Eh bien, dansons !

C’est au mois d’août qu’on fait les fous dit la chanson … Il nous reste quelques jours, profitons-en pour aller danser !

Après avoir éliminé sauter (occitan saltar/sautar), hérité du latin classique saltare, « danser », l’ancien français baller (occitan balar), d’un bas latin ballare, fut lui-même remplacé dans la langue populaire par danser (occitan dansar) du francique *ditjan.

Ces trois verbes et leurs dérivés ont laissé des toponymes et des anthroponymes, les uns ayant pu être à l’origine des autres.

Sauter – saltar/sautar

L’individu qui aime « sauter », c’est-à-dire danser, dans l’ancienne langue, était le sauteur ou sautour mais aussi le sauterel  (sauterelle est la danseuse et le nom d’une danse chez Godefroy) ou sautarel. Ces quatre termes ont donné des anthroponymes qui ont pu à leur tour donner des toponymes.

Il est cependant mal aisé de faire la distinction entre les différents sens possibles de ces noms de famille qui peuvent désigner :

  • le danseur ;
  • le mi-larron mi-luron qui a pris l’habitude de passer par-dessus les murailles, le saute-barrière ;
  • celui qui fait profession de pratiquer, sur les foires, des acrobaties, c’est-à-dire le saltimbanque qui « saute sur un banc », c’est-à-dire « une estrade ».

Plusieurs lieux-dits dans le Midi sont appelés Sautarel, à Murs et Méthamis (Vauc.), Saint-Pastour (L.-et-G.), Betchat (Ariège) etc. et un ruisseau est joliment dit Sautarel à Puget-Ville (Var). En pays de langue d’oïl, nombreux sont les toponymes en Sauteur, Sauteuse (dont un Bois de la Sauteuse à Épinal, Vosges, que je ne pouvais pas sauter manquer), Sautereau, Sauterelle, etc. dont il est fort difficile de dire à quel champ sémantique ils se rapportent.

Avec le sens de « danseuse », c’est-à-dire qui bouge, branlante, on trouve une Pierre Sauteuse à Neauphle-le-Château (Yv, un menhir branlant aujourd’hui détruit.) à marier au Rocher Sauteur de Pégairolles-de-Buèges (Hér., peut-être un rocher qui a sauté/est tombé de la hauteur en surplomb). Le sens le plus répandu est celui de « sauter, bondir » qui accompagne souvent des noms d’animaux comme Saute-Loups (Chenôve, S.-et-L.), Saute-Loube (saint-Prix, Allier, « louve »), Saute-Bouc (Levignac-de-Guyenne, L.-et-G.), Saute-Chèvre (Les Cerqueux-sous-Passavant, M.-et-L.), Saute-Chien (Saint-Saturnin, Char.), Saute-Counil (Meussac, Ch.-Mar., « lapin »), Saute-Crabe (Frespech, L.-et-G., « chèvre »), Saute-Crapaud (Bannegon, Cher), Saute-Jau (Croignon, Gir., « coq »), Saute-Lièvre (Jouques, B.-du-R.), Saute-Perdrix ( Le Boulvé, Lot), Saute-Renard (Pineuilh, Gir.) et d’autres. Dans le Midi, on trouve un Saltebiquet (Vimenet, Av.) et un Saltebouc (saint-Étienne-Vallée-Française, Loz.). Les noms de personnes sont également présents comme Saute-Bedel (Condat, Cantal, « bedeau »), Saute-Bergère (Néré, Ch.-Mar., etc.), Saute-Grelet (Saint-Martin-de-Freigneau, Vendée), Saute-Ramond (Beaupuy, T.et-G.). N’oublions pas le Saute-en-l’Air (Saint-Pantaléon, Vauc.),  Saute-qui-Peut (Villegouge, Gir.), le Saute-Haie (Grandvilliers, Vosges) et le  Saute-Murots (Fondemand, H.-S.). Mention particulière pour Sautepaille (Petit-Bersac, Dord.) et Sauta-la-Paille (Aspiran, Hér.), où il s’agissait de faire « danser la paille » donc d’une aire de battage. Et que penser de Saute-aux-Prunes (Bazauges, Ch.-Mar.) ?

Il convient par ailleurs de ne pas tomber dans le piège des dérivés du latin saltus qui désignait une région de bois et de pacages ou encore, en montagne, un défilé forestier. Le mot s’est conservé en toponymie sous la forme saut ou sault  et dans  des anthroponymes comme Sautel, Saltel, Sautet, Saltet…

Baller – balar

Dès 1292, Étienne Boileau signale dans son Livre des Mestiers, le balland, le danseur et musicien qui accompagnait les fêtes, d’où le baladin. Des noms de famille sont formés sur ce thème, la langue d’oïl hésitant entre le simple et le double ll, tandis que la langue d’oc privilégie le simple l. On connaît ainsi des noms comme Baland, Balland, Balaire, Balarin, Balandier. La balade, occitan balada, séance de danse, est à l’origine de noms comme Baladié, Baladier  et des diminutifs Baladon, Baladou, au sens d’« amateur de ». On peut voir, dans l’ensemble de ces noms de famille, la représentation de l’état de baladin : au Moyen Âge, ceux-ci entrecoupaient leurs déclamations, de chansons de geste, de danses et de musique, sur les places des villes et villages et dans les grandes salles des châteaux. Tous ces noms ont pu donner des toponymes qu’il serait fastidieux de tous citer. Signalons toutefois la Ballanderie ancienne propriété d’un certain Balland à Tannerre-en-Puisaye (Yonne), les Balladins à Villard-Sallet (Sav., avec double ll), etc.

En langue d’oc, on connaît Baladou, nom d’une commune du Lot et de plusieurs lieux-dits ( Blanquefort-sur-Garonne, L.-et-G. ; Gouzens, Lot ; Le Garric, Tarn ; Belmont-Sainte-Foi, Lot) qui tous sont issus d’un bas latin *ballatorium, « endroit où on danse », c’est-à-dire espace plat et dégagé propre à l’implantation d’une ferme, d’un hameau. Sur le même modèle a été formé le nom de Baladour à Sainte-Anastasie dans le Cantal et à Naves en Corrèze (DENLF*, NFLMF*). L’hypothèse de Nègre (TGF*) qui voit dans le nom de Baladou (Lot) un diminutif de l’occitan valat, « fossé », et dans celui de Baladour (Cant.) un dérivé du verbe valadar, « munir de fossé », me semble moins convaincante : la présence de nombreux toponymes de ce type implique qu’on ait construit autant de fossés autour de lieux-dits (qui ne le méritaient pas tous, certains étant même en hauteur et inhabités) et que ces fossés aient eu une telle importance qu’ils leur ont laissé leur nom.

CPA Baladou

Notons enfin que Balanda qui est sans doute une graphie de balandar avec perte du r final de la prononciation et de la graphie a eu probablement le même sens que  Baladou, d’où le nom de famille Balanda et le nom du Mas Balanda à Perpignan (P.-O.).

Il convient, là aussi, d’éviter les pièges que sont les toponymes formés sur la racine pré-indo-européenne *bal, à valeur oronymique de « rocher escarpé, et, par extension, « cavité au pied d’un rocher », « grotte », ceux dérivés du nom du (genêt à) balai et du breton balan ou encore ceux dérivés d’anthroponymes gaulois (Balannus), latin (Ballius) ou germanique (Ballo).

Danser – dansar

Les dérivés de ces verbes, apparus dans la langue courante après les précédents, sont par conséquent plus modernes et de compréhension plus facile.

Les lieux-dits la (les) Danse(s) sont assez nombreux mais l’origine exacte de ces noms reste souvent mystérieuse, même si le nom est parfois précisé comme aux Belles Danses (Betz-le-Château, I.-et-L.). La légende locale est à l’origine de plusieurs Danse des Fées (Canon, Somme ; Auxi-le-Château, P.-de-C.). En Languedoc, dansadou, « le lieu où on danse », est à l’origine du Dansadou (Corbès, Gard) et des Dansadoux (Medeyrolles, P.-de-D.) auxquels répondent la Salle de Danse (Ménestreau-en-Villette, Loiret) et plusieurs Danseries (Artins, L.-et-C. ; Rémalard, Orne ; Oisseau, May. etc.).

Fort répandus sont les rochers branlants comme la Pierre qui Danse (Rouillac, Char. ; Le Theil, Allier ; Paladru, Is. ; Issoudun, Indre etc.), la Roque Danseuse (Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Aude), la Pierre Danse (Limeyrat, Dord.) etc.  auxquels on peut ajouter Danseperré (Virelade, Gir.) et les Rocs Dansaïres (Névian, Aude).

Peu d’animaux entrent dans la danse sauf à Danse Vache (Belan-sur-Ource, C.-d’Or) et à la Danse au Lièvre (Chuisnes, E.-et-L.). Parmi les végétaux, si on excepte les quelques Bois de la Danse (Charmont-de-la-Beauce, Loiret etc.) et Champs de la Danse (Cherveux, D.-Sèv.), je ne trouve que le Chêne de la Danse (Champignelles, Yonne) et le Chêne à la Danse (Chezal-Benoît, Cher).

Restent Danse-l’Ombre (Vignevieille, Aude ; Curel, A.-de-H.-P.), Danselombre (Saint-Étienne-de-Puycorbier, Dord. ; Sauveterre-Saint-Denis, L.-et-G ; Layrac, L.-et-G.) et Dansalombre (Durban, P.-de-D.) pour lesquels je n’ai pas d’explication convaincante sauf à faire un rapprochement avec danso-à-l’oumbro, surnom donné à un fainéant selon F. Mistral.

NB les danses qui doivent leur nom à des toponymes ont fait l’objet d’un billet il y a déjà huit ans …

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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La devinette 

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est formé de quatre mots (ou cinq, ça dépend des sources) :

  • le nom d’une habitation ;
  • une préposition (suivie ou non d’un article) ;
  • le nom d’un personnage substitut de dame Nature ;
  • un des trois verbes du billet à la troisième personne du singulier du présent de l’indicatif.

Comme si ce lieu-dit s’appelait *Château de (la) Nature Saute.

Dernière précision : ce toponyme est exprimé dans la langue régionale et, dans cette région, on utilisait ce syntagme « nature saute » pour décrire un phénomène atmosphérique bien précis.

Le nom de la commune, un hagiotoponyme, est complété par celui du pays, lequel signifie qu’il est particulièrement caillouteux.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement indique que son environnement était marécageux.

■ un indice pour le lieu-dit lui-même :

indice-a-28-08-2022

■ un indice pour un événement meurtrier peu connu qui a marqué la commune :

indice b 28 08 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

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4 commentaires sur “Eh bien, dansons !

  1. Bonjour m leveto
    —-
    51 VAUREFROY

    Vallis HROTFRIDI
    HRODFRIDUS

    ( idem à Onfray , Gerfroy , Godefroi etc..)

    2 mais je trouve aussi une
    vaura fridicus : val froid ? ?
    surprenant

    —————————————-
    51 HOURGES
    serait un HORREAM dont l’on causait récemment

    —————————-
    84 Bollène
    vallon des CROÏLLES
    la SIMIOUNE camping

    ——————————
    61 . 53 forêt de MULTONNE
    -onne rivière ?

    LE mont SOUPRAT

    COURTEMICHE
    ————————————

    32 PANASSAC
    E.Nègre : FURO SACCO ?

    —————————————–
    41 SOINGS-en-Sologne
    1 °SO-AM ? SO-AN  » sur le bord du lac  » ?

    2° SOGIOMAGOS

    Tumulus les MONTANJONS

    13 à ventabren
    aqueduc de ROQUEFAVOUR

    —————————–
    69 Lyon la MULATIERE

    1 mulets de transport le long du Rhône

    2 clément MULAT ou MULATI homme 15è s

    42 chagon LES ECHEDES

    ————————————
    69 Sainte-Foy-lès-Lyon

    Pont de BEAUNANT aqueduc romain du Gier (Jarez)

    en fait je trouve BONNAND , vers le 19è s.

    —————————-

    69 CURIS-au-mont d’or

    château de la TROLANDERIE

    plateau des AVORAUX : voudrait dire  » grands champs  »

    ———————-
    69 RIVERIE & saint-didier-sous-Riverie

    Rivus ?

    Merci

    J’aime

  2. La « montée de Balmont », évoquée en p. 199, est indubitablement un « mont où l’on balle » !

    D’ailleurs, dans les étapes de montagne du Tour de France, ne voit-on pas, quand ça grimpe dur, des coureurs « grimper en danseuse » ?

    J’aime

  3. lecteur

    Tiens ! Nous avons quitté la Savoie … juste quand je commençais (un petit peu) à maîtriser l’arpitan …
    Quelques uns de vos nouveaux toponymes sont difficiles à analyser, par manque de formes anciennes et/ou de mentions dans des ouvrages ou même sur internet. Pour certains, il semble même que je sois le premier (ou presque) à les explorer, donc prenez les réflexions les concernant comme de simples hypothèses en attente de confirmation.

    ■ 51 VAUREFROY
    Vallis HROTFRIDI
    HRODFRIDUS
    ( idem à Onfray , Gerfroy , Godefroi etc..)

    2 mais je trouve aussi une
    vaura fridicus : val froid ? ?
    surprenant

    Attesté Vallis Roffridi en 1130 sans H initial (Auguste Vincent, Toponymie de la France , 1937, repris par E. Nègre) , du latin vallem et nom de personne germanique Rodfridus
    —————————————-
    ■ 51 HOURGES
    serait un HORREAM dont l’on causait récemment

    Nous disposons des formes anciennes suivantes : Haurges (XIIe siècle) ; Haorgiæ (1211) ; Haorges (1211) ; Haourges (1260) ; Haourgiæ (1268) ; Haouge (1345) ; Ourges (1777) et enfin Ourge (Cassini, XVIIIe siècle)
    Peut-être du latin fabrica , « atelier » d’où « forge » d’après Louis-Adolphe Terracher, Revue de linguistique romane , vol. 12, 1936. Dauzat & Rostaing renvoient aussi à ce fabrica mais sans étayer cette hypothèse. E. Nègre fait l’impasse. Le hic selon moi, tient au passage du f au h qui, quand il se produit, le fait en gascon mais, à ma connaissance, pas dans la Marne en langue d’oïl.
    Je n’écarte pas pour ma part un dérivé de hordeus, « orge », qui a par exemple donné Orgeux (C.-d’Or) attesté Urgeolum en 1100, avec diminutif eolum. Cette étymologie expliquerait le h initial des premières formes anciennes.
    —————————-
    ■ 84 Bollène

    ♦ vallon des CROÏLLES

    Je connais assez bien, je crois, le village troglodyte du Barry, pour m’y être rendu à plusieurs reprises, mais je ne connaissais pas ce vallon ! Vraiment très peu d’occurrences sur Google (reprises à l’identique par différentes pages), c’est dire ! Il n’est d’ailleurs mentionné sur aucune des cartes que j’ai pu consulter (ni sur Géoportail, ni sur le CD de l’IGN, ni sur le site de la mairie …).

    Le Félibre Jean Reboul mentionne dans son œuvre un san Sadurní de Croïlles mais il semble qu’il s’agisse de saint Saturnin de Cruïlles en Catalogne (Espagne). La famille catalane De Cruïlles fut en tout cas suffisamment importante pour avoir vu son nom transporté à Cruillas (ou Cruyllas) en Sicile alors dans le royaume d’Aragon. Le nom de la famille, qui serait d’origine gothique, serait donc à chercher du côté germanique… Rien ne nous dit pourtant qu’il y ait un rapport avec le vallon bollénois (sauf un autre transfert de nom ?).
    Ceci dit , en langue d’oc, le nom est inconnu et inexplicable.
    Bref : mystère.

    la SIMIOUNE camping : je ne suis pas sûr qu’i s’agisse d’un toponyme. Je penche plutôt pour un sobriquet hypocoristique dérivé de Simone et choisi comme nom commercial . À voir avec les nouveaux propriétaires (cf. tél dispo sur la toile …) s’ils ont eu la curiosité de se renseigner quand ils ont racheté ce camping qui portait déjà ce nom, semble-t-il.
    ——————————
    ■ 61 . 53 forêt de MULTONNE
    -onne rivière ?

    Attesté Landes de la forest de Multonne en 1495 puis Mons Tonarum en 1564 (Bulletin historique et archéologique de la Mayenne 1917). On trouve ensuite écrit Le Bois des Monts de Tonnes sur la carte de Jaillot (1695) et B. Des Moultonnes sur celle de Cassini. L’origine de ce nom est mystérieuse mais vraisemblablement pré-latine (le nom de 1564 ressemble fort à une réfection latine pseudo-savante). Ce massif se compose de quatre petits sommets recouverts de forêt, ce qui a fait évoquer par certains un hypothétique « multiples tonnes » sans plus d’explication sur ces « tonnes ».

    ♦ LE mont SOUPRAT on parle des Bruyères de Soupras de la carte de Jaillot (1695) dans le Dictionnaire topographique de la Mayenne (Léon Maître, 1878). Ce nom est bien mystérieux lui aussi : s’agissant d’un mont, un « sous le pré » (latin pratum) semblerait contradictoire. Le patronyme Soupras (dont je ne connais pas l’étymologie) existe (au moins chez Google ) et pourrait être le nom du propriétaire desdites Bruyères. Enfin, pourquoi ne pas imaginer un dérivé du latin Super (qui a donné le nom de Souprosse, Landes, avec suffixe aquitain -os) — mais avec quel suffixe ? Bref, vous aurez compris que je n’ai rien de bien sérieux à vous proposer.

    COURTEMICHE micro-toponyme qui évoque la faim due à une terre de peu de rapport qui ne permet de s’acheter qu’une courte miche de pain … dans le même ordre d’idée voyez ce billet
    ————————————
    ■ 32 PANASSAC
    E.Nègre : FURO SACCO ?

    Dauzat & Rostaing rapprochent ce nom de celui de Pannecé (L.-Atl.) qui est attesté Paneceacum en 1110, du nom d’homme latin Panicius et suffixe acum. Mais ils ne disposaient sans doute pas des attestations anciennes relevées par E. Nègre.
    Ce dernier signale en effet le nom Furo sacco en 985 (Bulletin de la Société archéologique … du Gers , 1965) puis de Panassaco en 1338 (Annales du Midi, 1915) qu’il traduit par un probable impératif gascon pane , « dérobe ! », suivi de sac pour désigner un moulin (malhonnête). Pour furo, cf. le latin fur, « voleur » et furor, « voler ». Furo est aujourd’hui l’occitan pour « souris », qui est chapardeuse comme chacun sait.
    —————————————–
    ■ 41 SOINGS-en-Sologne
    1 °SO-AM ? SO-AN  » sur le bord du lac  » ?
    2° SOGIOMAGOS

    Soings  :de Soemo en 1121, de Soemio en 1369 et enfin Soennium
    Situé près d’un étang, il s’agissait peut-être du gallo-romain ciconio-magos, « marché, hameau de la cigogne (appareil à tirer de l’eau) ».

    ♦ Tumulus les MONTANJONS
    Le lieu-dit Les Montanjons était anciennement monts aujoncs, soit «monts aux ajoncs »

    ■ 13 à ventabren
    aqueduc de ROQUEFAVOUR

    « Plusieurs explications ont été données à l’origine du toponyme Roquefavour. Pour certains, il viendrait de Rupes Favoris (rupes signifiant rocher en latin), succès que Marius obtint sur les Teutons. Le camp romain de Marius, marqué sur la carte IGN, se trouve juste à coté. On trouve même une explication plus terre à terre, le nom viendrait de Roquefave ainsi employé parce que le lieu était favorable à la production de la fève ! Dans les textes anciens écrits en latin, on retrouve Roca Frondosa (sous les frondaisons) ou Roca Fraudasa (roche trompeuse…), mais peut-on se fier aveuglément aux scribes d’un office citadin qui ont rédigé les actes ? »
    (source)
    Le camp romain est en effet bien attesté à l’emplacement d’un ancien oppidum gaulois. La rivière Rigoès (qui devrait son nom à un ancien Rigomagos , « le marché ou hameau du roi ») a porté à cet endroit-là le nom de baou de Mario , « bain de Marius ».
    Les attestations latines Roca frondosa ou fraudosa ne sont hélas pas sourcées donc très incertaines.
    Avant d’être tombé sur ce document, j’avais imaginé un terrain caillouteux propice à la culture des fèves (d’où des toponymes comme Favars, Favières, Favols etc.) : je vois que je ne suis pas le seul. Les explications les plus simples étant souvent les meilleures …
    —————————–
    ■ 69 Lyon la MULATIERE
    1 mulets de transport le long du Rhône
    2 clément MULAT ou MULATI homme 15è s

    Appellation (relativement) moderne qui consiste à rajouter le suffixe –ière au nom du propriétaire. Ce type de toponyme est toujours précédé de l’article, ce qui permet d’en certifier le sens. Une famille Mulat était installée là au XVè siècle.

    ■ 42 chagon LES ECHEDES

    ♦ Il s’agit de Chagnon, attesté Chano en 1153, du gaulois cassano, « chêne ». Autre hypothèse : nom d’homme roman Cannius et suffixe onem

    Les Échèdes : Les Escheydoz (1660) ; Les Eschedoz (1660) ; Les Eschedou (1662) ; Les Eschedés (1662) ; Les Echères (XVIIIe siècle)
    Un exact homonyme existe à Thurins (Rhône) mais je n’ai pas trouvé de formes anciennes pour celui-là.
    Rien trouvé à propos de ce toponyme dans les ouvrages à ma disposition …
    Dans le nom Eshceydoz , le suffixe ressemble à un dérivé du suffixe adjectival latin –osu (donnant –ós en occitan) indiquant la qualité (polverós, « poudreux »). Il a donné régulièrement une terminaison en ou avant d’être remplacé par le collectif ère remplacé à son tour par un collectif en ède (cf. Albarède, bois de saules blancs).
    Reste à comprendre le premier élément du mot. Le seul qui pourrait convenir me semble être else, euse désignant l’yeuse, le chêne vert (quercus ilex ). On trouve par exemple L’Euzède à Riols (Hér.). Le chêne de Chagnon, le chêne vert des Échèdes …
    NB les deux derniers paragraphes ne sont que pures hypothèses de ma part, à prendre avec des pincettes, donc.
    ————————————
    ■ 69 Sainte-Foy-lès-Lyon
    Pont de BEAUNANT aqueduc romain du Gier (Jarez)
    en fait je trouve BONNAND , vers le 19è s.

    Attesté Beonant en 1253 , avec le gaulois nanto , « vallée où coule une rivière ». Ce serait alors une « belle rivière » ou un « beau vallon où coule une rivière ».
    —————————-

    ■ 69 CURIS-au-mont d’or

    Curis-au-Mont-d’Or : Curisium en 984. La proximité de la Saône permet d’envisager un radical hydronymique pré celtique *cor/cur (cf. indo-européen *ku-ros, « gonfler », en référence aux crues soudaines qui font gonfler les rivières).

    ♦ château de la TROLANDERIE

    je trouve en lisant la page wiki : « Plusieurs explications étymologiques sont avancées, dont un rattachement sémantique au « treuil » du moulin à eau ».
    En effet, le truil ou truel a d’abord eu le sens de « pressoir (à raisins )» (1282) puis celui de « treuil » (1394). Mais de truil à La Trolanderie …
    Or, comme je l’ai mentionné plus haut à propos de La Mulatière, les toponymes précédés d’un article et terminés par un suffixe d’appartenance ou de qualité, ici -erie, sont récents et généralement formés sur un patronyme ou un nom de métier ou d’activité. Il pourrait alors s’agir ici du nom Troland, aujourd’hui quasiment disparu en France mais bien attesté avant 1900 (mais en Loire-Atlantique). On trouve quand même une entreprise Troland et Cie à Jalogny en Saône-et-Loire.
    Troland est probablement un dérivé de trole, nom de l’ouest Anjou qui signifie « perche, gaule » : ce serait un surnom de marchand de perches, devenu patronyme .
    Y a-t-il eu un nommé Troland parmi les propriétaires de l’endroit ? Mystère.
    Le verbe « troler » ou « troller », « chasser au hasard, en vénerie », puis « flâner, errer » a donné « trolerie » plutôt que *trolanderie et donc me paraît ne pas convenir.

    ♦ plateau des AVORAUX : voudrait dire  » grands champs  »

    J’ai bien vu passer cette étymologie mais je ne sais pas d’où elle sort. Enfin, si !, ça sort de Le Mont d’Or Lyonnais et son val de Saône de Laurent Michel, mais je n’ai pas pu consulter cet ouvrage. En tout cas, à ma connaissance, aucun mot celte ne se rapproche d’avor- et le « champ » était mago, acito ou encore olca et « grand » se disait magio.
    Tout au plus peut-on imaginer un hydronyme pré-celtique et pré-latin comme ab/av mais avec une terminaison obscure accompagnée d’un suffixe latin ausus (cf. Avord, dans le Cher, attesté Avor en 1123 qu’on suppose être av+ ritum, « gué »).
    Ceci dit, je n’ai aucune idée précise sur la signification de ce toponyme.
    ———————-
    ■ 69 RIVERIE & saint-didier-sous-Riverie
    Rivus ?

    Plus probablement du latin robur, « chêne », et suffixe aria pour « chênaie ». C’est l’équivalent de Haute-Rivoire et du lieu-dit Rivoire à Lentilly, dans le même département. Cette forme a subi l’influence de riparia , « rivière, pré au bord d’une rivière », même si ces villages ne sont pas au bord d’une rivière.

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