Saint-Avit-Sénieur (répàladev)

LGF le premier, puis TRA et Xyla, ont trouvé la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Saint-Avit-Sénieur, une commune du canton de Lalinde dans l’arrondissement de Bergerac en Dordogne.

local-Saint-Avit-Sénieur

Saint-Avit-Sénieur : le Dictionnaire topographique du département de la Dordogne (Alexis de Gourgues, 1873) nous indique les formes anciennes suivantes Sanctus Avitus (1097), Sanctus Avitus Senior (1124), Saint Avit le Vieux (XVIè siècle) et enfin Mont-Avit (1793) avant que ne soit rétabli le nom Saint-Avit-Sénieur en 1801.

Ce nom fait référence à saint Avit du Périgord, qui fut ermite dans une grotte au pied d’un mont Dauriac (vraisemblablement d’Auriac, du nom d’homme latin Aurius et –acum) avant d’y mourir en 570. On donna son nom au village qui s’était développé autour de la chapelle qu’il avait édifiée. Né en 487, il est mort à l’âge 83 ans, ce qui explique qu’on l’ait surnommé senhor en occitan.

CPA-saint-avit-senieur-

Lalinde : le même Dictionnaire topographique précise : « jolie source derrière la ville ; bastide construite par Edouard II, roi d’Angleterre, auprès d’une ancienne paroisse de ce nom (Lalinde) préexistante ». Cette dernière était nommée Castrum de la Lynde en 1270, la Lindia en 1289, villa Lyndeye en 1316, Lindia, vocatum in vulgari la Linda en 1351. Ce nom est issu de l’adjectif occitan féminin linda (font), « (la source) transparente, limpide ».

La présence attestée en 1267 d’un seigneur Jean de la Lynde, futur bâtisseur de la bastide, a abusé des toponymistes comme Dauzat & Rostaing qui y ont vu l’origine du nom de la commune alors qu’il ne s’agit que d’une homonymie : Jean de la Lynde était issu d’une famille d’origine flamande émigrée en Angleterre avec Guillaume le Conquérant et dont le nom signifie « tilleul ».

L’étymologie citée par wikipedia, reprise de ce site, qui fait de linda un dérivé du latin limitem, « limite, frontière », n’est pas à rejeter a priori : P.-H. Billy a montré (Les limites territoriales dans la toponymie de la France, in Nouvelle revue onomastique, n°31-32, 1998) que le latin limes, limites, « limite, frontière », a pu donner, avec perte du i atone de limite > lim(i)te > lim(i)de puis linte ou linde. La paroisse de La Lynde marquait en 1270 la limite de l’archiprêtré et, plus tard, la limite entre les évêchés de Périgueux et de Sarlat.

Cependant, la Table de Peutinger mentionne la station gallo-romaine Diolindum identifiée  à l’actuelle Lalinde (Histoire du Périgord, B. Lachaise et C. Chevillot, éd. Fantac, 2000). Le nom de Diolindum est une latinisation du gaulois diuo, « divin, sacré », associé à lindo « étang » (cf. le vieil irlandais lend, le vieux breton lin, le breton lenn, tous de même sens). Il n’est pas impossible que ce lindum soit à l’origine, par attraction paronymique, du premier nom la Linda.

Bergerac : attesté Brageyrack en 1100, du nom d’homme latin Bracarius, dérivé du gaulois braco, « braie », désignant un fabricant de braies, et suffixe –acum. La graphie en –ck est celle de la chancellerie anglaise. L’étymologie proposée par E. Nègre (TGF*) , selon le nom de personne germanique Berger, est à écarter : c’est seulement au XIVè siècle qu’intervient la métathèse interne à la première syllabe dans un acte émanant de la chancellerie française, Bergerac en 1329. Les deux formes coexisteront jusqu’au XVIIè siècle : on trouve encore Bregerat en 1608. Localement, le nom est prononcé bradzèyra : la métathèse n’est donc pas d’origine autochtone.

 ■ l’indice montrait Cyrano de Bergerac.

 

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