Un coup de froid

Laissant de côté les voies de communications dont je parlais ici, et encore , je m’intéresse aujourd’hui, c’est de saison, aux toponymes liés au froid. Ceux de mes lecteurs dont la mémoire est plus vaillante que la mienne se souviennent sans doute que ce sujet a déjà été abordé il y a plus de quatre ans dans ce billet où il n’était question que de communes. Qu’à cela ne tienne ! j’élargis aujourd’hui les recherches à tous les toponymes et aux différentes variantes locales du mot.

La caractérisation d’un territoire par sa température jugée « froide » peut se faire pour plusieurs raisons : par opposition à un territoire plus « chaud » comme deux versants opposés de montagne, en référence à une source ou à des eaux, et c’est là le cas le plus fréquent, ou en référence à des terres « froides », c’est-à-dire peu ou pas fertiles.

C’est le latin frīgĭdus, a, um, qui est à l’origine du français « froid » et de ses pendants occitans fred-freda et freg-freja. Les autres langues seront abordées dans la troisième partie du billet.

La  langue d’oïl

Trois communes portent un nom déterminé par l’adjectif « froid » : Saint-Bonnet-le-Froid (H.-Loire), Sauzet-le-Froid (P.-d-D.) et Saint-Paul-le-Froid (Loz.) . Le cas de très loin le plus courant est celui où le « froid » s’applique à un élément précis :

  • la source ou la fontaine : c’est sans doute le cas le plus fréquent avec les communes Froidfond (Vendée, Froidefons en 1634, avec le latin fons, « source, fontaine », mais le masculin peut faire plutôt penser à un « fond de vallée »), Froidefontaine (T.-de-B.) et Ruillé-Froid-Fonds (May., longtemps écrit Ruillé-Froidfont). Les micro-toponymes sont bien entendu beaucoup plus nombreux avec une centaine de Fontfroide, Fonfroide, Froidefont, Froidefontaine, etc. ou des formes légèrement modifiées  comme Frédefont à Exireuil (D.-Sèvres). Sans oublier l’abbaye de Fontfroide dans l’Aude.

  • la hauteur : on trouve une vingtaine de Froimont ou Froidmont  dont Froidmond-Cohartille  (Aisne) et le hameau qui sert de déterminant à Bouxières-sous-Froidmont (M.-et-M.), et, avec un dérivé de podium, deux Puy Froid (à Availles-Limouzine, Vienne, et à Saint-Priest-sous-Aixe, H.-Vienne), un Peu Froid (à Saint-Étienne-de-Fursac, Creuse), un Pied Froid (à Tours-sur-Meymont, P.-de-D.), etc. Avec le ligure bric, « sommet » (cf. le gaulois briga de même sens), on trouve le Bric Froid à Abriès (H.-Alpes).
  • quelques noms de communes associent le « froid » avec une caractéristique précise comme Froideconche (H.-Saône, de conche, lat. concha, endroit en forme de « coquille »), Froidevaux (Doubs, « vallée »), (Vincent)-Froideville (Jura) et Froisdos (Meuse, Froideau en 1571, au confluent de l’Aire et du ruisseau Lavoye, était une « eau froide », avant de subir l’attraction de « dos »). Notons, parmi les micro-toponymes, deux Lac Froid (à Goudargues, Gard, et à Larche, A.-de-H.-P.), un Froidvent (à Leuglay, S.-et-L.) et une Froidebise (à Lonlay-l’Abbaye, Orne), des Cul Froid (à Nocé, Orne, etc.), un Froidcul (à Longuyon, M.-et-M.) et la Cité de Froidcul à Moyeuvre-Grande (Mos.) dans lesquels « cul » désigne un fond de vallon, sans oublier les innombrables cas où « froid » sert d’épithète à des noms banals comme Champ Froid, Combe Froide, Côte Froide, Font Froide, Froide Rue et bien d’autres.
  • avec le sens particulier de « difficile à travailler, infertile »,  « froid » a servi à nommer Terres Froides les Froid-faux-amis-1collines d’anciennes moraines du Bas-Dauphiné. Plusieurs hameaux ou lieux-dits portent ce même nom (mais attention aux faux amis ! cf. l’encadré)..
  • terminons-en avec quelques noms anecdotiques : la Ruelle Mort de Froid à Joigny (Yonne), le Boudin Froid à Colonard-Coubert (Orne), en réalité un ancien Bout ou Bourg d’Enfray,  le Froidousteau à Savigné-sous-le-Lude (Sarthe) où la cheminée de l’hôtel ne chauffait guère, le Murger Froidi à Dreux (E.-et-L.), en réalité le « tas de pierre » qui marquait la limite de la propriété de la famille Froidy. Arrêtons-nous un instant au chaînon de l’Ailefroide et son col du même nom à Bourg-d’Oisans (Isère) et Saint-Antoine (H.-Alpes) qui était Vallis Frigida (sans date), Alefrigida au XIVè siècle puis Ale-Froide en 1921 par aphérèse du latin vallis, « vallée », et frigida, « froide », nom monté du hameau d´Ailefroide (Saint-Antoine, Hautes-Alpes).
  • … et n’oublions pas les autres faux-amis Froidmanteau et Froidmentel vus dans le billet concernant le mantalon gaulois.

    La langue d’oc

En langue d’oc, le latin frigidum a subi un double traitement qui aboutit d’une part à frèg, frèch, frèja, frècha et, de l’autre, à freid, fred, frèda, avec dans le premier cas la palatalisation du g en j puis en ch avant la chute du second i bref pour frèch et, dans le deuxième cas, une chute de ce i bref avant toute évolution du g en j. Ce double traitement se retrouve dans le dérivé en –ièra : freidièra/fregièra désignant un lieu où il fait froid, un lieu mal ensoleillé, un lieu sujet aux gelées etc.

Les toponymes Fréjaville (à Salviac, Lot) et Fréjeville (commune du Tarn), sont formés avec l’occitan du Moyen Âge vila ou viala qui n’a d’abord eu que le sens de « domaine agricole, ferme », passé peu à peu au sens de « hameau, village » en fonction de l’urbanisation du domaine agricole. C’est ainsi que Frigida villa en 1176 pour Fréjeville (Tarn) peut désigner un domaine agricole ou un hameau. On rencontre également, avec le même sens d’opposé au soleil donc exposé au froid, des « fermes froides » comme Frémayoux à Trémouille (Av.) où la maison (occitan maion) était sans doute un grand corps de ferme, des « côtes froides » comme Coste Frège à Dio-et-Valquières (Hér., où còsta a le sens de « versant ») et de « froids rochers » comme à Frèjeroque à Foissac (Av).

Comme en région de langue d’oïl, l’association sans doute la plus fréquente concerne la source, la fontaine, où il n’est plus question d’exposition mais de qualité de l’eau (pas seulement par opposition aux eaux thermales mais aussi parce que l’eau fraîche était considérée comme excellente) : Freydefond (Av. et P.-de-D.), Fridefont (Cant),  Freygefond (Corr.).

Dans les Alpes comme les Pyrénées, et aux alentours, ce qualificatif est souvent employé, parfois avec des formes locales comme le Bois Frey (à Gresse-en-Vercors, Isère), Le Mourre Frey (au Castellet-les-Sausses, A.-de-H.-P., et à Sampzon, Ardèche), le  Riou Frey (à Thorame-Haute A.-de-H.-P., et à Guillaumes, A.-M.) ou encore le  Rieufret ( à Saint- Michel-de-Rieufret Gir.).

Les dérivés en –ière sont représentés par :

  • Freydier/Freydière : la commune La Frédière (Ch.-Mar.) et les micro-toponymes Freydier à Tence (H.-L.), à Chabeuil et Alixan (Drôme), Les Freydiers à  Barcelonne (Drôme), Les Freydières à Soyons (Ardèche), les Granges Freydière à Revel (Isère), etc.

  • Frégière/ Frigière : une vingtaine de La Frégière et les Frégières mais seulement trois Frigière (à Saint-Gervais-sur-Roubion et à Vesc dans la Drôme et à Montsalvy dans le Cantal), etc. Le diminutif apparait dans le nom de Fréjairolles (Tarn).
  • Fresquière : l’occitan fresquièra désigne plus particulièrement un endroit frais comme La Fresquière à Méolans-Revel et à Aubenas-les-Alpes (A.-de-H.-P.) ou à Usclades-et-Rieutord (Ardèche) et le quartier Fresquières d’Avignon (Vauc.), etc.

Notons que, particulièrement en Rouergue, ce toponyme peut évoquer la cavité rocheuse destinée à l’affinage du fromage comme la Frégère à Camarès, Broquiès, Najac et Pousthomy (Av.) ou la Frégière à Cassagnes-Begonhès (Av.). Mais seuls des documents anciens peuvent assurer de la présence de telles caves à fromage en faisant état de leur entretien, de leur fourniture ou de leur vente.

Les autres langues régionales

■ le savoyard

on ne s’étonnera pas de trouver dans cette région plutôt montagneuse de nombreux toponymes liés au froid, que ce soit pour caractériser un versant à l’abri du soleil ou un lieu aux températures moyennes plutôt basses. en savoyard, le latin frigidus a évolué en fraide, frei, freida, freyty, friand, friolan(d), friou, froid(e), froidet, fry … autant d’adjectifs qui apparaissent seuls ou qui accompagnent des noms communs. C’est ainsi que l’on trouve Froidan à Moncel (Sav.) et Frioland à Passy (H.-Savoie) avec le suffixe patoisant –anFreidaigue à Bény dans l’Ain (Frigida aqua en 1468).

Les noms en –ier ou –ière sont fréquents et peuvent représenter soit une source d’eau fraîche soit un « local à demi-enterré pour la conservation du beurre et du fromage » : La Fraidière (à Saint-Christophe-sur-Guiers, Isère), la Freidière (à Albiez-Montrond, Savoie), la Freydière d’en bas et la Freydière d’en haut (à Châteauneuf et Chamoux-sur-Gelon, Savoie).

Notons enfin la Pointe du Fréjus (2932m) et le Col du Fréjus (2551m) attestés In Frejurio et Tertia pars Frejuri en 1202, « joux froide », du roman frei, « froid », et du bas latin juria reprenant le gaulois *jor, juris, « hauteur boisée ».

■ le breton :

Yen, « froid », est un qualificatif peu utilisé en toponymie bretonne. On le trouve néanmoins dans les noms de Coat Yen Bihan et Coat Yen Braz à Bégard (le « petit bois froid » et le « grand bois froid », C.-d’A.), de Prat Yen à Lothey (la « prairie froide », Fin.) et à Pleubian (C.-d’A.), de Dour Yen à Taulé (la « eau froide », Fin.), de Stang Yen à Briec (« étang froid », Fin.), etc.

■ les parlers du Nord-Ouest :

On rencontre là l’adjectif caude dérivé du scandinave kaldr, « froid », qui a donné des toponymes comme Caudebec-en-Caux et Caudebec-lès-Elbeuf, tous deux en Seine-Maritime, avec bekkr, « ruisseau » et des noms de hameaux comme  Caudecotte (Eure et S.-Mar.) avec cot, « maison » (cf. le cottage), Côte-Côte (à Bec-de-Mortagne, S.-Mar) et même Cotte-Cotte (à Sierville et Grémonville, S.-Mar). Il convient ici de se méfier avec de possibles dérivés du latin calida, « chaude » qui a pu donner des noms en Caude- comme Caudebronde (Aude, avec *bron, « source »), Caudecoste (L.-et-G. du latin calida, « chaude » c’est-à-dire exposée au midi et costa, « côte » pour « colline ») etc.

■ les parlers du Nord-Est :

Dérivés du garmanique Kalt, « froid », on trouve les noms de Kaltenhouse (commune du Bas-Rhin),  Kaltenberg (« mont froid », deux en Moselle et deux dans le Bas-Rhin), Kaltenbrunnen (fontaine ou source froide, quatre dans le Haut-Rhin, deux dans le Bas-Rhin) etc. ainsi que  Kaltweiler (à Mortnach, Mos.) et Kaltwiller (à Saverne B.-Rhin).

La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitiane formé de ceux, reliés par un trait d’union, des trois anciennes communes qui la composent.

Le premier nom est d’étymologie inconnue, le deuxième est lié au thème du billet d’aujourd’hui et le troisième a quelque chose à voir avec le passage de l’eau.

Le chef-lieu de canton a été capitale.

Deux indices :

■ une image, pour le pays :

■ une gravure, pour le chef-lieu de canton :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

15 commentaires sur “Un coup de froid

  1. Bonjour m Leveto , me revoilà.


    73 à Apremont :

    torrent du ROUSELET

    avec sa belle cascade du PICHUT ( sur place , panneau : du pichut ; sur internet , surtout de pichut)

    S’agirait-il de pisse avec chuintement ?

    cascade des GADOIS

    73 à myans ( nom burgonde )
    lieu-dit CHACUZARD

    ou CHACUSAR, sur place

    73 à valcenis , maurienne
    col et pointe de LANSERLIA ( vallon du PIOU )

    18 LUNERY


    74 PRINGY

    78 ROLLEBOISE : grand flou sur le réseau


    57 à longeville-lès-saint-avold :
    petit ouvrage PO, Maginot du KERFENT
    ( aspect très bretonnant ! )

    57 à koenigsmacker ,
    ouvrage maginot de METRICH

    Voilà , merci beaucoup

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  2. lecteur

    Dans ce qui suit, DTSavoie est mis pour Dictionnaire topographique du département de la Savoie de Jules-Joseph Vernier édité en 1897 et DTMoselle pour le Dictionnaire topographique de l’ancien département de la Moselle d’Ernest de Bouteiller édité en 1874

    ■ 73 à Apremont :

    ♦ torrent du ROUSELET
    Porte déjà le même nom dans le DTSavoie
    Deux possibilités : soit une variante du patronyme Rousselet, sobriquet donné à une personne rousse de cheveux ou de teint, soit une variante de roselet de l’ancien français ros, rosel , « roseau » et diminutif -et.

    ♦ avec sa belle cascade du PICHUT ( sur place , panneau : du pichut ; sur internet , surtout de pichut)
    S’agirait-il de pisse avec chuintement ?
    N’est pas mentionnée dans le DTSavoie.
    En Savoie et en Isère, on rencontre plusieurs hameaux (le) Pichat, avec le sens de « filet d’eau, source, petite cascade » par emploi métaphorique du verbe « pisser ».
    Le Pichut a peut-être la même origine mais la finale en ut s’explique mal.
    Une corruption de l’occitan pichon ou pichòt , « petit », me semble difficile à admettre pour la même raison, même si le nom de famille Pichou est attesté.
    Reste l’hypothèse d’un patronyme … venu d’ailleurs.

    ♦ cascade des GADOIS
    N’apparait pas dans le DTSavoie.
    Ce nom ressemble plus à un patronyme qu’à un toponyme. Le pluriel semble aller dans ce sens : la cascade se trouverait sur des terres ayant appartenu aux Gadois. Ce nom de famille est connu.

    ■ 73 à myans ( nom burgonde )
    lieu-dit CHACUZARD
    ou CHACUSAR, sur place

    Attesté Jacusa vers 1100, Chacusat vers 1231, Chacusaco en 1466 et Chacozard en 1691 dans le DTSavoie. Il semble qu’il s’agisse du patronyme Chacusat, celui du propriétaire ou de l’exploitant des terres (un certain Hugo Chacuysat est attesté en 1300, nous apprend le chanoine A. Gros). La forme Chacusaco de 1466 est inventée par un pseudo-savant qui a cru bon d’ajouter le suffixe aco. Quant à la signification du nom Chacusat … c’est une autre histoire.

    ■ 73 à valcenis , maurienne
    col et pointe de LANSERLIA ( vallon du PIOU )

    ♦ Lanserlia apparaît déjà sous ce nom en 1866 sur une carte sarde. L’origine en est inconnue. Un rapprochement avec les toponymes Lans, du nom d’homme latin Lantius, est hasardeux.

    ♦ vallon du Piou : Le DTSavoie mentionne le lieu dit Pioux (au pluriel) à Termignon (aujourd’hui dans Val-Cenis). S’agissant d’un cours d’eau (on trouve un homonyme en Lozère) un dérivé de podium s’expliquerait mal. En revanche, un dérivé de pibòl , « peuplier », qui a donné son nom au quartier du Piol à Nice, pourrait convenir.


    ■ 18 LUNERY

    Attesté Lunarie en 1202 puis Luneriacum en 1228, du nom d’homme roman Lunaris et suffixe acum

    ■ 74 PRINGY

    Attesté Prinniacum en 867 et Cura de Pringier vers 1344, du nom d’homme gallo-romain Primius et suffixe acum.
    C’est le même nom que Pringy dans la Marne, qui est attesté Pringé vers 1090-1125, et que Pringy en Seine-et-Marne qui est attesté Pringi en 1119 et Prugeium au XIIè siècle.
    Le gentilice Primius est issu du cognomen Primus, nom souvent donné au premier né d’une fratrie.

    ■ 78 ROLLEBOISE : grand flou sur le réseau

    Attesté Rosbacium en 751, du germanique raus, « roseau », et bach, « ruisseau ». La terminaison bach qui aboutit à bais (comme pour Roubaix par exemple) a régressé pour bois (à l’inverse de François qui a donné Français). Le féminin est tardif et non étymologique.

    ■ 57 à longeville-lès-saint-avold :
    petit ouvrage PO, Maginot du KERFENT
    ( aspect très bretonnant ! )

    Absent du DTMoselle.
    Si ce nom peut se décomposer en deux éléments (et je n’ai aucune certitude là-dessus) on pourrait formuler cette hypothèse :
    Le premier élément ker pourrait être rattaché au germanique kirche, « église », qui a donné par exemple leur nom à Kerbach (Mos., avec bach, ruisseau ») et à Kerprich-aux-Bois (Mos., Kirchberg en 1178, avec berg, « montagne »).
    Mais je n’ai aucune idée pour le deuxième élément fent. Avis aux germanophones !


    ■ 57 à koenigsmacker ,
    ouvrage maginot de METRICH

    Le DTMoselle donne les formes anciennes suivantes : Metrech (1400) ; Metterich (1594) ; Metrick (1606) ; Mettrich (1667) ; Meteringen (1756) ; Mettrich (1756)
    Wiki a une page consacrée à Metrich où la toponymie d’origine gauloise est bien expliquée.
    La forme Meteringen de 1756 est une réfection pseudo-savante avec le suffixe germanique ing bien connu dans la région mais sans fondement étymologique.

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  3. En allemand, Kerfent peut se découper de deux façons : Ker-fent et Kerf-ent.

    —————
    Google Traduction propose « entaille » pour « Kerfent ».
    Mais je ne trouve pas ce mot dans le Wahrig (l’équivalent teuton du Robert).

    En revanche, y figure Kerf (= « insecte »), mot forgé par F. L. Jahn, nationaliste allemand, pour remplacer le mot « Insekt » (= « insecte »).

    Ce mot vient de « kerben » (« entailler ») et de « Kerbe » (« entaille ».

    On en retrouve la racine dans plusieurs langues germaniques, par exemple en anglais et en hollandais :

    https://en.wiktionary.org/wiki/kerf

    Se pourrait-il que dans le dialecte germanique local, on ait, comme en anglais, la forme Kerf ?

    Comme nous sommes en milieu forestier, il s’agirait alors d’une « trouée » (lieu propice à établir une batterie …]

    ————-
    Pour le deuxième élément, je ne sais pas.

    À moins qu’il ne s’agisse, tout bêtement du français « fente », germanisé localement (il ne se trouve pas dans le dictionnaire) : un pléonastique * Kerf-fent(e).

    Mais cette dernière hypothèse est fort hasardeuse !!!

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  4. AUTRE HYPOTHÈSE HASARDEUSE

    À moins que « ent » ne soit une forme dialectale locale de « Ende » (angl. « end ») ?

    Auquel cas ce pourrait être une « fin de trouée », autrement dit un « cul-de-sac » …

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  5. ET, PENDANT CE TEMPS, DANS LE MULTIVERS …

    « La Trouée de Rohan se situait entre les Monts Brumeux et les Montagnes Blanches. L’Isen y coulait, et il n’était franchissable qu’aux gués de l’Isen, qui se situaient au beau milieu de la Trouée. D’une importance stratégique loin d’être négligeable, cette zone était commandée par les forteresses d’Orthanc et du Gouffre de Helm. »

    https://lotro-wiki.fr/index.php/Trou%C3%A9e_du_Rohan

    The borders of Rohan were the river Isen from its junction with the river Adorn and then northwards to the outer walls of Isengard and the river Adorn in the west; from the outer walls of Isengard eastwards and northwards along the eaves of Fangorn Forest to the river Limlight in the north; the river Anduin and the west-cliff of the Emyn Muil hills down to the marshes of the mouths of the river Entwash and beyond those marshes the Mering stream that flowed from the Wood of Anwar to join the river Entwash in the east and the White Mountains as far as the end of their northward arm in the south.

    http://tolkiengateway.net/wiki/Rohan

    ————————
    Dans un univers parallèle, le monde tolkienien existe réellement.

    La ligne Maginot y est le Rohan, et le bois de Kerfent est le nom de la forêt de Fanghorm.

    Quant à Kerfent, c’est – comme son nom l’indique – un des Ents de cette forêt.

    Voilà ! l’anneau est bouclé : il ne reste plus à Bilbo(n) qu’à partir de Bag End / Cul-de-Sac pour affronter la mort dehors (quand ? nous le saurons bientôt…).

    ————————
    On se demande bien pourquoi TRA a proféré tous ses élucubrations pseudo-linguistico-germaniques, alors que la vérité est si simple !

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  6. Venu du fin fond de l’espace-temps et plus précisément du zinc du Bar des Joyeux Trouvères, un avis arrive, franco de port et tessiture de baryton : -Otello, c’est jamais rien qu’une tempête dans un Verdi !

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  7. « Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

    Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. »

    https://fr.wikisource.org/wiki/Enivrez-vous

    ——————
    Otello : on ne l’écoute jamais en vain !

    Et, même si cela flatte l’oreille et non le palais, il faudrait être avoir celle-ci bien avare en sensations et peu hardie pour que cette musique ne vous soule pas !

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