Au bain !

bain cochons

 Après les avoir vus se noyer, allons les voir se baigner !

Les toponymes en rapport avec le bain (latin balneum) sont bien trop nombreux pour être passés en revue – qu’on pense seulement à toutes ces villes qui ont cru bon d’ajouter les-Bains à leur nom – d’autant plus qu’un aperçu en a été donné dans ce billet.

Il ne sera donc question ici que de toponymes mentionnant qui ou quoi prend un bain, comme on a vu dans le précédent billet qui se noyait.

Curieusement, le mot le moins utilisé dans ces conditions est « bain » que l’on ne trouve que pour le Bain de l’Ours, un alpage à Bozel (Sav.), le Bain des Corbeaux à Gommergnies (Nord), le Bain des Dames à Coucy-le-Château (Aisne), un ancien corps de ferme sur les bords de l’Ailette et le Bain des Pères à Rupt-sur-Saône (H.-Saône), auxquels on peut rajouter des noms moins officiels comme les nombreuses plages appelées Bains des Dames (à Marseille, Cognac, Châteauneuf-sur-Charente etc.) qui rappellent pour la plupart des lieux de baignade spécialement aménagés pour garder les dames à l’abri des regards.

On trouve bien entendu un plus grand nombre de toponymes formés avec le verbe « baigner » mettant le plus souvent en scène un animal. En voici une liste, certes non exhaustive, mais donnant quelques exemples parmi les plus fréquents :

  • Baigne-Jau : un étang à Mézières-en-Brenne (Indre) avec le dialectal jau, « coq » (cf. Baigne-Jean un peu plus loin) ;
  • Baigne-Chien : un lieu dit à Prahecq (D.-Sèv. ), une Fosse du Baigne-Chien à Neuvy-le-Roi (I.-et-L.), un lieu-dit Les Baigne-Chiens à Neuil (I.-et-L.), un Puits de Baignechien à Vaux (Vienne) ;
  • Baigne-Truie : un lieu-dit à Saint-Laurs (D.-Sèv., déjà Baigne Truye en 1547) et un ruisseau de la Fontaine de Baignetruie à Breuil-Barret (Vendée) ;
  • Baigne Bœuf : une fontaine et un ruisseau de Baigne-Bœuf à Argy (Indre), le Baignebœuf, un lac et affluent du Salleron à Latus (Vienne) et un étang de Baignebœufs à Marsat-la-Courrière (Creuse, déjà ce nom en 1657) ;
  • Baigne-Grole : un lieu-dit à Anglade (Gir.), avec grole de l’occitan graulo, « corneille » (eh non ! Ce n’est pas un bain de pied chaussé ! ) ;
  • Baigne-Chat : un ruisseau à Vouzailles (Vienne) ;
  • Baigneloup : un lieu-dit à Tremblay-le-Vicomte (E.-et-L.) et une vallée de Baigneloup à Danmarie (E.-et-L.) ;
  • Baignerenard : un ruisseau et un lieu-dit à Marches (Drôme) attesté Comba de Bani Regnart (1418).

Les animaux ne sont bien entendu pas les seuls à se baigner. On trouve ainsi un ruisseau et un étang Baigne-Jean à Mézières-en-Brenne (Indre, anciennement étang de Milleret, mais qui pourrait être, par corruption, le même que l’étang de Baigne-Jau vu plus haut – mes sources sont contradictoires, me voilà fort marri) et un quartier Baigne-Pieds à Avignon (Vauc., là ça va, je connais). Mais ce qui se trempe le plus souvent est quand même le cul, avec un lieu-dit Baigne-Cul à Tremblay-en-France (Indre) et à Saint-Julien-de-Concelles (L.-Atl.), un pont de Baigne-Cul à Jallais (M.-et-L.), un ruisseau de Baigne-Cul à Vaux-les-Prés (Doubs) et un ruisseau de Cul-Baigné à Saint-Gildas-des-Bois (L.-Atl.). On aura noté au passage que c’est dans le grand nord, c’est-à-dire au nord de l’Ardèche, qu’on aime se mouiller le derrière – si je prends l’Ardèche comme repère, c’est parce que sa source, à Astet, se situe un poil (si j’ose dire) au sud de Chaudes-Aigues (Cantal) où on trouve un lieu-dit Trempe-Cul (mais, dans des eaux chaudes, qui s’en priverait ? ). Et puisque nous en sommes à « tremper », notons que, hormis des Trempe ou des Trempettes sans mystère, peu de toponymes en sont dérivés sauf un ruisseau de Trempelou où on a vu le loup à Fraissinet-de-Lozère (Loz., ben oui) et une Font de Trempe-Soupes à Saint-Auban-d’Oze (H.-Alpes) pour laquelle je m’interroge : s’agissait-il de ramollir sa tranche de pain (étymologie de soupe) en la mouillant, d’y avoir des relations homosexuelles (mais ce sens argotique me semble peu probable ici) ou, plus vraisemblablement, d’y être trempé comme une soupe ?

J’ajoute une mention particulière pour Baigne-Cane, nom de trois lieux-dits dans les Deux-Sèvres à Prahecq, Frontenay-Rohan-Rohan et Granzay-Gript et un Baigne-Canne(s), nom d’un lieu-dit à Niort (même département). Il semble qu’il s’agisse là plutôt de canne au sens d’ajonc, roseau – mais je trouve aussi dans certains lexiques poitevin-saintongeais le sens de « canne de marche » pour cane … En l’absence de formes anciennes, hormis un Baignecannes à Saint-Florent, malheureusement non daté dans le Dictionnaire topographique des Deux-Sèvres (B. Ledain, 1902), en l’absence de formes anciennes, donc, qui permettraient éventuellement d’exclure la quenne, « cane, femelle du canard », je reste dans le brouillard.

Bien entendu, des toponymes similaires existent en pays de langue d’oc, formés sur l’occitan bagna. C’est ainsi qu’on trouve :

  • Bagne-Chien : un lieu-dit à Espagnac (Corrèze) et à Auzon (H.-Loire) ;
  • Bagne-Lèbre : un lieu-dit de la Bastide-des-Jourdans (Vauc.) avec l’occitan lèbro, « lièvre » ;
  • Bagne Loup : un lieu dit à Brouzet-lès-Quissac (Gard) — et un lieu-dit à Fontenille-Saint-Martin d’Entraigues ( D.-Sèvres), avec bagne en poitevin-saintongeais, que je n’ai pas oublié ;
  • Bagnabou : à Saint-Étienne-de-l’Olm (Gard) avec bou, « bœuf » ;
  • Bagno Moutous : un lieu-dit à Alzonne (Aude), avec moutou, « mouton ».

Attention toutefois aux faux amis possibles issus de la racine oronymique pré-latine *ban qui est par exemple à l’origine de Bagnaloups à Usclas-du-Bosc (Hér.), la « hauteur du loup » (il n’y a qu’à y faire un tour pour se rendre compte qu’un loup aurait du mal à s’y baigner !) et de Bana Vieille à Sorbs (id.) où aucune personne âgée ne s’est sans doute jamais baignée mais où se trouve un dolmen peut-être à l’origine du qualificatif.

point-d-interrogation-sur-le-clavier-nb10411

Les devinettes

Une fois de plus, je n’ai pas pu choisir entre deux devinettes possibles …

1 Il vous faudra trouver un ruisseau dans lequel on baignait des animaux pour une raison bien particulière. Son nom est formé d’un dérivé du latin balneo, –are , « baigner », accompagné de la raison pour laquelle on y plongeait des animaux.

Sur un autre site de la même commune, la légende prétend que des femmes aux pouvoirs particuliers venaient se baigner et laver leur linge les nuits de pleine lune puis le faire sécher au soleil.

Le nom de la commune où coule ce ruisseau est formé de celui d’un nouvel établissement mentionné pour la première fois au début du XIè siècle et déterminé depuis le XIVè siècle par un patronyme d’origine germanique, celui des barons du lieu dont la lignée s’éteignit au XVIIè siècle.

L’origine du nom du chef-lieu d’arrondissement est pré-latine et pré-celtique, mais son sens est peu assuré. On a pu faire le rapprochement avec une racine indo-européenne signifiant « clair, lumineux ».

Le nom du chef-lieu de canton est sans doute issu de celui, d’origine pré-celtique, de la rivière qui l’arrose – mais cela n’empêcha pas la commune de faire figurer un animal dans son blason qu’elle pensait rendre ainsi « parlant ».

2  Il vous faudra trouver un lieu-dit dont le nom évoque le bain qu’on y faisait prendre à des animaux d’élevage.

Le nom de la commune où se trouve ce lieu-dit est formé de celui, attesté au début du XIIè siècle, du domaine agricole d’un homme germanique et complété un siècle plus tard par le patronyme du nouveau propriétaire des lieux.

Le chef-lieu d’arrondissement a pris le nom des Gaulois dont il était la capitale.

L’ancienne commune qui a donné son nom, sous forme adjectivale, aux villages qui ont formé la nouvelle commune chef-lieu de canton, portait un nom signifiant « forêt ».

cdl d

Je n’aurai probablement pas le temps d’écrire un billet avec les traditionnels indices du mardi. Je vous livre donc dès ce soir deux indices :

■ et d’un :

indice a 21 08 2022

■ et de deux :

indice a 22 08 2022

Réponses attendues chez leveto@sfr.fr

12 commentaires sur “Au bain !

  1. Bonjour m Le veto
    voici ma liste de travail , si vous le voulez bien

    73 AUX DESERTS ( LES DESERTS )
    belvédère de l’ORIONDE

    Forêt de la GORNAZ gornier gorniès etc…
    ———————
    07 VOGÜE
    ——————-
    69 La TURDINE rivière

    ———————–
    69 SOUCIEU-EN-JARREST

    Jarez
    ————————-
    69 L’ORJOLLE à AVEIZE et DUERNE
    —-
    73 Hauteluce ( pays natal de mon père , entre-nous soi-dit )

    – le mont de VORèS

    – Le col de VéRY

    —-
    73 Villard-sallet
    les tours de MONTMAYEUR
    famille de montmayeur mons major ?
    ( pour des burgondes )

    73 Crest-Volland les ARPELLIERES

    racine ARP / ALP ?
    —-
    78 ACHERES

    Plusieurs hypothèses , plus ou moins farfelues
    rucher ?

    —-
    69 LIMONEST idem
    1 Orme limo
    2 limon ( argile )
    3 limonite minerai de fer
    4 limonier = chevalmis dans les limons
    5 limon = pièce de harnais des chevaux

    73 SAINT-PIERRE-DE-SOUCY
    saulciaco salziaco sociaco

    Avez-vous déjà étudié le thème CONDAMINE , Condominium ?
    Est-il fertile en toponymie ?
    Merci

    J’aime

  2. FASTOCHE

    « bagne ne s’implantera définitivement qu’avec Colbert (supra) qui étudiera et copiera l’organisation italienne. D’Italie où il signifie à l’origine « bain » (lat. balneum, bain*), l’établissement pénitentiaire de Livourne étant construit sur un anc. bain »
    https://www.cnrtl.fr/definition/bagne

    ——-
    Les anguilles se nourissent essentiellement de crevettes (= « petites chèvres »).

    Or la chèvre était l’indice de la seconde énigme …

    La réponse est donc forcément :

    « Le camp Crique Anguille, plus communément appelé bagne des Annamites (car les prisonniers étaient principalement originaires d’Indochine), est un ancien bagne français situé sur la commune de Montsinéry-Tonnegrande en Guyane. » [WP, art. « bagne »]

    Comme l’indique son autre nom (bagne des ammanites), le lieu était aussi très prisé des mycologues.

    J’aime

  3. lecteur
    Vous m’avez gâté, cette semaine, avec un tas de micro-toponymes dont la plupart inconnus des dictionnaires topographiques habituels et donc sans forme ancienne disponible.

    ■ 73 AUX DESERTS ( LES DESERTS )

    ♦ belvédère de l’ORIONDE

    Le suffixe semble indiquer un cours d’eau mais le premier élément reste mystérieux ( sauf à faire un rapprochement avec l’or, cf. l’Orjolle ci-après).

    ♦ Forêt de la GORNAZ gornier gorniès etc.

    En arpitan, la lettre finale z signifie que le mot est accentué sur la première syllabe et que la dernière voyelle, ici le a, est atone. On doit donc dire Gorna – comme La Clusaz se prononce La Clusa, étymologiquement « la cluse ».
    Un éventuel gornier ou gorniès , soit gorg nier , « gouffre noir (profond) » semble exclu par la dernière syllabe atone de Gornaz.
    Le latins cornus > d’où l’occitan cornièr désignant le cornouiller, a d’abord donné corne , avec des variantes en gorn- qu’on retrouve dans des toponymes comme Gornas (Ardèche), la Gornas (Isère), Gornat (Sav.), avec suffixe collectif as, ainsi que Gorniers (H.-Sav.), Gornoz (Jura) et d’autres.

    ———————
    ■ 07 VOGÜE

    Des générations de toponymistes se sont cassé les dents sur ce nom-là, au point que ni Dauzat, ni Nègre, ni Billy, ni les Fénié, ni Astor etc. bref, aucun des auteurs dont j’ai pu consulter les ouvrages (et ça commence à faire quelques uns, cf. ma bibliographie!) ne s’interrogent sur ce toponyme ni même le mentionnent…

    On trouve dans le Dictionnaire topographique de l’Ardèche (Pierre Charrié, 1979 – date relativement tardive qui explique sans doute que les premiers auteurs cités n’en aient pas eu connaissance) les formes anciennes suivantes : Vaulgueil en 1252 , Vogono, Vogorium en 1275, Vogorio au XIVe siècle, Volgerio en 1516 , Volguer en 1573 et enfin Voguiers en 1576 qui amènent deux remarques :
    1. l’auteur donne ces formes pour un lieu nommé Vogue sur la commune de Vogüé. N’oublions pas que les accents, dont le tréma, ne sont utilisés que depuis le XVIè siècle.
    2. le nom de la famille de Vogue, aujourd’hui de Vogüé, était connu dès 1064 quand Bertrand de Vogue et sa femme Bermonde étaient bienfaiteurs du monastère de Lavilledieu. En 1207 la seigneurie se partageait entre quatre frères ou cousins : Raymond, Pons, Dalmace et Pierre. Et c’est bien la famille qui a pris le nom de la terre et non l’inverse : c’est en effet Bertrand de Rochecolombe, qui s’installe sur ses terres nouvellement acquises et qui en prend le nom.

    L’orthographe moderne Vogüé serait alors une façon de rendre la prononciation vo-gu-ié du nom écrit Voguiers au XVIè siècle.
    La première forme Vaulgueil pourrait faire penser à un composé gaulois en o-ialo (« clairière, champ cultivé puis village ») dont le premier élément vog- est obscur. Il y aurait eu par la suite un changement de suffixe pour vog-o-rium , altéré en Volgerio etc. Mais, comme on l’a vu dans ce billet, le suffixe -ialo donne dans cette région des formes en -ols ou -ejols. Vaulgueil pourrait alors être une première tentative de transcrire la prononciation locale en usant de formes déjà connues (vaul pour « val, vallée », et suffixe ueil bien connu par ailleurs). Quoiqu’il en soit, nous sommes en présence d’un premier élément vog obscur.
    Peut-être faut-il rapprocher ce vog du gaulois vogi, « transporter », qui a donné les noms de personne Vogitius qu’on interprète comme « le convoyeur, le transporteur » ou Vogitoutus , interprété « celui qui vient ( vogi, « qui a été transporté » ) du nord (toutus) ».
    (NB ces trois derniers paragraphes sont pure spéculation de ma part, mais je n’ai pas mieux).
    L’identification de Vaulgueil à Vogüé est confirmée par un hommage rendu en 1252 à Guillaume de Balazuc par Audibert de Vaulgueil (Vogüé) ( https://www.google.fr/books/edition/Balazuc_et_Pons_de_Balazuc/A3B4AAAAIAAJ?hl=fr&gbpv=1&bsq=%22vaulgueil%22+%22vog%C3%BC%C3%A9%22&dq=%22vaulgueil%22+%22vog%C3%BC%C3%A9%22&printsec=frontcover )
    La seule tentative d’explication du nom Vogüé que j’ai pu trouver est due à Jean Charay ( Vogüé sur Ardèche , janvier 1968) qui, faisant l’impasse sur le nom Vaulgueil de 1252 (mais le connaissait-il ?) écrit : « le nom ancien de Vogüé, Vogorium ou Volgorium, emprunté sans doute à une famille gallo-romaine … »

    https://www.google.fr/books/edition/Vog%C3%BC%C3%A9_sur_Ard%C3%A8che/4kZDEAAAQBAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=%C3%A9tymologie+%22vog%C3%BC%C3%A9%22&printsec=frontcover

    ——————-
    ■ 69 La TURDINE rivière

    Nom obscur selon Dauzat et Taverdet. Il s’agit peut-être d’une racine pré-celtique *tor de sens incertain qu’on trouve aussi dans la Toranche (affluent de la Loire, Torenchie en1317) et dans le Toranchain (affluent de La Turdine, justement).
    ———————–
    ■ 69 SOUCIEU-EN-JARREST

    Jarez : ce nom, attesté Garensis en 868, est fréquent en composition pour désigner les communes établies dans la vallée du Gier, lequel est attesté Jarem en 875. Il s’agit d’un hydronyme issu du radical pré-indo-européen *gar, variante de *car, « caillou », pour désigner une rivière au lit caillouteux.
    Soucieu : Sociaco (984) est le domaine de Socius / Sucius pour Dauzat & Rostaing ou de Celcius pour Nègre.
    ————————-
    ■ 69 L’ORJOLLE à AVEIZE et DUERNE

    Aucune idée sur la signification de ce nom. Mes recherches n’ont abouti qu’à un supposé rapport avec l’or :
    « Orgeole (ou Orjolle, Orjole, Or joli?) » Annales de la Société d’agriculture, sciences et industrie … – Page 97
    https://www.google.fr/books/edition/Annales_de_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_d_agriculture_sc/7YiLZLOWjqQC?hl=fr&gbpv=1&bsq=%22orjolle%22+nom&dq=%22orjolle%22+nom&printsec=frontcover

    « Orjolle petit ruisseau qui arrose Duerne et qui devrait son nom à quelques légendaires pépites d’or trouvées … » Grande encyclopédie de Lyon et des communes du Rhône (André Pelletier, 1980)

    —-
    ■ 73 Hauteluce ( pays natal de mon père , entre-nous soi-dit )

    – le mont de VORèS  :
    c’est le nom de l’alpage Au Vorès qui est passé au sommet le surplombant. Il s’agit du patois savoyard vorê , « aune de montagne » (alnus incana) avec suffixe collectif -as

    – Le col de VéRY :
    Il s’agit là-aussi du nom de l’alpage des « Chalets de Véry » monté au col. Il s’agit soit d’une variante du nom précédent avec suffixe collectif -et donnant localement y, soit du gaulois vernaaulne glutineux (Alnus glutinosa) d’où le français verne avec assimilation de rn en r[r]. Ce dernier poussant généralement le long des cours d’eau, il faudrait connaître la topographie pour être plus précis.
    —-
    ■ 73 Villard-sallet
    les tours de MONTMAYEUR
    famille de montmayeur mons major ?
    ( pour des burgondes )

    ecclesiam Montis Majoris en 1215. Du franco-provençal mont et maieur , « plus grand ». Pas de mystère, donc.

    ■ 73 Crest-Volland les ARPELLIERES
    racine ARP / ALP ?

    En réalité, il doit s’agir du sentier des Arpelières (avec un seul l) qui permet de découvrir la réserve naturelles des Tourbières des Saisies.
    En l’absence de forme ancienne, l’origine selon la racine arp, variante savoyarde d’alp à l’origine par exemple de l’« arpitan », semble la plus logique, mais le double suffixe el – ières fait difficulté.
    Le diminutif le plus fréquent pour arp est plutôt en ette (l’Arpette en Isère, l’Arpettaz à Ugine en Savoie) et plus rarement en ille (L’Arpille en Alpes-Mar.) ou enalle(les Arpalles, Valais suisse). Je n’ai pas trouvé de diminutif en *Arpel(le).
    D’autre part le suffixe –ière indique le plus souvent un collectif (végétaux, animaux, minéraux).
    L’ arpell ou fausse vipérine https://elmedinaturaldelbages.cat/species/arpell-picris-echioides/ pourrait convenir mais ce nom vernaculaire n’est donné que pour la Catalogne et l’Andorre (plus quelques pays scandinaves et d’Europe centrale)
    [ Catalogne, Andorre, + qq pays nordiques, https://viagallica.com/v/picride_fausse-viperine.htm ]

    Un rapport avec M. et Mme Arpel, éponymes de la fameuse maison de Mon oncle, serait rigolo mais moins crédible.
    Résumé : Arpelières serait-il « un ensemble de petits alpages » ? rien n’est sûr.
    —-
    ■ 78 ACHERES
    Plusieurs hypothèses , plus ou moins farfelues
    rucher ?

    Attesté villam Apiarias en 990 : adjectif féminin pluriel latin, sous-entendu villas. Il s’agissait de fermes « pourvues de ruches ». Dans ce cas précis, l’adjectif était déjà substantivé à l’époque de la création du toponyme, d’où le villam au singulier
    Idem pour Achères (Cher), Achères-la-Forêt (S.-et-M.), Aschères-le-Marché (Loiret) et des lieux-dits homonymes .
    —-
    ■ 69 LIMONEST idem
    1 Orme limo
    2 limon ( argile )
    3 limonite minerai de fer
    4 limonier = chevalmis dans les limons
    5 limon = pièce de harnais des chevaux

    Dauzat & Rostaing – sans donner de forme ancienne – proposent tout simplement un nom d’homme latin Limonius (formé sur le gaulois limo, « orme ») et suffixe acum.
    E. Nègre, comme souvent quand il ne sait pas, fait l’impasse (il n’a pas dû trouver de nom d’homme germanique à se mettre sous la dent)..
    A.-M. Vurpas et C. Michel (Noms de lieux de la Loire et du Rhône , Bonneton 1997) qui signalent la forme Limonadas de 1010, hésitent entre le gaulois lemo, « orme » et le gaulois limo, « marais » (ou le latin limus , « boue »), mais sans expliquer le suffixe qui pourrait alors être un collectif ada issu du latin atum.
    Les étymologies que vous citez sont reprises par ce site qui montre des reproductions d’ouvrages anciens sans hélas citer ses sources.
    L’étymologie selon la « limonite » ressemble au serpent qui se mord la queue puisque le nom de cette dernière est un dérivé savoyard de « limon » avec suffixe ite.
    Les deux dernières étymologies sont fantaisistes ( Ah ! L’auberge à l’enseigne du Limonier devenue « par corruption » Limonest, quelle trouvaille ! et pourquoi ne pas proposer la limonade tant qu’on y est ?)

    ■ 73 SAINT-PIERRE-DE-SOUCY voir
    saulciaco salziaco sociaco

    de Saulciaco au XIè siècle, du nom d’homme gaulois Salisius et suffixe acum.
    Le nom deviendra ecclesia S. Petri de Salziaco en 1157

    ■ Avez-vous déjà étudié le thème CONDAMINE , Condominium ?
    Est-il fertile en toponymie ?

    Je n’ai pas écrit de billet consacré à « condamine », que j’ai néanmoins abordé dans ce billet déjà ancien :

    Le bas latin  *condominium désignait au Moyen Âge une terre proche du château, réservée au seigneur et exempte de droits ou quelquefois  un terroir soumis à deux seigneurs. On retrouve ce nom à la Condamine (Ain) et à la Condamine-Châtelard (Alpes-de-H.-P.) ainsi qu’à La Condemine ( Allier, Rhône), à la Contamine-sur-Arve (H.-Sav.) et aux Comtamines (H.-Sav.). Là aussi, un etc. ne serait pas superflu.

    J’aime

  4. Le dada de certains Africains est d’utiliser l’interjection « condamine » pour ponctuer leurs phrases (un peu comme chez nous avec « Pas d’souci ») …

    Ce toponyme serait-il d’origine ougandaise ?

    J’aime

  5. Bonjour m Le Véto

    en voyant , cette semaine , une
    Rue de la clef des champs ( effectivement, au bout de cette rue)

    je me suis demandé si vous avez déjà traité de la racine CLAVIS en toponymie
    – sens d’orée ( des champs ,etc…)
    -sens de verrouillage , type CLAVANS 38 , verrou de sa vallée

    Merci beaucoup.

    J’aime

  6. lecteur

    je n’ai pas traité ce thème clavis , sauf à travers quelques exemples ici ou là ( Claviers).
    Mais c’est une bonne idée.

    PS la case « recherche », en haut de la colonne de droite, vous permet d’explorer le blog.

    J’aime

  7. FAUX-AMI

    Innocemment, je m’apprêtais à signaler l’omission de Baignes-Sainte-Radegonde, capitale du Petit Angoumois (Charente).

    Mais il s’agirait, en fait, d’une Bethania / Béthanie …

    [ Et moi qui espérais que c’était le spa de la grande sainte poitevine (et reine mérovingienne) ! ]

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s