Castéra-Lou (la répàladev)

TRS et LGF sont restés les seuls, à l’heure où je publie ce billet, à m’avoir donné la bonne réponse à la dernière devinette. encore bravo !

Il fallait trouver Castéra-Lou dans le canton des Coteaux dont le chef-lieu est Trie-sur-Baïse, en pays de Bigorre dans les Hautes-Pyrénées.

local castera-lou

 

Castéra-Lou : le nom de cette commune est issu du gascon castérar correspondant au languedocien castellar après passage habituel du ll intervocalique à r. Ce mot est formé de castel, « château », accompagné du suffixe ar (du latin are) qui désigne traditionnellement l’emplacement, le site. La chute du r final, non prononcé, a fini par aboutir à Castéra. Quant à la deuxième partie du toponyme, il s’agit de l’article défini occitan Lou, « le », qui a été postposé de manière absurde et incompréhensible par l’administration, semble-t-il en 1845, le nom occitan Lou Castéra ayant été « francisé » en Castéra-Lou. Une tentative (gentille) d’explication est que le responsable aurait pris Lou pour un nom de personne (en pensant à Saint Loup ?). D’autres prennent moins de gants comme Aitor Carrera (Les representacions gràfiques dels topònims occitans, 2002) qui parle, en catalan, d’« extravagance » :

Capture Castéra-Lou

ou le rédacteur du site internet officiel du canton qui parle « de l’une des plus belles bourdes administratives ou cartographiques qu’on puisse imaginer ». Quoi qu’il en soit, le nom n’a jamais été corrigé.

CPA-trie-sur-baise

Trie-sur-Baïse : il s’agit d’une ancienne bastide fondée en 1322 qui doit son nom, attesté bastida de Tria en 1325, à son fondateur Jean de Trie, sénéchal de Toulouse et de l’Albigeois. Le nom de la Baïse, attesté Vanesia au IVè siècle, est issu de la racine hydronymique pré-celtique *ban accompagnée du suffixe latin –itia ; en gascon, le n intervocalique disparaît.

la Bigorre : « doit son nom au peuple aquitain appelé Bigerriones par César au milieu du Ier siècle av. J.-C. Le nom de ce peuple est issu d’un appellatif que l’on peut reconstituer par le basque bigurri, « pervers », et bihurri, « tordu, indocile, pervers » ( DNLF *). », écrivais-je naguère dans ce billet. Il est intéressant de faire un parallèle avec le nom de Vascones donné par les Romains de l’Antiquité aux Basques de la péninsule ibérique, nom formé sur l’adjectif vascus, « qui va de travers, oblique, divergent ». Bigerriones a, de surcroit, le même suffixe. Les deux appellations semblent donc étrangement concordantes : s’agissait-il alors de relever leur étonnante différence par rapport aux populations environnante ?

D’autres étymologies pour le nom de la Bigorre ont été proposées comme le basque Ibai gorri, « la rivière rouge » (dès 1899 par André Rolland de Denus et E. Lechevalier et plusieurs fois reprise par la suite) sans expliquer ni la disparition du I initial ni le transfert du nom de la rivière à celui du peuple.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

fleuron1

 

Les indices

indice a 18 12 2022  ■ ce calligramme d’Apollinaire est extrait des Poèmes à Lou. (wiki)

cyrano-1959

  ■ Cyrano de Bergerac devait orienter vers la Gascogne.

Le ciel, le soleil et la mer est chanté par François Deguelt qui est né à Tarbes, chef-lieu de l’arrondissement où se situe Castéra-Lou.

 

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