Corse

La Corse, île de la Méditerranée entre la côte ligure et la Sardaigne, est devenue française en 1769 après avoir longtemps appartenu à la République de Gênes et, auparavant, aux évêques de Pise. En 1790, elle est instituée département français (chef-lieu Ajaccio) puis scindée en deux en 1793 : Golo au nord (chef-lieu Bastia) et Liamone au sud (chef-lieu Ajaccio), chacun portant le nom d’une rivière, comme c’était souvent le cas à l’époque. En 1811, il n’y aura plus qu’un seul département de la Corse avec Ajaccio pour préfecture. Enfin, en 1975, l’île sera à nouveau partagée entre Haute-Corse (pour ne pas dire Corse-du-Nord, beurk ! — préfecture Bastia) et Corse-du-Sud (pour ne pas dire Basse-Corse, on a sa fierté ! — préfecture Ajaccio).

Si vous voulez connaître l’origine et le sens du nom de la Corse, ne vous précipitez pas sur la rubrique toponymie de la page wikipedia : on n’y trouve en effet, au moment où j’écris ces lignes (j’ai toujours rêvé d’écrire ça, qui fait très Albert Londres !) que la plupart des étymologies légendaires ou inventées de toutes pièces. Non, si vous voulez connaître l’origine et le sens du nom de la Corse, vous êtes à la bonne adresse !

Les plus anciennes traces d’occupation de l’île datent du dixième millénaire avant notre ère, mais nul ne sait quels furent ces premiers occupants. La « doyenne des Corses », la Dame de Bonifacio, date de 7000 à 6500 av. J.-C.

Dame de Bonifacio

(je suis allé la voir : elle est fort bien conservée pour son âge)

Des signes d’une culture agraire et de villages datent du sixième millénaire, les plus anciennes statues-menhirs remontent à 1500 avant notre ère et certains indices attestent la présence phénicienne et étrusque au septième siècle toujours avant notre ère. Les Phocéens fondent Alalia, l’actuelle Aleria, au VIè siècle avant J.-C. Les Étrusques seront chassés par les Syracusiens au Vè siècle, avant que la conquête romaine ne débute, autour de -250. On ne sait rien d’une éventuelle présence ibère ou ligure, sinon la proximité de certains toponymes avec de vieux termes pyrénéens. [On aura apprécié, j’espère, l’art de parcourir dix mille ans en dix lignes]

C’est l’historien grec Diodore, vers 30 av. J.-C., qui nous livre le premier nom latin connu de la Corse, à savoir Κóρσικα (Corsica) ; il en cite aussi le nom que lui donnaient les Grecs eux-mêmes, Κύρνος (Curnos), attesté depuis Hérodote avec l’épithète Κύρνιος. Le masculin pluriel Corsi désigne chez Tite-Live les habitants de l’île, sur la base de l’adjectif Corsus attesté peu de temps après chez Ovide et Martial. Il faudra attendre le bas Moyen Âge pour que se forge en Italie, notamment à Gènes, le nom de Corsa (accordé avec insula, « île », sous-entendu) pour désigner l’île, nom qui sera repris par la langue française sous la forme Corse. Parallèlement à cela, à l’époque de Varron au Ier siècle av. J.-C., avait été créé un adjectif Corsicus et, par suite, un autre nom de l’île, Corsica, attesté chez Cicéron et Pline l’Ancien et que l’italien a conservé à côté du populaire Corsa. Ce nom Corsica est devenu Corsegue chez les plus anciens géographes français, Corsega en vieil occitan et les Corses appellent aujourd’hui leur île Corsica. (et quand on l’appelle, elle répond : c’est là, peu de gens le savent, l’origine des polyphonies corses).

On n’aperçoit pas d’étymologie latine plausible pour Corsus. Certains ont alors fait appel au phénicien avec des hypothétiques *chorsi, « forêt », et *kyr, « cap, pointe » — mais doit-on rappeler qu’on ne connait presque rien de cette langue ? Le pré-indo-européen *kor, variante de *kar, « pierre, rocher », qu’on trouve entre autres dans les noms de Cors à Sonnac (Aveyron) sur une pente escarpée et à Saint-Cernin (Cantal) sur un versant de butte, dans celui des Cors à Polminhac (Cantal) ou encore de Corps (Isère), a lui aussi été mis à contribution (DPPF*). Mais rien ne vient sérieusement étayer ces hypothèses.

Pour d’autres, la racine commune des noms grec et latin peut être reconstituée en *kur-s-n pour laquelle deux explications ont été avancées :

♦ un rapprochement avec un ancien terme grec κορσος, korsos, signifiant « fait de couper, partie coupée » (devenu souvent ultérieurement κούρος), qui repose sur un radical κορσ-, lui-même issu de l’indo-européen *(s)ker-s, « coupé ». Cette appellation viendrait des navigateurs grecs de l’époque archaïque, dont on sait notamment qu’ils ont fondé Marseille et d’autres cités du golfe du Lion. À partir du sud de l’Italie, la voie normale consistait à caboter le long des côtes campaniennes, étrusques et ligures, mais celles-ci n’étaient pas sans risques, notamment avec la traversée de l’archipel Toscan, et c’est pourquoi, arrivés à hauteur du Latium, les marins grecs préféraient virer et mettre le cap sur la Corse, sans doute vers Aleria, d’où ils reprenaient leur route vers le nord. Il est tentant de penser que, dans la langue de la navigation, le terme korsos a pris le sens de « raccourcissement, raccourci » et a désigné, en l’occurrence, la route de la Corse et la Corse elle-même. On peut aussi faire un parallèle avec un autre adjectif grec, κυρτος, kurtos, « courbe, arrondi, incurvé », qui pouvait aussi désigner cette route maritime qui virait à bâbord en direction de la Corse (DNL*, DNLF*).

ITALIE

(Bon, moi je suis toponymiste, pas géographe ni dessinateur et encore moins navigateur)

♦ un rapprochement avec une racine indo-européenne *kurs-no, « bosquet, arbre » (Indogermanisches etymologisches Wörterbuch, de J. Pokorny, 2 vol. 1959-69, cité par DNLF*). Le couvert végétal de l’île, toujours abondant aujourd’hui, était sans doute impressionnant pour des marins qui venaient de régions pour la plupart largement déboisées. Certains ont même imaginé que les marins phéniciens venaient en Corse chercher le bois nécessaire à la confection de leurs bateaux.

PS : je n’en ai bien sûr pas terminé avec la Corse (ni avec le corse qui n’est pas une langue si facile que ça, même pour un Provençal).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

index

Et, en plus, vous voulez une devinette ?

Bon. Andemu !

Un autre lieu méditerranéen doit son nom actuel dans la langue locale à la racine indo-européenne qui est à l’origine du grec κυρτος, kurtos, avec le sens de « courbé, arrondi, incurvé », dont il a été question plus haut.

Son nom français actuel est, lui, le résultat de l’évolution d’un autre nom, apparu plus tard toujours dans la même langue locale, qui faisait référence à deux sommets.

Quel est cet endroit ?

Un indice ? Ben, non, je ne suis pas fou. (qui a dit « pas encore » ?)

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

11 commentaires sur “Corse

  1. Bonjour m veto
    me revoilà !

    50 à St-Pierre-d’Arthéglise
    la MAUBRAIRIE

    15 CARLAT *kar ?

    76 NULLEMONT

    62 VERMELLES vermela 1122

    59 à hem
    l’HEMPEMPONT
    sens du  » pem  » entre Heim & Pont

    76 ILLOIS sur wiki , longue liste , sans indication du sens

    02 TRELOU-sur-MARNE

    Tres podiae : les trois cabanes ? ( ouiki)

    02 GOUSSANCOURT

    59 GOUZEAUCOURT longue liste WIKI
    3 choix :

    gossum ? go, goW , gunsaldi ?

    59 PRISCHES

    60 ECUVILLY

    47 COCUMONT probable tautologie

    36 MâRON-EN-BERRY

    de maronio 1348

    80 CIZANCOURT

    14 CAUVICOURT
    longue liste wiki, sans étymologie ( habituel )

    76 abbaye de Beaubec ( beau ruisseau ? Bekr ? )

    10 AVON LA PEZE

    10 AVANT LES MARCILLY

    10 COURTAVANT

    31 à toulouse , quartier de PURPAN Pons-François Purpan
    étymologie du patronyme
    Voilà , bon début de semaine , m Leveto. Tous mes remerciements.

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  2. M Brosseur nous propose ce beau chant de petru GUELFUCCI .

    Ce  » guelfucci  » corse , portant lui-même un nom d’origine germanique
    est-il un guelfe blanc ou un guelfe noir ?

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  3. lecteur

    ■ 50 à St-Pierre-d’Arthéglise
    la MAUBRAIRIE

    En Normandie, les finales des toponymes en -ière ou -(e)rie signalent la propriété (la ferme, la grange, la parcelle de terrain …) d’un individu dont elles complètent le nom. Lorsque ce nom de personne est terminé par une voyelle ou une diphtongue c’est la finale -(e)rie qui est le plus souvent utilisée. François de Beaurepaire en cite dans ce texte quelques exemples comme Souday>Soudairie, Auvray > Auvrairie, Gonfray>Gonfrairie, etc.
    Dans le cas de Maubrairie, il s’agissait de la propriété (-rie) d’un certain Maubray.
    Maubray est lui-même un nom de famille issu d’un toponyme signifiant « mauvais marais » ( du gaulois bracu donnant l’ancien français brai) . Un toponyme qui donne un anthroponyme qui donne un toponyme …
    PS on a échappé à l’endroit du mauvais braiement, là où les ânes braient mal..
    .
    ■ 15 CARLAT *kar ?

    Cartilatum (839), ministerio Cartladense (927), Carlacum (1279) et enfin vicomté de Cardelat en 1475 : du nom d’homme gaulois Caratillus et suffixe locatif gaulois ate . L’hypothèse du pré-indo-européen *kar n’est plus aujourd’hui retenue par les spécialistes.

    ■ 76 NULLEMONT

    Nuillemont au XIIIè siècle. Le deuxième élément de ce nom ne fait pas difficulté : il est dérivé du latin montem. Le premier élément pourrait être un anthroponyme : germanique Niwilo (D&R) ou roman Nobilius

    ■ 62 VERMELLES vermela 1122

    Vermela en 1122, Vermella en 1154-59, Vermelle au XIIè siècle. Féminin de l’adjectif oïl picard vermel : (terre) vermelle , « (terre) d’un rouge un peu plus foncé que l’incarnat ».

    ■ 59 à hem
    l’HEMPEMPONT
    sens du  » pem  » entre Heim & Pont

    On trouve mentionné Le hameau de L’Empempont en 1293, Lampeppont (Cartulaire de Saint-Pierre de Lille ) ; L’Empempont , sur les cartes de M. Marquette et de Raillard ; Lamponpont chez Cassini ; l’état – major l’écrit L’Hempenpont. Allez vous y retrouver !
    Si le deuxième élément du nom, « pont », ne fait pas difficulté (pont sur la Marque), il n’en va pas de même pour le premier.
    Les premières formes anciennes semblent en tout cas exclure une origine selon « heim » — mais le toponyme a subi par la suite l’attraction du nom de sa voisine, Hem.
    On est alors tenté de voir dans ce premier élément un nom de personne, mais lequel ? On peut penser à Lampin (ou Lempin), nom du Nord de la France et de Belgique qui désigne apparemment un marchand ou un fabricant de lampes mais qui peut aussi être un hypocoristique de Lambert. On peut aussi penser, en raison de l’apostrophe du premier nom attesté, à Empain  (ou Empin), nom porté lui aussi dans le Nord et en Belgique et dont on dit que la forme initiale était Waignepain ( Gagnepain).

    ■ 76 ILLOIS sur wiki , longue liste , sans indication du sens

    Hisleis en 1156-61, Isleis en 1227. Peut-être de l’oïl isleis, islois , « habitant d’une île » devenu nom de personne puis nom de lieu (E. Nègre). Ou bien du nom d’homme germanique Illo et suffixe obscur (D&R)

    ■ 02 TRELOU-sur-MARNE
    Tres podiae : les trois cabanes ? ( ouiki)

    Le nom Trelodium attesté en 1272 plaide en effet pour une étymologie selon tres lodioe, « trois loges, trois cabanes ».
    Mal compris, ce nom était devenu Tréloup (trois loups?) avant d’être rectifié en 1966.

    ■ 02 GOUSSANCOURT

    Gozoni Curtis en 1103, Goxencurtis en 1178 et Goncencourt en 1219. Du nom de femme germanique Gunza (D&R) ou du nom d’homme germanique Guntianus (Nègre) et latin cortem, « domaine » .

    ■ 59 GOUZEAUCOURT longue liste WIKI
    3 choix :
    gossum ? go, goW , gunsaldi ?

    Goybelcourt en 1096-1101 (à lire sûrement *Goyselcourt ) puis Goisalcourt » (1164), Gosaucourt, Goiselcourt (1175) : du nom d’homme germanique Gozilo et latin cortem . Le nom Gualtercourt attesté en 911 doit concerner un autre lieu aujourd’hui disparu. (E. Nègre)

    ■ 59 PRISCHES

    Perez (1125), Pericias (1180), Perices (1193) et Plices (1199). Peut-petre du nom de personne roman Priscus et suffixe as (sous-entendu terras).
    Les noms Pericias, Perices seraient des graphies de *Pricias, *Prices . À rapprocher du nom de Prisces (Aisne) qui était Prices en 1166 et Perices en 1190, sur le même anthroponyme.

    ■ 60 ECUVILLY

    Écuvilly (Oise) : D&R proposent pour Scuvilliacus (933) le nom d’homme gaulois Scopilius accompagné du suffixe acum . Idem pour Equevilley (H.-S.), Ecueillé (Indre), Ecuillé (M.-et-L.) et Ecully (Rhône)..
    Mais il est vrai qu’on sait maintenant que le suffixe locatif gaulois acum n’a pas toujours accompagné un nom de personne. Dommage que le site de la Communauté de communes du Pays des Sources ne cite pas la sienne (ahah).
    J’ai trouvé pour ma part une hypothèse faisant d’Écuvilly, avec Escoublac, Écublé, Écueillé, Écueilly et Ecquevilly, des « lieux abandonnés aux fourrés, aux buissons simplement utilisés pour confectionner des balais, scopulae » ( et je cite ma source )

    À quoi ça sert que je me décarcasse ? Ça ne date que du 12 mars de cette année !

    ■ 47 COCUMONT probable tautologie

    L’explication abondamment citée du pré-indo-européen*cuc, « hauteur arrondie », suivi d’un « mont » redondant est contestée par E. Nègre qui voit dans le nom Cogutmont attesté en 1255, l’occitan cogul, « coucou », devenu cocut dans la langue moderne : ce serait alors le « mont du coucou ». On pourrait lui rétorquer que le nom originel, issu du pré-indo-européen cuc, mal compris, a subi l’attraction tardive de cogul, plus connu …

    ■ 36 MâRON-EN-BERRY
    de maronio 1348

    Maron au XIIIè siècle et Maronium en 1327. Du nom de famille Maron, lui-même hypocoristique de Marie.

    ■ 80 CIZANCOURT

    du nom de femme germanique Sisa(n) et latin cortem

    ■ 14 CAUVICOURT
    longue liste wiki, sans étymologie ( habituel )

    Cauvaincourt en 1213, du nom d’homme latin Calvius ( de Calvus, le chauve) et latin cortem

    ■ 76 abbaye de Beaubec ( beau ruisseau ? Bekr ? )

    Beaubec-la-Rosière : de Bello Becco en 1332, du norrois bekkr, « ruisseau », et adjectif beau

    ■ 10 AVON LA PEZE

    Avo en 1381, du nom d’homme germanique Abbo(n)
    la Pezey au XVIè siècle : du nom d’homme gaulois Pisius et suffixe acum

    ■ 10 AVANT LES MARCILLY

    Avenz en 1207, du nom d’homme roman Adventus
    Marcilly : du nom d’homme latin Marcellius et suffixe acum

    ■ 10 COURTAVANT

    sans forme du nom plus ancienne que les Courtavant, Bois de Courtavant, Canal de Courtavant attestés au XVIIIè siècle, il est difficile de se prononcer. Un dérivé de cortem et du nom Adventus (cf. le précédent) est tentant mais n’est pas assuré.

    ■ 31 à toulouse , quartier de PURPAN Pons-François Purpan
    étymologie du patronyme

    Je n’en ai aucune idée et je ne suis visiblement pas le seul puisque je n’ai rien trouvé dans mes livres ni sur le web.

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  4. https://vousvoyezletopo.home.blog/?s=%C3%A9cuvilly

    j’ai justement vérifié si vous n’aviez pas traité d’ECUVILLY ( car j’avais l’impression que si )
    et voilà la réponse de la recherche !


    votre réponse portait sur ECQUEVILLY
    ( mot proche d’écuvilly ) et ne disait pas vraiment clairement ( pour moi) de quel mot
    il s’agissait.

    ECQUEVILLY

    donné ^par le marquis HENNEQUIN d’ECQUEVILLY

    seigneur d’ECUVILLY 60
    Origine : Scuviliacus (933) origine gallo-romaine, du latin SCOPA (copeau-branchette) et du galois IACUM (lieu-endroit) ; désigne une place d’habitations obtenue par défrichement.

    donc à l’époque : lieu habité , sur défrichement

    réponse de scopulae : lieu abandonné aux fourrés ( et donc peu défriché )
    SCUVILIACUS # SCOPILIUS ?
    Merci beaucoup , donc , l’on ne saura jamais , ne pouvant aller en l’an 933 pour vérifier.

    à bientôt .

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  5. lecteur

    c’est effectivement à propos de votre question concernant Ecquevilly (qui mentionnait aussi le nom d’Ecuvilly 60), que je vous ai fourni l’étymologie d’Ecuvilly dans un paragraphe commençant par

    Ecuvilly (Oise ) :

    Les deux points me semblent lever toute ambiguïté sur le fait que l’étymologie qui les suivait concernait bien Ecuvilly et non Ecquevilly (qui est sans doute une variante graphique).

    D’autre part, comme souvent en toponymie, plusieurs hypothèses sont envisageables entre lesquelles il est difficile de trancher.

    J’aime

  6. https://www.ladepeche.fr/2019/02/17/loeuvre-du-dimanche-portrait-de-pons-francois-purpan,8020210.php

    Inscription (peinte dans la partie basse de la toile) : Nobilis Pons Franciscus de Purpan, dom. de vendine, Pouvourville, libr. art anno 1632 : in med. regens annon 1639 facundia inclavit clinicus fama viguit pharmacop. tolos. in ordinem digestam et paucas in formulas contractam obiit anno 1660 ;
    Armoiries (dans l’angle supérieur gauche) : armes surmontées de la couronne comtale.

    Pons François PURPAN (1593-1660)
    Il est le fils de François Purpan, chirurgien renommé. Après avoir passé ses grades à Montpellier, Pons-François Purpan, revient s’installer à Toulouse et se marie le 18 avril 1617. Il est désigné par le Parlement en mai 1628, pour dresser, avec plusieurs de ses confrères, un inventaire des médicaments devant l’anarchie de la fabrication des remèdes. Pons François Purpan, publie en 1648 la Première pharmacopée Toulousaine ou Codes Medicamentarius.
    Ce livre en latin traitait « des seuls médicaments que les apothicaires doivent avoir en leurs boutiques… avec défense d’en avoir d’autres… Ce Codex renferme tous les médicaments nécessaires à la cité de Toulouse… J’ai jugé qu’il était bon de préférer ce qui vient de chez nous à ce qui est étranger» ! Cette pharmacopée qui renferme le nom de 379 médicaments ou préparations ne cite malheureusement pas le quinquina, produit exotique nouveau et très intéressant apport à la pharmacopée classique. Une seconde édition, modifiée et enrichie par les apothicaires, a été publiée en 1695, bien après sa mort.
    Le 28 juin 1632 Purpan est nommé Régent de la faculté des arts, puis en 1639, docteur régent à la faculté de médecine, et enfin doyen de la faculté en 1642. Cette époque était marquée par de fréquentes épidémies de peste, en particulier au cours des années 1628-1632 puis 1652-1653 où près de 20% de la population toulousaine disparut. Il semble que Purpan, Lecocq, Queyrats et plusieurs autres médecins, se soient mis volontairement en quarantaine dans leur propriété campagnarde avec leur famille pour échapper à la contagion. Ils ont été rappelés à l’ordre par deux ordonnances des capitouls qui leur enjoignirent de regagner leur poste sous peine d’être déclarés indignes de leur charge.
    Après le décès de Queyrats, Purpan assure à partir du 8 janvier 1642, le service de médecin de la conciergerie (prison). Il décède en 1660, en laissant le souvenir « d’un maître de la parole et d’un habile praticien ».
    L’hôpital suburbain construit sur le domaine de Baladier à partir de 1907 et ouvert aux civils en 1946, porte son nom.
    A Toulouse, en 1617 : contrat de mariage entre Mre Pons Francois PURPAN docteur en faculté de médecine assisté de sire Francois PURPAN Me chirurgien de Toulouse d’une part et demoiselle Peyronnette de COCURAL
    Dot de la fille une maison rue de la Perche Pinte (rue Perchepinte) avec 3000 livres, une robe de taffetas et « une cotte de satin pour les fiansailhes ».
    Le dit Francois PURPAN père donne à son fils une métairie du labourage de 2 paires de boeufs dans le gardiage de Toulouse et capitoulat de La Daurade, au lieu dit St Aubin près de St Martin du Touch,
    Plus il lui donne une maison rue Bouquières joignant la maison qu’il habite.

    https://www.purpanalumni.org/global/gene/link.php?doc_id=473&fg=1
    pages 13 et 14
    La famille Purpan est originaire de Sisteron.
    Leveto pourrait-il y trouver quelque renseignement ?

    voir aussi
    Les Chroniques De La Faculté De Médecine De Toulouse Du XIIIe Au XXe Siècle (ggl books) , voir le chapitre du XVIIe siècle pages 131 et suite

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  7. Merci JSP !

    Si j’avais bien lu quelque part que la famille Purpan était d’origine provençale, je ne m’y étais pas attardé. Le fait que vous insistiez là-dessus, en parlant de Sisteron, m’a incité à repartir sur cette piste. Et j’ai bien fait, pardi ! Que n’y avais-je pas pensé plus tôt !

    J’ouvre le Trésor du Félibrige , je le feuillette et je tombe sur puro-po accompagné de « voir plouro-pan ». Ce dernier mot (à l’article plouro-mico dont il est donné comme un synonyme dauphinois ) est défini comme « pleure pain, pleurard ».

    Ne me contentant pas d’une seule source, j’ouvre le Dictionnaire du patois des environs de Grenoble (Albert Ravanat, éd. Rey, 1911) à la page 158 et je trouve : « Plouro-pan  : Avare, ladre, chiche ».

    Quelque chose me dit qu’en combinant ce plouro-pan avec le puro-po mistralien, on n’est pas très loin d’un *puro-pan qui aurait pu devenir sobriquet puis nom de famille sous la forme Purpan.
    CQFD ?

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  8. Le blason des Purpan porte un dextrochère de carnation habillé de gueules tenant 5 épis effeuillés de sinople soit : un bras droit de couleur naturelle, habillé de rouge, tenant 5 ÉPIS effeuillés verts, on aurait un rapport avec le pain !

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