À La Vétouze, commune d’Arques dans l’Aude (répàladev)

podium seul  LGF est le seul à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette, dès mardi soir. Bravo à lui !

Il fallait trouver un lieu-dit À La Vétouze, bordé par un ruisseau dit de (la) Vétouze, sur la commune d’Arques du canton de la Haute-Vallée de l’Aude, chef-lieu Quillan, dans le département de l’Aude et, plus particulièrement dans le pays de Razès.

local-Arques

À La Vétouze : c’est sous cette forme et avec cette orthographe (préposition majuscule accentuée, initiale majuscule pour l’article et « Vétouze » avec un z) que ce lieu-dit est mentionné dans le fichier officiel FANTOIR sous le numéro 110015B076N et repris tel quel sur le site Les Rues de France.  En revanche, sur les cartes IGN les plus récentes comme sur GoogleMap, seul le ruisseau de la Vétouze apparait. La page wiki consacrée à la commune mentionne elle aussi ce ruisseau, sans citer de lieu-dit. En revanche, le lieu-dit se trouve bien sur la carte d’état-major de la fin du XIXè siècle :

Vétouse EM

Le lieu-dit Vétouse sur la carte d’état-major (en bas à droite)

Le Dictionnaire topographique du département de l’Aude, rédigé par Antoine Sabarthès en 1912, mentionne : « L’Abétouze : ferme ; formes anciennes : La Vétouze (cadastre) ; La Bétouze (vulgaire) ».

L’auteur avait bien compris que le nom porté sur le cadastre avait été victime d’une mécoupure, faisant passer le nom de « l’abétouse » à « la bétouse » puis à « la vétouze » par une malheureuse francisation (on considérait, en pays d’oïl, que tout ce qui était prononcé b dans ces contrées d’oc était en réalité un v), mais sa tentative de rétablir le nom étymologiquement correct n’a pas été suivie.

Comme je l’expliquais dans ce billet, une abétouse , de l’occitan abet, « sapin », et suffixe collectif –oux, –ouse, désigne un bois de sapins. On trouve ainsi, toujours dans l’Aude, un lieu-dit L’Avétouse à Camps-sur-l’Agly.

Arques : attesté de Archis en 1260, du pluriel de l’occitan arca, « arche de pont ». Ce nom pouvait désigner aussi bien des vestiges de pont gallo-romain que des ponts médiévaux sur des fossés.

L’histoire d’Arques a été marquée, comme celle de  toute la région, par la croisade contre les albigeois menée par Simon de Montfort au début du XIIIè siècle. À l’issue de celle-ci, ce dernier offrit Arques à son lieutenant Pierre de Voisins, dont les descendants firent bâtir un château dont ne subsiste que le donjon. (premier indice du mardi)

CPA Arques 2

Qu’est devenue la jeune rebelle qui tourne le dos au photographe ?

On trouve également Arques en Aveyron (Arches en 1321), Arques dans le Pas-de-Calais (Arkae en 668) et Arques-la-Bataille en Seine-Maritime (de Archis en 1024,  en référence à une victoire de Henri IV)  auxquels on peut rajouter Les Arques dans le Lot et le diminutif Arquettes-en-Val dans l’Aude (Archae en 1106, diminutif tardif), tous ces toponymes ayant la même étymologie, du latin arcus, « arche d’un pont » .

Quillan : attesté Quillianum en 1145, du nom d’homme latin Quelius et suffixe –anum. Il avait été question de Quillan, et de son blason aux trois quilles, dans ce billet.

Razès : le nom de ce pays formé autour de Rennes-le-Château a été étudié il y a presque deux ans dans un billet concernant le Sustansonès.

■ canton de la Haute-Vallée de l’Aude : ce canton, comme le département, tire son nom de celui du fleuve Aude (quatrième indice du mardi). Celui-ci était appelé Atax par le poète Tibulle en 27 av. J.-C., nom issu d’une racine hydronymique prélatine *at– accompagnée du suffixe gaulois –aco. On passe de l’accusatif latin Atacem à Ataze en 919 puis, par métathèse, à Azate attesté en 978,  à Auzde (début XIè siècle), à Alde (XIè siècle) et enfin à Aude à la fin du XIIè siècle.

grappe raisin

Ce cul-de-lampe représentant une grappe de raisin avait un rapport avec l’indice de l’énoncé :

indice a 08 01 2023 Cette gravure, piochée sur le site de Ladépêche.fr est intitulée Blanquette de Limoux offerte à l’archevêque de Narbonne – 1701. Ladite blanquette est un vin effervescent produit de longue date dans la région de Limoux (deuxième indice du mardi). Il est écrit dans l’article :

Dès le début du XVIe siècle, la blanquette devient un vin très renommé qui se distingue des autres. Le seigneur du terroir, le sieur d’Arques, de retour de batailles, dégustait sans modération ladite blanquette. « Le 25 octobre 1544, fourniture fut faite de vin clairet pour son souper et quatre pintes blanquette pour son dîner », retrace dans un écrit le clavaire (officier municipal chargé de la gestion) de Limoux.

Pour être appréciée à sa juste valeur, cette même blanquette peut être servie dans un verre en cristal d’Arques (troisième indice du mardi).

Les indices du mardi 10/01/2023

 Ma première devinette de l’année n’a pas eu de beaucoup de succès : personne ne m’a encore donné la bonne réponse.

podium vide

J’en rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est, sans surprise, lié à un des mots du jour.

Il s’agit à l’origine du nom d’un hameau, voire d’une seule ferme, passé au ruisseau qui l’arrose.

Selon le fichier ou la carte qui le mentionnent, ce toponyme est écrit de différentes façons mais sans qu’en soit altérée sa compréhension.

La commune qui abrite ce lieu-dit doit son nom au franchissement d’un cours d’eau – mais sans doute pas  celui dont il est question plus haut.

À une trentaine de kilomètres par la route, dans le même département, se trouve une commune dont le nom est le diminutif du précédent suivi d’un déterminant.

On trouve aussi, dans d’autres départements, deux stricts homonymes, un homonyme précédé d’un article et un homonyme suivi d’un déterminant.

Cette commune fut jadis offerte par le vainqueur d’une croisade à un de ses lieutenants, dont le fils fit bâtir un château dont il ne reste plus aujourd’hui que le donjon

Le chef-lieu de canton où se trouve le lieu-dit à trouver porte un nom issu de celui d’un homme accompagné d’un suffixe, les deux latins.

Le nom du pays a été étudié naguère, avec ses voisins, dans un billet du blog que vous êtes en train de lire.

Un indice pour la production agricole régionale :

indice a 08 01 2023

grappe raisin

Et j’ajoute ces quelques précisions et indices :

la croisade dont il est question a eu lieu sur le territoire français ;

le produit agricole dont il est question est liquide ;

dans une des communes homonymes de celle qui accueille le toponyme à trouver se fabrique depuis longtemps un produit qui peut être utile au précédent ;

le canton porte un nom à caractère topographique déterminé par le nom du fleuve qui est aussi celui du département.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Les restes du sapin …

Me voici de retour au clavier, en route vers de nouvelles aventures. J’en profite pour vous souhaiter une excellente année 2023 ! 

Abies alba

Alors que les dernières aiguilles du sapin de Noël ont été balayées, je vous propose de partir sur les traces que cet arbre a laissées … en toponymie. Comme on le constatera, elles sont bien moins nombreuses que celles laissées par les autres essences, comme le chêne, le bouleau, le hêtre, le tilleul et d’autres que je vous laisse chercher en tapant leur nom dans le champ de recherche ad hoc.

Trois termes différents ont été utilisés pour parler de ce conifère, auxquels ont peut ajouter deux mots de langues régionales.

ci-contre : planche botanique Abies alba

Abies

Le latin abies, « sapin », est à l’origine de l’ancien occitan abet, de même sens, d’où abetosa, « forêt de sapin ». L’occitan moderne dit respectivement avet et avetosa/avetada ; le catalan a conservé abet et l’espagnol abeto.

On ne sera pas surpris de trouver des toponymes correspondants principalement dans l’Aude et le Sud-Ouest :

forme simple : Abet à Laruns (P.-A.), Notre-Dame-d’Abet à Lahontan (id.) et quelques cols de l’Abet ou de l’Abeta dans les Pyrénées ;

collectif (latin –etum) : L’Abédet à Aucun (H.-P.), le bois de Labétet à Aste-Béon (P.-A.) avec soudure de l’article, l’Abetat à Audry (id.) ; 

collectif (latin -osum) L’Avétouse à Camps-sur-l’Agly (Aude) et Lavetosa à Baillestavy et Amélie-les-Bains (P.-O.) à comparer à La Abetosa espagnole (à Benasque, en Catalogne) ; plus un diminutif Bétouset à Andrein (P.-A.) ;

la déglutination de l’initiale a donné son nom à Bétous (Gers) et à des lieux-dits homonymes à Caupenne-d’Armagnac (Gers) et à Réaup-Lisse (L.-et-G.) ainsi qu’à la forêt de la Bétouse à Camps-sur-l’Agly (Aude).

le nom de Bédeille (P.-A.) attesté Avedele en 1101 et Avedelha en 1429 est semble-t-il lui aussi formé sur le latin abies, comme celui de Bédeille (Ariège) – mais la forme Bedelhe de 1402 a fait émettre l’ hypothèse d’une origine d’après le nom d’homme latin Vitellius.

CPA Bédeille Ariège

Sap

Le gaulois *sapo est à l’origine du latin impérial sapinus/sappinus qu’on trouve chez Varron et Pline. Si on rapproche ce terme gaulois du sanscrit sapa, « résine », du breton sap , « sapin », du vieux cornique sibnid, « sapin blanc », on peut lui supposer une origine indo-européenne. Les toponymes qui en découlent se retrouvent principalement en territoires nord-occitans.

Rappelons tout d’abord que la Savoie elle-même, appelée Sapaudia par Ammien Marcellin en 391, doit son nom à ce gaulois *sapo, « sapin », accompagné de *uidu, « arbre, bois » et classiquement suffixé en –ia.

Si on excepte tous les noms de formation récente formés sur Sapin(s), Sapinière, Sapinerie etc. , on peut citer ces toponymes :

forme simple : Sap-en-Auge (Orne), Le Rif du Sap à La Chapelle-en-Valgaudemar (H.-Alpes – avec rif, « ruisseau ») et de nombreux lieux-dits Le Sap, notamment en Ardèche, Lozère …. et dans les Alpes comme Les Saps à Ancelle (H.-A.). La forme féminine existe comme à La Sapine à Charpey (Drôme) et à Maubec (Vauc.). Le suffixe –onia est à l’origine du nom de Sapogne-et-Feuchères (Ardennes) ;

CPA Le Sap Orne

collectif : Le Sapet à Châtillon-en-Diois (Drôme), à Lanuéjols en Lozère et à Saint-Sauveur-en-Rue (Loire), Le Sapey à Estivareilles (Loire), Le Sapey très présent en Savoie comme aux Déserts, Le Sappey à Thônes (H.-Sav.), Le Sapenay à Saint-Cassin (Sav.), Sapetière au Fontanil (Is.) etc. Et ajoutons les noms de plusieurs communes : Le Sappey (H.-Sav.), Le Sappey-en-Chartreuse (Is.), Sapois (Jura et Vosges) ainsi que Seppois-le-Bas et Seppois-le-Haut (H.-Rhin, avec un joli Sept Pois chez Cassini pour la première).

Vargne

Le gaulois *varno, « sapin » (du celtique *vuarnia, « résineux ») a donné des noms régionaux pour désigner le sapin blanc comme vargne, vuargne, vuarne et quelques autres qu’on retrouve dans de nombreux toponymes en Savoie et Franche-Comté :

forme simple : La Vargne aux Villards-sur-Thônes (H.-Sav.), Les Vargnes à Thônes et à Megève (H.-Sav.), Les Vuargnes à Mont-Saxonnex (id.), etc. et une forme patoisante pour la forêt du Vargnoz à Seytennex (id.) ;

collectif : Le Varnet à Brenthonne (id.), Vuarnet à Allinges (id.) … Le Vuargni aux Gets (id.) et Le Vuargneux à Samoëns (id.).

NB : il ne sera pas question ici des toponymes formés sur un radical garn– que certains linguistes rapprochent du même gaulois *varno. Le Trésor du Félibrige définit garno comme une « ramée de pin ou de sapin, branche de mélèze, bois pour chauffer le four, cépée ». L’occitan actuel désigne plus généralement par garna une « ramée de conifères ». Cependant, ce terme garn se retrouve dans des régions où il a plus particulièrement le sens de « buisson, taillis, fourré épais » (Massif-Central, Vendée, etc.) et sera étudié dans un prochain billet.

Autres langues

le germanique tann, « sapin », se retrouve dans les noms de Thann et Vieux-Thann (H.-R.), Thannenkirch (id., avec kirch, « église »), Thanvillé (B.-R.), Schweighouse-Thann (H.-R., avec Schweighouse, « maison du bétail ») et dans celui de plusieurs lieux-dits.

le basque izei/izai, « sapin », a donné peu de toponymes parmi lesquels on trouve le lac d’Isabe aux Eaux-Chaudes (P.-A.) et le col d’Isseye ou Isaye sur la même commune. Notons toutefois qu’une autre hypothèse fait dériver ces noms d’un oronyme *is, variante de aitz, « pierre, roche ».

 

rog

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est, sans surprise, lié à un des mots du jour.

Il s’agit à l’origine du nom d’un hameau, voire d’une seule ferme, passé au ruisseau qui l’arrose.

Selon le fichier ou la carte qui le mentionnent, ce toponyme est écrit de différentes façons mais sans qu’en soit altérée sa compréhension.

La commune qui abrite ce lieu-dit doit son nom au franchissement d’un cours d’eau – mais sans doute pas  celui dont il est question plus haut.

À une trentaine de kilomètres par la route, dans le même département, se trouve une commune dont le nom est le diminutif du précédent suivi d’un déterminant.

On trouve aussi, dans d’autres départements, deux stricts homonymes, un homonyme précédé d’un article et un homonyme suivi d’un déterminant.

Cette commune fut jadis offerte par le vainqueur d’une croisade à un de ses lieutenants, dont le fils fit bâtir un château dont il ne reste plus aujourd’hui que le donjon

Le chef-lieu de canton où se trouve le lieu-dit à trouver porte un nom issu de celui d’un homme accompagné d’un suffixe, les deux latins.

Le nom du pays a été étudié naguère, avec ses voisins, dans un billet du blog que vous êtes en train de lire.

Un indice pour la production agricole régionale :

indice a 08 01 2023

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

 

 

Joyeux Noël !

M’attelant par avance ce jeudi 22 décembre à l’écriture du billet dominical puisque je prévois un week-end occupé à d’autres choses (l’une d’entre elles, la plus précieuse, âgée de cinq ans et demi, se prénomme Chloé – qu’elle me pardonne, si elle lit cette pauvre prose un jour, de l’inclure dans des « choses » : ce n’est qu’une façon de parler), me voilà fort dépourvu …

Quand l’illumination est venue !

Estimant qu’un délai de huit ans est suffisant pour vous infliger un remake, je vous propose de relire ce billet daté de la Noël 2014 :

Joyeuse noue !

Et n’oubliez pas de lire les commentaires !

Quant à une devinette … peut-être dans le courant de la semaine ou plus tard.

D’ici là, passez de bonnes fêtes !

Castéra-Lou (la répàladev)

TRS et LGF sont restés les seuls, à l’heure où je publie ce billet, à m’avoir donné la bonne réponse à la dernière devinette. encore bravo !

Il fallait trouver Castéra-Lou dans le canton des Coteaux dont le chef-lieu est Trie-sur-Baïse, en pays de Bigorre dans les Hautes-Pyrénées.

local castera-lou

 

Castéra-Lou : le nom de cette commune est issu du gascon castérar correspondant au languedocien castellar après passage habituel du ll intervocalique à r. Ce mot est formé de castel, « château », accompagné du suffixe ar (du latin are) qui désigne traditionnellement l’emplacement, le site. La chute du r final, non prononcé, a fini par aboutir à Castéra. Quant à la deuxième partie du toponyme, il s’agit de l’article défini occitan Lou, « le », qui a été postposé de manière absurde et incompréhensible par l’administration, semble-t-il en 1845, le nom occitan Lou Castéra ayant été « francisé » en Castéra-Lou. Une tentative (gentille) d’explication est que le responsable aurait pris Lou pour un nom de personne (en pensant à Saint Loup ?). D’autres prennent moins de gants comme Aitor Carrera (Les representacions gràfiques dels topònims occitans, 2002) qui parle, en catalan, d’« extravagance » :

Capture Castéra-Lou

ou le rédacteur du site internet officiel du canton qui parle « de l’une des plus belles bourdes administratives ou cartographiques qu’on puisse imaginer ». Quoi qu’il en soit, le nom n’a jamais été corrigé.

CPA-trie-sur-baise

Trie-sur-Baïse : il s’agit d’une ancienne bastide fondée en 1322 qui doit son nom, attesté bastida de Tria en 1325, à son fondateur Jean de Trie, sénéchal de Toulouse et de l’Albigeois. Le nom de la Baïse, attesté Vanesia au IVè siècle, est issu de la racine hydronymique pré-celtique *ban accompagnée du suffixe latin –itia ; en gascon, le n intervocalique disparaît.

la Bigorre : « doit son nom au peuple aquitain appelé Bigerriones par César au milieu du Ier siècle av. J.-C. Le nom de ce peuple est issu d’un appellatif que l’on peut reconstituer par le basque bigurri, « pervers », et bihurri, « tordu, indocile, pervers » ( DNLF *). », écrivais-je naguère dans ce billet. Il est intéressant de faire un parallèle avec le nom de Vascones donné par les Romains de l’Antiquité aux Basques de la péninsule ibérique, nom formé sur l’adjectif vascus, « qui va de travers, oblique, divergent ». Bigerriones a, de surcroit, le même suffixe. Les deux appellations semblent donc étrangement concordantes : s’agissait-il alors de relever leur étonnante différence par rapport aux populations environnante ?

D’autres étymologies pour le nom de la Bigorre ont été proposées comme le basque Ibai gorri, « la rivière rouge » (dès 1899 par André Rolland de Denus et E. Lechevalier et plusieurs fois reprise par la suite) sans expliquer ni la disparition du I initial ni le transfert du nom de la rivière à celui du peuple.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

fleuron1

 

Les indices

indice a 18 12 2022  ■ ce calligramme d’Apollinaire est extrait des Poèmes à Lou. (wiki)

cyrano-1959

  ■ Cyrano de Bergerac devait orienter vers la Gascogne.

Le ciel, le soleil et la mer est chanté par François Deguelt qui est né à Tarbes, chef-lieu de l’arrondissement où se situe Castéra-Lou.

 

Les indices du mardi 20/12/2022

TRS est le seul à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à lui !

J’en rappelle ici l’énoncé :

La commune de France métropolitaine que je vous propose de découvrir porte un nom absurde issu d’une erreur incompréhensible du fonctionnaire chargé de l’inscrire dans les registres officiels.

Le toponyme en question était depuis longtemps connu et composé d’un nom et d’un déterminant antéposé. Prenant sans doute ce dernier pour un nom de personne, il le plaça en seconde position dans le nom officiel de la commune, sans même prendre la peine de traduire l’ensemble. L’erreur ne fut jamais réparée et la commune porte encore aujourd’hui ce nom absurde, comme si, s’étant appelée « Eine Stadt », elle avait été baptisée « Stadt-Eine » (attention !, l’allemand n’est utilisé ici que comme exemple – pour les non germanophones, « Une Ville » devenant « Ville-Une »).

Le nom du chef-lieu du canton où se trouve cette commune est celui de son fondateur accompagné de celui du cours d’eau qui l’arrose.

Le pays porte un nom dérivé de celui de la peuplade qui l’habitait, lequel nom pourrait être traduit aujourd’hui par « les Insoumis » ou « les Frondeurs ».

Une fois n’est pas commune, mon indice sera un poème :

indice a 18 12 2022

 

Et je rajoute ces cadeaux de Noël indices :

un héros bien connu de mes lecteurs habituels, pour la région :

cyrano-1959

une chanson pour la grande ville :

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La devinette du dimanche 18/12/2022

en retard

 

Aïe ! Aïe ! Bien trop occupé cette semaine pour écrire un billet (déjà que j’ai eu du mal à finir la répàladev !) je passe directement à la devinette hebdomadaire, préparée à l’avance pour le cas où …

 

 

 

Certains de mes lecteurs se souviennent sans doute des billets que j’ai consacrés il y a près d’un lustre aux joca monachorum, ces « plaisanteries de moines » qui, volontairement ou non, modifiaient des toponymes en en corrompant l’orthographe ou en en détournant le sens. Je renvoie les autres à ce billet et à celui-ci.

 Les moines copistes ne sont bien sûr pas les seuls responsables de ces plaisanteries ou de ces maladresses ou erreurs : les notaires ou leurs clercs comme les fonctionnaires chargés des écritures ont aussi leur part de responsabilité.

Un notaire

Un notaire italien, par Giusto Giusti (1406-1483)

La commune de France métropolitaine que je vous propose de découvrir porte un nom absurde issu d’une erreur incompréhensible du fonctionnaire chargé de l’inscrire dans les registres officiels.

Le toponyme en question était depuis longtemps connu et composé d’un nom et d’un déterminant antéposé. Prenant sans doute ce dernier pour un nom de personne, il le plaça en seconde position dans le nom officiel de la commune, sans même prendre la peine de traduire l’ensemble. L’erreur ne fut jamais réparée et la commune porte encore aujourd’hui ce nom absurde, comme si, s’étant appelée « Eine Stadt », elle avait été baptisée « Stadt-Eine » (attention !, l’allemand n’est utilisé ici que comme exemple – pour les non germanophones, « Une Ville » devenant « Ville-Une »).

Le nom du chef-lieu du canton où se trouve cette commune est celui de son fondateur accompagné de celui du cours d’eau qui l’arrose.

Le pays porte un nom dérivé de celui de la peuplade qui l’habitait, lequel nom pourrait être traduit aujourd’hui par « les Insoumis » ou « les Frondeurs ».

Une fois n’est pas commune, mon indice sera un poème :

indice a 18 12 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

 

 

 

Manglieu (répàladev)

Une lectrice qui signe Xyla a rejoint LGF sur le podium des découvreurs de la bonne réponse à ma dernière devinette. Félicitations !

Dernière minute : à l’instant de publier, je reçois la bonne réponse de TRS ! Voilà donc le podium complété.

Il fallait trouver Manglieu, une commune du canton de Vic-le-Comte, dans le département du Puy-de-Dôme, en Auvergne.

local Manglieu-

Manglieu : Magnus locus en 818, Abbatia Magnilocensis en 846, Grantlieu au XIIIè siècle et enfin Manlieu au XVIIIè siècle. On voit sans difficulté dans ce nom l’adjectif latin magnus, « grand », suivi de locus , « lieu », désignant le plus souvent un monastère.

La légende locale qui fait d’un moine nommé Magnus le fondateur du village est racontée sur le site de la mairie et accessible en suivant ce lien.

Vic-le-Comte : simplement Vic en 1373 et Vicus en 1392, du latin vicus, « village ». la commune s’appela Vic-sur-Allier de 1792 à 1814. Le déterminant le-Comte, attribué dès 1801 et officialisé en 1814, rappelle que la commune a été capitale du comté d’Auvergne de 1213 à 1533 (wiki).

CPA vic-le-comte-

Qui se souvient encore des épiceries Le Familistère ? Et du Clacquesin, « le plus sain des apéritifs » ?

pffft ! Tout fout le camp …

Auvergne : ce pays a reçu plusieurs noms à partir du Vè siècle : Arverno regio et Arvernum chez Sidoine Apollinaire au milieu du Vè siècle, Arvernorum regione en 575-94 chez Grégoire de Tours, ex Arvernico pagum après 743. Tous ces noms sont formés sur celui de la ville capitale des Arvernes, Arverni, qui deviendra plus tard Clermont. Le Glossaire d’Endlicher (publié en 1836 par celui qui l’avait découvert, c’est un manuscrit qui remonte probablement au Vè siècle) définit le nom des Arverni, écrit Areuernus, comme ante obsta, que l’on peut traduire par « devant les obstacles ». Quand les Gaulois sont dans la plaine de la Limagne, à Gergovie ou ailleurs, ils font face aux obstacles que présente la chaîne des Puys. Ladite chaîne est alors une vaste forêt qui sépare la Limagne des Arvernes à l’Est, des plateaux vallonnés des Lémovices à l’Ouest. Le nom des Arverni repose probablement sur un composé gaulois are, « devant », ver, « sur » et suffixe no, que l’on peut alors traduire par « (ceux qui sont) devant ce qui est placé en haut». (P.-H. Billy, DNLF*).

D’autres hypothèses ont été émises concernant la signification du nom des Arvernes. On a proposé le gaulois are, « près de, devant » et verno , « aulnaie » : ce seraient alors les Gaulois de l’aulnaie (Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise : description linguistique, commentaire d’inscriptions choisies, éditions Errance, 2003).

On a également proposé de voir dans are-vernos une allusion par métonymie au bouclier en bois d’aulne qu’ils tenaient devant eux (Jacques Lacroix, Les noms d’origine gauloise : la Gaule des combats, éditions Errance, 2012).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

cdl4

 

Les indices

 

indice 11 12 2022 ■ cette statue du chevalier d’Assas, célèbre pour le cri d’alerte « À moi, Auvergne, ce sont les ennemis ! » qu’on lui attribue à tort et qui fut poussé à la bataille de Clostercamp le 15 octobre 1760, devait orienter les recherches vers l’Auvergne (et pas vers Le Vigan ni vers Assas…).

la chanson des Choristes : une partie du film de Christophe Barratier a été tournée dans l’église de Manglieu.

indice c 13 12 2022  ■ le café à glands de chênes : le pharmacien Jean-Baptiste Bargoin (1813-1885) qui fit fortune avec le café de glands doux est né à Vic-le-Comte.

indice c 13 12 2022  ■ la papeterie de la Banque de France est installée à Vic-le-Comte.

Les indices du mardi 13/12/2022

Toujours aussi rapide, LGF m’a déjà donné la solution de ma dernière devinette. Bravo à lui !

Comme d’habitude, je vous en recopie l’énoncé en rappelant que le mot du jour était l’occitan lòc, français lieu.

Il vous faudra trouver une localité de France métropolitaine dont le nom est lié au mot du jour, accompagné d’un adjectif qualificatif.  Une légende locale raconte que ce nom rappelle celui d’un moine malade qui, à son retour de Rome, fonda là un monastère dédié au saint qui l’aurait guéri et dont il avait rapporté des reliques.

Le nom du chef-lieu du canton où se trouve cette localité, un terme générique pour désigner un groupement d’habitations, garde dans son déterminant la trace de son seigneur du Moyen Âge.

La région porte un nom dérivé de celui des Gaulois qui l’occupaient. Le nom de ces derniers a donné lieu à plusieurs interprétations : il serait lié à leur arme de prédilection, à un arbre ou encore aux hauteurs sur ou devant lesquelles ils se trouvaient.

■ Un premier indice :

indice 11 12 2022

■ Un deuxième indice en chanson :

 

cdl5

 

Les indices du mardi

La commune elle-même n’ayant pas grand chose à offrir, passons au chef-lieu de canton :

■ et d’un :

indice c 13 12 2022

 

■ et de deux :

indice c 13 12 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Lieu de Dieu ! etc.

Près de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), dans la commune de Martiel, se trouve une abbaye cistercienne dont l’histoire est aussi celle de son nom.

CPA Loc-Dieu  À l’origine, au début du XIIè siècle, l’abbé Roger de l’abbaye de Dalon, en Limousin, demande à douze de ses religieux de fonder une nouvelle abbaye en un lieu désert.

Ces derniers arrivent le 21 mars 1123 au puech d’Elbes, à l’est duquel s’étendait une grande forêt infestée de brigands qui y multipliaient les atrocités et qu’on avait appelée Loc Diable (locus diaboli) – à moins que l’attribution du nom de diable ait été faite au lac situé près de l’actuelle abbaye (lacus diaboli). Un immense dolmen et un alignement de pierres levées, vestiges de cultes pré-chrétiens, accentuaient, dans l’esprit chrétien de l’époque, la croyance en un lieu diabolique. C’est là que les moines, pour conjurer la peur de tous, plantèrent une croix, précisément sur le dolmen, selon une pratique alors répandue de sanctification de lieux de culte pré-chrétien.

Capture Loc-Dieu

Le chef des douze moines, Guillaume, demanda alors à l’évêque Adhémar III de Rodez la permission de fonder une abbaye, ce qui lui fut accordé. Les Cisterciens y mirent tant d’ardeur qu’en dix ans à peine, assèchement des marais du voisinage, défrichements et construction de l’abbaye furent achevés.

En 1144, l’évêque Adhémar vint en visite à l’abbaye et lui donna le nom de Loc-Dieu, Locus Dei par opposition à Locus diaboli, pour montrer combien la foi chrétienne avait eu raison de la terreur (et des mécréants, par conséquent).

Propre aux fondations religieuses, particulièrement du XIIè siècle, on retrouve cette locution toponymique sous forme francisée avec Le Lieu-Dieu à Boulazac (Dord.), Lieudieu, une commune de l’Isère (Locus Dei au XIIè siècle) et, dans le domaine d’oïl, avec l’abbaye de Lieu-Dieu au sud-ouest de Beauchamps (Somme). Dans le même ordre idée, on connaît Lieusaint en Seine-et-Marne (locus sanctus au Xè siècle qui ferait référence aux rites gaulois qui se célébraient là mais qui pourrait aussi être un ancien sanctuaire ou cimetière).

CPA Lieudieu

La forme occitane lóc, « lieu », se rencontre encore avec Bouloc (bon lóc, « bon lieu » ) dans l’Aveyron à Salles-Curan, ancien siège d’une commanderie templière, Bouloc (H.-G.), Villeneuve-lès-Bouloc (id.) et Bouloc-en-Quercy (T.-et-G.). On trouve également Bonloc (P.-A.), une autre ancienne commanderie.

Mention particulière pour Jû-Belloc (Gers) dont le premier est le nom d’un ancien village dont l’étymologie fait débat : pour Dauzat&Rostaing (DENLF*) il s’agit du gascon jus, « inférieur, en aval », sens attesté dans le Dictionnaire de Godefroy et dans le Trésor du Félibrige et qu’on trouve par exemple dans les noms de trois lieux-dits Lajus en Pyrénées-Atlantiques, désignant une maison , « celle d’en bas » ; pour E. Nègre (TGF*), il s’agit du gascon , « joug, contrepoids d’une cloche, pour désigner la légère hauteur du village ». Chacun se fera son opinion

Mais c’est surtout avec bèl, « beau », que l’on trouve des noms composés comme ceux des communes de Belloc (Ariège) et Bellocq (P.-A., site d’un ancien monastère, Pulcher Locus en 1286) ainsi que de près de deux-cents lieux-dits.

Sous une forme francisée, on trouve le nom de Beaulieu, une abbaye au nord-ouest de Verfeil (H.-G.) ainsi que de nombreuses localités dans divers départements (Alpes-Maritimes, Ardèche, Ardennes, Calvados, Cantal, Charente, Corrèze, Deux-Sèvres, Gard, Hérault, Haute-Loire, Indre, Indre-et-Loire, Loiret, Maine-et-Loire, Mayenne, Nièvre, Orne, Oise, Puy-de-Dôme, Vendée, ouf !), sans oublier Neuville-lez-Beaulieu (Ardennes), Annesse-et-Beaulieu (Dord., Anessa en 1076, du gaulois ana, « marais » et diminutif itia), Ferrière-sur-Beaulieu (I.-et-L.) et Rejet-de-Beaulieu (Nord, « rejet » désignant un terrain vague, une terre non cultivée, une décharge publique) ainsi qu’une multitude de lieux-dits.

CPA Beaulieu Corr

Vaut le détour, croyez-moi !

A contrario, on a nommé Triste-Loc un lieu-dit de Latrape (H.-G.) et Tristeloc un autre à Montesquieu-Volvestre (id.).

Enfin, citons Grand-Lieu, nom de trois lieux-dits dans la Loire-Atlantique, le Loiret et les Deux-Sèvres et Saint-Aignan-Grandlieu (L.-A.) ainsi que Groslieu à Alainville (Yv). Et terminons avec Mandelieu-la-Napoule (A.-M.), attesté Mandans locus  vers 990, peut-être du latin mandantum, « confié, remis, livré » et locum (TGF*) ou du celtique manda, « hauteur, limite » (DENLF*).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.index

 

Devinette

Il vous faudra trouver une localité de France métropolitaine dont le nom est lié au mot du jour, accompagné d’un adjectif qualificatif.  Une légende locale raconte que ce nom rappelle celui d’un moine malade qui, à son retour de Rome, fonda là un monastère dédié au saint qui l’aurait guéri et dont il avait rapporté des reliques.

Le nom du chef-lieu du canton où se trouve cette localité, un terme générique pour désigner un groupement d’habitations, garde dans son déterminant la trace de son seigneur du Moyen Âge.

La région porte un nom dérivé de celui des Gaulois qui l’occupaient. Le nom de ces derniers a donné lieu à plusieurs interprétations : il serait lié à leur arme de prédilection, à un arbre ou encore aux hauteurs sur ou devant lesquelles ils se trouvaient.

■ Un premier indice :

indice 11 12 2022

■ Un deuxième indice en chanson :

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr