Dauzat&Rostaing (DENLF*) ou de manciola, « petite main » devenu nom de personne par E. Nègre (TGF*). Enfin, la dernière série étudiée par l’auteur serait issue d’un *malliacus, toujours formé sur ce gaulois mantalon, d’où des noms comme Mailly, Maillé, Maillat, etc. qui sont sans doute plutôt issus du nom d’homme latin Magilius ou Mallius. L’auteur appuie sa démonstration sur une étude très documentée des voies ou routes qui traversent toutes ces localités et semble en tirer la conclusion que, s’il y a route, c’est elle qui a donné son nom à la localité. Or, il y a toujours une route pour conduire à un lieu, quel qu’il soit … et il n’est pas sûr que toutes ces routes ou localités aient été baptisées par les Gaulois ni que leurs successeurs aient repris ce mantalon pour baptiser les leurs, que d’autres étymologies peuvent expliquer de manière convaincante.

 

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

herge-.-carte-double-tintin-point-d-interrogation_2069395

La devinette

Il m’ a été très difficile de trouver une devinette, sachant qu’en tapant « « mantalon » gaulois » dans la barre de recherche de Google, les 250 résultats qui apparaissent permettent de savoir à peu près tout sur le sujet.

Il vous faudra pourtant trouver un micro-toponyme (donné à un lieu-dit et à deux chemins, l’un dit Sud et l’autre Nord) lié au gaulois mantalon accompagné d’un adjectif. Mal compris, ce nom a subi plusieurs déformations avant de se fixer aujourd’hui en deux mots bien français mis au pluriel sans raison étymologique.

Comme nulle part (à ma connaissance) sur internet on ne parle de l’étymologie de ce nom de lieu (mais je vous rassure, j’ai mes sources livresques), il vous faudra le trouver par déduction (et avec un peu de réflexion) quand vous aurez découvert la commune dont il fait partie.

Cette commune porte un nom issu de celui d’un homme latin accompagné du suffixe bien connu –acum.

Elle est située au nord d’un département mais dans l’aire d’attraction de la préfecture du département voisin.

On y trouve des sculptures colorées pleines d’humour et de poésie.

■ un tableau, pour la région :

The Lacemaker, by Johannes Vermeer

■ une statuette, pour la commune :

indice-a-24-10-2021

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

6 commentaires sur “Les voies de communication – Troisième partie

  1. Lundi
    bonjour m Leveto
    n’avez vous pas oublié de citer : Menthe à l’eau ?


    Vallée des Huiles 73 ( les Aiguilles) ou je me suis balladé hier :

    73 à LA TABLE, hameau de PROVENCHèRE


    Je fais , de ce pas , une digression vers toutes les provenchère
    sur le net : lieu ou pousse la pervenche ??? ou  » montagne creuse  »
    à noter la variante pervenchère

    PROVENCHERES 70
    PROVENCHERE 25
    PROVENCHERE 52
    PROVENCHERE 71 à priori , nom de l’est ?

    je signale , à La Table , le NANT PROVENT : lien avec provenchère ?

    73 Le Verneil : rue de la PICHEROTTE

    idem LE VERNEIL : Le CROZAT

    à La Table 73 ( à provenchère ) route de la TOVIRE

    la Table 73 : TOURNALOUP

    73 Villard-Léger : TOURNALOUP-
    —————————-
    La scye & la SCYOTTE

    1 La SCYE rivière du cotentin
    ——————-
    2 la SCYOTTE haute-saône
    vauchoux, port-sur-saône , grattery
    viaduc de la scyotte

    70 VAUCHOUX
    70 GRATTERY

    merci beaucoup , bonne occupation

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  2. lecteur

    Vous me demandez : « n’avez vous pas oublié de citer : Menthe à l’eau ? »

    Et la chanson d’Eddy Mitchell (dont j’ai parlé deux fois !), ça ne vous suffit pas ?

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  3. PARONYMIE

    On ne confondra pas le gaulois « mantalon », avec le latin « mentula » (qui a donné en français « mentule »).

    Les voies concernées ne sont pas les mêmes …

    —————————-
    On notera que l’exemple gidéen donné par le CNRTL parle de « hideuse mentule », alors que l’on parle de « Mantes-la-Jolie ».

    —————————
    Il existe, dans le patrimoine carabin, une chanson : « La Mentule à Dudule ».

    Contrevenant aux règles d’illustration youtubesques habituelles, nous nous abstiendrons d’en donner le lien ici, afin de ne pas choquer le jeune lectorat.

    [On remarquera que Dudule n’est pas un toponyme : personne donc n’habite à Dudule.]

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  4. DU CÔTÉ DE GUERMANTES

    Si l’on en croit les duettistes D & R, la proustienne Guermantes ne serait pas un « mantalon ».

    Son ancien nom était pourtant « Le Chemin ».

    C’eût été trop beau !

    [Montaillou, village occitan bien connu depuis Le Roy Ladurie n’en serait pas un, non plus. Mais il n’y a pas de quoi s’en faire une montagne …]

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  5. j’ai été un peu rapide , n’ayant pas commencé la lecture de l’article de haut en bas , mais en lecture rapide
    en diagonale !
    et j’ai vu la citation d’Eddy , juste après avoir posté !
     » scuse me  » , m Leveto.

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  6. lecteur

    Vallée des Huiles 73 ( les Aiguilles) ou je me suis balladé hier :

    ■ 73 à LA TABLE, hameau de PROVENCHÈRE

    Vous soulevez là une question qui n’a pas de réponse pleinement satisfaisante. Il semble toutefois que la plupart des spécialistes soient d’accord pour différencier les Provenchères méridionaux en langue d’oc des Provenchères de l’Est en langue d’oïl.

    ♦ Le Provenchère de La Table, en Savoie, était appelé Provencheri en 1200. Ce nom est sans doute issu d’une variante de l’occitan pervenco, pervencho , « pervenche » — le Trésor du Félibrige de F. Mistral donne par exemple la forme prevencho dans le Vivarais. Le latin proventus qui a aussi été proposé est moins convaincant (cf. plus bas).

    ♦ Je fais , de ce pas , une digression vers toutes les provenchère
    sur le net : lieu ou pousse la pervenche ??? ou  » montagne creuse  »
    à noter la variante pervenchère

    PROVENCHERES 70
    PROVENCHERE 25
    PROVENCHERE 52
    Ces quatre toponymes ont des formes anciennes identiques Provincheriis datées du début du XIIè siècle
    Contrairement à ce qu’indiquent Dauzat&Rostaing, malgré sa ressemblance, ce nom de lieu fréquent dans les régions de l’Est se distingue des Prévenchères (Loz.) et Prévinquières (Av.) méridionaux ( « lieux à pervenche », comme Pervenchères dans l’Orne). E. Nègre propose un peu convaincant *propincaria issu du latin propinquiora, « parages, lieu proche ». D’autres hypothèses plus fantaisistes ont été faites comme proventus , traduit de façon imaginaire par « terre de rapport » ou même « terre bénéficiant d’un système d’irrigation » (le Gaffiot donne « venue, croissance » ou « issue, résultat » pour proventus , le DMF après le Godefroy donne « production, produit » pour provent) et sans expliquer le passage du -t de *provent-aria ou de *proventière au -ch de provenchère.
    On peut préférer l’hypothèse de Pierre Gastal (Noms de lieux de l’espace français , éd. Désiris, 2020) qui propose « un bas latin pro-*vincaria, « pour la population du vainqueur », pour désigner des territoires concédés à l’époque des grandes invasions à une partie du peuple germanique en déplacement désirant s’établir sur place ».

    ♦ je signale , à La Table , le NANT PROVENT : lien avec provenchère ?
    Le lien est en effet possible : il s’agirait d’un ancien territoire nommé Provenche. S’agissant d’un nant , c’est-à-dire un torrent, un rapport avec provent, « produit, production », s’expliquerait mal.

    ■ 73 Le Verneil : rue de la PICHEROTTE

    Il s’agit du nom d’un mince ruisseau (on trouve aussi des Pisselotte, Pisserotte, Pisserette etc .) issu d’une métaphore familière : le jet de pisse, ici avec diminutif otte. Selon les patois, cela a pu désigner une source, une rigole, un petit canal, une gouttière…


    ■ idem LE VERNEIL : Le CROZAT

    Nom très certainement issu de l’ancien français crues, « creux plus ou moins profond », creus, « profondeur », adjectif cruose, « creuse, creux », roman cros, croz, crotz, « trou », latin vulgaire *crosus, *crosa, « creux », celtique *crosu, *croza, « marmite » ou « creuset », et aussi préceltique *crosa, « vallée profonde ».
    Le suffixe -at est employé localement comme collectif, mais le nom peut être simplement issu du latin crosatus , « creux, encaissé »

    ■ à La Table 73 ( à provenchère ) route de la TOVIRE

    Du latin tofus, « tuf », savoyard tou, roche jadis taillée en pierres cubiques employées pour la construction. La tofaria, en français « tuffière », a donné touvière en savoyard et tovire en patois local : c’était un lieu où on exploitait le tuf ou, plus simplement, un lieu où abonde cette pierre. C’est le même nom que La Touvière qu’on trouve en plusieurs exemplaires en Savoie.

    ■ la Table 73 : TOURNALOUP

    Autrefois tornalupo , endroit où « tourne le loup » — sans qu’on comprenne bien le sens de ce toponyme.

    73 Villard-Léger : TOURNALOUP-

    Notons plusieurs toponymes similaires comme Tourneloup à Bellot (S.-et-M. ) et Retourneloup à Esternay (Marne), Retourne-Loup à Essises (Aisne), etc.
    Selon Jean-Pierre Nicol (Saint Loup in Bulletin de la Société de Mythologie Française n° 248 octobre 2012) qui reprend une hypothèse émise par Louis Graves au XIXè siècle, dans certains toponymes, loup serait une mauvaise traduction d’un ancien leu ou *leve qu’on retrouverait par exemple dans des Pierreleu ou Pierrelevée désignant un mégalithe, une borne. Les Tourneloup ou Retourneloup seraient alors des tournants ou des croisements marqués par des bornes en pierre aujourd’hui disparues. Cette explication n’est pas très convaincante : je n’ai trouvé aucun toponyme Pierreleu ou Pierrelevée mais des Pierrelée, anciens petra lata, « pierre large », et des Pierres Levées … Elle n’est d’ailleurs reprise nulle part.

    Du temps où je skiais dans les Pyrénées, ce qui ne me rajeunit pas !, il m’arrivait de prendre le télésiège de Tournaboup, à Barèges … : on a ici un torna volp , « tourne renard », sans plus d’explication convaincante sur le sens, mais qui semble en tout cas contredire l’explication précédente.

    —————————-
    ■ La scye & la SCYOTTE

    ♦ 1 La SCYE rivière du cotentin
    Le nom de la Scye, affluent de la Douve, est inclus dans celui du Valdecie ( Vallis Seie en 1050-1060, aujourd’hui commune déléguée dans Bricquebec-en-Cotentin). Il est à rapprocher soit de celui de la Sée, (ancienne Segia ), soit de celui de la Scie, rivière de Seine – Maritime (ancienne Seda. ), tous deux issus de racines hydronymiques pré-celtiques *seikw ou *set.
    ——————-
    ♦ 2 la SCYOTTE haute-saône
    Doit son nom, avec diminutif, au village Scye qu’elle arrose. Scye est dérivé du nom d’ germaniqueSigo et suffixe -iacum.

    vauchoux, port-sur-saône , grattery
    viaduc de la scyotte

    ■ 70 VAUCHOUX : Vaucho en 1255
    Dauzat et Rostaing proposent le dialectal wayche, « moulin à foulon », suivi d’ oie, « île », tandis que Nègre y voit le nom d’homme germanique Waltcaudus .

    ■ 70 GRATTERY
    Ce sont Dauzatet Rostaing qui proposent cette fois un nom d’homme germanique Crathar et suffixe –iacum tandis que Nègre y voit l’oïl greteri, gretery, gratery, « terrain pierreux et en pente ».

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