Gannat (répàladev)

TRA et LGF ont résolu ma dernière devinette. Félicitations à tous les deux !

Il fallait trouver Gannat, en Limagne bourbonnaise, dans le département de l’Allier.

local Gannat-jpg

Gannat : la première mention de ce nom apparait sur une monnaie mérovingienne sous la forme Vaddinacum. Elle est suivie par Gatnacus au Xè siècle et par Gatnacensi en 984. On reconnait dans ce nom un nom propre germanique, Watenus (TGF*) ou Wadin (DENLF*), accompagné du suffixe –acum.

CPAGannat-

le blason actuel de Gannat est écartelé, au premier et quatrième d’azur au gantelet dextre appaumé d’argent, au deuxième et troisième d’argent au chardon tigé et feuillé de sinople, fleuri de pourpre.

Blason GANNAT

La signification des chardons ne fait aucun doute : il s’agit d’un emblème des ducs de Bourbon, anciens seigneurs du Bourbonnais où se situe cette partie de la Limagne, dite Limagne bourbonnaise. C’est le duc Louis II, le premier des Bourbons à adopter le chardon comme plante emblématique, qui confirma en 1367 les franchises accordées à Gannat par Archimbauld VIII en 1236 et on pense que le blason de Gannat date de cette époque-là.

La présence des gantelets est plus mystérieuse mais a fait naître une explication donnée comme fantaisiste par certains : la ville aurait eu comme devise Qui s’y frotte s’y pique si gant n’a, S’y pique qui gant n’a ou encore N’y touche si gant n’as,  devenue aujourd’hui  « Nul ne s’y frotte si gant n’a ». On doit supposer que dans la prononciation ancienne la première syllabe devait encore être nasalisée en Gan-nat.

devise gannat bis

( La Loire historique etc. par G. Touchard-Lafosse, 1851)

Limagne : Le latin limus, formé sur une base gauloise lem-, lim -, « marais, vase », qui a donné « limon » (cf. ce billet), est à l’origine du nom de la Limagne, Pagum Lemanium chez Sidoine Apollinaire et Arverniam Lemanen chez Grégoire de Tours. Ce dernier vante le charme de la région (tantae jocunditatis gratia) et explique qu’elle est revêtue de champs et nue d’arbre : la grande richesse du pays, due à l’abondance de l’eau et à la fertilité de la terre volcanique, est déjà certaine à l’époque. Cependant, au milieu de la Limagne, les marais règnaient en maîtres, d’où son nom gaulois.

60px-Asterism.svg

Les indices

indice b 05 07 2022 ■ Sandrine Bonnaire est née à Gannat.

indice c 05 07 2022 ■ un bourbon appelé Duke, what else?

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Le dessin du blason est issu du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric.

Les indices du mardi 05/07/2022

Personne n’a encore résolu ma dernière devinette. L’énoncé en était le suivant :

Il vous faudra trouver une ville dont le blason montre un objet dont le nom rappelle celui de la ville, accompagné d’un végétal emblème des seigneurs de la région. L’objet comme le végétal y sont représentés en double exemplaire sans raison apparente.

L’objet lui-même était mentionné sur une des portes de la ville dans une adresse calembouresque destinée aux visiteurs.

Cette ville doit son nom à celui d’un homme germanique.

Elle est située dans une région naturelle qui doit le sien à la qualité de sa terre.

60px-Asterism.svg

Les indices

■ une « devise » :

indice b 05 07 2022

■ et … à la vôtre !

indice c 05 07 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

…de quelques blasons

en retard  Panique à bord ! Pris par le goût du farniente, bercé par le chant des cigales et le tintement des glaçons dans le verre d’anisette *, je n’ai pas fini mon billet hebdomadaire.

Que fait-on quand on est pris par le temps et que rien n’est prêt pour le dimanche soir ? Eh bien, oui !, on ressort des blasons parlants du fond du tiroir…

Désolé pour ceux que cela défrise, mais c’était ça ou rien.

(et on ressert une intro …)

■ Pau (Pyrénées-Atlantiques) :

D’azur à la barrière de trois pals, aux pieds fichés d’argent, sommée d’un paon rouant d’or et accompagnée en pointe et à l’intérieur de deux vaches affrontées et couronnées de même ; au chef d’or chargé d’une écaille de tortue au naturel, surmontée d’une couronne d’azur rehaussée d’or et accompagnée à dextre de la lettre capitale H et à senestre du nombre quatre en chiffres romains, le tout d’azur.

PAU-64

Ce sont bien entendu les « trois pals », traduction du béarnais pau, « pieu, palissade de pieux », qui sont parlants selon une hypothèse étymologique qui fait du nom de Pau un rappel de sa légendaire fondation sur un territoire délimité par trois pieux fichés en terre. Les premières formes attestées du nom de la ville, castrum de Pado (sans doute latinisation maladroite de Palo) et castellum de Pal au XIIè siècle, renvoient au latin palus, « poteau ». Le gascon pau signifie « palissade de pieux », correspondant à la fortification primitive de la ville avant l’érection de la forteresse.

■ Mulhouse (Haut-Rhin) :

D’argent à la roue de moulin de huit aubes de gueules à quatre rais assemblés en croix et au moyeu carré.

MULHOUSE-68

Le nom de la ville a été formé plus tard que ce que peuvent laisser croire les faux documents forgés pour témoigner de sa prétendue ancienneté, tels Mulenhuse en 719-21 et Mülenhusen en 823 (DNLF**). La première attestation hors de doute date de 1004, Mulenhusen. On y reconnait sans difficulté un composé ancien haut allemand de muli, « moulin » et de hus, « maison » : le noyau primitif de la ville était donc une habitation de meunier sur l’Ill. Le blason, dit de « la roue de Mulhouse », est une allusion limpide à la roue d’un moulin à eau. Il était déjà question de Mulhouse dans ce billet consacré aux moulins.

■ Pontoise (Val-d’Oise) :

D’azur au pont à cinq arches sommé d’un château à trois tours, le tout d’argent, ouvert et ajouré du champ, maçonné de sable, accosté en chef de deux fleurs de lis d’or et soutenu par une rivière d’argent ondée de sable mouvant de la pointe.

PONTOISE-95

Le premier nom de la ville était Briva Isare, attesté au IIIè siècle dans l’Itinéraire d’Antonin. On y reconnait le gaulois briva, « pont », accompagné du nom antique de l’Oise, Isara. Dès le VIIè siècle, le nom apparait traduit en latin Pontem Hisera. C’est bien sûr ce pont sur l’Oise qui parle sur le blason.

■ Trois-Fontaines-l’Abbaye (Marne) :

D’azur à la fontaine d’argent à trois jets du même.

TROIS_FONTAINES_L_ABBAYE-51

Attesté Tres Fontes en 1094 (avec une curieuse latinisation en fontes de « fontaines »), ce nom est sans surprise. On remarquera que le blason passe hardiment de trois fontaines à une seule fontaine à trois jets.

■ Le Mas (Alpes-Maritimes) :

D’azur à la maison d’argent posée sur un mont de sinople ; au chef parti au 1er de gueules à la croix d’argent, au 2e d’azur à trois fleurs de lis d’or.

LE_MAS-06

Attesté de Massio en 1092, du latin mansus, terme féodal désignant originellement un domaine agricole occupé par un seul tenancier puis, plus généralement, une demeure, une bâtisse,  une maison … c’est-à-dire un mas, en domaine provençal.

*non, je rigole, c’est juste pour faire couleur locale. Moi, je préfère un whisky d’Islay sans glace.

** Les abréviations en majuscules grasses renvoient à la bibliographie du blog.

Les dessins de blasons sont issus du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric .

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Il vous faudra trouver une ville dont le blason montre un objet dont le nom rappelle celui de la ville, accompagné d’un végétal emblème des seigneurs de la région. L’objet comme le végétal y sont représentés en double exemplaire sans raison apparente.

L’objet lui-même était mentionné sur une des portes de la ville dans une adresse calembouresque destinée aux visiteurs.

Cette ville doit son nom à celui d’un homme germanique.

Elle est située dans une région naturelle qui doit le sien à la qualité de sa terre.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Villecroze et Tourtour (les répauxdev)

 

Seul Hibou Bleu a trouvé les réponses à ma dernière devinette. Bravos !

Il fallait trouver Villecroze et Tourtour, deux communes du canton de Salernes dans le Var.

Villecroze

Les armes de la ville sont de gueules à deux villes fortifiées d’argent, passées en sautoir

 

Ces armes sont parlantes par le fait que les deux villes sont croisées en sautoir. Comme pour de nombreuses communes, son blason lui a sans doute été imposé par Charles d’Hozier lors de la création de l’Armorial général de France en 1696. (malgré mon aimable message, la mairie n’a toujours pas modifié son site : pour elle, son blason reste encore mystérieux …).

Mise à jour 15/05/2021 : tout vient à point à qui sait attendre. J’ai reçu ce mail de la mairie de Villecroze :

Monsieur,

C’est avec beaucoup de retard que je réponds à votre message sur l’héraldique que vous avez eu la bonté de nous adresser le 20 avril dernier via le formulaire de contact de notre site internet.

J’ai pu rectifier ce qui apparaissait sur notre site et, comme il n’est jamais trop tard pour bien faire dit-on, j’en profite pour vous remercier de votre démarche.

J’ai également fait suivre votre mail à la personne s’occupant de l’office de tourisme car ce sont des questions que les visiteurs soulèvent parfois.

Vous souhaitant bonne continuation,

Cordialement, Muriel Mathelet, Bibliothèque municipale de Villecroze

83690 VILLECROZE

 

 

Les formes anciennes sont de ipsa fonte Crosa en 1011 et Villa Crosa en 1035, d’après l’occitan villa, « village » et croso, « creux, grotte, ravine, abîme » (l’adjectif *cròs, *cròsa n’est pas attesté). Le village a emprunté son épithète à la fons crosa, « source encaissée ».

 

Tourtour

Le blason de la ville est d’azur aux deux tours d’argent rangées en fasce, chacune surmontée d’une étoile d’or :

C’est bien entendu le « bégaiement » du toponyme qui est représenté par ce blason.

Deux hypothèses ont été avancées pour justifier ce dessin. À l’époque où il a été établi, toujours par Charles d’Hozier, la famille de La Tour possédait le château médiéval et la tour de Grimaud, soit deux tours. Selon une autre hypothèse, le toponyme viendrait du mot *tür, « sommet », d’origine pré-indo-européenne ; or, Tourtour possède bien deux sommets : l’église Saint-Denis à l’Est et le vieux château médiéval à l’ouest, ce qui aurait donné Tör puis Tourtour.

En réalité, les formes anciennes du nom — Tortor au XIIè siècle, de Tortorio en 1113, de Tortoz en 1246 et Tortoris en 1511 — orientent vers un nom d’homme latin *Turturius.

De tout cela, la mairie ne parle pas.

 

♦♦♦

Les trois indices du mardi concernaient Salernes, le chef-lieu du canton qui complète la triplette.

Salernes est blasonnée de gueules à la tour d’or donjonnée de trois pièces, ouverte du champ, maçonnée et ajourée de sable : trois donjons, soit une tour de plus que pour Tourtour.

 

Enfin, l’hexagone couleur rouge brique devait faire penser aux tomettes provençales qui ont longtemps été la spécialité de Salernes.

 

Les dessins de blasons sont issus du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric.

Les indices du mardi 20/04/2021

Personne ne m’a encore donné les bonnes réponses à ma dernière devinette dont je recopie l’énoncé :

Il vous faudra trouver les noms de deux communes d’un même département de France métropolitaine dont les armes sont parlantes en jouant sur les noms de constructions humaines différentes.

Le premier blason joue sur la façon dont sont disposées les constructions l’une par rapport à l’autre tandis que le second joue sur leur nombre.

Le premier toponyme fait en réalité référence au relief concave de l’endroit tandis que le second, plutôt que d’un relief convexe comme le dit wikipedia, est dérivé d’un nom de personne roman.

Les deux communes sont distantes d’à peine plus de deux kilomètres à vol d’oiseau mais de six kilomètres par la route.

Le département a une façade maritime.

Et je rajoute ces indices :

■ les deux communes font partie d’un même canton de trois communes dont elles ne sont pas le chef-lieu ;

■ on voit sur les armoiries du chef-lieu de canton la même construction que sur celles de la deuxième commune, mais en un exemplaire de plus ;

■ et toujours pour le chef-lieu de canton :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Intermède blasonnant

Que fait-on quand on est pris par le temps et que rien n’est prêt pour le dimanche soir ? Eh bien, oui !, on ressort des blasons parlants du fond du tiroir…

Désolé pour ceux que cela défrise, mais c’était ça ou rien.

(et on ressert une intro …)

Il vous faudra trouver les noms de deux communes d’un même département de France métropolitaine dont les armes sont parlantes en jouant sur les noms de constructions humaines différentes.

Le premier blason joue sur la façon dont sont disposées les constructions l’une par rapport à l’autre tandis que le second joue sur leur nombre.

Le premier toponyme fait en réalité référence au relief concave de l’endroit tandis que le second, plutôt que d’un relief convexe comme le dit wikipedia, est dérivé d’un nom de personne roman.

Les deux communes sont distantes d’à peine plus de deux kilomètres à vol d’oiseau mais de six kilomètres par la route.

Le département a une façade maritime.

Des indices à paraitre peut-être mardi parce que ce soir, je suis définitivement en panne. Et il n’y a pas d’indice dans la phrase précédente ni dans celle-ci.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Grabels (la répàladev)

TRA, suivi d’une nouvelle venue qui signe joliment Le Hibou bleu, puis de LGF, forment le trio des découvreurs de la solution de ma dernière devinette. Bravo à tous les trois!

Il fallait trouver l’héraultaise Grabels, banlieue nord de Montpellier, dont il vaut mieux consulter le site officiel que la fiche wikipedia.

grabels local

Les formes anciennes du nom,  Grabel et de Grabels en 1120, de Grabello en 1166, de Grabel en 1202, de Grabellis en 1214 semblent orienter vers l’occitan gravèl, « terrain graveleux », d’abord au singulier puis au pluriel, dérivé de l’occitan grava,« sable », lui-même d’origine gauloise. C’est l’hypothèse d’Ernest Nègre (TGF*) contestée par Frank. R. Hamelin (TH*) qui, constatant que toutes les formes anciennes ont conservé le -b- intervocalique, fait appel au pré-indo-européen *gr-ap avec suffixe diminutif –èl. Cela ne change pas grand-chose, sauf l’ancienneté du toponyme, puisque la racine *gr-ap, étudiée parmi d’autres par Alain Nouvel (Les Noms de la roche et de la montagne dans les termes occitans et les noms de lieux du sud du Massif Central, Paris, Champion,1975) est donnée pour « endroit pierreux ». Il s’agirait donc à proprement parler moins de sable que de pierre. Quoi qu’il en soit, la nature du sol, en majorité une garrigue caillouteuse, parait peu propice à la culture céréalière, ce que semblent contredire les armes de la ville, « de gueules à la gerbe d’or et au chef d’argent chargé de trois étoiles d’azur » :

GRABELS-34En réalité, il s’agit d’armes parlantes forgées sur un jeu de mots en occitan où grau bel signifie « beau grain », comme l’expliquait Anne Sauvaget en 1984

Capture d’écranGrabels

.La dernière phrase est néanmoins à prendre avec des pincettes. Si on sait que d’Hozier a créé de toutes pièces quantité de blasons (il s’agissait de remplir les caisses de l’État en prélevant une taxe sur les armoiries dont chaque individu ou communauté devait obligatoirement se munir : l’Armorail d’Hozier en compte plus de cent-vingt-mille !), on sait aussi que, Parisien de naissance (contrairement à la fausse généalogie dont il se prévalait qui le faisait descendre d’une famille noble de Salon-de-Provence), il ne parlait pas la langue d’oc (pas plus que le breton, le basque ou le flamand…) et on l’imagine mal faire un jeu de mots dans cette langue : il a dû se renseigner auprès de quelqu’un, sinon du crû, du moins de la région parlant l’occitan. Et, contrairement à ce qu’écrit Anne Sauvaget, il est tout à fait plausible que le jeu de mots ait été fait à cette occasion. La même explication est donnée dans le Dictionnaire satirique des sobriquets de l’Hérault (Claude Achard, 1982) :

Capture d’écran Grabels bis

Ceux qui auront pris la peine de lire l’extrait précédent auront vu passer les Bugadièras de Grabèls, les lavandières « qui laveront le linge de la bourgeoisie montpelliéraine pendant au moins 250 ans, faisant de leur activité la 1ère, la plus importante et la plus durable « industrie » de Grabels » (mairie, bis) :

bugadieres-Grabels

culdeco

Les indices

■ la rivière : il s’agit de la Mosson, éponyme d’un quartier montpelliérain et de son stade de football. Ce cours d’eau était connu comme fluvius Amansionis en 1055, flumen Amancio, fonti Amantione avant 1100, flumen Amaucionis en 1187 et Lamousson en 1648. On y reconnait l’hydronyme pré-celtique *alismania ( cf. le latin alisma, « plantain d’eau ») avec suffixe roman –onem. Sensible aux épisodes météorologiques dits cévenols, ses crues peuvent être aussi soudaines que dévastatrices.

■ la photo :

indice-d-16-03-21

 

… de beaux grains.

 

 

 

 

■ la statuette :

 

indice b 16 03 21

 

… la bugadière des santons de Provence.

 

 

 

 

 

 

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Le  dessin du blason est issu du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric.

 

Les indices du mardi 16/03/2021

 

podium vide 

Personne ne m’a encore donné la solution de ma dernière devinette, dont je recopie ici l’énoncé :

 

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine aux armes parlantes.

L’étymologie de son nom indique que le sol de cette commune est inapte à la culture céréalière. Cela n’a pas empêché ses anciens habitants (ou le créateur du blason ?) de forger une étymologie fantaisiste qui découpait ce toponyme en deux mots monosyllabiques décrivant de manière flatteuse un produit agricole inexistant dans la langue régionale. Cette interprétation flatteuse se retrouve représentée d’une certaine façon dans les armes de la ville.

Ce sont les femmes, en vendant leurs services aux bourgeois de la grande ville voisine, qui ont permis à cette commune de se relever des guerres de Religions. Leur activité est même devenue la principale source de revenus de la commune pendant plus de deux siècles, devant la culture de la vigne.

Je complétais cet énoncé par cette promesse :

Je n’ai pas la moindre idée d’un indice quelconque à vous fournir et j’ai la flemme de chercher … Je vais y réfléchir bien fort et sans doute me viendra-t-il une ou deux idées d’ici mardi.

Chose promise, chose due, voici quelques indications supplémentaires :

■ Une phrase de l’énoncé pourrait prêter à la confusion : j’aurais dû écrire « décrivant dans la langue régionale de manière flatteuse un produit agricole inexistant ». C’est le jeu de mots dont on s’est servi pour faire parler les armes de la ville qui est fait dans la langue régionale et c’est le produit agricole qui n’a jamais existé dans la commune.

■ La rivière qui traverse la commune, redoutée pour ses crues, a donné son nom à un quartier et à un stade de la grande ville voisine.

■ Une photo pour une moitié du jeu de mots :

indice-d-16-03-21

■ une statuette :

indice b 16 03 21

Dernière chose : la fiche wikipedia de la commune est vraiment trop limitée : ne comptez pas sur elle !

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Bla, bla, blason

en retard  

 

Que fait-on quand on est pris par le temps et que rien n’est prêt pour le dimanche soir ? Eh bien, oui !, on ressort des blasons parlants du fond du tiroir…

Désolé pour ceux que cela défrise, mais c’était ça ou rien.

 

Croissy-sur-Seine

Cette ville des Yvelines est blasonnée d’« azur à l’écusson d’argent chargé d’un croissant du champ, accompagné de trois losanges d’or ».

CROISSY_SUR_SEINE-78

Les trois losanges ont été empruntés aux armoiries de Jean Chanorier, agronome, qui fut le dernier seigneur et le premier maire de Croissy. Le croissant qui évoque et joue le rôle d’arme parlante par rapport au nom de la ville est aussi une allusion à la situation de celle-ci dans un méandre de la Seine.

La forme ancienne Crociaco (XIIIè siècle) renvoie à un nom formé avec le suffixe gaulois –aco devenu le gallo-roman –acum. On sait qu’il accompagne le plus souvent un nom d’homme, ici le gaulois Crossus ou le latin Crocius ; mais il a pu aussi accompagner un appellatif qui pourrait être ici le roman crucia, « croix » (du latin crux, crucis) : ce serait l’« emplacement d’une croix », sans doute érigée par les premiers Chrétiens. Cette dernière hypothèse serait fort plaisante qui ferait figurer un croissant au lieu d’une croix.

Cabasse

Le blason de cette commune varoise est « de sinople, à une calebasse d’or ».

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C’est donc un à-peu-près entre Cabasse et calebasse qui fait parler ces armes.

Le nom, Cabacia en 1025, est formé sur le nom d’homme latin Capax suffixé -ia.

Challans

Les armoiries de cette commune vendéenne sont « d’azur au chaland d’or, habillé et pavillonné d’argent, voguant sur une mer ondée d’azur, surmonté d’une étoile à dextre et d’une tour à senestre, le tout d’or ».

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On comprend sans difficulté que c’est l’homophonie entre le nom de la commune et le bateau à fond plat appelé « chaland » qui rend ces armes parlantes.

Selon Dauzat & Rostaing (DENLF*), il faut voir dans le nom de Challans une formation avec le pré-indo-européen *kal, « pierre, rocher », et le suffixe pré-celtique –anc, soit la même qui a fourni le nom des bien connues calanques méditerranéennes, mais la topographie des lieux rend cette hypothèse peu crédible. E. Nègre (TGF*), suivi par J.-L. Le Quellec (Dictionnaire des noms de lieux de la Vendée, Geste Éditions, 1995), se basant sur la forme Chalant du XIIè siècle, préfère y voir l’oïl chalant, « brûlant », mais sans nous expliquer le pourquoi d’un tel nom.

On notera avec amusement que c’est à Challans, ville du chaland, donc, qu’est née Jacqueline Auriol, aviatrice.

 

Rethel

« De gueules à trois râteaux démanchés d’or » : c’est ainsi que sont décrites les armes de cette sous-préfecture des Ardennes.

RETHEL-08

Au Moyen Âge, le râteau était dit rastel (attesté en 1180, du latin rastellum, diminutif de rastrum) avant d’évoluer en rasteau (1483) puis en râteau (1606). C’est bien la quasi homophonie entre ce rastel et le nom de la ville qui incitera le comte de Rethel (anciennement de Retel) à se munir de ces armes parlantes, ce qui n’a pas empêché certains historiens d’ y voir une allusion à la fertilité du terroir.

La ville est attestée in villa Reiteste nomine au Xè siècle. On peut penser à un composé du haut Moyen Âge, de deux éléments : le premier se reconnait sans trop de difficultés dans cette première attestation Reiteste et sous forme latinisée ayant subi l’attraction paronymique du latin regis, « roi », dans Registeto castello attestée en 1097 ; c’est le résultat roman du gaulois ritu-, « gué », premier nom, antique, du village bâti sur la rive droite de l’Aisne. Au cours du Moyen Âge, un appellatif a été ajouté au nom de lieu : c’est l’ancien haut allemand stat, « lieu, endroit », reconnaissable dans les variantes du second élément toponymique, –stet (Registete castrum vers 1120), devenu –test par métathèse (Retest vers 1172) puis –stest (Restest en 1218). Le groupe consonantique –st n’étant plus prononcé, a été remplacé par une novelle consonne d’appui, -l, pour donner Retel puis Rethel. Au moment où la formation s’est faite, elle signifiait le « lieu de Rei », Rei étant le nom de lieu originel, « le gué ».

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La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine aux armes parlantes.

L’étymologie de son nom indique que le sol de cette commune est inapte à la culture céréalière. Cela n’a pas empêché ses anciens habitants (ou le créateur du blason ?) de forger une étymologie fantaisiste qui découpait ce toponyme en deux mots monosyllabiques décrivant de manière flatteuse un produit agricole inexistant dans la langue régionale. Cette interprétation flatteuse se retrouve représentée d’une certaine façon dans les armes de la ville.

Ce sont les femmes, en vendant leurs services aux bourgeois de la grande ville voisine, qui ont permis à cette commune de se relever des guerres de Religions. Leur activité est même devenue la principale source de revenus de la commune pendant plus de deux siècles, devant la culture de la vigne.

Je n’ai pas la moindre idée d’un indice quelconque à vous fournir et j’ai la flemme de chercher … Je vais y réfléchir bien fort et sans doute me viendra-t-il une ou deux idées d’ici mardi.

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Le Val (répàladev)

Un Intrus, qui le fait savoir par son commentaire au précédent billet, et LGF, juste à temps par courriel, rejoignent TRA dans la découverte de la solution de ma dernière devinette. Ah oui! Et TRS aussi. Félicitations à tous!

Il fallait trouver Le Val, une commune du Var, qu’on appelait déjà del Val vers 1200, de l’occitan val, « vallée », ici au masculin, contrairement au latin vallis, qui a plus souvent donné des toponymes en La Val ou Laval. Le Trésor du Félibrige de Frédéric Mistral donne vau, bau ou bal indifféremment féminin ou masculin et le Petit dictionnaire provençal-français d’Emil Levy (1909) signale aussi ce masculin pour val.

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Le premier blason de la commune, attesté dans l’Armorial général de France (1696), était d’azur au valet de menuisier d’argent.

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On comprend que le valet était ici employé par homophonie avec « vallée », pendant féminin du « val », ce qui faisait « parler » ce blason.

Le conseil municipal du 16 août 1947 décida d’adopter un nouveau blason d’azur aux deux montagnes cousues de sable mouvant des flancs, formant un val planté d’un cep de même feuillé et fruité d’or accolé à un échalas d’argent, surmonté d’un croissant du même.

le val

 

On y reconnait l’élément topographique qui a donné son nom au bourg, le val, ainsi que le cep de vigne, dont les fruits sont vinifiés à la cave coopérative des Vignerons de Correns. Pourquoi abandonner le valet de menuisier ? Trop peu connu ou trop roturier ?

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NB : les dessins des blasons sont issus du site Vexillologie provençale de Dominique Cureau.

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Les indices

■ un étal de saucisses :

indice b 15 11 20 Une célèbre foire à la saucisse se tient au Val depuis 1628, avec quelques intermittences. Je vous laisse en découvrir l’origine en suivant ce lien.

 

■ un établi de menuisier :

indice a 17 11 20  Il fallait surtout accorder son attention au valet posé sur l’établi.