Corfou (répàladev)

podium seul TRA reste le seul à avoir trouvé la bonne réponse à ma dernière devinette. Félicitations !

Il fallait trouver Corfou, une île dont la ville principale, du même nom, est la capitale de la périphérie grecque des Îles Ioniennes. Son nom grec est Kérkira (Κέρκυρα).

Corfou, c’est là :

iles ioniennes

Et ça ressemble à ça :

corfou II

Une inscription en linéaire B datée de 1300 av. J.-C. porte la première mention de l’île sous la forme ko-ro-ku-ra-i-jo, que l’on traduit par l’ « homme de korokura ». Ce même nom se retrouve sous la forme Korkura dans des inscriptions attiques du Vè siècle av. J.-C.

C’est Hérodote qui nous livre son nom grec Kerkura, d’où vient son nom latin de l’époque romaine Corcyra (Corfou est la première ville grecque soumise par les Romains en -229). De là vient notre appellation Corcyre dans la tradition littéraire.

On voit dans ces noms des dérivés du radical indo-européen *kerk-, à l’origine du grec κυρτος, kurtos avec le sens de « courbé, arrondi, incurvé », dont il a été question à propos de la Corse. La forme de l’ile, qui l’a faite surnommer δρέπανον (drépanon), « la faucille », suffit à expliquer ce nom.

À l’époque byzantine s’est introduite l’habitude de désigner l’île par stous Koruphous ou stous Korphous, « aux sommets », sans doute en référence aux deux sommets sur lesquels était bâtie la citadelle :

La ville de Corfou à l'époque vénitienne en 1573
La ville de Corfou à l’époque vénitienne en 1573

À partir du XIIIè siècle ce nouveau nom est entré dans l’usage des Francs puis repris par les Vénitiens en italien Corfu, repris à son tour par le français Corfou — tandis que les Grecs ont conservé le nom originel.

Les indices

■ « Un indice ? Ben, non, je ne suis pas fou. (qui a dit « pas encore » ?) ». Faut-il en rajouter ?

indice a 17 05 2022 ■ Ce Bouquet de roses blanches au vase (Achille Cesbron, 1849-1913) était censé rappeler les inoubliables Roses blanches de Corfou chantées entre autres par Nana Mouskouri (clic à vos risques et périls).

indice c 17 05 2022  ■ Cette reproduction d’une trière  rappelait l’importance de la flotte corfiote dans l’Antiquité (La corfiote, c’est ce qui dégouline et qui passe par les trous de la pita ? interrogeai-je déjà en 2014 sur un autre blog). C’est en effet lors de la révolte des Corcyréens de 664 av. J.-C., qu’ a eu lieu la première bataille navale connue de l’histoire grecque.

indice b 17 05 2022  ■ Cette Fille avec une faucille (John Singer Sargent, 1856-1925) rappelait le surnom drepanon qui avait été donné à Corfou.

14 commentaires sur “Corfou (répàladev)

  1. Si les noms anciens de la Corse et de Corfou sont bien bâtis à partir de la racine KER / KOR, on pourrait se demander (candidement) si le nom de la Crète ne pourrait pas venir de la même racine au degré zéro KR;

    Je n’ai, hélas ! rien trouvé sur la Toile qui me renseigne sur l’étymologie de l’île du roi Minos …

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  2. Bonne question, TRA !

    On trouve le premier nom , comme pour Corfou, en linéaire B, sur des tablettes mycéniennes de Pylos à la fin du XIIIè siècle avant notre ère. On y lit : ke-re, ke-re-te et ke-re-tes-i-jo que l’on « traduit » par Krès, Krètes et enfin Krèsios pour Crétois (où on comprend que le suffixe i-jo correspond à « homme de, habitant ».

    Il est en effet tentant de voir dans ce ke-re crétois une variante ou un équivalent du ko-ro corfiote.
    Mais je n’ai aucune certitude. J’essaierai d’approfondir quand j’aurai un peu plus de temps.

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  3. Bonjour m Leveto
    voici des questions , surtout savoisiennes.

    73 à betton-bettonet , hameau de PONTURIN.

    73 à châteauneuf , hameau de TARDEVEL

    73 aux marches , rue de CRINCAILLE

    aux marches route de SELOGE

    73 ROUTHENNES à sainte-reine ( bauges)

    73 idem , sainte-reine, châlet de l’EPION

    73 saint-cassin = LES HUIRES ( idem aux Huiles ?? vallée des huiles )

    saint-cassin , châlets LELIA , col de LELIA

    Col de la DRIERE ( ou du Midi )

    73 saint-thibaud-de-coux
    le MONT-GRELE , ou grelle , grêle , GRELOZ

    73 VERTHEMEX

    73 GERBAIX
    ———————————

    Dans la Somme

    80 UGNY-L EQUIPEE
    https://vousvoyezletopo.home.blog/?s=UGNY

    &
    80 WIENCOURT-L équipée

    quelle équipe ? équipée ?

    Merci beaucoup

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  4. lecteur

    Voici mes réponses. Attention, ça va être long (avez-vous remarqué que plus les lieux sont petits, plus les réponses sont longues ?)

    ■ 73 à betton-bettonet , hameau de PONTURIN.

    Anciennement mentionné Pont-Turin du patronyme Turin ou Thurin qui peut être 1/ un dérivé de Taurinus, premier évêque d’Évreux (cf. Saint-Thurin dans la Loire, aujourd’hui dans Vêtre-sur-Anzon, attesté S. Taurinus en 1344) 2/ une aphérèse hypocoristique de Mathurin 3/ un qualificatif désignant une personne originaire de la ville italienne

    ■ 73 à châteauneuf , hameau de TARDEVEL

    Tardevel est un patronyme, sobriquet diminutif de l’occitan tardiu (latin tardivus), avec le sens de « tardif, en retard, lent » ou bien d’« enfant né tardivement de parents déjà âgé s». Un Nicolas Tardivel est attesté en 1774.
    ■ 73 aux marches

    ♦ rue de CRINCAILLÉ du patois local « quincailler »

    ♦ aux marches route de SELOGE

    « Seloge fut une rivière qui a, depuis 1248, séché complètement et laissé même disparaître son lit, pour ne plus désigner qu’un village en pente vers le Sud, village qu’elle traversait … » — Le pays de Montmayeur : sa vallée du Coisin et le Bondeloge – (Félix Bernard · 1971 )·
    La terminaison en -oge plaiderait pour un nom celtique, voire préceltique, comme pour le Bondeloge — (Histoire des Marches, à l’ombre du Granier, chronique d’un village de Savoie (Ghislain Garlatti · 2007).
    Il faudrait alors voir dans la finale –oge le résultat du suffixe gaulois –odius comme pour Limodio (XIè siècle) qui a abouti à Limoges(-Fourches) en Seine-et-Marne [pour mémoire, le nom des Allobroges, auquel on pense immédiatement, est issu des celtiques allo, « autre », et brogi, « pays » : ce sont « ceux venus d’un autre pays »]. Mais le radical sel– reste de toute façon mystérieux, sauf à y voir un préceltique *kel, variante de *kal, « pierre ».

    ■ 73 ROUTHENNES à sainte-reine ( bauges)

    dans les bauges , ROUTHENNES
    À Aix-les-Bains et ses environs, le grenier à foin était appelé rutenne, curtenne (Comte de Loche, Aix-les-Bains). Le Dictionnaire savoyard indique que rutna est encore employé dans ce sens dans certains cantons (à Rumilly p. ex. et dans l’Albanais). Le Patois savoyard parlé dans le canton d’Albertville (Brachet) mentionne rutena comme « endroit de la grange, sous le toit, où on met le foin».
    Il est très vraisemblable que les Routhènnes de Sainte-Reine ont été des granges pour le foin, des rutènes.

    30 juin 2021
    À quoi ça sert que je me décarcasse ?

    ■ 73 idem , sainte-reine, châlet de l’EPION

    L´Epion, petit sommet de la commune de Saint-Pierre-d´Albigny (Bauges, Savoie), attesté A jactatu de l´Espion en 1220, était probablement un ancien poste d´observation.

    ■ 73 saint-cassin = LES HUIRES ( idem aux Huiles ?? vallée des huiles )

    Voilà un toponyme qui m’a donné du fil à retordre ! Je ne peux que vous résumer mes longues mais vaines recherches :
    « Saint-Cassin se compose d’environ 25 hameaux, regroupant plusieurs maisons et granges ou parfois réduits à une seule unité domestique. La toponymie, sensiblement la même depuis le milieu du 19ème s., n’a connu que quelques évolutions au niveau des lieux-dits. Ainsi, les Huires portaient le nom de Cadoux, tandis que les Platon s’orthographiaient Plats-Longs. » (Mairie)
    [ Cadoux : de catanus , « cade, grand genévrier », et suffixe collectif osum ; peut aussi être un patronyme]
    Ce toponyme Les Huires se trouve également à Saint-Sulpice dans le même département (Savoie).
    On trouvait également à Saint-Georges-de-Noisnée (Deux-Sèvres) les Huires de la Gonchère attesté Piece de terre apellee les Huires de la Gonchere size au teneman de la Roche , 1691, aujourd’hui disparue.
    Pour finir ce recensement, notons aussi au singulier le lieu-dit Huire, le Bois d’Huire et la Cime d’Huire à Quincié (Rhône), une allée de Huire à Bayonne (Pyr.-Atl.) ainsi que la Bourd’Huire au Champ-près-Froges (Isère).

    Les Huires savoyards sont bien entendu absents des cartes de Cassini (qui n’a pas cartographié le duché de Savoie !) mais aussi, plus surprenant, de la carte d’état major de 1866, qui ne mentionne même pas le Cadoux signalé pourtant par le site de la mairie. L’allée bayonnaise (comme un éventuel lieu-dit) en est également absente. Seul le hameau Huire de Quincié en Beaujolais apparaît tel quel en 1761 (feuillet 86, Macon).
    Le site de la mairie de ce même Quincié indique qu’aux XIVè-XVIè siècles « Grace à ses nombreux ruisseaux (Cherves, Huire, l’Ardières, Romarand, Ris-Baudon, Ris-Bouillon, Samson, St Cyr), la commune avait son moulin (Montmay), sa papeterie (Ponchon), sa tannerie. » Nulle part ailleurs mentionné, ce ruisseau porte vraisemblablement le nom, qui serait donc antérieur au XVIè siècle, du hameau qu’il traversait.

    Je rajoute pour être tout à fait complet (et pour montrer toute l’étendue de mes recherches !) ces noms de lieux-dits trouvés dans l’Almanach historique et politique de la ville de Lyon (…) publié en 1825, à propos de la paroisse de Trèves (Rhône), à savoir « les hameaux de la Haute-d’Huire, de la Basse-d’Huire » accompagnés d’une note de bas de page précisant : « D’huire signifie convenir, être agréable ». Aucun de mes dictionnaires ne confirme pourtant l’existence de ce verbe. Ces hameaux sont notés Duyre Basse et Duyre Haute en 1761 par Cassini (feuillet 87, Lyon) et Basse et Haute Dhuire aujourd’hui, que l’on peut imaginer dérivés du latin ducere , « conduire », et désignant un conduit (d’eau), une rigole, un ruisseau (nous y revoilà!). Il existe ainsi un ruisseau de la Duire à Saint-Paterne-Racan (I.-et-L.). Mais il ne s’agit que d’une proximité paronymique avec les Huires savoyards.
    Quant à la Bourd’Huire iséroise, il s’agit probablement d’une variante du nom de famille Boudhuire ou Bouduire, c’est-à-dire « conducteur de bœufs » (latin bos et ducere) parfois même altéré en Boudhuile ou Boud’huile.
    Quoi qu’il en soit, il reste difficile de relier tous ces noms les uns aux autres (Savoie, Isère, Deux-Sèvres…) et de leur trouver une étymologie.

    En ce qui concerne les Huires de Saint-Cassin et Saint-Sulpice, il semble s’agir de toponymes récents peut-être alors liés aux noms de leur propriétaire. Le patronyme Huire est attesté au singulier mais je n’en ai en tout cas trouvé aucune étymologie. Un rapport avec une des anciennes transcriptions du nom des Ouïghours me semble très improbable, tout comme avec l’ancien français huir, « crier comme un milan (le rapace, dit aussi huard) » (Littré, Quillet) ou « huer » (Godefroy). Enfin, rien ne permet de faire un rapprochement avec « huile ».
    Le fil n’est donc pas complètement détordu.

    ■ saint-cassin ,

    ♦ châlets LELIA , col de LELIA

    Attesté Lallia au XIVè siècle puis encore en 1856, mais Lélia dès 1855. Il s’agit d’un nom dérivé de laya, leia, lia , du bas latin aya, agia , « forêt », avec agglutination de l’article. On trouve ainsi un quasi homonyme Lalliat à Cognin (Isère) qui était une comba della Lya au XIVè siècle. Cf. aussi Saint-Germain-en-Laye, attesté Sanctus Germanus in Leia dès 1161 C’est sans doute le succès du roman Lélia de G. Sand qui a provoqué la dérive du toponyme.

    ♦ Col de la DRIERE ( ou du Midi )

    Du bas-latin draeria, lui-même de draya, « chemin suivi par les troupeaux, couloir dans une forêt pour l’exploitation des bois, avalanche, chemin rural, lit de ruisseau ». Je vois qu’on parle, à Saint-Cassin, du nant de la Drière, ce qui plaide plus en faveur d’un ruisseau que d’un chemin.

    ■ 73 saint-thibaud-de-coux
    le MONT-GRELE , ou grelle , grêle , GRELOZ

    L’interprétation selon le phénomène météorologique est douteuse ; à l’origine, il pourrait plutôt s’agir d’une évocation de corneilles ou corbeaux (grolle, du latin graula)

    ■ 73 VERTHEMEX

    ad Vertemays (1200), de Vertemes (1308, de Vertemex (XIVè siècle). Du nom d’homme gaulois Vertamaca ou Vertamica

    73 GERBAIX

    Apud Gerbais vers 1150, Capellanus de Gerbayrio au XIVème siècle, d´un patronyme Gerbais,dérivé du nom d’homme roman Gerbasius variante de Gervasius,  du grec gherazein, « honorer ».
    ———————————
    Dans la Somme
    80 UGNY-L EQUIPEE
    https://vousvoyezletopo.home.blog/?s=UGNY
    &
    80 WIENCOURT-L équipée
    quelle équipe ? équipée ?

    Ugny l’Équipée : Oisni (12…) ; Oisny (1255.) ; Oigny (1410.) ; Vigny le Guippé (1606.) ; Ugny lesquippé (1631.) ; Ugni l’équipée (1733.) ; Ugny léquippé (1750.) ; Ugny léquippée (1640.) ; Ugny (1761.) ; L’équigny (1787.) ; Ugny l’Equipé (1801.) ; Ugny l’équippée (1836.) ; Ugny-les-quippé ; Oigny-les-Quippé et Quippée (1844)
    Ugny vient du nom de personne gaulois Onnio et suffixe acum

    Wiencourt l’Équipée : Wiencourt (1147.) ; Wiencort (1207.) ; Ywencort (1234.) ; Wyencourt (1341.) ; Wiancourt (1367.) ; Wiencourt-en-Santers (1480.) ; Vurancourt (1648.) ; Vuiencourt (1638.) ; Vuyencourt (1695.) ; Viancourt (1729.) ; Viencourt (1729.) ; Wiencour-l’Equipée (1761.) ; Oyencourt (1790.) ; Wiencourt et l’Equipée (1806.)
    Wiencourt vient du nom de personne germanique Wido(n) et latin cortem.

    Le hameau L’Équipée de Wiencourt (composé d’une seule ferme disparue au XIXè siècle) était appelé Lesquippée (1554.), Lequippe (1573.) puis L’Equipée (1761.)
    En réalité, « l’Équipée » ne qualifie donc pas la commune mais désigne un hameau qui lui a été associé.
    Deux hameaux dans l’Aisne, cinq dans l’Oise et sept dans la Somme portent ce même nom de L’Équipée dont le plus anciennement attesté, à Bosquel (Somme), était appelé Lesquipé en 1510. Il semble donc que ce soit un nom de faible expansion géographique, un régionalisme picard.

    Je trouve dans ce glossaire  : « Équiper : s’emploie — un peu en mauvaise part — au sens de faire saillie au-delà des dimensions ordinaires ». Ce terme n’aurait-il pas pu désigner une ferme plus grande que les autres ? Le même dictionnaire signale aussi le sens d’« éloigner » : on peut alors penser à une ferme éloignée, à l’écart.

    Le mot était sans doute déjà mal compris par les greffiers au XVIIè siècle, d’où le nom fantaisiste de Vigny-le-Guipé avec l’adjectif « guipé », brodé de soie et d’or, dont on voit mal comment il peut s’appliquer à une commune.

    Hop. Rideau.

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  5. PEINE À HUIRE

    Ces Huires ne pourraient-ils pas être des « horrea » (ou leurs « descendants ») ?

    « Un horreum (pluriel horrea) est un entrepôt de l’époque romaine.
    Bien que le terme latin évoque souvent le grenier à grain, les horrea romains étaient également utilisés pour stocker d’autres types de biens : les Horrea Galbae (en) à Rome abritaient du grain mais aussi de l’huile d’olive, du vin, des vivres, des vêtements et même du marbre. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Horreum

    Phonétiquement, cela me semble être possible : « OStrea » a bien donné « HUÎtre » et « HOdie » a abouti à « Hui » (dans « aujourd’hui ».
    Quant au E final il peut s’expliquer par un féminin tardif en « A, formé, comme ce fut souvent le cas dans la basse-latinité, par un pluriel neutre mal compris.

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  6. TRA
    horreum est en effet une piste que je n’ai pas explorée.L’évolution linguistique que vous suggérez semble tenir la route (mais je ne suis pas linguiste …).
    Le peu que je viens de lire m’apprend que les horrea étaient de gros entrepôts à blé et à viande séchée destinés principalement aux légions et qui se situaient donc sur les principales voies romaines. L’Itinéraire d’Antonin et la Table de Peutinger en signalent plusieurs, dont un sur la Côte-d’Azur qu’on a du mal à identifier. Il semble aussi qu’ils n’aient pas laissé de trace dans la toponymie.
    Les Huires savoyards semblent par ailleurs géographiquement assez éloignés des voies romaines traditionnelles et peu propices à accueillir des entrepôts

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  7. je m’étais demandé s’il y avait un lien possible éventuel potentiel avec la vallée des Huiles ( # , en fait aiguille ) vu la proximité géographique ( pour les huires de Savoie )

    ( mais bien sûr , en me basant juste sur les lettres identiques ; en comprenant bien toute la stupide relativité de cette courte ébauche de réflexion )

    pour SELOGE , très intéressant ; cette rivière a donc disparu lors de l’effondrement du Mont Granier .
    merci

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  8. Si les « horrea publica » désignent de grands entrepôts, à vocation civile ou militaire, gérés par l’État romain, le terme devait aussi s’appliquer à des espaces plus modestes : Gaffiot le cite aux sens de « grenier » (chez Cicéron) et de « cellier » (chez Horace).

    On trouve aussi (peut-être) un exemple de toponyme, sous une forme peu éloignée de Huire, sur ce site (dont j’ignore la valeur) :

    « En 1127, Les Orres, en vivaro-alpin Los Uèris, est attesté sous la forme latine Oree Locus. Les archives enbrunaises voient ce toponyme sous la forme Horrei en 1238.

    Ce toponyme semble provenir du latin Horreum désignant un grenier ou un cellier.  »

    http://www.tchinggiz.org/toponymes-hautes-alpes.html

    ——————————————————————————————————————————–
    Illustrons ce propos avec l’horreum de Narbonne :

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  9. À propos des Orres, je ne résiste pas au plaisir de citer le contributeur de WP, qui mélange allègrement tout :

    « Le nom de la localité est attesté sous les formes de Orreis en 1105, Oree Locus en 1127, Horrei en 12388, les Heuerys en 15649.

    Ce nom vient du latin horreum qui désigne un grenier à blé. En effet, la vallée des Orres représentait auparavant des réserves de blé considérables pour la ville d’Embrun.

    Jean Ferdinand Petrucci lui10 affirme seulement un lien sémantique avec « Hort » : « Jardin » (dans un sens large). Exemple origine du nom des « Hortensias » et encore du « vallon-des-Houerts » proche à Saint-Paul-sur-Ubaye. Étymologiquement lié au latin hortus hort, ortus qui ont donné des dérivés dans toutes les langues et patois latins.

    Les Orres se dit les Ueris en vivaro-alpin11, Los Uèris en occitan. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Orres

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  10. TRA

    Bien vu ! Je n’étais pas allé assez loin dans mes recherches !
    Dauzat&Rostaing donnent bien horreum, « grenier ; dépôt de blé », comme étymologie pour Les Orres.
    E. Nègre ne remonte pas plus loin que le pluriel de l’occitan òrri, ouèrri , « grenier à blé » ou « vivier », en se reportant à la définition qu’en donne le Trésor du Félibrige .
    Ce même TdF ajoute les formes uèrri (en précisant : marseillais) et iuèrri (en précisant : dialecte des Alpes) et donne comme étymologie le roman orri, horri, huerri qu’il fait venir du latin horreum.

    Quant au nom Lis Orre , « Les Orres », il s’interroge : « R. òrri ? » (avec R. pour « radical, racine »).

    Reste à s’assurer que cette étymologie convient aux Huires… ce qui ne me parait pas impossible.

    PS tout bien réfléchi, l’absence des cartes de Cassini de ces topos qui, si on suivait cette étymologie, seraient bien plus anciens, laisse planer le doute.

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  11. (QUASI-)HOMOPHONIE

    Il est à noter que, à Saint-Cassin, la cascade de Couz, qui fit, paraît-il, l’admiration de Jean-Jacques Rousseau, se jette dans l’Hyère, qui prend sa source non loin des Huires :

    https://www.google.fr/maps/place/Cascade+de+Couz/@45.5340092,5.8663084,15z/data=!4m5!3m4!1s0x478b0757ccf0a42b:0x99e329af6418dfa2!8m2!3d45.53317!4d5.866523?authuser=0

    https://randonneessavoie.wordpress.com/2012/04/01/cascade-de-couz/

    [ Il n’y a sans doute aucun rapport, mais c’est amusant … (un rien m’ébaubit.)]

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  12. Merci TRA
    je connaissais les HORREA & il y avait aussi les SPICARIA
    ( tel SPICHEREN 57 , par où Dany le rouge s’était enfui , en 68 , par la Goldene Breme)

    il serait intéressant d’avoir des articles de toponymie sur les
    horrea & les spicaria

    et également sur les cours d’eau Hyère ( plusieurs étymologies différentes ?? )

    merci

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  13. TRA

    Il y a effectivement peu de chances que les Huires soient nés d’Hyères.
    Quant aux Huires, si j’en crois votre carte, nous sommes plutôt dans le Merderet…

    lecteur
    Horrea et Spicaria ont été ajoutés à ma liste à faire… mais leur rareté en toponymie risque de rendre la chose malaisée.
    Pour les cours d’eau nommés L’Hyère (C.-d’A., Fin., Sav. et S.-Mar.), je dois là aussi aller à la pêche aux formes anciennes et déterminer si le nom est bien un hydronyme et non un toponyme passé au cours d’eau.

    Patience, donc.

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  14. HAPPY HOUR

    Mistral nous dit que « horreum » aboutit à « orri ».

    Dans un sens spécialisé, ce terme est fécond :

    « Un orri est une ancienne installation d’estive en haute et moyenne montagne ariégeoise ou catalane, ayant servi à la traite des brebis ou des chèvres et à la fabrication du fromage d’orri. Elle comprenait généralement un gîte non couvert pour les bêtes, une cabane pour les bergers et une autre pour la fabrication du fromage. » (Wikipedia, art. « orri »)

    On trouve ainsi, par exemple, les orris de Carla :

    https://www.parc-pyrenees-ariegeoises.fr/visitez-le-parc/activites-a-faire/sites-incontournables/orris-carla/

    On a également les orris de Belcaire, près du mont Hourre :

    http://aude-tourismeloisirs.com/Le-Mont-Hourre-et-les-orris-de

    D’ailleurs « Hourre » pourrait bien venir aussi de « horreum »,et se rencontre ailleurs comme toponyme (mais je chercherai un autre jour car, comme disait Héraclite, on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve … ).

    [ Quant au houris du paradis, je ne suis pas au Coran … ]

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