De quelques blasons ailés

Une fois de plus (et j’en demande pardon par avance à ceux que cela défrise), le manque d’inspiration me pousse à sortir de mes vieux cartons quelques nouveaux blasons parlants.

 

AIGLEMONT (Ardennes)

Les historiens et érudits locaux qui se sont penchés sur ce nom ont eu tôt fait d’y voir un Mont de l’Aigle, allant jusqu’à officialiser cette étymologie dans les armes de la ville, les rendant parlantes en y faisant figurer trois alérions, représentation héraldique d’une « petite aigle sans bec ni patte » :

De sinople à deux alérions d’argent, rangés en pointe ; mantelé de gueules à une crosse et une clef à double panneton d’or, passées en sautoir et surmontées d’un alérion d’argent.

AIGLEMONT-Blason

Il ne restait plus qu’à expliquer la présence de l’aigle, ce que certains latinistes locaux s’empressèrent de faire en inventant une forme ancienne Aquilae mons à laquelle d’autres préférèrent Alae mons, « le mont de l’aile », cette dernière pouvant être d’oiseau ou de cavalerie, c’est-à-dire les aigles des légions romaines – que chaque village aimerait voir figurer dans son histoire. Albert Meyrac (Villes et villages des Ardennes, Lib. Guénégaud, 1966 – 1re éd. 1898) déclare quant à lui que le « vrai » nom est Es-le-mont, qui fait référence à la situation du village sur une colline. Il ajoute : « une prononciation incorrecte, ou mieux, plus simple, nous a, seule, valu Aiglemont. » Il note également qu’au pied de la colline se trouve un gué des Romains (déjà connu sous ce nom en 1521 lors du repli des Impériaux levant le siège de Mézières et traversant la Meuse à cet endroit). La découverte de tombes anciennes renfermant de nombreuses épées a sans doute contribué à ancrer l’interprétation par « l’aigle » dans l’esprit des populations locales.

Ajoutons que les soldats allemands, installés à Jallois entre 1915 et 1918, ont mis à contribution cette étymologie populaire en inscrivant sur une borne de la localité Adlersberg, c’est-à-dire « mont de l’aigle » où, de romain, l’aigle était devenu, dans leur esprit, impérial germanique.

Qu’en est-il de la véritable étymologie ? E. Nègre (TGF*), s’appuyant sur la forme ancienne Ayllemont (1271) penche pour un anthroponyme germanique Agilo, attesté sous la forme romanisée Agilius,  et le latin Montem, soit le « mont d’Aigle » ou pour le seul anthroponyme germanique Aglemundus. Dauzat&Rostaing (DENLF*) citent aussi, sans date, le nom germanique Agilmund. Les choses semblent pourtant plus complexes si on consulte le site internet officiel de la commune. On y apprend que la trace la plus ancienne connue de son nom apparaît en avril 1256 sous la forme Eslemont. Ce nom évoluera ensuite au fil des années : elemont, alemont, elmont, ellemont, ailmont, ailemont avec ou sans t final, avec ou sans majuscule, et ce jusqu’au XVIIIè siècle. La forme la plus souvent employée, en tout cas dans les écrits officiels est eslemont, celle du XIIIè siècle, tandis qu’apparaît la forme Aguilo Monte dès 1291. En 1582, sur l’acte de fondation du village, celui-ci est nommé Ayglemont aussi écrit Ailemont. Si l’on s’en tient aux formes les plus anciennes, il semble qu’elles tournent toutes autour d’un point commun : l’eau. En celtique, le radical ev, « eau », s’est transformé à l’époque romaine en es, ez et même parfois al, aa. Le latin aqua a donné aigue en ancien français. Que ce soit Es-le-mont ou Aigue-le-Mont, « mont de l’eau », le toponyme décrit bien la réalité topographique du village, haut perché au sommet d’une colline, véritable réservoir d’eau.

Source principale : Ce dernier paragraphe s’appuie sur l’ouvrage de Marcel DORIGNY, Quatre villages à travers les siècles, paru en 1951, réédité par ALICIA (renseignements : 03-24-57-38-17)

AIGLUN (Alpes-Maritimes et Alpes-de-Haute-Provence)

Le blason de la  commune des Alpes-Maritimes est d’azur à l’aigle d’argent empiétant un poisson du même.

AIGLUN-Blason

Le blason de la commune des Alpes-de-Haute-Provence est dazur à la fasce d’or chargée de trois aigles de sable.

AIGLUN-04 Blason

Il s’agit dans les deux cas d’armes parlantes étymologiques puisque Aiglun (A.-de-H.-P.) a pour formes anciennes : de Aiglezino (1193) et Aygladuno (1319), du latin aquila, « aigle », accompagné du gaulois dunum, « forteresse », à comparer à ce qu’on appelle un « nid d’aigle ». Le d intervocalique d’*aquiladunum passe à z puis disparait (la forme de 1319 est une réfection latine due à un scribe érudit). Aiglun (A.-M.) est attesté de Ayglesuni vers 1200, de même étymologie.

Quant au poisson du blason de la commune des Alpes-Maritimes, il s’agit d’un des attributs de saint Raphaël, patron de la paroisse dès le XVIè siècle.

AIGLE (canton de Vaud, Suisse)

Cette commune arbore : coupé de sable et d’or à deux aigles, de l’un dans l’autre (c’est-à-dire deux aigles superposées, l’une jaune sur fond noir, l’autre noire sur fond jaune).

AIGLE-Blason

Il s’agit d’armes parlantes basées sur une étymologie populaire. Point d’aigle en effet dans les formes anciennes qui sont : de Aleo (1152-53), capellam sancti Petri de Ali (1177), ecclesiam de Alio (1179 etc. mais un patronyme germanique Agil(o) – donné par Nègre pour Aiglemont.

SALLAGRIFFON (Alpes-Maritimes)

Comme de nombreuses communes qui n’ont pas fourni à temps leur propre blason, celle-ci s’est vu imposer le sien : écartelé aux 1er et 4e de gueules au griffon d’or, aux 2e et 3e d’or au lion couronné de sable, parlant bien entendu par les griffons.

SALLAGRIFFON-Blason

Rappelons, qu’en mythologie comme en héraldique, un griffon est un animal fabuleux au corps de lion et à la tête d’aigle. Pourtant, les formes anciennes du toponyme, Salafon (ca. 1200) et Sala Griffone (1337) montrent qu’en réalité le nom est issu de l’occitan sala, « demeure seigneuriale » (germanique seli, allemand Saal), accompagné de l’occitan font, « source », remplacé par l’occitan grifon, « fontaine jaillissante » (F.Mistral, Trésor du Félibrige, repris par E. Nègre, TGF*) ou « fontaine aménagée » (Astor, DNFLMF* qui s’appuie sur une autre définition donnée par F.Mistral : « robinet qui rappelle par sa forme la tête d’un griffon »).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les dessins de blasons sont issus du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric — à l’exception du dessin du blason d’Aigle (Suisse) qui provient de wikipedia.

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La devinette

Il vous faudra trouver une localité dont les armes parlantes montrent un animal ailé.

Deux hypothèses ont été émises concernant la façon dont « parlent » ces armes : soit de façon parfaitement étymologique soit selon une mauvaise interprétation. C’est cette dernière explication qui est aujourd’hui la plus partagée, puisqu’il semble que le toponyme fasse en réalité référence à une activité des premiers seigneurs du lieu.

Le chef-lieu du canton où se situe cette localité porte un nom indiquant qu’il bénéficiait jadis de certains privilèges.

Un indice :

indice c 05 11 2022

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

Le mont Pipet (la répàladev)

TGF a rejoint TRA sur le podium des découvreurs de la solution à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver le mont Pipet, une des collines de Vienne (Isère) qui a donné son nom au quartier, à une rue et à une traverse.

Le Dictionnaire topographique du département de l’Isère (Emmanuel Pilot de Thorey, 1921) nous donne les formes anciennes de ce nom suivantes : Pupet castellum au XIè siècle, Pupetum aux XII et XIIIè siècles et Pupeti Vienne. On y reconnait le diminutif du latin pupa vu dans le précédent billet, au sens topographique de mamelon, petite colline.

Notons l’étymologie pseudo-savante donnée par Nicolas Chorier dans Les Antiquitez de la ville de Vienne (livre V, 1659) : « il y eut depuis celuy de Pompeiacum que les Romains lui donnèrent, à cause de Pompée le Grand, qui y fit faire de nouvelles fortifications en son voyage d’Espagne contre Sertorius. Pompeiacum fut depuis corrompu en Pompet, & Pompet en Poupet, & en Pipet ». Vous me direz que de Pompée à Pipet, il y a de quoi en perdre sa connaissance, comme dirait le concierge de l’Élysée.

Si on sait depuis longtemps que le mont Pipet a accueilli un oppidum romain dès le IIIè siècle, on pense aujourd’hui que des temples s’y élevaient auparavant (cf. cet article, p. 90, § La terrasse de Pipet). Par la suite, les ducs de Bourgogne y bâtirent une forteresse, devenue château qui sera détruit sur ordre de Richelieu après les guerres de Religion. Depuis le XIXè siècle, son sommet accueille la chapelle Notre-Dame de Pipet.  (cf. wiki).

Carte PIPET Capture

Ce même nom se retrouve, dans le même département, comme complément pour Saint-Baudille-et-Pipet et comme lieu-dit Pipet à Tullins, ainsi que, dans les départements voisins, pour le Sommet du Pipet à Montclar-sur-Gervanne (Drôme) et pour le Rocher du Pipet à Goudet (H.-Loire).

Dans d’autres régions, en pays de langue d’oïl, il existe des toponymes homonymes mais dont l’étymologie est différente : il s’agit ici d’un équivalent régional du français « pipeau » (petite pipe, du latin médiéval pipa, du latin populaire *pippare), au sens de « tuyau », notamment pour aspirer les liquides comme le cidre, ou au sens de « tonneau », utilisé comme unité de mesure pour les liquides. C’est ainsi qu’on trouve le Pipet à Beaumont-Hague (Manche), le Hameau les Pipets à Sotteville (id.) et le Pipet à Sainte-Barbe-sur-Gaillon (Eure). Il est possible que certains de ces noms soient  un sobriquet appliqué à un tricheur, un trompeur (déverbal du verbe « piper »), devenu nom de famille.

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Les indices

indice c 31 10 2022 ■ comme le disait l’intitulé, cet indice concernait le « régional de l’étape » et, comme il était précisé en complément, il s’agissait d’un peuple qui s’installa dans la région. Il fallait donc penser aux Allobroges, les Gaulois qui, émigrés au IVè siècle av. J.-C., firent de Vienne leur capitale. Leur nom est formé des racines allo, « autre », et brogi, « pays », soit « ceux d’un autre pays » c’est-à-dire venus d’ailleurs.

indice d 30 10 2022 ■ ce tableau de Magritte était une allusion au Pipet de langue d’oïl qui n’est pas un Pipet de langue d’oc. [Non, je n’en suis pas fier].

Les indices du mardi 01 novembre 2022

Bravo à lui ! TRA est le seul à m’avoir fourni la bonne réponse à ma dernière devinette, dont je rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu de France métropolitaine dont le nom est issu du mot du jour.

Ce nom a d’abord désigné un relief avant de devenir celui d’un quartier et de deux voies d’une commune.

Ce relief était déjà aménagé à l’époque romaine, où il accueillait un ou plusieurs temples ou bien un oppidum – les avis divergent – avant qu’une forteresse n’y fût construite par les seigneurs de la région, qui sera détruite après les guerres de Religion et dont il ne reste plus que des vestiges. L’endroit est aujourd’hui consacré à la Vierge Marie.

Ce même nom se retrouve ailleurs, notamment comme déterminant du nom d’une autre commune du même département et comme nom de plusieurs lieux-dits. On le retrouve également, mais avec une toute autre étymologie, comme micro-toponyme à quelques exemplaires dans d’autres régions.

■ Un seul indice pour … le régional de l’étape :

indice c 31 10 2022

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Et j’ajoute les traditionnels indices du mardi

■ l’indice concerne un peuple qui fit de cette région la sienne.

■ en complément à la dernière phrase du dernier paragraphe de l’énoncé :

indice d 30 10 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Poype

En Bresse, Lyonnais et Bas-Dauphiné, la poype était le nom donné à la motte castrale c’est-à-dire au tertre le plus souvent artificiel d’époque médiévale (IXè-XIè siècles) aménagé pour la défense. Ces poypes sont antérieures aux châteaux-forts et en représentent la forme primitive. On retrouve également ce nom, sous des formes variées, à quelques exemplaires dans le Sud-Ouest.

Étymologiquement, poype vient de l’ancien français poupe, « bout de sein, tette », cf. les deux sens de « mamelon » en français. Poupe est issu du latin pupa, « petite fille », qui, sous une forme expressive avec doublement de la consonne, puppa, a dû avoir le sens de « sein », attesté dans les langues romanes (italien poppa, occitan popa, « sein de femme » et popèl , « bout de sein ») avec lequel il a produit le verbe *puppare, « téter ».

Etym-Pupa

Dans son Mémoire pour servir à l’histoire de Dombes, Louis Aubret (1669-1748) écrit : « … les titres de Dauphiné donnent le titre de poipe pour synonyme à celui de château : poipia seu castrum. Il y a une grande quantité de ces poipes ou élévations dans la souveraineté de Dombes, au Franc-Lyonnois et en Bresse. Je crois qu’il y avait des maisons fortes sur toutes ces élévations où l’on trouve presque toujours des masures et des fondations de bâtiments. ».

Sans grande surprise, c’est dans l’Ain que l’on trouve le plus grand nombre d’occurrences de ces poypes. Le Dictionnaire topographique du département de l’Ain (Édouard Philipon, 1911) en mentionne dix-huit sous la forme simple La Poype, trois au pluriel Les Poypes, quatre sous la forme La Poipe et pas moins de quarante-neuf munies d’un déterminant, généralement le nom du propriétaire ou de la localité, dont je vous épargne la liste sans grand intérêt.

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Notons tout de même la Poype-de-Gravains « sur laquelle avait été construit l’ancien château de Gravains, dont il ne restait déjà plus que des ruines en 1523 » (op. cit.) et la Poype-de-Sachins « sur laquelle avait été construit le château-fort de Sachins (et qui) est aujourd’hui nivelée mais (dont) le souvenir nous a été conservé par le nom que porte la Terre de la Poype (…). Quant au château de Sachins, il était déjà détruit au XIVè siècle. » (id.). On trouve également une variante avec le nom du quartier de La Poëpe d’Ambérieu-en-Bugey, toujours dans l’Ain.

Plusieurs ouvrages (dont le Pégorier) signalent une forme poypi comme typiquement du Lyonnais, mais je n’ai trouvé aucun toponyme correspondant, sauf en tant que forme ancienne comme Li Poypi en 1311 pour La Poëpe à Ambérieu-en-Bugey (Ain).

Hors de ce département, on ne trouve des toponymes identiques qu’en Isère et dans le Rhône, comme La Poype à Rives (Is.), les Poipes à Marcilloles (Is.), le Crêt de la Poipe (Rhône) etc.

Ailleurs, ce sont des variantes de cet ancien français poupe qui apparaissent comme toponymes, mais parfois avec le sens premier de « tertre, petite colline » sans château forcément associé.

Comme noms de communes citons Rillieux-la-Pape (Rhône), avec son Île-de-la-Pape où était située la motte castrale (poype ayant ici subi l’attraction du français « pape » mieux compris, peut-être grâce à la proximité des papes d’Avignon), Saint-Cirq-Lapopie (Lot, Sent Circ de la Pòpia en occitan), Saint-Romain-de-Popey (Rhône) et Poupas (T.-et-G., avec le suffixe augmentatif –as).

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Les noms de lieux-dits sont tout aussi variés comme La Pape à Estrablin (Is.), La Popie à Saint-Ilpize (H.-L.) et à Saint-Julien-en-Quint (Drôme), La Popio (Dord., La Popia en 1351) à Saint-Avit-Senieur, où se trouvent les ruines d’un château sur une butte naturelle et quelques autres auxquels on peut ajouter des oronymes comme le Mont Popier à Saint-Étienne-sur-Chalaronne (Ain) ou le mont Poupet à Saint-Thiébaud (Jura) avec un ancien château, ce dernier étant un diminutif.

Certains autres concernent plus vraisemblablement de simples collines comme la Pupe à Vesseaux (Ardèche) qui est un sommet rond, la Poupoune à Saou (Drôme) qui est un diminutif, Poupéras à Saint-Romain-en-Viennois (Vauc.) qui est un augmentatif péjoratif et le ravin du même nom à Vaison-la-Romaine (Vauc.) ainsi que le rocher de Popa à Bigorno et la maison forestière de Poppaghia à Albertacce, tous deux en Haute-Corse.

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La devinette

Il vous faudra trouver un lieu de France métropolitaine dont le nom est issu du mot du jour.

Ce nom a d’abord désigné un relief avant de devenir celui d’un quartier et de deux voies d’une commune.

Ce relief était déjà aménagé à l’époque romaine, où il accueillait un ou plusieurs temples ou bien un oppidum – les avis divergent – avant qu’une forteresse n’y fût construite par les seigneurs de la région, qui sera détruite après les guerres de Religion et dont il ne reste plus que des vestiges. L’endroit est aujourd’hui consacré à la Vierge Marie.

Ce même nom se retrouve ailleurs, notamment comme déterminant du nom d’une autre commune du même département et comme nom de plusieurs lieux-dits. On le retrouve également, mais avec une toute autre étymologie, comme micro-toponyme à quelques exemplaires dans d’autres régions.

■ Un seul indice pour … le régional de l’étape :

indice c 31 10 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

En-Vau et les Bausses, les répauxdev

Le podium des « solutionneurs » de mes dernières devinettes est resté inchangé, avec un 2/2 pour TRS et 1/2 pour TRA. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver la calanque d’En-Vau, quartier de Vaufrèges à Marseille (B.-du-R.) et les Bausses ou Beauces à Bouzigues (Hér.).

La calanque d’En-Vau

Située à l’extrémité sud-est du quartier marseillais de Vaufrèges (IXè arrondissement), elle est l’avant-dernière calanque marseillaise – la dernière étant celle de Port-Pin – avant la calanque de Port-Miou qui appartient à la commune de Cassis. Pour désigner l’ensemble, on parle le plus souvent des « Calanques de Marseille » ou du « Massif des Calanques » mais aussi parfois, par confusion, des « Calanques de Cassis ». Elle est caractérisée par ses falaises abruptes fort prisées des adeptes de l’escalade.

Le nom d’En-Vau est le résultat maladroit de la francisation de l’occitan Embauç, nom formé avec le terme bauç, « falaise », étudié dans ce billet.

Le quartier Vaufrèges est attesté Val Freia en 1282,  Vallis frege en 1340, La Val froido en 1559 et Vaufrège en 1582 : il s’agit de la « vallée froide ». Le pluriel, d’apparition récente (inexistant en tout cas en 1872 dans le Dictionnaire topographique de l’arrondissement de Marseille de J.-A.-B. Morteuil ), est dû à la mauvaise compréhension de vau, pris pour le pluriel de val.

Pour l’étymologie de calanque, je vous renvoie à ce billet.

Pour l’étymologie de Marseille, je vous renvoie au dernier paragraphe de ce billet.

indice a 22 10 2022  Le premier indice, un tableau signé Henri Martin (1860-1943) et  intitulé Arrivée en voilier à Marseille, vers Notre Dame de la Garde,  était un véritable cadeau plus qu’un simple indice.

indice a 25 10 2022  Le deuxième indice, un canevas Rafael Angelot représente un âne et un veau dans une étable : un âne, un veau, la calanque d’En-Vau.

Les Bausses ou Beauces

Le quartier littoral de Bouzigues, où se trouvent les restaurants qui font la joie des touristes, s’appelait jadis Les Bausses ou Beauces. Il ne reste plus aujourd’hui que la rue des Beauces pour en témoigner. C’est pourtant là, dans des grottes taillées dans le tuf de la falaise, que s’abritaient durant l’hiver les premiers habitants de la ville, protégés du mauvais temps et des tempêtes.

Ce nom de Bausses ou Beauces provient lui aussi de l’occitan bauç, « falaise », dont la consonne finale a été sentie comme la marque du pluriel, ce qui entraîné le pluriel de l’article défini.

Pour l’étymologie de Bouzigues, je vous renvoie à l’avant-dernier paragraphe du billet déjà cité pour Marseille.

indice b 22 10 2022 Le premier indice, une Nature morte aux huîtres signée Brunel de Neuville (1852 – 1941) devait faire penser à la spécialité de Bouzigues, ses huîtres.

indice c 25 10 2022  Le deuxième indice, un tableau de Jean-Luc Bellini intitulé Beauce-Chartres cathédrale, jouait sur la paronymie entre la Beauce et les Beauces de Bouzigues.

Les indices du mardi 25/10/2022

Il n’aura pas fallu longtemps à TRS pour me fournir les réponses à mes dernières devinettes, tandis que TRA ne m’a donné que la première.

Voici un rappel de l’énoncé, pour les flemmards qui n’auraient pas cliqué sur le précédent lien :

Les deux toponymes à trouver concernent des lieux de France métropolitaine.

Lettrine-1- Le premier nom à trouver complète celui d’un type de relief particulier, comme « bidule de Machin », où « bidule » est un type de relief et « Machin » le nom qui nous intéresse, variante du mot du jour.

Cet endroit se situe à l’extrémité d’un quartier périphérique d’une ville et est contigu à d’autres reliefs du même type, dont ceux de la commune voisine, l’ensemble étant connu sous les noms de « les bidules de Laville », « les bidules de Lavillevoisine » ou le « massif des Bidules ».

Le nom du quartier où se situe l’objet de la devinette rappelle la fraîcheur de son climat.

indice a 22 10 2022

Lettrine-2-233x300 Le deuxième nom à trouver, bien sûr lié au mot du jour, est celui d’un endroit d’une ville qui ne subsiste plus aujourd’hui que dans le nom d’une de ses rues. C’est pourtant là, dans des abris troglodytiques creusés dans la falaise, que les premiers habitants se mettaient à l’abri durant l’hiver … tandis qu’aujourd’hui, en été, au pied de celle-ci, on voit surtout des touristes.

Le nom de la ville indique qu’elle est issue de défrichements gaulois.

NB on trouve sur la toile plusieurs orthographes pour le toponyme à trouver. Toutes seront bien entendu acceptées comme réponse.

indice b 22 10 2022

Et voici les traditionnels indices du mardi, dans l’ordre, façon rébus ou à-peu-près (ben oui, des fois je m’amuse) :

indice a 25 10 2022

indice c 25 10 2022

Réponses attendues chez leveto@sfr.fr

 

PS publication de ce billet un peu plus tôt que d’habitude. Je présente mes excuses à ceux qui comptaient profiter de la soirée pour continuer leur recherche. Mais, bon, c’est moi le boss.

Bals et bauç

Bals, parfois bauç, est un oronyme méridional désignant un escarpement de rocher ou de montagne, un promontoire, dont le sens s’est parfois étendu à celui de petite falaise vue d’en haut, abîme, précipice, ravin, gorge. C’est ce sens de précipice qu’a pris par exemple le mot féminin balse en haute Ubaye, où il est toujours vivant.

Issu d’une racine pré-indo-européenne *bal, variante de *pal, on suppose que c’est par le ligure que bals (ou bauç) est entré sur notre territoire, étant donné sa présence prépondérante dans le Sud-Est. Sa fréquence dans la toponymie et le fait qu’il soit toujours employé  dans les parlers régionaux impliquent qu’il a été repris par les Gaulois.

Il a pu y avoir télescopage avec le latin balteus : au sens premier de « ceinture » qui, par les sens possibles de bordure, chemin de ronde s’est appliqué aux corniches de falaises, aux passages escarpés et enfin aux escarpements rocheux ; ou bien au sens second de gradin d’amphithéâtre, où le passage du sens architectural au sens oronymique s’explique par l’idée de « terrasse » et donc de rocher en surplomb (cf. le même processus pour l’étymologie de puy ou puech).

Cette racine a fourni des toponymes en bals, en bau ou bauç. D’autres variantes bar, ber, bor, etc. du même pré-indo-européen *bal seront (peut-être) étudiés plus tard.

Bals

C’est de la racine originelle que sont issus les noms du Mont Bal (A.-Mar., 2830 m, sur la frontière italienne), de la crête des Bals (à Val-d’Oronaye, A.-de-H.-P.) du Grand Bals à Ristolas (H.-A.) et de nombreux lieux-dits comme Bals à Alzen (Ariège), Les Bals au pied d’une falaise à Rennes-le-Château (Aude), En Bals à Blan (Tarn) etc. Plus rare, la forme balse apparait dans le nom de la Crête des Balses (Pelvoux, H.-Alpes), du lieu-dit Les Balses (Saint-Germain-de-Calberte, Loz.) et de quelques autres.

Ce radical entre en composition dans le nom de Balmont (H.-Savoie) et dans celui de Bessèges (Gard, Balseguis en 1318, avec le gaulois segia, de sego, « force ») et de Balsiège (Loz.). Enfin, accompagné d’une variante *duk de l’oronyme pré-celtique *tuk, on trouve les noms du Truc de Balduc (Loz.) et du Golfe de Beauduc en Camargue ainsi que ceux, avec un a euphonique intermédiaire, de Balazuc (Ardèche, avec passage du d intervocalique à z) et de Balaruc-le-Vieux et Balaruc-les-Bains (Hér .) avec rhotacisme.

Balaruc le Vieux

Le nom Balaruc concernait à l’origine le vieux village bâti sur un promontoire rocheux

 

Bau ou Bauç

C’est bien entendu ici qu’il faut ranger Les Baux-de-Provence, en occitan Bauç de Provença (B.-du-R., Balcium en 960) et des lieux-dits comme Les Baux à Chambonas (Ardèche) sur un promontoire dominant le cours du Chassezac, Les Baux à Poussan (Hér., Baulx en 1630), le ruisseau des Baux Hauts à Opia (Hér .) etc. Ces formes ont conservé la consonne finale de bauç qui, sentie comme la marque du pluriel, a entraîné le pluriel de l’article défini. Encore un exemple, s’il était nécessaire, de l’écrasement d’une culture par une autre

CPA chateau Baux

Les ruines du château sur la falaise qui a donné son nom aux Baux-de-Provence

D’autres noms existent comme la Bau, un gouffre à Finestret (P.-O.), Les Bauds à Pierrevert (A.-de-H.-P), etc. L’agglutination de l’article a donné Labau à Rodès (P.-O.) et à Valflonnès (Hér.). En Ariège, le Baup, dont le p ne se prononce pas, affluent du Salat est un ancien Bal (en 1268).

Le diminutif a fourni son nom à Baucels (à Moulès-et-Baucels, Hér., connu d’abord sous la forme simple Baucio en 1151 puis sous la forme diminutive Beaucellis en 1293), sur la pente inférieure de la montagne des Cagnasses. On connaît également Le Beausset (Var) et Le Beaucet dans les monts du Vaucluse.

CPA Le Beaucet 84

L’ermitage Saint-Gens au pied de la falaise qui a donné son nom au Beaucet (Vaucluse)

Prolongé par le suffixe (i)s-one, ce radical a abouti au nom du suc de Bauzon (1471 m, à Saint-Cirgues-en-Montagne, Ardèche) et de la Croix de Bauzon (1538 m, à Mayres, Ardèche), etc.

Une variante se retrouve, sous la forme baou, dans des noms comme Les Très Baous à Valleraugue (Gard), un hameau dominant la ville de 150 m, où Très peut avoir le sens de « trois » ou bien de « au-dessus des » ; le Baou de l’Aigle à Puyloubier (B.-du-R.) ; le Rocher des Baous aux Castagnès (Hér.) ; la Serre Baou à Fozières (Hér.), le Baou Trouca (troué) de la chaîne de l’Étoile au nord de Marseille et bien d’autres.

Enfin, une mauvaise compréhension de l’occitan a donné, entre autres, le nom d’Envaux, parfois écrit Enveaux, à Castelnaud-la-Chapelle (Dord., Embauç en occitan).

 

herge-.-carte-double-tintin-point-d-interrogation_2069395

 

Les devinettes

Pour me faire pardonner l’absence de devinette lors du dernier billet dominical, je vous en propose deux ce soir, que je classe dans un ordre très subjectif de difficulté croissante.

Les deux toponymes à trouver concernent des lieux de France métropolitaine.

 

Lettrine-1- Le premier nom à trouver complète celui d’un type de relief particulier, comme « bidule de Machin », où « bidule » est un type de relief et « Machin » le nom qui nous intéresse, variante du mot du jour.

Cet endroit se situe à l’extrémité d’un quartier périphérique d’une ville et est contigu à d’autres reliefs du même type, dont ceux de la commune voisine, l’ensemble étant connu sous les noms de « les bidules de Laville », « les bidules de Lavillevoisine » ou le « massif des Bidules ».

Le nom du quartier où se situe l’objet de la devinette rappelle la fraîcheur de son climat.

indice a 22 10 2022

Lettrine-2-233x300 Le deuxième nom à trouver, bien sûr lié au mot du jour, est celui d’un endroit d’une ville qui ne subsiste plus aujourd’hui que dans le nom d’une de ses rues. C’est pourtant là, dans des abris troglodytiques creusés dans la falaise, que les premiers habitants se mettaient à l’abri durant l’hiver … tandis qu’aujourd’hui, en été, au pied de celle-ci, on voit surtout des touristes.

Le nom de la ville indique qu’elle est issue de défrichements gaulois.

NB on trouve sur la toile plusieurs orthographes pour le toponyme à trouver. Toutes seront bien entendu acceptées comme réponse.

indice b 22 10 2022

 

Réponses attendues chez leveto@sfr.fr

La Vie des Faisses (répàladev)

LGF et TRA sont les seuls à m’avoir donné la solution à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver la Vie des Faisses, un lieu-dit de Picarreau, canton de Poligny, dans le Jura.

local Picarreau-

Vie des Faisses : il s’agit d’un lieu-dit qui a pris le nom d’une ancienne voie (vie, cf. ce billet) menant à la localité voisine jadis appelée Les Faisses, aujourd’hui Bonnefontaine.

Picarreau :  Le Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Département du Jura. Tome V  d’Alphone Rousset (1857) nous donne les formes anciennes suivantes, hélas non datées,  Pois-Quarrey, Puiscarréal, Puiscarreaul, Picarraud et enfin Puis-Carreau. On hésite entre deux étymologies : il pourrait s’agir d’un puits carré ou d’un puits carrelé. « Le nom de Picarreau a pour origine deux puits situés à l’entrée nord du village, leur fond est dallé d’un double carrelage de pierres et de brique » affirme-t-on pourtant sur la page wiki consacrée au village.

Bonnefontaine : ce village s’est d’abord appelé Les Fesses puis Les Faisses avant qu’il ne soit décidé en 1897 de changer ce nom, jugé infamant, par celui de Bonnefontaine. Comme il était expliqué dans le billet correspondant, une faisse pouvait désigner, selon les terroirs, une « étendue de territoire livrée à une culture déterminée », ou un « ensemble de parcelles de terre orientées dans le même sens ». Quant au nom Bonnefontaine, il a été choisi « en référence aux trois fontaines de pierre du village », nous dit wiki. C’est à ce village, alors appelé Les Faisses, que menait la Vie des Faisses, partant de Picarreau.

Capture carte Picarreau

Poligny : Pollemniacum en 861-2, ecclesiam Poloniaci en 1106, apud Poliniacum en 1145 et enfin Poloingney au XIVè siècle, du nom de personne latin Poleminius et suffixe –acum.

cdl b

Les indices

indice a 09 10 2022 ■ cette vieille boite d’allumettes devait renvoyer à l’histoire des allumettes au phosphore. La précision du mercredi, indiquant qu’il fallait orienter ses recherches vers une personnalité, devait alors faire penser à Charles Sauria, l’inventeur des allumettes au phosphore blanc, né à Poligny le 25 avril 1812.

indice a 13 10 2022 ■ cette margelle de puits carré était une allusion à l’étymologie de Picarreau.

indice b 12 12 2022 ■ le revers de cette pièce de monnaie, datée de 197-165 av. J.-C., montre une statue d’Apollon Gryneus.  Un temple dédié à ce dieu avait été élevé sur une colline de Poligny à laquelle on donna le nom de Grynei Mons, le « mont de Gryneus », qui deviendra Grimont. Un château fut bâti là, dont il ne reste plus aujourd’hui que des ruines.

indice c 12 10 2022 ■ ce papillon, le porte-queue verdâtre, porte le nom scientifique de Callophrys gryneus.

Quant au côté grivois du toponyme, faut-il vraiment vous l’expliquer ?

Les indices du mercredi 12/10/2022

Un imprévu m’a empêché de publier les traditionnels indices du mardi, censés venir à l’aide de ceux qui tenteraient de venir à bout de ma dernière devinette dont je rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver le nom en trois mots (ou quatre pour ceux d’entre vous qui compteraient l’article initial) d’un lieu-dit d’une commune A, de France métropolitaine. Ce lieu-dit porte le nom de la voie qui a conservé celui, ancien, de la commune B à laquelle elle menait.

C’est cet ancien nom de la commune B, et donc celui du lieu-dit, qui sont liés à un des mots du jour.

Le nom de la commune A fait référence à la forme (ou à la décoration) d’un de ses points d’eau.

Le nom de la commune B fait référence à la qualité (d’un) de ses points d’eau.

Le chef-lieu de canton doit son nom à celui d’un homme latin accompagné, je vous le donne en mille, de l’inévitable suffixe acum.

Et l’indice du jour concerne ce chef-lieu de canton :

indice a 09 10 2022

Personne n’ayant encore résolu cette devinette, je vous propose donc ces précisions :

■ le nom du lieu-dit peut être interprété, à l’oreille, comme particulièrement grivois.

■ l’indice qui accompagne l’énoncé concerne une personnalité liée au chef-lieu de canton.

que j’accompagne de ces nouveaux indices :

■ pour la commune A :

indice a 13 10 2022

■ pour un ancien château du chef-lieu de canton dont il ne reste que des ruines  (et ce n’est pas un rébus, c’est simplement que je n’ai pas su choisir entre les deux ) :

♦ et d’un :

indice b 12 12 2022

♦ et de deux :

indice c 12 10 2022

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Esbans (répàladev)

Si j’en crois un de ses derniers commentaires sur le précédent billet, TRA semble avoir rejoint TRS et LGF sur le podium des découvreurs de la solution de ma dernière devinette. Bravo !

Il fallait trouver Esbans, un lieu-dit d’Ytrac, canton d’Aurillac, dans le Cantal.

local Ytrac

De quoi parlons-nous, exactement ?

Esbans est un nom de lieu mentionné avec cette orthographe sur la carte IGN actuelle (et sur le CD de l’IGN de 2004) et sur la carte d’état major de 1891 mais écrit en deux mots Les Bans sur la carte de Cassini de 1783 (feuillet 15, Aurillac).

Capture ESBANS IGN

Capture ESBANS état major

Cassini ESBANS

C’est également Esbans qui apparait sur Google Maps et sur l’Annuaire Mairie

Cependant, on trouve l’orthographe Esban dans le fichier des Noms de rues de France pour le lieu-dit lui-même, pour la Forêt d’Esban et pour le Puy d’Esban (qui sert également de nom à une ZAC). On aura noté que la carte IGN mentionne elle aussi le pôle d’Activités du Puy d’Esban, sans s final.

Que conclure ?  Que le lieu-dit originel portait bien la marque du pluriel et que la mise au singulier est récente (postérieure à 2004) et non encore adoptée partout.

Esbans :

Jacques Astor (NFLMF*) explique ce nom comme signifiant ès bancs, « sur les terrasses », le rapprochant d’autres noms de fermes situées sur des terrasses plus ou moins en hauteur comme Banc à Colombier-le-Jeune et Les Bancs à Veyras, tous deux en Ardèche.

Un petit tour sur le Dictionnaire topographique du département du Cantal (Émile Amé, 1897) nous permet d’avoir accès aux formes anciennes du nom :

CaptureDTC Esbans

La première forme Ebrart (1384), qui n’a pas pu phonétiquement évoluer vers les suivantes, est très probablement un patronyme d’origine germanique (eber, « sanglier » et hard, « dur »), celui du premier propriétaire des lieux, qui sera plus tard remplacé.

Les derniers noms semblent bien être formés sur ce ban(c) au sens de terrasse, mais un doute subsiste : s’agissait-il à l’origine d’ès bancs, d’où Es-bans en 1750, comme le pense J. Astor ou bien de Les Bans (1684) ayant subi une mécoupure pour *L’Esbans puis Esbans (1759) ?

Reste le nom Esbaux de 1522 … qui pourrait être une corruption du nom Esbans par un greffier peu au fait de la phonétique locale (on sait qu’à cette époque, les greffiers étaient des lettrés souvent venus d’ailleurs et se piquant de parler et donc d’écrire « français »).

Le même dictionnaire signale La Maisonnette-d’Esbans, un écart de la commune d’Ytrac, aujourd’hui disparu.

Ytrac : Aitrac en 930 et Ytracum en 1328, du nom de personne roman Actorius et suffixe acum.

Aurillac : Aureliacus en 899 du nom de personne roman Aurelius et suffixe acum.

CPA Ytrac

cdl a

Les indices

indice a 02 10 2022 ■ le premier de ces coureurs cyclistes est Antonin Magne, natif d’Ytrac.

indice a 04 10 2022 ■ il fallait bien sûr reconnaitre un cantal.

indice-b-04-10-2022 ■ cette affiche était celle d’un documentaire mettant en scène le retour au pays du peintre espagnol Nicolás Rubió qui avait vécu à Ytrac dans sa jeunesse quand ses parents avaient fui l’Espagne en 1938. « En 2013, il retourna dans le Cantal pour y accompagner le tournage d’un film dont un cinéaste et documentariste argentin, Fernando Domínguez, avait conçu le projet en 2011. Le film, intitulé 75 habitantes, 20 casas, 300 vacas, montre un Nicolás Rubió en train de parcourir l’Auvergne, d’Aurillac à Clermont-Ferrand, et occupé, en quelque sorte, à peindre un paradis perdu ».

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.