Esbans (répàladev)

Si j’en crois un de ses derniers commentaires sur le précédent billet, TRA semble avoir rejoint TRS et LGF sur le podium des découvreurs de la solution de ma dernière devinette. Bravo !

Il fallait trouver Esbans, un lieu-dit d’Ytrac, canton d’Aurillac, dans le Cantal.

local Ytrac

De quoi parlons-nous, exactement ?

Esbans est un nom de lieu mentionné avec cette orthographe sur la carte IGN actuelle (et sur le CD de l’IGN de 2004) et sur la carte d’état major de 1891 mais écrit en deux mots Les Bans sur la carte de Cassini de 1783 (feuillet 15, Aurillac).

Capture ESBANS IGN

Capture ESBANS état major

Cassini ESBANS

C’est également Esbans qui apparait sur Google Maps et sur l’Annuaire Mairie

Cependant, on trouve l’orthographe Esban dans le fichier des Noms de rues de France pour le lieu-dit lui-même, pour la Forêt d’Esban et pour le Puy d’Esban (qui sert également de nom à une ZAC). On aura noté que la carte IGN mentionne elle aussi le pôle d’Activités du Puy d’Esban, sans s final.

Que conclure ?  Que le lieu-dit originel portait bien la marque du pluriel et que la mise au singulier est récente (postérieure à 2004) et non encore adoptée partout.

Esbans :

Jacques Astor (NFLMF*) explique ce nom comme signifiant ès bancs, « sur les terrasses », le rapprochant d’autres noms de fermes situées sur des terrasses plus ou moins en hauteur comme Banc à Colombier-le-Jeune et Les Bancs à Veyras, tous deux en Ardèche.

Un petit tour sur le Dictionnaire topographique du département du Cantal (Émile Amé, 1897) nous permet d’avoir accès aux formes anciennes du nom :

CaptureDTC Esbans

La première forme Ebrart (1384), qui n’a pas pu phonétiquement évoluer vers les suivantes, est très probablement un patronyme d’origine germanique (eber, « sanglier » et hard, « dur »), celui du premier propriétaire des lieux, qui sera plus tard remplacé.

Les derniers noms semblent bien être formés sur ce ban(c) au sens de terrasse, mais un doute subsiste : s’agissait-il à l’origine d’ès bancs, d’où Es-bans en 1750, comme le pense J. Astor ou bien de Les Bans (1684) ayant subi une mécoupure pour *L’Esbans puis Esbans (1759) ?

Reste le nom Esbaux de 1522 … qui pourrait être une corruption du nom Esbans par un greffier peu au fait de la phonétique locale (on sait qu’à cette époque, les greffiers étaient des lettrés souvent venus d’ailleurs et se piquant de parler et donc d’écrire « français »).

Le même dictionnaire signale La Maisonnette-d’Esbans, un écart de la commune d’Ytrac, aujourd’hui disparu.

Ytrac : Aitrac en 930 et Ytracum en 1328, du nom de personne roman Actorius et suffixe acum.

Aurillac : Aureliacus en 899 du nom de personne roman Aurelius et suffixe acum.

CPA Ytrac

cdl a

Les indices

indice a 02 10 2022 ■ le premier de ces coureurs cyclistes est Antonin Magne, natif d’Ytrac.

indice a 04 10 2022 ■ il fallait bien sûr reconnaitre un cantal.

indice-b-04-10-2022 ■ cette affiche était celle d’un documentaire mettant en scène le retour au pays du peintre espagnol Nicolás Rubió qui avait vécu à Ytrac dans sa jeunesse quand ses parents avaient fui l’Espagne en 1938. « En 2013, il retourna dans le Cantal pour y accompagner le tournage d’un film dont un cinéaste et documentariste argentin, Fernando Domínguez, avait conçu le projet en 2011. Le film, intitulé 75 habitantes, 20 casas, 300 vacas, montre un Nicolás Rubió en train de parcourir l’Auvergne, d’Aurillac à Clermont-Ferrand, et occupé, en quelque sorte, à peindre un paradis perdu ».

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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Un commentaire sur “Esbans (répàladev)

  1. Plus précisément dans le village de Vielle :

    https://www.google.fr/maps/place/L'Estang+de+Vielle,+15130+Ytrac/@44.937154,2.3459998,1427m/data=!3m1!1e3!4m5!3m4!1s0x12ad53a5579ac57d:0xfb23124ebe0c07e1!8m2!3d44.929746!4d2.351928?authuser=0

    ———————
    « La tournure prise par la guerre civile espagnole en 1938 contraignit la famille Rubió à quitter l’Espagne, en abandonnant tous ses biens, et à venir se réfugier en France, dans le Cantal, non loin d’Aurillac, plus exactement dans le hameau de Vielle, appartenant à la commune d’Ytrac. C’est dans ce hameau, où Nicolás Rubió vécut heureux de sa dixième à sa vingtième année, qu’il apprendra, en plus de son catalan natal et de l’espagnol, le français (scolaire et rural) et l’occitan populaire avec les paysans qui l’entourent, desquels plusieurs figures continueront de peupler sa mémoire et de l’inspirer.  » (WP)

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