Charmont-sur-Marne (répàladev)

podium seul TRA occupe seul le podium des découvreurs de la réponse à ma dernière devinette. Félicitations à lui tout seul, donc !

Il fallait trouver Charmont-sur-Marne, une commune éphémère de l’arrondissement de Château-Thierry, dans l’Aisne.

CPA-Château-Thierry-

Charmont-sur-Marne :  le nom de Charmont est composé des premières syllabes de Chartèves et de Mont-Saint-Père, deux communes qui ont fusionné en octobre 1974. Ce toponyme existant déjà à six exemplaires, on l’a accompagné ici du nom de la Marne qui borde les deux communes et qui donne son nom au département voisin. Cette commune, éphémère donc, cessa d’exister en janvier 1978. J’entends d’ici les grincheux : « Ah ! Mais elle n’existe donc plus ! ». C’est vrai : rien ne le disait dans l’énoncé, mais rien ne disait le contraire non plus.

Capture Charmont

■ les autres Charmont :

  • Charmont (Marne ) : attesté Calmons en 803, du latin calvus mons, le « mont chauve, dénudé » ;
  • Charmont (Val-d’Oise ) : attesté Carus Mons en 1278, sans doute une latinisation d’un ancien *calvus mons, comme le précédent ;
  • Charmont-en-Beauce (Loiret) : de Karolis monte en 1212, « la montagne de Charles » (nom de personne germanique Carolus) ;
  • Charmont-sous-Barbuise (Aube) : d’abord Curtlaversi au XIIè siècle, du latin cortem, « ferme, domaine », article « la » et ancien nom du village Verzy (Virziacum en 1122, du nom d’homme gallo-romain *Virisius et suffixe -acum), a pris en 1669 le nom de Charmont , transporté sans doute du Loiret ;
  • Grand-Charmont  (Doubs) : Calmonte en 1182, sans doute calvus mons, « mont chauve, dénudé » ;
  • Vieux-Charmont (Doubs) : Chalvus Mons en 1189, Vilchalmont en 1196, même étymologie que le précédent, avec ajout de l’adjectif vieil dès le XIIè siècle.

Chartèves : attesté Cartovorum en 1242, ce nom est issu de celui d’un homme gaulois Cartus accompagné de -o-briga, « colline « puis « forteresse » (cf., dans ce billet, le paragraphe consacré à « briga employé avec un anthroponyme » dans lequel Chartèves est cité). Il s’agissait donc d’une citadelle fortifiée appartenant à un certain Cartus, d’où le « domaine protégé d’un gaulois » mentionné dans l’énoncé.

Mont-Saint-Père : Mont St Perre en 1463, de l’oïl mont et du nom de saint Pierre (Perre, Père), du latin Petrus ;

Château-Thierry : Castrum Theodorici en 923, du nom d’un certain Theodoricus dont l’histoire n’a retenu que le nom qui apparait chez Flodoard sans autre explication.

CPA Mont Saint Père

cdl6

Les indices

indice a 22 06 2022 ■ la gravure illustrait une fable de La Fontaine, natif de Château-Thierry. Le choix de la fable, Le Renard et les raisins, a été dicté par le cépage Charmont (oui, je sais : quasiment inconnu en France).

■ la vidéo : ces trois secondes mettaient en vedette Thierry Lhermitte, dont l’arrière-grand-père Léon, peintre et graveur, et le grand père Jean, neurologue, sont nés à Mont-Saint-Père.

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21 commentaires sur “Charmont-sur-Marne (répàladev)

  1. Bonjour m leveto

    avez-vous déjà recherché les éventuels toponymes basés sur
    les mots Orée , ore
    Orée-d’Anjou …

    merci

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  2. lecteur

    Je reviens vers vous pour vous dire qu’il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent avec le thème « orée ».
    Orée-d’Anjou (M.-et-L.) est un nom de création récente (2015) né lors de la fusion de neuf communes (cf.wiki).
    Le mot « orée » (du latin ora) apparait quant à lui tel quel dans une petite dizaine de micro-toponymes L’Orée, mais il est le plus souvent complété comme pour une cinquantaine de L’Orée du (ou des) Bois, quelques L’Orée de la Forêt ou, plus rarement, l’Orée des Champs (Amilly, E.-et-L.), l’Orée des Chênes (Changée, May.), l’Orée des Monts (Campan, H.-P.) ou encore la Porte d’Orée (Fréjus, Var), une Fontana à l’Ora (à Ota, Corse-du-Sud) et c’est à peu près tout.
    Bref, pas de quoi en faire un billet.

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  3. TRA

    Sainte-Anne-d’Auray (Mor.) doit son déterminant à Auray qui était Alrae en 1069 et Alrai en 1168 d’où le nom Alré en breton moderne.
    Ce nom est dérivé du nom de personne breton Herlé employé seul (D&R, Nègre).
    C’est ce même nom qu’on retrouve dans Ploaré (Fin.) qui était Ploe Arle en 1468.

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  4. LA BÉGUM N’EST PAS BÉGUEULE …

    Et moi qui croyais sue Francecille se trouvait dans l’Orégon :

    « L’orateur, en terminant, demandait, pour la cité nouvelle, comme un juste hommage à son fondateur, le nom de « Sarrasina ».

    Sa motion était déjà acclamée, lorsqu’il fallut revenir sur le vote, à la requête du docteur Sarrasin lui-même.

    « Non, dit-il, mon nom n’a rien à faire en ceci. Gardons nous aussi d’affubler la future ville d’aucune de ces appellations qui, sous prétexte de dériver du grec ou du latin, donnent à la chose ou à l’être qui les porte une allure pédante. Ce sera la Cité du bien-être, mais je demande que son nom soit celui de ma patrie, et que nous l’appelions France-Ville ! » »

    https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Cinq_Cents_Millions_de_la_B%C3%A9gum/Chapitre_3

    [ Les lieux et les temps sont changés. Il y a cinq années que l’héritage de la Bégum est aux mains de ses deux héritiers et la scène est transportée maintenant aux États-Unis, au sud de l’Oregon, à dix lieues du littoral du Pacifique. Là s’étend un district vague encore, mal délimité entre les deux puissances limitrophes, et qui forme comme une sorte de Suisse américaine. (ch. 5) ]

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  5. @ Leveto

    Ayez l’amabilité de ne pas me confondre avec cet ignare de T.R. Aule (même s’il m’est arrivé d’aller en sa compagnie présenter mes dévotions au sanctuaire de la Grande Déesse en revenant de Gavrinis ou des champs de mégalithes de Carnac) !

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  6. Oups ! Désolé pour cette méprise, TRA.

    PS à propos de TRAule, savez-vous s’il a quelque chose à voir avec la Trolanderie (et le verbe troler) vue dans mes réponses à mon lecteur dans les commentaires du billet « Eh bien, dansons !» ?

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  7. Qui, comme chacun les sait, provient de

    Définition de trôle, nom féminin
    pêche, québec, familier
    Cuiller destinée à la pêche à la traîne.

    Étymologie
    De trôler ; du latin classique tractus ‘tiré’, participe passé de trahere, ‘tirer’ ; du latin populaire tragulare, ‘suivre à la trace’, avec influence du latin classique tragula, ‘javelot à courroie’

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  8. brosseur

    Ce sens de « pêcher à la traîne » est également donné par le CNRTL qui précise « Région. (Canada) »* et donne l'étymologie que vous indiquez.
    Etymonline indique pour sa part que l'anglais to troll vient du verbe français troller , qui lui-même viendrait du vieux Haut Allemand (cf trollen, « marcher à petits pas ») d’un mot issu du pré-germanique *truzlanan. C’est de ce dernier que viendrait aussi le nom du Troll des légendes scandinaves.

    * comme chacun sait, le Canada n’est qu’une région.

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  9. « Il pourrait alors s’agir ici du nom Troland, aujourd’hui quasiment disparu en France mais bien attesté avant 1900 (mais en Loire-Atlantique). On trouve quand même une entreprise Troland et Cie à Jalogny en Saône-et-Loire. »

    ———-
    D’après Filae (oui, je sais : ce n’est pas un outil très « scientifique »), le nom Troland, très rare, est attesté essentiellement dans trois départements : Raône-et-Loire, Côte-d’Or et Rhône.

    Nous sommes dons dans le secteur où se situe le château de la Trollanderie.

    L’hypothèse de l’étymologique anthroponymique semble donc très plausible.

    [ Sino, pour la demeure des trolls, il y a :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Trolltinden ]

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