Menditipiko Bizkarra, la répàladev

Bravo à TRS qui m’a donné le premier la bonne réponse à ma dernière devinette et à LGF qui l’a suivi de peu.

Il fallait trouver Menditipiko Bizkarra, une montagnette de 872 m sur la commune d’Itxassou du canton de Baïgura et Mondarrain dont le chef-lieu est Cambo-les-Bains, dans le département des Pyrénées -Atlantiques.

local Itxassou

Menditipiko Bizkarra

Ce nom basque se décompose de la manière suivante :

mendi (montagne) tipi (petit) : la petite montagne ; ko préposition locative ; bizkarra : la crête (suffixe –a correspondant à l’article défini) : il s’agit donc de la « petite montagne de la crête ».

Mention particulière à TRS qui, ayant trouvé la commune et avant de trouver la bonne réponse, m’en a énuméré les noms de rues ou de lieux-dits contenant biskar : Biskayluze (déjà cité dans le billet), Soubeletakobiscarra (zubel, « orme » et suffixe collectif eta ), Oloron Biskarreko Bidea (la rue de la crête d’Oloron) et enfin Meatseko Biskarra (du col de Mehatze, « étroit »). Or, il s’agissait de trouver le nom d’un relief, c’est-à-dire un oronyme qui ne figure pas dans la liste des rues ou lieux-dits de la commune.

Itxassou

En basque, le genêt se dit jats ou itsas, cette seconde forme permettant d’expliquer Itxassou, avec le suffixe –tsu indiquant l’abondance : c’est le lieu « où le genêt abonde ». Le genêt a été longtemps utilisé pour tisser des toiles ou des draps mais aussi, on le sait, pour confectionner des balais.

CPA-itxassou

Pas de Roland mais un gars rosse

Labourd

Le nom de ce pays historique du haut Moyen Âge, dont le chef-lieu est Bayonne, est attesté episcopatus Laburdensis en 983. C’est une formation sur le nom ancien de Bayonne, Lapurdum, attesté dès le Vè siècle, in Lapurdo, nom qui persistera encore après l’an mil. Il s’agirait, selon l’hypothèse généralement admise, d’un composé aquitain de deux éléments reconnaissables dans le basque labe, « écobuage, défrichement », et l’ancien basque urd, « plateau » : le nom aurait donc désigné un terrain plat couvert de brûlis. Cette étymologie est contestée par P.-H. Billy (DNLF*) qui voit dans le premier élément le basque lap -, « ronce » (attesté dans le collectif lapar), et fait du Labourd un terrain plat couvert de ronces. Les formes gasconnes anciennes médiévales sont diversement graphiées, les plus anciennes étant Labort en 1120 et Labord au XIIè siècle. La graphie Labourd ne semble pas attestée avant le XVIè siècle.

Bayonne : c’est en 1063 qu’apparaît le second nom de la ville Baiona, formé sur le basque bai, « cours d’eau », suivi du suffixe latin ona (qui a probablement remplacé le locatif basque un). La forme Bayonne n’est attestée qu’après le XVè siècle.

Cambo-les-Bains 

D’origine gauloise, cambo a d’abord désigné la courbe, le méandre d’une rivière avant de désigner la plaine alluviale fertile en bordure de rivière. En Pays basque, il s’agit d’un nom importé. Le village est situé sur une hauteur sur la rive gauche de la Nive, la petite plaine alluviale proprement dite se trouvant sur la rive droite à l’intérieur d’une boucle. Cambo-les-Bains est le chef-lieu du canton de Baïgora et Mondarrain :

Baïgora : la rivière (baï) rouge (proto-basque gor, « chair, viande » d’où « rouge ») qui a donné son nom à la vallée de Baïgory.

Mondarrain : ce nom d’un lieu-dit d’Itxassou n’est pas basque, il s’agit de la déformation du nom d’un ancien castrum nommé Monte Ferrandi par l’administration basco-aquitaine et qui fut occupé par le roi de Navarre.

cdl a

Les indices

indice a 28 11 2022cette illustration des Misérables de V. Hugo montre Cosette maniant un balai fait de rameaux de genêt. Du genêt français au basque itsas et de là à Itxassou

cyrano-1959

  ■ pour une fois cette illustration représentant Cyrano de Bergerac n’était pas là pour son héros, mais pour son auteur Edmond Rostand qui avait fait construire la villa Arnaga à Cambo-les-Bains.

indice b 30 11 2022 ■ des piments d’Espelette : qu’ajouter ? Le village d’Espelette, situé dans le même canton, est attesté Espeleta en 1249, du basque ezpel, « buis », et suffixe collectif eta.

indice a 30 11 2022  ■ cette illustration de Chantecler par Jean Gradassi (éditions du Panthéon, collection Pastels,1955) était là pour son auteur, Edmond Rostand qui l’aurait écrit à Cambo-les-Bains.

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