Ça c’est fort de Brégançon !

Qui -vous- savez passe ses vacances à Bormes-les-Mimosas (Var ) dans une résidence présidentielle, le fort de Brégançon.

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Situé en zone d’occupation ligure et non gauloise, il faut  voir dans son nom le ligure brica, « hauteur », dérivé avec le double suffixe anti-onem.

Cette racine ligure s’est maintenue par exemple dans l’appellatif bric, brec désignant un sommet escarpé terminé en pointe dans tout le massif alpin. C’est le cas au Brec de Chambeyron et au Brec de Rubren (Alpes-de-Hte-Prov.), ou encore au Brec d’Utelle (Alpes-Mar.) . À ces formes masculinisées de brica s’oppose La Brigue ( Alpes-Mar.) .

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Le Brec de Chambeyron

Non loin de là, dans les Hautes-Alpes, vivaient des Gaulois qui nous ont laissé des toponymes représentant le terme celtique briga, « hauteur, montagne fortifiée, place forte ».

Le plus célèbre d’entre eux est Briançon (Hautes-Alpes), dont la partie haute permettait de contrôler la confluence de la Durance et de la Guisanne. Les formes anciennes Brigantion, Brigantium, Brigantione montrent bien la dérivation de briga avec, là aussi, –antione.

Ce type de toponyme était fréquent dans l’ancienne Gaule : en témoignent Briançonnet (Alpes-Mar.) et de nombreux autres Briançon ( Alpes-de-H.-P., Drôme, Gard).

Le plus souvent, la racine briga entre en composition avec un élément pré-celtique qui est le nom de lieu originel, avec le sens de « montagne de …» ou « place forte de …».

La voyelle de liaison o , en position antépénultième, est accentuée en gaulois, d’où le passage d’obriga à obre que l’on trouve à :

  • Sidobre, un plateau  à l’est de Castres ( Tarn ) de Sit-o-briga ( que l’on a rapproché du nom de Sète) ;
  • Cantobre (Aveyron), perché sur un rocher dominant la Dourbie, de Cant-o-briga, avec le pré-indo-européen kant, lié à l’idée de « rocher, hauteur» ;
  • Vézénobres ( Gard ) avec le pré-celtique ved-en, « hauteur » ;
  • Lanobre (Cantal ) avec le gaulois lano, « plein, rempli » ;
  • Coulobres ( Hérault ), avec la racine pré-indo-européenne kal, « pierre, rocher, hauteur ».

L’évolution parallèle du ligure brica et du gaulois briga, de mêmes sens, n’a pas d’explication convaincante, sauf à supposer une origine pré-indo-européenne commune, ce que propose Ch. Rostaing dans son Essai sur la toponymie de la Provence.

P.S. je me suis cantonné ici au Midi de la France, mais le gaulois briga se retrouve sur tout l’hexagone, notamment en Bretagne. Peut-être y reviendrai-je.

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La devinette ( enfin !)

Ailleurs en Europe, existe une ville qui porte un nom similaire à un de ceux que je cite dans le billet. Quelle est-elle ?

Indice : un auteur-compositeur-interprète a perdu la mémoire non loin de là.

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Gonflés, les Belges !

Mon actualité personnelle étant, vous l’avez sans doute compris, un peu perturbée , je me raccroche à l’actualité du moment qui est, si j’en crois les unes des journaux, plutôt footballistique ( oui, y a aussi des migrants, des Thaïlandais dans une grotte, des guerres  combats en Ukraine, en Syrie et au Yémen, mais, bon, tout cela ne nous regarde pas …).

La Belgique, donc.

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Ben oui, sinon quoi ? Des moules et des frites ?

Le premier à nous parler de cette région est Jules César, dans ses Commentaires : il s’agit d’un territoire au nord de la Seine et de la Marne, beaucoup plus vaste que la Belgique actuelle, la Gallia Belgica , puis plus simplement Belgica.

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La Gaule belgique dans l’Empire romain, vers 120

Ce nom est le féminin de l’adjectif Belgicus, lui même dérivé de l’ethnonyme Belga, « Belge ». César parlera aussi de Belgium. Mais dès la fin de l’Empire romain, ces noms disparaissent de l’usage courant.

Même si on reparlera parfois de Belgium pendant la guerre de Trente Ans  (1618 – 1648 ), on ne verra réapparaître les Provinces belgiques qu’au XVIIIè siècle, par réminiscence classique. Quant au royaume de Belgique, il fut créé en 1830.

À l’époque romaine les Belges étaient de langue celtique et on pense que, comme pour la plupart des tribus celtiques, leur nom exprimait une qualité guerrière.

Si l’on se réfère à la racine indo-européenne *bhelgh, « gonfler » ( cf. l’anglais belly, « bedaine » ou billow « nuage »,  le gaulois *bolga, « sac de cuir » ) ils auraient été des « gonflés », des fiers ou des furieux. De cette même racine indo-européenne seraient aussi issus le latin bellum, « guerre » et donc nos « belliqueux », « belligérants », etc.

Alors, les Belges champions du Monde des joueurs de sac de cuir gonflé, ça serait mérité, non ?

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Pour les raisons expliquées dans la première phrase de ce billet, la devinette n’est pas prête.

Merci de patienter !

Dans l’impasse …

Ayant passé cette fin de semaine en compagnie d’un virus qui, s’en étant pris à mes entrailles ( oui, il n’y a pas que les Marie qui en sont pourvues ), m’a permis de compter  plusieurs fois par jour et  très précisément le nombre de carreaux faïencés sur lesquels mon trône est posé et de là à calculer précisément la taille de mon royaume, qui n’est pas bien grande, je n’ai pas eu le temps d’écrire un billet ni même de penser à une éventuelle devinette.

Que mes  lecteurs acceptent mes excuses et veuillent bien patienter, disons … jusqu’à mardi ?

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Un indice ?

P.S . : se relire, vérifier ses virgules et … se lancer !

Tarnac ou tout ça pour ça

J’avais commencé mon blog par quelques billets ( iciici , ou encore ou   et il y a peu ici  ) à propos de l’affaire dite de Tarnac.

J’apprends aujourd’hui la conclusion de cette comédie dramatique.

Procès de Tarnac : Julien Coupat et Yildune Lévy relaxés

Le tribunal a montré les insuffisances de l’enquête, qui n’a pas prouvé qu’ils avaient été les auteurs du sabotage d’une ligne de TGV en 2008.

Comment dit-on Much Ado About Nothing en français ?

Ah ! Oui! « Beaucoup de bruit pour rien … »

P.S. Quelqu’un a-t-il des nouvelles de MAM et d’Hortefeux ?

Avis à la population

Plusieurs des mails que j’envoie à mes contributeurs — le plus souvent en réponse à leur propre message — me reviennent accompagnés de ce texte :

This is the mail system at host msfrf2622.sfr.fr.

I’m sorry to have to inform you that your message could not
be delivered to one or more recipients. It’s attached below.

For further assistance, please send mail to postmaster.

If you do so, please include this problem report. You can
delete your own text from the attached returned message.

The mail system

<xxxx @ xxxx>: delivery temporarily suspended: host
smtp-in.orange.fr[193.252.22.65] refused to talk to me: 421 mwinf5c19 ME
Service refuse. Veuillez essayer plus tard. Service refused, please try
later. OFR_999 [999]

Je n’ai pas d’explication.

Je me souviens que Brosseur avait proposé une solution mais, visiblement, le résultat n’est pas là …

Mais j’aimerais savoir si vous recevez malgré tout mes réponses à vos mails ( cela concerne notamment TRS, Jacques C. et MiniPhasme pour lesquels c’est systématique, alors qu’ils ne partagent pas le même FAI ).

Pâques fleuries

Ni pont ni fleurs dans ce billet, juste une évocation de ce dimanche pascal dans la seule toponymie française puisque j’ai déjà fait le tour de l’île de Pâques en 2012 et en trois épisodes ( dont les illustrations ont été sabordées, m’aperçois-je inopinément … ).

Il existe de nombreux micro-toponymes dits « (de) Pâques », qu’ils soient habités ( lieux-dits ou hameaux ) ou non ( prés, clos, grotte, etc.) et de multiples Croix-de-Pâques qui sont les seules que l’on peut sans aucun doute attribuer à la fête pascale.

Les autres sont plus probablement à rattacher au latin pascua, « pâturage, pacage », qui a donné son nom à Pasques ( C.-d’Or, Pasca en 1147 ) et au Pasquier ( Jura, avec le suffixe -arium). On trouve également des Paquei dans le Puy-de-Dôme, des Paquerages dans le Lyonnais ou encore des Pâquis dans le Morvan.

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Le prénom Pascal, parfois devenu patronyme, se retrouve lui aussi très souvent tel quel en micro-toponymie ( Chez Pascal, La Ferme de Pascal, le Clos de Pascal, etc. ) mais aussi au pluriel ( Les Pascals ), au féminin ( La Pascale ), au diminutif ( Les Pascalets, Pascalots, Pascaline, etc.). Mais aucun Saint-Pascal à se mettre sous la dent ( sauf à se rendre au Québec, pour faire plaisir à un de mes contributeurs …).

Mais Pâques c’est aussi les œufs …

On trouve dans la micro-toponymie L’Œuf, Les Œufs, et même Les Œufs Durs, sans qu’on comprenne bien ces appellations sauf à y voir une allusion à un relief particulier ou à les rapprocher de la suivante. On trouve en effet de nombreux Deux Œufs, Trois Œufs, Quatre Œufs, etc. et même un Treize Œufs : il s’agit là d’une déformation paronymique de l’« œuvre », ancienne mesure agraire de six ares ( utilisée notamment pour les vignes en Auvergne et Bourgogne).  N’oublions pas les oronymes ( Col de l’Œuf, Fond des Œufs, Serre des Œufs, etc. ) ni l’Île aux Œufs ou l’Île de l’Œuf , toutes deux dans le golfe du Morbihan.

350px-Oeuf_en_ternois_égliseDans le Pas-de-Calais, on trouve Œuf-en-Ternois, attesté Uz ( 1110), Uces ( 1120 ), Huez ( 1155 ), Oes ( 1176 ) puis Oeth ( XIIIè s. ) et enfin Œuf en 1793 et Œuf-en-Ternois en 1801.  On peut penser à un nom de personne germanique Odo ou au francique od, correspondant au germanique auda, « domaine, propriété ». [ l’étymologie wikipédante qui impliquerait la disparition inexplicable  du -l- initial est à rejeter ].

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En panne d’inspiration pour la devinette — et un peu au ralenti pendant ce week-end pascal — je vous propose de patienter jusqu’à demain.