Le nom des îles françaises !

« Qu’est-ce que cela ? », vous entends-je vous interroger.

Eh bien! Cela est une excellente nouvelle – en tout cas pour moi.

Un livre sur lequel j’ai travaillé depuis ma prise de retraite, soit près de quatre ans, est désormais disponible à la souscription avant sa parution en librairie en février 2023.

Il s’agit du Dictionnaire étymologique des îles françaises, le premier de toute l’histoire de la toponymie (un index de près de 1500 noms étudiés), et je n’en suis pas peu fier !

Dictionnaire étymologque des îles françaises

Je vous laisse jeter un coup d’œil :

https://www.adverbum.fr/editions-desiris/claude-gantet/dictionnaire-etymologique-des-iles-francaises_5dq5v2q6mktm.html

Faites circuler !

Merci de votre attention.

De profundis P.S.

C’est pas pour me vanter, mais il y a deux ans et demi j’écrivais un billet d’actualité intitulé « R.I.P. P.S. » :

C’est pas pour me vanter, mais il y a près de dix ans j’écrivais un billet d’actualité intitulé « Ségolène et Vincent, les Max faux frères » … qui prédisait l’effondrement du Parti Socialiste.

Dix ans après (oui, il y a eu un entracte avec un numéro comique hollandais), les faits me donnent raison !

Comment disait-on, déjà ? Ah ! Oui : pschitt !

Je faisais allusion à un billet du 18 novembre 2009 (douze ans déjà !) dans lequel j’écrivais :

Le conflit — la querelle, la chamaillerie, la dispute, la guerre ? — interne au Parti socialiste entre S. Royal et V. Peillon prend des allures grotesques de farce à l’italienne (souvenez-vous !). Les spectateurs, dégoûtés, risquent de tourner la tête, voire de quitter la salle.

Les socialistes devraient peut-être relire — ou lire ? —Max Stirner. Celui-ci, de son véritable nom Johann Caspar Schmidt (1806-1856), a défini le concept d’association des égoïstes. En simplifiant son idée à l’extrême, on peut expliquer que Stirner considérait la société humaine, chaque homme étant unique et indépendant, comme une association d’égoïstes. Associés provisoirement pour atteindre un but fixé à l’avance : la réalisation des désirs personnels de chacun.

Comment les socialistes — et la gauche en général — peuvent-ils espérer battre la droite — et Sarkozy? — en 2012 s’ils ne s’associent pas dans ce but, mettant en sourdine pour un temps leur ambition personnelle, leur égoïsme ? Arriver en ordre dispersé sur le champ de bataille n’est pas la meilleure façon de gagner la guerre …

Mais je crains malheureusement que nos socialistes ne se réclament d’un autre Max, certes  plus drôle que Stirner, mais tout juste bon à se faire tordre de rire les Français. Je veux parler de Max Linder, bien sûr, cinéaste français de la première heure à qui l’on doit par exemple  le Combat de boxe (1910).

Je fais amende honorable : le P.S. n’est, parait-il, pas encore mort. Mais n’est pas saint Éloi qui veut : le PS, lui, ne b*** plus depuis longtemps !

Pauvre Stirner, pauvre misère !

 

Avis à la population

Avec un décalage de plusieurs mois dû à ce que vous savez, l’artisan auquel j’avais demandé en janvier la rénovation de mon bureau-bibliothèque, autrement dit de mon antre, a commencé son travail ce matin, règlementairement masqué et hydro-alcooliquement gelé.

Avant cela, j’ai passé une partie de mon dimanche à vider mes étagères … et à entreposer où je l’ai pu ce qui s’y trouvait :

bib palier
Ici, les dicos et encyclopédies (la bédé est dans l’armoire ) …

bib chambre 2
… et là une partie du reste, notamment de la SF.

Tout ça pour vous expliquer la probable interruption momentanée de mes interventions documentées sur ce blog (j’ai par exemple des choses à dire sur le Barret-de-Lioure dont parle TRS sur le fil précédent mais, tant que je n’ai pas accès à mes sources pour me permettre d’être sûr de moi, il faudra attendre !). Il se pourrait même que les indices habituels permettant la résolution de la devinette  ne soient pas publiés ce mardi…

À bientôt, donc !

Jouer au confinement et solitairement

Solitairement confiné, je n’en souffre pas le moins du monde, étant fort peu sociable par nature et disposant, outre mon accès à internet, d’une bibliothèque bien garnie ( c’est fou ce qu’une seule page de dictionnaire peut me faire passer comme temps ! ).

Cela ne m’empêche pas de compatir avec ceux qui, solitaires comme moi, s’ennuient ferme, une fois épuisées les joies des livres, vidéos, patiences, solitaires, jeux en ligne et autres façons classiques de tuer le temps. À ceux-là, je propose quelques idées pour passer le temps loin de leur écran :

une chasse au trésor :

Numéroter les pièces de son logement de 1 à 6 ( en rajoutant la salle-de-bain, les chiottes, etc. si nécessaire) ou de 1 à 12 ( pour ceux qui disposent d’un grand logement mais c’est alors honteux pour une personne seule ).

Lancer le dé, une ou deux fois selon le nombre de pièces ( faut suivre un peu, quand même !).

Se rendre dans la pièce désignée par le sort.

Arrivé là, se poser la question : « mais qu’est-ce que je suis venu chercher ici ? »

Le temps de trouver la réponse ( en ouvrant tous les placards, tous les tiroirs, en regardant sous tous les meubles et tapis, etc. ) une heure ou deux seront passées.

On peut rejouer en changeant le numéro des pièces.

le cadavre exquis :

Tout le monde connait ce « jeu qui consiste à faire composer une phrase par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles ne puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes ». Mais comment y jouer en solitaire ?

Avec un ou des dés ! ( mais pas avec Dédé, puisqu’on est seul, c’est le principe, rappelez-vous ! ).

Il convient au préalable de se munir d’un dictionnaire ( un vieux Petit Larousse peut suffire ) et de définir le nombre d’éléments que devra contenir la future phrase, le minimum étant trois, sujet-verbe-complément, auxquels on peut ajouter des adverbes, des adjectifs, des compléments circonstanciels de temps, de lieu, etc.

Le chiffre x désigné par le lancer du dé servira à choisir dans une page du dictionnaire ouverte au hasard le x-ième sujet, puis le x-ième verbe dans une seconde page, le x-ième complément dans une troisième page, etc.

Ma première tentative a donné : « l’état-major gagne un taudis ». On en pense ce qu’on veut, mais ça peut quand même occuper l’esprit quelques quarts d’heure.

À vous de jouer.

les bouts rimés

Mis à l’honneur par Les Copains de Jules Romains ( mais si, souvenez-vous! Issoire et Ambert ), on en connait la règle..

De la même façon que dans le jeu précédent, on n’a besoin que d’un ( ou plusieurs ) dé(s), d’un Petit Larousse illustré et, idéalement, d’un dictionnaire de rimes.

Le premier lancer de dé(s) indique le numéro du mot à chercher dans la page ouverte au hasard du PLI à la section des noms propres ( c’est plus drôle ). Le même numéro permet de trouver, dans le dictionnaire de rimes ouvert à la page adéquate,  le mot qu’on devra faire rimer avec le premier.

Renouveler l’opération autant de fois qu’on veut écrire de vers.

Exemple : les dés m’indiquent le nombre 7 qui me désignent « Brando » (Marlon) puis Janville (E.-et-L. ) dans les pages ouvertes au hasard. Le dictionnaire de rimes m’indique « calendot » ( oui ! le camembert, comme dans Les Copains ! ) comme septième rime riche à « Brando » et « calville » ( variété de pomme ) pour « Janville ».

Voyons, voyons …  voilà :

Confiné comme un con à l’hôtel à Janville,

Contraint de me nourrir d’un peu de calendot

Qu’accompagne un morceau d’une belle calville,

Je ne peux même pas me rêver en Brando !

Bon, c’est un peu plat, mais ce n’est que le premier jet.

le jeu de piste :

Le matériel nécessaire est, là aussi, réduit au minimum : un ou des dés et un dictionnaire. Comme précédemment, il s’agit de tirer au sort plusieurs mots, noms propres inclus, sachant que plus il y aura de mots tirés au sort, plus le jeu sera difficile et prendra du temps.

Une fois récoltés les différents mots, il faut les considérer comme des indices permettant de découvrir un objet présent dans le logement. Il s’agira bien entendu d’appuyer sa découverte sur un raisonnement logique à partir des indices découverts.

Exemple : les dés m’ont donné les indices suivants : « magistrat », « épulon » et « ratafia ».

doseur ricardAprès réflexion, la solution m’est apparue dans toute sa splendeur : je me suis rendu dans ma cuisine, j’ai ouvert le tiroir du haut, fouillé entre les économes et les pinces à escargot et j’ai pu enfin brandir devant mes yeux ébahis une dosette à alcool anisé !

L’épulon étant chargé des banquets romains, un lien avec la cuisine était évident. Le ratafia étant un alcool ( il y en a de bons !), nous étions dans les boissons. Le magistrat, chargé de juger et donc de doser les peines, me donnait alors la solution éclatante de limpidité. Ça tombait bien, c’était l’heure de l’apéro, je me suis servi un whisky.

shadock

 

Mais où va Le Monde ?

Ce tout petit billet d’humeur pour signaler ce qui me semble être une censure pure et simple de la part de la rédaction du journal Le Monde.

Suivant plus ou moins assidûment le compte touiteur des correcteurs du Monde.fr, j’ai pu lire ce message — que j’ai pu conserver grâce à une  capture d’écran :

La presse : le gouvernement « bouscule » le code du travail… C’est peu de le dire : « semaine de soixante heures dans certains secteurs » ! A quand le retour des punitions corporelles, des retenues sur salaire et des ergastules ? Et, bien sûr, l’interdiction du droit de grève.

Eh bien, figurez-vous que ce touit qui sonnait comme une alerte, une mise en garde contre les dérapages (in)contrôlés du gouvernement, a disparu comme par enchantement…  !

Mais où va Le Monde, donc ? J’avoue ne plus trop m’y retrouver et finalement, je crois que je continue à l’acheter plus par fidélité nostalgique que par accord avec sa ligne éditoriale ( ah ! Ces unes pipeul ! …).

Et, en effet, il faudra rester extrêmement vigilants à la sortie de la crise pour que ces lois «  provisoires » ne restent pas gravées dans le marbre ( un peu comme certaines lois dues à l’état d’urgence post-attentats qui ne sont toujours pas levées… ).

Farem tot petar, macarel !

farem tot petar

 

Les Mées

Ceux qui suivent l’actualité n’auront pas échappé aux catastrophes climatiques qui ont frappé le sud-est de la France ce dernier week-end. Outre les morts et les sinistrés qui-ont-tout-perdu, il s’est produit un éboulement de rocher spectaculaire dans le village des Mées ( Alpes-de-Haute-Provence ) qui a mis à mal une formation rocheuse exceptionnelle dite des Pénitents qui fait la fierté ( et la richesse touristique ) du village.

Le village des Mées surplombé par les Pénitents

Cette formation rocheuse, vue de près, a fait penser à une procession de religieux.

Il n’en fallait pas plus pour faire naître une légende à base de moines pétrifiés pour leur éviter le péché de concupiscence devant la beauté de quelques Sarrasines ( cf. Eugène Plauchud, 1897 ).

Géologiquement parlant, il s’agit en fait d’entailles creusées par l’érosion dans un substrat rocheux épais de plusieurs centaines de mètres et d’inégale cohésion ( les spécialistes appellent ce substrat sub-alpin le « poudingue de Valensole » ). Ces entailles s’interrompent brutalement sur un même plan vertical formant ainsi un ensemble de falaises ( dont la plus haute atteint 114 m ) d’un kilomètre de long.

La première attestation écrite du nom du village date du XIè siècle sous la forme Metas, qui sera suivie de las Medas en 1098 et las Mesas en 1202. Il s’agit de la francisation du pluriel de l’occitan meya, « meule de blé, de foin, de paille » attesté dans les parlers alpins et désignant d’abord l’alignement des rochers ( TGF* ). Une origine selon le latin meta, « borne », a été proposée ( TP* ) mais il pourrait sembler plus plausible de voir un alignement de meules plutôt que de bornes, même « si l’ancienneté du toponyme et la situation de la localité aux confins des diocèses médiévaux de Sisteron et de Riez à la limite nord-ouest du territoire de la cité des Reii Apollinares, pourraient militer en faveur du sens de bornes » ( source ).

Les Mées sarthoises, comme Mée en Mayenne et Le Mée en Eure-et-Loir et Seine-et-Marne, sont des paronymes : ces noms sont issus du latin mansus, « terme féodal désignant une exploitation rurale occupée par un seul tenancier » qui est aussi à l’origine des nombreux Mas du Midi.

Je suis passé aux Mées provençales il y a deux ans ( déjà ! ) — un petit restau spécialisé dans les produits de la mer ( à deux pas de la Durance ! ) y est tout à fait agréable, avis aux amateurs ! — toujours avec le même plaisir même si je n’ai plus le courage ni la force de randonner. J’ai une petite pensée pour TRS qui nous parlait de ce village il n’y a pas si longtemps, si je ne m’abuse.

*L’astérisque qui suit les abréviations en majuscules renvoie à la Bibliographie de ce blog, accessible par le lien dans la colonne de droite.

Zone rouge

Avec une semaine de retard, je commémore à ma façon le 11 novembre 1918 en m’attachant aux villages de la zone rouge, morts pour la France et jamais reconstruits pour la plupart. Un billet du blog Langue sauce piquante nous en parlait récemment.

Il ne sera pas question, sur ce blog consacré à la toponymie, de leur histoire mais de leur nom. Les voici donc, présentés par départements comme sur la fiche wiki. La liste est longue mais il était impossible d’en laisser de côté.

Aisne

  • Ailles : Aquila en 1224 a repris le nom de l’Ailette, affluent gauche de l’Oise noté Aquila fluvius en 877, de l’adjectif latin ăquĭla ( ăqua ), « (eau ) d’un brun noirâtre ». La rivière prendra par la suite le suffixe diminutif –ette, sans doute pour la différencier du village.
  • Beaulne-et-Chivy : Belna en 1191, du gaulois Belena, adjectif féminin tiré de Belenos, dieu gaulois assimilé à Apollon. Chiviacum en 1213, du nom d’homme gaulois Cavius et suffixe possessif -acum.
  • Courtecon : du latin cortem, « domaine » et du nom d’homme germanique Acco.
  • Crandelain-et-Malval : Cruandelein en 1136, probablement du nom d’homme germanique Chrodolenus ou bien du même radical gaulois *grava, « gravier », que pour Craonne, accompagné du nom d’homme gaulois Andolenus. Malval est la « mauvaise vallée ».
  • Moussy-sur-Aisne : du nom d’homme latin Moccius accompagné du suffixe possessif -acum.
  • Vauclair-et-la-Vallée-Foulon : « vallée claire ». Foulon, du nom d’homme germanique Folo.
  • Craonne : Grauhenna au IXè siècle et Creunna en 1000, sans doute du gaulois grava, « gravier » et suffixe gaulois –enna ( comme pour Ardennes ) avec attraction tardive des suffixes en –onne.
  • Cerny-en-Laonnois : du nom d’homme latin Cernius et suffixe possessif –acum. Laonnois : le pays de Laon, noté ecclesia Lugdunensis en 540, du nom du dieu gaulois Lug et dunum, « forteresse », comme Lyon.
  • Allemant : d’une ancienne colonie rurale ou d’un poste militaire tenu par des Alamans.

Marne

  • Hurlus : cf. cet article.
  • Le Mesnil-les-Hurlus : du latin mansionile, « maison de paysan, habitation avec portion de terre ».
  • Perthes-les-Hurlus : du nom de femme germanique Perrata ou de Perta, divinité gauloise des jardins clos.
  • Ripont : Rivi pons, « le pont du ruisseau »
  • Tahure : Tahur au XIIè siècle d’origine incertaine. Pourrait être un ancien Tapuria ( villa ), après la transformation du p intervocalique en v ( comme sapere a fait « savoir ») suivi de son amuïssement. Tapuria est un adjectif féminin tiré du nom d’homme latin Tapurius, attesté par ailleurs.
  • Moronvilliers : Muronis villare en 1066, du nom d’homme germanique Moro et latin villare, « ferme ».
  • Nauroy : Nueridum vers 850, du latin nucarium, « noyer », et suffixe collectif –etum.

Meurthe-et-Moselle

  • Regniéville : du nom d’homme germanique Ragino et ville, ancien français pour domaine, village.
  • Remenauville : du nom d’homme germanique Ramenoldus et ville.
  • Fey-en-Haye : Faix en 1305, du latin fagus, « hêtre », et suffixe collectif -etum. Haye de l’ancien français « haie » ou, plus exactement, « bois entouré d’une haie », lui-même du francique *hagja. Cf. cet ancien billet.
  • Flirey : Flery en 1551, soit du nom d’homme germanique Filricus soit du nom d’homme latin Fleurus avec suffixe –acum.

Meuse

  • Beaumont-en-Verdunois : « belle colline ». Verdun, des gaulois *uer, « sur-, super- » et dunum, « citadelle, forteresse ».
  • Bezonvaux : du nom d’homme germanique Biso et du latin vallis, « val ».
  • Cumières-le-Mort-Homme : Commenarias en 701, du latin communis, « commun » et suffixe –aria, désignant des terres appartenant à une communauté. Le Mort-Homme ( nom d’une colline rajouté en 1922 ) est un ancien « mort orme ».
  • Douaumont : sans doute du nom d’homme germanique Deudanus et latin montem, « colline ». L’origine selon le nom gaulois deva ou deoua donné à certains cours d’eau divinisés n’est pas assurée. Il existe bien la Doua, un ruisseau affluent de la Meuse, mais elle coule loin de Douaumont.
  • Fleury-devant-Douaumont : du nom d’homme latin Fleurus et suffixe possessif –acum.
  • Haumont-près-Samogneux : Haudimons en 1049 puis Altus mons en 1127. Du nom d’homme germanique Haldo modifié par paronymie en altus, « haut ». Samogneux, noté Samongea en 1049, provient du nom d’homme latin Samonus et suffixe possessif –acum.
  • Louvemont-Côte-du-Poivre : Luponis mons en 991, du nom d’homme germanique Lupo et latin mons, « montagne ». La Côte-du-Poivre ( nom rajouté en 1922 ) : il faut sans doute voir dans ce Poivre le nom d’homme latin Piper qui aurait donné un Pipera( villa ) comme pour Poivres dans l’Aube.
  • Ornes : du nom de la rivière Orne, affluent de la Moselle, dont l’étymologie est incertaine.
  • Vaux-devant-Damloup : du latin vallis, « vallée ». Damloup, Domus Lupus en 1040, vient du latin domnus, « saint » et Loup, qui peut faire allusion à plusieurs saints.
  • Vauquois : pourrait être une ancienne vallis quietum, « vallée tranquille », ou une ancienne vallis Quadensis, « vallée des Quades », un peuple germain aujourd’hui encore assez méconnu.

Nord

  • Bailleul : du nom d’homme latin Ballius associé au gaulois ialo, « clairière défrichée, champ ».
  • La Bassée : dérivé de l’adjectif bas, désignant un bas-fond.

Pas-de-Calais

  • Mazinghein : du nom d’homme germanique Maso et suffixe –inghem. Pour le suffixe voir ce billet

Somme

  • Fay : Fayetum en 1145, du latin fagus, « hêtre » et suffixe collectif -etum.

En mémoire de mon grand-père paternel qui y fut blessé en 1916, m’est venue l’idée de vous demander de trouver ce village, en rapport avec le sujet du jour, qui porte un nom composé d’un nom et de son diminutif.

Ce même nom sans déterminant est celui de quatre communes françaises et, avec un déterminant, en désigne neuf autres sans compter celle qui nous intéresse. Toutes sont situées au-dessus de la Loire.

Par paronymie, ce nom a pu être mal interprété comme étant dérivé de celui d’un végétal qui a fait l’objet d’un billet.

Je ne vois pas quel indice pourrait vous être utile, sauf à vous livrer une carte d’état-major.

PS pour les curieux. Avec son éclat d’obus dans le biceps, mon grand-père a bénéficié d’une permission pendant laquelle fut conçu mon père. Il n’en avait pas pour autant fini avec la guerre, qu’il termina à Salonique où il attendit qu’on veuille bien le ramener à la maison. Il n’aimait pas trop parler de tout ça.

Ten years after

Il y a très exactement dix ans nous fêtions les vingt ans de la chute du mur de Berlin.

Quant à moi, j’écrivais le premier article de ce blog tandis que Jacques C. en était le premier commentateur.

Ça ne nous rajeunit pas, mais ça devrait m’autoriser à lever mon verre avant de le boire.

« Buvons encore une dernière fois à l’amitié, l’amour, la joie », si vous le voulez bien, mais, promis!, je ne vous ferai pas le coup du « il faut que je m’en aille » …

… vous n’en avez pas fini avec moi !

PS pour le titre du billet, voir le mémorable :

Rugby pacifique

Il n’aura échappé à personne que se joue actuellement la coupe du Monde de rugby ( pour ceux qui vivent sur une autre planète, je rappelle que le rugby est un sport qui se joue à quinze contre quinze avec un ballon ovale et qu’à la fin ce sont les Néo-Zélandais qui gagnent).

Un débat animé dans la queue de ma boulangerie ce matin, avant le match qui devait opposer les Français aux Tongiens*, m’a fait comprendre que la plupart des chalands n’avaient qu’une très vague idée de là où il fallait placer ces adversaires sur la mappemonde. Et le score ne s’améliorait guère avec les Fidjiens ou les Samoans. Seuls les Néo-Zélandais étaient à peu près bien situés, à droite de l’Australie, comme la Nouvelle-Calédonie.

En avant, donc.

Nouvelle-Zélande :

Cet ensemble d’îles est en effet situé en bas à droite ( au sud-est ) de l’Australie, en plein océan Pacifique :

Il fut découvert en 1642 par le navigateur hollandais Abel Tasman. Quatre de ses hommes ayant été tués par des indigènes maoris, il s’éloigna prudemment en mentionnant sur sa carte, en néerlandais, Moordenaars Baai, la « baie des Meurtriers ». Pensant que cette terre pouvait être une partie du mythique continent austral, il laissa aux autorités des États généraux des Provinces unies le soin d’en décider et, en attendant, appela ce pays Staatenlandt, « le pays des États ». N’ayant pas les moyens de trancher, les autorités adoptèrent l’appellation de Nieuwe Zeeland, « Nouvelle Zélande », en référence à la Zélande riveraine de l’embouchure de l’Escaut. C’est James Cook qui, ayant entrepris en 1769 d’explorer l’ensemble des côtes, démontra l’insularité de cette terre. Quand celle-ci fut annexée par la Grande-Bretagne en 1840, le nom néerlandais entré dans l’usage fut conservé mais anglicisé en New Zeeland, New Zeland puis New Zealand avec une curieuse hybridation.

Le nom indigène de l’île du nord Aotearoa, souvent traduit comme « pays du long nuage blanc », est aujourd’hui donné à tout le pays.

Tonga :

cet archipel se trouve au nord-est de la Nouvelle-Zélande :

Les premières des 150 îles de cet archipel furent découvertes par les navigateurs hollandais Schouten en 1616 et Tasman en 1643. Mais l’exploration et les relations avec les indigènes ne furent entreprises que lors des voyages de James Cook en 1773 et 1177. Agréablement surpris par l’accueil aimable et courtois qu’il reçut de la part des indigènes, il proposa le nom de Friendly Islands, « îles amicales ». Ce nom fut traduit en français archipel de l’Amitié ou îles des Amis et en allemand Freundschaftsinsein. On a pourtant continué à appeler l’île principale par son nom indigène Tongatabu, « île ( tonga ) sacrée (tabu ) », souvent réduit à Tonga dans l’usage courant. Ce nom commode et respectueux des traditions indigènes s’est finalement imposé pour désigner l’ensemble de l’archipel et du royaume.

Fidji :

cet ensemble d’îles se trouve à l’est de l’Australie, au nord de la nouvelle-Zélande, au nord-ouest des Tonga:

C’est toujours Abel Tasman qui passa le premier rapidement en 1643 dans cet archipel qu’il proposa d’appeler Prins Willem’s Eilanden, en hommage à Guillaume Ier d’Orange-Nassau. Il ne fut réellement colonisé qu’en 1773 par James Cook qui, reprenant le nom indigène, le nomma en anglais Fiji ( aussi écrit Feejee ), devenu en allemand Fidschi et en français Fidji. En réalité, Fiji est le nom de ces îles dans le dialecte de Tonga, où James Cook a semble-t-il pris d’abord les informations utiles. Dans le parler fidjien, le même nom a la forme Viti : la grande île de l’ouest s’appelle Viti Levu, « la grande Viti ». On ne connait pas le sens du mot viti.

Samoa :

Toujours à l’est de l’Australie, à l’est des Fidji :

C’est en 1722 que le navigateur hollandais Jacob Roggeveen découvrit ces îles ou du moins une partie d’entre elles. Il les nomma Boumans Eilander, du nom du capitaine Cornelis Bouman, commandant un des bateaux de l’expédition, qui les aperçut le premier. Ce nom fut étendu à tout l’archipel notamment par Charles de Brosses quand il écrivit son Histoire des navigations aux terres australes en 1756. Cependant, en 1788, Louis Antoine de Bougainville préféra les baptiser Isles des Navigateurs parce qu’à son arrivée il fut accueilli et escorté par une volée de petits bateaux menés de façon experte par les indigènes. C’est pourtant le nom local de Samoa qui l’a finalement emporté. L’hypothèse de l’origine de ce nom d’après celui d’un légendaire grand chef d’envahisseurs ( venus de Tonga ?) ne repose sur rien. Un rapprochement avec le nom maori du moa, un grand oiseau incapable de voler, a été fait en s’appuyant sur l’existence de toponymes néo-zélandais hybrides anglo-maoris comme Moa Flat, Moa Creek, Moa Point, etc. correspondant à des endroits où on a trouvé des ossements de ces oiseaux aujourd’hui disparus. Mais on ne voit pas alors quelle serait la signification de la première partie du composé Samoa.

*la France l’a difficilement emporté 23 à 21. Ouf.

P.S. vue l’heure tardive à laquelle je me suis mis à la rédaction de ce billet, le temps me manque pour vous proposer une devinette digne de ce nom. Il vous faudra patienter …