Ménestruel et rue Mounitre (les répauxdev)

LGF, déjà découvreur de la première bonne réponse à mes devinettes, a aussi trouvé la deuxième. Il a été rejoint par TRA. Félicitations à tous les deux !

Il fallait trouver le lieu-dit Ménestruel à Poncin (Ain) et la rue Mounitre de Montauban (Tarn-et-Garonne).

Ménestruel (01 – Poncin)

La commune de Poncin, dans l’Ain, est située dans l’arrondissement de Nantua :

local-Poncin-

et le lieu-dit Menestruel se trouve au sud de la commune

Ménestruel

Grâce au Dictionnaire topographique du département de l’Ain (Édouard Philippon, 1911), nous disposons des formes anciennes suivantes du nom : Prioratus de Monestrol (1245), Monestrueil prioratus (1250 environ), Monestruel (1350 environ), Monestreul (1440), Monestreuil (1587) et Monestruel (1650, complétées par la forme Menestreuil de la carte de Cassini (feuillet 117, Bourg-en-Bresse, 1764). On reconnait dans ces anciens noms un dérivé du latin monasteriolum, « petit monastère » (cf. ce billet)

Il y avait là, au moins depuis 1184, un prieuré de bénédictins dépendant des chanoines de Saint-Claude puis, après diverses querelles, de ceux de Poncin (Topographie historique du département de l’Ain, Marie-Claude Guigue, 1873).   É. Philippon (op. cit.) explique que « sous la Restauration, les Frères de la Croix, appelés aussi Frères Tabourin, du nom de leur fondateur, s’établirent dans les bâtiments de l’ancien prieuré qu’ils occupèrent jusqu’en 1904 ». Les Frères de la Croix de Jésus, dits aussi Frères de Ménestruel, formaient une congrégation enseignante fondée dans le diocèse de Lyon en 1816, l’une des trois branches constitutives de la Société de la Croix de Jésus qui comprenait encore des Pères et des Sœurs. Essentiellement destinée à l’éducation des jeunes, l’œuvre se développa lentement et connut des vicissitudes. Au début du XXè siècle elle fonda plusieurs établissements au Canada qui ne furent pas reconnus par l’évêque canadien de la maison-mère. La congrégation fut absorbée par les Clercs de Saint-Viateur en 1930, suite à un conseil du Vatican, émis le 18 mars 1922. L’histoire de ces derniers peut se lire sur wikipedia.

Poncin : le nom de cette commune est attesté Pontianensium parrochia au VIè siècle, du nom d’homme latin Pontius et suffixe anum.

Nantua : le nom de la ville apparait pour la première sous la forme Nantoaci en 757 suivie de Natuadis en 817 (à corriger en Nantuadis d’après les formes apparues à partir de 852). L’origine n’en est pas douteuse : il s’agit du gaulois nanto, « vallée », accompagné du suffixe ligure –ua et complété par le suffixe locatif gaulois –aco dans le premier cas  et –ate dans le second. C’est cette dernière forme qui s’imposera, expliquant le gentilé Nantuate. La vallée en question est celle de la Doye, débouchant sur le Lac de Nantua, vallée étroite et très profonde. Les gastronomes connaissent bien la sauce Nantua, à base de beurre d’écrevisse, et les quenelles de brochet qu’elle accompagne avec bonheur (surtout avec un Mâcon blanc ou, mieux, un Gewurztraminer).

Les autres indices :

indice-a-27-02-2022 ♦ on aura reconnu les Dupond/t, comme Pontius, sur le pont d’un navire. Autant de « ponts » pour orienter vers Poncin.

♦ la chanson paillarde offerte par LGF : « Marie François Xavier Bichat (1771-1802), médecin, a exercé à Poncin en 1768 en remplacement de son oncle Joseph » (wiki).

indice a 01 03 2022  ♦ Le , Philippe de Gaulle, le fils du général, épousait à la mairie de Poncin Henriette de Montalembert qui résidait alors à La Cueille.

CPA-poncin-jpg

La rue Mounitre (82 – Montauban)

Le nom de cette rue dérive de l’occitan mounistròu ou monistrol, du latin monasteriolum, « petit monastère ». D’autres odonymes de Montauban incluant le terme moustier, dérivé de monasterium, étaient exclus, la devinette portant sur les diminutifs de monasterium.

local-Montauban-jpg

La rue Mounitre, soulignée de rouge :

rue Mounitre. PNG

Le mot dérive de monistrol, le petit monastère. Les frères de saint Antoine du T (ou du Tau) avaient installé là un hôpital pour soigner les malades atteints du « mal des ardents » ou du « feu de saint Antoine », une sorte de gangrène due à la consommation d’ergot de seigle. Les moines portaient un T ou un Tau grec en étoffe bleue cousue sur leur chasuble, ce qui explique leur nom. »

(Nom de lieu ! par Bernard G. Galey, Le Cherche Midi, 2004).

♦ Le nom de cette rue apparait au chapitre X de Jean-de-Jeanne, un roman écrit par le montalbanais Émile Pouvillon et publié dans la Revue de deux mondes en 1886. L’auteur situe cette rue dans une ville qu’il appelle Montauriol (du nom d’une ancienne abbaye de Montauban) et en fait une « rue des pauvres ».

Montauban : sans surprise, Montalba en 1144 est un « mont blanc », du latin albanus. Dans le billet consacré à cette couleur, j’avais écrit cet encadré :

montauban-longnon

CPA montauban

Ne pas confondre un moustier et un monistròl !

indice b 27 02 2022 ♦ la photo :

Il fallait reconnaitre une clochette au tau de saint Antoine. « Le couvent et l’hôpital des frères de Saint – Antoine occupaient le site d’un vieil hôpital de Fossat ou de St Blaise près de l’actuelle rue St Jean, la rue Lassus portait encore au début du 19ème siècle le nom de  » rue de Mounitre  » … » cf. Le Tarn & Garonne au Moyen-Age : exposition. (1984). France : Bibliothèque centrale de prêt. (page 16)

indice c 01 03 2022 ♦ l’autre photo :

on aura reconnu Lino Ventura, dans le rôle de Fernand Naudin, héros des Tontons flingueurs. Cette photo est extraite de la scène pendant laquelle il écoute Raoul Volfoni (Bernard Blier) le traiter de « Gugusse de Montauban » :

2 commentaires sur “Ménestruel et rue Mounitre (les répauxdev)

  1. Une légende locale veut que Montauban soit Cubzac-les-Ponts.

    Le nom viendrait de la blancheur de la falaise calcaire qui s’élève le long du lit majeur de la Dordogne.

    On y montre les ruines du château des Quatre Fils Aymon :

    La « tradition » locale raconte que Cubzac aurait été bâti sur l’emplacement d’un édifice plus ancien, datant de l’époque carolingienne, dont il ne reste rien. Il n’y a de cela aucune preuve archéologique. Selon la Légende des « Quatre fils Aymon », les Fils d’un duc franc, Allard, Renaud, Guichard et Richard avec l’aide de l’enchanteur Maugis et du merveilleux cheval Bayard (qui pouvait les porter tous les quatre sur son dos) étaient en guerre ouverte de rébellion contre Charlemagne. Leur allié local, Huon de Bordeaux, qu’ils avaient aidé dans son combat contre les Sarrasins, leur accorda le droit de construire un château sur un petit mont, non loin d’un confluent de deux rivières. Selon l’interprétation de l’une des plus célèbres chansons de gestes « Renaud de Montauban », Montauban serait le nom carolingien d’un piton rocheux (monta alba) que nombre d’érudits locaux ont identifié au « plateau des Quatre Fils Aymon », où se trouvent les actuelles ruines du cubzaguais. La vieille épopée médiévale nous décrit la construction d’un château avec du « mortier de première qualité » et une « tour de marbre face au vent dominant ». D’autres lieux revendiquent l’honneur d’avoir abrité le château de « Mautauban » entouré de sa « forêt d’Ardenne »… Les noms prêtent à confusion. Le texte de la chanson de geste semble sans équivoque : tout cela se passe au-dessus de la Gironde, « au confluent des deux fleuves », mais certains y décèlent, parmi plusieurs hypothèses, le tertre de Fronsac que l’on sait déjà, avec des éléments plus sûrs, avoir été occupé sous Charlemagne . »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cubzac-les-Ponts

    [ Le « monta alba » fera frémir tous les latinistes ! ]

    Lequel château apparaît dans cette vidéo (à partir de 3′ 32 » :

    J’aime

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