De quelques noms-valises

Voici un billet à l’usage des futures générations de toponymistes.

On a vu, dans mon précédent billet, comment avait été formé, il y a bien longtemps, le nom d’Alteckendorf (Bas-Rhin) en fusionnant les noms d’Altdorf et d’Eckendorf par le procédé dit du mot-valise. J’ai déjà eu l’occasion de parler dans un ancien billet des noms de Tuffalun (M.-et-L.) et de Génilac (Loire), formés de la même façon.

Bien que des fusions aient eu lieu avant cette date, notamment grâce à la loi Marcellin de 1970, c’est une loi de 2010, renforcée en 2015, qui accéléra le mouvement en incitant les petites communes à se regrouper pour bénéficier d’avantages principalement financiers. Elle eut quelque succès et des fusions se sont réalisées. Mais il restait une dernière (petite) difficulté : nommer la nouvelle commune ainsi créée. Parmi les solutions qui se présentaient (et que je passerai peut-être en revue dans un autre billet), celle du mot-valise eut ses adeptes. Après les trois exemples déjà cités, en voici d’autres :

Exemples-26-06-22

Bermesnil (Somme) en 1972 : Bernapré (Bernardus pratus en 1206, « le pré de Bernard ») et Mesnil-Eudin (Mesnil Ode en 1150, du nom de femme germanique Oda).

Trévenans (T.-de-B.) en 1972 : Trétudans (Trestudens en 1147, nom d’homme germanique Thrafstauds et suffixe –ing) et Vourvenans (Volvenens en 1147, nom d’homme germanique Wulvan et suffixe –ing).

Framont (H.-Saône ) en 1972 : Franois (forme contractée dérivée de fraxinetum, « frênaie ») et Mont-le-Frânois. Le nouveau nom fait disparaitre le bois de frênes…

Pierremont-sur-Amance (H.-Marne) en 1972 : Pierrefaites (Petra Ficta en 1166, « pierre fichée ») et Montesson (mons et taxonem, « blaireau », peut-être un surnom). Disparu, le blaireau…

Voulmentin (D.-Sèv.) en 2013 : Voultegon (Vultaconnum au VIè siècle, de volta, tournant de rivière et suffixe obscur) et Saint-Clémentin (Clementinus, saint local, premier abbé du couvent de l’endroit).

Raival (Meuse) en 1973 : Rosnes et Érize-la-Grande (Erisia au Xè siècle, du nom de la rivière Erzule), dans la vallée de l’Erzule (Esruille, Ericia, Ezruese, de l’hydronyme pré-celtique *ar et diminutif –ula, –eule ). Le nom Raival est formé des initiales R et É et de val.

Val-Mont (C.-d’Or) en 2015 : Jours-en-Vaux (Jorx en 1170, du gaulois juris, « hauteur boisée ») et Ivry-en-Montagne (de Yvreio en 1169 et Yvriacum en 1199, du nom d’homme gallo-romain Eburius). Les « vaux » ont été réduits à un val qui fait quand même une curieuse association avec un mont.

CPA Jours en vaux

Parnoy-en-Bassigny (H.-Marne) en 1973 : Parnot (Parnon en 1243, Parnou en 1270, du nom d’homme latin Perna et suffixe avum) et Fresnoy-en-Bassigny (Fraxinetum, « frênaie »).

Lafresguimont-Saint-Martin (Somme) en 1973 : Lafresnoye (« frênaie »), Guibermesnil (homme germanique Gislebert), Montmartin et Laboissière-Saint-Martin. Finalement, seul saint Martin a sauvé sa peau …

Saulvaux (Meuse) en 1973 : Saulx-en-Barrois (Sauz au XIIè siècle, du latin saltus), Vaux-la-Grande et Vaux-la-Petite.

Valdivienne (Vienne) en 1969 : Saint-Martin-de-Rivière et Salles-en-Toulon, au bord de la Vienne, et Morthemer (Mortemarum en 1077, « eau morte », désignant une étendue d’eau non salée, un étang) et Chapelle-Mortemer, dans la vallée de la Dive (d’où le i central pour Val-Dive-Vienne quand on attendrait Val-de-Vienne).

Passée l’année 2015, devant la profusion de noms incohérents voire farfelus, la Commission nationale de toponymie émit un avis et un « code de bonne conduite » afin d’aider les nouvelles communes à se doter d’un nom plus présentable et surtout plus compréhensible. Hélas, cet avis n’est pas contraignant et le dernier mot revient dans tous les cas au préfet, ce qui nous vaut encore quelques noms-valises (et quelques conneries absurdités) :

Arboys-en-Bugey (Ain) en 2016 : Arbignieu (Albiniacus en 1328, du nom d’homme latin Albinius et –acum) et Saint-Bois (sanctus Baldelius vers 1213, du gallo-romain Baudelius, martyrisé à Nîmes au IIIè. siècle ; anciennement écrit Saint-Boys d’où le y à Arboys). Rien à voir avec l’Arbois et ses vins…

Montmérac (Char) en 2016 : Montchaude (de Monte Calcio en 1083, du latin calceum, « craie », attraction de « il chaude » c’est-à-dire « il amande avec de la chaux ») et Lamérac (Lamairac au XIè siècle, du nom de personne germanique Lathomar et –iacum).

Bellinghem (P.-de-C.) en 2016 : Herbelles  (Hardbere en 993, peut-être du nom de personne germanique Ariberius, mais certainement pas de l’« herbe belle ») et Inghem (Aingehem en 1119, du nom de personne germanique Aio et double suffixe –inghem).

Bosroumois (Eure) en 2017 :  Bosc-Roger-en-Roumois (Boscus Rogeri en 1261, « le bois de Roger) et Bosnormand (Boscus Normant en 1203). Le Roumois (pagus Rotomagensis) est le pays de Rouen, anciennement Rotomagus.

Montlainsia (Jura) en 2017 : Montagna-le-Templier (du nom d’homme latin Montanius et –acum) , Lains (sur un petit plateau, sans doute du gaulois lanno, «plan, plaine ») et Dessia (Deissiat en1655, du nom d’homme latin Decius et acum).

CPA Montagna

Veuzain-sur-Loire (L.-et-C.) en 2017 : Veuves (Vidua sur une monnaie mérovingienne, du gaulois vidua, « forêt ») et Onzain [le latin undecimum (milliarium), « onzième (pierre milliaire) » est possible comme le nom d’homme gallo-romain Unitius et suffixe anum].

Alloynay (D.-Sèv.) en 2017 : Les Alleuds (Alodus en 1120, du germanique alōd, « alleu »), Loizé (Loyssé en 1300, du nom d’homme latin Lautius et acum) et Gournay (Gurdiniacus en 1021, du nom d’homme gallo-romain Gordinus, du gaulois Gordus, et acum).

Hypercourt (Somme) en 2017 : Hyencourt-le-Grand (Hildufilcurtis en en 1050 puis Hiencurt en 1135, d’abord du nom d’homme germanique Hildulf puis de Eudo et latin cortem), Pertain (du nom de femme germanique Pertha ou Peratta) et Omiécourt. Il parait qu’ils étaient très fiers de leur trouvaille et que le préfet a beaucoup ri en signant l’arrêté. (Ce toponyme avait été mentionné ici-même par TRS en 2019).

Auchay-sur-Vendée (Vendée) en 2017 : Auzay (du nom de personne latin Avitius et acum) et Chaix (oïl chaiz, « petite maison, cabane, loge » ou ches, « vaste cellier pour les vins »).

Chantepérier (Is.) en 2018 : Chantelouve (Chantalouva au XIIIè siècle) et Le Périer (del Perer au XIIIè siècle, du latin petra, « pierre », et suffixe collectif arium pour « pierrier »). Ah! Le chant des pierres au fond des bois !

Cherré-Au (Sarthe ) en 2018 : Cherré (de Chereio  en 1530, du nom d’homme gaulois Carius et acum) et Chérreau (diminutif du précédent). Sur le podium avec Hypercourt et le suivant.

Aigondigné (D.-Sèv.) en 2018 : Aigonnay (villa Aygonensis en 995, du nom d’homme latin Aco, –nis et acum), Mougon-Thorigné (Torniacus en 995, du nom d’homme latin Taurinius et acum) et Sainte-Blandine (Blandina, martyrisée à Lyon en 177). La pauvre Blandine tourne encore dans sa tombe, on a arrêté de compter le nombre de tours depuis longtemps. Martyre un jour, martyre toujours…

Chanverrie (Vendée) en 2018  :  Champbretaud (Bresteau, sobriquet, dans l’Ouest, de celui qui prend les oiseaux au piège) et La Verrie (contraction de « verrerie », du latin vitraria).

D’autres fusions ne tinrent pas la route et furent finalement abandonnées comme :

Vilisle (Meuse), association en 1973 de Villotte-devant-Louppy (« petite ville » et domaine de Loppeius) et Lisle-en-Barrois, séparées en 1986.

Mambelin (Doubs) : Mambouhans (Maymboens en 1147, du nom d’homme germanique Maginbald et suffixe –ing) et Dambelin (de Domo Benigno au XIVè siècle, du latin dominus Benignus), unies en 1973 se sont séparées en 1995.

index

La devinette

Et, après tout ça, il m’a fallu trouver une devinette !

Il vous faudra trouver un toponyme formé de la première syllabe du nom de chacune des deux communes qui ont fusionné.

Une fois ce nom inventé, on s’est aperçu que plusieurs communes le portaient déjà ! Plutôt qu’inverser l’ordre des syllabes, on s’est contenté de compléter ce nom par celui de la rivière.

Le nom de la première commune montre qu’il s’agissait du domaine protégé d’un Gaulois.

La deuxième commune porte un nom relatif à un élément topographique dédié à un saint.

Tout ça se passe en France métropolitaine.

Pressé par le temps, je n’ai pas d’indice à vous proposer ce soir.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

3 commentaires sur “De quelques noms-valises

  1. Bonjour m Levéto
    voici ma liste hebdomadaire.
    —-
    02 & 60 région de l’ORXOIS
    ( marigny , chézy )
    —————
    11 la rivière VIXIEGE
    racine *Vis ?
    ————
    09 Massif du PLANTAUREL
    —————————————-
    09 région de l’ AGUANAGUèS

    48 région du VALDONNEZ
    je lis sur un site
    vallis Aniseria ??

    sur un autre , étymologie en dunum.
    ————————————-
    71 CHASSELAS caccelacum ? ( sur wiki , toponymie très sommaire )
    ———————————
    34 ASSAS ( sur wiki , plein de noms , sans étymologie )
    ——————————
    69 le pays de TOURVEON
    Mont Tourvéon à Chénelette
    château de Tourvéon à Collonges
    Tolvedunensis
    Tolve Dunum ,

    ( sur wiki Tolve viendrait de Thor / Taranis )
    ( les  » vikings  » du IXème siècle auraient informés les gallo-romains
    du Ier siècle de leur croyance en Thor ? )

    ou bien
    TURRES VALIDAE  » Tours valides  » ??
    ———————-
    21 CHENEROILLES = canal, chenal ?
    ————————————–
    73 Bauges , Aillon-le-vieux

    la Dent de ROSSANAZ
    ——————————————————–
    74 le Mont SALEVE
    Salavus ( vu dans l’article sur SAFFRES )

    je vous signale une vidéo sur des toponymes bretons , intéressante
    ( avec l’accent ) .il y a quatre vidéos.

    Merci beaucoup

    J’aime

  2. lecteur

    Voilà une très bonne liste ! Des toponymes intéressants , tous avec des formes suffisamment anciennes sur lesquelles s’appuyer pour émettre de solides hypothèses voire des certitudes. même pas besoin de surcharger avec des hyperliens !

    ■ 02 & 60 région de l’ORXOIS
    ( marigny , chézy )

    Ce petit pays picard est principalement formé de la vallée de l’Ourcq. On trouve (sans date précise, mais avant 770) les formes anciennes pagus Orcensis ou Urcensis formées sur l’hydronyme Ourcq, Urc en 855, de l’indo-européen *uorko, « tourner », accompagné du suffixe d’appartenance ense.
    La forme picarde Orchois attestée en 1249 sera remplacée par la française Orseois dès 1269, tandis que la graphie Orxois apparaît en 1585.
    Notons que le chef-lieu du pays historique, Oulchy-le-Château, attesté Ulcheium castrum en 964, situé à 2 km au nord de la rivière, sur un petit affluent, doit lui aussi son nom à l’Ourcq, sous la forme Urc-iaco
    —————
    ■ 11 la rivière VIXIEGE
    racine *Vis ?

    Attesté Versegia en 1271 et Visegia en 1304, ce nom vient en effet de la racine pré-celtique vis- « eau, rivière », accompagnée du suffixe celtique –edia . Cette racine se retrouve aussi dans le Visenc affluent rive droite de l’Hers, avec le suffixe locatif prélatin (ligure?) –inco.
    ————
    ■ 09 Massif du PLANTAUREL

    Qualifié de Petites Pyrénées par les géographes, le relief de ce massif est relativement faible, ce qui explique le choix du premier élément du composé, le latin planus, « plan ». Le second élément est issu d’une racine indo-européenne *taur, « gonfler ». On retrouve cette racine dans plusieurs noms de rivières (soumises à variations de débit ou à l’effet de marée) ou à des montagnes considérées comme des enflements par rapport aux plaines. Ici, le nom aurait servi à désigner une montagne relativement plane par rapport aux Pyrénées. Quant à taurel, il s’agit d’un diminutif en ellu. La formation du composé semble tardive (bas Moyen Âge), mais le second élément taur devait être déjà utilisé comme nom propre avant la suffixation et la création du composé. En tout cas, le nom Plantaurel n’est pas attesté avant le début du XIXè siècle.
    —————————————-
    ■ 09 région de l’ AGUANAGUèS
    ???

    L’Aganaguès (sans u après le premier g) est un pays historique aux confins de l’Aude, de la Haute-Garonne et de l’Ariège, dont le chef-lieu était Garnac, sur la commune de Belpech (Aude).
    Le nom du pays est attesté in ministerio Agarnagense en 969, sur le nom ancien du village Agarnacum muni du suffixe d’appartenance ense. Le nom du village semble dériver du gaulois akarno, « érable », muni du suffixe locatif aco avec, ici, un sens collectif.
    Vers 1034 on trouve la forme occitane Agarnages qui passera à Garnaguès en 1579. La forme française Garnageois (1673) n’a pas survécu. Depuis le XXè siècle, on trouve concurremment les deux formes Aganaguès et Garnaguès;

    ■ 48 région du VALDONNEZ
    je lis sur un site
    vallis Aniseria ??
    sur un autre , étymologie en dunum.

    La région, une ancienne circonscription du haut Moyen Âge, est attestée in vicaria Valdunensi en 1031-60. Ce nom est formé, avec le suffixe d’appartenance ense, sur celui de son chef-lieu *Valdunum. Ce dernier est identifié avec Balduc , oppidum situé sur la hauteur dite Truc de Balduc , commune Saint-Baudile. Son nom est issu de vallis , « vallée, vallon » et du gaulois dunum, « colline, montagne ». D’après X. Delamarre, le sens de la racine celtique dhuno serait « clôture, zone enclose » et il confère à dunum les sens de « citadelle, enceinte fortifiée, mont ».
    Les noms occitans Valdunes (1229) puis Valdones (1258) seront remplacés , au milieu du XVIIIè siècle, par Valdonnès ou Valdonnez, employés concurremment.
    ————————————-
    ■ 71 CHASSELAS caccelacum ? ( sur wiki , toponymie très sommaire )

    Attesté Cacellaco en 982, du nom d’homme gaulois Cassillus et suffixe acos
    ———————————
    ■ 34 ASSAS ( sur wiki , plein de noms , sans étymologie )

    Attesté de Arsads vers 1103, de Arzas en 1130, apud Arzacium en 1156, de Arzas en 1191, de Assercio en 1392 et de Assacio en 1529. Plusieurs hypothèses dans l’ordre de mes préférences :
    ♦ de l’occitan ars , « brûlé » et suffixe às à valeur collective : « lieux brûlés » (F. Hamlin, Toponymie de l’Héraul)
    ♦ pluriel de l’occitan arsat, « brûlé ». Le nom ferait référence à des (ostals) arsats , des « maisons brûlées » (E. Nègre).
    ♦ nom d’homme latin Arcius ou gaulois Artius et suffixe acum (D&R)
    ——————————
    ■ 69 le pays de TOURVEON
    Mont Tourvéon à Chénelette
    château de Tourvéon à Collonges
    Tolvedunensis
    Tolve Dunum ,
    ( sur wiki Tolve viendrait de Thor / Taranis )
    ( les  » vikings  » du IXème siècle auraient informés les gallo-romains
    du Ier siècle de leur croyance en Thor ? )
    ou bien
    TURRES VALIDAE  » Tours valides  » ??

    Le nom est attesté in pago Tolvedunense en 879-82 désignant un oppidum aujourd’hui disparu. En partant de la fin, on reconnaît le suffixe d’appartenance latin ense , précédé du gaulois dunum , « montagne, citadelle » (cf plus haut à Valdonnez). La première partie du nom est le gaulois *talua, « front », qu’il faut prendre ici au sens de « talus » (appellatif français issu de la même racine gauloise, mais avec un autre suffixe : *talutum).

    PS Le nom Thor n’est pas forcément celui du dieu scandinave mais peut être un patronyme germanique Thor qui apparaît dans Torvilliers (Aube ), un patronyme scandinave Thordr qui a donné plusieurs Tourville ou sa variante Thori à l’origine de Turretot (S.-Mar.). On voit que ce nom reste malgré tout « nordique »
    ———————-
    ■ 21 CHENEROILLES= canal, chenal ?

    Chaynaront (1243) ; Cheneroilae (1259) ; Cheneroilles (1371) ; Chenerailles (1391) ; Cheneroille (1574) ; Cheurenoille (1634) ; Cheneroailles (1732) ; Chèneroilles (xviiie siècle) ; Chenérailles (xixe siècle) ; Chêneroille (1884)
    Il s’agit sans doute, comme pour Chenerailles dans la Creuse et Chénereilles de la Loire et de la Haute-Loire, d’un nom formé du nord-occitan chanal accompagné du diminutif elha au pluriel avec peut-être le sens de « petits canaux » (de drainage ? À vérifier par la topographie et l’histoire locales). Le latin avait canalili, dérivé diminutif de canalis , d’où Chanaleilles (H.-Loire)
    NB la première forme attestée Chaynaront fait un peu difficulté. Peut-être s’agit-il d’une graphie fautive pour *chénarol  ?
    ————————————–
    ■ 73 Bauges , Aillon-le-vieux
    la Dent de ROSSANAZ

    La Rossane est le nom d’un ensemble de chalets et de l’alpage qui les entoure. L’écriture locale fait appel au suffixe savoyard non étymologique az
    Le mont Rossane est attesté in alpibus de Rossana en 1207 et montanea de Rossana en 1255. Il s’agit d’un nom formé sur le nom de personne latin Rossius ( cf. russus, « rouge, roux ») et suffixe anum.
    ——————————————————–
    ■ 74 le Mont SALEVE
    Salavus ( vu dans l’article sur SAFFRES )

    monte Seleuco au IVème siècle, Salevus mons au XIIème siècle, montis de Salevu en 1302,
    Si on s’en tient à la première forme attestée Seleuco , il s’agit d’un dérivé de la racine indo-européenne *sel- , « sauter » (cf. le latin salire, saliens , « sauter, sortir, jaillir ») avec le sens de « hauteur faisant saillie, promontoire rocheux ». le suffixe (eu)co est pré-celtique ( ligure ?).
    Les formes suivantes et le nom actuel peuvent être rapprochées de celui de la Salève, affluent de la Garonne à Agen, qui est issu d’une racine hydronymique pré-indo-européenne *sal et suffixe eva. Comme souvent, cette même racine *sal a un sens oronymique avec le sens de « pente à éboulis, éboulis» sans doute issu de celui de « torrent, cascade », d’où les noms de Salers (Cantal), Salernes (Var), etc.

    PS merci pour les vidéos bretonnes. C’est un peu long : je vais y aller petit à petit.

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