Véfour (répàladev)

Personne n’a rejoint TRA qui reste seul à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette, et pourtant Brosseur s’est approché très près.

Il fallait trouver Véfour, un lieu-dit de Saint-Didier-sur-Rochefort dans le département de la Loire.

local-Saint-Didier-sur-Rochefort

Le Dictionnaire topographique du Forez et des paroisses du Lyonnais et du Beaujolais formant le département de la Loire (J.-É. Dufour, 1946) nous donne les formes anciennes suivantes : Petrus de Veilfourt… Petrus Veilfort (1408) ; Iter tendens de Praloes ad Furnum Vetus (1472) ; Le village de Véfourt (1730) ; Le village de Véffour (1753) ; Véffour (XVIIIè siècle, Cassini) ; Veyfour (1887) ; Véfour (1926).

Il s’agissait donc de l’emplacement d’un « vieux four ». Je n’ai pas pu déterminer s’il s’agissait d’un ancien four à pain, à chaux, de potier …

Dans la commune voisine de Saint-Just-en-Bas naquit en 1784 Jean Véfour, le futur fondateur du célèbre restaurant parisien du Grand Véfour. Pour un restaurant à la cuisine mondialement réputée, l’utilisation d’un vieux four est parfaitement adaptée (chacun sait que c’est dans les vieux fours qu’on fait les meilleurs rôtis). C’est ici, au Grand Véfour, que s’est arrêté Brosseur

Saint-Didier-sur-Rochefort : ecclesia Sancto Desiderio en 1255, du nom Desiderius d’un évêque de Vienne de 595 à 608. Le complément sur-Rochefort indique que la commune est située au-dessus de Rochefort, un ancien château aujourd’hui en ruine.

Saint-Just-en-Bas : eccl. S. Justi au Xè siècle, du nom Justus d’un archevêque de Lyon au IVè siècle. Le complément en-Bas indique que cette commune est située en-dessous du Haut du Sein (1074 m), dans la vallée du Chagnon.

CPA St Didier sur Rochefort

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Les indices

Boën-sur-Lignon (chef-lieu de canton ) : Boen en 1025 et Bodenso alias Buenco au XIè siècle, est dérivé du nom de personne germanique Bodinus. Le Lignon, Lignono en 970, est issu du latin linea (finitima), « ligne de démarcation, sillon qui marque la limite », suivi du suffixe diminutif roman –on.

Montbrison (chef-lieu d’arrondissement ) : castello Montisbrisonis (1007-97). E. Nègre (TGF*) voit dans ce nom le franco-provençal mont brison, « mont du petit morceau, du très peu de choses », peut-être en rapport avec la colline de basalte, vestige d’un ancien volcan. Plus simplement, Dauzat & Rostaing (DENLF*) expliquent ce nom par celui d’un personnage germanique appelé Briso.

indice a06 06 2022 ■ il fallait reconnaitre Mademoiselle Montansier qui tenait salon au premier étage du café de Chartres qui deviendra le Grand Véfour (portrait issu de ce site).

■ pour les « vieux » téléspectateurs, Les oignons de Sidney Bechet rappellent l’émission L’art et la magie de la cuisine, présentée conjointement par Raymond Oliver et Catherine Langeais de 1954 à 1966, dont c’était le générique. Raymond Oliver était alors le chef du Grand Véfour récompensé par trois macarons dans le Guide Michelin.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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7 commentaires sur “Véfour (répàladev)

  1. « Petrus de Veilfourt… Petrus Veilfort (1408) ; Iter tendens de Praloes ad Furnum Vetus (1472) ; Le village de Véfourt (1730)  »

    Les formes en -T me turlupinent.

    De FURNUM, on attendrait FORN.

    Ne pourrait-il s’agir d’un FORT (un ouvrage fortifié) comme dans Beaufort ou Belfort ? Et n’y aurait-il pas eu une réfection tardive, en 1472, en Furnum, seule forme en -N attestée ?

    Ce serait donc un Vieux-Château …

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  2. TRA

    L’hypothèse du fort plutôt que du four que vous suggérez ne m’avait pas échappée.
    J’ai préféré le « vieux four » pour trois raisons arbitraires :
    1/ Si de furnum on attend four plutôt que fourt, de fortis on attend fort plutôt que fourt. Nous voilà bien avancés ! Mais si le FEW donne bien fourt comme ancienne variante régionale de fort, il donne aussi fort comme ancienne variante régionale de four. Allez vous y retrouver !
    2/ La présence d’un fort voire d’une simple maison fortifiée à cet endroit-là n’est pas plus documentée que celle d’un four. Mais il me semble qu’un fort aurait laissé des traces plus visibles qu’un four, surtout si celui-ci était banal.
    3/ Ça m’arrangeait pour ma devinette : un four, un restaurant…

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  3. Dommage que le restaurant n’ait pas été Le pied de cochon.

    Avec sa situ, ça marchait avec les forts de halles (du temps où elles étaient là).

    [ Mais je dérive. ]

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  4. Dans ma jeunesse, j’ai vu des scopitones, mais jamais de scotoplane.

    En tout cas, si c’est un cochon, il faut lui apprendre les bonnes manières. Et très jeune !

    Pour ça, rien de mieux qu’un petit traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations …

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