Le Val (répàladev)

Un Intrus, qui le fait savoir par son commentaire au précédent billet, et LGF, juste à temps par courriel, rejoignent TRA dans la découverte de la solution de ma dernière devinette. Ah oui! Et TRS aussi. Félicitations à tous!

Il fallait trouver Le Val, une commune du Var, qu’on appelait déjà del Val vers 1200, de l’occitan val, « vallée », ici au masculin, contrairement au latin vallis, qui a plus souvent donné des toponymes en La Val ou Laval. Le Trésor du Félibrige de Frédéric Mistral donne vau, bau ou bal indifféremment féminin ou masculin et le Petit dictionnaire provençal-français d’Emil Levy (1909) signale aussi ce masculin pour val.

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Le premier blason de la commune, attesté dans l’Armorial général de France (1696), était d’azur au valet de menuisier d’argent.

blason le val 3

On comprend que le valet était ici employé par homophonie avec « vallée », pendant féminin du « val », ce qui faisait « parler » ce blason.

Le conseil municipal du 16 août 1947 décida d’adopter un nouveau blason d’azur aux deux montagnes cousues de sable mouvant des flancs, formant un val planté d’un cep de même feuillé et fruité d’or accolé à un échalas d’argent, surmonté d’un croissant du même.

le val

 

On y reconnait l’élément topographique qui a donné son nom au bourg, le val, ainsi que le cep de vigne, dont les fruits sont vinifiés à la cave coopérative des Vignerons de Correns. Pourquoi abandonner le valet de menuisier ? Trop peu connu ou trop roturier ?

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NB : les dessins des blasons sont issus du site Vexillologie provençale de Dominique Cureau.

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Les indices

■ un étal de saucisses :

indice b 15 11 20 Une célèbre foire à la saucisse se tient au Val depuis 1628, avec quelques intermittences. Je vous laisse en découvrir l’origine en suivant ce lien.

 

■ un établi de menuisier :

indice a 17 11 20  Il fallait surtout accorder son attention au valet posé sur l’établi.

 

L’indice du mardi 17/11/2020

   podium seul       

 

  Et un podium pour lui tout seul, un!

TRA est le seul à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Félicitations !

Une fois n’est pas coutume, je redonne cette même devinette en tournant son énoncé d’une façon différente.

Il s’agit de trouver une commune de France métropolitaine qui a connu deux blasons successifs :

Le premier, qui montrait un outil servant au travail du bois dont le nom est homophone de celui du bourg au féminin, était donc « parlant ».

Le second, né après la Seconde Guerre mondiale, qui montre l’élément topographique qui donne son nom masculin au bourg, accompagné d’une plante qu’on y cultive, est purement descriptif.

J’accompagnais le premier énoncé de l’indice suivant :

indice b 15 11 20

Je précise que le nom à trouver est en deux mots dont un article et je rajoute ce deuxième indice :

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Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Blasons parlants (suite)

Une fois de plus en manque d’inspiration, je poursuis mon exploration des blasons parlants avec quatre nouveaux exemples … et une devinette, bien sûr.

 

Claviers (Var)

D’azur aux deux clefs affrontées d’or, pendant en chevron d’un annelet d’argent en chef : le blason de cette commune varoise « parle » mieux  par le latin claves (singulier clavis) que par le français, sans oublier qu’un des premiers sens de clavier est bien celui de « chaisne, ou cercle d’acier, ou d’argent servant à tenir des clefs ensemble » (Acad., 1694).

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Les formes anciennes de Clavero (XIè siècle) et Claviers (dès 1179) montrent une étymologie selon l’ancien occitan clavièr, au sens de « clôture, enclos », qui pouvait être devenu un anthroponyme.

 

La Cadière-d’Azur (Var)

Le blason moderne de cette autre commune varoise est d’azur au tabouret d’or ; au chef cousu de gueules chargé d’un sautoir d’or selon Louis de Bresc (Armotial des communes de Provence, 2002) :

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tandis que D’Hozier (Armorial général de France, 1696) donnait d’azur à la chaire de prédicateur d’or ; au chef cousu de gueules chargé d’un flanchis d’or :

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Quoi qu’il en soit, ces armes ne sont parlantes qu’à travers l’occitan en référence aux formes anciennes du toponyme. Le nom le plus ancien connu date de 993 sous la forme Cathedra et est suivie de Cadera en 1047. E. Nègre (TGF*) voit dans ces noms l’occitan *cap d’ièra, « aire à battre le blé », restitué d’après capsòl, « aire à battre » (sòl ayant tendance à remplacer ièra) avec attraction de cadièra, « chaire » (du latin cathedra). J.Astor (DNFLM*) propose un dérivé de l’occitan cadenèda, « lieu riche en genévriers » (du latin catanus) avec, là aussi, attraction de cadièra.

La substitution d’un tabouret à une chaire de prédicateur reste, pour moi, mystérieuse, sauf à y voir la volonté de préserver une laïcité sans faille…

 

Éguilles (Bouches-du-Rhône)

Commune des Bouches-du-Rhône, Éguilles est blasonnée d’azur à trois aiguilles d’argent rangées en fasce, les deux des flancs le chas en chef, celle du milieu le chas en pointe, chacune surmontée d’une étoile du même.

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Ce sont évidemment les trois aiguilles qui sont parlantes. Les formes anciennes sont : Aculia (1004), Agulia (1056), de castro Agullie (1092) et de Aguilla (1200). E. Nègre (TGF*) y voit un dérivé du nom d’homme latin Aquilius avec le suffixe féminin -a (sous-entendu villa ou terra) tandis que J.Astor (DNFLM*) préfère y voir un dérivé du latin aculeus, « piquant, mordant », ce qui ferait des aiguilles des armes parlantes étymologiques.

 

Gonesse (Val-d’Oise)

De gueules à la tour couverte en dôme d’argent, ouverte, ajourée et maçonnée de sable, accostée à dextre d’une gerbe de blé d’or et à senestre d’un gond enlacé de la lettre capitale S du même ; au chef cousu d’azur semé de fleurs de lis d’or : c’est ainsi qu’est décrit le blason de cette ville du Val-d’Oise.

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Ces armes sont parlantes par le rébus gond + S (esse). La gerbe de blé et la tour, qui symbolise sans doute un four à pain, évoquent le fameux pain de Gonesse.

Les formes anciennes Gaunissa (862)  puis granchia de Gonessa (1198) s’expliquent par le latin gallinacea (villa), « (ferme) aux poules » (TGF*), granche désignant en ancien français la carcasse du poulet.

 

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les dessins de blasons sont issus du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric.

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La devinette

Je vous propose de chercher et d’éventuellement trouver le nom d’une commune de France métropolitaine. Comme La Cadière-d’Azur vue plus haut, cette commune possède un blason moderne différent du blason primitif.

Le blason d’aujourd’hui, purement descriptif, montre l’élément topographique qui a donné le nom masculin du bourg accompagné d’un végétal qu’on y cultive.

Le blason primitif était, lui, « parlant » : on n’y voyait qu’un outil de travailleur du bois dont le nom est homophone de celui du bourg au féminin.

Un indice ? Bon.

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Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

Bécon-les-Granits (répàladev)

TRS a rejoint TRA et LGF sur le podium des « solutionneurs » de ma dernière devinette. Bravo !

Il fallait trouver Bécon-les-Granits, un village du Maine-et-Loire.

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Le blason du village est de sinople au mont de granit d’argent, sur lequel rampent à dextre une chèvre et à senestre un porc, tous deux de sable et affrontés ; au chef cousu d’azur chargé de deux fleurs de lis d’or, ce qui se traduit par ce joli dessin :

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avec, par ordre d’apparition :

  • un mont de granit : il s’agit d’une référence « parlante » aux carrières de granit qui ont longtemps fait la fortune du pays, certaines étant encore en activité dans les années soixante-dix du siècle dernier. Le gisement de granit s’étend de Bécon à Beaucouzé, sur une longueur d’une douzaine de kilomètres et une largeur de cinq cents mètres. De couleur gris bleu, ce granit était appelé grison et  son tailleur, grisonnier. Il était notamment utilisé pour les pierres tombales, mais on en faisait aussi des auges et des pavés. Le souvenir de cette activité est conservé dans un musée du granit, ouvert au début des années quatre-vingt-dix. Visite guidée des anciennes carrières et du musée en suivant ce lien.

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  • à dextre, une chèvre : « en 1607, Henri IV accorda au seigneur de Bécon la fameuse « Foire aux Biques » qui, jusqu’aux années 1950, animait notre bourgade de façon inhabituelle. Beaucoup d’entre nous se souviennent de cette foire avec son folklore amusant, notamment les châtaignes grillées que l’on dégustait en buvant la « bernache » », nous explique le site officiel de la mairie. Rappelons qu’en héraldique, la dextre est à droite de celui qui porte l’écu comme un bouclier à son bras, donc à gauche pour celui qui lui fait face.
  • à senestre, un cochon : c’est ce cochon qui est l’autre élément parlant du blason. On sait que le bacon désignait en ancien français « la chair du porc, le jambon, le porc tué et salé ». Le même site de la mairie explique à propos du toponyme Bécon que « cette appellation vient du mot anglais « bacon », sans doute parce que, à cette époque, les immenses forêts abritaient des sangliers à « foison » », mais la première partie de cette explication ne vaut bien sûr pas tripette, comme nous allons le voir.
  • les deux fleurs de lys indiquent que Bécon était une « bonne ville » ayant acquis le droit de se faire représenter par son maire au sacre du roi de France.

Les formes les plus anciennes connues du toponyme concernent deux personnages : on mentionne  Isaac de Besconum en 1060 et Joannes de Bescun en 1090. Viennent ensuite Bisconnium (1125-1148) puis Bescon et Bécon, et, enfin, Bécon-les-Granits à partir de 1922. Seul Ernest Nègre (TGF*) se risque à émettre une hypothèse étymologique, faisant dériver ce nom de l’oïl *bescomt, « mécompte, erreur », équivalent de l’occitan bescompte, tandis que Dauzat&Rostaing  se contentent d’imaginer un « nom gaulois obscur » (DENLF*).

L’hypothèse qui voit dans ce nom un dérivé de l’anglais bacon ne tient pas la route quand on sait que bacon n’est attesté en anglais qu’au XIVè siècle, importé du …français.

Attesté d’abord en judéo-français (av. 1100), bacon est emprunté au francique *bakko. (…) Le mot se serait répandu pour désigner les flèches de lard servant de redevances en nature. Par métonymie, il a servi à désigner le jambon, du XIIè siècle au début du XVIIè siècle. L’emploi récent, avec une prononciation flottante (1899) est un emprunt à l’anglais bacon (vers 1330) qui avait lui-même été repris au moyen français avec le sens de « viande de porc » avant de se spécialiser pour désigner le lard maigre et fumé.

(Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, 1992)

On voit bien que l’étymologie de Bécon  d’après le «  bacon » prononcé [ bekɔ̃ ] est une étymologie populaire tardive à l’origine des armes parlantes de la ville, confortée sans doute par la présence de sangliers dans les forêts voisines ou par l’élevage de porcs en semi-liberté autour du village.

Quant à l’étymologie donnée par wikipedia, qui ne cite pas ses sources, elle semble ne s’appuyer que sur une ressemblance avec le nom de Béconne (aujourd’hui dans Roche-Saint-Secret-Béconne, Drôme) noté Becona en 1284, qui est issu du nom de personne gaulois Becco avec un suffixe féminin -a (sous entendu terra ou villa, « terre » ou « domaine de ») (TGF*), mais ni les formes anciennes ni les suffixes différents n’étayent cette hypothèse.

Quelques lieux-dits portent ce même nom de Becon comme aux Riceys et à Mussy-sur-Seine (Aube) et, bien entendu à Courbevoie (Hauts-de-Seine) où se trouve la gare de Bécon-les-Bruyères.

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NB : une partie des informations concernant Bécon-les-Granits est extraite de Les secrets des noms de communes et lieux-dits du Maine-et-Loire de Pierre-Louis Augereau, éd . Cheminements, 2004.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Le dessin du blason est issu du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de son auteur, Daniel Juric.

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indice a 03 11 20L’indice du mardi présentait des rillauds, une spécialité culinaire d’Anjou à base de poitrine de porc, l’équivalent régional des rillons.

L’Anjou pour … l’Anjou, et le porc pour le bacon.

(Et un Sancerre blanc ou un Savennières pour les rillauds.)

Les indices du mardi 03/11/2020

 

 

Ni TRA ni LGF n’ont eu besoin d’indice pour trouver la solution de ma dernière devinette. Bravo à eux!

J’en recopie ici l’énoncé :

Je vous propose de chercher le nom d’un village de France métropolitaine en trois mots reliés par un article défini.

Deux animaux sont représentés sur son blason, sur les flancs opposés d’un relief pierreux.

Le premier rappelle un élevage et un commerce qui furent là longtemps florissants.

Le second, dit-on, abondait dans les forêts alentours et c’est lui qui, par un mot qui en désigne une partie, est l’élément parlant du blason, par homophonie avec la première partie du nom.

Le relief rappelle l’exploitation qui a été faite de son sol, qui fait aujourd’hui l’objet d’un musée et qui est à l’origine de la deuxième partie du toponyme.

Et je vous propose cet indice :

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Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Encore des blasons parlants (suite)

Au risque de lasser mes lecteurs, je poursuis ma petite promenade à travers les blasons parlants en m’intéressant aujourd’hui à quelques animaux qui y sont mis en scène.

Auriol

Cette commune des Bouches-du-Rhône, dont j’ai parlé à propos d’une expression provençale familière, est blasonnée d’argent au loriot au naturel, perché sur une branche d’argent posée en bande.

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L’Armorial Général de France de Charles D’Hozier, en 1696, montrait un blason d’or au loriot de sinople perché sur une branche du même.

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Le nom provençal de la commune est Auriòu , un mot qui signifie « loriot » dans cette langue.

La forme la plus ancienne connue du toponyme est villa Auriolo (984) qu’Ernest Nègre (TGF*) et Dauzat&Rostaing (DENLF*) font dériver du nom occitan auriòl du loriot, lui-même issu du latin aureolus. On peut s’interroger, avec J.Astor (DNLFM*), sur la motivation toponymique du loriot, et lui préférer une référence à l’ancien français oriol, « bord, seuil, orée », qui a peut-être eu son équivalent en ancien occitan. B. et J.-J. Fénié (TP*) envisagent le latin aureola, « centaurée », qui aurait subi l’attraction du provençal auriòl.

Lannion

Cette ville des Côtes-d’Armor possède, au moins depuis 1625, un blason d’azur à l’agneau pascal couché d’argent, tenant en ses pattes antérieures guidon de gueules à la hampe croisetée et pommetée d’or et portant l’inscription « Laus Deo » en lettres capitales d’or.

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Selon le Patrimoine des communes des Côtes-d’Armor (sous  la direction de Jean-Luc Flohic, éditions Flohic, 1998), « les armoiries choisies par la ville en 1625 comportent un agneau, à mettre en rapport avec l’adoption par l’église du patronage de saint Jean-Baptiste, souvent représenté avec cet animal. Mais dès le Moyen Âge, ce dernier figure sur les armes de la ville, en vertu d’un jeu de mots Lannionl’agneau. » On voit donc que le calembour héraldique est antérieur à la justification hagiographique.

On reconnait comme premier élément du nom de Lannion, le vieux breton lann, « terre, territoire », le plus souvent territoire consacré à un saint, sanctuaire. Le saint en question serait un obscur  Iudon (dérivé du vieux breton iud, « seigneur » ), noté Yon par E. Nègre(TGF*) et Dauzat&Rostaing (DENLF*), le même qu’à l’ancienne chapelle Saint-Ion de Trégastel (J.-L. Flohic, op. cit.).

Poissy

Connu dès 1699, le blason de Poissy (Yvelines ) est  d’azur au poisson d’argent posé en fasce, accompagné d’une fleur de lis d’or en chef, d’une en pointe et d’une autre mouvant à demi du flanc dextre.

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Le jeu de mots poisson-Poissy est aisé à comprendre.

C’est le roi saint Louis, (prétendu) natif de la ville et baptisé dans l’actuelle église en 1215 (et qui signait sa correspondance privée Louis de Poissy) qui donna des armes à la ville, d’où les fleurs de lys.

Poissy, attesté in Pinciacense en 816, Pisciaco en 1061, Pinci au XIIIè siècle et Possiaci au XVè siècle, doit son nom à l’anthroponyme latin Pincius accompagné du suffixe -acum.

Quinson

Ce village des Alpes-de-Haute-Provence est blasonné d’azur au pont d’une arche d’argent, alésé, maçonné de sable, sommé d’un pinson d’or, la patte dextre levée.

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Ce blason ne parle véritablement qu’en provençal, langue dans laquelle le pinson se dit quinsoun.

Attesté Poncius de Quincione en 1042, Quinson doit son nom à l’anthroponyme latin Quintius, de quintus, « le cinquième né », accompagné du suffixe –onem. On remarquera que le pont a disparu du toponyme, sans doute après que le village s’est développé et a pris de l’importance.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les dessins de blasons sont issus du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric.

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La devinette

Je vous propose de chercher le nom d’un village de France métropolitaine en trois mots reliés par un article défini.

Deux animaux sont représentés sur son blason, sur les flancs opposés d’un relief pierreux.

Le premier rappelle un élevage et un commerce qui furent là longtemps florissants.

Le second, dit-on, abondait dans les forêts alentours et c’est lui qui, par un mot qui en désigne une partie, est l’élément parlant du blason, par homophonie avec la première partie du nom.

Le relief rappelle l’exploitation qui a été faite de son sol, qui fait aujourd’hui l’objet d’un musée et qui est à l’origine de la deuxième partie du toponyme.

Le temps me manque ce soir pour vous proposer un indice sérieux et j’en suis désolé. Peut-être demain ?

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Draix (répàladev)

LGF a rejoint Jacques C., TRA et TRS pour un quatuor de découvreurs de la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo!

Il fallait trouver le nom de Draix, petit village des Alpes-de-Haute-Provence, non loin de Digne-les-Bains.

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Les armes de cette commune sont des plus simples, d’azur au crible d’or, et ainsi représentées dans une version moderne :

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et  dans une version ancienne (Armorial Général de France, Charles D’Hozier,1696) :

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Ces armes ne sont parlantes qu’en provençal, langue dans laquelle le crible se dit drai :

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Trésor du Félibrige, Frédéric Mistral, 1878

Ernest Nègre (TGF*), dans son infinie sagesse, classe ce toponyme dans les « noms de lieux d’origine pré-celtique inconnue », en relevant les formes anciennes de Drais (vers 1200) et de Draysio (1351) qu’il rattache à un incertain *drasi, nulle part ailleurs attesté.

Considérant l’« emplacement du village sur un éperon rocheux de 876 mètres  » (cf. le nom Roco de Drays en 1319), Charles Rostaing (ETP*) propose une origine selon un radical pré-celtique oronymique *tr-, le même que pour Trets (B.-du-R.), Trévaresse (id.) ou encore Trigance (Var). Ce radical *tr serait une variante par réduction de la racine mieux connue *tar (ou *tor), celle de Tarascon (B.du-R., Ariège). Cette hypothèse est reprise par B. et J.-J. Fenié (TP*).

L’orthographe du nom a hésité entre un -ais final, un –ays voire un –aye, avant de se fixer à l’orthographe actuelle en 1793.

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Draix, écrit Draye sur la carte de Cassini (feuillet 153, Digne, 1781)

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Les indices

■ la première photo :

indice 25 10 20cette paillasse de laboratoire agro-alimentaire présentait les instruments de tri et d’inspection de grains de céréales et notamment, en bas à gauche, un crible.

 

■ un portrait :

indice a 25 10 20il fallait reconnaitre Érastothène, savant grec du IIIè siècle av. J.-C., célèbre, entre autres, pour avoir mis au point le crible qui porte son nom. Ah ah, elle est bien bonne. Cet indice n’avait en réalité pour but que de pouvoir introduire le suivant par la formule « pour faire bonne mesure », le mesurage des grains étant une utilisation possible du crible.

 

■ une deuxième photo :

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 Il fallait reconnaitre une vue  rapprochée d’un …crible. Il ne faut voir aucune intention particulière de ma part dans le fait  qu’il s’agisse d’un crible turc (je ne veux d’ennuis avec personne).

 

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les dessins de blasons sont issus du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric.

 

Les indices du mardi 27/10/2020

JacquesC. , une nouvelle fois, est le premier à m’avoir donné la solution de ma dernière devinette. Il a été rejoint un peu plus tard par TRA et enfin par TRS. Bravo à tous les trois !

Comme d’habitude, j’en recopie ici l’énoncé pour les retardataires :

Je vous propose de chercher le nom d’un village de France métropolitaine au blason parlant.

Ce nom, en seul mot monosyllabique d’origine pré-celtique à sens oronymique, est représenté sur le blason par un instrument à usage agricole dont le nom dans la langue régionale est homophone.

Cet indice devrait vous faciliter le travail :

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Et je rajoute :

■ ce portrait :

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■ et, pour faire bonne mesure, cette photo :

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Mas-Blanc-des-Alpilles (répàladev)

Ma dernière devinette n’a pas trouvé d’autres « solutionneurs » depuis mardi dernier.

Il fallait trouver Mas-Blanc-des-Alpilles (B.-du-R.), la plus petite commune de Provence, comme elle se définit elle-même.

carte-localisation-Mas-Blanc-des-Alpilles

En 1740, la carte de Cassini (feuillet 122, Avignon) montrait deux Mas Blanc, dont un Petit :

MAS-BLANC AVG 122 1740

Les armes du village sont ainsi blasonnées : D’azur au mât de vaisseau, à la voile ferlée, d’argent.

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On aura compris le plaisant jeu sur le mas, « maison de campagne, ferme », prononcé [ma] et le mât du navire. Ce blason était déjà mentionné tel quel en 1696 dans l’Armorial général de France de Charles D’Hozier, où on note l’écriture en un seul mot de Masblanc :

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Le toponyme est composé du provençal mas, « ferme, métairie » (issu du latin mansum), accompagné de l’adjectif blanc. Le déterminant Alpilles est, sans surprise, le diminutif d’Alpes. Ce dernier nom pourrait être rattaché à la base pré-indo-européenne *alb, « hauteur, montagne », par l’intermédiaire d’un pré-celtique (étrusque ?) *alp- de même sens. J’avais pour ma part opté, en 2015, pour une origine selon la racine indo-européenne *al-  qu’on s’accorde à traduire par « pousser, faire pousser, nourrir » d’où le sens de « terre nourricière » donné aux alpages par exemple. Une dernière hypothèse plus récente privilégie une base indo-européenne *albho-, « blanc, lumineux », pour décrire, avec un sentiment quasi religieux, sacré, « le monde d’en haut ».

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Les indices

Les deux vidéos aiguillaient vers des bateaux : la première parlait d’un fameux trois-mâts et la seconde montrait des marins perchés sur les mâts.

indice a 20 10 20 Le buste était celui de saint Lambert de Vence, auquel la chapelle du Mas-Blanc-des-Alpilles est vouée.

Vence était surtout censé restreindre le champ d’investigation à la Provence, avant de pointer vers Mas-Blanc-des-Alpilles.

Le dessin du blason est issu du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric .

Les indices du mardi 20/10/2020

Jacques C., décidément en forme, a été le premier à me donner la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à lui ! Il a été suivi par TRA et Un Intrus, rejoints in extremis par LGF. Bravo à eux!

J’en recopie ici l’énoncé :

Il vous faudra trouver le nom, en deux mots suivis du nom du pays montagneux introduit par une préposition, d’une petite commune méridionale française pourvue d’armes parlantes.

On a joué en effet avec le premier mot du toponyme et un homonyme pour faire figurer sur le blason un objet en bois qui n’a aucune raison de se trouver en un tel lieu (sauf à l’y avoir transporté pour justifier le blason, ce qui n’est pas le cas!).

Je rappelle que j’avais donné cette vidéo en indice chanté.

Et je rajoute celui-ci :

Et puis ce buste :

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