Encore plus froid !

J’en termine aujourd’hui avec le thème du froid abordé dans ce billet en m’intéressant aujourd’hui aux toponymes liés au gel, à la glace, à la neige …

Le gel

Certains fonds de vallées et vallons à l’ombrée dont la situation topographique les prédispose aux atteintes prolongées des gelées ont reçu des noms en lien avec le gel. Nombreux sont les lieux-dits en Gelade ou Jalade en Auvergne, Limousin et plus au sud.

Citons par exemple la Gélade (à Aubagne, B-de-R ; à Mirepoix, Ariège ; à Villac, Dord. etc.), la Vaud Gélade (à Saint-Marc-à-Loubaud, Cr.), la Barthe Gélade (à Montbel, Ariège), Vaugelade (à La Trimouille, Vienne, à Tinsac et Châteauponsac, H.-Vienne), Vaugelas (à Meximieux, Ain ; à Laval-en-Belledonne, Isère ; à Alixan, Upie, Valdrôme, Drôme ; etc.), etc. auxquels il convient d’ajouter La Jalade (à Colombiès, et à La Fouillade, Av. ; au Béage, Ardèche, etc. ), la Ribière Jalade (à Sardent, Cr., où ribière, du roman ribièra, désigne ici un versant de colline et non une rivière), la Coste Jalade (à Caylus, T.-et-G.), Les Jallades (à Sainte-Eulalie, Ardèche), etc.

Dérivés avec le suffixe de qualité occitan -iu (du latin –ivus/-iva donnant –if/-ive en français), on trouve Jaladieu (à Castelnau-de-Brassac et à Mazamet, Tarn) et Le Jaladieu (à Saint-Sever-du-Moustier, Av.), avec le sens de gélif, exposé au froid. Ce nom a été francisé en Jaladif à Laval-sur-Doulon et à SaintVert (H.-Loire) . D’autres suffixes ont été utilisés comme pour Jaladis (à Lostanges, Cant. ; à Auzelles, P.-de-D. etc.), Jaladoux (à Védrines-Saint-Loup, Cant.).

La forme adjective occitane gelas a donné Gelas (Le Hougra, Pessan, Magnan, Gers, etc.), Vaugelas (à Meximieux, Ain, patrie du grammairien ; à Laval-en-Belledonne, Isère ; à Alixan, Upie, Valdrôme, Drôme ; etc.), Champ Gelas (à Vassieux-en-Vercors, Drôme.) et la cime du Gélas (3143m) à Saint-Martin-Vésubie (A.-Mar.) sur la frontière italienne.

CPA Vaugelas

E. Nègre (TGF*) cite La Géla, un torrent des Hautes-Pyrénées, qui sort d’un glacier et se réunit au Blavet pour former la Neste d’Aragnouet, dont il explique le nom par l’adjectif gascon gelan, « glacial », dont le féminin serait non gelante mais *gelane (aigue), « (eau) glaciale », ce *gelane devenant *gelaa puis Gela. Explication un peu compliquée qui oublie l’hydronyme pré-celtique *gela mentionné par … lui-même pour expliquer le nom de La Gèle, affluent droit de la Baïse à Condom (Gers) et de la Gélise, affluent gauche de la Baïse à Lavardac (L.-et-G.).

Selon J. Astor (DNFLMF*), les formes masculines Gellat, Jalat ou Jallat désigneraient les habitants de ces lieux « gelés » ; devenus patronymes, ils ont pu à leur tour désigner des fermes ou des hameaux. On trouve malgré tout  la commune de Frayssinet-le-Gélat (Lot), un Mont Gélat à Vieu-d’Izenave (Ain), un Pech Gelat à Cours (Lot) ou encore la Punta di Costa  Gelata à Foce_Bilzese (C.-du-Sud).

Notons pour terminer la présence de plusieurs Pou de Gel. Dérivé du latin puteus, « puits », l’occitan potz ou pou désigne des puits naturels, des trous dans le relief, qui ont pu être aménagés pour y conserver la glace ou la neige de l’hiver ou des aliments au frais. C’est par exemple le cas, dans les Pyrénées-Orientales, du Pou del Gel à Pollestres et à Ille-sur-Têt et des Pous del Gel à Bages et à Laroque-des-Albères (cf. ce site).

Impossible de quitter ce paragraphe sans regretter qu’Oncieu (Ain) et Gelles (P.-de-D.) ne soient pas plus proches l’un de l’autre : ça nous aurait fait un joli Oncieu-lez-Gelles.

La glace

Comme pour les Frédières vues dans le précédent billet, les toponymes du type Glacière ont pu désigner des lieux exposés au froid, aux gelées ou bien garder le souvenir de caves ou de citernes où l’on entreposait la glace en vue des jours chauds.  On trouve ainsi la Glacière à Esserval-Tartre (Jura), à Creissels (Av.), à Nissan-lez-Ensérune (Hér.), etc., la Grande Glacière à Avermoz (H.-Sav.), la grotte de la Glacière à Chaux-lès-Passavant (Doubs), les Glacières de Font Frège (source froide) à Mazaugues (Var), un col des Glacières et le Bau des Glacières à Plan-d’Aups-Sainte-Baume (Var, etc. Il en existe une petite vingtaine tout autour de Paris comme la Glacière à Gambais et à Rambouillet. (Yv.) ou l’ancien hameau de La Glacière sur la route de Gentilly qui a donné son nom à la rue et à la station de métro parisiennes, mais certaines de ces glacières peuvent désigner d’anciennes miroiteries. Une écriture légèrement différente a donné Les Glassières à Golinhac (Av.). Enfin, glacière a servi de déterminant à Saint-Eloy-la-Glacière (P.-de-D.).

CPA Glacière Pompadour

Le givre et la neige

Le givre apparait très peu souvent en toponymie (il convient de se méfier de noms issus d’anthroponymes comme Givray ou Givry), mais on peut néanmoins citer une Combe Givre à Rivières (Char.) et Saint-Sauveur-de-Givre-en-Mai (à Bressuire, D.-S.) qui a fait naguère l’objet d’une devinette.

L’occitan gibrat, « givré », se retrouve dans des noms comme Gibrat à Nomdieu (L.-et-G.) et à Lacapelle-Marival (Lot), Puech Gibrat à Millau (Av.), Latga Gibrat à Tanavelle (Av., avec lat-ga, « large gué »). En revanche, les noms en Gibret ou Gibrère qu’on trouve principalement en Aquitaine sont plus probablement issus de la forme gasconne gèbre du genévrier.

La neige a mieux marqué les esprits et est présente dans bien des noms qu’on ne s’étonnera pas de retrouver en pays de montagne. Le massif de Néouvielle (H.-Pyr.) fait apparemment référence à des neiges (néou en occitan) anciennes (bieilh, « vieille »), le Jura culmine au Crêt de la Neige et la Réunion au Piton des Neiges. Dans les Alpes, on trouve le Dôme de Neige des Écrins à Pelvoux (H.-A.) et un Dôme de Neige aux Comtamines-Montjoie (H.-Sav.). Citons encore le Col de la Neige à Arrens-Marsous (H.-P.), un Pont de la Neige à Gavarnie (H.-P.) et à Bonneval-sur-Arc (Sav.), un Creux de la Neige à Morzine et Lompnieu (Ain), une Croix des Neiges à Culoz (Ain.), etc. La Corse n’est pas en reste avec plusieurs noms de lieux en Nivala (à Cargiaca, C.-du-S., etc.), Nivalone (à Giuncheto, C.-du-S., etc.), Nivalella (à Conca, C.-du-S., etc.), ou encore Nivalaccia (à Figari, C.-du-S.).

CPA Néouvielle

Dans les Alpes et les Pyrénées, le mot sée ou seilh est employé pour désigner une accumulation de neige, un lieu de congères, un névé, voire une petit glacier comme le Seilh de la Baque (de l’ubac plutôt que de la vache) dans les Pyrénées luchonaises.  Plus bas dans les vallées le mot seilh a pu se heurter à des paronymes issus de la variante *sel du pré-indo-européen * sal à valeur hydronymique de cours d’eau, marécage » ou oronymique d’«pentes à éboulis, éboulis » comme à Seilh (H.-G.) où le -l final a été mouillé  en gascon.

Sée vient de l’occitan haut-alpin sèya ou sa variante séa, « souffler fort » (en parlant de la bise froide du nord qui chasse à ras le sol la neige qui tombe) d’où le patois vallouisien seio, « tourmente, vent de neige, amas de neige produit par le vent, congère ». On rattache ces mots à une racine pré-indo-européenne sir, sira .La Sée, au pied du Pelvoux, désigne donc un lieu où souffle la bise du nord et ou s’amassent les congères. On trouve aussi un Dessous la Séa à Saint-Sorlin-d’Arves (Sav.), un Plateau de la Séa à (Valloire, id.), des Mamelons de la Séa à Freissinières (H.-Alpes), etc.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

point-d-interrogation-sur-le-clavier-nb10411

La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine dont le déterminant est lié à un des mots étudiés dans le billet.

La notice consacrée à la toponymie sur sa page wiki est assez ambiguë, proposant tout et son contraire à propos de ce déterminant.

Elle fut le centre d’une baronnie tandis que le chef-lieu de canton de l’arrondissement où elle se trouve fut capitale. (màj du 08/11/2021 à23h – merci TRA!)

Deux indices :

■ une affiche :

indice b 07 11 2021

■ un portrait pour l’église de la commune :

indice a 07 11 2021

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

31 commentaires sur “Encore plus froid !

  1. Brosseur

    Si on commence à chercher des noms de lieux liés au froid au Canada, on n’a pas fini !

    PS Sainte-Rose-du-Dégelis … fallait oser, quand même !

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  2. Bon lundi , M Leveto

    quelques interrogations à vous offrir .

    57 HAUENTHAL vallée de …. ? ( hauen , houe ? gratter, creuser ?)

    57 LAUDREFANG

    55 MONTZEVILLE mons … ze ?? villa

    08 DEVILLE de … ? court comme nom – villa

    59 BERSILLIES

    59 HESTRUD

    59 FEIGNIES 59 FENAIN finenga ?

    18 TROUY

    52 DARMANNES

    10 HERBISSE

    51 CORFELIX

    92 VANVES

    38 et pour finir , la SARENNE , le glacier de SARENNE ( Oisans)
    saren(n)a ? Serene flumen ?

    Merci beaucoup.

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  3. PAR ICI LE MONET !

    Merci pour cette vue hivernale de l’étang de Giverny.

    Le jardin de Monet est un but apprécié de promenade pédestre des habitants de Vernon, au nombre desquels j’ai eu l’heur de figurer plusieurs années.

    Voilà qui me rajeunit !

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  4. mise à jour de la devinette du 08/11/2021 à23h – merci TRA!

    Elle fut le centre d’une baronnie tandis que le chef-lieu de canton de l’arrondissement où elle se trouve fut capitale.

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  5. 57 HAUENTHAL vallée de …. ? ( hauen , houe ? gratter, creuser ?)

    —————–
    En teuton, « die Haue » veut dire « la fessée », « la raclée » et « hauen » signifie « frapper ».

    La « Vallée de la Fessée » ou la « Vallée de la Raclée », au moins c’est original.

    [Mais je n’ai pas encore ouvert mon Wahrig : il a peut-être d’autres propositions … ]

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  6. lecteur

    ■ 57 HAUENTHAL vallée de …. ? ( hauen , houe ? gratter, creuser ?)

    Non germanophone, il m’est difficile de donner une étymologie certaine
    Je lis en effet dans les dictionnaires en ligne « houe » pour haue mais aussi « frapper » pour hauen.
    Je note aussi que de nombreuses vallées en thal portent le nom de la rivière ou de leur propriétaire. Hauen pourrait-il être un nom de personne ?
    Attendons les recherches de TRA…

    ■ 57 LAUDREFANG

    Voici la liste complète des formes anciennes du nom dont nous disposons, juste pour montrer l’incroyable travail de fourmi fait par les rédacteurs des Dictionnaires topographiques des départements français (ici, Ernest de Bouteiller, 1826-83, pour le DTMoselle de 1874)
    Laudelinge (1121) ; Ludelinga (1180) ; Loudelinga (1210) ; Ludevinga (1267) ; Lauderfang (1483) ; Landersingen (1485) ; Laudersenge (1489) ; Lauderengen (1501) ; Lodrefangen, Laudrefange (1563) ; Lodrefang, Lodrefan (1587) ; Lauderfingen (1594) ; Lauderfangen (1665) ; Oderfang, Loderfang (1684) ; Lauterfang (xviie siècle) ; Laudrefan (1702) ; Loudrefang (1779) ; Landrefang
    Les formes Laudelinge (à lire comme *Laudefinge ?) en 1121 et Lauderfang en 1483 orientent vers un nom d’homme germanique Laudulfus et suffixe –ing

    ■ 55 MONTZEVILLE mons … ze ?? villa

    Attesté Amonzei Villa en 940, composé en –ville de l’ancien nom du village, lui-même issu du nom d’homme latin *Amonicius, de Amonius, et suff -acum.

    ■ 08 DEVILLE de … ? court comme nom – villa

    Peut-être Dei Villa (Dauzat &Rostaing) ou David villa (E. Nègre)
    Déville-lès-Rouen (S.-M.) était Daevilla en 1060 et le hameau Déville à Grandcourt (S.-M.) était de Davidis villa en 1059 et Daivilla au XIè siècle. C’est sur ces homonymes que s’appuie E. Nègre pour préférer une David villa

    ■ 59 BERSILLIES

    Attesté Bersellies au XIVè siècle, probablement du nom d’homme roman Bercilius et suffixe acas (*Berciliacas terras)

    ■ 59 HESTRUD

    villa Haestrudis en 866 –
    Dauzat & Rostaing y voient le néerlandais heester, « taillis », et suffixe germanique collectif –ud et E. Nègre penche pour le francique *haistr, « hêtre », et suffixe collectif –uth : « hêtraie »
    ■ 59 FEIGNIES 59 FENAIN finenga ?
    Feignies (Nord) : Fleynies en 1119 et Fieignies, du nom d’homme roman Flavius et suffixe acas (Flaviacas terras)
    Fenain (Nord) : Fanen en 1122, Fanaigne en 1212, Fanaing en 1217 puis Feneng en 1219. Peut-être du nom d’homme roman Fannianus, traité comme *Fannanius.

    ■ 18 TROUY

    Les formes anciennes attestées sont les suivantes :
    In villa Tresgolio, in vicaria Lavatense (1026) ; Treguil (1137) ; Troi (1138) ; Troie (1182) ; Triguil, Tregolium (1186) ; Trohie (1189) ; Tregoil (1190) ; Trigoilium (1196) ; Tergollium (1205) ; Troe (1214) ; Trohi (1218) ; Troy (1246) ; Troiacum (1396) ; Trouhy (1418) ; Troyacum (1488) ; Troii (1621) ; Truy (1622).
    L’origine de ce nom est si complexe (et donc incertaine) que ni Dauzat & Rostaing n’y Nègre ne s’y sont arrêtés… Je me lance (accrochez-vous !) :
    Les suffixations des formes anciennes ont été variées et hésitantes. La forme Troiacum de 1396 semble être une réfection tardive du nom Trohi de 1218 avec le suffixe –acum qui donnait déjà des noms en -i ou -y dans cette région, cf. Alogniacum (1168) donnant Alogny (1226) puis Allogny (Cher). En réalité, Trohi (1218), comme Trohie (1189) ou Troi (1138), sont le résultat normal avec chute du g intervocalique des noms précédents Triguil , Tregolium (1186) ou Treguil (1137).
    Reste à comprendre le sens du nom originel Tresgolio . Le suffixe peut faire penser au gaulois ialo, « clairière, champ », qui, rappelons-le, est toujours précédé d’un o de liaison. Ce gaulois o -ialo s’est latinisé sous la forme o-ialum qui, ayant peu ou prou perdu son sens initial, agit comme un véritable suffixe. Cette terminaison o-ialum s’est ensuite altérée au VIIe s. en oilum, puis, par l’introduction de la gutturale g, notation d’un i semi-consonne, s’est modifiée en ogilum ou ogelum ; le g sonore intervocalique a disparu et cette finale est devenue olium , d’où la forme Tregolium de 1286. Accentuée sur le o , elle aboutit normalement à euil ou à eil dans cette région, cf. Ineuil (Cher) qui était Alneolum en 1175 . Le nom qui nous intéresse se décompose donc en * Tresg- o(g)lium (issu de *Tresg-o-ialo, vous suivez toujours?) qui aurait dû aboutir à *Trégueuil ou *Treuil (cf. Troe en 1214)… s’il n’y avait pas eu interférence de la latinisation en acum.
    Quant au nom Tresgo, il correspond peut-être au nom de personne gallo-romain Trogus

    ■ 52 DARMANNES

    Darmanna en 1135 : probablement le féminin d’un nom d’homme germanique * Dar-mann. Le -s est non étymologique.

    ■ 10 HERBISSE

    Attesté Erbicia au XIIè siècle, du nom de la rivière, affluent rive droite de l’Aube.
    Si on considère qu’Erbicia est une mauvaise graphie pour herbicea , on a une rivière « herbeuse » (L’Histoire et ses méthodes , Charles Samaran, Gallimard, 1961).
    Une première hypothèse basée sur la graphie Erbicia , voulait y voir le gentilice Erbessius dérivé d’Erbessus, nom d’une ville de Sicile (Revue celtique n°11, d’Arbois de Jubainville, 1890) …
    Villiers-Herbisse est attesté Villare proprem Herbiciam en 1372, ce qui est plutôt en faveur de la rivière « herbeuse »

    ■ 51 CORFELIX

    Curtis Felix en 1110 du latin cortem, « cour, ferme, domaine » et nom de personne Felix .

    ■ 92 VANVES

    Attesté Venva en 999, puis apud Vanvas en 1203 : peut-être du gaulois venna , « vanne », et suffixe obscur (Dauzat & Rostaing) ou bien du nom d’homme gaulois Venopis et suffixe –a (E. Nègre). Le s est un ajout tardif non étymologique.

    ■ 38 et pour finir, la SARENNE , le glacier de SARENNE ( Oisans)
    saren(n)a ? Serene flumen ?

    Le DTIsère donne en effet Serene flumen au XIè siècle, Serena au XIIIè siècle et Serrena(aqua) au XIVè siècle . On trouve aussi une Alpa de Serena au XIVè siècle, aujourd’hui l’Alp de Sarenne.
    Plutôt qu’un « Fleuve serein » qui aurait qualifié d’abord le glacier d’où sort la rivière aujourd’hui appelée Sarenne, il faut préférer un dérivé du gaulois *Skarena , « ravin » ( Les noms du paysage alpin. Atlas toponymique – Savoie, Vallée d´Aoste, Dauphiné, Provence par Hubert Bessat et Claudette Germi Editions littéraires et linguistiques de l´université de Grenoble, 2001. )

    cf ici
    Plus ancien encore, l’indo-européen sar-, variante de ser-, « couler » , et suffixe celtique –enna , n’est pas exclu.

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  7. Le Wahrig (dictionnaire unilingue) offre trois possibilités :

    1. Forme sudiste utilisée pour Hacke (« houe », « pioche », « talon de chaussure ») ou Hackbeil (« couperet »).

    2. Synonyme de Prügel et Schläge (= « coups », au pluriel : d’où la possibilité, en contexte, d’utiliser, pour traduire, des hyponymes tels que « raclée » ou « fessée »).

    3. Pluriel de Hau, terme de sylviculture, signifiant « Anteil am Schlagrecht im gemeinde Wald » (« part légale de bois à abattre dans une forêt commune », « Ort des Holzschlagen » (« lieu d’abattage du bois »), « Hieb zu hauen » (« cognée »[?], littéralement « instrument tranchant ou contondant servant à frapper » ou « à abattre du bois »].

    [Personnellement, ce dernier sens me plairait bien pour un toponyme situé dans un massif forestier, là où une présence humaine ancienne a existé (il y a un cimetière romain non loin).]

    —————-
    (à suivre … peut-être, quand je serai revenu de la cérémonie au monument aux morts)

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  8. Désolé !

    Je suis bien tombé sur d’autres toponymes dont le premier élément était Hauen (Hauenstein, Hauenbach) : nulle part, on ne m’a proposée d’étymologie.

    Je n’ai pas trouvé non plus d’hydronyme ni d’anthroponyme. [Von der Aue et Auenthal sont de faux-amis !]

    Je dois donc jeter le manche après la cogné.

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  9. TRA

    Le « part légale de bois à abattre dans une forêt commune » que vous donnez un peu plus haut me plait assez.

    Néanmoins, je trouve dans ce Dictionnaire allemand enseigné par l’étymologie mention de « Hauenstein, nom de deux défilés du Jura suisse et de diverses localités » pour lesquels hauen est donné pour « hacher ; fendre ; diviser ; trancher ».
    Hauenthal pourrait-elle être la vallée (comme une) tranchée dans le paysage ?

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  10. De fait, j’avais rencontré ces deux toponymes helvètes en page 393 de cet ouvrage :

    https://books.google.fr/books?id=6tYUAAAAQAAJ&pg=RA1-PA54&lpg=RA1-PA54&dq=vall%C3%A9e+du+Hauenthal&source=bl&ots=CORh9zsFhE&sig=ACfU3U3-QNP3RqTja-XqAXhII-efFVeJMA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj_k53ZyY70AhWoxIUKHUbgAHQQ6AF6BAgZEAM#v=onepage&q=vall%C3%A9e%20du%20Hauenthal&f=false

    Pour le premier, il est indiqué que « deux cluses coupent la chaîne », point qui m’avait échappé mais qui s’éclaire à la lecture de votre remarque (nous avons bien, entre autres, Montréal-la-Cluse – ça va plaire à Brosseur).

    Pour le second, une étymologie est donnée, que je n’ai su comprendre : « Cet endroit se nommait Horben dans le Mpyen-Âge et c’est la route (Gehowenstein en 1440) qui lui a fait donner son nom actuel ».

    Je n’ai pas trouvé le sens de Gehowen, mais, si on recherche Gehowenstein sur le ouèbe, on tombe sur un Hauenstein allemand (en Palatinat-Rhénanie).

    —————-
    Votre proposition pour Hauenthal me semble donc tout à fait envisageable.

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  11. TRA

    Gehowenstein (en 1440) ne pourrait-il pas être une graphie primitive (phonétique ?) de Gehauenstein ?

    En tout cas, merci pour vos recherches. Je crois que nous ne pourrons guère aller plus loin.

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  12. « Étymol. et Hist. 1. Ca 1170 « pioche à lame assez large dont on se sert pour les binages » (Rois, éd. E. R. Curtius, p. 24); 2. 1755 houe à cheval (Duhamel du Monceau, Traité de la culture des terres, t. 1, p. 112 ds Brunot t. 6, p. 259). De l’a. b. frq. *hauwa « houe, pioche, binette »; cf. m. néerl. houwe de même sens; a. h. all. houwa; m. h. all. houwe; all. Haue « id. » »

    https://www.cnrtl.fr/definition/houe

    —————————-
    Vous devez avoir raison.

    Le préfixe GE-, qui a la même origine que le latin CUM- (français CO-, COM-, CON-,COR-) a souvent une valeur collective : der Berg (« le mont ») / das Gebirge (« la chaîne de montagnes »).

    [Du coup, ça m’a donné envie de relire Salammbô :

    « Enfin le jour se leva ; ils aperçurent partout autour d’eux une grande muraille blanche, taillée à pic. Et pas un moyen de salut, pas un espoir ! Les deux sorties naturelles de cette impasse étaient fermées par la herse et par l’amoncellement des roches. »

    https://fr.wikisource.org/wiki/Salammb%C3%B4/Le_D%C3%A9fil%C3%A9_de_la_Hache

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_d%C3%A9fil%C3%A9_de_la_Scie ]

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  13. Rectificatif : je suis allé chercher midi à quatorze heures : GE doit être tout simplement le préfixe habituel du participe passé : Gehowenstein = * Gehauenstein = « pierre taillée ».

    —————–
    Un Steinhauer est un « tailleur de pierres ».

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  14. LE SEIGNEUR DES ANNAUD

    Il y avait déjà un roi-cheval : Marc’h de Cornouailles, époux d’Iseut la Blonde et tonton de Tristan.

    Il a fallu que de lui aussi il fassent un roi. ;;

    Ils sont fous, ces (Grands-)Bretons !

    ———-
    Ils en ont fait un saint …

    Ils sont fous, ces maudits Français !

    ———-
    Mais tout n’est pas resté cantonné là.

    Les choses allant croissant, au Québec, ils en ont fait une ville…

    Ils sont fous, ces chasseurs de grizzli !

    On aurait pourtant cru qu’après la descente des Anglais, ils n’appréciaient pas de les avoir …

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  15. Un bonjour d’un habitant du pays des vignes (Bordeaux : 3 jours de neige par an maximum, et pas tous les ans) à un habitant du pays des Vignaud :

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  16. Définitions de vigneau, nom masculin
    • Étal servant à faire sécher le poisson.
    • Bigorneau.

    _____________
    Un Vigneault

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